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La porte à gauche. Jean FERRAT a chanté que certains prétendent que le bonheur était à la porte à droite. Aujourd’hui est-il à la porte à gauche ? Oui ! mais à la condition de secouer le cocotier de la pensée convenu ! Ce petit blog crée à l’initiative de quelques militants communistes de Vierzon n’a d’autres ambitions que de donner aux citoyens un support pour s’exprimer librement sur les sujets politiques, sociaux ou culturels d’actualité du local à l’international, qui s’émancipe des discours convenus, des lignes officielles décidées par quelques notables de la politique, aux doubles langages, aux bonimenteurs de vraies fausses solutions et qui cultivent la résignation. Déverrouillez les débats et enfoncez la porte à droite (….ou à gauche ?) Les seules limites, car il en faut, à notre liberté : Celle du respect des personnes, le souci de la vérité et de faire vivre le débat. Ainsi seront exclus tous messages comprenant des insultes ou diffamations visant une (des) personne(s), seront exclues, s’ils sont avérées, des informations mensongères ou rumeur infondées. Chacun pourra également participer au débat juste et loyal en signalant un abus de cette nature. Les productions de ces abus seront retirés et l’auteur exclu du blog.

Articles avec #ecologie. catégorie

Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Ecologie.

Le président Hollande a inauguré aujourd’hui la LGV Tours Bordeaux. Avec ce bel exercice de communication il donne ainsi son satisfecit à un projet contraire à l’intérêt général. Non seulement cette construction aura généré des dommages environnementaux irréparables pour lesquels deux sociétés ont été condamnées, mais  pour la première fois une ligne LGV aura été construite par un partenariat public-privé piloté par le bétonneur  Vinci qui se voit accorder une concession de 50 ans pour l’exploitation de cette ligne. C’est donc la société Lisea qui empochera les péages au lieu de SNCF-Réseau. Comme pour les autoroutes, dont les concessions ont été prolongées grâce à M.Macron, l’Etat laisse ainsi la maîtrise des réseaux à des entreprises privées.

A n’en pas douter cela se traduira comme pour les autoroutes par des hausses de prix pour les usagers. D’ores et déjà les péages réclamés par la société Liséa à la SNCF pour faire circuler des trains sont 50% plus chers que sur les autres lignes. Le contribuable paiera donc deux fois puisque l’Etat et les collectivités locales ont co financé le projet pour le plus grand bonheur des actionnaires de Vinci qui empochent déjà les dividendes de la rente autoroutière.

Pour le Parti de Gauche, il est urgent de sortir les infrastructures de réseau de la main des multinationales du BTP et de les remettre au service de l’intérêt général. C’est l’intérêt général qui doit primer dans les choix de construction d’infrastructure comme dans leur gestion. C’est ce que propose Jean-Luc Mélenchon avec son programme « l’Avenir en commun ».

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Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Ecologie.

 

Le quinquennat de François Hollande a été marqué par l’émergence et la multiplication de mouvements contestant la pertinence de certains grands projets d’infrastructures : l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes bien sûr, mais aussi le barrage de Sivens (Tarn), le village artificiel de Roybon (Isère), le méga centre commercial Europacity en région parisienne, la décharge industrielle de Nonant-le-Pin en Normandie, ou encore la ligne grande vitesse entre Lyon et Turin. Où en sont ces projets ? Les occupations et les recours en justice ont-ils réussi à les remettre en cause, à susciter un véritable débat sur leurs pertinences, ou non, au vu de leurs coûts et des pollutions et destructions qu’ils induisent ?

Ce 26 octobre, les mouvements opposés aux grands projets jugés inutiles et polluants, commémoreront la mort de Rémi Fraisse, 21 ans, tué il y a deux ans par une grenade offensive sur le chantier du barrage de Sivens, dans le Tarn. Parallèlement, ces mêmes mouvements se préparent à une éventuelle évacuation de la « zone à défendre » de Notre-Dame-des-Landes, en Loire-Atlantique, qui fait obstacle à la construction d’un nouvel aéroport international. L’occasion de faire le point sur les grands projets contestés qui ont défrayé la chronique pendant le quinquennat de François Hollande.

 

 

Situé à 17 km au nord-ouest de Nantes et à 80 km de Rennes, le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes défraie la chronique depuis plusieurs années. Initié en 1968, le projet est ensuite rangé dans un carton pour cause de crise pétrolière... pour être relancé trente ans plus tard, afin de remplacer l’aéroport de Nantes, jugé trop étroit. En février 2008, le projet est déclaré « d’utilité publique » et l’État confie au groupe de BTP Vinci la construction et la gestion – pour 55 ans – de ce futur aéroport. La mobilisation locale se relance et une association, l’Acipa, fédère agriculteurs, élus locaux et citoyens opposés au projet [1]. Des militants écologistes ou libertaires décident de venir vivre sur la « zone d’aménagement différée » – périmètre sur lequel doit être bâti l’aéroport – qu’ils rebaptisent « zone à défendre » (zad).

