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La porte à gauche. Jean FERRAT a chanté que certains prétendent que le bonheur était à la porte à droite. Aujourd’hui est-il à la porte à gauche ? Oui ! mais à la condition de secouer le cocotier de la pensée convenu ! Ce petit blog crée à l’initiative de quelques militants communistes de Vierzon n’a d’autres ambitions que de donner aux citoyens un support pour s’exprimer librement sur les sujets politiques, sociaux ou culturels d’actualité du local à l’international, qui s’émancipe des discours convenus, des lignes officielles décidées par quelques notables de la politique, aux doubles langages, aux bonimenteurs de vraies fausses solutions et qui cultivent la résignation. Déverrouillez les débats et enfoncez la porte à droite (….ou à gauche ?) Les seules limites, car il en faut, à notre liberté : Celle du respect des personnes, le souci de la vérité et de faire vivre le débat. Ainsi seront exclus tous messages comprenant des insultes ou diffamations visant une (des) personne(s), seront exclues, s’ils sont avérées, des informations mensongères ou rumeur infondées. Chacun pourra également participer au débat juste et loyal en signalant un abus de cette nature. Les productions de ces abus seront retirés et l’auteur exclu du blog.

Articles avec #medias catégorie

Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Médias
capture d'écran

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Cyril Hanouna fait voter des spectateurs de TPMP pour l'élection présidentielle... avec un résultat étonnant

L'émission a organisé un vote du public dans les règles de l'art. De l'isoloir de C8 est sorti un second tour musclé.

TPMP - Un coup de maître pour affoler les audiences? Lundi 10 avril, l'animateur le plus aimé (et détesté) de la télévision a décidé d'organiser un vote grandeur nature, à deux semaines du premier tour de l'élection présidentielle. Cyril Hanouna a donc emmené les 178 personnes du public de "Touche pas à mon poste" à l'isoloir. En est sorti un deuxième tour étonnant, que vous découvrirez dans la vidéo en lien.

"C'est marrant, j'ai décidé qu'on fera ça avec un public différent tous les soirs", a déclaré, à la fin du vote, un Cyril Hanouna déguisé en cow-boy pour la sortie de Boule et Bill. Depuis septembre, l'émission a donc pris un tournant très politique. Après Dupont-Aignan en plateau, place au vote.

[…]

LIEN VERS L’ARTICLE ET LA VIDÉO CI-DESSOUS :

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Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Médias
PRÉSIDENTIELLE : TF1 veut CENSURER les candidats sous les 10% dans les sondages !

« On veut voler leur élection présidentielle aux Français»

En ne sélectionnant pas les candidats qui recueillent moins de 10% d'intentions de vote pour ses débats, la chaîne TF1 créé la polémique. «Cauchemar anti-démocratique», clame Eric Anceau, responsable du projet présidentiel de Nicolas Dupont-Aignan.

RT France : Comment expliquez-vous la décision de la chaîne TF1 de ne pas inclure dans les débats, qui auront lieu le 20 mars, les candidats qui ne dépassent pas 10% d'intentions de vote ?

Eric Anceau : Les instituts de sondage se trompent sur tout. Regardez le Brexit, l’élection américaine et, en France, les primaires de la droite et de la gauche avec les énormes surprises crées par François Fillon et Benoît Hamon qu’aucun institut de sondage n’avait vu venir.

Ceux qui sont confortablement installés, qui jouissent de positions privilégiées, de sinécures et qui veulent que rien ne change ont tout intérêt à perpétuer le petit jeu politique habituel entre grands partis avec la touche de fraîcheur apportée par Emmanuel Macron, l’hologramme politique dont on attend toujours le programme.

Je pense aussi, pour tout dire, qu'Emmanuel Macron, que nos médias aiment tant, craint le débat avec certains candidats hors système qui pourraient le déstabiliser bien davantage que Marine Le Pen et plus encore que François Fillon, plombés l’un et l’autre par des affaires. Regardez le taux d’abstention mais aussi la vague de fond qui monte des profondeurs de notre pays face au ras-le-bol lié aux scandales à répétition dont cette classe politique est marquée. Il y a une vraie attente pour un renouvellement qu’on empêche d’émerger. A force de jouer avec le feu, tout cela peut très mal finir !

