La porte à gauche. Jean FERRAT a chanté que certains prétendent que le bonheur était à la porte à droite. Aujourd’hui est-il à la porte à gauche ? Oui ! mais à la condition de secouer le cocotier de la pensée convenu ! Ce petit blog crée à l’initiative de quelques militants communistes de Vierzon n’a d’autres ambitions que de donner aux citoyens un support pour s’exprimer librement sur les sujets politiques, sociaux ou culturels d’actualité du local à l’international, qui s’émancipe des discours convenus, des lignes officielles décidées par quelques notables de la politique, aux doubles langages, aux bonimenteurs de vraies fausses solutions et qui cultivent la résignation. Déverrouillez les débats et enfoncez la porte à droite (….ou à gauche ?) Les seules limites, car il en faut, à notre liberté : Celle du respect des personnes, le souci de la vérité et de faire vivre le débat. Ainsi seront exclus tous messages comprenant des insultes ou diffamations visant une (des) personne(s), seront exclues, s’ils sont avérées, des informations mensongères ou rumeur infondées. Chacun pourra également participer au débat juste et loyal en signalant un abus de cette nature. Les productions de ces abus seront retirés et l’auteur exclu du blog.
9 Mars 2015
Le scrutin devrait voir le Parti socialiste perdre un nombre important de bastions. Le reste de la gauche commence à tester des alliances nouvelles. « Les appareils ont choisi la stratégie de Mélenchon en considérant que la défaite du PS est une condition de l’alternative », enrage le ministre Stéphane Le Foll.
Gauche, monument en péril avant rénovation ? À un mois du premier tour des élections départementales, les craintes du PS ne semblent pas dissipées par « l’esprit du 11 janvier ». Imaginé par Manuel Valls du temps où il était ministre de l’intérieur, le scrutin néo-cantonal a été réformé pour imposer un ticket obligatoire homme/femme et va désormais concerner l’ensemble du territoire (alors que jusqu’ici, les conseils généraux étaient renouvelés de moitié).
Autre innovation importante, le seuil de qualification au second tour est dorénavant fixé à 12,5 % des inscrits (et non plus des votants). Mais cette refonte (lire le détail ici), qui avait pour but de renforcer le bipartisme en faisant disparaître les triangulaires, tout en nationalisant le suffrage, est en passe de se retourner contre ses inspirateurs.
D’abord, en cas d’abstention moins catastrophique que prévu, l’hypothèse de triangulaires n’est pas forcément à écarter. En effet, le mode de scrutin ayant entraîné un resserrement du nombre de candidats, de par les volontés de rassemblement et les difficultés de recrutement de candidates, ils ne sont plus que 4,43 en moyenne cette année contre 5,12 en 2011, ce qui pourrait mécaniquement rendre plus accessible le seuil des 12,5 % d’inscrits.
Ensuite – et surtout –, les socialistes pourraient d’un coup perdre entre la moitié et deux tiers de “ses” départements, les experts du PS estimant “conservables” entre 20 et 30 départements (contre 60 actuellement). En cause, l’irrésistible montée en puissance du FN et le rassemblement du reste de la gauche contre lui.
« Les appareils ont choisi la stratégie de Mélenchon, enrage le ministre Stéphane Le Foll, en considérant que la défaite du PS est une condition de l’alternative. Du coup, il y a 300 à 400 cantons où la gauche risque d’être éliminée. Mais c’est une connerie, car il n’y a pas d’alternative à gauche ! » Pessimiste, ce très proche de François Hollande ne cache pas son ras-le-bol de « cette exigence à gauche, qui a du mal à comprendre qu’il faille modérer ses ambitions devant les difficultés ». Concrètement, le PS ne sera allié à d’autres forces de gauche que dans 20 % des cantons (le plus souvent là où le danger du FN est le plus fort).
Pour Jean-Christophe Cambadélis, le constat est amer, ainsi qu’il a exprimé lors d’un récent point-presse : « Nous constatons avec regret qu’à notre gauche, la question est moins l’unité que la destruction du PS pour faire une nouvelle gauche. » Pour le premier secrétaire du PS, les attentats de Paris ont toutefois changé la donne. « Face à la dynamique frontiste et au fanatisme religieux, les socialistes doivent être à la hauteur », explique-t-il, avant de synthétiser son relatif espoir d’une de ces formules dont il a le secret : « Les socialistes sont mieux mais pas au mieux. »
Bien que mis à mal récemment, « l’esprit du 11 janvier » a toutefois redonné un peu d’espoir aux soutiens du gouvernement, qui espèrent des répliques de la dernière législative partielle du Doubs, où le candidat PS s’est imposé de justesse face au FN. « Là où être socialiste devenait une honte, ça redevient un peu positif, confie la ministre Marylise Lebranchu. On a de nouveau des demandes de déplacements pour aller soutenir les candidats, ce qui n’était pas du tout le cas pour les municipales. » « On ne ressent pas de rejet sur le terrain, confirme un député. Mais on a toujours la crainte d’une abstention similaire à celle des municipales, avec des gens qui ne nous disent rien en face mais se vengent dans l’urne. »
Sous couvert d’anonymat, cet élu, qui a pourtant voté tous les textes gouvernementaux, a du mal à cacher son ressentiment : « Ce scrutin à la con où tout est renouvelé d’un coup est quand même une brillante idée de Valls, le même qui a annoncé la fin des départements. Sur le terrain, les électeurs sont paumés, ne comprennent rien, ni à leur nouveau canton, ni à quoi va servir le département… » Autre inquiétude exprimée par plusieurs socialistes, la loi portant nouvelle organisation territoriale de la République, dite “la loi NOTRe”, définissant les compétences futures du département dans la nouvelle organisation territoriale, qui sera encore en discussion au Parlement lors du scrutin, obligeant les candidats à rester très généraux dans leur campagne programmatique.
Par: Stéphane Alliès et MEDIAPART.