À l’automne 2012, l’État tente de faire évacuer la « zad » pour lancer les travaux. Les forces de l’ordre se heurtent à une très forte résistance. Elles sont obligées de renoncer à reprendre la « zad » après plusieurs semaines de violences. Sur place, les liens se resserrent entre opposants et de nombreux projets alternatifs voient le jour sur ses 1200 hectares de champs, de bocages et de bois : boulangeries, semailles, constructions, occupations des fermes abandonnées, friperie, ateliers de réparation agricoles.... le tout géré collectivement, au sein de diverses assemblées qui vivent et expérimentent une démocratie directe. De 100 à 300 personnes occupent désormais la zad en permanence, dont huit agriculteurs qui refusent leur expropriation.

Début 2016, quelques semaines après la conférence sur le climat, les agriculteurs demeurant sur la zad sont sommés d’évacuer leurs fermes. Un mois plus tard, des dizaines de milliers de personnes, venues de tout le pays se retrouvent à Notre-Dame-des-Landes, là où les travaux sont censés commencer deux semaines plus tard. Pour tenter de sortir de l’ornière, François Hollande lance une consultation, qui se déroule fin juin. Le « oui » l’emporte à 55% avec une participation de 51%. Mais les opposants dénoncent le périmètre restreint du référendum : seuls les habitants de Loire-Atlantique ont voté alors que deux autres départements – Ile-et-Vilaine et Morbihan – sont directement concernés. Ils annoncent la poursuite de l’occupation.

Alors que les travaux sont promis pour l’automne, et que les menaces d’expulsion planent à nouveau sur la zad, une nouvelle manifestation d’envergure s’est déroulée les 8 et 9 octobre dans le bocage nantais. 40 000 personnes ont défilé au « chant du bâton ». « Celles et ceux qui habitent et cultivent la Zad ne la quitteront pas ! Il n’y aura jamais d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes ! » préviennent les opposants. En cas d’évacuation par la force, les comités de soutien créés dans toute la France annoncent des blocages, avec des centaines de tracteurs en renfort. Les syndicalistes CGT du groupe Vinci et ceux de l’aéroport de Nantes Atlantique ont également annoncé qu’ils se mobiliseraient en cas d’intervention policière.

 

Couverture

C’est un vieux projet de retenue d’eau, envisagé depuis 1989. Il est porté par le Conseil général et la Compagnie d’aménagement des coteaux de Gascogne (CACG). Le 2 octobre 2013, la préfecture du Tarn prend un arrêté de déclaration publique. Les 1,5 millions de m3 d’eau retenus, sur deux kilomètres de long pour 250 mètres de large, permettraient d’irriguer plus de 300 hectares de cultures alentour. Pour les opposants, ce projet, qui va submerger 30 hectares de zones humides, est un « réservoir d’eau à 25 maïsiculteurs pour leur arrosage ». Alors que l’ouvrage, dont le coût est estimé à 20 millions d’euros sur 29 ans, est intégralement financé sur fonds publics, il bénéficiera principalement à des exploitants privés.

Devant le démarrage imminent des travaux, une zone à défendre est établie le 23 octobre 2013 par le Collectif « Tant qu’il y aura des bouilles ». L’occupation permet de repousser les opérations de défrichement pendant plus d’un an. Les travaux démarrent finalement le 1er septembre 2014 sous présence policière, malgré les manifestations. Rémi Fraisse, militant écologiste, est tué dans la nuit du 25 au 26 octobre 2014 par une grenade offensive lancée par un gendarme. La mort de ce jeune manifestant marque l’arrêt du chantier. Elle est concomitante de la publication du rapport des experts nommés par le ministère de l’Écologie qui étrillent un projet « médiocre » (projet surdimensionné, bénéficiant à peu d’agriculteurs, faiblesse de l’étude environnementale…). Des arguments développés depuis des mois par les opposants à la construction du barrage. Le 6 mars 2015, alors que le Conseil général du Tarn vote le redimensionnement du projet, la Zad est évacuée.

Finalement, la justice donne raison aux opposants le 1er juillet 2016. Le tribunal administratif de Toulouse annule trois arrêtés fondateurs du premier projet de barrage de Sivens – relatifs à la déclaration d’utilité publique, à la destruction des espèces protégées et à l’autorisation de défrichement. En clair, les travaux entrepris étaient juridiquement illégaux, les occupants avaient donc toute la légitimité pour protéger la zone humide. Saluant ces décisions, la famille de Rémi Fraisse dit constater « avec douleur que si les recours administratifs et le dialogue environnemental avaient été respectés, les travaux n’auraient pas démarré et cette tragédie ne serait jamais arrivée ». Ces annulations compliquent par ailleurs le projet de nouveau barrage redimensionné car il doit se fonder sur une nouvelle déclaration d’utilité publique et une nouvelle enquête publique. Les opposants continuent de faire valoir d’autres voies alternatives pour alimenter en eau les terres agricoles alentour.

Par: , Simon Gouin, Sophie Chapelle

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Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Ecologie.
 
Cécile Duflot
Cécile Duflot dans les couloirs de l'Assemblée nationale en mars 2016. © Maxppp

Invitée de France Info lundi matin, Cécile Duflot a affirmé que, "entre 2012 et 2016, le budget de prévention des risques hydrauliques [avait] diminué de 40%". C'est vrai.