[…]

LIEN VERS LA SUITE DE L’ENTRETIEN CI-DESSOUS :

 

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Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Médias
Est-ce que les médias mentent ? 91 % des internautes répondent OUI !

Jean-Jacques Bourdin demande aux internautes si les médias mentent... et le regrette aussitôt

L'animateur de RMC a lancé un sondage en ligne sur Twitter pour savoir si les utilisateurs pensaient que les journalistes étaient des menteurs. Avec 91% de réponses positives et des commentaires salés, l'expérience a tourné au vinaigre.

« Est-ce que les médias nous mentent ? Votez !» Jean-Jacques Bourdin ne s'attendait certainement pas à ce que 91% des utilisateurs de Twitter répondent favorablement à la question qu'il posait, remettant par-là massivement en cause la crédibilité de la caste médiatique.

Manipulation, conditionnement, occultation de faits, hiérarchisation arbitraire de l'information... Les griefs contre les médias de masse énumérés par les participants au sondage sont nombreux.

(…)

 

SOURCE :

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Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Médias

Deux hommes sont jugés en appel pour avoir transmis à un journaliste des documents confidentiels, soustraits à leur employeur, un cabinet d’audit, et mettant à jour un vaste système d’optimisation fiscale.

Au cœur de la Cité judiciaire de Luxembourg, dans le centre de la capitale, plus d’une centaine de citoyens, ainsi que des élus et plusieurs associations se sont rassemblés lundi 12 décembre dans le calme, prenant la parole à tour de rôle et chantant « Merci Antoine, merci ». Antoine Deltour, accueilli par une haie d’honneur, est le visage du scandale des Luxembourg Leaks, c’est-à-dire la révélation de nombreux accords secrets passés entre le fisc luxembourgeois et des multinationales, qui payaient ainsi moins d’impôts.

Cet ancien collaborateur du cabinet d’audit PricewaterhouseCoopers (PwC) est jugé en appel depuis lundi avec un autre ancien employé, Raphaël Halet, pour avoir copié et transmis à un journaliste des documents confidentiels, mettant à jour un vaste système d’optimisation fiscale. Ces documents ont notamment été révélés mondialement en 2014 par le consortium international pour le journalisme d’investigation (ICIJ), dont fait partie Le Monde.

En première instance, en juin, ils avaient été condamnés à douze et neuf mois de prison avec sursis, ainsi qu’à des amendes de 1 500 euros et 1 000 euros, pour « vol, violation du secret professionnel et du secret des affaires » ainsi que pour « fraude informatique, blanchiment et divulgation du secret des affaires ».

Le journaliste de « Cash investigation », Edouard Perrin, poursuivi pour complicité de violation du secret des affaires et du secret professionnel, avait quant à lui été acquitté. Mais MM. Halet et Deltour ne sont pas les seuls à avoir fait appel du jugement : le parquet a également fait un appel général, et M. Perrin doit, comme les autres, être rejugé.

« Un combat que je mène pour les autres »

Si Raphaël Halet a voulu un second procès, ce n’est pas que pour demander une possible relaxe. « Au-delà de mon cas, c’est un combat que je mène pour les autres, a-t-il indiqué avant l’audience. Aujourd’hui notre combat porte sur la légalité des rulings [ces accords fiscaux passés entre les administrations et les multinationales] et l’évasion fiscale. »

Antoine Deltour, qui dit assumer le statut de lanceur d’alerte « avec fierté » dénonce, lui, l’incohérence du jugement en première instance, qui reconnaît aux deux hommes le statut de lanceur d’alerte, œuvrant pour l’intérêt général, mais les condamne tout de même, notamment pour vol de documents et introduction frauduleuse dans un système de traitement automatisé de données.

