La porte à gauche. Jean FERRAT a chanté que certains prétendent que le bonheur était à la porte à droite. Aujourd’hui est-il à la porte à gauche ? Oui ! mais à la condition de secouer le cocotier de la pensée convenu ! Ce petit blog crée à l’initiative de quelques militants communistes de Vierzon n’a d’autres ambitions que de donner aux citoyens un support pour s’exprimer librement sur les sujets politiques, sociaux ou culturels d’actualité du local à l’international, qui s’émancipe des discours convenus, des lignes officielles décidées par quelques notables de la politique, aux doubles langages, aux bonimenteurs de vraies fausses solutions et qui cultivent la résignation. Déverrouillez les débats et enfoncez la porte à droite (….ou à gauche ?) Les seules limites, car il en faut, à notre liberté : Celle du respect des personnes, le souci de la vérité et de faire vivre le débat. Ainsi seront exclus tous messages comprenant des insultes ou diffamations visant une (des) personne(s), seront exclues, s’ils sont avérées, des informations mensongères ou rumeur infondées. Chacun pourra également participer au débat juste et loyal en signalant un abus de cette nature. Les productions de ces abus seront retirés et l’auteur exclu du blog.
16 Septembre 2015
Pierre Joxe, avocat, ancien ministre et ancien membre du Conseil constitutionnel, était jeudi 10 septembre l’invité de l’émission « Face aux chrétiens » animée par Frédéric Mounier et coproduite par KTO.
Il répondait aux questions de Benjamin Rosier (RCF), Alain Baron (Radio Notre-Dame) et Corinne Laurent (La Croix).
La Croix : Vous avez été longtemps un acteur de la vie publique. Que faites-vous à présent ?
Pierre Joxe : Je suis avocat des mineurs. J’avais découvert au Conseil constitutionnel que les lois Perben de 2002 et 2004 démolissaient le droit pénal des mineurs. La délinquance des mineurs est une question à la limite du droit social. Et c’est très dommage que les projets de Christiane Taubira ne soient pas mis en œuvre. C’était un engagement du candidat François Hollande, pris de façon d’autant plus explicite que j’en avais rédigé une partie.
Pourquoi la réforme Taubira n’avance-t-elle pas ? Par manque de volonté politique ?
P. J. : Au Conseil constitutionnel, j’ai vu arriver toutes les saisines contre les lois Perben. Elles étaient signées par qui ? Des gens qui s’appelaient François Hollande, Manuel Valls… Tous ceux qui sont au gouvernement actuellement ont tous signé ces recours que j’ai lus, que tout le monde peut consulter sur Internet. Qu’ils le fassent !
Est-il possible de résoudre le problème des prisons engorgées ?
P. J. : Je propose un plan de vingt ans. Les grandes réformes comme celle de l’école publique ne se font pas en moins de temps.
Vous dites qu’il faut du temps. La transformation du septennat en quinquennat n’a-t-elle pas été une sottise ?
P. J. : J’ai voté contre la Constitution de 1958 et je suis contre l’élection du président de la République au suffrage universel. Le système actuel lui donne trop de pouvoirs. Il faut que les délibérations soient collectives et publiques.
Vous avez vécu la naissance des accords de Schengen. Quels souvenirs en gardez-vous ?
P. J. : Tout le monde était ébloui par l’Europe, la libre circulation des personnes. Les accords de Schengen, j’étais contre. Je l’ai dit à François Mitterrand qui m’a envoyé sur les roses. Je lui ai dit : « Avec Schengen, on met la frontière de la France au Pirée, le port d’Athènes. » Historiquement, cela a été une folie et un aveuglement collectif. Une erreur terrible a été commise.
Faut-il réformer le code du travail ?
P. J. : Le contrat de travail n’est pas un contrat comme les autres, c’est un contrat d’inégalités entre quelqu’un en position de force et quelqu’un en position de faiblesse. Et le droit du travail, c’est un droit qui dit non. Qui dit non au libéralisme. Il faut une loi qui encadre. Faut-il donner plus de place à la négociation collective ? Ce n’est pas une nouveauté de vouloir démolir le droit du travail. Ce qui est nouveau, c’est qu’un gouvernement à direction socialiste entonne les mêmes chansons que le patronat. Cela m’inquiète beaucoup. C’est la preuve d’une inversion du système de valeurs.
Par: La Croix et l'AFP.