Invitée, la député écologiste Cécile Duflot est revenue sur les inondations et leurs conséquences, déplorant un manque de moyens alloués à la préventions des risques : “Ce qui est paradoxal, c’est qu’entre 2012 et 2016, le budget de prévention des risques hydrauliques a diminué de 40%. On est dans les grands discours et dans les tous petits moyens. Et c’est l’inverse qu’il faut faire. Peut-être qu’il faut moins de discours et davantage de moyens".

Investissements en baisse:

Elle dit vrai. Effectivement, le budget consacré à la prévention des risques naturels et hydrauliques a fortement chuté depuis 2012. Il est passé de 63,5 millions d’euros à environ 39 millions. Soit une baisse de 40%. Cette baisse est encore plus importante quand on regarde dans le détail. Et plus précisément quand on observe les “dépenses d’investissement”. Ce sont celles consacrées à la construction de digues, à l’installation de capteurs dans les zones inondables ou dans les fleuves par exemple.

En quatre ans, ces dépenses ont baissé de 80%. Quand on sait que 17 millions de Français vivent en zone inondable, un chiffre en augmentation depuis plusieurs années, on peut effectivement s’interroger sur cette réduction drastique des dépenses d’investissement.

Pourquoi une telle baisse ?

Cette baisse est due à la politique nationale de restriction budgétaire. Le ministère de l’Ecologie est l’un des ministères, si ce n’est LE ministère, à qui l’on demande depuis plusieurs années le plus d’efforts. C’est l’un des “parents pauvres” du gouvernement. La priorité est donnée, par exemple, au ministère de l’Intérieur ou à la Justice, mais pas à l’Ecologie. Depuis 2012, son budget global n’a cessé de baisser. Chaque année, il est amputé de plusieurs centaines de millions d’euros. En quatre ans, il est ainsi passé de 8,3 milliards d’euros à 6,5 milliards. Une baisse de près de 17%, comme nous le rappelions dans un autre Vrai du Faux.

C’est ce qui fait dire à Cécile Duflot “qu’on est dans les grands discours et dans les tous petits moyens”. Depuis plusieurs années, les écologistes dénoncent en effet ces coupes budgétaires C’est d’ailleurs ce qui avait précipité le départ de Delphine Batho du gouvernement en 2013, mécontente de la réduction de son budget au ministère de l’Ecologie. "Grands discours et petits moyens", une allusion évidente aux promesses de François Hollande sur le développement durable, alors que depuis le début de son quinquennat le budget alloué à l’Ecologie n’a cessé de diminuer.

Par: Matthieu Mondoloni et Radio-France.

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Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Ecologie.

Et si on oubliait le béton et la laine de verre au profit de la paille, ce matériau isolant bon marché, abondant, peu polluant et ultra-performant ? Longtemps réservée aux maisons particulières, la paille s’invite désormais dans les bâtiments publics. Écoles, crèches, salles des fêtes... les expériences se multiplient, en ville et à la campagne, grâce à quelques élus volontaristes. Depuis 2012, les bureaux d’étude et les assureurs peuvent même s’appuyer sur des textes officiels pour encadrer les projets de construction en paille. Mais élus locaux et professionnels du bâtiment doivent néanmoins rester motivés et convaincus pour que leurs projets aboutissent. Rencontres avec ces pionniers de la transition.

La matinée se termine au pôle multi-accueil de Muël, petite commune de 900 habitants située à une cinquantaine de kilomètres à l’ouest de Rennes. Une dizaine d’enfants, âgés de quelques mois à deux ans, s’activent tranquillement, sous le regard attentif de leurs encadrantes. Dans la pièce adjacente, des assistantes maternelles et des parents échangent avec l’animatrice de « l’espace-jeu », ouvert une demi-journée par semaine. « C’est agréable pour les enfants de venir ici, il y a des possibilités de jeux que nous n’avons pas à la maison », témoigne une assistante maternelle. L’un des bambins dont elle a la charge manipule des cubes de bois sous une drôle de fenêtre : elle s’ouvre sur les murs du bâtiments construits … en paille !


« Cet espace, qui accueille pour le moment douze enfants, c’est un projet de la communauté de communes, précise Marcel Minier, le maire de Muël. Nous avons dès le début souhaité que le bâtiment soit écologique, et nous nous sommes vite mis d’accord sur la paille. » Longtemps réservée aux auto-constructeurs, et à quelques particuliers accompagnés de professionnels engagés, la paille est sortie de la confidentialité en 2012 avec la publication de ce que l’on appelle « les règles professionnelles ». Ce document technique qui décrit les conditions dans lesquelles la paille doit être mise en œuvre à un statut « officiel » : il est reconnu par les autres professionnels du bâtiment, par les autorités et par les assureurs.

« La paille est le matériau isolant qui a la plus faible empreinte écologique », souligne Coralie Garcia, co-présidente du réseau français de la construction en paille (RFCP). La paille a en effet un tout petit bilan carbone. « Elle permet de construire des bâtiments passifs et de faire chuter, voire de supprimer, les factures de chauffage. Elle permet aussi de valoriser l’activité agricole. Et de ne pas passer par une usine. Elle est adaptée à tous les bâtiments. » La paille a en plus une durée de vie qui n’a rien à envier au béton : le plus ancien bâtiment au monde construit en ossature bois et en isolation paille a près d’un siècle. Il est situé ... en France !