Par: Le Monde fr


 

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Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Médias

 

Basta ! a fait le choix de demeurer en accès libre, pour que chacun puisse bénéficier de ses contenus, sans pour autant recourir à la publicité. Malgré l’absence de ces ressources commerciales, notre site d’information continue de grandir. Et ce, en grande partie, grâce à la contribution financière de ses lecteurs sous forme de dons. Voici nos comptes 2015, nos dépenses comme nos ressources, pour Basta ! et l’Observatoire des multinationales.

Comme chaque année, nous vous présentons les comptes de l’association Alter-médias, qui édite les sites d’information Basta ! (depuis fin 2008), celui de l’Observatoire des multinationales (depuis 2013) ainsi que notre nouveau portail des médias libres (depuis fin 2015).

Basta ! est lu chaque mois par environ 1,5 million de lecteurs. Votre soutien concret témoigne de votre attachement à faire vivre un média indépendant comme Basta !. Vos dons ont plus que doublé entre 2014 et 2015 ! Nous remercions vivement les lecteurs et lectrices qui ont jugé important d’apporter leur contribution, quel que soit son montant.

- Pour faire un don, c’est ici

En 2015, le budget de l’association Alter-médias s’élève à 370 963 euros. Nous avons réalisé cette année un exercice positif (+ 19966 euros). L’équipe salariée est actuellement composée de sept journalistes permanents, pour un total de six équivalents temps plein. Une quinzaine de contributeurs réguliers (journalistes, photographes, graphistes et développeurs web) sont également rémunérés.

  • Total des charges : 350 997 euros
  • Produits : 370 963 euros
  • Résultat : 19 966 euros [1]

Voici le détail des dépenses :

Les ressources proviennent de :

L’activité de l’Observatoire des multinationales est principalement soutenue par des fondations [2]. Nos ressources propres (dons et prestations) constituent 52 % de notre budget. C’est pourquoi la pérennité du site n’est pas encore totalement assurée. L’information, même en accès libre, a un coût. L’avenir de Basta ! dépendra de la participation de ses lecteurs réguliers à l’aventure, et vous êtes de plus en plus nombreux à nous soutenir. Votre soutien financier, et votre mobilisation pour faire connaître Basta ! autour de vous et diffuser nos articles, sont décisifs.

Pour soutenir Basta !, c’est ici.

L’équipe de Basta !

Notes

[1Le résultat d’exploitation est de 19 636 euros. Viennent s’y ajouter un report de ressources non utilisées des exercices antérieurs (23 704 euros) et une charge sur exercice antérieur (24 704 euros). Ces charges et produits portent le résultat courant à 19 966 euros.

[2Fondation pour le progrès de l’Homme, Fondation France Libertés, Fondation Un monde par tous, Fondation pour les droits de l’homme au travail, aucune de ces fondations ne sont liées à de grandes entreprises.

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Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Médias

La vidéo a été enlevée, peut etre était elle trop bien. Nous l'avons remplacer par celle ci qui la vos.

Par: Michel El Diablo.

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Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Médias
Manifestation et Grève de 24 heures reconductible à I Télé - Groupe CANAL : une première dans l’audiovisuel privé !

Arrivée de Morandini à i-Télé : la rédaction vote à une large majorité en faveur d'une grève de 24 heures reconductible

La rédaction est en conflit ouvert avec la direction depuis la confirmation le 7 octobre de l'arrivée de l'animateur, mis en examen dans le cadre de castings douteux pour la production d'une websérie érotique.

Par El Diablo

LIEN VERS LA SUITE DE L'ARTICLE CI-DESSOUS:

 

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Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Médias

Les puissances d'argent qui ont fait main basse sur les médias peuvent dire merci au gouvernement : selon les chiffres du ministère de la culture, que révèle Mediapart, cinq milliardaires ont continué de se partager en 2015 près de la moitié des aides directes que l'État apporte à 326 journaux.

