
Paul Quilès et Pierre Joxe, deux figures de la gauche, s'opposent à Hollande sur la déchéance de nationalité. (Sipa)
Deux figures de la gauche se sont élevées ces derniers jours contre le projet d'inscrire l'extension de la déchéance de nationalité dans la Constitution, s'ajoutant aux précédentes protestations à gauche. L'ancien ministre socialiste Pierre Joxe a souhaité une "douce euthanasie" au projet d'élargissement de la déchéance de la nationalité aux binationaux nés français et condamnés pour terrorisme, dans un texte publié mercredi sur le site de Médiapart.
"C'est bien 'notre conception de la République', invoquée à juste titre par les Jeunes Socialistes, qui est en cause", écrit l'ancien ministre de l'Intérieur, qui se félicite de la position du MJS, hostile au projet de l'exécutif.
"Une douce euthanasie"
Evoquant plusieurs projets de réformes constitutionnelles annoncés, puis abandonnés, il souhaite une "douce euthanasie" au projet actuel.
"Qu'un ou plusieurs personnages politiques parvenus au pouvoir changent d'avis, renient leurs promesses ou oublient tel ou tel engagement pris publiquement n'est pas un phénomène rare", poursuit-il, rappellant l'opposition de François Hollande à l'extension de la déchéance de nationalité défendue en 2010 par Nicolas Sarkozy. "Et qu'un socialiste adulte, encore jeune, mais déjà très mûr, puisse proférer qu''une partie de la gauche s'égare au nom de grandes valeurs', cela rappelle de vieux et mauvais souvenirs", affirme-t-il par ailleurs, à propos des récentes déclarations de Manuel Valls.
"Ne pas toucher à la Constitution"
Une autre figure de gauche, l'ancien ministre Paul Quilès, s'est lui aussi manifesté contre l'extension de la déchéance de nationalité. S'il n'exclut pas une modification de l'application de la déchéance de nationalité, il s'oppose lui aussi vigoureusement à son inscription dans la Constitution. Dans une pétition sur Change.org, il écrit que"ce projet comporte des risques non négligeables d'amplifier un climat de division entre les Français, voire de créer des fractures" L'ancien ministre de l'Intérieur ajoute que cela "ouvrirait la porte à des extensions dangereuses, déjà demandées par l'extrême-droite." La pétition reste encore confidentielle, puisqu'elle n'a pas encore dépassé les 200 signatures 24 heures après sa mise en ligne.