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citoyen18.overblog.com

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La porte à gauche. Jean FERRAT a chanté que certains prétendent que le bonheur était à la porte à droite. Aujourd’hui est-il à la porte à gauche ? Oui ! mais à la condition de secouer le cocotier de la pensée convenu ! Ce petit blog crée à l’initiative de quelques militants communistes de Vierzon n’a d’autres ambitions que de donner aux citoyens un support pour s’exprimer librement sur les sujets politiques, sociaux ou culturels d’actualité du local à l’international, qui s’émancipe des discours convenus, des lignes officielles décidées par quelques notables de la politique, aux doubles langages, aux bonimenteurs de vraies fausses solutions et qui cultivent la résignation. Déverrouillez les débats et enfoncez la porte à droite (….ou à gauche ?) Les seules limites, car il en faut, à notre liberté : Celle du respect des personnes, le souci de la vérité et de faire vivre le débat. Ainsi seront exclus tous messages comprenant des insultes ou diffamations visant une (des) personne(s), seront exclues, s’ils sont avérées, des informations mensongères ou rumeur infondées. Chacun pourra également participer au débat juste et loyal en signalant un abus de cette nature. Les productions de ces abus seront retirés et l’auteur exclu du blog.

Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Europe
En plein scandale Volkswagen et alors que le Parlement européen débat sur la réduction de la pollution atmosphérique, à Bruxelles, les états membres se sont mis d’accord pour permettre aux constructeurs automobiles de vendre des véhicules dont les émissions de gaz polluants dépassent les limites autorisées.
 
Correspondant - Strasbourg. " On croit rêver !" « tempête Karima Delli ( Les Verts ). " Insupportable !" renchérit Patrick Le Hyaric ( Gauche unitaire européenne ). Il faut dire que c’est à un véritable exercice de style de double langage qu’on eu droit, hier, les députés européens.
Premier acte. A Strasbourg, dans l’après-midi, le Parlement européen, affirme sa volonté de réduire drastiquement les taux de pollution atmosphérique en Europe, tout particulièrement dans la partie ouest du continent, la plus touchée. En France, en région parisienne ou dans le Nord Pas-de-Calais, il ne se passe désormais plus un seul mois sans que des alertes à la pollution ne soient déclenchées.
Après des années de laisser-aller, les chiffres sont alarmants. Selon les estimations établies par l’UE, la pollution atmosphérique serait responsable de plus de 400 000 décès chaque année dans l’Union européenne, entrainant par ailleurs des dépenses de santé considérables, un gouffre financier évalué à 766 milliards d’euros.

 
Six principaux polluants sont en ligne de mire, parmi lesquels le dioxyde de soufre, les particules et les oxydes d’azote., mais aussi le méthane, essentiellement d’origine agricole, et l’ammoniac. Un rapport présenté aux députés européens, parle de réduire ces émissions de gaz polluants de plus de 50%, ce qui permettrait, entre autres, d’économiser 40 milliards d’euros en Europe d’ici 2030. Une résolution est votée pour que soit mise en place une autorité de surveillance européenne, un pas dans le bon sens. Voilà pour les bonnes intentions.

Le second acte se joue au même moment à Bruxelles, et c’est un tout autre son de cloches qu’on va y entendre.
Au cours d’une réunion technique, les états européens décident en effet en catimini, d’autoriser le dépassement de 110% des seuils d’émission de certains polluants, notamment l’oxyde d’azote, sur les nouveaux modèles de voitures qui vont être mis sur le marché. Les constructeurs avaient demandé de pouvoir les dépasser de 200 à 300%...
« Il faut cesser ces mensonges et ce cynisme, dit Patrick Le Hyaric. Cette décision n’est faite que pour favoriser l’industrie automobile allemande. Faire croire dans ces conditions que la conférence de Paris sur le climat ( COP 21 ) va servir à quelque chose, c’est se moquer du monde. »
Même analyse du côté des Verts. Pour Karima Delli « Les Etats-membres complotent dans le dos des citoyens pour autoriser les dépassements des plafonds autorisés. Ils arrangent soigneusement la législation européenne pour protéger le lobby de l’automobile dans un déni démocratique total et intolérable. »

En plus du scandale Volkswagen, il est certain que ce double jeu de l’Europe en rajoute dans la confusion. Déjà, la demande des Verts et de la Gauche européenne de diligenter une enquête sur la pollution produite par l’ensemble des véhicules présents sur le marché européen, - une demande qui avait reçu le soutien de 160 000 pétitionnaires - avait été refusé par les deux groupes majoritaires du Parlement européen, droite et socialistes confondus.

Par: l'Humanité.

 

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Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Economie

Juste un chiffre pour comprendre. Entre juillet et septembre, la banque a perdu plus de six milliards d’euros. En trois mois seulement. Son chiffre d’affaire est en baisse de 7 % sur un an. L’établissement est malade et a choisi l’amputation. La banque se retire de dix pays, supprime 26.000 postes sur deux ans, salariés et consultants extérieurs, c’est un quart de son effectif qui va disparaitre, elle va céder des actifs, elle ferme des agences, 200 en Allemagne, les bonus seront rabotés et  les actionnaires ne toucheront plus de dividendes pendant deux ans, pour la première fois depuis l’après-guerre. L’objectif, c’est d’économiser près de quatre milliards d’euros sur les trois ans qui viennent. Ce régime ultra sec, c’est l’œuvre du britannique John Cryan, l’homme qui a guéri la banque suisse UBS. Les deux patrons allemands ont été remerciés en juin dernier. La cure est extrêmement sévère.