Le scandale continue ! Les milliardaires qui ont fait main basse sur la plupart des titres de la presse quotidienne nationale (PQN) ou de la presse quotidienne régionale (PQR) empochent l’essentiel des aides directes que l’État verse, soi-disant pour venir en aide à la presse et défendre le pluralisme. C’est ce qui ressort des tableaux statistiques portant sur l’année 2015 que le ministère de la culture et de la communication a présentés en avant-première, le 3 octobre, aux éditeurs de presse, et que Mediapart est en mesure de révéler.

Rompant avec une très longue tradition d’opacité, le ministère de la culture et de la communication publie depuis quatre ans le détail des aides directes que l’État accorde à la presse – qui viennent s’ajouter aux aides indirectes qui bénéficient à toute la presse. Ces statistiques pour 2015 seront donc bientôt publiées sur les sites internet du gouvernement : culture.gouv.fr et data.gouv.fr. Mais elles ont dès à présent été présentées en avant-première, le 3 octobre, aux éditeurs de presse, à l’occasion de la traditionnelle « conférence des éditeurs ».

 

Pour parvenir à interpréter correctement ces statistiques, il faut avoir à l’esprit que, les années antérieures, les chiffres rendus publics prenaient en compte toutes les aides directes distribuées à la presse, y compris les aides à la distribution postale. C’est ainsi que, pour 2014, les statistiques (que l’on peut télécharger ici) faisaient apparaître des aides pouvant dépasser la dizaine de millions d’euros pour certains titres.

En 2014, les aides postales apparaissaient dans le calcul des aides à la presse
Le FigaroAujourd'hui en FranceLe MondeLa CroixOuest FranceLibérationTéléramaL’HumanitéL’ObsL’Express04 000 0008 000 00012 000 000En euros
Aides directes
Aide à la filière
Aide aux tiers
Aide indirecte

 

 L’aide à la filière est l’aide à la distribution de la presse quotidienne nationale. L’aide aux tiers recouvre les aides à la modernisation sociale. Et l'aide indirecte correspond à la compensation du tarif postal.

Source : liste des 200 titres de presse les plus aidés en 2014, ministère de la culture et de la communication. 

© Mediapart

 

Comme le montre le tableau ci-dessus, les aides directes les plus importantes culminaient ainsi à 15,2 millions d’euros pour Le Figaro, 14 millions d’euros pour Aujourd’hui en France ou encore 13 millions pour Le Monde.

Mais pour l’année 2015, les services statistiques du ministère ont choisi une nouvelle présentation : on peut consulter dans l'onglet Prolonger associé à cet article la note méthodologique qui explique les critères de ce nouveau mode de calcul. En particulier, celui-ci ne fait plus apparaître les aides postales. Optiquement, les statistiques pour 2015 font donc apparaître des chiffres en baisse, même si, en réalité, les aides directes sont restées à peu près les mêmes.

Et puis surtout, il y a une chose qui ne change pas : aux termes de critères de répartition absolument opaques, ce sont toujours les journaux qui sont la propriété (ou qui le sont devenus) des oligarques qui absorbent la plus grosse part du pactole.

Par Laurent Mauduit et Donatien Huet

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Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Médias
Saignées dans les rédactions, fermetures de titres et redressements judiciaires en série : la désagrégation brutale du groupe Hersant a encore des conséquences dans l'outre-mer français. Les derniers soubresauts de cet empire qui possédait des journaux sur les trois océans mettent à mal le pluralisme et l'espace public, de La Réunion à Tahiti en passant par les Antilles.

Il fut un temps où le nom d'Hersant faisait trembler jusque dans les cabinets ministériels, jouissait d'un écho puissant dans les couloirs de l'Assemblée nationale et surtout signifiait un continent de papier quotidiennement imprimé de l'Atlantique au Pacifique en passant par l'océan Indien.

