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La porte à gauche. Jean FERRAT a chanté que certains prétendent que le bonheur était à la porte à droite. Aujourd’hui est-il à la porte à gauche ? Oui ! mais à la condition de secouer le cocotier de la pensée convenu ! Ce petit blog crée à l’initiative de quelques militants communistes de Vierzon n’a d’autres ambitions que de donner aux citoyens un support pour s’exprimer librement sur les sujets politiques, sociaux ou culturels d’actualité du local à l’international, qui s’émancipe des discours convenus, des lignes officielles décidées par quelques notables de la politique, aux doubles langages, aux bonimenteurs de vraies fausses solutions et qui cultivent la résignation. Déverrouillez les débats et enfoncez la porte à droite (….ou à gauche ?) Les seules limites, car il en faut, à notre liberté : Celle du respect des personnes, le souci de la vérité et de faire vivre le débat. Ainsi seront exclus tous messages comprenant des insultes ou diffamations visant une (des) personne(s), seront exclues, s’ils sont avérées, des informations mensongères ou rumeur infondées. Chacun pourra également participer au débat juste et loyal en signalant un abus de cette nature. Les productions de ces abus seront retirés et l’auteur exclu du blog.

Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Front de Gauche

DR Changeons de République - marche du 5 mai 2013 - CR Michel SoudaisC’est finalement dans le TGV qui m’a conduit  puis ramené des Karellis, lieu traditionnel de l’université du PCF où j’étais convié à plusieurs débats, que j’ai trouvé le temps d’écrire cette note de rentrée. « Ma » rentrée pourtant, comme la plupart de mes camarades du PG, date de plus d’une semaine. Mais les occupations liées à notre Remue-Méninges à Grenoble ne m’ont pas laissé le temps d’assurer une concordance entre cette rentrée militante et sa traduction écrite.  Tant mieux : que n’aurai-je sinon raté ! Les déclarations de Montebourg et Hamon, Valls 2 succédant à Valls 1 ; François Hollande se donnant des airs « de » sous une pluie torrentielle à Sein puis à Paris (quoi que l’on puisse considérer cet accompagnement pluvieux comme faisant partie des constantes du Président de la république) ; Macron remplaçant Montebourg ; une standing ovation du Medef pour le 1er ministre ; son donneur d’ordre, Gattaz, annonçant les prochaines mesures antisociales du gouvernement avec, pour commencer, la dérégulation des seuils sociaux et du travail dominical ; l’abandon de tout encadrement des loyers etc… Bref autant de signes de l’accélération d’une crise politique et de régime. Si prégnante qu’elle n’a même pas pu attendre que soit passée l’université d’été du PS pour se manifester.

Donc où en sommes-nous ? A en croire les éditorialistes de la pensée unique qui se sont relayés cette semaine, eux aussi sont rentrés, tout pourrait maintenant rouler pour le gouvernement Valls 2. D’une part, le premier ministre dispose désormais d’hommes et de femmes qui adhèrent à sa politique. Fini les « gêneurs » de type Montebourg susceptibles d’effrayer les marchés et d’irriter Mme Merkel par des saillies certes impuissantes mais quand même mal venues. D’autre part, le Medef a adoubé Manuel Valls comme rarement premier ministre l’a été  sous la 5ème. Et s’il fallait encore rassurer les marchés et les actionnaires, la nomination d’un de leurs représentants, Emmanuel Macron, constitue la cerise sur le gâteau.

 

Vers l’échec assuré

Un Hollande à l’aise dans ses baskets de social libéral, une équipe prête à jouer loyalement le jeu, l’officine des patrons les plus libéraux derrière lui et la confiance des marchés : tout serait donc en place pour que la livraison des chiffres du chômage en juillet soit la dernière de ce type. On sait bien que ce ne sera pas le cas. Car en appliquant toujours plus drastiquement une politique vieille de 15 ans, celle du Blairisme triomphant, Hollande fait subir à notre pays les « recettes » qui ont menées dans le mur la France comme l’Europe. C’est en effet le moment de rappeler où en est la « reprise » de la zone Euro annoncée par ce charlatan depuis deux ans : comme la France, la croissance de l’Allemagne stagne et l’Italie est déjà entrée carrément en récession. Il n’y a donc pas besoin d’être devin pour décrire la situation  dans trois mois. C’est celle d’aujourd’hui : chômage en progression constante, activité en berne, toujours moins de services publics et de protection sociale, profits et dividendes des actionnaires en hausse. Et courbe de popularité du Président et du premier ministre au plus bas.

François Hollande ne réglera rien car c’est la politique à laquelle il croit – je résume : la main invisible du marché finira bien par arranger les choses si on lui fait suffisamment d’offrandes – qui est mauvaise et non pas spécialement les personnes qui l’appliquent. Même si en l’espèce, ils sont en plus mauvais.

C’est pourquoi François Hollande va échouer. Et à ce rythme je ne vois pas le gouvernement Valls 2 durer plus longtemps que le « glorieux » gouvernement de « combat » qui l’a précédé. Et si Hollande tient jusqu’en 2017, il y arrivera en lambeaux, mal parti pour franchir le 1er tour. Le socialiste Stéphane Delpeyrat a dans un tweet aussi rageur que lucide bien résumé le risque : « les 3% nous les atteindrons j’en suis sur. En mai 2017 ».

 

Le peuple n’adhère pas au libéralisme

Pourquoi ces certitudes ? Parce que le Medef n’a jamais fait une majorité dans ce pays. Pour des raisons historiques que ce billet n’a pas pour vocation de  détailler, mais dont la première est le souffle encore porteur de notre grande révolution,  le peuple français ne s’est au fond jamais converti à l’idéologie libérale. Sans forcément d’ailleurs emprunter des choix politiques clairs pour le dire. L’histoire de la 5ème le montre : Chirac bat le régent Balladur en dénonçant la fracture sociale, Sarkozy passe sur une entourloupe en s’appuyant sur la faiblesse du PS mais aussi l’ambigüité des discours concoctés par Gaino, Hollande l’emporte parce que l’Elysée vaut bien pour lui une grande messe contre la finance au Bourget et que justement son prédécesseur est châtié pour son libéralisme. Jusqu’à quand cela tiendra-t-il ? La question mérite d’être posée : la confusion qu’installe François Hollande en suivant la voie ouverte par Sarkozy, ayant un effet déflagrateur sur le peuple pourtant le plus politique au monde.  Mais j’ai la certitude que ce travail de sape ne sera pas suffisant pour inverser d'ici 2017 ce mouvement inscrit dans la longue durée. D’autant que notre peuple paye toujours davantage les conséquences néfastes de cette politique libérale. 

C’est l’analyse faite d’ailleurs par Marine Le Pen. Pourquoi sinon le Front national libéral et atlantiste de Jean-Marie Le Pen  s'avancerait-il désormais comme un parti national capitaliste ? Les ethnicistes ont compris que la prise du pouvoir en France est à ce prix. C’est aussi pourquoi, sur fond de crise, rien n’est assuré en cas de duel entre Marine Le Pen et un représentant de la droite traditionnelle au 2ème tour : pas sur  que cette fois un appel à la démocratie suffise à élire un représentant du camp libéral. Et si c’est le cas ce sera au profit d’une droite toujours plus travaillée par le programme xénophobe et antirépublicain du FN.

De cette analyse, on comprendra que qualifier un représentant de notre « camp » au 2ème tour de la Présidentielle est à bien des égards la meilleure assurance pour éviter le pire à notre pays.

Comment ? En s’appuyant sur la formidable armée de réserve qui existe. Celle qui s’est largement abstenue aux européennes, qui ne supporte pas la politique appliquée mais qui, aujourd’hui, ne voit personne ou nulle force à même de la contester concrètement. Qu’elle s’abstienne en 2017 et la voie peut être ouverte pour Mme Le Pen ou en tous cas pour une droite travaillée par l’idéologie de l’extrême droite.

On aura compris que je ne crois pas dans la possibilité que le PS empêche ce scénario. Je pense même que François Hollande est en passe de le dissoudre comme l’ont été les partis de la gauche traditionnelle en Italie. J’écoute certains frondeurs en appeler à un congrès de leur parti, certains que Valls est minoritaire en son sein. Je ne partage pas cette illusion. Bien sûr, ce dernier n’a atteint que 5% à la primaire socialiste mais François Hollande en était sorti en tête et en dehors d’Arnaud Montebourg, aucun de ses concurrents ne dérogeait sur le fond au social libéralisme. Ce n’est qu’ensuite, en février 2012, que devant la poussée de Jean-Luc Mélenchon et du Front de Gauche, Hollande a fait dans la critique de la finance. Mais souvenez-vous de son interview au Guardian (http://www.theguardian.com/world/2012/feb/17/francois-hollande-uk-city-london) publié quasi en même temps que le Bourget. Ce rapport de force a-t-il changé dans le PS ? L’université de La Rochelle transformé en happening et où les frondeurs mobilisés ont fait entendre fortement leur voix pourrait le laisser penser. Je n’y crois pas. Je considère que ce parti a en réalité changé de nature comme de sociologie militante. D’ailleurs si les frondeurs se font entendre, et vu la brutalité de Valls cette semaine le contraire aurait été étonnant, il s’est trouvé 200 autres députés pour se dire en solidarité avec la politique menée. Il est fort possible, comme la SFIO à son époque, que le PS meure du « Hollandisme ». Mais d’ici là, ce n’est pas de lui que viendra l’issue. L’imaginer, concentrer nos efforts militants sur ce mirage nous ferait non seulement perdre un temps précieux mais semer encore plus d’ambiguïté sur notre compte vis à vis des français.

