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citoyen18.overblog.com

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La porte à gauche. Jean FERRAT a chanté que certains prétendent que le bonheur était à la porte à droite. Aujourd’hui est-il à la porte à gauche ? Oui ! mais à la condition de secouer le cocotier de la pensée convenu ! Ce petit blog crée à l’initiative de quelques militants communistes de Vierzon n’a d’autres ambitions que de donner aux citoyens un support pour s’exprimer librement sur les sujets politiques, sociaux ou culturels d’actualité du local à l’international, qui s’émancipe des discours convenus, des lignes officielles décidées par quelques notables de la politique, aux doubles langages, aux bonimenteurs de vraies fausses solutions et qui cultivent la résignation. Déverrouillez les débats et enfoncez la porte à droite (….ou à gauche ?) Les seules limites, car il en faut, à notre liberté : Celle du respect des personnes, le souci de la vérité et de faire vivre le débat. Ainsi seront exclus tous messages comprenant des insultes ou diffamations visant une (des) personne(s), seront exclues, s’ils sont avérées, des informations mensongères ou rumeur infondées. Chacun pourra également participer au débat juste et loyal en signalant un abus de cette nature. Les productions de ces abus seront retirés et l’auteur exclu du blog.

Articles avec #front de gauche catégorie

Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Front de Gauche

Marie-George Buffet souhaite que les adhérents du PCF, dans le cadre de la stratégie adoptée par le 37ème congrès du PCF, soutiennent Jean Luc Mélenchon pour les présidentielles de 2017. Au delà des fantasmes, les vraies paroles de MGB.


"Le choix qu'a fait le congrès du parti communiste, c'est de réunir une conférence nationale en novembre pour tirer le bilan de toutes les démarches que fait aujourd'hui Pierre (Laurent, secrétaire national du PCF) et d'autres vers toutes les forces de gauche qui veulent vraiment une politique de gauche", a expliqué la députée sur le plateau de LCP.

En novembre, "ce sera le choix des adhérents et des adhérentes du Parti communiste", mais, a-t-elle précisé, "je souhaiterais à ce moment qu'on appelle à se rassembler autour de la candidature de Jean-Luc Mélenchon parce que c'était notre candidat en 2012".

"je ne demande rien à Pierre (...). Les choix de congrès ne ferment pas la porte au soutien à la candidature de Jean-Luc Mélenchon".
Marie-George Buffet, Jean Luc Mélenchon et les présidentielles
 
Par: Nicolas MAURY.

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Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Front de Gauche
Cantonale partielle au MANS: le binôme EELV-PCF bat le binôme mené par la députée PS sortante!

Par El Diablo le Rouge.

LIEN VERS L'ARTICLE DE OUEST-FRANCE CI-DESSOUS:

 

#Actualité politique

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Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Front de Gauche

Les deux binômes de la gauche arrivent en tête de l'élection départementale partielle qui concerne le canton Le Mans 7, dont le premier tour avait lieu ce dimanche.

 
Un duo PCF-EELV en tête d'une cantonale partielle à Le Mans
Gilles Leproust (PCF) et Elen Debost (EELV) recueillent 28,18 % des suffrages exprimés, devant les élus sortants Sylvie Tolmont (PS) et Paul Létard (PS) avec 26,54 %.

Les binômes LR (Guy Favennec et Patricia Polisset) et FN (Arnaud Menu et Isabelle Lalande) sont éliminés avec respectivement 25,55 % et 19,73 %. Le taux de participation a été très faible : 25,73 %.

Au premier tour en 2015, les candidats étaient dans un mouchoir de poche au premier tour alors que 48 % des électeurs s'étaient déplacés aux urnes. Le binôme UMP (aujourd'hui LR) avait enregistré le meilleur score (25,46 %) devant celui du PS (25,02 %), celui du FN (25,00 %) et le binôme PCF-EELV (24,53 %).

L'élection au deuxième tour de Sylvie Tolmont et Paul Létard avait été annulée en mars dernier à cause d'irrégularités constatées dans plusieurs bureaux de vote au premier tour.


Six quartiers sud-ouest du Mans, Allonnes, Saint-Georges-du-Bois, Pruillé-le-Chétif, Fay, Chaufour-Notre-Dame, Trangé.
 
Par: Nicolas MAURY.

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Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Front de Gauche
Pierre Laurent (PCF) et Jean Luc Mélenchon (Parti de Gauche) (source : à l'encontre)

Pierre Laurent (PCF) et Jean Luc Mélenchon (Parti de Gauche) (source : à l'encontre)

Nous sommes des milliers, encartés ou pas, communistes, mélenchonistes, simples militants de la transformation sociale, à souhaiter qu’au plus vite le PCF et le Parti de gauche fassent chacun un pas l’un vers l’autre.

Nous avons porté ensemble la si belle campagne des présidentielles.

Nous savons tout ce que le PCF lui apporta et n’oublions pas l’impulsion que lui donna Jean-Luc Mélenchon.

Nous n’avons pas oublié non plus que c’est le PCF qui promut la stratégie féconde de « Front de gauche ». Le souvenir reste vivant des foules mobilisées par le Front, de l’espoir enfin possible, d’une alternative en marche. Et puis patatras ! Le Front n’a pas su, ou pu, ou voulu se structurer en bas, ne plus être un simple cartel d’appareils, essentiellement électoral et parisien.

L’heure ne me paraît pas être aujourd’hui à se rejeter mutuellement la responsabilité de l’échec, à brûler ce que nous avions commencé à édifier.

L’alternative a besoin de Jean Luc Mélenchon de même que d’un parti de classe, riche d’une histoire de luttes, porteur de valeurs de partage, de solidarité, de justice sociale... Et au-delà des millions de femmes et d’hommes que le capitalisme étouffe, mutile, détruit.

L’alternative ne peut être socialo-dépendante mais ouverte, en termes de bloc social, aux électeurs socialistes, et à tous les autres, qui ne se retrouvent plus dans les options néolibérales du parti et du gouvernement. Bref, passer d’un « Front de gauche » à un Front d’unité populaire, le plus large possible.

