La porte à gauche. Jean FERRAT a chanté que certains prétendent que le bonheur était à la porte à droite. Aujourd’hui est-il à la porte à gauche ? Oui ! mais à la condition de secouer le cocotier de la pensée convenu ! Ce petit blog crée à l’initiative de quelques militants communistes de Vierzon n’a d’autres ambitions que de donner aux citoyens un support pour s’exprimer librement sur les sujets politiques, sociaux ou culturels d’actualité du local à l’international, qui s’émancipe des discours convenus, des lignes officielles décidées par quelques notables de la politique, aux doubles langages, aux bonimenteurs de vraies fausses solutions et qui cultivent la résignation. Déverrouillez les débats et enfoncez la porte à droite (….ou à gauche ?) Les seules limites, car il en faut, à notre liberté : Celle du respect des personnes, le souci de la vérité et de faire vivre le débat. Ainsi seront exclus tous messages comprenant des insultes ou diffamations visant une (des) personne(s), seront exclues, s’ils sont avérées, des informations mensongères ou rumeur infondées. Chacun pourra également participer au débat juste et loyal en signalant un abus de cette nature. Les productions de ces abus seront retirés et l’auteur exclu du blog.
6 Août 2015
Dans la période qui suivit immédiatement le choc pétrolier de 1974, deux organisations furent créées au sein de l’industrie nucléaire, toutes deux assez significativement basées à Londres. Au début de 1975, un groupe informel semi-secret fut constitué, le Groupe des fournisseurs nucléaires, dit le “ Club de Londres ”. Y participaient la Grande-Bretagne, les États-Unis, le Canada avec la France, l’Allemagne, le Japon et l’URSS. Il s’agissait du premier effort anglo-américain pour assurer une auto-restriction de l’exportation des technologies nucléaires. Le groupe fut complété en mai 1975 par la formation d’une autre organisation secrète, l’“ Institut londonien de l’uranium ”, qui rassemblait les principaux fournisseurs mondiaux d’uranium. Il était dominé par les territoires traditionnels du Royaume-Uni y compris le Canada, l’Australie, l’Afrique du Sud et le Royaume Uni. Ces organisations “ de l’intérieur ” étaient nécessaires mais en aucun cas suffisantes, pour que les intérêts anglo-américains réussissent à contenir la “ menace ” nucléaire du début des années soixante-dix. Ainsi qu’un antinucléaire américain notoire de l’Institut Aspen le formulait “ Nous devons cueillir le bourgeon de la rose nucléaire. ”
Et ils le cueillirent bel et bien. Développer le programme écologiste anglo-américain
Ce ne fut pas par hasard qu’à la suite de la récession consécutive au choc pétrolier de 1974-75, une part grandissante de la population d’Europe de l’Ouest, spécialement en Allemagne, commença de parler pour la première fois depuis la guerre des “ limites de la croissance ” ou des menaces sur l’environnement et entreprit de questionner la foi dans les principes de la croissance industrielle et du progrès technologique. Très peu nombreux furent ceux qui réalisèrent à quel point leurs nouvelles “ convictions ” étaient soigneusement manipulées au plus haut niveau par un réseau établi par les milieux financiers et industriels anglo-américains qui étaient aussi à l’origine de la stratégie pétrolière de Saltsjöbaden.
Au début de 1970, une impressionnante offensive de propagande fut déclenchée par un certain nombre de laboratoires d’idées et de journaux dans le but de promouvoir un nouveau programme visant à “ limiter la croissance ” afin d’assurer le “ succès ” de la spectaculaire stratégie du choc pétrolier. Robert O Anderson, l’industriel du pétrole américain qui était présent à la réunion de Saltsjöbaden de mai 1973, fut une figure centrale de la mise en œuvre du programme écologiste anglo-américain qui s’ensuivit. Cela devait être l’une des escroqueries les plus réussies de l’histoire.