 

Pour un Front de Gauche utile à construire son propre dépassement

L’issue viendra-t-elle du seul FDG et l’unité de l’autre gauche ? Cela a été l’axe stratégique du PG depuis sa création. C’est dire s’il fait partie de notre ADN. Non sans réussite. Nous sommes ainsi quasiment parvenus à rassembler toute l’autre gauche. Avec le résultat que l’on sait : les 4 millions de voix de Jean-Luc Mélenchon en 2012 ont crédibilisé notre démarche. Mais pour finir deux ans après sur le récif des Européennes. Je ne reviendrai pas sur l’ensemble des raisons de cet échec. Je l’ai fait largement dans mes billets de juin. Mais la principale est celle-ci : nous n’avons pas été suffisamment dissociés de LA « gauche » qui gouverne pour apparaître comme son alternative plausible. Or, comme l’a affirmée justement Jean-Luc Mélenchon dans son discours de clôture à Grenoble, force est malheureusement de constater que « le système n’a plus peur de la gauche ». Résultat : en dehors de sa partie la plus politisée, le peuple qui veut le contester ne se tourne plus vers ce qui s’apparente à LA gauche. Injuste mais bien réel.

Est-ce à dire que FDG ne sert plus à rien ? Evidemment non. Nous avons eu tant de mal à rassembler cette énergie militante qu’il serait stupide de la déconstruire gratuitement. Mais le FdG doit aujourd’hui utiliser cette capacité militante dans un projet qui nécessairement doit le dépasser. Comment fédérer le peuple, le remettre en mouvement, lui donner envie de reconquérir sa souveraineté politique ? Voilà la question. Il serait injuste de dire que le FdG ne se la pose pas depuis quelques temps. La notion de Front du peuple, progressivement reprise par les forces qui le composent, en est l’écho. On voit bien en tous cas que ce n’est pas le seul FdG, ni même la seule addition de forces politiques, qui sera à même d’atteindre cet objectif d’ici 2017. Il peut toujours par contre en être l'outil principal. S'il change.

 

Le moteur du changement : la souveraineté du peuple

Le peuple ne se tournera donc pas vers nous s’il nous perçoit comme l’appendice contestataire d’un PS fantasmé comme le centre incontournable de la gauche. Mais ce ne sera pas non plus suffisant de lui proposer de nous mettre en tête de la gauche pour ensuite transformer celle-ci. Nous ne sommes pas parvenus à le convaincre de cette utilité, nous y parviendrons encore moins dès lors que Hollande et Valls captent la notion de gauche au profit d’une des politiques les plus socialement droitières de la 5ème République. II faut voir plus loin, plus large, plus en capacité de concrétiser le fait majoritaire dans un mouvement totalement indépendant du système et des jeux d’alliance qu’il implique, PS compris. C’est la raison pour laquelle Jean-Luc Mélenchon a mis sur la table le projet d’un mouvement pour la 6ème République au point de souhaiter y consacrer le plus clair de son temps. On aura compris qu’on ne parle pas là seulement transformation institutionnelle mais bien de changement de République au sens littéral du terme : une république citoyenne, sociale et écologiste en lieu et place de la monarchie présidentielle et de plus en plus oligarchique qui corsette la souveraineté populaire. Raison pour laquelle, seul le peuple pourra la constituer à travers l’assemblée qu’il se donnera pour cet objectif. 

Remettre le peuple en mouvement dépasse donc la simple accumulation de courants et de forces politiques. Un mouvement pour la 6ème république nécessitera ainsi  l’irruption de collectifs permettant une implication citoyenne maximum sans que l’on demande à ses membres de décliner leur appartenance politique.

Le Parti de Gauche va s’y engager. Nous allons, dès son Assemblée générale du 6 septembre, proposer la même chose au Front de Gauche. S’il veut jouer encore un rôle majeur, il ne peut plus être le lieu des ambigüités stratégiques et des polémiques qu’il a été depuis 2012. Cela implique déjà qu’il soit capable assez vite, la fin de l’année semble une butée réaliste respectueuse de la souveraineté de ses organisations, de se réorienter vers une stratégie nationale qui ne peut être, pour commencer, que celle de l’autonomie vis à vis du PS aux prochaines élections. C’est une condition de son utilité et de son maintien.

 

Combattre le gouvernement Valls 2 comme n’importe quel gouvernement de droite.

Les autres forces et courants de la gauche anti austérité ? Dire que c’est le peuple qu’il faut ambitionner de fédérer indique l’objectif essentiel. Le moyen dont nous ne pouvons nous passer pour réussir. Mais il serait stupide de ne pas chercher à mobiliser dans ce dessein la dynamique accélératrice que ces forces peuvent constituer. Ce n’est pas l’un ou l’autre. Si nous pensions l’inverse, nous arrêterions de construire le parti de gauche. Nous entendons donc œuvrer à l’unité de tout ce qui s’oppose à la politique actuelle.  C’est notamment le cas des collectifs issus de la marche du 12 avril qui veulent travailler à l’unité la plus large sur le front social des syndicats, associations, partis. Pour mieux résister mais pas seulement. Nous devons plus que jamais démontrer notre capacité à apporter des réponses immédiates et concrètes aux questions premières que se posent les français, l’emploi en premier lieu. Celles que sans attendre nous serions à même d'appliquer au gouvernement pour rompre avec le libéralisme et le productivisme et apporter un mieux-être rapide au pays.

Tout cela participe à la bataille contre le gouvernement Valls 2.  Qu’il faut évidemment  combattre sans attendre les Présidentielles comme nous le ferions de n’importe quel gouvernement de droite. Sa légitimité ne tient qu’à un fil, il faut faire en sorte de le faire tomber. Les autocollants « Valls Démission » sortis par le PG au moment où, ministre de l’intérieur, il promouvait sa politique du bouc émissaire  (il a largement continué cet été), vont pouvoir ressortir !

 

Le révélateur du vote de  confiance à un gouvernement qu’il faut faire tomber

Dans notre esprit,  le processus alternatif décrit dans ce billet concerne tous les opposants de gauche. J’estime cependant que se profile un test décisif pour tous ceux qui appartiennent à l’actuelle majorité gouvernementale : c’est d’en sortir ! Franchement. Voilà pourquoi nous demandons aux « frondeurs » de tous type, qu’ils soient socialistes, EE-LV ou MRC de s’opposer réellement à la politique de Valls en empêchant qu’elle sévisse plus longtemps. Sinon rien ne sert de se sentir fort à l’applaudimètre à la Rochelle. Ils ne doivent pas voter la confiance au gouvernement et à fortiori, s’il passe cette épreuve, son budget. Non pas s’abstenir mais voter contre. C’est le courage que nous leur demandons de démontrer à ceux qui les ont élus mais aussi la condition pour construire ensemble l’avenir. C’est aussi un service pour eux-mêmes car le peuple ne fera pas le  tri entre ceux qui appliquent cette politique avec entrain et conviction et ceux qui la permettent en râlant. Hollande peut arriver à dissoudre le PS, voir la gauche mais pas le peuple… Et la note que ce dernier présentera sera salée.

 

C’est reparti !

Je voudrais finir cette note en parlant du Parti de Gauche. L’échec des Européennes a pesé dans notre histoire et sur chacun d’entre nous. Nous sommes des militants faits de chair, de convictions et de sentiments, dévoués à une cause qui ne nous rapporte aucun confort matériel, au contraire. Nous avons nos fragilités. Juin a ainsi été difficile à passer pour beaucoup d’entre nous après la fatigue accumulée et la tension des élections municipales et européennes. Comme tout groupe humain, nos douleurs ne sont pas seulement politiques. Nous ne sommes évidemment pas immunisés contre la fragilité et la finitude de l’humanité. La disparition aussi inattendue qu’injuste de notre camarade et éditeur Bruno Leprince survenue la veille de notre Remue-méninge nous l’a rappelée dramatiquement.  J’ai toujours considéré que l’un des moteurs de l’engagement politique, dès lors qu’il n’est pas seulement un plan de carrière,  était de transcender notre nature éphémère en l’inscrivant dans une communauté de destin présente et à venir. Une chaine fraternelle qui nous conduit à nous battre pour l’actuelle humanité mais aussi pour ceux qui viendront après nous. Pour qu’ils puissent continuer à vivre sur cette planète et si possible mieux que nous. C’est, je suis sur, ce qui nous pousse à agir et à militer malgré tout, et encore plus, quand beaucoup d’entre nous redoutent qu’il soit trop rapidement minuit dans le siècle.  Nous refusons l’inéluctable.

Dans cette période difficile, notre Remue Méninge a été un moment politique exaltant dont nous ressortons plus forts. A son issue un militant ma interpellé d’un joyeux « c’est reparti ! ». Je l’ai gardé en esprit car il résumait bien je trouve le sentiment général. Parce que nous avons commencé collectivement à définir une autre stratégie, parce que nous en sommes sortis en ayant des idées claires sur « que faire ? ». Parce qu’aussi, au cours des débats et ateliers, tous remplis, nous avons appris des choses et en sommes sortis plus intelligent que nous n’y étions entrés. Et ce, grâce aussi à nos invités qui, tous, ont été pertinents et souvent brillants.

Accepter comme nécessaire le retrait de la coprésidence de Jean-Luc Mélenchon et de Martine Billard, nous a conduit à commencer aussi à réorganiser notre direction. Dans celle-ci je m’occuperai dorénavant de la coordination politique du PG sans cesser, pour le moment, de gérer les relations unitaires. Je vais me consacrer du mieux que je pourrai à cette nouvelle fonction, certain que si notre PG n’est pas une fin en soi, mais un outil, il reste terriblement précieux dans le moment politique que nous vivons. Et que cela donc vaut le coup de le renforcer.  Pour mieux combattre l’insupportable.

