La porte à gauche. Jean FERRAT a chanté que certains prétendent que le bonheur était à la porte à droite. Aujourd’hui est-il à la porte à gauche ? Oui ! mais à la condition de secouer le cocotier de la pensée convenu ! Ce petit blog crée à l’initiative de quelques militants communistes de Vierzon n’a d’autres ambitions que de donner aux citoyens un support pour s’exprimer librement sur les sujets politiques, sociaux ou culturels d’actualité du local à l’international, qui s’émancipe des discours convenus, des lignes officielles décidées par quelques notables de la politique, aux doubles langages, aux bonimenteurs de vraies fausses solutions et qui cultivent la résignation. Déverrouillez les débats et enfoncez la porte à droite (….ou à gauche ?) Les seules limites, car il en faut, à notre liberté : Celle du respect des personnes, le souci de la vérité et de faire vivre le débat. Ainsi seront exclus tous messages comprenant des insultes ou diffamations visant une (des) personne(s), seront exclues, s’ils sont avérées, des informations mensongères ou rumeur infondées. Chacun pourra également participer au débat juste et loyal en signalant un abus de cette nature. Les productions de ces abus seront retirés et l’auteur exclu du blog.
7 Septembre 2015

Né en 1975, je suis professeur certifié de lettres classiques et j'enseigne depuis presque 16 ans dans l’Éducation nationale, aujourd'hui dans un lycée parisien après plusieurs affectations dans des académies déficitaires et des collèges difficiles.
A l'occasion de sa conférence de rentrée, la ministre a pu crier victoire : "Rentrée 2015 : l'engagement de 60.000 postes pour l'Éducation sera tenu : 35.200 postes créés, 100.000 enseignants recrutés." Plus précisément, le détail indique 31.600 postes créés dans l'Éducation nationale, soit – à deux ans de la fin du mandat présidentiel – plus de la moitié des postes à créer.
En réalité, dans ces 31.600 « postes » budgétaires déjà « créés » (c'est-à-dire supplémentaires), le ministère inclut 24.300 stagiaires dont il a – on peut s'en féliciter – rétabli l’année de formation (sur 27.000 prévus). Malheureusement, une année de stage ne constitue en rien un « poste » supplémentaire face aux élèves dans l’Éducation nationale : un stagiaire ne fait qu’occuper temporairement un demi-poste de titulaire pendant un an, soit l'équivalent de 12.150 postes supplémentaires depuis 2012. Quant aux postes de titulaires véritablement créés, ils ne sont que 4.150... sur les 21.000 prévus !
Pour savoir donc ce qu’il en est vraiment de ces « 31.600 postes créés » dans nos écoles, on peut aussi bien consulter les propres chiffres fournis chaque année par le ministère. Plus le taux d'encadrement est élevé, moins l'encadrement est bon.
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2009-10 |
2010-11 |
2011-12 |
2012-13 |
2013-14 |
2014-15 |
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Postes d'enseignants |
852.907 |
859.294 |
849.647 |
841.700 |
839.700 |
855.000 |
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Nombre d'élèves |
11.978.820 |
12.017.495 |
12.126.278 |
12.140.900 |
12.233.500 |
12.340.000 |
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Taux d'encadrement |
14,04 |
13,99 |
14,27 |
14,42 |
14,57 |
14,43 |
Par rapport à l’année 2012 (dernier recrutement de la précédente majorité), l'Éducation nationale a gagné… 13.300 postes (ou équivalents en incluant les stagiaires) en 2014. Et, si l'on en croit la ministre, 3.300 de plus en 2015. Dans ces conditions, revendiquer 31.600 « postes créés » en 2015 ne laisse pas de surprendre... car il s'agit plutôt de la moitié.
On se demande d'ailleurs où sont les 4.000 postes de « moyens supplémentaires » promis pour la réforme du collège, d'autant que celle-ci supprime ou recycle des milliers de postes, avec les sections bilangues ou les options de langues anciennes (les professeurs de latin ou de grec ancien étant aussi des professeurs de français). Personne n'a osé poser la question à la conférence de rentrée : trop inconvenant, sans doute.
De façon plus paradoxale encore, les postes créés suffisent à peine à compenser l'accroissement des effectifs. On constate ainsi qu’il y avait beaucoup plus de professeurs et beaucoup moins d’élèves en 2010, sous la précédente majorité, qu’il n’y en a en 2014 : pas étonnant que les enseignants ne constatent pas dans leur(s) classe(s) l’effet de ces recrutements mirifiques !
Ce tour de passe-passe médiatique serait sans importance si les chiffres des comparaisons internationales ne classaient pas la France précisément, au moins jusqu'au collège, parmi les pays les moins bien encadrés de l’OCDE et avec les tailles de classe les plus élevées de l'Union Européenne.
Par: Loys BONOD