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La porte à gauche. Jean FERRAT a chanté que certains prétendent que le bonheur était à la porte à droite. Aujourd’hui est-il à la porte à gauche ? Oui ! mais à la condition de secouer le cocotier de la pensée convenu ! Ce petit blog crée à l’initiative de quelques militants communistes de Vierzon n’a d’autres ambitions que de donner aux citoyens un support pour s’exprimer librement sur les sujets politiques, sociaux ou culturels d’actualité du local à l’international, qui s’émancipe des discours convenus, des lignes officielles décidées par quelques notables de la politique, aux doubles langages, aux bonimenteurs de vraies fausses solutions et qui cultivent la résignation. Déverrouillez les débats et enfoncez la porte à droite (….ou à gauche ?) Les seules limites, car il en faut, à notre liberté : Celle du respect des personnes, le souci de la vérité et de faire vivre le débat. Ainsi seront exclus tous messages comprenant des insultes ou diffamations visant une (des) personne(s), seront exclues, s’ils sont avérées, des informations mensongères ou rumeur infondées. Chacun pourra également participer au débat juste et loyal en signalant un abus de cette nature. Les productions de ces abus seront retirés et l’auteur exclu du blog.

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Pour avoir La Poste, il faudra passer au guichet.

Cette semaine dans la Terre: La Poste, l'entreprise délaisse les territoires ruraux. Le contrat de présence postale territoriale assigne à La Poste des objectifs non financés, dont la charge va reposer une fois de plus sur les usagers, les collectivités et les personnels.

Dormez, bonnes gens, tout est tranquille ! L’État, La Poste et l’Association des maires de France (AMF) ont signé le 16 janvier le contrat de présence postale territoriale (CPPT) 2014-2016. Censé garantir l’accès de tous les citoyens de la République à un service public postal de qualité en quelque point du territoire que ce soit, ce texte s’inscrit, nous dit-on « dans la continuité des précédents ». On ne sait s’il s’agit de nous rassurer, tant les moutures qui ont précédé celle-ci n’ont guère empêché la dégradation du service public, la réduction des horaires d’ouverture, la fermeture de nombreux bureaux de poste ou leur transformation en agences postales communales (APC) ou relais-poste, l’allongement des temps de distribution du courrier, l’augmentation du prix du timbre, la fermeture de centres de distribution et de centres de tri...

Six départements hors-la-loi

En réalité, citoyens et salariés n’ont pas intérêt à se laisser endormir par la berceuse des gardiens des dogmes de la concurrence et de la réduction des dépenses publiques. Car derrière des objectifs en apparence louables et un discours rassurant, cette nouvelle mouture du CPPT a pour seule ambition d’accompagner et d’habiller l’aggravation de la politique de dégradation du service postal et de recul du service public. Quitte à travestir et la réalité, et les intentions de ses promoteurs. Quitte aussi à bafouer la loi. Comme le réaffirme le préambule du CPPT, celui-ci s'inscrit dans le cadre de la loi qui depuis 1995 énonce des règles d'accessibilité précises : jamais plus de 10 % de la population d'un département à plus de 5 km ou 20 minutes en voiture d'un « point de contact » avec la poste. Des règles déjà discutables : quand on fait partie des 10 % en question, et/ou qu'on ne peut pas ou plus se déplacer en voiture,comment fait-on ? Mais surtout, la CGT l'affirme : dans six départements de la France métropolitaine (l'Eure, le Gers, le Lot, la Lozère, la Haute-Marne et la Meuse), ces règles d'accessibilité ne sont plus respectées. Et six autres départements - l'Aube, le Cantal, la Creuse, la Manche, la Haute-Saône et les Deux-Sèvres - sont à la limite. Autrement dit, avant même d'être signé, le CPPT est pris en défaut.

Et son contenu n’a rien de rassurant pour les populations rurales et leurs élus. Il est pourtant écrit noir sur blanc qu'il s'agit pour La Poste « d'adapter son réseau de points de contact pour répondre aux besoins des populations ». Passons sur la terminologie qui efface l'idée même de « bureau de poste », lesquels ne représentent plus que 9800 « points de contact » sur un total de 17 000 (avec 5 200 agences postales communales et 2 000 relais poste) : elle révèle qu'il s'agit en réalité de pousser les feux de « l'adaptation » et des « partenariats ». C'est-àdire de substituer à de vrais bureaux de poste, offrant la palette complète des services avec du personnel qualifié, des APC financées à terme par les communes (donc par les impôts locaux) et des relais poste n'offrant que le minimum vital en termes de services.

En fait de rapprocher le service usager, on concentre au contraire les points d'accès

C’est, nous explique un communiqué de l’AMF, que « le groupe La Poste est confronté à une baisse du volume du courrier et de la fréquentation des guichets » : il faut donc trouver d’autres « partenaires » susceptibles d’apporter leur concours fi-nancier. C’est ainsi qu’après les APC, les API (agences postales intercommunales) sont appelées à se développer, y compris dans le cadre de « maisons du service public » là où cela existe. En fait de rapprocher le service de l’usager, on concentre au contraire les points d’accès dans quelques chefs-lieux – et tant pis pour ceux qui peinent à se déplacer.

Pour financer la présence postale, le CPPT s’appuie sur un fonds de péréquation. 170 millions par an pendant trois ans, claironnent ses signataires. Sauf que l’Arcep (Autorité de régulation des communications) chiffre le coût de la présence postale territoriale pour La Poste à plus de 250 millions. Autrement dit, celle-ci est condamnée à perdre de l’argent sur cette mission. Pire : ce fonds est intégralement abondé par des dégrèvements d’impôts locaux, que l’État ne compense pas du tout. Donc la totalité du financement de la péréquation repose sur les collectivités ! Un véritable tour de passe-passe... aux dépens des usagers, des salariés, des collectivités. Les premiers subissent un service dégradé et qu’ils financent plusieurs fois ; les seconds subissent coupes claires dans l’emploi, dégradation des conditions de travail et perte du sens de leur métier ; les collectivités enfin se voient contraintes de financer par l’impôt un service public qui, de par la loi, revient à l’État

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