Paille, terre et chantiers participatifs

« Pour les maîtres d’ouvrage publics (communes, régions, départements), la publication de ces règles professionnelles est un vrai encouragement, estime Coralie Garcia. Ils peuvent s’appuyer sur des textes officiels qui attestent du sérieux du matériau pour aller négocier avec les bureaux d’étude et les assureurs. Généralement, ce sont des entreprises de charpente qui se lancent. » À Muël, c’est une coopérative de la région, Echo-paille, qui a coordonné le chantier, en lien avec une autre entreprise, spécialiste des enduits terre. « Ces deux entreprises ont accepté le jeu des chantiers participatifs, se réjouit Marcel Minier. L’idée de faire participer les habitants au chantier m’est venue suite à l’édification d’un mur en terre pour la bibliothèque. Les gens étaient très intrigués, et je me suis dit que ce serait intéressant de leur proposer de mettre la main à la pâte. »


Une construction en paille comprend une structure en bois, montée sur place, que l’on bourre ensuite de bottes de paille. Elle peut aussi être faîte à partir de murs pré-fabriqués en ateliers, qui arrivent sur le chantier déjà garnis de paille et prêts à poser. A Muël, c’est la première option qui a été retenue. Dix jours de chantier ont été ouverts pour « monter » la paille, et quatre autres pour poser les enduits terre. Une quarantaine de personnes ont participé à ces journées de travail. « Pour les chantiers participatifs, il faut trouver une astuce pour assurer les bénévoles, il faut que ce soit bien fait, il faut bien sûr trouver des bénévoles, et respecter les délais !, décrit Mickaël Laurent, de l’association « Bretagne rurale développement durable » (Bruded), qui a accompagné le projet de Muël. Face à ces difficultés, beaucoup d’élus se disent : on n’y va pas. D’autres vont décider de se lancer quand même et ce faisant, ils ouvrent une brèche. Évidemment, il faut que ces pionniers soient très motivés [1]. »

Une école en paille aux portes de Paris

Ce genre de chantier à la bonne franquette est inimaginable aux portes de Paris. A Montreuil, une école en paille a pourtant été édifiée. « On ne pouvait pas envisager d’avoir des bottes de paille à découvert, raconte Christian Haeckel, l’architecte. À cause des risques d’attitudes malveillantes vis à vis du chantier, des risques incendie, et des intempéries qui auraient pu malmener le matériau. » Les murs sont donc arrivés sur place pré-fabriqués, après avoir été montés, bourrés de bottes de paille et recouverts d’une protection contre la pluie dans les ateliers d’une entreprise située dans la Sarthe. Des essais effectués en 2009, avant la construction de l’école en paille d’Issy-les-Moulineaux, ont en plus montré la très bonne résistance au feu de ce type de construction [2].


 

Construite sur deux niveaux et s’étalant sur près de 5000 m², l’école Stéphane Hessel-Les Zéfirottes de Montreuil produit plus d’énergie qu’elle n’en consomme. « Le cahier des charges rédigé par la mairie exigeait un bâtiment extrêmement efficace côté énergie. La paille, par ses performances d’isolation exceptionnelle nous est vite apparue comme le matériau le mieux adapté », décrit Christian Hackel. Habillée de douglas et de mélèze, deux essences de bois naturellement imputrescibles qui poussent et qui poussent en France, l’école a ouvert ses portes en septembre 2015. Panneaux solaires pour chauffer l’eau, panneaux photovoltaïques pour produire l’électricité, récupération de l’eau de pluie pour alimenter les toilettes et le jardin : tous les postes ont été conçus pour peser le moins possible sur l’environnement.

Exit le bois exotique

« L’utilisation d’huile végétale pour le chauffage des bâtiments et d’une partie de l’eau ne fait pas l’unanimité, relève Christian Haeckel. Car l’huile est une denrée alimentaire. Mais on espère basculer vers un combustible recyclé, en mettant en place un système de récupération d’huiles de friture. Sachant que les volumes consommés dans l’école ne sont pas très élevés. » À Muël, c’est une chaudière bois qui assure le chauffage des locaux. « Nous avons par ailleurs tenu compte de la santé des enfants, et des professionnelles qui s’occupent d’eux, précise Marcel Minier. Les finitions ont été effectuées avec des matériaux sans formaldéhyde et sans composés organiques volatils, tel que le caoutchouc naturel pour les sols ». Le formaldéhyde a été classé comme « substance cancérogène avérée pour l’homme » par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC). Les composés organiques volatils, utilisés pour les peintures ou les vernis, ne sont pas moins problématiques : ils sont constitués de benzène, d’acétone, ou de perchloroéthylène... [3].