Par l’intermédiaire de leur fondation Atlantic Richfield, Anderson et sa compagnie Atlantic Richfield Oil canalisèrent des millions de dollars vers des organisations sélectionnées pour attaquer l’énergie nucléaire. L’un des premiers bénéficiaires des largesses d’Anderson fut un groupe appelé les “ Amis de la Terre ”, qui fut doté à l’époque de 200 000 dollars. L’une des premières actions de ce groupe consista à attaquer l’industrie nucléaire allemande par le biais d’actions antinucléaires telles que les manifestations anti-Brockdorf de 1976 dirigées par Holger Strohm, le leader des Amis de la Terre. Brice Lalonde, le directeur des Amis de la Terre en France, qui devint le ministre de l’environnement de François Mitterrand en 1989, était aussi le partenaire parisien du cabinet juridique Coudert Frères qui dépendait de la famille Rockefeller. Ce sont les Amis de la Terre qui furent utilisés pour bloquer un important accord d’approvisionnement nippo-australien en uranium. En novembre 1974, le Premier ministre japonais Tanaka se déplaça à Canberra pour rencontrer le Premier ministre Gough Whitlam. Les deux conclurent un accord d’un potentiel de plusieurs milliards de dollars, par lequel l’Australie devait approvisionner les besoins futurs du Japon en minerai d’uranium et participer à un projet commun pour développer la technologie d’enrichissement de l’uranium. Rio Tinto Zinc, la compagnie minière géante britannique spécialisée dans l’extraction d’uranium déploya secrètement les Amis de la Terre en Australie pour mobiliser l’opposition contre l’accord japonais en cours d’agrément. Quelques mois plus tard la chute du gouvernement Whitlam s’ensuivait. Les Amis de la Terre avaient des “ amis ” très hauts placés à Londres et à Washington.
L’Institut Aspen pour les Études Humanistes était le principal moyen de Robert O. Anderson pour diffuser la nouvelle idéologie des “ limites de la croissance ” parmi les milieux dirigeants européens et américains. Dans les années soixante-dix, l’Institut Aspen dont Anderson était le président et Thornton Bradshaw, le président de l’Atlantic Richfield, était vice-président, était l’une des principales voies financières de l’establishment pour créer de nouveaux programmes antinucléaires.
Parmi les administrateurs d’Aspen mieux connus de l’époque figuraient Robert S. Mac Namara, le président de la Banque Mondiale qui fut aussi l’homme qui pilota la guerre du Vietnam. D’autres administrateurs soigneusement sélectionnés parmi lesquels on compte lord Bullock de l’université d’Oxford ; Richard Gardner, un économiste américain anglophile qui fut plus tard ambassadeur en Italie ; le banquier de Wall Street Russel Peterson de la Lehman Brothers Kuhn Loeb Inc. ; et aussi Jack G. Clarke, un membre du Conseil d’administration d’Exxon ; Jerry Mac Afee de la Gulf Oil et George C. Mac Ghee le directeur de Mobil Oil qui avait été un officiel du département d’État et qui fut présent en 1954 lors de la rencontre fondatrice du groupe de Bilderberg. Durant cette période initiale Marion Comtesse Doenhoff, l’éditrice hambourgeoise de Die Zeit et John J. Mac Cloy, l’ex-président de la banque Chase Manhattan qui fut le haut commissaire de l’Allemagne d’après-guerre participèrent également à l’Institut Aspen.
Robert O. Anderson intégra Joseph Slater issu de la Fondation Ford de MacGeorge Bundy pour devenir le président d’Aspen. Au début des années soixante-dix, ils constituaient véritablement une famille unie au sein de l’establishment anglo-américain. Le premier projet promu par Slater à Aspen fut la préparation d’une offensive organisationnelle internationale contre la croissance industrielle et spécialement contre l’énergie nucléaire sous les auspices (et les fonds) des Nations Unies. Slater s’assura le soutien de l’ambassadeur de Suède à l’ONU, Sverker Aastrom, qui face à des objections ardues de la part des PVD, proposa d’organiser une conférence internationale sur l’environnement dans le cadre de l’ONU.