Dans le collimateur de la justice:

Un peu comme Volkswagen, c’est la reine du tripatouillage. Elle fait partie des banques liées au scandale du Libor, et fait l’objet de 6.000 litiges. Le Libor, c’est le taux de l’argent que les banques se prêtent entre elles. Ça nous concerne directement puisque vos prêts immobiliers, vos crédits à la consommation, votre épargne, le prêt de votre entreprise sont indexés sur le Libor, ça représente 350 mille milliards d’euros. Il y a donc eu des courtiers qui ont tripatouillé les taux et pas vraiment de contrôle de la part de la banque. Du coup, elle doit faire face à une amende de deux milliards 250 mille euros, à payer aux américains. Cerise sur le gâteau, elle aussi est soupçonnée de blanchir de l’argent en Russie. Il y en aurait pour six milliards, des proches de Poutine sont concernés. Et pour couronner le tout, un des patrons allemands risque la prison dans une vieille affaire de faux témoignage. On comprend mieux la nécessité d’une restructuration. Il faut aussi payer les frais de justice.

Un monde bancaire en mutation:

Ces scandales n’expliquent pas tout. Il y aussi les nouvelles normes, celles qu’on appelle Bâle III. Après la crise, il a été décidé que les banques devaient être plus solides et avoir davantage de fonds propres, d’argent dans leur poche. Aujourd’hui elles prêtent environ 20 fois plus qu’elles n’ont d’argent. Il y a aussi la question du rendement des produits financiers. Avec des taux proches de zéro, ça ne rapporte plus autant. Il y a enfin la transformation de la banque de détail qui avec l’internet n’a plus vraiment besoin d’agence. La société générale en ferme 400, le crédit agricole en supprime 50, la BNP en a supprimé quatorze à Paris. Bref, le milieu bancaire est en mutation depuis la crise, peut- être pas autant qu’il le faudrait car le  "too big to fall", trop gros pour disparaitre, de l’époque Lehman Brother’s, ça n’est peut- être pas encore complètement derrière nous.

 

Par: FranceInfo.

 

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Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Economie

 

Par: #Le saviez-vous.

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Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #International
Communiqué du Parti communiste français:
 
Côte d'Ivoire. "Une mascarade électorale qui s'ajoute à un bilan catastrophique" (PCF)
En 2011, Alassane Ouattara a été installé à la présidence ivoirienne par les chars français à l'issue d'une élection contestée. Ce coup de force a eu lieu alors qu'il était possible et souhaitable de recompter les bulletins de vote ou de reprendre le scrutin.

Depuis cette date, le pouvoir renoue avec les pires traditions de la dictature d'Houphouët-Boigny. Il emprisonne, prive de droits, assassine et torture des centaines d'opposants politiques, associatifs et syndicaux. Il interdit leurs manifestations et s’immisce dans les débats internes de leurs organisations en vue de les modeler en faire-valoir démocratiques. Ceux qui ne se résignent pas sont impitoyablement pourchassés. Des centaines de milliers d'ivoiriens ont emprunté les chemins de l'exil et du déplacement intérieur.

La justice des vainqueurs, en Côte d'Ivoire et au niveau international, laisse impunis ceux du camp Ouattara qui depuis 2002 ont commis d'innombrables crimes dont le massacre de Duékoué de 2011. Rien n'est fait pour enquêter sur les responsabilités des puissances, dont la France, et les multinationales dans la crise ivoirienne.

Le pouvoir applique une politique de « rattrapage ethnique » ainsi qu'une introduction de critères ethniques dans le recensement, il aggrave en cela un débat délétère pour la société ivoirienne.

La prédation économique au profit des multinationales et d'une petite clique corrompue et brutale capte une immense partie des richesses.

Alassane Outtara, en complicité avec d'autres gouvernements de la sous-région et de puissants réseaux françafricains, sert de foyer de déstabilisation au Burkina Faso, comme le pouvoir de Blaise Compaoré a servi de base arrière à la rébellion pro-Ouattara dans les années 2000.

Sans espoir de véritable réconciliation, l'opposition significative a décidé de boycotter ce scrutin présidentiel qui s'apparente à une mascarade.

C'est dans ce contexte, avec des institutions électorales complètement inféodées, que s'est déroulé un scrutin joué d'avance, dont le scénario a été validé à Paris. Il n'est alors pas étonnant que la participation ait été si faible, comme l'ont noté tous les observateurs sérieux, contrairement aux chiffres fantaisistes avancés par une Commission électorale aux ordres.

Au lieu d'applaudir à cette ultime forfaiture, qui pèsera lourdement sur l'avenir de la Côte d'Ivoire, le gouvernement de la France ferait mieux d'agir publiquement en faveur d'une libération des prisonniers politiques, du respect des droits et d'une perspective de réconciliation.       
 
Par: Citoyen18.

 

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Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Economie

Total : + de 10,39 MILLIONS de chômeurs en France (fourchette basse), et autant de pauvres largement sous les seuils de pauvreté.

 

Radiations des listes A,B,C,(D,E) de Pôle Emploi par motifs, pour le seul mois de Septembre 2015 :

- Défauts d’Actualisation (bugs informatiques + oublis + des découragés non indémnisés) : 212 900, 44,4 % des sorties des listes. (+ 7,7 % sur 1 an)

- Radiations Administratives (les punis) : 43 000, 9 % des sorties. (-9,7 % sur 1 an)

- Autres Cas (morts, suicidés, emprisonnés) : 49 900 et 10,4 % des sorties. (+ 5,3 % sur 1 an)

soit 305 800 radiés des listes (63,8 % des sorties) ce mois pour autres motifs que :

- Stages parking : 39 900, 8,3 % des sorties. (-2,2% sur 1 an)

- Arrêts maladie, maternité, départs en retraite : 38 900, 8,1 % des sorties. (+ 5,4% sur un an)

- Reprises d’emploi déclarées : 95 200, ne représentent que 19,8 % des sorties des listesde pôle emploi. ( + 5 % sur 1 an )

Demandeurs d’emploi par catégories :

A : 3 547 800 -0,7 % ( + 3,1 % sur 1 an ).