Cela suppose que le PCF et le Parti de gauche « mettent tout sur la table », crèvent les abcès, et reconstruisent une confiance et une fraternité fortes, chacun restant soi-même. Au petit jeu de ping-pong haineux, le risque est grand de naufrager ensemble.

Jean Luc Mélenchon mène une campagne courageuse, au contenu politique radical, dont on peut discuter tel ou tel aspect, mais qui marque des points. Le PCF milite pour rassembler les forces victimes de la crise, de l’austérité, et pour dépasser le système actuel. Le mouvement social inédit, vigoureux, que nous vivons, et qui peut gagner, exige d’urgence qu’on lui ouvre un horizon politique de rupture avec le système.

Nous sommes des milliers, encartés ou pas, communistes, mélenchonistes, simples militants de la transformation sociale, à souhaiter qu’au plus vite le PCF et le Parti de gauche fassent chacun un pas l’un vers l’autre. La situation exige sans plus tarder, de lire la page et de la tourner.

 

Jean ORTIZ Militant communiste

Maître de Conférences (retraité) Université de PAU

 

SOURCE:

 

#Tribune libre

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Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Front de Gauche

Le retrait et le réveil

Première victoire ! François Hollande a été contraint de renoncer à inscrire dans la Constitution la déchéance de nationalité et l'état d'urgence. Bon débarras ! Ce retrait marque le naufrage d'une attitude politicienne et sensationnaliste. Enfin sera-t-il peut-être possible de débattre sereinement de moyens réels et efficaces de la lutte contre le terrorisme. C'est aussi l'échec d'une volonté de révision constitutionnelle sous le coup de l'émotion et sans consultation populaire.

Le président est en revanche bien présomptueux de croire ainsi "clore le débat constitutionnel". C'est le contraire ! C'est de la 5e République et de sa monarchie présidentielle qu'il faut maintenant se débarrasser pour éviter de connaître de nouveau de telles situations.

Le mouvement social contre la loi travail dit avec force son refus d'un patronat de droit divin et l'exigence de droits sociaux permettant une vie digne. Il le dira encore samedi 9 avril partout en France et jusqu'au retrait de la loi El Khomri. Les assemblées des Nuits Debout poursuivent le débat qui s'étend un peu partout, sous toutes les formes, malgré les démontages au petit matin et les violences à l’encontre des manifestants. Le peuple avance, s'emparant des rues, des places, de la chose publique.

Chacun mesure l'impasse politique actuelle. Des solutions sont proposées. Elles ne pourront s'exprimer et s'imposer que par une refondation totale des institutions et de la nation par une Assemblée constituante et une 6e République. Derrière les jours de lutte et les nuits de débat, l'heure est au réveil du peuple.

Le M6R a des porte-parole nationaux !

Suite à de nombreuses candidatures, riches, variées, le M6R a élu en son sein 4 porte-parole, à parité de genre, qui seront dorénavant chargés de représenter le mouvement à l'extérieur. Ces élections ont également permis de renouveler partiellement l'équipe d'animation, afin de partager les savoir-faire et les compétences. Vous retrouverez sur cette page les noms des élu.e.s et l'ensemble des suffrages obtenus.

Du côté de l'organisation du M6R, plusieurs décisions ont été prises : notamment la possibilité nouvelle qu'ont les signataires d'initier directement des référendums internes. Le seuil retenu est de 10% des inscrits sur la plateforme de discussion Nous le Peuple, soit environ 2500 soutiens. Si vous êtes déjà inscrit.e, vous pouvez proposer des questions à soumettre aux signataires, ou soutenir des propositions dans cette nouvelle catégorie sur la plateforme Nous le Peuple. Si vous n'êtes pas encore inscrit, vous pouvez le faire en suivant ce mode d'emploi, et ainsi participer aux discussions, et aux votes !

Vous retrouverez sur cette page l'ensemble des décisions prises par vote, notamment la durée des mandats de l'équipe d'animation, du comité d'éthique, et du porte-parolat.

Agissons ensemble

Des groupes M6R se sont formés petit à petit, il est temps de passer à l'action ! Toutes les actions possibles sont recensées sur ce lien. Agissons ensemble, retrouvons-nous sur les places publiques, rejoignons les initiatives existantes ou prenons-en de nouvelles ! Vous pouvez utiliser ce lien pour annoncer un événement local, une réunion sur une place publique. 

Nous pouvons par exemple rejoindre les initiatives « Nuit debout » qui se mettent en place dans toute la France et y engager la discussion sur les principes du M6R, l'idée de la Constituante pour en finir avec le verrouillage de la Ve République, pourquoi pas organiser de discussions autour du texte de principe « Pour la 6e République » que l'on peut imprimer en quelques exemplaires sur ce lien, ou commander déjà imprimé et en couleurs sur celui-ci, ainsi que des autocollants. Vous pouvez également rebaptiser symboliquement les places que vous occupez en imprimant ces plaques de rues. Place à l'action !

« Rien n'est plus puissant qu'une idée dont l'heure est venue ! »

Victor Hugo

Par: JLM

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Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Front de Gauche
"Je n’accepte pas que nous nous fondions une nouvelle fois dans un magma ectoplasmique, sur une base minimaliste, loin du mouvement social et de la rue."
Opter pour des « primaires à gauche » revient à s’engager une nouvelle fois dans une stratégie au final « socialo dépendante » . Elle risque d’assimiler les communistes à cette « gauche » qui n’en est plus une depuis longtemps déjà . Si nous sommes peu lisibles, peu visibles, malgré la nécessité aujourd’hui comme hier d’un puissant parti communiste, de classe, c’est que nous avons en quelque sorte renoncé à être pleinement nous-mêmes, antisystème et propositionnels, à refuser radicalement le capitalisme, à rompre avec lui. Rompre, rupture, radicalité...
 