Dès le départ, la conférence de l’ONU sur l’environnement de juin 1972 à Stockholm était dirigée par des opérationnels de l’Institut Aspen. Maurice Strong, un pétrolier canadien de Petro-Canada et membre du Conseil d’administration d’Aspen, présida la conférence. Aspen fournit également les fonds pour la création de l’Institut international pour l’Environnement et le Développement, un réseau international dédié à la “ croissance zéro ” sous les auspices de l’ONU, dont le Conseil d’administration comprenait Robert O. Anderson, Robert Mac Namara, Strong et Roy Jenkins, du parti travailliste anglais. La nouvelle organisation publia immédiatement un ouvrage intitulé “ Seulement une Terre ” dû à René Dubos, associé à l’université Rockefeller et à Barbara Ward (lady Jackson), une malthusienne britannique. À ce moment, les Chambres de Commerce international furent persuadées de financer Maurice Strong et d’autres personnalités d’Aspen pour animer des séminaires destinés à gagner des hommes d’affaires de stature internationale à la nouvelle idéologie environnementaliste.
La conférence de Stockholm de 1972 créa une infrastructure organisationnelle et publicitaire suffisante de telle sorte qu’en 1973-74, au moment du choc pétrolier de Kissinger, une propagande antinucléaire massive pût être lancée avec l’assistance additionnelle de millions de dollars facilement mis à disposition par les réseaux pétroliers de l’Atlantic Richfield Company, du Rockefeller Brothers Fund et d’autres cercles de l’élite de l’establishment anglo-américain. Parmi les groupes financés par ces personnalités à l’époque figuraient des organisations telles que l’ultra-élitiste World Wildlife Fund, alors présidé par le Prince Bernhard du Bilderberg et plus tard par John Loudon de la Royal Dutsh Shell. (10)
L’influence écrasante de l’establishment financier dans les médias américains et britanniques est repérable durant cette période notamment par le fait qu’aucune protestation publique ne se manifesta quant au probable conflit d’intérêts qu’impliquait l’offensive antinucléaire bien pourvue en fonds de Robert O. Anderson et le fait que sa compagnie Atlantic Richfield fût l’une des principales bénéficiaires de l’augmentation du prix du pétrole de 1974. L’ARCO d’Anderson avait investi des dizaines de millions de dollars dans des infrastructures pétrolières à hauts risques dans la baie de Prudhoe en Alaska et dans les eaux britanniques de la mer du Nord en coopération avec Exxon, British Petroleum, Shell et les autres sept sœurs.
Si, à la suite de la crise pétrolière de 1974, le prix du pétrole n’avait pas augmenté jusqu’environ 11,65 dollars le baril, les investissements d’Anderson en mer du Nord et en Alaska de même que ceux de British Petroleum, d’Exxon et des autres auraient conduit à la ruine. À cette époque et pour s’assurer la collaboration de la presse britannique, Anderson acquit l’Observer londonien. Pratiquement personne n’eut la curiosité de chercher à savoir si Anderson et ses influents amis avaient pu être informés à l’avance que Kissinger créerait les conditions d’une augmentation de 400 % du prix du pétrole. (11)
Afin de donner toutes ses chances à la croissance zéro, Robert O. Anderson finança également un projet initié par la famille Rockefeller dans son immeuble de Bellagio en Italie, avec Aurelio Peccei et Alexander King. En 1972, ce Club de Rome et les associations américaines affiliées donnèrent une large publicité à leur publication qui présentait une simulation informatisée frauduleuse préparée par Dennis Meadow et Jay Forrester intitulée “ Limites de la croissance ”. Meadows et Forrester modernisaient ainsi l’essai discrédité de Malthus avec un habillage graphique informatisé, insistant sur le fait que le monde devrait périr bientôt par manque d’énergie, de nourriture et d’autres ressources. De même que Malthus, ils choisirent d’ignorer l’impact du progrès technologique améliorant la condition humaine. Leur message était d’un sombre pessimisme culturel sans partage.
L’Allemagne fut l’une des cibles préférentielles de cette nouvelle offensive antinucléaire anglo-américaine. Bien que le programme nucléaire français eût été autant ou plus ambitieux, la présence anglo-américaine dans l’Allemagne d’après-guerre la fit considérer comme une zone où la situation des services secrets permettait de bonnes chances de succès. Dès la promulgation du programme de développement nucléaire du gouvernement Schmidt en 1975, l’offensive fut déclenchée.