« Entre le début des années 1970 et sa mort en 1996, Robert Hersant possédait un bon tiers de la presse quotidienne régionale et une partie de la presse nationale », rappelle Patrick Eveno, historien des médias et auteur d’une Histoire de la presse française, de Théophraste Renaudot à la révolution numérique. « Pendant une vingtaine d'années, cet homme a été sur le devant de la scène, et une dizaine de députés, directeurs de journaux ou dirigeants de son groupe étaient ses salariés. Ce qui faisait dire à certains qu'il avait un groupe parlementaire. »

De tout cela, il ne reste aujourd'hui rien, ou presque. Les ruines de l’empire Hersant sont d'abord à chercher du côté de la Suisse et plus précisément de Genève, sur les rives du lac Léman. Philippe Hersant, héritier du groupe, s'y est réfugié après les déboires rencontrés par ses différentes entreprises et des relations tendues avec les banques, qui ont poussé à la vente de ses actifs. Il y est encore propriétaire de quatre journaux, à l'audience locale – « cantonale » pour reprendre le terme suisse –, employant tout de même environ 300 salariés. « Nous n'avons pas accès aux comptes, donc il est difficile d'être précis, mais de loin ses journaux ont l'air rentables : depuis dix ans le groupe se maintient et a trouvé un équilibre avec la concurrence », résume Yves Sancey, porte-parole de Syndicom, le syndicat des médias suisse. « Il n'y a pas eu de scandale récemment, à part la fermeture d'une imprimerie qui visait à faire des économies d'échelle et contre laquelle notre syndicat a protesté parce qu'elle nous rend dépendants de la concurrence pour imprimer les journaux. »

Ce qui reste du groupe Hersant semble donc aussi éloigné des bruyants scandales qui ont accompagné sa chute – il y a cinq ans lors de la vente de ses titres de presse régionale en France et de sa brève association avec Bernard Tapie – que de la puissance et de l'influence politiques qui ont été sa marque de fabrique pendant de nombreuses années.

Il ne faudrait pourtant pas croire que le nom d'Hersant a totalement disparu du monde de la presse écrite française. Lorsqu’il était au sommet, le père Hersant, celui qui était surnommé « le Papivore », a racheté des médias plus ou moins en difficulté et en a créé en Guyane, en Polynésie, en Nouvelle-Calédonie et à La Réunion. Ces journaux lui ont d'ailleurs servi de laboratoire pour une presse ultramarine aussi populaire que politique, offensive sur le plan commercial.

 

La une de "France Antilles", dernier pré carré du groupe Hersant en France © France Antilles La une de "France Antilles", dernier pré carré du groupe Hersant en France © France Antilles

 

Alors que de L'Union de Reims aux Nouvelles de Tahiti l’empire de papier a été dépecé en cinq ans à peine, Philippe Hersant contrôle encore aujourd'hui les quotidiens France-Antilles et France-Guyane. C'est donc dans l'outre-mer que l’on peut encore voir les conséquences de l'implosion du royaume de papier sur lequel le soleil ne se couchait jamais.

À La Réunion, les salariés du groupe du Journal de l'île de La Réunion craignent pour la survie de leur journal : leur entreprise est en redressement judiciaire et la rédaction va subir un plan social qui l'amputera d'un tiers de son effectif, soit une trentaine de journalistes. Les journalistes polynésiens ont bien du mal à se remettre du traumatisme de la fermeture extrêmement brutale du titre Les Nouvelles de Tahiti. Enfin, dans la Caraïbe, les salariés de France-Antilles se demandent à quelle sauce ils vont être mangés ; ils sont les derniers survivants du giron de la famille Hersant, mais ne sont pas moins en danger que leurs confrères, liés au destin des restes peu glorieux de l'empire.

Juin 2016, coup de théâtre au Journal de l'île de La Réunion (JIR) : la direction annonce un changement à la tête de la rédaction en la personne de Jacques Tillier. Sur place, cet homme est loin d'être un inconnu, il a assumé ces fonctions pendant près de vingt ans, de 1990 à 2008, pendant toute la période où le groupe Hersant possédait ce titre de presse régionale d'outre-mer. Une différence de taille tout de même : aujourd'hui, le JIR n'appartient plus à Hersant et il est en redressement judiciaire depuis quelques mois.

