La porte à gauche. Jean FERRAT a chanté que certains prétendent que le bonheur était à la porte à droite. Aujourd’hui est-il à la porte à gauche ? Oui ! mais à la condition de secouer le cocotier de la pensée convenu ! Ce petit blog crée à l’initiative de quelques militants communistes de Vierzon n’a d’autres ambitions que de donner aux citoyens un support pour s’exprimer librement sur les sujets politiques, sociaux ou culturels d’actualité du local à l’international, qui s’émancipe des discours convenus, des lignes officielles décidées par quelques notables de la politique, aux doubles langages, aux bonimenteurs de vraies fausses solutions et qui cultivent la résignation. Déverrouillez les débats et enfoncez la porte à droite (….ou à gauche ?) Les seules limites, car il en faut, à notre liberté : Celle du respect des personnes, le souci de la vérité et de faire vivre le débat. Ainsi seront exclus tous messages comprenant des insultes ou diffamations visant une (des) personne(s), seront exclues, s’ils sont avérées, des informations mensongères ou rumeur infondées. Chacun pourra également participer au débat juste et loyal en signalant un abus de cette nature. Les productions de ces abus seront retirés et l’auteur exclu du blog.
21 Octobre 2015
Une chemise déchirée pèse plus que le sort de 2 900 salariés. Bombant le torse, le premier ministre s’est précipité, hier, au siège d’Air France pour traiter de «voyous» les employés qui ont molesté deux dirigeants, annoncer des «sanctions lourdes» et proclamer que «la France est sous le choc». Ces incidents étaient tout à fait regrettables, mais quel contraste entre sa compassion envers deux cadres – sur jouée, pour que l’émotion de l’opinion paralyse la résistance des salariés – et l’indifférence tranquille de Manuel Valls à l’égard des milliers de syndicalistes, harcelés par leur hiérarchie, brimés dans leur carrière et bien souvent licenciés !
Qui a allumé la mèche de ce désespoir sinon une direction qui multiplie les licenciements et cherche à opposer navigants et «rampants» ; sinon un gouvernement qui proclame son amour aux patrons et reste intransigeant aux revendications des salariés ; ou encore un président rallié au libéralisme qui veut réduire ce qui revient au travail pour mieux servir le capital ? Rappelez-vous des cris d’orfraies après un coup de colère des Conti dans une préfecture. Les mêmes trémolos s’étaient fait entendre, puis un silence de plomb avait accompagné les jugements en faveur des ouvriers, leur abandon par le pouvoir et des vies brisées, certaines jusqu’au suicide.
La compassion dans les médias dominés par les géants du CAC 40 est une valeur indexée sur la Bourse. Jaurès rappelait en 1906 : «Le patronat n’a pas besoin, lui, pour exercer une action violente, de gestes désordonnés et de paroles tumultueuses ! Quelques hommes se rassemblent, à huis clos, dans la sécurité, dans l’intimité d’un conseil d’administration, et à quelques-uns, sans violence, sans gestes désordonnés, sans éclats de voix, comme des diplomates causant autour du tapis vert, ils décident que le salaire raisonnable sera refusé aux ouvriers ; ils décident que les ouvriers qui continuent la lutte seront exclus, seront chassés, seront désignés (...) à l’universelle vindicte patronale.(...) Ainsi, tandis que l’acte de violence de l’ouvrier apparaît toujours, la responsabilité profonde et meurtrière des grands patrons, des grands capitalistes se dérobe, s’évanouit dans une sorte d’obscurité.» Entre Jaurès et le tandem Hollande-Valls, un gouffre infranchissable.
Par Patrick Apel-Muller