B : 717 000 +1,2 % ( + 6,3 % sur 1 an ) travailleurs pauvres moins de 78 heures.
C : 1 157 900 +1,5 % ( + 14,8 % sur 1 an ) travailleurs pauvres de + de 78 heures.

D : 279 800 -3,5 % ( -0,1 % sur 1 an ) stages parking, occupationnels etc.
E : 408 800 +0,8 % ( + 3,9 % sur 1 an ) contrats aidés etc.

TOTAL : 6 111 300 ( données corrigées ), hors DOM TOM, soit + 5,4 % sur 1 an, 5 000 chômeurs de moins, par rapport à aout.

TOTAL, dom-tom compris : 6 447 000 ( page 15 du rapport de la DARES, lien en bas de page ).

Quelques chiffres qui parlent :

Chômage Longue durée (entre 2 et 3 ans) : + 6,4 % sur 1 an.
Chômage Très Longue Durée + de 3 ans : + 17,8 % sur 1 an.

Chômage des 50 ans et +, + 9,9 % sur 1 an.

+ d’1 chomeur inscrit à pôle emploi sur 2 (52 %) ne perçoit AUCUNE INDEMNITE, ni ARE (allocation retour à l’emploi), ni allocation de solidarité (ASS, AER)

Offres d’emploi disponibles, dernier chiffre connu : 469 663, environ 150 000 collectées via pole emploi, les autres via des « partenaires » privés, certaines pouvant apparaitre 4 fois, d’autres sont fictives et/ou mensongères (remplissages de candidatures de boites d’intérim, annonces faussement classées en CDI, etc).

 

Le + scandaleux, LE CHÔMAGE INVISIBLE, complètement en dehors des statistiques :

Ne sont pas comptés dans ces 6 447 000 demandeurs d’emploi et travailleurs pauvres occasionnels :

1 449 100 foyers bénéficiaires du RSA, en effet sur 2 470 000 environ de foyers (dernier chiffre connu) , seuls 1 020 900 sont inscrits à Pôle Emploi, les autres bénéficient d’autres suivis (associations, collectivités locales, etc.) en sachant qu’un foyer bénéficiaire, comporte parfois + d’un demandeur d’emploi en son sein, donc si on parle en nombre d’individus c’est pire.

+ encore 1 100 000 au bas mot, sur les environs 2 millions de bénéficiaires de l’AAH ou d’une pension d’invalidité, qui ne sont pas inscrits à Pôle emploi, malgré une aptitude et un désir d’accès à un emploi adapté.

+ encore 1 400 000 de SANS-DROITS, qui sont principalement :

- des jeunes de moins de 25 ans, primo demandeurs d’emploi, qui comme vous le savez n’ont même pas droit au RSA. (quasi unique en Europe), favorisant délits, crimes, trafics, prostitution, esclavagisme moderne, radicalisations etc.

- des sans droits, pour motif, dépassement des plafonds de ressources dans le foyer, exemple, votre conjoint(e) perçoit 700€ d’allocation chomage, ou 807€ d’allocation adulte handicapé, vous n’aurez même pas droit au RSA, car vous dépasserez le plafond couple qui est de 660€ par mois, si vous êtes NON SDF.

- des bénéficiaires de pensions de reversions ( veufs, veuves ) de 55 ans et +, qui dépassent les plafonds du RSA ( 462€ pour une personne seule ), et qui n’ont pas l’âge pour prendre leur propre retraite ou pour percevoir le minimum vieillesse ( 65 ans ) qui s’appelle aujourd’hui « A-S-P-A » (allocation solidarité aux personnes âgées), qui est récupérable sur le patrimoine, au décès.

- des bénéficiaires de pensions alimentaires qui dépassent les plafonds du RSA (plafonds 2 fois inférieurs aux seuils de pauvreté, une véritable honte)

- des étudiants, boursiers ou non, qui cherchent des petits jobs alimentaires, qui sont donc bien demandeurs d’emploi, en concurrence avec les autres (même si beaucoup sont aussi exploités en stages sous payés, voire gratuits).

- des auto-entrepreneurs, qui ne gagnent rien ou presque, et sont demandeurs d’emploi en parallèle.

  • on peut parler également de retraités qui cherchent un emploi car leur retraite ne couvre pas les charges fixes pour survivre ( loyer, énergie, assurances, voiture, téléphone, eau, nourriture, santé (lunettes, dentiste ..) incalculable.

Faites le calcul vous même, on arrive au total, à + de 10 MILLIONS demandeurs d’emploi en France, et travailleurs pauvres occasionnels.

Sources : Rapport complet de la DARES de 20 pages (et non pas le simple communiqué de presse envoyé aux médias) : http://travail-emploi.gouv.fr/IMG/pdf/PI-Mensuelle-OC6AAR.pdf

Par: Un citoyen MOTIVE.

 

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Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Syndicats

Mépris de la démocratie sociale, colère des salariés, arbitrage en faveur du patronat… « Trop, c’est trop », explique son secrétaire général, Philippe Martinez. 

