La porte à gauche. Jean FERRAT a chanté que certains prétendent que le bonheur était à la porte à droite. Aujourd’hui est-il à la porte à gauche ? Oui ! mais à la condition de secouer le cocotier de la pensée convenu ! Ce petit blog crée à l’initiative de quelques militants communistes de Vierzon n’a d’autres ambitions que de donner aux citoyens un support pour s’exprimer librement sur les sujets politiques, sociaux ou culturels d’actualité du local à l’international, qui s’émancipe des discours convenus, des lignes officielles décidées par quelques notables de la politique, aux doubles langages, aux bonimenteurs de vraies fausses solutions et qui cultivent la résignation. Déverrouillez les débats et enfoncez la porte à droite (….ou à gauche ?) Les seules limites, car il en faut, à notre liberté : Celle du respect des personnes, le souci de la vérité et de faire vivre le débat. Ainsi seront exclus tous messages comprenant des insultes ou diffamations visant une (des) personne(s), seront exclues, s’ils sont avérées, des informations mensongères ou rumeur infondées. Chacun pourra également participer au débat juste et loyal en signalant un abus de cette nature. Les productions de ces abus seront retirés et l’auteur exclu du blog.
22 Octobre 2015

« On est venu là pour nos emplois, pas pour casser »
Visages fermés, traits tirés, aucun ne souhaite s'étendre sur son rôle dans la manifestation qui a dégénéré. Sous la double menace d'une condamnation pénale et d'un licenciement, les salariés incriminés l'affirment : « On n'a rien fait », d'ailleurs la police n'a « pas assez de preuves ».
Deux dirigeants d'Air France avaient alors été molestés et obligés de s'enfuir, leurs chemises déchirées, en escaladant des grilles. Quatorze plaintes ont été déposées après ces violences : neuf émanant de vigiles et cinq de cadres de l'entreprise.
« Je ne regrette pas d'avoir participé à une manifestation pour sauver mon boulot », lâche simplement David (prénom modifié). « On est venu là pour nos emplois, pas pour casser. » Le nouveau plan de restructuration, « c'est une catastrophe sociale », dit Mickaël (prénom modifié). « C'est des divorces, des pertes de maison, de vie… c'est injustifié », soupire-t-il.
Une interpellation traumatisante
Tous gardent en mémoire la date du « 12 octobre », jour de leur interpellation, à l'aube et devant leurs familles. Après une nuit de travail, Mickaël trouve trois policiers devant son domicile, peu après 6 h 00 du matin. « Ils ont fouillé chez moi, j'avais l'impression d'être un terroriste. »
« Le pire, c'est pour les enfants », qui s'interroge selon lui : « Il a disparu papa, qu'est-ce qu'il a fait ? » Direction la Police aux frontières (PAF) à Roissy, en charge de l'enquête, pour être interrogés.
David se dit personnellement « traumatisé par la garde à vue ». « Nous aussi on s'est fait violenter », alors qu'une simple convocation suffisait selon eux. Depuis sa sortie, mardi soir, il affirme voir un psychiatre. « Je ne dors pas vraiment, je ne mange plus », dit-il dans un souffle. « Je n'ai jamais eu de problème avec la justice, c'est vraiment dur psychologiquement d'être traité comme un bandit », poursuit Mickaël.
Déclarés coupables par les médias et les politiques
A plusieurs reprises, ils affirment que leur « présomption d'innocence » a été balayée dans le flot de réactions qui ont suivi le 5 octobre. « Des voyous », avait notamment tonné le Premier ministre Manuel Valls.
« Nous sommes coupables avant d'être jugés, même par les médias et par Valls », se plaint Mickaël. S'il est innocenté, espère-t-il un « soutien » du gouvernement ? « Si un jour on a des excuses, c'est déjà bien. On a été mis plus bas que terre. » « Le plus dur à vivre c'est pour la famille, ça passe très mal », ajoute David.
Le 12 octobre, Xavier Mathieu, ancien délégué CGT de Continental à Clairoix, critiquait également l'attitude des médias sur le plateau du Grand Journal. À partir de 2:30 :
«On sert de bouc émissaires »
Le chef du gouvernement a assuré jeudi au Sénat qu'il « ne peut pas y avoir d'impunité (...), à l'égard d'actes qui méritent une sanction judiciaire et des sanctions dans l'entreprise ». Les cinq salariés, âgés de 35 à 48 ans, seront jugés le 2 décembre devant le tribunal correctionnel de Bobigny pour des « faits de violences en réunion ». Ils ont également été mis à pied jeudi à titre conservatoire, sans solde.
« Une double peine », pénale et disciplinaire, tranche David. Mickaël va plus loin. « On sert de bouc émissaires, Air France a voulu faire un exemple en disant "si vous vous rebellez, vous aurez le même traitement." »
En suspendant leurs salaires, la direction de la compagnie « nous prend ce qui nous fait vivre ». « Ce qu'on demande, ajoute-t-il, c'est de pouvoir continuer à travailler » pour Air France, « une société que j'aime ».
Par: N. MAURY.