La porte à gauche. Jean FERRAT a chanté que certains prétendent que le bonheur était à la porte à droite. Aujourd’hui est-il à la porte à gauche ? Oui ! mais à la condition de secouer le cocotier de la pensée convenu ! Ce petit blog crée à l’initiative de quelques militants communistes de Vierzon n’a d’autres ambitions que de donner aux citoyens un support pour s’exprimer librement sur les sujets politiques, sociaux ou culturels d’actualité du local à l’international, qui s’émancipe des discours convenus, des lignes officielles décidées par quelques notables de la politique, aux doubles langages, aux bonimenteurs de vraies fausses solutions et qui cultivent la résignation. Déverrouillez les débats et enfoncez la porte à droite (….ou à gauche ?) Les seules limites, car il en faut, à notre liberté : Celle du respect des personnes, le souci de la vérité et de faire vivre le débat. Ainsi seront exclus tous messages comprenant des insultes ou diffamations visant une (des) personne(s), seront exclues, s’ils sont avérées, des informations mensongères ou rumeur infondées. Chacun pourra également participer au débat juste et loyal en signalant un abus de cette nature. Les productions de ces abus seront retirés et l’auteur exclu du blog.
6 Octobre 2013
Près de 8,5 millions de personnes travaillent le dimanche, que ce soit de manière habituelle ou occasionnelle. Qui sont-ils ?
Le débat sur le travail le dimanche est de retour. Certaines enseignes de bricolage ont décidé de rester ouvertes malgré les décisions de justice et le gouvernement a confié lundi 30 septembre une mission sur la question à l'ancien président de La Poste Jean-Paul Bailly. Alors que certains plaident pour la dérégulation, une étude de la Dares publiée en octobre 2012 rappelle qu'une large part des salariés est déjà concernée Tour d'horizon de cette France qui travaille le dimanche.
En 2011, 8,5 millions de personnes ont travaillé le dimanche, dont 1,6 million ne sont pas salariés, et 6,5 millions de salariés. 29% des salariés ont travaillé le dimanche cette année-là. 3 millions travaillent de manière habituelle, le reste occasionnellement, toujours selon cette étude regroupant les dernières données disponibles à ce jour. Un cadre sur trois travaille le dimanche, même chose pour les employés et pour les professions intermédiaires. Le travaille dominical concoure avant tout à la continuité de la vie sociale, aux soins, à la protection des biens et des personnes. Ces trois domaines regroupent un quart des salariés mais plus des deux tiers de ceux qui travaillent le dimanche de façon habituelle.
Dans les métiers de la protection, ce sont surtout les gendarmes (95,4%), les pompiers (92,1%), les surveillants de prison (90%) et la police d'Etat (81,2%) qui sont soumis au travail dominical. Les officiers et les inspecteurs n'en sont pas dispensés, même s'ils sont sollicités de manière plus occasionnelle.
Un salarié sur cinq travaillant le dimanche est issu du domaine de la santé ou du secteur médico-social. Les personnes travaillant dans les hôpitaux, où la permanence du service est essentielle, sont particulièrement concernés : 89% des aides-soignants, 74% des infirmiers, 86% des aides médicaux-psychologiques, 71% des médecins hospitaliers et un quart des internes travaillent le dimanche.
Le commerce, les transports, les activités culturelles et plus généralement les secteurs qui participent à la continuité de la vie sociale sont particulièrement sujet au travail dominical. 59,7% des salariés de l'hébergement et de la restauration travaillent le dimanche. Dans l'aviation, tous les stewarts et les hôtesses travaillent le dimanche, et 9 pilotes sur 10. Dans les transports en commun, c'est 100% des contrôleurs.
Seuls 18,6% des ouvriers travaillent le dimanche. Ce sont surtout les salariés des industries alimentaires (36,3%), du traitement des déchets (43,7%), de la métallurgie (30%), et de la production d'électricité, de gaz, de vapeur et d'air conditionné (32,6%) qui sont concernés.
La grande majorité des éleveurs (86%) se lèvent habituellement le dimanche pour nourrir et soigner leurs animaux. Cette part descend à 37% pour les autres paysans. Les céraliers, maraichers et horticulteurs sont également dominicaux, quelle que soit la taille de leur exploitation.
8 patrons de boulangerie sur 10 sont ouverts le dimanche. Même chose pour les patrons de boucherie/charcuterie. Deux tiers des restaurants, des cafés, des hôtels mobilisent leurs exploitants le dernier jour de la semaine, et 57% des petits détaillants alimentaires. Les fleuristes, tabacs, maisons de presse ouvrent à 30%.
40% des taxis travaillent habituellement le dimanche, et 37% occasionnellement. Même chose pour les ambulanciers et les autres artisans (non-salariés) du secteur des transports.
Alors que les personnes travaillant habituellement le dimanche sont majoritairement des femmes (55,5%), les personnes travaillant occasionnellement sont plutôt des hommes (58,2%). Au total, la répartition par sexe est donc à peu près respectée, puisque 51,9% des salariés soumis au travail dominical sont des hommes. Malheureusement pour eux, 95,2% des personnes qui travaillent le dimanche travaillent également... le samedi.
Ian Brossat, chef de file PCF à Paris, explique comment le débat autour du travail dominical est instrumentalisé par le patronat et «expire la question du niveau des salaires»
Que révèle cette polémique autour du travail dominical?
Ian Brossat. L’instrumentalisation du patronat est flagrante. En réalité, ce débat vise à expirer la question du niveau des salaires, vraie réponse au problème de pouvoir d’achat des salariés. Or, depuis plusieurs années, cette problématique est devenue un tabou. Et la question du travail le dimanche est devenue un moyen de ne pas la traiter. Par ailleurs, quand on voit que Leroy Merlin est prêt à payer une amende de 120 000 euros par magasin ouvert le dimanche, on se dit qu’ils auraient probablement les moyens d’augmenter les salaires de leurs employés.
Pensez-vous que cette offensive patronale vise aussi à discréditer les syndicats?
Ian Brossat. Si on prend l’exemple de Sephora, les syndicats de salariés qui s’opposent au travail dominical ont recueilli 57% des voix. On ne donne pas la parole à cette majorité de salariés qui est contre. Par ailleurs, il existe une inversion des valeurs: le droit du travail n’est pas une liberté en moins pour travailler, c’est une liberté en plus face à l’arbitraire patronal. Et si l’on étend le travail dominical à l’infini, tous les avantages qui y sont liés, tant qu’il est une exception, disparaîtraient. Ce sera un jour comme un autre, payé comme un autre. Tant qu’on ne traitera pas la question des salaires, on ne cessera de lancer des débats fumeux, qu’il s’agisse du travail de nuit ou de la défiscalisation des heures supplémentaires.
Comment analysez-vous la campagne de la droite sur cette question?
Ian Brossat. Nathalie Kosciusko-Morizet est prête, dans la même semaine, à proposer la généralisation du travail dominical dans la capitale et, deux jours plus tard, à annoncer une proposition de loi pour développer le travail de nuit. La semaine prochaine, elle voudra peut-être le rétablissement des travaux forcés. La droite a décidé d’en faire un cheval de bataille. Le problème est que les voix qui s’élèvent à gauche sont relativement timides et laissent les syndicats un peu seuls. Nous avons besoin d’être plus combatifs sur cette question-là.
Par Blog/ Ami.