Exit aussi les bois exotiques, souvent utilisés en extérieur pour leurs qualités imputrescibles. À Muël, les clôtures sont en châtaignier, et les placards ont tous été faits par le menuisier de la commune. « Les élus apprécient, dans ces projets, la part belle qui est faite au travail, remarque Mickaël Laurent. On se plaint beaucoup en milieu rural du fait qu’il n’y a pas de travail, et que tout le monde part, mais quand il s’agit de faire des choix constructifs, on ne réfléchit pas assez en terme d’impact sur le travail. Sur les chantiers paille que nous suivons, la main d’œuvre locale est très sollicitée. » Les élus aiment aussi la propreté des chantiers, qui ne nécessitent pas le dépôt de lourdes bennes chargées de déchets, que la collectivité a la charge ensuite de trier. « Ce sont autant de dépenses en moins », note Mickaël Laurent.

Des constructions en paille beaucoup moins cher

Le multi-accueil de Muël a coûté moins de 2000 €/m2 à la communauté de commune, un coût en deçà des constructions « classiques ». En Loire-atlantique, à Bouvron, une école 100% écolo avec des murs en terre crue a coûté à peine plus de 1000 €/m2. « Ce qui en fait l’école la moins chère de France », assurent les élus. « La conception optimisée du nouveau bâtiment et le recours à des matériaux locaux ont contribué au coût de construction très maîtrisé », rapporte l’association « Bretagne rurale développement durable ». Sans compter qu’en coût de fonctionnement, ces bâtiments très performants sont peu onéreux. « Il faut des bâtiments mieux réfléchis, sans fioritures, ajoute Mickaël Laurent. On évite les couloirs inutiles, les hauteurs de plafond qui ne sont là que "pour faire beau", et les formes alambiquées – compliquées d’un point de vue constructif – qui allongent souvent les factures. »

À Montreuil, l’école Stéphane Hessel-Les Zéfirottes a coûté un peu plus de 2600 €/m2, avec un dépassement « classique » de 7% par rapport au budget initial. « C’est un vrai challenge de réussir un ERP (établissement accueillant du public) de 5400 m2 avec des techniques qui ne sont pas du tout courantes, reprend Christian Haeckel. Il y a des confrontations permanentes avec le bureau de contrôle. C’est épuisant. En fait, il faut être meilleur que bon. Tout doit être démontré, prouvé. Nous sommes obligés d’être plus précis dans la conception. La surveillance du chantier est aussi très exigeante. La motivation et la solidarité des élus sont fondamentales. » Il semble plus simple de lancer ce type de chantiers en milieu rural, où les ouvrages sont souvent moins grands, et les liens plus étroits entre élus et professionnels.

« Mais si les projets se multiplient aujourd’hui, c’est parce que des élus pionniers ont osé se lancer avant que des règles n’existent, remarque Mickaël Laurent. Ils ont dû batailler à chaque étape : pour le lancement des appels d’offre, pour les évaluations des performances de la paille, pour les négociations avec les assureurs... Il fallait qu’ils soient vraiment sûrs d’eux pour ne pas se décourager. » À chaque fois que quelqu’un fait un pas, il en entraîne d’autres avec lui. « Pour construire en paille, il faut oser changer les habitudes et revoir sa façon de travailler, conclut Coralie Garcia, C’est tellement simple de faire venir une toupie et de couler du béton... . »

Par , Nolwenn Weiler.

- Reportage photos : L’école en paille Stéphane Hessel-Les Zéfirottes à Montreuil (Seine-Saint-Denis) / © Jean de Pena - Collectif à-vif(s)

Photos : N. Weiler et photo d’archives de Bruded.

Article réalisé dans le cadre d’un dossier sur les alternatives en Île-de-France, en partenariat avec l’association Attac.

Notes

[1Dans l’ouest, deux communes : Mouais (44) et Silfiac (56) ont fait construire des établissements publics en paille avant que les règles professionnelles ne soient publiées.

2L’école en paille d’Issy-les-Moulineaux a ouvert ses portes en septembre 2013.

[3Connu pour ses effets irritants, on retrouve le formaldéhyde à l’intérieur de nombreux bâtiments car les sources y sont multiples : produits de construction, ameublement, produits détergents, etc. De nombreux COV sont utilisés comme solvants en particulier pour les vernis, colles, encres et peintures ; raison pour laquelle on les retrouve à l’intérieur de nombreux bâtiments.

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Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Ecologie.

Le parti écologiste, qui ne compte plus que 6 000 militants, réunit son congrès vendredi et samedi. Une réunion sans grand enjeu alors que ceux qui restent sont presque tous d’accord. Mais si Europe Écologie-Les Verts échoue à se rassembler, le mouvement pourrait définitivement exploser.

C'est un congrès pour rien, si ce n'est sa survie. Europe Écologie-Les Verts se réunit vendredi et samedi à Pantin, près de Paris, pour la première fois depuis l’éclatement du parti écologiste, divisé sur la politique du gouvernement. Le mouvement est exsangue : il ne compte plus que 6 000 militants et seuls 3 000 d’entre eux sont allés voter ; des leaders sont partis, d’autres sont aux abonnés absents ; le groupe parlementaire à l’Assemblée a fini par disparaître, emporté par l’affaire Baupin. « Depuis trois mois, on est en opération sauvetage du parti, lâche David Cormand, le secrétaire national sortant, qui a remplacé au pied levé Emmanuelle Cosse, partie au gouvernement. C’est le pronostic vital d’EELV qui est engagé. »

Sur le papier pourtant, l’affaire semble plutôt bien emmanchée : la motion défendue par la direction sortante est arrivée en tête lors du vote militant organisé il y a deux semaines ; près de 85 % des militants sont opposés à tout accord électoral avec le PS en 2017 ; le reste du programme ne fait pas débat, ou presque.