Par: Eric COQUEREL, Coordinateur PG.

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Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Ancien PS

Au lendemain du remaniement ministériel, la base militante ne parle pas d'une même voix. Entre ceux qui partagent la vision des «frondeurs» et ceux qui restent solidaires du gouvernement, témoignages de socialistes durant ces trois jours.

La Rochelle, de notre envoyé spécial.  L'université du PS à La Rochelle s'est ouverte vendredi sur fond de tensions grandissantes entre les députés frondeurs et le gouvernement. Les militants interrogés sont eux partagés, pour ne pas dire un peu perdus. Qu'ils soutiennent la nouvelle ligne plus libérale du gouvernement ou qu'ils la contestent, tous s'accordent à dire qu'il faut ouvrir le débat. À l'issue de cette deuxième journée, une crainte revient, celle de l'éloignement de la ligne du gouvernement avec la base militante. Pendant ces trois journées, nous rendons compte des témoignages de militants.

  • « Il faut arrêter le concours de beauté permanent au PS »
    Jean-Marc Tanguy, 35 ans, éducateur dans un centre départemental d’action sociale, conseiller municipal d’opposition à la mairie de Quimper et membre de la commission nationale handicap. Il se dit proche du député Jean-Jacques Urvoas (lui-même proche de Valls) et des idées de Martine Aubry.
Jean-Marc TanguyJean-Marc Tanguy © Yannick Sanchez

« Hollande ne s’est pas fait élire comme Mitterrand en 1981, c’est-à-dire sur des promesses utopistes de gauche. Au moins il va jusqu’au bout. Par contre, le sourire de Jean-Pierre Jouyet lors de la nomination d’Emmanuel Macron au ministère de l’économie, c’est vraiment "on va dans le mur et en plus on klaxonne".

Au niveau économique, la grande mesure de gauche je ne la vois pas dans ce quinquennat, mais c’est vrai que les marges de manœuvre ne sont pas là. Personnellement, je rêve d’un Hollande qui aurait renversé la table et qui aurait fait un gouvernement d’union de gauche avec des gens comme Martine Aubry, Barbara Pompili ou encore Clémentine Autain et qui aurait rejoint Matteo Renzi sur la réorientation de la politique économique en Europe.

Localement, c’est difficile à l’heure actuelle. Il y a des militants qui partent, quelques secrétaires de section même, on a des cœurs à reconquérir. Mais c’est le fonctionnement du parti qui crée ça aussi. Quand je suis rentré au PS, on m’a dit, ici c’est 80 % d’élus et 20 % de gens qui veulent l’être, aujourd’hui c’est plutôt l’inverse. Il faut arrêter le concours de beauté permanent au PS. Certains parlent des ouvriers avec des trémolos dans la voix alors qu’il n’y en a quasiment plus dans le parti, c’est un vrai problème. »

  • « Le discours de Valls au Medef m’a traumatisé »
     Abderaman Djasnabaille Florent, 52 ans, chirurgien et militant PS depuis 1980. Il dit n'appartenir à aucun courant de pensée à l'intérieur du PS. 
Abderaman Djasnabaille FlorentAbderaman Djasnabaille Florent © Yannick Sanchez

« Je suis de ceux qui ont milité  à l’époque du fameux "Touche pas à mon pote" de SOS racisme. Je trouve que la politique qui est menée aujourd’hui est une dangereuse dérive. Il faut d'abord que le cap soit à gauche et qu’après on fasse une ouverture vers les entreprises, pas l’inverse. Le discours de Valls au Medef m’a traumatisé. Il faut certes aider les entreprises à être plus compétitives mais ça ne doit pas se faire en négligeant la dimension sociale.

Dans les soixante engagements, il y avait le discours sur la finance, l’école de Chicago, le libéralisme à outrance, ça m’avait beaucoup marqué. Soit on s’est trompé en faisant le programme et on n’a pas assez pris en compte l’ampleur de la crise, soit le diagnostic était justement le bon. Il y a encore la possibilité de rectifier le tir avec un grand congrès extraordinaire. Il faut rassembler car on ne pourra pas gagner sans la réconciliation du peuple de gauche. En ce sens, le combat que mène la gauche du parti est salutaire, sans être sectaire. »

  • « Les frondeurs sauvent l’honneur de la gauche »
    Daniel Lubraneski, secrétaire de la section d’Auxerre (Yonne), adhérent depuis 2008. Ancien membre du PSU avant, pendant et après 1968.
Daniel LubraneskiDaniel Lubraneski © Yannick Sanchez

« J’ai des valeurs fermes de gauche et je suis atterré par ce qu’il se passe. Avec la situation économique épouvantable, on est dans le corner. Je ne suis pas contre la réduction des déficits mais les réduire à marche forcée est contre-productif. Le coût de l'endettement – avec un taux d'emprunt autour de 1,3 % – est peu élevé et il faut miser sur la croissance pour faire reculer le chômage. Je regrette que Hollande n’ait pas eu l’audace d’affronter la droite allemande et de renégocier le traité de stabilité européen. On se retrouve enfermé dans un carcan européen libéral qui n’est pas le cadre socialiste.

Le peuple de gauche est désespéré et nous nous séparons de notre base électorale qui est profondément déçue. Les frondeurs sauvent l’honneur de la gauche en montrant qu’une autre politique est possible. Localement, certains sympathisants PS qui ont voté à la primaire socialiste en viennent à nous dire que la seule solution est le FN, c’est dire l’état de désespérance. Et quand j’entends que le gouvernement compte procéder par ordonnance, c’est une fuite en avant. 

  • « Hollande, c'est soit un génie et tout cela nous échappe, soit sa politique est un dogme qui n'est pas socialiste »
    Anne-Laure Jaumouillié, 35 ans, enseignante en histoire-géographie et candidate aux municipales 2014 à La Rochelle, vainqueur de la primaire citoyenne à gauche et battue par le candidat DVG Jean-François Fountaine. Membre du PS depuis avril 2002, se définit comme aubryste.
Anne-Laure JaumouilliéAnne-Laure Jaumouillié © Yannick Sanchez

« Le débat, il pourrait ne pas y en avoir si le gouvernement appliquait le programme de François Hollande. On parle des "frondeurs" mais le terme n'est pas approprié parce qu'ils essaient juste de faire appliquer les soixante engagements du candidat. Je suis consternée par le discours de Manuel Valls au Medef. Est-ce qu'on est vraiment obligé de dire que l'on aime l'auditoire auquel on s'adresse, ce "j'aime l'entreprise" ? Pourquoi pas "j'aime les infirmières" ou que sais-je encore. Au-delà de ça, c'est considérer que le monde de l'entreprise est homogène.

Cette politique ne marche ni d'un point de vue économique, ni électoralement. La droite ne va pas se mettre à voter pour lui en 2017. Hollande, c'est soit un génie et tout cela nous échappe soit sa politique est un dogme qui n'est pas socialiste. Là où j'en veux aux politiques, c'est de ne pas parvenir à être plus coercitif. Que l'argent public finance les entreprises, c'est normal mais c'est le manque de contreparties qui m'inquiète. » 

  • « Il y a une fracture générationnelle entre ceux qui exercent le pouvoir et les militants »
    Fabien Fundéré, 33 ans, assureur et adhérent au Parti socialiste depuis 2010, Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme). Il dit n'appartenir à aucun courant de pensée à l'intérieur du PS. 
Fabien FundéréFabien Fundéré © Yannick Sanchez

« Il y a peut-être une accélération de l'érosion de la base militante mais je crois qu'elle était masquée par la dynamique des primaires socialistes et de l'élection présidentielle. Je crois qu'il y a une fracture générationnelle entre ceux qui exercent le pouvoir et les militants. Mais cette diminution du nombre de militants est un phénomène de long terme. On a besoin de chercher des idées à l'extérieur du parti pour être en phase avec les attentes de la société.

On me parle de crise mais pour être né dans les années 80, j'ai toujours vécu dans un contexte de crise. J'ai l'impression d'être en perpétuelle crise économique, sociale. Mais ce moment de doute doit justement être celui où on peut croiser les expériences et tenter des choses. On a le droit de se tromper, je n'attends pas d'un politique qu'il soit l'homme ou la femme providentiel(le), ce n'est pas une religion. Par contre je suis plus exigeant sur la démarche, avoir une ligne, faire preuve de pédagogie. C'est peut-être ce qui a manqué avec François Hollande, il y a eu un flottement nuisible à cette exigence. Mais si la clarification a lieu, je suis pour, il faut être positif et constructif. »

  • « On parle de social-libéralisme, j'enlèverai le mot social »
    Gilles Harau, 52 ans, membre du Parti socialiste depuis 1981, fonctionnaire territorial. 
Gilles HarauGilles Harau © Yannick Sanchez

« Depuis lundi il y a eu un tournant brutal de la politique menée. On parle beaucoup de social-libéralisme, personnellement j'enlèverai le mot social. À partir du moment où quelqu'un qui se dit de gauche se fait ovationner par le Medef, ça pose un problème. Plus ça va, plus la ligne politique de François Hollande s'écarte des soixante engagements pour lesquels il a été élu. Je ne suis pas anti-entreprise, au contraire, mais si l'idée c'est que les Français se sacrifient pour que les multinationales augmentent leurs dividendes, alors là c'est inacceptable.