« Lorsque Jacques Tillier est parti, nous ne savions pas quelle était la situation du JIR, en fait nous ne savions même pas que notre entreprise venait de changer de main ! » En 2009, Véronique Hummel, journaliste spécialisée dans l'éducation, membre active du Syndicat national des journalistes (SNJ), se sentait pourtant légitime pour suivre le processus qui a conduit à la sortie du JIR du groupe France-Antilles et à son rachat par un investisseur local.

 

JIR © Journal de l'Ile de la Réunion JIR © Journal de l'Ile de la Réunion

 

Cette cession d'actifs de Philippe Hersant a été décidée bien loin des rivages réunionnais. À ce moment-là, le groupe est déjà très endetté. Deux ans auparavant, Groupe Hersant Média (GHM) a fait l'acquisition de La Provence, Corse-Matin, Nice-Matin, Var-Matin et Marseille Plus. Et doit se débattre avec les déficits toujours plus importants du gratuit ParuVendu, face à une concurrence du Net chaque jour plus féroce.

Aux problèmes que traverse une grande partie de la presse écrite traditionnelle locale et nationale, il faut ajouter la réputation sulfureuse du groupe Hersant. Avant même d'émigrer en Suisse, ce groupe est connu pour son goût du secret et la façon opaque dont les pertes et profits des innombrables filiales et très nombreux titres se compensent entre eux. Ces pratiques ont d'ailleurs fait l'objet d'une plainte d'une intersyndicale SNJ-CGT-CGC à Nice-Matin, en 2013. Le parquet a ouvert une enquête et, selon les informations de Mediapart, la plainte a été classée sans suite en octobre 2015.

Jacques Tillier, l'homme de la situation pour Hersant, n'est pas moins sulfureux que ses patrons : ancien de Minute, victime du braqueur Mesrine dans des circonstances troubles, ce journaliste controversé a des méthodes expéditives. « À chaque fois qu'Hersant s’intéresse à un titre, il envoie son homme en éclaireur, en l'espèce ce sera Jacques Tillier, qui vient de la Françafrique, a passé quelques années au Gabon et ailleurs a conseillé des chefs d'État africains », précise Bernard Idelson, historien des médias à l'université de La Réunion et spécialiste des journaux de l’océan Indien. « Tillier a fait sa marque de fabrique des éditos de deux pages qui relayaient des dénonciations anonymes dans un style très “Troisième République”, avec une gouaille caractéristique. »

Après la vente du journal, Jacques Tillier poursuit logiquement sa carrière ailleurs dans le groupe Hersant. Ce sera L'Union de Reims et, là aussi, les polémiques suivront le rédacteur en chef, comme l'a raconté Mediapart à l'époque.

Son retour à la tête du JIR très récemment – presque en même temps que l'annonce d'un plan social qui concerne un tiers de la rédaction, soit une trentaine de journalistes – est diversement apprécié dans la rédaction. « Les conditions du retour de Tillier nous ont posé question au SNJ », confirme Véronique Hummel, qui préfère toutefois se concentrer sur les chances de survie de son journal.

« Si le JIR disparaît, ce sera une perte grave pour le pluralisme des médias réunionnais, ajoute Bernard Idelson. La Réunion est l'un des derniers départements avec deux titres de presse quotidienne et deux moyens d'impression propres. La disparition d'un de ces titres confirmerait le fait que nous sommes dans une période de régulation, qui implique des changements dans l'espace public, c'est-à-dire que l'information est de plus en plus lisse, avec moins de volonté de faire du journalisme professionnel au sens français ou anglo-saxon du terme, de croiser le fer avec le pouvoir. »

Par: julien sartre et MEDIAPART.