Mais vendredi en début d’après-midi, rien n’était encore réglé. C’est le jeu des congrès : négocier, faire pression, jouer la montre, passer des nuits blanches à discuter le moindre poste, s’empailler jusqu’à la dernière minute pour atterrir finalement sur un compromis dont plus personne ne sait s’il est juste. Sauf que vu l’état d’EELV (accessoirement celui de la gauche et du pays), les conséquences d’un dérapage incontrôlé et d’un congrès traumatique, comme le parti en a déjà connu, pourraient être dramatiques.

Il y a deux semaines, lors du vote militant, la motion « Horizon 2025 », portée par David Cormand et soutenue par Cécile Duflot, est arrivée en tête (35 % des voix), suivie de la motion intitulée « L’écologie en commun » (24 %), défendue notamment par la porte-parole sortante Sandrine Rousseau. L’aile « gauche » du parti (« L’Imprévu ») obtient 17 %, tout comme l’aile « droite » (« Europa »). Un dernier texte (« Tic Tac »), centré sur la démocratie interne, recueille 7 %.

Aucune sensibilité n’a de majorité absolue – ce n’est pas une surprise –, et encore moins les 60 % des voix nécessaires à emporter les votes majoritaires au parlement du parti, le conseil fédéral, renouvelé à l’occasion de ce congrès. Mais les alliances possibles semblent évidentes : avec le départ de nombreux écologistes favorables à la participation au gouvernement, comme les désormais ministres Emmanuelle Cosse, Barbara Pompili et Jean-Vincent Placé, ou encore le député François de Rugy, la ligne politique d’EELV semble reposer sur un socle solide. Quatre des cinq motions, soit près de 85 % des voix, rejettent tout accord avec le PS pour les élections de 2017 et revendiquent des candidatures écologistes autonomes.

 

David Cormand © Capture d'écran i-télé David Cormand © Capture d'écran i-télé.

 

Surtout, les deux premières motions, qui rassemblent une majorité confortable avec 59 % des voix, se ressemblent à s’y méprendre. Il y a bien quelques nuances –  sur l’importance donnée au réseau local par exemple – mais, de l’aveu général, rien de fondamental. Même la question de la participation à la primaire des gauches qui divisait les deux sensibilités est réglée. « C’est plié, il n’y a plus de primaire… Camba [Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire du PS ] a achevé de la torpiller », tranche Julien Bayou, conseiller régional d’Île-de-France. Quant à la motion de la direction sortante, soutenue par Cécile Duflot, elle semble politiquement plus homogène que par le passé, quand elle bâtissait des alliances de circonstance avec les proches de Dominique Voynet.

« On n’est pas au PS où il y a une ligne sociale-libérale et une ligne presque communiste. Sur le projet écolo, on a toujours été d’accord. Ce n’est pas l’écologie de l’accompagnement ou l’écologie révolutionnaire, rappelle Julien Bayou, signataire de la motion Cormand/Duflot. En général, c’est sur la stratégie qu’on se divisait. Mais là, on est d’accord ! On ne veut pas d’accord avec le PS. C’est d’autant plus frustrant de voir nos cellules grises accaparées par des petites tactiques, et ça donne un sentiment d’immaturité. »

 

Par Lénaïg Bredoux et MEDIAPART.

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Publié dans : #Ecologie.

4ème Conférence environnementale

Cette nouvelle conférence environnementale est complètement déconnectée des questions industrielles et sociales. Elle n’apportera aucune réponse aux véritables enjeux climatiques. Sa préparation et son organisation en sont la démonstration : les documents de travail ne sont parvenus aux organisations que cinq jours avant son ouverture ! Ce n’est pas sans rappeler l’absence de concertation autour de la loi de réforme du code du travail…

Les attentes des salarié-e-s, des retraité-e-s et des chômeurs-euses en matière d’emploi, de services publics et de reconquête industrielle, de progrès social et de réponses environnementales sont tout autres, à l’image des luttes qui grandissent dans le pays. Plusieurs grands secteurs liés aux enjeux climatiques et énergétiques sont menacés : des milliers de suppressions d’emplois sont annoncés dans l’énergie (AREVA, EDF, General Electric), dans le ferroviaire (industrie ferroviaire, SNCF, etc.) et dans l’environnement (ministère, Météo France, etc.). Ce sont autant de dossiers stratégiques, au regard des engagements de la France lors de la COP, qui seront une fois encore évacués des discussions de la conférence.

Tous ces éléments motivent la décision de la CGT de ne pas cautionner la politique de ce gouvernement et de faire le choix d’être avec les salariés, en amont et pendant cette conférence pour faire connaitre ses propositions.

 

PDF - 173.6 ko
4 pages - Conférence environnementale


 

 

 

La CGT Montreuil.