Franchement quand je discute avec des militants, un certain nombre sont vraiment remontés, même ceux qui ne se situent pas à gauche du parti. J'en connais même plusieurs qui pensent à quitter le PS à cause de cette ligne économique. C'est dramatique parce que cela profite au Front national. Aujourd'hui, on n'entend pas assez les adhérents. C'est précisément alors que les cotes de popularité de l'exécutif s'effondrent qu'il faut ouvrir le débat, on ne peut pas cadenasser les gens qui ont d'autres propositions. » 

  • « On s'est retrouvé talonné par le Front national »
    Michèle Gauthier, retraitée de l'éducation nationale, sympathisante socialiste de Cournon-d'Auvergne (Puy-de-Dôme)
Michèle GauthierMichèle Gauthier © Yannick Sanchez

« J'habite dans une ville très ancrée à gauche. Aux dernières élections on s'est retrouvé au coude à coude avec le Front national, notamment dans mon quartier, c'était une première et je sais de quoi je parle puisque je m'occupe d'un des bureaux de vote. Le problème c'est que les gens aujourd'hui attendent des résultats trop vite, ils sont dans l'immédiateté. Bien sûr que le chômage et la pauvreté de certains sont un drame mais on ne peut pas attendre des dirigeants un coup de baguette magique.

J'entends de plus en plus de discours de gens qui ont perdu tout espoir en la politique. Ils ne voient plus la différence entre la droite et la gauche. Le risque chez cet électorat qui n'est pas très politisé, c'est qu'il se retrouve à voter FN. Je connais une ancienne chef de section du parti socialiste qui a rendu sa carte et qui adhère maintenant aux idées de Marine Le Pen. Il ne faut pas oublier que l'on fait partie des rares pays en Europe qui, malgré la crise économique, ont réussi à conserver leur modèle social. Personnellement, je n'adhère plus au Parti socialiste parce que je trouve qu'il n'y a pas assez de débat. Même au niveau local, il y a les béni-oui-oui et ceux qui veulent l'ouvrir se font dézinguer. »

  • « Il y a une forme de hold-up politique qui est menée »
    Mathurin Levis, 23 ans, membre du bureau national du mouvement des jeunes socialistes (Yvelines), étudiant en master d'histoire
Mathurin LevisMathurin Levis
Il faut que l'on arrive à s'extraire de cette vision selon laquelle l'exercice du pouvoir conduit nécessairement à se séparer d'une partie de sa base militante. Aujourd'hui, l'orientation politique est très éloignée de ce pour quoi on s'est battus pendant la campagne présidentielle de 2012. La gauche au pouvoir ne doit pas être synonyme de reniement. Avec la nomination d'Emmanuel Macron comme ministre de l'économie, le symbole donné est désastreux et forcément une fracture est en train de se créer entre les militants et le gouvernement.

La réalité électorale, c'est que l'on a perdu 8 millions de voix entre 2012 et les élections municipales de 2014. Au lieu d'ouvrir le débat, le premier ministre répond de façon autoritaire. Nous n'avons pas élu François Hollande pour qu'il mène une lutte aveugle contre les déficits. Selon moi, la première des erreurs est de dire qu'il n'y a pas d'autre politique possible.

Quand on entend que certaines revendications sur les hausses salariales sont considérées comme des réflexes pavloviens, je pense au contraire qu'il faut arrêter d'avoir des réflexes libéraux quand on est de gauche. Je suis d'accord avec Manuel Valls quand il dit que la gauche peut mourir, la responsabilité aujourd'hui est de réussir à fédérer les forces de gauche, sinon le rapport de force entre les différents courant (EELV, Front de gauche, PS) ne peut que s'accentuer. »

 
  • « Tous les moyens de lutte contre le chômage ont échoué »
    Jean-Paul Chartron, adjoint à la mairie de Firminy, « hollandais » de longue date et adhérent socialiste depuis 1968.
Jean-Paul ChartronJean-Paul Chartron © Yannick Sanchez

 « Moi, je suis sans état d'âme. On a un vrai problème de chômage en France. L'emploi des jeunes, ça mériterait une union nationale des politiques, c'est une question qui va au-delà des courants droite-gauche. Et ce que dit Manuel Valls est peut-être ce qui va permettre de changer la France d'ici quinze ans. Je suis élu depuis 1977 et je constate que tous les moyens pour lutter contre le chômage ont échoué. Il y a toujours eu des débats au Parti socialiste et je pense qu'au final la base militante va adhérer.

D'une manière générale, le passage au pouvoir réduit la cote de popularité mais ce qui m'inquiète tout de même, c'est la réduction du socle politique. Il n'y a plus les Verts, le Front de gauche, ça ne veut pas dire que ça ne va pas marcher. Localement, c'est vrai que l'argent devient plus rare mais ce n'est pas l'addition de politiques locales qui fait une politique nationale. On continue de travailler sur la réindustrialisation mais on est bien obligé de lutter parallèlement pour réduire les déficits. On n'a pas les moyens de faire autrement. J'aimerais que Valls soit le premier ministre qui a endigué le chômage. »

Par Yannick Sanchez, et MEDIAPART

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Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Front de Gauche

Ces quelques lignes sont un message amical à ceux qui se donnent rendez-vous sur ce blog. Les dernières heures avant mon départ ont été bien remplies. J’ai beaucoup participé aux discussions qui se menaient entre nous à propos de la façon de manifester notre solidarité avec les gazaouis. Il fallait agir. Mais il fallait aussi éviter de tomber dans les pièges que Manuel Valls et François Hollande ont tendus sans relâche pour provoquer des incidents et criminaliser le mouvement de soutien. Dans tout le pays, à l’heure à laquelle j’écris, nous avons tenu le chemin de crête. L’admirable c’est évidemment le sang-froid magnifique des manifestants et en particulier des jeunes. Les provocateurs sont restés isolés et aucun des reportages, évidemment à charge, n’a pu mieux faire que de montrer des marginaux. Je renvoie aux textes et compte rendus publiés par le site du Parti de Gauche pour apprécier le travail accompli.

D’un autre côté, toutes sortes d’évènements privés m’ont aussi tenus éloigné de mon clavier. Au point d’avoir oublié de poster mon compte rendu de séance au parlement européen qui va donc aller rejoindre la masse des discours et articles non prononcés et non publiés. Une année d’absence pour fait de réunions, meeting et cavalcades électorales m’a encore laissé une masse de paperasses à traiter. Car, bien sûr, j’ai aussi une vie d’ayant droit et de contributeur divers. J’ai intérêt à avoir tout en ordre.

Un avatar récent m’a rappelé à l’ordre ! L’administration du Parlement n’avait pas enregistré a temps ma « déclaration d’intérêts financiers ». Je fus aussitôt traîné au pilori médiatique. En effet passait par là une de ces hyènes médiatiques qui tournent en permanence autour du troupeau pour voir s’il n’y a pas des bêtes malades à harceler. Elle se fit un devoir de publier « l’affaire ». Je fus donc dénoncé sur deux radios et par trois brèves (avec photo immondes cela va de soi) comme n’ayant pas rendu ma « déclaration d’intérêts financiers » avec tout ce qu’un tel terme peut susciter de sous-entendu. Ce fut mon accueil médiatique pour l’installation du nouveau Parlement ! Bien joué coco ! Bien sûr, j’avais rendu cette « déclaration ». Pourquoi ne l’aurais-je pas fait ? Elle est passionnante ! Je n’ai aucun intérêt financier à déclarer ! Et ainsi de suite. Si j’ai le blues ce n’est pas du combat politique, de ses difficultés et cruautés. C’est de devoir subir ça. Les photos pourries, les papiers insultants sans relâche, la bêtise à front de bœuf de ces gens malveillants et suintant d’aigreurs et de haine, qui ne lisent rien, ne s’intéressent à rien vraiment, et résument tout aux quatre phrases qu’ils arrivent à comprendre tout en prétendant que ce sont les « gens qui ne s’intéressent pas ».

Le traitement médiatique de mon « recul » devenu « retrait » puis « départ de la politique » est encore un chef d’œuvre à la gloire de cette caste médiatique, de son incurable panurgisme et de sa dérive irréversible vers l’industrie du spectacle. Quelques-uns d’entre vous m’interrogent : « mais pourquoi ne démentez-vous pas ? » Votre naïveté vous honore, mes amis. Pourquoi démentir alors qu’il suffit de lire le texte de l’interview publié pour se faire une idée exacte. En fait, vous ne comprenez pas le fond de l’affaire. Ceci n’est plus de l’information depuis longtemps. Juste un spectacle. Je n’ai pas eu une ligne dans « Libération » pour mes innombrables tentatives d’instaurer le débat sur l’avenir de l’humanité en mer. Mais j’ai eu la « une » entière pour « un coup de blues ». Au moins pour une fois les papiers n’étaient-ils pas insultants. Ne parlons pas du « Monde », pathétique, cent pour cent fiel et règlement de compte personnel. Démenti ou pas, la suite est déjà écrite : « la fausse sortie de Mélenchon ». Avec leur perversité habituelle « avouez que vous l’avez bien cherché ». Avec aussi l’inévitable confidence crapauteuse du « cadre communiste qui préfère rester anonyme » pour déclarer une saleté sur mon compte. Lequel n’existe pas, bien sûr, mais cela fait si vrai ! Et cela permet peut être de recueillir ensuite des répliques aigres. Ah ! Que le métier est excitant !