La quatrième conférence sociale du quinquennat Hollande a eu lieu. Au menu de ce grand raout qui, cette fois, se veut « thématique » : la COP21 sur le climat, la transformation numérique du travail, le compte personnel d’activité. L’occasion surtout, pour le gouvernement, de donner à voir sa feuille de route d’ici à 2017, sous couvert de promotion en grande pompe du « dialogue social », alors même que la démocratie ne cesse d’être bafouée au sein comme à l’extérieur des entreprises. Air France, STX, mais aussi lois Rebsamen ou Macron, « le mécontentement est là », juge le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, qui, dans nos colonnes, explique le sens de « l’alerte » qu’il entend envoyer au gouvernement en refusant de participer à la conférence sociale et de cautionner ses choix libéraux. D’autant que ce même gouvernement manœuvrait en coulisse encore vendredi pour mieux, ce week-end, se féliciter d’un accord qui fait de l’allongement de l’âge du départ à la retraite la norme.

La CGT a décidé de boycotter la conférence sociale, ce rendez-vous est-il, selon vous, dénué d’enjeu ?

Philippe Martinez Cette décision est avant tout un nouveau message d’alerte au gouvernement : il est temps d’arrêter de faire plaisir au patronat et de s’occuper de la situation des salariés. Depuis plusieurs mois, la CGT propose d’inscrire leurs préoccupations à l’ordre du jour de cette conférence sociale avec la question des salaires et du temps de travail, notamment. Le gouvernement n’en a pas tenu compte. Dans le même temps, en première partie du programme, nous sommes invités à écouter des experts, souvent patronaux, sans pouvoir véritablement donner notre avis. Le gouvernement affirme que l’on pourra s’exprimer puisqu’une réunion informelle est prévue avec le président de la République. Une heure de réunion officieuse, huit organisations syndicales dont cinq de salariés et trois patronales. Le dialogue n’existe pas. Enfin, il y a la situation sociale. Air France et tout le reste. Plutôt que de s’intéresser au sort des possibles 3 000 licenciés, le gouvernement traite les salariés qui combattent ce plan de restructuration de « voyous ». Trop c’est trop.

Quelle est votre opinion sur le compte personnel d’activité, dont François Hollande veut faire l’une de ses mesures phares et qui sera au menu aujourd’hui ?

Philippe Martinez Depuis dix ans, la CGT porte l’idée d’une sécurité sociale professionnelle. C’est une proposition très innovante de progrès social pour que les salariés, quel que soit leur parcours professionnel, voient leurs compétences reconnues et ne perdent pas leur droit en changeant d’employeur. Régulièrement, les gouvernements successifs font référence à cette notion. L’important n’est cependant pas le titre mais le contenu. Nous sommes prêts, nous l’avons dit, à une négociation sur une véritable sécurité sociale professionnelle. Mais celle-ci ne doit pas s’ouvrir sur une porte déjà fermée. Le problème, en l’occurrence, c’est qu’à la conférence sociale, le rapport de France Stratégie, sur le compte personnel d’activité, sera présenté avec un minimum de débats. Puis, le premier ministre présentera la feuille de route du gouvernement en se prévalant d’avoir écouté les syndicats. Ce n’est pas notre conception de la négociation.

Depuis les événements à Air France, vous constatez une forte colère chez les salariés et vos syndiqués, pourtant, la mobilisation du 8 octobre dernier n’a pas été un raz-de-marée. Comment expliquez-vous cette contradiction du mouvement social ?

Philippe Martinez Le mécontentement ne se mesure pas uniquement dans les mobilisations interprofessionnelles. Mais aussi au nombre de conflits dans les entreprises. Et ils sont nombreux. Le 8 octobre, par exemple, j’étais en manifestation à Saint-Étienne et, à midi, j’étais sur un piquet de grève avec les salariés de Prosegur qui se sont battus contre une direction qui voulait remettre en cause leurs acquis sociaux. Le mécontentement est là, il s’exprime parfois plus fort dans les entreprises. À nous de convaincre qu’il est nécessaire de se rassembler. Avec des dirigeants qui ne cessent d’expliquer que faciliter les licenciements est la seule façon de s’en sortir, la CGT doit redoubler d’efforts, de discussions, de débats. C’est ce que nous faisons avec notre plan de rencontre des syndicats, des syndiqués et des salariés. Nous disons : « Attention, le chemin sur lequel ils nous emmènent est celui du chômage. Mais on peut travailler à d’autres perspectives. »

Les mesures gouvernementales accréditent la thèse d’un « coût du travail » qui serait trop important. Ce faisant, François Hollande, malgré ses appels au dialogue social, en durcit-il, selon vous, les conditions ?

Philippe Martinez Depuis des années, on nous explique qu’aider à licencier créera de l’emploi. C’est un paradoxe assez monumental. De même, on prétend que tout s’arrangera en donnant de plus en plus d’argent aux patrons, sous forme de crédit d’impôt ou d’exonération de cotisations. Est-ce que cela a inversé la courbe du chômage ? Non, le nombre de chômeurs ne cesse d’augmenter. Mais on continue de nous expliquer que nous n’avons rien compris. Cela ne fait que renforcer la colère des salariés. On ne peut pas cautionner de telles politiques. Comble du comble, Manuel Valls prétend désormais que la CGT est responsable de tous les maux dans ce pays, y compris d’un possible échec de la gauche aux prochaines élections. Les sommets du cynisme et de la fuite en avant sont atteints : qui mène la politique dans ce pays, qui mène le gouvernement ? Chacun doit assumer ses responsabilités. La politique du gouvernement est critiquée. Le seul responsable, c’est celui qui la conduit.

Manuel Valls tente de vous renvoyer la balle en déclarant que refuser le dialogue « ne fait pas avancer la société ». Que répondez-vous ?

Philippe Martinez La CGT participe à toutes les négociations et porte la voix des salariés. Que fait le gouvernement ? Avec la loi Rebsamen, il a pris la main sur une négociation qui n’avait obtenu aucune signature et a inscrit dans la loi ce que demandait le Medef. Le gouvernement déclare également qu’il faut respecter la représentativité et les accords majoritaires. Dans la fonction publique, sa propre entreprise en quelque sorte, il vient de valider un accord minoritaire. Sont-ce là les signes d’une volonté de dialogue et de respect de la démocratie sociale ? Je renvoie la balle dans le camp du gouvernement. En matière de chômage, de recul du pouvoir d’achat, de retraite, il est l’unique responsable de la politique menée.