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Publié le par "Citoyen 18"
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Communiqué du Parti communiste français

 
 
Total : Le PCF résolument opposé à l'extraction des gaz de schisteLe Tribunal administratif a autorisé à nouveau, par une décision rendue le 28 janvier dernier, Total à rechercher du gaz de schiste en France. Le groupe est désormais autorisé à prospecter dans la région de Montélimar, territoire qui rayonne sur plus de 4000 km2 et cinq départements.

La loi ne dit rien concernant les gaz de schiste. Elle prohibe simplement l’usage de la fracturation hydraulique en France. La décision de justice est donc conforme à la loi puisque TOTAL s’engage formellement à ne pas recourir à la fracturation hydraulique.


La rentabilité de l'exploitation des gaz et pétroles de schiste est avantageuse lorsque le prix du baril de l'or noir est élevé. C'est le calcul à moyen et long terme que font les entreprises pétrolières françaises comme Total qui poursuit son intense lobbying dans toutes les administrations et dans tous les ministères afin de pouvoir soumettre le sous-sol français aux mêmes exploitations que les USA, devenus premier pays producteur.

Cet objectif semble bien peu crédible en Europe, comme en France au regard des engagements pris pour lutter contre le réchauffement climatique afin de réduire les gaz à effet de serre et donc l'utilisation des énergies carbonées.

Le PCF réaffirme son opposition à l'extraction des gaz de schiste dans notre pays. Parce que leur intérêt économique est loin d'être démontré et que les techniques actuelles d'extraction ont largement fait la preuve de leur nocivité pour l’environnement.
 
Par: N. MAURY

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Ces ordures ont livré une ville entière à une droite puante et affairiste. Leur condamnation pour mensonge et diffamation est une preuve de plus que EELV est un parti nuisible pour la gauche et pour l'écologie.

 
La Chambre de presse du Tribunal correctionnel de Paris a lourdement sanctionné les élus écologistes Alain Lipietz et Natalie Gandais de Villejuif suite à la plainte en diffamation déposée en juillet 2014 par des élus PCF et PS de l’ancienne équipe municipale.

Quatre plaintes distinctes avaient été déposées : deux par le PS, deux par le PCF, deux contre Alain Lipietz, deux contre Natalie Gandais.

A Natalie Gandais, étaient reprochés les propos en gras suivants sur le site L’Avenir à Villejuif « Je sais déjà que la police est découragée parce que l’ancienne équipe courrait systématiquement faire sortir les délinquants arrêtés, en particulier les trafiquants. Le commissaire a fait constater au nouveau maire que les plaintes allaient en diminuant, alors que l’expérience est bien sûr que la délinquance monte en flèche. Ainsi, selon leurs statistiques, Villejuif est la ville où les délits liés au trafic de drogue sont les plus faibles, alors que c’est la plaque tournante entre Orly et Paris. C’est cette culture de l’impunité organisée qui pourrit la vie des quartiers. » Lors de l’audience du 20 novembre 2015, l’ancien édile PCF de la ville, Claudine Cordillot, avait au contraire indiqué qu’elle avait dû déménager et faire l’objet d’une protection rapprochée pour avoir dénoncé les trafiquants de drogue.

A Alain Lipietz, était reproché les passages en gras suivants de son mémoire en défense rédigé lors de la procédure d’exclusion entamée par la direction de EELV suite à l’alliance des élus écologistes avec l’UDI et L’UMP, contre le PCF et le PS aux municipale de 2014, contre l’avis officiel d’EELV. Dans ce mémoire, Alain Lipietz écrivait « En 2013 à Villejuif, le PCF au pouvoir depuis 88 ans, avec un passé illustré par des personnalités prestigieuses et d’importantes réalisations sociales, a dégénéré en association affairiste, largement discréditée par son autisme vis à vis de la population, son productivisme effréné et potentiellement irréversible (démantèlement d’un parc départemental, urbanisation des dernières terres agricoles et des derniers espaces verts disponibles en centre ville, avec toutes les conséquences imaginables pour Villejuif et pour l’effet de serre mondial), ses violations clientélistes de la laïcité, son organisation systématique du détournement de fonds public, son lien (remontant aux années 1970) avec le banditisme local investi dans le trafic de stupéfiants et, selon la rumeur publique (qui sera confirmée par la police en avril 2014 au maire nouvellement élu), dans des trafics encore plus criminels. Il n’a jamais été possible aux écologistes locaux de s’associer avec le PCF villejuifois qui a satellisé tous les autres partis de gauche. Sa chute est désormais hautement probable, malgré ses capacités de fraude électorale.«

Les élus se pourvoient en appel

Ce mardi 19 janvier, le jugement lu au Tribunal administratif, a condamné chacun des élus écologistes à verser mille euros de dommages et intérêts par plaignant, et par procédure, ainsi qu’à publier les quatre jugements dans la presse, au tarif maximal de 3000 € par publication. Les deux élus sont également sous le coup d’une amende avec sursis de 800 euros par plainte. « Au total, cela revient à 69 216 euros », calcule Alain Lipietz. « Il n’y a eu qu’une seule audience et une seule plaidoirie mais nous sommes condamnés à payer quatre fois. Cette condamnation revient à supprimer toute liberté d’expression politique », déplore l’élu, qui prévoit de faire appel, ainsi que Natalie Gandais, accompagnés de leur avocat, maître Henri Leclerc, président honoraire de la Ligue des Droits de l’Homme.