Je vais me retirer (pas me pendre) quinze jours dans un moulin à eau du douzième siècle (pas entrer au monastère) au bout d’un chemin de terre (pas d’un cimetière). Avec des amis très beaux qui prennent le risque de m’accueillir et de voir l’intimité de notre séjour violée si un voyeur traîne dans le coin. J’ai amené avec moi des romans qu’on m’a offert dans l’année au fil de mes haltes. Je baillerai aux corneilles, ou bien au milieu des milliers de livres qui garnissent les murs de pierre dans l’immense pièce à vivre du bâtiment central, ou bien depuis le chemin en surplomb d’où je surveillerai l’Aveyron qui vous emporte le regard au fil du courant. La rivière coule et chante sans pause, une chanson douce qui lisse le cœur bien vite et vous le fait comme une de ces pierres qui sont au fond de l’eau, bien rondes et vertes, émouvant restes ultimes d’un faux océan qui se creusa à quelques milliers de kilomètres de là. Le flux est toujours le plus fort. Il n’a même pas besoin d’être patient. Il lui suffit d’être. Je ne sais mieux faire pour vous dire un au revoir (provisoire ! provisoire !) que de publier ce texte sur Jaurès que le JDD m’a commandé à l’occasion de l’anniversaire de l’assassinat du tribun du peuple. Je suis reconnaissant à ce journal de m’avoir donné cette occasion de m’exprimer sur un sujet plus grand que moi. Ainsi faut-il vivre je pense.

Par: Jean Luc MELENCHON.

Tribune parue dans le JDD du 27 juillet 2014

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À l’occasion du centenaire de l’assassinat, jeudi 31, de la figure socialiste, le coprésident du Parti de gauche, Jean-Luc Mélenchon, fustige François Hollande et Manuel Valls.

Jaurès ! Ils n'ont plus que ce nom à la bouche ! Sarkozy avant-hier, Le Pen hier, Hollande et Valls aujourd'hui! D'où leur vient cette audace? Pour reprendre les mots du tribun, s'ils se battent autant pour les cendres, c'est pour mieux étouffer la braise.

Manuel Valls voulait l'enrôler pour ses sordides cadeaux au Medef. Jaurès aurait « sans doute » voté le pacte de responsabilité, a-t-il osé ! Faire parler les morts pour endormir les vivants. L'arnaque ! Jaurès aurait plutôt affronté Valls comme il avait affronté son modèle, Georges Clemenceau, quand il fallait soutenir les travailleurs face à la répression.

Une chose est sûre. Jaurès n'était pas un gentil garçon. Il ne cherchait pas l'estime des mous. Vous imaginez François Hollande capable de dire comme lui à propos de la Révolution française : « Je ne veux pas faire à tous ces combattants qui m'interpellent une réponse évasive, hypocrite et poltronne. Je leur dis : "Ici, sous ce soleil de juin 1793 qui échauffe votre âpre bataille, je suis avec Robespierre, et c'est à côté de lui que je vais m'asseoir aux jacobins. Oui, je suis avec lui parce qu'il a à ce moment toute l'ampleur de la Révolution " »

Jean Jaurès avait obtenu une première loi fixant l'âge de la retraite à 65 ans. C'était en 1910. Hollande vient de le reporter à 66 ans, comme il s'en est vanté auprès de la Commission européenne. Un siècle après, Hollande a fait pire que la réforme de Sarkozy et défait ce que Jaurès et tant de générations de militants avaient arraché au prix de tant d'efforts.

Jean Jaurès n'était non plus pas l'inoffensif « réformiste » que décrit Manuel Valls pour mieux le couper de l'aspiration révolutionnaire. Fausse route. Jaurès n'opposait pas les deux, loin de là. Son discours de 1900 sur « les deux méthodes » le dit avec clarté. Jaurès voulait faire « dans la réforme, œuvre commençante de révolution ; car je ne suis pas un modéré, je suis avec vous un révolutionnaire ».

Contrairement à Jérôme Cahuzac, qui n'a « jamais cru » à la lutte des classes, Jean Jaurès l'identifiait : « Entre les deux classes, entre les deux groupes d'intérêts, c'est une lutte incessante du salarié, qui veut élever son salaire, et du capitaliste, qui veut le réduire ; du salarié, qui veut affirmer sa liberté, et du capitaliste qui veut le tenir dans la dépendance. »

Jaurès n'était pas un apôtre de la moralisation du capitalisme ni du « donnant-donnant » avec le grand patronat et autres sornettes élyséennes. Il prônait tout autre chose ! Nationalisations, coopératives, mutuelles… Jaurès laissait le soin aux travailleurs de définir la forme concrète que devrait prendre la propriété collective. Mais il en défendait fermement le principe, « l'avènement d'un ordre nouveau dans lequel la propriété, cessant d'être monopoleuse, cessant d'être particulière et privée, deviendra sociale, afin que tous les producteurs associés participent à la fois à la direction du travail et au fruit du travail ».

La presse jouait l'exploitation des peurs pour exciter contre les « terroristes » de son temps ? Il voit le dégât si actuel : « À un peuple ainsi affolé, ainsi abêti par la peur, toute foi en la race humaine et en l'avenir n'apparaît que comme une dangereuse chimère, comme une meurtrière illusion. Il ne comprend même plus que le progrès est la condition de l'ordre. » Quand Hollande abdique le pouvoir des Français dans les mains des androïdes de la Commission européenne, Jaurès lui tire l'oreille : « Partout en Europe la lutte est engagée entre les oligarchies et la démocratie politique et sociale. » Quand il voit que Hollande leur a aussi cédé le pouvoir budgétaire du pays, il tonne : « La démocratie politique s'exprime en une idée centrale ou mieux encore en une idée unique : la souveraineté politique du peuple. » Quand Hollande soutient le gouvernement Netanyahou, il se fâche :  « Il ne faut jamais abandonner à la force ce que la raison peut régler. »

Déjà caricaturé en bête furieuse, parfois une torche incendiaire à la main, toujours une bouteille de vin dans la poche, ou décrit comme un agent de l'étranger, il lui faut tout subir. Un député de droite monte même à la tribune et le frappe tandis qu'il parle. Parfois le cœur saigne : « Je n'en peux plus. Depuis quelque temps, je les sens tous là, prêts à m'insulter dans ma femme ou dans ma fille. Je reçois des lettres d'ordures. Je sens grimper les limaces. Je me sens couvrir de crachats. » Mais l'espoir est indéracinable : « Nous savons par une expérience qui s'appelle la Révolution française qu'il ne faut jamais désespérer et qu'un jour ou l'autre, dans notre pays de France, la grandeur des événements répond à la grandeur de la pensée !" »

Jaurès, reviens ! Ils ont changé de camp !

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Publié dans : #Front de Gauche
© KENZO TRIBOUILLARD / AFP
© KENZO TRIBOUILLARD / AFP

À l’occasion de sa première université d’été, Ensemble a appelé à unir davantage et à élargir le Front de gauche.

Pau, envoyé spécial. Le campus universitaire de Pau était désert du 25 au 28 août, pause estivale oblige. Désert, sauf dans les amphithéâtres de la faculté de lettres, pleins à craquer. Pour sa première université d’été, Ensemble a fait salles combles, participant à une rentrée politique précipitée par les remaniements au gouvernement. Le Mouvement pour une alternative de gauche, écologiste et solidaire, au-delà de tancer l’austérité reine du duo Hollande-Valls, a surtout appelé à redynamiser le Front de gauche, « seule force politique capable d’incarner une alternative à gauche », selon Clémentine Autain.

La porte-parole du mouvement espère que le 6 septembre, date du prochain conseil national du Front de gauche, sera l’occasion d’un rappel des troupes afin de lancer des mobilisations partout en France. « Si on parle d’une voix rassemblée, unie et cohérente, on aura beaucoup plus de force et d’impact. La séquence politique actuelle n’appelle surtout pas à un éclatement du Front de gauche. Elle appelle à sa consolidation, et à une entente avec tous ceux qui, à gauche, contestent la politique gouvernementale. » Se qualifiant souvent d’« unitaires acharnés », les militants d’Ensemble, Clémentine Autain en tête, souhaitent que « la bataille des ego ne l’emporte pas sur les rapprochements politiques nécessaires ». « La tonalité générale de redonner la parole au peuple me paraît juste, c’est d’ailleurs ce que l’on dit depuis longtemps. Mais je ne crois pas à une politique qui se fasse directement d’un leader charismatique au peuple. Nous avons besoin de débattre tous ensemble. Donc j’espère que Jean-Luc Mélenchon sera là le 6 septembre », a-t-elle ajouté, au sujet des positions prises par le Parti de gauche lors de son université d’été.

« Il m’apparaît nécessaire de cheminer ensemble »

« Le débat doit être de savoir quels sont nos nouveaux objectifs, et pas de savoir si le Front de gauche doit continuer ou non », a déclaré Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, lors du débat final consacré à l’avenir de la formation. Martine Billard, largement applaudie quand elle a appelé à « fonder un Front de gauche de masse, avec des adhésions directes », a rappelé pour le PG que la construction serait impossible sans ligne très claire face au PS. Dans les travées de l’université, Jean-Benoît, des Alternatifs, comme Thibault, de la Fase, défendent l’union. « Il ne faut pas se perdre dans la diversité, mais nous avons tant de points communs qu’il m’apparaît nécessaire de cheminer ensemble», lance le premier. « Si l’on n’arrive pas à unir nos lignes, et à proposer, ensemble, une véritable politique de gauche, qui le fera ?» s’inquiète le second.

Par : Aurélien Soucheyre .

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Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Syndicats
Le secrétaire général de la CGT, dénonce « LA FOIRE À TOUS LES ABUS »

Invité de France Info le 29 août 2014 , le secrétaire général de la CGT est revenu sur le débat sur les 35 heures. Et il a critiqué beaucoup des déclarations qui ont émaillé cette rentrée économique et sociale.

