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La porte à gauche. Jean FERRAT a chanté que certains prétendent que le bonheur était à la porte à droite. Aujourd’hui est-il à la porte à gauche ? Oui ! mais à la condition de secouer le cocotier de la pensée convenu ! Ce petit blog crée à l’initiative de quelques militants communistes de Vierzon n’a d’autres ambitions que de donner aux citoyens un support pour s’exprimer librement sur les sujets politiques, sociaux ou culturels d’actualité du local à l’international, qui s’émancipe des discours convenus, des lignes officielles décidées par quelques notables de la politique, aux doubles langages, aux bonimenteurs de vraies fausses solutions et qui cultivent la résignation. Déverrouillez les débats et enfoncez la porte à droite (….ou à gauche ?) Les seules limites, car il en faut, à notre liberté : Celle du respect des personnes, le souci de la vérité et de faire vivre le débat. Ainsi seront exclus tous messages comprenant des insultes ou diffamations visant une (des) personne(s), seront exclues, s’ils sont avérées, des informations mensongères ou rumeur infondées. Chacun pourra également participer au débat juste et loyal en signalant un abus de cette nature. Les productions de ces abus seront retirés et l’auteur exclu du blog.

Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Médias

En dix ans, la quasi-totalité des médias français sont tombés dans les mains d'une dizaine d'hommes d'affaires et de milliardaires. Dans le livre Main basse sur l'information, qui vient de paraître, notre confrère Laurent Mauduit détaille  cette concentration sans précédent et les risques que fait peser cette «presse d'industrie» sur le pluralisme et la liberté d'information. Extraits.

Ils sont dix: Dassault, Lagardère, Pinault, Arnaud, Niel, Bergé, Pigasse, Bolloré, Drahi, Bouygues. Et ces dix hommes d'affaires, milliardaires ou oligarques français -toujours en lien avec le monde politique ou dépendants de la commande publique- détiennent aujourd'hui la quasi-totalité des médias français. Dans un livre qui sort ce 8 septembre, Main basse sur l'information (éditions Don Quichotte), notre confrère Laurent Mauduit documente cette concentration sans précédent et ses graves conséquences sur le pluralisme et la liberté d'informer.

Le phénomène n'est pas nouveau, diront certains. Hubert Beuve Méry, fondateur du journal Le Monde à la Libération, n'avait cessé de dénoncer cette «presse d'industrie» qui s'était engloutie dans les scandales durant l'entre deux guerres. Dès 2008, année de son lancement, Mediapart avait lancé avec Reporters sans frontières «l'Appel de la Colline» pour défendre «l'indépendance, la transparence et le pluralisme» (cet appel est à lire ici).

Depuis, la situation n'a fait qu'empirer, voyant les titres tomber les uns après les autres dans les mains de puissances financières ou industrielles dont le cœur de métier n'est nullement l'information mais les armes, le BTP, la téléphonie, la banque d'affaires... Libération, Le Monde, Les Echos, Le Point, l'Express, L'Obs, Télérama, Courrier International, Radio Nova, Les Inrockuptibles, mais aussi Canal+, RMC, BFM, I-télé: tous ces titres sont désormais absorbés dans d'énormes congglomérats, souvent réduits au simple rôle de levier d'influence.

Les premières victimes de ce naufrage français sont les lecteurs et la liberté d'informer. Et pas grand-monde ne s'en inquiète. Que Serge Dassault, avionneur, marchand d'armes, puisse être également sénateur LR, propriétaire du Figaro et mis en examen pour corruption et fraude électorale, ne gêne personne. Que Vincent Bolloré procède depuis un an à une purge éditoriale sans précédent à Canal+ ne provoque aucun émoi particulier des responsables politiques. Que Patrick Drahi, patron de SFR, mette la main sur Libération, L'Express, BFM et RMC ne suscite pas plus de réactions...

Laurent Mauduit détaille ces prises de contrôle et leur impact. Les Echos, seul quotidien économique, peut-il enquêter sérieusement et en liberté sur les montages financiers du groupe LVMH en étant la propriété de Bernard Arnault? Le Monde a-t-il révélé les coulisses de l'empire construit par Xavier Niel? C'est cette mise sous tutelle du journalisme qui apparaît au fil des prises de contrôle de titres indépendants. Main basse sur l'information met également en évidence cette autre particularité très française: l'endogamie du monde des affaires et les liens d'intérêt entre bon nombre des acteurs de ce nouveau paysage médiatique.