La négociation qui s’est achevée vendredi sur les retraites complémentaires est-elle une nouvelle illustration de cette impasse ?

Philippe Martinez Tout à fait. Non seulement l’objectif est à nouveau de réduire les dépenses mais dans les 6 milliards d’euros d’économies demandés, ce sont les salariés et les retraités qui payeront 5,4 milliards, quand le patronat donnera 600 millions. On est loin du 50/50, du donnant-donnant. Très loin de l’équité. De plus, cet accord officialise le rallongement de l’âge de départ à la retraite. Le gouvernement cautionnera-t-il la retraite à 65 ans ?

Dans ce contexte de reculs sociaux et de colère, quelles mesures d’urgence proposez-vous ?

Philippe Martinez De l’argent, il y en a beaucoup, sauf qu’une grande partie atterrit directement dans les poches des actionnaires, souvent de l’argent public, celui de nos impôts. Il faut inverser cette tendance. L’argent donné au patronat doit servir à augmenter les salaires, à réduire le temps de travail, à financer les services publics. Dans les hôpitaux, par exemple, la situation des personnels est dramatique. Plutôt que de toujours faire payer les salariés et d’exiger des mesures drastiques d’austérité au nom de la réduction des dépenses publiques, développons l’emploi et les salaires. Ce qui permettrait, de surcroît, d’assurer le financement de la protection sociale grâce à de nouvelles rentrées de cotisations sociales.

La concurrence internationale est souvent invoquée pour couper court à cette possibilité…

Philippe Martinez Si la modernité, c’est revenir au Moyen Âge, par exemple en ne disant rien sur la situation des salariées des compagnies aériennes du Qatar ou des Émirats qui doivent demander la permission pour se marier ou faire des enfants, nous n’en avons pas la même conception. Nous nous battons non pas pour que tout le monde vive le pire en choisissant comme objectif des références de déréglementations sociales partout sur la planète, mais pour le mieux-disant social pour tous. Pour cela, nous agissons dans un cadre national mais aussi européen et international. Travaillons pour l’immense majorité des citoyens que sont les salariés et non pas pour une minorité qui spécule et confisque le fruit du travail des autres.

 

Par 
Julia Hamlaoui et L'Humanité.

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Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Ancien PS
C’est une première ! Pouria Amirshahi, député socialiste frondeur, a voté contre le budget 2016. Un choix qui pourrait lui valoir une exclusion de son parti, Jean-Christophe Cambadélis, ayant menacé les députés socialistes qui voteraient contre des textes déposés par la majorité.
 
Miracle : Un député socialiste "frondeur" vient (enfin) de s'opposer
 
Le député de "l'aile gauche" du PS entend ainsi dénoncer un nouveau budget créant un "déséquilibre scandaleux" entre les mesures "sans contrepartie" au profit des entreprises et les politiques publiques. Pouria Amirshahi s'était illustré ces derniers jours en dénonçant "une forme de mascarade, de déguisement démocratique qui consiste à s'arranger d'un vote que lorsqu'on est sûr de sa majorité". Il s'exprimait à propos de la baisse des dotations aux collectivités (3,5 milliards d'euros), inscrite dans ce projet de budget.

Le député, a été le seul à voter contre le budget, (Philippe Noguès ayant quitté le groupe socialiste) se dissocie ainsi des autres "frondeurs" socialistes qui hésitaient mardi entre un vote "pour" ou une abstention sur le projet du gouvernement. Il s'expose de fait à des sanctions - "il en est conscient", nous précise son entourage - le patron du PS, Jean-Christophe Cambadélis, ayant menacé les députés socialistes qui voteraient contre des textes déposés par la majorité.

Dans un communiqué adressé après le vote de cette première partie du budget (277 voix pour, 247 contre, 32 abstentions), le député a confirmé sa position. "Ce budget est en contradiction avec les orientations prônées par le PS lui-même", a-t-il plaidé, fustigeant "un entêtement dans une politique sans vision d'avenir et sans résultat en matière de lutte contre les inégalités et les injustices".

Pouria Amirshahi a eu (enfin) un déclic salutaire. Il vient de passer du côté de ceux qui luttent et espèrent.

Il reste malgré tout 18 trompettes :

Laurent Baumel
Jean-Pierre Blazy
Kheira Bouziane-Laroussi
Fanélie Carrey-Conte
Dominique Chauvel
Pascal Cherki
Hervé Féron
Aurélie Filippetti
Linda Gourjade
Mathieu Hanotin
Christophe Léonard
Christian Paul
Michel Pouzol
Patrice Prat
Denys Robiliard
Barbara Romagnan
Gérard Sebaoun
Suzanne Tallard       
 
Par: l'AFP.

 

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Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Social-Eco

Sur un an le nombre de demandeurs d’emploi en France a augmenté de 306 300 pour atteindre 5 781,7 millions. Malgré une baisse du nombre de demandeurs d’emploi en catégorie A de 23 800 en septembre 2015, les chiffres du chômage montrent une nette croissance des catégories B et C soit une montée de la précarité.

 
Baisse du chômage. "Pas de quoi se réjouir" pour la CGT
 
Ces chiffres confirment la montée de la précarité qui coûte pourtant, selon les services de l’Unedic, quelques 8,3 milliards d’euros chaque année à l’assurance chômage.

Ceux qui en payent le plus lourd tribut sont les seniors et les chômeurs de longue et très longue durée.