"Il y a deux phrases dans ce que dit le gouvernement et notamment le nouveau ministre de l'Economie. C'est 'on ne touchera pas aux 35 heures mais' et le mais a tout son sens, "on essaiera d'engager des négociations par branches pour déroger à la durée légales du travail dans notre pays'. Et je pense qu'il faut prendre les deux informations au même niveau" a déclaré Thierry Lepaon.

"J'ai beaucoup écouté ces derniers jours tous les spécialistes, les intellectuels qui font le tour des plateaux de télévision pour nous dire qu'il faut savoir tout remettre en cause" s'agace le patron de la CGT. Et il cite Jacques Attali qui nous a dit que "les partenaires sociaux se partageaient, c'est son expression, 32 milliards d'euros. Pour un intellectuel, c'est quand même pas terrible. Il devrait savoir que les partenaires sociaux ne gèrent qu'un quart de cette somme. On est dans une période où c'est la foire à tout, à tous les abus de langage, à tous les abus économiques".

Par: France Info.

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Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #International
Comment l’aide au développement se privatise au profit des grandes multinationales.

Un réseau d’ONG s’alarme de la montée en puissance des « institutions financières de développement » (IFD), mandatées pour soutenir les investissements du secteur privé dans les pays émergents. Ces banques dépendent de l’argent que leur versent États ou organisations internationales. Mais, peu contrôlées, elles auraient une fâcheuse tendance à favoriser les multinationales des pays riches, voire à financer des projets privilégiant la rentabilité économique plutôt que l’utilité sociale des investissements. Quitte à solliciter, si nécessaire, des fonds implantés dans les paradis fiscaux...

L’aide publique au développement (APD), en direction des pays pauvres, connaît-elle une privatisation silencieuse, déconnectée des besoins des populations mais conduite au plus grand bénéfice des entreprises multinationales ? Tandis que les parlementaires français entendent réduire le budget national consacré à cette aide publique, un rapport publié vendredi 11 juillet par le Réseau européen sur la dette et le développement (Eurodad) s’inquiète de la montée en puissance et de l’opacité de fonctionnement des institutions financières de développement (IFD). Celles-ci sont en charge des aides orientées vers le secteur privé des pays émergents. Et pour elles, entreprises et marchés sont désormais considérés comme les principaux leviers de leur développement.

100 milliards pour « favoriser les investissements privés »

Qui sont ces « IFD » ? Banque européenne d’investissement (BEI), Société financière internationale (SFI) rattachée à la Banque mondiale, ou encore, en France, la société Proparco [1], une filiale de l’Agence française de développement (AFD). Elles mobilisent des capitaux en augmentation constante depuis le début des années 2000. Selon Eurodad, ces montants devraient atteindre, à l’échelle mondiale, les 100 milliards de dollars en 2015, soit l’équivalent des deux tiers de l’aide publique au développement. Fournie directement par les États pour, par exemple, soutenir l’accès à l’éducation ou la lutte contre le paludisme, l’aide publique tend à diminuer dans la plupart des pays européens. Au contraire des financements destinés, via les « IFD », à investir sur des projets portés par les entreprises dans les pays pauvres, en leur apportant des prêts, des garanties, voire une participation directe à leur capital.

Illustration de ce dispositif, la BEI et Proparco vont avancer respectivement 200 millions et 50 millions d’euros, sous forme de prêts, pour le financement du « plus grand parc éolien d’Afrique subsaharienne », qui doit s’implanter près du lac Turkana dans le Nord du Kenya [2]. Le projet prévoit l’installation de 350 turbines, qui seront exploitées par un consortium réunissant des entreprises privées et des agences d’investissement européennes, tandis que « les français Siemens et Bolloré assureront respectivement la partie électrique et le transport des éoliennes ». « Les investissements réalisés par le secteur privé européen offrent d’immenses perspectives au Kenya ainsi que pour le développement de l’ensemble de la région », a commenté Lodewijk Briet, ambassadeur de l’Union européenne.

Les multinationales au service du développement ?

Cette stratégie du « développement par le marché » est-elle profitable aux pays concernés ? Dans son rapport, issu d’une enquête menée pendant deux ans, Eurodad dénonce, chiffres à l’appui, une distribution des aides orientée en priorité vers les société multinationales des États les plus riches. L’organisation met en doute leur pertinence pour la satisfaction effective des besoins sociaux des populations. Entre 2006 et 2010, seules 25 % des entreprises aidées par la BEI et la SFI appartenaient à des pays à bas revenu, tandis que 50 % des aides étaient distribuées à des sociétés des pays de l’OCDE, voire même domiciliées dans les paradis fiscaux ! 40 % de ces aides concernent des entreprises de très grande taille, cotées sur les plus grandes places boursières de la planète. Ces nouvelles formes de financements ont donc tendance à sous-traiter le « développement » des pays pauvres auprès des entreprises multinationales des pays riches.

Ce qui s’explique aisément, si l’on considère la très faible représentation des pays en développement dans les comités de décision de ces institutions. Ces derniers ne pèsent que 1,4 % des voix au sein de la BEI, tandis que la SFI leur autorise 28 % des droits de votes. L’ambiguïté des missions confiées est également pointée du doigt : « Bien que la plupart de [ces institutions financières] aient reçu un mandat en faveur du développement, elles sont organisées comme des entreprises privées, avec des objectifs de rentabilité commerciale impliquant des compromis entre ces différentes considérations », relève Eurodad.

Hôtellerie de luxe et lotissements pour riches

L’impact réel des projets financés sur les conditions de vie des populations concernées pose question. Ces politiques d’inspiration très libérale conduisent en effet les IFD à orienter 50 % des subsides en direction du secteur financier des pays émergents, qui n’est pas spécialement connu pour ses velléités redistributives. Autre exemple d’investissements à la portée plus que discutable, la SFI aurait financé deux multinationales de l’hôtellerie de luxe, Mövenpick et Marriot, à hauteur de 79 millions de dollars, pour les aider à s’implanter au Ghana et en Jamaïque, tandis que la banque de développement de Grande-Bretagne soutenait la construction de lotissement fermés, des gated communities, dans plusieurs pays pauvres.

Côté français, la nature et les investissements de Proparco attirent également l’attention. Comme l’indique le site internet de l’agence, des groupes comme BNP Paribas, Bouygues, ou encore Bolloré Africa Logistics, figurent à son capital, aux côtés de l’AFD qui en est l’actionnaire majoritaire. « Potentiellement, ces entreprises peuvent aussi solliciter des financements, relève Mathilde Dupré, du Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD). Cela peut soulever quelques interrogations. » Le groupe Veolia, lui-aussi actionnaire de Proparco, est précisément dans ce cas de figure. Fin 2007, Proparco est en effet entrée au capital de Veolia Water AMI, « filiale de Veolia Eau, opérateur des services de l’eau, de l’assainissement et de l’électricité sur l’Afrique, le Moyen-Orient et le sous-Continent Indien ». L’indépendance et l’intérêt des actions menées par cette agence, qui n’utilise pas d’argent public mais est adossée à l’AFD, demanderaient à être examinées dans les détails.

Quand l’aide au développement passe par les paradis fiscaux

Dans le cadre de discussions sur la loi d’orientation des politiques de développement adoptée le 7 juillet dernier, les parlementaires ont pourtant bloqué deux propositions d’amendement introduites à la demande des ONG, qui réclamaient une plus grande transparence des critères de sélection des projets financés, ainsi que sur la liste des bénéficiaires de ces aides. Pourtant, députés et sénateurs ont été informés des dérives de Proparco, via un article du Canard enchaîné du 11 juin 2014, révélant comment l’agence avait investi plus de 400 millions d’euros dans des sociétés situées à l’Île Maurice, aux Caïmans, au Luxembourg, ou encore à Chypre et à Jersey, tous des paradis fiscaux. Ces fonds d’investissement étaient ensuite chargés de réinvestir les montants alloués dans les pays en développement. Pour le plus grand bénéfice de leurs populations, comme on peut l’imaginer.

« Proparco, malgré son mandat de développement, agit comme n’importe quel investisseur privé, guidé par la rentabilité des projets plus que par leur impact réel sur l’amélioration des conditions de vie des populations des pays du Sud », constatent, dans un communiqué, les membres de la Plateforme Paradis fiscaux et judiciaires, composée d’ONG, d’associations et de syndicats français. Le réseau Eurodad s’inquiète de son côté de « l’expansion rapide » des IFD et « des nombreuses questions posées par leurs pratiques ». « Elles sont contrôlées par les pays riches, et leur stratégie comme leur gouvernance intègrent très peu le point de vue des pays en développement. Le temps est venu d’une évaluation indépendante de ces institutions et de leurs opérations ».

par Thomas Clerget.

Photo : CC Julien Harneis.

Notes

[1] Société de promotion et de participation pour la coopération économique, créée en 1977 pour « favoriser les investissements privés dans les pays en développement ».

[2] Voir sur le site internet de la BEI, ainsi que sur celui de PROPARCO.

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Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #International

US-ARMY.jpgUn document tout à fait remarquable, publié ce 31 juillet 2014, sur la planification militaire des États-Unis recommande au Pentagone de se préparer à mener une demi-douzaine de guerres simultanément, y compris des guerres dans lesquels l’antagoniste serait équipé d’armes nucléaires.

 

Le document, intitulé « Assurer une défense solide des USA pour l’avenir » [1], a été rédigé par le Comité de la défense nationale, un groupe d’anciens fonctionnaires civils et militaires de haut rang, mandaté par le Congrès pour fournir une analyse critique du document officiel de planification du Pentagone publié au début de cette année, la Revue quadriennale de défense 2014.