Etre partisan de la révolution, même si le mot a été tant et tant dégradé, n’est-ce pas revendiquer et commencer à construire, par nos résistances, nos pratiques quotidiennes, des relations et des valeurs nouvelles, une société de partage, non cannibale, libérée du marché. Un socialisme d’aujourd’hui, citoyen, autogestionnaire, démocratique, écosocialiste, qui socialise les grands secteurs économiques et les leviers financiers, qui remette en cause le carcan européen, le productivisme sans limites, la monopolisation des richesses... Mais pour cela il convient d’abord de ne pas renoncer aux mots, « socialisme », « révolution », et au sens de la marche. Je ne sais plus qui a dit : Ne pas nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde.
 
Nous vivons des temps inhumains de « contreréforme », des temps terribles pour les millions de « perdants », des temps dangereux de basculement conservateur, où la tentation est grande de diluer le discours révolutionnaire dans l’air fétide et régressif du moment, de s’adapter plus que de « révolutionner », pour  tenter de gagner quelques voix... La politique cède le pas à une sorte de campagne électorale permanente dominée par le marketing politique, vide, avilisseur, par la com. manipulatrice, les coups politiques tordus ou pas, le tango des égos...
 
Et le peuple dans toute cette ratatouille ? On se trompe si l’on croit que les sondages doivent être pris au pied de la lettre. La colère gronde dans ce pays et peut éclater sans nous, voire contre nous, assimilés au « tous pareils », à « la caste » comme disent les Espagnols.
Les « primaires », ces combats de coqs frelatés, ces rideaux de pseudo-démocratie et d’enfumage sur l’essentiel, cette singerie des « States », accentuent la personnalisation outrancière, la dépolitisation, les postures, les revirements, les petits et gros calculs, au détriment des contenus, des batailles d’idées, des compétences des militants, finalement contournés. Comme le référendum d’entreprise contourne les syndicats...
En tant que communiste, « refonder la gauche » n’est pas vraiment mon affaire. Refonder, consolider, renforcer, le PCF et le Front de gauche : OUI. OUI.
 
Réanime le parti socialiste qui voudra, qui pourra !! Il a infligé tant de souffrances et d’humiliations à notre peuple pour en payer le prix. Va-t-on une nouvelle fois contribuer à recrédibiliser un parti socialiste (sauce Valls ou sauce Cambadélis) plus libéral que les ultralibéraux ?
A lui donner une nouvelle caution « de gauche » et à nous retrouver Gros-Jean comme devant, avec le titre de « meilleurs artisans de l’unité de la gauche »... et le « vote utile » pour le « nouveau PS » ?
Se souvient-on du CERES, de la fable toujours bien vivante des « bons » et des « mauvais » socialistes, des « flingueurs » d’hier et d’aujourd’hui ? Où sont-ils passés, ceux d’hier ? Que sont-ils devenus ? La fable permet de ratisser large.
 
Comment peut-on décréter l’échec du Front de gauche (notre enfant) s’il n’a été qu’un cartel politique de circonstance et de sommet ? Si on ne lui a pas permis vraiment de prendre racine, d’ouvrir largement ses portes, de se structurer en bas? Nous, communistes, avons eu en quelque sorte peur de notre ombre .
 
Je n’accepte pas que nous nous fondions une nouvelle fois dans un magma ectoplasmique, sur une base minimaliste, loin du mouvement social et de la rue.
 
Par: Citoyen18.

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Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Front de Gauche
montage photos d'illustration

montage photos d'illustration

 Comme déjà indiqué dans une précédente chronique (1), la gauche de la gauche voit reculer son influence en milieu populaire (53 % de la population). Elle semble incapable de penser la fracture sociale qui s’est opérée. Mais cela ne suffit pas à comprendre la mutation en cours dans les recompositions politiques. Car la mutation sociale des partis s’accompagne d’une nouvelle ségrégation spatiale. C’est la fracture spatiale. Cet autre phénomène qui accompagne le précédent est le phénomène de gentrification en cours depuis plusieurs décennies largement soutenu par le mouvement réformateur néolibéral. La cécité de la gauche de la gauche a été également encouragée par les élus de toutes les gauches (y compris le PC) et par leurs conseillers, urbanistes et architectes, bureaucrates de la politique de la ville, qui ont accompagné ce mouvement dont la cause principale est la dynamique intrinsèque de la formation sociale capitaliste en crise du profit.

Fractures spatiale et sociale

Ce phénomène montre qu’il y a trois dynamiques principales dont le fil conducteur à l’œuvre est de voir, petit à petit, les couches populaires partir vers la périphérie et les classes bourgeoises reconquérir les villes centre et même certaines banlieues. Bien évidemment, tout cela a été accéléré par la volonté de désindustrialisation de l’oligarchie capitaliste, par la suppression progressive des grandes concentrations ouvrières, et par la dissuasion du marché immobilier en forte hausse lié au fait que les le mouvement réformateur néolibéral a toujours favorisé la rente.

D’abord la dynamique des métropoles, regroupant de plus en plus les gagnants de la mondialisation (ou qui se considèrent comme en faisant partie), soit la majorité des couches moyennes supérieures, une partie des non-salariés aisés et une partie des couches moyennes intermédiaires. C’est l’une des conséquences des actes I, II, III de la décentralisation qui s’est concrétisée récemment avec la loi Notre et la loi Mapam. De ce point de vue, chaque gouvernement a fait pire que le précédent. C’est aussi là que se crée l’emploi. A noter que c’est la première fois dans le capitalisme que la majorité des salariés ne vivent pas là où sont créés les emplois !

Puis, la France périphérique, composée des zones péri-urbaines (regroupant les villes qui ne sont pas des métropoles) et rurales, qui font vivre 60 % de la population française. C’est cette France qui voit augmenter fortement les couches populaires abandonnées par les dirigeants nationaux des partis néolibéraux de droite et de gauche mais aussi de la gauche de la gauche. Malgré beaucoup de publicité, cette France ne crée que peu d’emplois par rapport aux métropoles. Le fait que de nombreux endroits de cette France périphérique sont des zones dortoirs de plus en plus éloignées des métropoles où se trouvent le plus d’emplois, modifie bien plus l’aménagement du territoire que d’autres sujets dont on parle beaucoup plus.