Pourtant, le gouvernement a choisi de continuer dans la voie qui nous a conduits à ces résultats. Notamment à travers la confirmation du pacte de responsabilité dans le cadre du PLFSS 2016, les exonérations qui deviennent légion et les politiques d’aides sans conditions ni contrôle dont bénéficient les plus grandes entreprises au détriment d’abord des salariés concernés mais aussi des entreprises les plus fragiles, les TPE.

Le contenu du dernier accord de principe du 16 octobre 2015, sur les retraites complémentaires, va en rajouter, puisque la première des conséquences est un report de l’âge effectif de départ en retraite d’un an, ce qui ne sera pas sans effet sur la situation de l’emploi.

Ce n’est pas non plus le contenu de la conférence sociale que nous avons décidée de boycotter qui va changer la donne. Les mêmes causes produisent les mêmes effets.

Nous réaffirmons que ce qui manque, c’est une réelle relance du pouvoir d’achat par une augmentation des salaires et des pensions. Une volonté de créer des emplois stables et un financement de la protection sociale qui prenne en compte les politiques menées par les employeurs. Notamment en pénalisant ceux qui, sans scrupule, ne respectent pas les lois de la République.

La CGT entend poursuivre ce combat, n’en déplaise au Président de la République, au Premier ministre ou aux organisations patronales rétrogrades.    
 
Par: CGT Montreuil.  

 

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Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Aide-Mémoire

François MITTERRAND et le FRONT NATIONAL 33 ans après…

Le 2 mars 2015, Le Figaro écrit « Départementales : un sondage donne le FN en tête avec 33% des voix ». Précisément, cela fait 33 ans que François Mitterrand et le Parti Socialiste ont lancé (en 1982) avec des moyens considérables l'opération de promotion du FN. L'ouvrage La main droite de Dieu d'Emmanuel Faux, Thomas Legrand et Gilles Perez, Seuil 1994, rappelle en détail cet épisode. Quel est à présent le bilan de l'aventure politique qui a fait suite à ce soutien médiatique apporté par une certaine « gauche » gouvernementale au Front National ? L'objectif de Mitterrand et du PS étant d'empêcher la « droite » de récupérer le mécontentement populaire engendré par leur politique. Trente-trois ans après, le dernier sondage sur la montée électorale prévisible du FN n'est pas une vraie surprise pour la presse internationaleThe New York Times Magazine analysait il y a deux semaines : « France’s ultranationalist fringe party isn’t so fringe anymore ». Il y a une semaine, Reuters rapportait notamment « France's National Front seen leading local elections: poll ». Ce week-end, The Independent écrivait explicitement « Rise of the French far right: Front National party could make sweeping gains at this month's local elections ». De même, la semaine dernière El Mundo commentait « El Frente Nacional se confirma como primer partido de Francia ». Le 2 mars, avec le titre « El avance de los populismos »La Región n'hésite pas à comparer le Front National avec Syriza. Hier, El Temps s'interrogeait sur l'actuelle « Efervescència nacionalista ». L'auteur se demandait d'emblée « ce que peuvent avoir en commun » des mouvements comme le FN, Syriza, Ukip, Podemos... Une question devenue de plus en plus fréquente, sous des formes diverses. Dans un article intitulé « Roma, Lega in piazza con CasaPound. "Vaffa" di Salvini a Renzi e Fornero »Corriere della Sera rapporte « E’ stato letto dal palco anche un messaggio della presidente del Fronte Nazionale francese Marine Le Pen ». Mais comment a-t-on pu en arriver à une telle situation de crise politique où, partout en Europe, le discrédit des partis « de gouvernement » actuels et précédents ne cesse de s'aggraver ? Une chose paraît évidente : l'amertume et la colère populaires après trois décennies de mondialisation à outrance et de politique musclée des représentants du capitalisme est en passe d'atteindre un seuil critique. Quels que soient les partis qui récupèrent à présent (et jusqu'à quand ?), sur le plan électoral, cette détresse croissante des populations.

 

Le Courrier International écrivait la semaine dernière « Vu des Etats-Unis. Le Front national intrigue l'Amérique ». C'est le moins que l'on puisse dire.

Mais précisément, quelle est l'origine de la montée du Front National, et à quoi répondait-elle à cette origine ? Comment la montée progressive du FN a-t-elle pu perdurer, jusqu'à aboutir à la situation actuelle ?

Des extraits de l'ouvrage La main droite de Dieu sont accessibles aux adresses http://michel.delord.free.fr/maindroite.pdf ethttp://lepcf.fr/LA-MAIN-DROITE-DE-DIEU .

On peut lire, notamment :

« L'unité nationale, ce n'est pas l'uniformité, c'est le pluralisme des opinions, le choc des idées. » Ce 8 mai 1982, Jean-Marie Le Pen écoute le discours que François Mitterrand prononce à Orléans. Il décide de saisir la balle au bond. Le Front national n'en finit pas de végéter: 0,2 % des voix aux élections législatives de juin 1981 et pas mieux aux cantonales de mars 1982. Conséquence: aucune chaîne de télévision n'a pris la peine de se déplacer pour le congrès du FN qui vient de s'achever en cette fête de Jeanne d'Arc. Jean Marie Le Pen n'apprécie pas cette absence. Et il le fait savoir en écrivant à l'Élysée. L'appel présidentiel au respect du pluralisme vient à point nommé.

