La porte à gauche. Jean FERRAT a chanté que certains prétendent que le bonheur était à la porte à droite. Aujourd’hui est-il à la porte à gauche ? Oui ! mais à la condition de secouer le cocotier de la pensée convenu ! Ce petit blog crée à l’initiative de quelques militants communistes de Vierzon n’a d’autres ambitions que de donner aux citoyens un support pour s’exprimer librement sur les sujets politiques, sociaux ou culturels d’actualité du local à l’international, qui s’émancipe des discours convenus, des lignes officielles décidées par quelques notables de la politique, aux doubles langages, aux bonimenteurs de vraies fausses solutions et qui cultivent la résignation. Déverrouillez les débats et enfoncez la porte à droite (….ou à gauche ?) Les seules limites, car il en faut, à notre liberté : Celle du respect des personnes, le souci de la vérité et de faire vivre le débat. Ainsi seront exclus tous messages comprenant des insultes ou diffamations visant une (des) personne(s), seront exclues, s’ils sont avérées, des informations mensongères ou rumeur infondées. Chacun pourra également participer au débat juste et loyal en signalant un abus de cette nature. Les productions de ces abus seront retirés et l’auteur exclu du blog.
10 Septembre 2014
Après les retraits de Jean-Luc Mélenchon et Martine Billard, Éric Coquerel est devenu secrétaire national chargé de « la coordination politique » du Parti de gauche (PG), au sein de sa « direction collégiale ». À la veille d'un conseil national du Front de gauche qui doit décider de son avenir, il dresse un état des lieux du rassemblement de l'autre gauche.
Ce samedi a lieu un conseil national déterminant pour l'avenir du Front de gauche, après les déceptions électorales du printemps. Divisés sur la marche à suivre, PCF et PG semblent emprunter des chemins différents. Le secrétaire national communiste Pierre Laurent plaidant, jusque devant les socialistes à La Rochelle, pour « l'écriture d'un chemin commun » avec les « frondeurs » et l'aile gauche du PS comme les écologistes d'EELV, tandis que Jean-Luc Mélenchon défend l'émergence d'un mouvement dépassant les partis et défendant le passage à une VIe République.
Pour Éric Coquerel, qui est devenu secrétaire national chargé de « la coordination politique » du Parti de gauche, au sein de sa nouvelle « direction collégiale », il importe de ne plus être rattaché au « système » et à la « gauche qui gouverne ». « Des assises avec tous les opposants à la politique de Hollande, ce ne sera pas suffisant pour répondre à l’ampleur de la crise », estime-t-il. Quant à savoir si le Front de gauche va être capable de surmonter ses désaccords, et notamment la question de l'autonomie vis-à-vis du PS, il répond : « Je l'espère »… Entretien.
L’organisation du Parti de gauche (PG) a changé lors de ses dernières universités d’été. Jean-Luc Mélenchon et Martine Billard ont abandonné leur co-présidence et la direction est désormais « collégiale ». Cela signifie qu’eux seuls pouvaient assumer cette fonction ?
Non, cela signifie que ce rôle de président était paradoxal pour un parti qui se bat pour la fin de la Ve République. À partir du moment où tous deux, pour des raisons politiques, souhaitaient ne plus assurer la fonction de leadership organisationnel d’un parti, on a jugé que cela n’était plus utile. Dans les faits, ce sera notre prochain congrès qui validera cette suppression, mais le bureau national du PG a décidé de ne pas les remplacer.
Quand on a créé le PG, tous les fondateurs se reconnaissaient derrière le leadership intellectuel et politique de Jean-Luc. À l’époque, la fonction de président semblait alors logique même si, pour sa part, il a toujours été dubitatif sur cette fonction. À partir du moment où il fait un pas de côté, pour surtout se consacrer à l’émergence d’un mouvement pour la VIe République, on en a profité pour réorganiser les choses.
Comment jugez-vous l’état du PG aujourd’hui ?
En juin, on a eu une période difficile. Les européennes ont été un échec, et ont marqué la fin d’un moment stratégique pour nous. Cela faisait quasiment six ans qu’on était sur la brèche, au four et au moulin, et beaucoup de fatigue et de tension avaient été accumulées. On a pris deux mois pour déjà vérifier si on était tous encore d’accord politiquement. On a perdu un peu de militants, mais notre “remue-méninges” de la mi-août à Grenoble a permis de bien repartir. Et on constate des adhésions et des ré-adhésions depuis. Pour aborder la période qui s’ouvre, on est en bonne santé.
Vous parlez de la fin d’un moment stratégique. Quelle analyse faites-vous de votre échec ?
On a bien réussi jusqu’à la présidentielle, en réunissant l’autre gauche pour changer le rapport de force face au PS. On a sorti « notre gauche » de la marginalité pour devenir un acteur incontournable. Deux ans après, il y a aussi eu quelques réussites, car nos marches, du type de celle du 5 mai 2013 pour la VIe République, l’ont été, mais c’est vrai que globalement nous n’avons pas atteint notre objectif. Le PS s’écroule, on ne passe pas devant, et le FN termine en tête. Donc c’est un échec. Parce qu’on s’est ingénié pendant deux ans à dilapider le succès de la présidentielle, en tout cas à ne pas être capable de le rééditer. C’est principalement dû à l’absence de stratégie nationale commune. Il était vain de penser qu’on pourrait effacer aux européennes la division des municipales. Elle nous a rendus largement illisibles et divisés. Mais en plus, les alliances contractées aux municipales avec le PS ont ramené le FDG dans le « système ». Le Front de gauche pouvait apparaître comme le cousin de famille très critique, mais en appartenant quand même à la même famille que la gauche qui gouverne aujourd’hui.
Ce qui nous entraîne au raisonnement suivant : vu qu’aux yeux du plus grand monde, c’est LA gauche qui gouverne, l’idée que l’alternative dépende de l’unité de l’autre gauche dans l’objectif de passer devant le PS pour bousculer le rapport de force à gauche ne convainc pas assez. C’était la stratégie originelle du FDG mais après trois ans de Hollande, elle ne marche plus. Il a cassé encore davantage tous les repères par sa politique ! Cette hypothèse mobilise la partie la plus politisée de l’électorat mais pas tous ceux qui se disent, même inconsciemment : s’ils imaginent s’allier au 2nd tour pour gouverner alors c’est qu’ils appartiennent au même monde. Il faut donc être capable d’arriver à une alternative qui ne dépende pas de forces du système, qui ne dépendent donc pas des alliances avec le PS au second tour.
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