Et, enfin, les banlieues, qui regroupent de moins en moins de couches populaires stabilisées dans leurs territoires. Car de plus en plus, les banlieues sont, pour de plus en plus de couches populaires, un lieu de transit provisoire entre les métropoles et la France périphérique. Mais c’est aussi, dans certaines villes de banlieue, un endroit de regroupements identitaires : français juifs sépharades, français d’origine arménienne, français de culture musulmane. Pour les uns, ces regroupements identitaires sont directement le produit des politiques municipales. Pour d’autres, c’est un « mix » entre des politiques municipales, la cherté de la vie et le coût du logement. D’autant qu’aucun gouvernement jusqu’ici n’a osé obliger les villes riches à construire des logements pour les couches populaires. Tout se passait comme si les gouvernements acceptaient la getthoïsation exponentielle des gagnants de la mondialisation dans les villes centres et les banlieues bourgeoises et ne poussaient au mieux l’idée de la mixité sociale que dans les villes à majorité populaire. La loi SRU est de ce point de vue notoirement insuffisante et peu contraignante.

On peut rajouter à cela la politique néolibérale de désertification dans la France périphérique mais aussi dans les banlieues de tout ce qui procède de la sphère de constitution des libertés (école publique, protection sociale, services publics). Ce n’est pas avec 1 000 maisons de service au public (MSAP), qui ne sont plus des maisons de services publics (MSP) que l’on inverse la politique de désertification de l’oligarchie capitaliste. Et ce n’est pas en fermant les yeux sur les trous percés de la sectorisation scolaire utilisés par les couches moyennes supérieures par les options linguistiques et autres, que l’on réglera les problèmes d’aménagement du territoire.

Autres fractures

Le résultat des élections régionales de décembre 2015 a mis au jour une fracture générationnelle. Les jeunes de moins de 35 ans ont voté très majoritairement à droite et à l’extrême droite : 61 % pour les moins de 25 ans et 56 % pour les moins de 35 ans. Et comme ce chiffre est moyen et que, de plus, le vote de la jeunesse est différencié entre les jeunes des métropoles et ceux de la France périphérique, les chiffres précédents sont bien plus forts dans la France périphérique et bien moins forts dans la jeunesse des métropoles. Disons-le, ce sont les personnes âgées qui ont empêché la victoire totale du FN aux élections régionales de 2015. Triste perspective, non ?

De plus, l’incapacité de la gauche de la gauche, comme des solfériniens d’ailleurs, de penser également le besoin de protection sociale, d’école laïque et républicaine, de sûreté et de sécurité des citoyens français est en partie responsable de la fracture identitaire qui favorise aussi bien le FN que les communautarismes (la percée de l’Union des démocrates musulmans de France dans certaines villes des Yvelines et de Seine-Saint-Denis et le développement des groupes dits citoyens mais en réalité communautaristes alliés à la gauche de la gauche, au PS ou à la droite) ou encore tous les intégrismes, dont celui de la Manif pour tous, des indépendantismes et de l’islamisme.

Car aujourd’hui, vu la crise du profit de l’économie réelle capitaliste, en l’absence d’un projet alternatif au capitalisme crédible au yeux des couches populaires et du peuple, le refus des conséquences du capitalisme (aujourd’hui celles du mouvement réformateur néolibéral) peut prendre le chemin de l’extrême droite, comme dans les années 30, ou celui aussi d’une néo-féodalisation intégriste, obscurantiste et pré-capitaliste (soutenue par une partie de la gauche de la gauche d’ailleurs) tout en étant branché Internet 2.0, ou encore celui encore d’une revendication ethniciste de type indépendantiste comme en Corse.(2)
Dans le premier cas, cela peut permettre comme dans les années 30, une alternative fascisante proposée par une alliance entre droite de la droite et FN, pour le plus grand bonheur de l’oligarchie capitaliste. Dans le deuxième cas, cela conduit à une régression sociale et sociétale doublée d’une insécurité dangereuse. Dans le troisième cas, à une modification géopolitique régionale car il n’y a plus de place aujourd’hui pour des petits pays indépendants. Il n’y a pas un petit pays qui ne fasse pas partie d’un ensemble géopolitique dominé par un impérialisme.

Ainsi, il ne suffit pas de se déclarer « frondeur » sans alternative ou de déclarer que l’ennemi du Front de gauche est le FN et qu’il faut mener une bataille front contre front, encore faut-il répondre à toutes les fractures sociale, spatiale, générationnelle et identitaire. Cela implique de mener la bataille pour une nouvelle hégémonie culturelle contres les causes de ces fractures, mais aussi de proposer, comme dans la stratégie de l’évolution révolutionnaire (Karl Marx 1850, puis Jean Jaurès), des solutions à court, moyen et long terme cohérentes entre elles. Dire que telle ou telle proposition de François Hollande n’est pas bonne est une chose, mieux est de dire comment faire pour qu’à court terme d’abord et à long terme ensuite, les citoyens français se sentent protégés, en sûreté, en sécurité.

Mais pour cela, il faudrait utiliser la stratégie jaurésienne de l’évolution révolutionnaire qui est la stratégie de la République sociale. Ce qui est difficile pour la partie de l’Autre gauche qui reste anti-républicaine et anti-laïque, sans aucun projet et modèle d’avenir en dehors d’un gauchissement du communautarisme anglo-saxon. D’où la décomposition de la gauche de la gauche.

Quid du sursaut citoyen possible des abstentionnistes ?