(fin de l'extrait)

et plus loin :

Sur les conseils de Michel Charasse, François Mitterrand signe, le 22 juin, une réponse écrite à Jean-Marie Le Pen: « Il est regrettable que le congrès d'un parti soit ignoré par Radio-Télévision. [...] Elle ne saurait méconnaître l'obligation de pluralisme qui lui incombe [...]. L'incident que vous signalez ne devrait donc plus se reproduire. Mais d'ores déjà, je demande à Monsieur le Ministre de la Communication d'appeler l'attention des responsables des sociétés Radio-Télévision sur le manquement dont vous m'avez saisi. »

(fin de l'extrait)

François Mitterrand a ainsi pris des mesures très conséquentes visant à contraindre les médias à accorder une place importante à la médiatisation du Front National. On peut lire à ce sujet dans La main droite de Dieu :

La première chaîne, alors publique, se montre la plus zélée. (...) Annik Beauchamps se souvient de s'être fait imposer la présence du président du Front national: « C'était en fin d'après-midi, Alain Chaillou et moi-même, nous avons reçu l'ordre d'inviter, pour le journal de 23 heures, Jean-Marie Le Pen, et c'était un ordre suffisamment précis pour qu'on soit obligés d'y obéir. »

(fin de l'extrait)

 

Le Front National a ainsi été à l'origine (1982 et années suivantes), pour François Mitterrand et le Parti Socialiste, un moyen de préserver une hégémonie électorale que menaçait leur propre politique de « rigueur ».

Rappelons, à ce sujet, que François Mitterrand et Jean-Marie Le Pen se connaissaient depuis longtemps, au point d'avoir été ensemble témoins de la défense des putschistes d'Alger (notamment, Raoul Salan) en 1962. L'avocat de la défense n'était autre que Jean-Louis Tixier-Vignancourt, ancien secrétaire général adjoint à l’Information de l’État français du gouvernement de Vichy (1940-41) et fondateur en 1953-54 du Rassemblement National. C'est à sa demande, que Mitterrand est intervenu.

En 1965, Jean-Louis Tixier-Vignancourt sera candidat à la Présidence de la République avec Jean-Marie Le Pen comme directeur de campagne. Il appellera à voter pour François Mitterrand au second tour.  Par la suite, Mitterrand bénéficiera systématiquement du soutien de l'extrême-droite et des nostalgiques de l'Algérie française.

En 1982, au moment où l'opération de promotion du Front National a été lancée, François Hollande et Ségolène Royal faisaient déjà partie de l'entourage de François Mitterrand et de son gouvernement.

On trouve parmi les ministres en exercice au sein du gouvernement de Pierre Mauroy en 1982 Gaston Defferre, Michel Jobert, Charles Fiterman, Michel Rocard, Jean-Pierre Chevènement, Pierre Bérégovoy, Robert Badinter, Claude Cheysson, Charles Hernu, Jack Lang, Edith Cresson... En juin 1982, un blocage des prix et des revenus a eu lieu, le motif déclaré étant de contrer l'inflation. La politique gouvernementale se trouvait déjà « sous tension ».

La politique dite de « rigueur» sera ouvertement déclarée en mars 1983. Les ministres du nouveau gouvernement Mauroy étaient Jacques Delors, Pierre Bérégovoy, Gaston Defferre, Charles Fiterman, Robert Badinter, Claude Cheysson, Charles Hernu, Michel Rocard, Laurent Fabius, Alain Savary, Edith Cresson, Roger Quilliot, Michel Crépeau et Marcel Rigout.

 

François MITTERRAND et le FRONT NATIONAL 33 ans après…

Le 11 mars 2015, Planet rapporte encore « Manuel Valls à Marion Maréchal-Le Pen : "Vous n'êtes ni la République ni la France" », et l'Opinion ajoute « TextO’ : Front National : Najat Vallaud-Belkacem : "Manuel Valls a parfaitement raison" ». Simultanément, La Chaîne Parlementaire diffuse une vidéo avec le titre « Elections départementales : le Front national tend la main à l'UMP ». BFMTV souligne à son tour « Manuel Valls et Marion Maréchal-Le Pen à couteaux tirés », et RTL interroge « Valls a-t-il raison de craindre l'ascension du Front National ? ». En réalité, le contenu de la campagne lancée par le gouvernement et le Parti Socialiste contre le FN vise, au-delà de cette organisation et de ses dirigeants, le rejet populaire d'une politique clairement antisociale. Le désaveu exprimé par la population française envers l'essentiel de la politique de François Hollande et Manuel Valls étant assimilé sans raison valable au Front National. Certes, le FN récupère sur le plan électoral une partie de cette détresse générale, mais la source des problèmes que rencontre le Parti Socialiste auprès d'une majorité croissante de la population est bien plus profonde et résulte de sa propre stratégie. Ce n'est pas par une campagne apparemment dirigée contre le Front National mais essayant de tout amalgamer dans la pratique, que le gouvernement parviendra à persuader les citoyens du bien-fondé de sa politique et de celle de l'Union Européenne. Pas plus que par l'affaire d'une possible fraude du FN au Parlement Européen, largement évoquée par les médias et sur laquelle Le Monde écrit entre autres « Qui sont les frontistes visés par l’enquête européenne pour fraude ? » ou encore « Le Front national voit la main de Manuel Valls derrière l'enquête au Parlement européen », alors que l'Opinion se demande « Parlement européen : le FN, seul dans le collimateur ? » et L'Express répercute « Soupçon de fraude du FN : Le Pen dénonce une "manipulation politique" ». A son tour, Le Point évoque « les dessous d'un scandale ». En même temps, la montée de l'abstention donne lieu à une agitation politicienne proposant de rendre le vote obligatoire. L'Express en fait à nouveau état, écrivant « Comme d'autres avant lui, François de Rugy (EELV) veut rendre le vote obligatoire ». Mais peut-on déguiser les réalités politiques par ces procédés ? Et quelle a été l'origine historique de la montée progressive du Front National, si ce n'est la volonté de François Mitterrand et du secteur dominant de la « gauche » de l'époque ? Encore un calcul politicien. Notre article « Mitterrand et le Front National : 33 ans après (I) » rappelle l'opération de promotion du FN lancée par François Mitterrand et le Parti Socialiste depuis 1982 et décrite en détail dans l'ouvrage La main droite de Dieu d'Emmanuel Faux, Thomas Legrand et Gilles Perez, Seuil 1994. Faux, Legrand et Perez consacrent même à cet épisode de la politique française un chapitre intitulé La politique du Front fort.