 

Le Comité de la défense nationale est coprésidé par William Perry, qui était secrétaire à la Défense dans l’administration Clinton, et le général John Abizaid, ancien chef du Commandement central américain. Ses membres comprennent quatre autres généraux à la retraite, ainsi que Michele Flournoy, ancienne députée et secrétaire adjoint à la Défense sous Obama, et Eric Edelman, l’un des principaux sous-secrétaires néoconservateurs à la défense sous l’administration de George W. Bush.

 

Le groupe est donc bipartite, représentant l’ensemble du spectre de la sécurité du tout Washington officiel. Son rapport a été publié sous les auspices d’un organisme financé par le gouvernement fédéral et consacré à l’étude de la guerre, dont le nom, dans une logique orwellienne impeccable, est l’Institut de la Paix étatsunien.

 

Le document met en garde contre les dangers auxquels sont confrontés les États-Unis, au premier rang desquels il place la puissance grandissante de la Chine et de la Russie, suivies de la Corée du Nord, de l’Iran, de l’Irak, de la Syrie, du Moyen-Orient en général, puis de l’Afrique. La Chine et la Russie sont ainsi placées en haut de la liste des cibles potentielles pour une action militaire des États-Unis, devant les trois pays identifiés par George W. Bush dans son fameux discours sur «l’axe du mal» de 2002.

 

Le document note que, pour les deux dernières décennies, depuis l’effondrement de l’Union soviétique en 1991, la doctrine de la défense des États-Unis s’est proposé d’être en mesure de mener deux grands conflits simultanés. L’analyse observe maintenant le besoin d’un changement radical de cette doctrine:
« Compte tenu de l’aggravation du contexte actuel des menaces, nous croyons opportun de définir un concept de dimensionnement de nos forces plus vigoureux, une concept différent du concept de deux guerre à la fois, mais non moins puissant. »

Plus loin, le document précise avec davantage de détails :

 
« Nous croyons… qu’une capacité de combat à l’échelle globale est la condition sine qua non d’une superpuissance et donc essentielle à la crédibilité de la stratégie de sécurité nationale d’ensemble des États-Unis. Dans le contexte actuel de menaces, il est plausible que les États-Unis soient appelés à user de la dissuasion ou à combattre dans plusieurs régions sur des périodes concomitantes : dans la péninsule coréenne, dans la mer de Chine orientale ou méridionale, au Moyen-Orient, Asie du Sud, et très probablement en Europe. Les États-Unis sont également confrontés à la perspective d’avoir à affronter des adversaires dotés d’armes nucléaires. En outre, la diffusion d’Al-Qaïda et ses retombées dans de nouvelles zones en Afrique et au Moyen-Orient signifie que l’armée américaine doit être en mesure de soutenir des opérations globales de lutte contre le terrorisme et de défense de la patrie américaine, même alors qu’elle se trouve engagée dans des conflits régionaux à l’étranger. » [souligné par l’auteur].

Cette liste suggère que les États-Unis doivent se préparer à combattre cinq ou six guerres majeures simultanément. Ce qui revient ni plus ni moins à demander à l’impérialisme américain de se préparer à mener une guerre mondiale, ce qui pourrait bien menacer d’extinction l’humanité.

La mise en avant de la Chine et de la Russie en tant que cibles probables de l’action militaire américaine ouvre une perspective des plus inquiétantes, puisque ces deux pays disposent des deuxième et troisième plus grand arsenaux nucléaires de la planète, après celui des États-Unis eux-mêmes.

Le rapport vient ainsi soutenir la position de l’administration Obama d’un «rééquilibrage» des forces militaires des États-Unis pour faire face à la Chine, en décrivant cette initiative stratégique comme un effort pour réaffirmer « la primauté de la région Asie-Pacifique parmi les intérêts de sécurité des États-Unis. »

En ce qui concerne la probabilité qu’une telle guerre éclate, il convient de souligner que le Comité spécial de la défense nationale examine les possibles déclencheurs d’une une conflagration majeure, en particulier en Extrême-Orient. Le texte est truffé de jargon, mais la perspective n’en fait pas moins froid dans le dos :
 

« La prolifération de systèmes sans pilote et de plus en plus autonomes dans la région Asie-Pacifique, ainsi qu’au Moyen-Orient, par exemple, aura un impact négatif sur la capacité de maintenir la stabilité au cours d’une crise, ou de gérer l’escalade si le conflit éclate. Ces systèmes, combinés avec la prolifération de capacités tant offensives que défensives dans le cyberespace et dans le contre-espace, affecteront grandement la relation entre capacités militaires offensive et défensive dans certaines régions clés, augmentant ainsi le risque qu’une crise se change rapidement en conflit avant que les décideurs et le commandement militaire aient disposé d’un temps suffisant pour réagir. »

En clair, un conflit majeur peut éclater à travers l’interaction de drones armés et de systèmes de réponse automatisés des deux côtés, sans même aucune intervention humaine.

Le rapport ne remet pas en cause ouvertement la force militaire composée uniquement de volontaires, mais il se concentre sur son coût croissant, et appelle à « une réforme des rémunérations et avantages sociaux à la fois raisonnable et rentable », de manière à rendre une telle force militaire plus abordable. La logique des pressions combinées de la hausse des coûts et des déploiements militaires élargis est inexorable, cependant : cela signifie, plus tôt que tard, que la classe dirigeante américaine devra se tourner vers une certaine forme de conscription, au-delà même du projet économique actuel dans lequel ce sont, de manière disproportionnée, les couches les plus pauvres de la classe ouvrière qui s’engagent comme soldats volontaires.

 

Le rapport de la défense s’inquiète de ce que les contraintes financières qui pèsent sur l’impérialisme américain restreignent les préparatifs de guerre du Pentagone, et en particulier des limites auto-imposées telles que la mise sous séquestre des dépenses militaires dictée par la Loi sur le contrôle du budget de 2011.

 

Les auteurs se plaignent à plusieurs reprises de la limitation des dépenses militaires US en raison de la charge des programmes sociaux nationaux, soulignant « l’écart important et croissant entre les recettes collectées pour soutenir ces programmes de prestations, principalement les grands programmes de santé et de sécurité sociale, et les montants effectivement consacrés à ces programmes. »

Ils déclarent: « L’Amérique doit mettre de l’ordre dans sa politique fiscale tout en finançant des dépenses militaires robuste. Une maîtrise agressive des dépenses de santé doit sans aucun doute être poursuivie au sein du Ministère [c'est à dire pour les soldats et leurs familles] comme, plus largement, dans tous les programmes du gouvernement. »

 

Il faut le redire : il s’agit là d’un rapport bipartite. Démocrates comme républicains, libéraux comme conservateurs, ont approuvé cette demande de réduction des programmes sociaux dont dépendent les travailleurs afin d’assurer que des milliers de milliards soient rendus disponibles pour le gouffre insatiable de la machine de guerre américaine.

 

Le caractère bipartite de ce document témoigne de l’unité de toutes les composantes de la classe dirigeante américaine sur l’utilisation d’une violence sans précédent, afin de préserver sa richesse et sa domination sur des zones entières de la planète. Il confirme que la lutte contre la guerre impérialiste ne peut être menée qu’en libérant la classe ouvrière du système politique qui existe aux États-Unis, et par la construction d’un mouvement politique de masse indépendant, fondé sur un programme socialiste et internationaliste révolutionnaire.

Par: Patrick Martin.
Traduit par Lionel pour vineyardsaker.fr

 

Notes :

[1] Ensuring a Strong U.S. Defense for the Future, The National Defense Panel Review of the 2014 Quadriennal Defense Review, Advance Copy (William J. Perry andJohn P. Abizaid, as Co-Chairs) [PDF, 1,2 Mo]

Source : Washington plans for world war  (WSWS, 06-08-2014)

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Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Social-Eco

Une politique monétaire favorable à la baisse des taux et une augmentation des bénéfices des entreprises ont permis aux actionnaires européens de voir leurs dividendes progresser à un rythme record depuis cinq ans.

 
Dividendes : hausse record en cinq ans au deuxième trimestre
 
La crise ne touche pas tout le monde de la même manière. En effet, l'amélioration des résultats a permis aux sociétés européennes d'afficher pour le deuxième trimestre la plus forte hausse de leur distribution de dividendes en cinq ans, selon des données publiées lundi.

Les faibles taux d'intérêts et l'amélioration des résultats dopent les espoirs

La faiblesse des taux d'intérêt et une nouvelle amélioration des résultats devraient par ailleurs leur permettre de continuer à augmenter les montants ainsi distribués à leurs actionnaires. Ainsi, en dépit des tensions géopolitiques et d'une conjoncture décevante en Europe - qui ont douché les espoirs de forte reprise des bénéfices à court terme - les investisseurs parient-ils sur une poursuite de la hausse des résultats et des dividendes.

Les sociétés européennes, hors Royaume-Uni, ont versé 153,4 milliards de dollars (114,8 milliards d'euros) de dividende au deuxième trimestre, en hausse de 18,2% par rapport à l'an dernier, leur meilleure performance à taux de changes constant en cinq ans, selon les données de Henderson Global Investors.

Le deuxième trimestre est traditionnellement la période la plus importante en matière de dividendes, représentant les trois cinquièmes de la distribution annuelle. Cette année, elle a été favorisée par le rebond moyen de 10% des bénéfices des composants de l'indice paneuropéen EuroStoxx 50.

Hausse des bénéfices limitée à 5,4% cette année

Malgré tout, pour l'avenir, les faibles performances des économies de la zone euro ont amené les analystes financiers à abaisser leurs estimations. Ils attendent désormais une hausse de 5,4% des bénéfices en Europe cette année, au lieu de 11,8% attendue au début de l'année, selon les données Thomson Reuters Datastream.