C’est la pensée magique de la majorité de la petite bourgeoisie. Celle qui aime se battre avec la peau des autres. C’est celle qui est reprise par les médias néolibéraux. Il n’a donc aucune chance de se produire. Car les abstentionnistes ne sont pas en tant que tels une catégorie avec une composition représentative de la société française, tant les couches supérieures et mêmes intermédiaires votent en rangs serrés. Comme l’a montré la chronique d’Evariste citée plus haut, le gros des abstentionnistes est formé par les couches populaires qui, dans les circonstances actuelles et tant qu’une gauche de gauche n’effectue pas son surgissement, si elles ne s’abstiennent pas, voteront FN comme elles ont commencé à le faire aux élections régionales de 2015. Il ne reste comme solution que d’agir sur les causes, ce que le mouvement réformateur néolibéral ne veut à aucun prix, bien sûr !

Le slogan « rassemblons-nous autour des valeurs de la République » est-il efficace ?

Ce slogan, répété à satiété par les dirigeants de l’oligarchie capitaliste (grands patrons, responsables des grandes organisations internationales, prêtres médiatiques des chaînes néolibérales radio et télévisuelles) sans jamais définir quelles elles sont, n’engage que ceux qui veulent y croire, c’est-à-dire la petite bourgeoisie ballottée entre des positions contradictoires, mais sûrement pas les couches populaires bien plus nombreuses. Dire que le Front national n’est pas un parti républicain paraît juste, mais est-ce que LR, le PS et leurs alliés le sont davantage ? Là est la question !

Si on définit la République sociale, comme nous l’avons fait (3) comme celle qui respecte les principes (et non les valeurs) de liberté, d’égalité, de fraternité, de laïcité (4), de solidarité, de démocratie, de souveraineté populaire, de sûreté, d’universalité, de développement écologique et social, force est de répondre non à la question posée. Si la république est un fourre-tout sans définition précise autre que celle de ne pas être une monarchie, alors tout le monde peut se targuer de l’être puisque personne ne la définie sérieusement. Il ne suffit pas de répéter que telle « valeur » est à poursuivre ni même que tel « principe » est celui qui convient. L’enjeu est le contenu que l’on met derrière les mots de liberté, d’égalité et de fraternité, comme de ceux qui les prolongent : laïcité, solidarité, souveraineté populaire… C’est leur usage pratique, non le slogan, qui importe, et le projet politique que ces mots sont censés exprimer.

Quelles recompositions possibles ?

Sans éclatement ou nouvelle recomposition des organisations existantes, les mêmes causes produisant les mêmes effets, la ligne néolibérale de plus grande pente pourrait être, si un nouvel élément de crise économique advenait, la poursuite de la montée du FN, des identités communautaristes et intégristes et des velléités indépendantistes avec en fin de parcours une recomposition droite de la droite/FN sous l’égide du grand patronat comme dans les années 30.

Une variante de cette ligne de plus grande pente, au moins dans un premier temps, pourrait être une recomposition PS/droite centriste, si LR venait à se disloquer avant tout élément nouveau de crise économique. C’est cela que vise François Hollande, qui a définitivement abandonné les quelques mesures sociales et laïques promises durant la campagne de 2012 et qui travaille cette recomposition en commençant par la réforme constitutionnelle du début février négociée avec des parties de la droite néolibérale. Parions que toute la fin de son quinquennat sera marquée par la volonté de recomposition avec une partie de la droite néolibérale.

Le mouvement progressiste pourrait quant à lui se développer, vu que le PS abandonne de plus en plus la position d’un parti de gauche. Trois possibilités stratégiques s’offrent à lui. Nous ne parlons pas là de ligne politique mais de stratégie politique :

- La première est une stratégie de type Syriza 2013 qui consiste à supprimer tout cartel ou collectif (de type Front de gauche qui empêche le débat démocratique entre les adhérents au profit de compromis entre dirigeants) par une fusion des petites organisations.
– La deuxième suppose une manifestation populaire préalable de type Indignés avec une sortie politique de type Podemos, avec une référence autour du « peuple » et non de la « gauche ».
– La troisième est une recomposition qui fait suite à des formes d’éclatement des partis traditionnels et de la politisation d’acteurs associatifs et syndicaux ou de citoyens éclairés suite à une droitisation constante du PS et de ses alliés.

Dans tous les cas, la recomposition ne pourra se faire, de notre point de vue, que dans la poursuite culturelle des grandes avancées historiques de l’histoire de France depuis la Révolution française, seule à avoir pu mobiliser les couches populaires puis le peuple entier. Donc par fusion entre un modèle de refondation républicaine et un projet progressiste capable de mobiliser d’abord les couches populaires pour mobiliser ensuite les forces progressistes du peuple. Donc en s’écartant du groupuscularisme, de la marginalisation volontaire, du gauchisme, du solipsisme, du sectarisme, toutes ces dérives étant des maladies infantiles de la pensée progressiste.

Mieux connaître le réel concret

Pour aller à l’idéal, il faut partir du réel concret et ne pas vouloir construire un avenir tel un professeur Tournesol indépendamment du réel et du processus pour l’atteindre. Pour cela, il faut comprendre des choses souvent mal connues des militants, comme le fonctionnement de la monnaie en système capitaliste, les lois tendancielles d’une formation sociale capitaliste, les doctrines de la démocratie, les lois tendancielles de notre écosystème, le fonctionnement des institutions sociales, la nécessité de penser une nouvelle industrialisation, etc. En un mot, il faut développer une théorie globale pour clarifier le complexe, tout en refusant les simplifications abusives de slogans qui fonctionneraient comme des déclencheurs sociaux et politiques, ce qui n’a jamais été le cas dans l’histoire sauf au « café du commerce ».

Par ailleurs, connaître le réel concret exige aussi de connaître les hommes et les femmes et notamment leurs besoins en fonction des différentes couches sociales en vue de la construction d’une convergence de projet. Ainsi on ne peut pas, par exemple, ne pas tenir compte des couches populaires (53 % de la population) qui ont bien d’autres besoins que les politiques d’assistance indispensables. Ils ont des besoins culturels, de pouvoir d’achat, de lutte contre le chômage et la précarité, d’une sphère de constitution des libertés de haut niveau (école, services publics, protection sociale), des besoins démocratiques, féministes (pour toutes les femmes ouvrières et employées, pour les deux millions de femmes élevant seules leurs enfants, largement oubliées aujourd’hui), laïques (car les ouvriers et les employées ne sont pas en France pour le gauchissement du communautarisme anglo-saxon ni pour le relativisme culturel cher aux couches moyennes supérieures de la mondialisation) et d’une cohérence anti-système par rapport aux oligarchies patronale, LR et PS.