 

Si l'ont s'en tient aux sondages récents, le Front National ne serait pas loin de doubler son pourcentage de voix dans les prochaines élections départementales par rapport à celui obtenu par Jean-Marie Le Pen en avril 2002 lors du premier tour des élections présidentielles (16.86%), lorsque l'alors président du Front National a accédé au second tour au détriment du premier ministre « socialiste » Lionel Jospin.

A son tour, Marine Le Pen a obtenu 17.9% lors du premier tour des dernières élections présidentielles (avril 2012). Loin, également, du 33% des voix qu'un sondage a récemment attribué au Front National pour les prochaines élections départementales.

Entre avril 2012 et les élections européennes de mai 2014, où le Front National a obtenu 24.86% des voix, une très nette progression électorale de ce parti a fait suite à la politique appliquée pendant deux ans par François et Jean-Marc Ayrault.

L'accès de Manuel Valls à la fonction de Premier Ministre depuis le 31 mars 2014 n'a manifestement pas enrayé cette évolution.

Mais quels ont été les origines de la montée progressive du FN commencée il y a plus de 30 ans ?

 

Comme déjà rappelé dans notre précédent article « Mitterrand et le Front National : 33 ans après (I) », des extraits de l'ouvrage La main droite de Dieu sont accessibles aux adresses http://michel.delord.free.fr/maindroite.pdf et http://lepcf.fr/LA-MAIN-DROITE-DE-DIEU .
 
Toujours dans le chapitre La politique du Front fort, on peut lire entre autres à propos de l'opération lancée en juin 1982 par une lettre de François Mitterrand :
 
(...) mardi 29 juin l'invité du journal du soir de TF1 en direct sur le plateau est... Jean Marie Le Pen !
 
(...)
 
Coïncidence, le direct avec le dirigeant d'extrême droite a lieu le soir d'un mini-remaniement ministériel. (...) Pierre Bérégovoy, alors secrétaire général de l'Élysée, fait son entrée. (...) Placé de fait en opposant privilégié, Jean-Marie Le Pen commente ce changement à chaud devant les caméras : « François Mitterrand est un grand manoeuvrier. Avec ce remaniement, il vire large. Cela démontre que le président veut prendre la barre en main dans la tempête qui s'annonce. »
 
(...)
 
A la radio comme à la télévision, les apparitions du Front national se multiplient. Journal de 13 heures sur TF1 le 7 septembre, journaux de 20 heures sur TF1 et A2 le 19 septembre à l'occasion de la fête des BBR, de nouveau sur la Une le 30 octobre et, enfin, le lendemain, la Deux livre un extrait brut d'un discours de Jean-Marie Le Pen sur la « lutte antimarxiste ».
 
Autre rendez-vous aussi couru qu'inespéré : le célèbre "Tribunal des flagrants délires", animé par Claude Villers sur France-Inter. « C'est la première fois que le service public m'offre la possibilité de m'exprimer pendant plus d'une heure », reconnaît d'ailleurs à l'antenne le dirigeant du Front national. Émission mémorable entre toutes. (...) on rit de lui, on rit avec lui. Mais, c'est là l'important, Le Pen n'effraie pas.
 
La série continue au moment des élections municipales de mars 1983. Par deux fois en six semaines, Yves Mourousi convie Jean-Marie Le Pen dans son journal de la mi journée. (...)

(fin de l'extrait)

La montée électorale progressive du Front National a suivi cette promotion médiatique. A ce sujet, le même chapitre de La main droite de Dieu fait état de ces déclarations :

Pierre Bérégovoy à Franz-Olivier Giesbert : « On a tout intérêt à pousser le Front national, il rend la droite inéligible. Plus il sera fort, plus on sera imbattables. C'est la chance historique des socialistes ». Source : Le Président, Seuil 1990.

Maurice Faure : « Mitterrand est un fameux connaisseur des rouages de la politique, hein! Les autres ont bien fait ça avec les communistes. Alors, pour le Front national, c'est de bonne guerre ». Source : entretien avec les auteurs.

Paul Quilès, évoquant ses réflexions avec François Mitterrand : « Mes réflexions avec lui ont été nombreuses sur le sujet. Elles étaient plus stratégiques que politiques. Mitterrand est assez tacticien pour savoir qu'il faut diviser l'adversaire ». Source : entretien avec les auteurs.

Peut-on être plus clair ?

 

François Mitterrand et le Parti Socialiste ont donc sciemment lancé, et poursuivi, une stratégie politicienne de soutien à la montée électorale du Front National visant à isoler la « droite » parlementaire.

Un effet qui s'est manifesté tout au long des deux mandats de François Mitterrand, et même sous Jacques Chirac lors des élections parlementaires de 1997 qui ont ouvert la voie à la formation du gouvernement de « gauche plurielle » de Lionel Jospin. Mais quel a été le bilan de cette « gauche plurielle »?

En avril 2002, après cinq ans de « gauche plurielle » et de politique réactionnaire de « gauche » (conseils européens, casse de la fonction publique, record de privatisations...), Lionel Jospin a payé une première facture de la stratégie de promotion du Front National par son élimination au premier tour des élections présidentielles. Ce n'était qu'un début...

Par Michel El Diablo.

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Publié le par "Citoyen 18"
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