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Publié le par "Citoyen 18"
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En dix ans, la quasi-totalité des médias français sont tombés dans les mains d'une dizaine d'hommes d'affaires et de milliardaires. Dans le livre Main basse sur l'information, qui vient de paraître, notre confrère Laurent Mauduit détaille  cette concentration sans précédent et les risques que fait peser cette «presse d'industrie» sur le pluralisme et la liberté d'information. Extraits.

Ils sont dix: Dassault, Lagardère, Pinault, Arnaud, Niel, Bergé, Pigasse, Bolloré, Drahi, Bouygues. Et ces dix hommes d'affaires, milliardaires ou oligarques français -toujours en lien avec le monde politique ou dépendants de la commande publique- détiennent aujourd'hui la quasi-totalité des médias français. Dans un livre qui sort ce 8 septembre, Main basse sur l'information (éditions Don Quichotte), notre confrère Laurent Mauduit documente cette concentration sans précédent et ses graves conséquences sur le pluralisme et la liberté d'informer.

Le phénomène n'est pas nouveau, diront certains. Hubert Beuve Méry, fondateur du journal Le Monde à la Libération, n'avait cessé de dénoncer cette «presse d'industrie» qui s'était engloutie dans les scandales durant l'entre deux guerres. Dès 2008, année de son lancement, Mediapart avait lancé avec Reporters sans frontières «l'Appel de la Colline» pour défendre «l'indépendance, la transparence et le pluralisme» (cet appel est à lire ici).

Depuis, la situation n'a fait qu'empirer, voyant les titres tomber les uns après les autres dans les mains de puissances financières ou industrielles dont le cœur de métier n'est nullement l'information mais les armes, le BTP, la téléphonie, la banque d'affaires... Libération, Le Monde, Les Echos, Le Point, l'Express, L'Obs, Télérama, Courrier International, Radio Nova, Les Inrockuptibles, mais aussi Canal+, RMC, BFM, I-télé: tous ces titres sont désormais absorbés dans d'énormes congglomérats, souvent réduits au simple rôle de levier d'influence.

Les premières victimes de ce naufrage français sont les lecteurs et la liberté d'informer. Et pas grand-monde ne s'en inquiète. Que Serge Dassault, avionneur, marchand d'armes, puisse être également sénateur LR, propriétaire du Figaro et mis en examen pour corruption et fraude électorale, ne gêne personne. Que Vincent Bolloré procède depuis un an à une purge éditoriale sans précédent à Canal+ ne provoque aucun émoi particulier des responsables politiques. Que Patrick Drahi, patron de SFR, mette la main sur Libération, L'Express, BFM et RMC ne suscite pas plus de réactions...

Laurent Mauduit détaille ces prises de contrôle et leur impact. Les Echos, seul quotidien économique, peut-il enquêter sérieusement et en liberté sur les montages financiers du groupe LVMH en étant la propriété de Bernard Arnault? Le Monde a-t-il révélé les coulisses de l'empire construit par Xavier Niel? C'est cette mise sous tutelle du journalisme qui apparaît au fil des prises de contrôle de titres indépendants. Main basse sur l'information met également en évidence cette autre particularité très française: l'endogamie du monde des affaires et les liens d'intérêt entre bon nombre des acteurs de ce nouveau paysage médiatique.

De cet état des lieux inquiétant pour le pluralisme et le dynamisme du débat public émerge une autre faillite: celle du pouvoir politique. François Hollande et ses gouvernements successifs, spectateurs ou parfois complices, n'auront donc rien fait pour empêcher une telle concentration et une telle dépendance des médias. Une histoire, à sa façon, résume cette descente aux enfers de la presse française: c'est celle du groupe Le Monde, de sa prise de contrôle et de sa normalisation éditoriale. Une histoire où l'on retrouve un certain Emmanuel Macron et quelques acteurs clés du capitalisme parisien. Ci-dessous, nous vous proposons de larges extraits d'un chapitre de Main basse sur l'information:

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«Le Monde», ou la seconde mort de Beuve-Méry.