Toutefois, même une hausse des bénéfices limitée à 5% reste favorable par rapport à la stagnation de la période 2009 à 2013 et certains investisseurs estiment que les entreprises restent sous-valorisées en regard de leur potentiel de distribution.

Manque de confiance des investisseurs

Ceci étant dit, les sociétés européennes se traitent sur la base d'un rendement de 3,3% en moyenne, soit plus de 200 points de base au-dessus du rendement du Bund allemand - l'obligation de référence en Europe - passé sous la barre de 1% la semaine dernière pour la première fois de son histoire.

Ce niveau se compare à un rendement moyen de 2% pour les actions américaines et de 2,4% pour les actions dans le monde.

Les tensions en Ukraine et au Moyen-Orient, ainsi que les mauvais chiffres de conjoncture dans la zone euro, notamment en France, ont pesé sur les contrats futures sur dividende de l'EuroStoxx 50 à l'horizon 2015-2019, qui ont perdu 1% à 8% par rapport aux pics de juin, dans le sillage des marchés boursiers.

Mais certains investisseurs et analystes estiment que le pessimisme est excessif sur ce marché, mettant en avant de récents signes d'amélioration de l'activité pour le troisième trimestre en cours et l'éventualité de nouvelles mesures de soutien à la croissance de la Banque centrale européenne.


Par: El Diablo.

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Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Ancien PS

200 des 290 députés socialistes appellent, dans une tribune publiée par Le Monde ce jeudi, au "rassemblement" derrière François Hollande, et demandent aux parlementaires dits "frondeurs" d'être "pleinement responsable de l'intérêt général de la gauche et du pays".

"Le président de la République a indiqué le calendrier de cette seconde moitié du quinquennat dans son entretien télévisé du 14 juillet.

Nous nous inscrivons dans ce chemin", écrivent les signataires, dont le président de l'Assemblée Claude Bartolone et celui du groupe socialiste Bruno Le Roux.

Qui a signé dans le Sud-Ouest ?

- Gers : Giselle Biémouret 

Lot-et-Garonne : Matthias Fekl 

 - Gironde : Alain Rousset , Michèle Delaunay, Pascale Got, Marie Récalde, Alain Rousset, Gilles Savary, Florent Boudié, Philippe Plisson et Martine Faure (Gironde)

- Pyrénées-Atlantiques : David Habib, Martine Lignières-Cassou, Colette Capdevielle, Sylviane Alaux

- Dordogne : Colette Langlade, Germinal Peiro, Pascal Deguilhem 

  • Qui n'a pas signé ? 

- Gers : Philippe Martin 

- Landes : Alain Vidalies, Henri Emmanuelli, Jean-Pierre Dufau 

- Pyrénées-Atlantiques : Nathalie Chabanne

- Charente : Marie-Line Reynaud, Martine Pinville 

- Charente-Maritime : Suzanne Tallard, Catherine Quéré

Lot-et-Garonne : Lucette Lousteau 

"Le cap de la politique économique a été fixé, et nous l'assumons (...) On ne peut redonner confiance à un pays qui doute par des coups de volant brusques et répétitifs", ajoutent-ils.

Après le changement de gouvernement et à la veille de l'ouverture de l'université d'été du PS à La Rochelle, le texte s'en prend directement aux "frondeurs", un groupe d'une quarantaine de députés socialistes qui depuis plusieurs mois ne votent pas les textes budgétaires du gouvernement. 

"Le problème n'est pas qu'il y ait des désaccords, il en a déjà existé (...) Le problème réside dans la permanence d'une défiance a priori à l'égard de l'exécutif, qui a conduit une mobilisation de socialistes contre d'autres socialistes ou allant jusqu'à mobiliser d'autres groupes pour faire battre le gouvernement", jugent-ils. 

"Le débat entre godillots et déloyaux n'a pas sens. Si ce n'est notre affaiblissement collectif", ajoutent-ils. 

"Le groupe doit être plus que jamais le lieu de l'élaboration (...) La majorité, le mode de régulation. Nous ne pèserons dans les débats que collectivement", insistent-ils. 

Ce jeudi matin, Pierre Laurent, secrétaire national du Parti communiste, a appelé les parlementaires "sincèrement de gauche" à refuser la confiance au nouveau gouvernement de Manuel Valls.
 

La liste complète de signataires:

Ibrahim Aboubacar, Patricia Adam, Sylviane Alaux, Jean-Pierre Allossery, François André, Nathalie Appéré, Joël Aviragnet, Pierre Aylagas, Guillaume Bachelay, Jean-Paul Bacquet, Dominique Baert, Gérard Bapt, Frédéric Barbier, Ericka Bareigts, Claude Bartolone, Marie-Noëlle Battistel, Nicolas Bays, Catherine Beaubatie, Jean-Marie Beffara, Luc Belot, Chantal Berthelot, Gisèle Biémouret, Philippe Bies, Erwann Binet, Yves Blein, Jean-Luc Bleunven, Patrick Bloche, Daniel Boisserie, Pascale Boistard, Christophe Borgel, Florent Boudié, Christophe Bouillon, Brigitte Bourguignon, Emeric Bréhier, Jean-Louis Bricout, Jean-Jacques Bridey, François Brottes, Sabine Buis, Jean-Claude Buisine, Sylviane Bulteau, Vincent Burroni, Alain Calmette, Colette Capdevielle, Christophe Caresche, Marie-Arlette Carlotti, Martine Carrillon-Couvreur, Christophe Castaner, Laurent Cathala, Jean-Yves Caullet, Guy Chambefort, Jean-Paul Chanteguet, Marie-Anne Chapdelaine, Guy-Michel Chauveau, Jean-David Ciot, Alain Claeys, Jean-Michel Clément, Marie-Françoise Clergeau, Philip Cordery, Valérie Corre, Jacques Cresta, Carlos Da Silva, Seybah Dagoma, Yves Daniel, Pascal Deguilhem, Michèle Delaunay, Guy Delcourt, Sébastien Denaja, Françoise Descamps-Crosnier, Sophie Dessus, Michel Destot, Fanny Dombre-Coste, René Dosiere, Philippe Doucet, Sandrine Doucet, Françoise Dubois, Anne-Lise Dufour-Tonini, Françoise Dumas, William Dumas, Jean-Louis Dumont, Jean-Paul Dupré, Yves Durand, Philippe Duron, Corinne Erhel, Sophie Errante, Marie-Hélène Fabre, Alain Faure, Martine Faure, Olivier Faure, Matthias Fekl, Hugues Fourage, Jean-Marc Fournel, Valérie Fourneyron, Michèle Fournier-Armand, Michel Francaix, Christian Franqueville, Jean-Claude Fruteau, Jean-Louis Gagnaire, Geneviève Gaillard, Guillaume Garot, Hélène Geoffroy, Jean Glavany, Yves Goasdoué, Geneviève Gosselin-Fleury, Pascale Got, Marc Goua, Laurent Grandguillaume, Estelle Grelier, Jean Grellier, Elisabeth Guigou, Thérèse Guilbert, David Habib, Razzy Hammadi, Joëlle Huillier, Sandrine Hurel, Monique Iborra, Françoise Imbert, Michel Issindou, Serge Janquin, Henri Jibrayel, Armand Jung, Marietta Karamanli, Bernadette Laclais, Anne-Christine Lang, Colette Langlade, Jean Launay, Pierre-Yves Le Borgn', Jean-Yves Le Bouillonnec, Patrick Lebreton, Anne-Yvonne Le Dain, Jean-Yves Le Déaut, Annie Le Houérou, Annick Le Loch, Jean-Pierre Le Roch, Bruno Le Roux, Michel Lefait, Dominique Lefebvre, Patrick Lemasle, Catherine Lemorton, Annick Lepetit, Bernard Lesterlin, Serge Letchimy, Michel Liebgott, Martine Lignières-Cassou, François Loncle, Gabrielle Louis-Carabin, Victorin Lurel, Jean-Pierre Maggi, Jacqueline Maquet, Martine Martinel, Frédérique Massat, Sandrine Mazetier, Michel Ménard, Patrick Mennucci, Philippe Nauche, Nathalie Nieson, Robert Olive, Monique Orphe, Michel Pajon, Luce Pane, Rémi Pauvros, Germinal Peiro, Hervé Pellois, Jean-Claude Perez, Sébastien Pietrasanta, Martine Pinville, Christine Pirès-Beaune, Philippe Plisson, Elisabeth Pochon, Pascal Popelin, Emilienne Poumirol, Christophe Premat, Joaquim Pueyo, François Pupponi, Catherine Quéré, Monique Rabin, Dominique Raimbourg, Marie Recalde, Eduardo Rihan-Cypel, Alain Rodet, Marcel Rogemont, Frédéric Roig, Bernard Roman, Gwendal Rouillard, René Rouquet, Alain Rousset, Boinali Said, Béatrice Santais, Odile Saugues, Gilbert Sauvan, Gilles Savary, Christophe Sirugue, Julie Sommaruga, Gérard Terrier, Thomas Thévenoud, Sylvie Tolmont, Jean-Louis Touraine, Catherine Troallic, Cécile Untermaier, Jean-Jacques Urvoas, Daniel Vaillant, Jacques Valax, Clotilde Valter, Michel Vauzelle, Olivier Véran, Fabrice Verdier, Patrick Vignal, Jean-Michel Villaume, Jean-Jacques Vlody. 

Il faut leurs écrire et leurs dirent que à la prochaine élection, ils n'aurons pas vos suffrages et manifester de toutes les manieres possible pour leurs dirent que ça suffit!!!

Par: En Colere.

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Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Front de Gauche

Par: El Diablo.

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