De cet état des lieux inquiétant pour le pluralisme et le dynamisme du débat public émerge une autre faillite: celle du pouvoir politique. François Hollande et ses gouvernements successifs, spectateurs ou parfois complices, n'auront donc rien fait pour empêcher une telle concentration et une telle dépendance des médias. Une histoire, à sa façon, résume cette descente aux enfers de la presse française: c'est celle du groupe Le Monde, de sa prise de contrôle et de sa normalisation éditoriale. Une histoire où l'on retrouve un certain Emmanuel Macron et quelques acteurs clés du capitalisme parisien. Ci-dessous, nous vous proposons de larges extraits d'un chapitre de Main basse sur l'information:

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«Le Monde», ou la seconde mort de Beuve-Méry.

Cette histoire, c’est le syndrome de l’escalier meurtrier : il ne faut surtout pas tomber de la première marche. Car après le danger est grand de tout dévaler, sans jamais s’arrêter. C’est la terrible histoire du Monde qui, violant en 2005 les principes d’indépendance édictés par Hubert Beuve-Méry, finit par tomber cinq ans plus tard, en novembre 2010, sous le contrôle du patron de Free-Iliad Xavier Niel, de l’associé gérant de la banque Lazard Matthieu Pigasse et du milliardaire et ex-patron d’Yves Saint-Laurent, Pierre Bergé.

 

capture-d-e-cran-2016-09-08-a-10-08-13Pour Le Monde, c’est en quelque sorte la fin de son indépendance. Car en 2005, même si la rupture avec le passé est majeure lors de l’entrée du groupe Lagardère à hauteur de 16 % du capital, les journalistes conservent la majorité au travers de la Société des rédacteurs du Monde (SRM). Mais cette majorité, ils la perdront définitivement en 2010 : Le Monde, qu’Hubert Beuve-Méry voulait tenir à distance de la « presse d’industrie », tombe alors dans l’escarcelle de ces trois richissimes hommes d’affaires, qui mettent 110 millions d’euros au total pour contrôler 60 % du capital, aux côtés du groupe de presse espagnol Prisa, éditeur d’El Païs.

Baptisé « BNP » (pour Bergé, Niel, Pigasse), le trio ne parvient à ses fins qu’au terme d’une violente confrontation avec un autre groupe candidat au rachat, emmené par Claude Perdriel, le propriétaire des Sanibroyeurs SFA et du Nouvel Observateur. Cette bataille tient en haleine les milieux d’affaires parisiens et donne lieu à une chronique de ma consœur du Canard enchaîné, Odile Benyahia-Kouider, dans son livre Un si petit Monde.

Dans cette confrontation entre les deux clans rivaux, les coups tordus n’ont pas manqué. Dans son livre L’Ambigu Monsieur Macron, le journaliste Marc Endeweld raconte une histoire saisissante, qui n’a pas eu la publicité qu’elle méritait bien que (ou peut-être parce que) elle en dise long sur les méthodes utilisées dans la vie des affaires, et celles pratiquées par... un jeune ex-ministre aujourd’hui en vogue.

La scène se passe à Paris, le 3 septembre 2010, à hauteur du 10, avenue George-V. Il y a là plusieurs journalistes membres du bureau de la Société des rédacteurs du Monde (SRM), dont son président, Gilles van Kote, et Adrien de Tricornot.

À ce moment-là, les personnels du Monde ont depuis un peu plus de deux mois (le 25 juin pour être précis) écarté par leur vote l’offre de rachat déposée par Claude Perdriel, qui avait les faveurs d’Alain Minc et de son mentor Nicolas Sarkozy, et choisi celle du trio Xavier Niel, Matthieu Pigasse et Pierre Bergé. C’est dans ce cadre qu’ils sont venus rencontrer le bras droit de Pierre Bergé, Jean-Francis Bretelle, qui coordonne l’offre du trio « BNP », pour obtenir des éclaircissements sur le système de commandite qui les lie entre eux ; lequel Jean-Francis Bretelle partage ses bureaux depuis toujours avec... Alain Minc.

Pour ce rendez-vous, les journalistes sont venus accompagnés de leur avocat, mais pas de l’associé gérant de la banque Rothschild, qui a eu la gentillesse de leur offrir bénévolement ses conseils au long du printemps et de l’été précédents, un certain Emmanuel Macron. Sans doute ce dernier y a-t-il vu un grand intérêt : s’occuper de près ou de loin du dossier du Monde, c’est assurément important pour un jeune banquier qui veut se forger un carnet d’adresses. Pourtant, les relations entre le bureau de la SRM et Emmanuel Macron, dont les recommandations ont parfois intrigué les journalistes, se sont progressivement distendues, si bien que ce jour-là le banquier n’a pas accompagné ses amis.

Par La rédaction de Mediapar.

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