Cette histoire, c’est le syndrome de l’escalier meurtrier : il ne faut surtout pas tomber de la première marche. Car après le danger est grand de tout dévaler, sans jamais s’arrêter. C’est la terrible histoire du Monde qui, violant en 2005 les principes d’indépendance édictés par Hubert Beuve-Méry, finit par tomber cinq ans plus tard, en novembre 2010, sous le contrôle du patron de Free-Iliad Xavier Niel, de l’associé gérant de la banque Lazard Matthieu Pigasse et du milliardaire et ex-patron d’Yves Saint-Laurent, Pierre Bergé.

 

capture-d-e-cran-2016-09-08-a-10-08-13Pour Le Monde, c’est en quelque sorte la fin de son indépendance. Car en 2005, même si la rupture avec le passé est majeure lors de l’entrée du groupe Lagardère à hauteur de 16 % du capital, les journalistes conservent la majorité au travers de la Société des rédacteurs du Monde (SRM). Mais cette majorité, ils la perdront définitivement en 2010 : Le Monde, qu’Hubert Beuve-Méry voulait tenir à distance de la « presse d’industrie », tombe alors dans l’escarcelle de ces trois richissimes hommes d’affaires, qui mettent 110 millions d’euros au total pour contrôler 60 % du capital, aux côtés du groupe de presse espagnol Prisa, éditeur d’El Païs.

Baptisé « BNP » (pour Bergé, Niel, Pigasse), le trio ne parvient à ses fins qu’au terme d’une violente confrontation avec un autre groupe candidat au rachat, emmené par Claude Perdriel, le propriétaire des Sanibroyeurs SFA et du Nouvel Observateur. Cette bataille tient en haleine les milieux d’affaires parisiens et donne lieu à une chronique de ma consœur du Canard enchaîné, Odile Benyahia-Kouider, dans son livre Un si petit Monde.

Dans cette confrontation entre les deux clans rivaux, les coups tordus n’ont pas manqué. Dans son livre L’Ambigu Monsieur Macron, le journaliste Marc Endeweld raconte une histoire saisissante, qui n’a pas eu la publicité qu’elle méritait bien que (ou peut-être parce que) elle en dise long sur les méthodes utilisées dans la vie des affaires, et celles pratiquées par... un jeune ex-ministre aujourd’hui en vogue.

La scène se passe à Paris, le 3 septembre 2010, à hauteur du 10, avenue George-V. Il y a là plusieurs journalistes membres du bureau de la Société des rédacteurs du Monde (SRM), dont son président, Gilles van Kote, et Adrien de Tricornot.

À ce moment-là, les personnels du Monde ont depuis un peu plus de deux mois (le 25 juin pour être précis) écarté par leur vote l’offre de rachat déposée par Claude Perdriel, qui avait les faveurs d’Alain Minc et de son mentor Nicolas Sarkozy, et choisi celle du trio Xavier Niel, Matthieu Pigasse et Pierre Bergé. C’est dans ce cadre qu’ils sont venus rencontrer le bras droit de Pierre Bergé, Jean-Francis Bretelle, qui coordonne l’offre du trio « BNP », pour obtenir des éclaircissements sur le système de commandite qui les lie entre eux ; lequel Jean-Francis Bretelle partage ses bureaux depuis toujours avec... Alain Minc.

Pour ce rendez-vous, les journalistes sont venus accompagnés de leur avocat, mais pas de l’associé gérant de la banque Rothschild, qui a eu la gentillesse de leur offrir bénévolement ses conseils au long du printemps et de l’été précédents, un certain Emmanuel Macron. Sans doute ce dernier y a-t-il vu un grand intérêt : s’occuper de près ou de loin du dossier du Monde, c’est assurément important pour un jeune banquier qui veut se forger un carnet d’adresses. Pourtant, les relations entre le bureau de la SRM et Emmanuel Macron, dont les recommandations ont parfois intrigué les journalistes, se sont progressivement distendues, si bien que ce jour-là le banquier n’a pas accompagné ses amis.

Par La rédaction de Mediapar.

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