Comme pour beaucoup de mouvements qui luttent contre l'impérialisme, les japonais font miroiter l'illusion du secours de l'armée impériale pour chasser les occupants européens et constituer des gouvernements indépendants.
Avec l'appui japonais, Aung San constitue l'unité des Trente Camarades, embryon de l'Armée pour l'indépendance birmane créée en décembre 1941 en Thaïlande. À la prise de Rangoon par les Japonais (mars 1942), Aung San est promu au rang de colonel puis de général. Le 1er Août 1943, le Japon proclame la Birmanie indépendante, sauf que se sera un Etat fantoche, à l'image du Mandchoukouo. La Birmanie devient un État satellite de l'Empire du Japon au sein de la Sphère de coprospérité de la grande Asie orientale, un bloc rassemblant des pays asiatiques, dirigé par le Japon contre les puissances coloniales occidentales.
L'État de Birmanie (son nom officiel) est dirigé par les militaires japonais, ces derniers délèguent certaines taches civiles mais dispose d'une autonomie très limitée. Les communistes participent malgré tout à ce gouvernement (malgré le Manifeste d'Insein), on retrouvera Than Tun et Aung San à des postes clés du gouvernement. C'est entre 1943 et 1944 que les communistes se détachent des japonais et qu'Aung San bascule dans la lutte contre les japonais.
La lutte antifasciste anti-japonaise
Pour Aung San, cela est inacceptable, car "si les britanniques ont aspiré notre sang, les Japonais ont broyé nos os !". Aung San se rapproche secrètement des Alliés et des mouvements communistes, fondant avec ces derniers l'Organisation anti-fasciste de Birmanie. Le 1er Août 1944 il demande le départ des japonais, et crée un gouvernement provisoire qui sera reconnu par les britanniques comme légitime.
La "Dobama Asiayone" se scinde, les nationalistes resteront aux côtés des japonais et les progressistes d'Aung San rejoindront la lutte, aux côtés des britanniques, contre l'occupation japonaise.
Aung San organise un soulèvement en Birmanie, en collaboration avec les dirigeants communistes Than Tun et Soe. Le 27 Mars 1945, il dirige la BNA (Burma National Army) et déclenche une révolte contre les occupants japonais. En juin 1941, les communistes birmans avaient, sous l'impulsion de Than Tun lancé le "Manifeste d'Insein", qui désignait le fascisme mondial comme l'ennemi principal dans la guerre et appelait à la collaboration temporaire avec les britannique pour créer une large alliance incluant l'Union soviétique. Le combat pour la libération nationale serait repris après la défaite du fascisme. Cette position des communistes va servir de base à la création de la Ligue anti-fasciste pour la liberté du peuple en août 1944.