Du côté des plaignants, le soulagement était visible ce mardi mais ces derniers attendent la réception du jugement écrit pour s’exprimer.
Nous ne vous disons pas merci, messieurs dames les donneurs de leçons.
 
Par: Citoyen18.

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Dimanche 31 Janvier à 16H30

Action pour sauver le dernier bateau Berrichon " Le CHER"

 

Michel GRANGE

L'entendre, le découvrir, l'applaudir.

 

Entrée libre participative

Salle des Forges, rue Eugène POTTIER.

 

Bien cordialement.
André Barre ARECABE  

 

Par: Citoyen18.

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Photo d'illustration (Reuters)

Photo d'illustration (Reuters)

Alors que se tenait à Paris la COP21, Wikileaks a révélé plusieurs documents relatifs au projet de traité TiSA de libéralisation des services (petit frère du Tafta), et en particulier à ses chapitres relatifs aux services énergétiques et aux transports. Ces documents illustrent une nouvelle fois la contradiction frappante entre les objectifs climatiques affichés par la communauté internationale et la réalité de la dérégulation, qui met à mal la possibilité de jamais les atteindre.

« C’est la grande arnaque du changement climatique. A l’heure où des objectifs modestes sont actuellement débattus dans la capitale française, les moyens de les atteindre sont quant à eux négociés à Genève dans l’intérêt des plus grandes entreprises de la planète »,résume Rosa Pavanelli, Secrétaire générale de l’ISP, fédération syndicale internationale des services publics. « Les raisons pour lesquelles nos gouvernements cherchent à dissimuler ces négociations en les menant dans le plus grand secret, apparaissent de plus en plus évidentes. »

Alors que se discutait à Paris le futur accord intergouvernemental sur le climat finalement adopté le 12 décembre, les représentants d’une vingtaine de pays et de l’Union européenne continuaient à négocier dans le plus grand secret le traité TiSA (Trade in Services Agreement, Accord sur le commerce des services), qui vise à libéraliser le commerce des services, en dehors du cadre de l’OMC jugé trop contraignant (lire notre enquête). Pour ses critiques, le projet de traité TiSA vise ni plus ni moins qu’à priver les États de tout contrôle sur le secteur des services, en donnant le pouvoir aux grands groupes mondialisés. Avec pour conséquence de remettre en cause les objectifs de politique publique affichés par ces États et par la communauté internationale.

Comme cela avait déjà été le cas il y a quelques mois, Wikileaks a rendu public un certain nombre de documents relatifs aux négociations du TiSA. Ces documents confirment les pires craintes. On y voit notamment les négociateurs norvégiens et islandais mettre en garde contre les excès de la libéralisation du secteur de l’énergie, comme le souligne Mediapart :

Mais que contient donc le projet concocté par les grands négociateurs, pour que la Norvège et l’Islande tiennent aussi à rappeler que « les engagements pris en matière de libéralisation des services à l’énergie ne limitent en aucune façon la souveraineté ou les droits des parties sur les ressources énergétiques » ? Les deux pays prennent le soin de préciser les droits exclusifs que les pays sont en droit de conserver, selon eux. Ils préconisent ainsi que les États gardent des droits exclusifs « pour déterminer les zones géographiques qui peuvent faire l’objet d’exploration, de développement et d’exploitation de ses ressources énergétiques, de déterminer le rythme auquel ces ressources sont réduites ou exploitées, d’arrêter et de bénéficier des taxes, royalties et tout autre paiement liés à ces explorations et exploitations, de réglementer les aspects environnementaux et sanitaires de ces exploitations, de pouvoir participer à des projets d’exploitation et d’exploration, entre autres, à travers des participations directes du gouvernement ou au travers des entreprises d’État ».

Cette simple énumération fait un peu froid dans le dos. Est-ce seulement une précaution de juristes et d’avocats estimant que les choses vont mieux en les disant qu’en les taisant afin d’éviter toute contestation ultérieure ? Ou est-ce que les négociateurs de Tisa entendent aller beaucoup plus loin dans les remises en cause des prérogatives des États dans ces domaines ?

Lire la suite de cet article sur le site de Mediapart (abonnement).

Le constat est le même dans le secteur des transports : les documents révélés par Wikileaks démontrent une volonté de libéraliser totalement le transport routier et de mettre fin aux garde-fous sociaux et environnementaux institués par les États.

Comme le rapporte le Guardian, les négociateurs du Tisa envisagent également d’introduire le principe de la « neutralité technologique » dans le secteur énergétique. Autrement dit, les gouvernements n’auraient plus le droit de favoriser, à travers leurs subventions ou réglementations, tel type d’énergie - comme le solaire ou l’éolien - au détriment d’autres ,comme les énergies fossiles et en particulier le gaz de schiste. Les litiges éventuels entre États et entreprises à ce sujet seraient réglés par des tribunaux privés.

C’est donc une nouvelle illustration de l’incompatibilité entre libéralisation commerciale et efficacité climatique, que soulignent de nombreux militants syndicaux et écologistes, dénonçant le « double discours » de l’Europe en particulier.

 

Par: Olivier Petitjean.

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