Engager de nouvelles pratiques sociales

Sauf à vouloir s’enferrer continuellement dans les pratiques sociales anciennes qui ne marchent plus et sont aujourd’hui perdantes et de continuer à dire que l’on a toujours raison, mais que la communication manque de pédagogie, il serait plus utile d’engager le travail militant sur des nouvelles pratiques plus efficaces, tout en sachant que travailler à les élaborer et à les rendre démocratiques est chronophage.

Pensons à développer les pratiques d’éducation populaire « ascendantes », qui viennent des citoyens eux-mêmes, diversifier les formes de l’éducation populaire(5), refuser les meetings où les « tunnels » d’intervention de tous les petits et grands chefs des organisations participantes et les phrases jargonnantes toutes faites, applaudies par les thuriféraires mais qui ennuient ou exaspèrent la majorité de l’assistance, aller vers ceux que l’on veut mobiliser (porte à porte, théâtre d’intervention, théâtre image, distribution uniquement si elle est massive, visuelle et que le cadre est propice à la discussion, moments de lutte de masse, etc.), favoriser les contacts avec les têtes de réseaux, travailler les rassemblements et les convergences (à l’exception des relativistes culturels), etc.

Par: Michel El Diablo.

Note:

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Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Front de Gauche

La liste «Nos vies d’abord» conduite par le maire PCF d’Algrange, Patrick Peron, fait de l’emploi sa priorité.

Dans votre région, le FN est crédité de plus de 30 % des intentions de vote. Comment expliquer cette progression ?

Patrick Peron Le Front national a fait son lit sur l’échec des politiques de droite, en particulier des années Sarkozy, et sur l’énorme déception de ceux qui attendaient du changement en 2012. Ce rejet se cristallise sur un vote extrême avec l’idée qu’il faut tester cette troisième voie pour voir ce qu’elle vaut. Droite et gauche pour ces électeurs, c’est pareil. La fermeture des hauts-fourneaux d’ArcelorMittal avec François Hollande au pouvoir a laissé des traces. Sur le marché d’Hayange (ville dirigée par le FN – NDLR) où j’étais hier, beaucoup d’électeurs du FN iront voter pour ces raisons. Le FN risque également de drainer 1 ou 2 % d’électeurs supplémentaires du fait des attentats du 13 novembre. D’autres habitants, qui ne voient jamais leur situation évoluer, rejettent tout en bloc et s’abstiennent. Le Front de gauche doit parvenir à faire la différence.

Pourquoi avez-vous décidé de présenter une liste Front de gauche alors que vous partagez le bilan des majorités de gauche sortantes en Lorraine et Champagne-Ardenne ?

Patrick Perron Malgré des bilans qui ne sont pas négatifs, nous ne pouvons assumer avec le PS l’échec de la politique gouvernementale que nous combattons par ailleurs. Nous voulons regagner les consciences à une alternative politique réellement de gauche. Ce choix, ultramajoritaire parmi les communistes, s’appuie sur le constat évident du virage libéral du Parti socialiste. Entre la dernière mandature et cette campagne, il y a eu Macron. Dans cette campagne, la gauche c’est nous. Pour autant, nous ne confondons pas le bilan des régions de gauche avec celui de l’Alsace, gérée par la droite. Un seul exemple suffit à le démontrer : la gratuité des transports et des fournitures scolaires dans les lycées mise en place dans les deux régions de gauche n’existe pas dans celle de droite. En revanche, l’Alsace verse pas mal d’argent pour des formations pilotées par les entrepreneurs au détriment de l’Afpa ou des lycées professionnels.

Pourquoi avoir fait de la vie quotidienne des habitants et de la lutte contre l’austérité vos grandes priorités ?

Patrick Peron En intitulant notre liste « Nos vies d’abord », nous disons que notre préoccupation première est d’aller à la rencontre des citoyens, de dialoguer avec eux. Il y a ces 150 000 salariés frontaliers qui passent tous les jours au Luxembourg, en Allemagne, en Suisse, en Belgique, et pour qui la question des transports est essentielle. Ces habitants qui refusent de voir leur ville coupée en deux par l’autoroute, dont le trafic de 200 000 véhicules par jour traverse déjà de grandes agglomérations. Ou encore cette jeunesse désabusée de la politique qui est au chômage ou ces étudiants en lutte à Metz pour obtenir des moyens pour le logement. Partout un même constat s’impose : ce n’est pas la casse du service public qui réglera le problème du chômage ou de la précarité. Le service public, moyen de cohésion sociale et territoriale, doit être maintenu.

L’emploi est au cœur de votre campagne, la région a-t-elle des leviers pour agir ?

Patrick Peron Nous proposons une autre utilisation des fonds publics, à commencer par le CICE. Nous proposons que ces sommes soient reversées aux collectivités pour leur redonner les moyens d’investir. Mon ancien patron d’ArcelorMittal, sixième fortune mondiale, perçoit du CICE qui tombe directement dans l’escarcelle de ses dividendes. À côté, toute une niche d’entreprises qui ne délocalisent pas, les artisans, des PME, galèrent. En Moselle, 58 millions d’euros ont été distribués et 1 200 emplois supprimés. À l’inverse, nous proposons la création d’un fonds régional de développement pour aider les entreprises qui embauchent, pas celles qui licencient.

Par 
Julia Hamlaoui

 

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Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Front de Gauche

Lu sur le site lepcf.fr (géré par "faire vivre et renforcer le PCF"), la réponse de Pierre Alain Millet à un article de G.Q. posté sur même site.

Note de G.Q. : C'est un secret de Polichinelle : il n'y a pas d'union, parce que chaque petit groupe a une direction qui veut continuer à jouer son rôle sans être remise en question.

Dimanche 20 septembre 2015, par (Pierre-Alain Millet)

L’article de Gilles Questiaux « Il y a foule de communistes en France ! Mais pourquoi ne les entend-on pas ? » pose une question utile.

Mais il aboutit à une réponse qui est en quelque sorte une tautologie. Pour construire l’unité des communistes et dépasser leur émiettement, il faut… nous unir dans un même parti. Autant dire que l’article ne nous dit rien d’autres que « il faut... ». Pourtant l’article fait des constats bien réels, notamment sur les positions politiques qui sont partagées par de nombreux militants pourtant dans des groupes ou organisations diverses, dans et hors du PCF, mais aussi sur l’histoire.

Oui, il y a crise du mouvement communiste, qui apparaît avec force au tournant des années 90 avec la chute de l’URSS, mais dont on peut discuter des traces bien avant, dans l’histoire complexe des stratégies de l’internationale communiste entre rassemblement populaire national et internationalisme, stratégies de front et stratégies de classes comme on disait, dans les suites du rapport Khrouchtchev, dans la recherche d’une voie pacifique au socialisme refusant de regarder en face ce que révélait le coup d’état au Chili, dans la recherche d’une voie électorale qui allait conduire au programme commun et à la domination de François Mitterrand…

La perception d’une « opposition interne de moins en moins audible » est sans doute typiquement parisienne. C’est en effet à Paris que l’opposition s’est le plus fortement exprimée dans les années 80 et 90, jusqu’à pouvoir penser être majoritaire, avant de s’émietter plus fortement que partout. Cependant , le « récent remarquable succès des communistes de Vénissieux », n’est pas « l’exception qui confirme la règle ». Les résultats des départementales, comme la victoire de Gardanne dans des conditions proches de Vénissieux montre les possibles. Les bases d’opposition en Province sont en général moins divisées que dans la région parisienne. En fait, chaque situation est le produit d’une histoire, avec les caractéristiques du parti, fortement ouvrier dans le Nord, marqué par la résistance dans l’Allier, par le communisme municipal dans le Rhône…

Partout, les communistes ont subi de terribles chocs, le premier étant la terrible pression patronale dans les restructurations du travail, défaisant les collectifs ouvriers par tous les moyens, de l’intégration à la répression et la destruction. Mais il y aussi la guerre idéologique de la fin de l’histoire, du capitalisme triomphant, l’utilisation médiatique des « alters » de toute sorte réduisant le marxisme à une nostalgie et habituant les colères populaires aux solutions « dans » le système, jusqu’à cette écologie politique qui nous dit que tout est dans les « gestes qui sauvent », dans le local, seul lieu de l’action, même si on peut rêver au global. C’est exactement l’inverse de l’origine du mouvement communiste qui travailler, à partir des luttes concrètes, à construire le rapport de forces global pour poser partout la question de la rupture, de la révolution.

Comment s’étonner dès lors que les communistes aient reculé ? On peut faire l’histoire des décisions de direction qui ont accompagné ces reculs au lieu de leur résister, qui ont parfois organisé une véritable démission collective de l’organisation communiste abandonnant ses principes et ses règles de fonctionnement. Mais ce n’est pas la question déterminante du jour, parce que ces décisions n’ont jamais défait totalement le parti communiste en France, contrairement à l’Italie par exemple, et que un peu partout des communistes cherchent, hors ou dans le PCF, avec leurs expériences, leurs forces, les voies d’un retour du parti communiste.

L’émiettement communiste n’est pas un défaut qui tiendrait aux acteurs de tel ou tel groupe, même si le sectarisme, le gauchisme ou à l’inverse l’électoralisme, existe bien entendu. Mais l’émiettement est d’abord un fait historique liée aux conditions historiques du recul du mouvement communiste, et bien entendu aux réalités sociales et politiques des luttes de classe dans un pays capitaliste développé, dont une part de la richesse vient de sa dimension impérialiste, et qui donc, comme le montrait Lénine, peut corrompre une partie du mouvement ouvrier « intégré » dans le système de domination.

Les contradictions entre les fonctionnaires et assimilés dans un secteur public qui reste protégé par son statut et les secteurs les plus précaires du travail, entre les secteurs industriels et les secteurs de services… ont produit des divisions dans le mouvement social, syndical et politique qui expliquent la diversité des trajectoires de militants communistes dans les dernières décennies. La direction d’un parti communiste a comme tâche première de construire en permanence cet intellectuel collectif qui assure en permanence que les histoires locales s’inscrivent dans l’enjeu global de la révolution. A l’évidence, et indépendamment même de ses erreurs stratégiques, les directions communistes successives n’ont pu jouer ce rôle, et l’organisation communiste s’est émiettée...naturellement ! A vrai dire, on ne peut que constater que les dirigeants successifs des différentes oppositions internes et externes n’ont pas non plus pu ou su jouer ce rôle unificateur ! Là encore, peu importe ce que les historiens en diront un jour, c’est pour nous de l’ordre du constat.

Donc, s’il faut chercher le chemin d’une reconstruction communiste, ce ne peut être en cherchant un « truc » qui viendrait compenser ce processus historique d’émiettement. Ce ne sont pas nos déclarations d’intentions qui vont modifier cette réalité historique, mais le mouvement des contradictions elles-mêmes, autrement dit, comment les luttes de classes vont pousser les acteurs à dépasser leurs luttes locales pour reposer la question de la révolution, ce qui « naturellement » les poussera à rechercher un processus unitaire. Car pour que l’accumulation des révoltes deviennent une révolution, il faut une capacité à penser une stratégie, organiser des acteurs présents dans les mouvements sociaux pour la mettre en œuvre, il faut donc un parti communiste. Mais on peut le dire et le répéter parce qu’on à lu « Que Faire ». ce n’est qu’une connaissance théorique ! C’est quand on est confronté à la question concrète, par exemple quand des militants font face à l’exigence de convergences de luttes inter-entreprises, entre différentes régions, dans une filière économique, dans les relations internationales…

Alors que faire de tous les groupes qui existent, qui se parlent ou pas, se critiquent ? Que faire aussi des communistes qui continuent à agir dans le PCF, pas parce qu’ils ont des illusions sur l’évolution possible de sa direction, mais parcequ’ils jugent, là ou ils sont, que c’est le plus efficace.

L’expérience personnelle de Gilles le pousse à espérer une solution qui viendrait résoudre le problème en quelque sorte « par en haut ». Il ne trouve pas comment agir avec d’autres communistes au PCF à Paris, et tombe dans un idéalisme de l’intention qui serait déterminante. Il généralise sa situation en considérant que le PCF est inutile et qu’il faut « évidemment nous unir dans un même parti, nous donner des tâches concrètes, raisonnables mais ambitieuses, et nous ouvrir largement au peuple ». Il considère qu’il suffit de l’affirmer parce qu’il ne voie pas pourquoi on est dans cette situation, qui se résumeraient à « des difficultés connues et classiques : pour s’unifier, il faut convenir de statuts, d’un programme (ce qui au semblerait assez facile) et d’une direction. Bien d’autres les ont résolus dans le passé, pourquoi pas nous ? »

Mais quand il dit « Rien ne justifie la dispersion des communistes », il se trompe, car il faut au contraire comprendre le processus historique bien réel qui a produit cette dispersion ! Rien ne la justifie car la situation exigerait de la dépasser, mais elle se justifie par sa propre histoire, qui n’est pas une histoire artificielle qui se résumerait aux questions de personnes. Au contraire, il faut comprendre comment des divisions successives sont nées des réalités sociales dans un contexte politique donné. Et il faut résoudre pas à pas ces questions politiques, idéologiques et pratiques qui ont fait cette dispersion. On ne peut les déminer une à une que dans l’intervention politique dans le mouvement social. Gilles a raison de citer la question du socialisme réel et des causes de sa chute comme une question décisive d’un processus de reconstruction communiste.Mais c’est loin d’être la seule question !

On peut prendre l’exemple de la perception de ce qui devrait constituer la classe ouvrière aujourd’hui, avec le point de vue par exemple de Said Boumamas, qui insiste sur sa composition immigrée et le lien avec le colonialisme Français, et le point de vue d’André Gerin, qui insiste sur l’urgence de relever le défi de la souveraineté nationale pour reposer la question de classe face au poison du nationalisme d’extrême-droite. Certains pourraient les considérer comme des opposants absolus, alors que si on prend le débat d’un point de vue de classe, on peut dialectiquement montrer comment question nationale et de classe interagissent. André Gerin dira « français immigrés, solidarité », et Said Boumamas dira « unité de la classe ouvrière telle qu’elle est », et les voies d’un rapprochement seront ouvertes. Mais rien ne sert d’avoir ce débat dans un salon. Il faut le poser dans des rassemblements réels, dans des entreprises ou des quartiers où transformer ce débat en organisation, en adhésion, en formation, en dirigeants.

Poser la question en terme de « qu’attendons-nous pour nous réunir en un seul parti ? », c’est faire croire que chacun est dans l’erreur dans sa situation léguée par l’histoire, alors que ceux qui militent et tentent de résister et construire, quelque soit leur situation politique ont raison de continuer. Pour une part, c’est plutôt le plus grand nombre de ceux qui ont démissionné de leur engagement qui ont tort... C’est aussi une déclaration incantatoire qui de fait pousse à la division notamment entre communistes dans et hors du PCF, alors que tout au contraire devrait les pousser à se parler dans le respect des situations de chacun.

Ainsi, répondre à la question « Il y a foule de communistes en France ! Mais pourquoi ne les entend-on pas ? », c’est d’abord reconnaître la réalité du rapport des forces dans lequel les forces communistes agissent, et c’est ensuite accepter que le rythme d’évolution de ce rapport de forces ne se décide dans aucune instance, conférence, rencontre, assises ou autre congrès. C’est le mouvement social dans les luttes de classe qui pose des questions auxquelles il peut répondre, pour peu que des militants fassent un effort d’organisation. Et dans la situation actuelle, l’effort d’organisation utile, c’est de respecter toutes les formes organisées d’engagement communiste, leur donner les outils pour se parler, parler ensemble quand c’est possible, et faire converger patiemment leur manière d’exprimer l’exigence révolutionnaire dans les luttes populaires.

C’est un défaut de jeunesse de vouloir brûler les étapes. Il faut reconnaitre les causes profondes de l’histoire de l’émiettement communiste pour accepter de travailler sans impatience à l’histoire de sa reconstruction.

 

Par: Réveil communiste.

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Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Front de Gauche

Lundi, Pascal Savoldelli, responsable national du PCF aux élections, avait pourtant estimé que « l’heure est au rassemblement de toute la gauche pour battre la droite ». Cette dernière est arrivée en tête au 1er tour (40,38 %), devançant le maire PS sortant, Michel Pajon (39,55 %), tandis que le FN (9,63 %) a été éliminé. 

« La victoire d’une gauche qui ne se renie pas ne passe pas par un accord politicien de dernière minute. C’est la politique menée dans le pays par Manuel Valls et François Hollande qui a créé les conditions de l’échec », estime la liste soutenue par le Front de gauche, qui refuse de s’allier au « député Michel Pajon, qui a voté les mesures austéritaires du gouvernement ». 

Seuls 34,9 % des inscrits se sont déplacés dimanche dernier. 
La liste rassemblant le Front de gauche et le NPA, qui a obtenu 10,44 % des voix lors de la municipale partielle, dimanche dernier, à Noisy-le-Grand (Seine-Saint-Denis), a décidé de se maintenir au 2e tour.

Enfin c'est la base et le peuple qui décide.

 

Par: Citoyen18.

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