L’une des figures clés de cette opération était une jeune femme de mère allemande et de beau-père américain, qui avait vécu aux États-Unis jusqu’en 1970 et qui entre autres choses, avait travaillé pour le sénateur américain Hubert Humphrey. Durant ses années américaines, Petra K. Kelly avait développé des liens étroits avec le Conseil pour la Défense des Ressources naturelles, l’une des principales nouvelles organisations antinucléaires anglo-américaines créées par la Fondation Ford de Mac George Bundy. Barbara Ward (lady Jackson) et Laurance Rockefeller siégeaient au Conseil d’administration de l’époque. Au milieu des années soixante-dix, Kelly commença d’organiser depuis l’Allemagne, l’offensive juridique contre le programme nucléaire allemand, ce qui engendra des retards coûteux et des coupes sombres dans tout le programme.
Le contrôle de la population devient un enjeu de sécurité nationale américaine
En 1798, un obscur ecclésiastique anglais, Thomas Malthus, professeur d’économie politique au service du Collège des Indes orientales de Haileybury dépendant de la Compagnie britannique des Indes orientales, atteignit une gloire instantanée du fait de ses commanditaires anglais pour son “ Essai sur les principes de la population ”. L’essai en lui-même était une fraude scientifique, qui plagiait largement une attaque vénitienne contre la théorie positive de la population de l’Américain Benjamin Franklin.
L’attaque vénitienne de l’essai de Franklin avait été écrite par Gianmaria Ortes en 1774. L’adaptation de Malthus était un raffinement de la “ théorie ” d’Ortes doté d’une façade de légitimité mathématique qu’il appela la “ loi de progression géométrique ”, qui tenait que les populations humaines croissent invariablement selon une progression géométrique tandis que les moyens de subsistance croissent arithmétiquement ou linéairement. La faille de l’argument de Malthus, comme cela fut démontré irréfutablement par la croissance spectaculaire de la productivité agricole, technologique et culturelle depuis 1798, tenait au fait que Malthus avait délibérément ignoré la contribution de l’avancement des sciences et de la technologie à l’amélioration spectaculaire de facteurs tels que les rendements céréaliers, la productivité du travail et le reste. (12)
Au milieu des années soixante-dix, un indice de l’efficacité de la nouvelle propagande déchaînée par l’establishment angloaméricain était que les officiels américains pouvaient s’afficher ouvertement “ malthusiens ” dans des conférences de presse, ce qui leur aurait valu d’être limogés sous les quolibets pas plus d’une décennie auparavant. Mais l’adhésion à l’économisme malthusien britannique ne s’afficha nulle part plus brutalement qu’au sein du Conseil pour la Sécurité nationale de Kissinger.
Le 24 avril 1974, au milieu de la crise du pétrole, Henry Alfred Kissinger, le conseiller à la Sécurité nationale de la Maison Blanche, publia le Mémoire d’Étude du Conseil National de Sécurité 200 (NSSM200) consacré aux “ implications mondiales de la croissance démographique pour la sécurité américaine et ses intérêts outremer ”. Il fut diffusé à tous les secrétaires de cabinet, les attachés des directeurs des personnels militaires de même qu’à la CIA et à d’autres agences autorisées. Le 16 octobre 1975, à la demande pressante de Kissinger, le président Gérald Ford diffusa un rapport confirmant la nécessité d’une “ direction américaine pour les affaires démographiques mondiales ” fondé sur le contenu du document NSSM200 resté confidentiel. Pour la première fois dans l’histoire américaine, le document faisait du malthusianisme un thème explicite de politique de sécurité pour le gouvernement américain. Le fait qu’il ait été promu par un Juif né allemand est d’une amère ironie. Même pendant la période nazie, les officiels du gouvernement allemand restaient plus prudents avant d’officialiser de tels objectifs.
Selon la NSSM200, l’expansion démographique de certains pays en voie de développement dotés de ressources naturelles stratégiques nécessaires à l’économie américaine, constituait une “ menace potentielle pour la sécurité nationale ”. Sous la pression d’une population nationale en expansion, prévenait l’étude, ces pays dotés de matières premières essentielles tendraient à exiger des prix croissants et une amélioration des termes de l’échange pour leurs exportations vers les États-Unis. Dans ce contexte, la NSSM200 identifiait une liste de treize pays que les efforts américains de contrôle démographique devaient prendre comme “ cibles stratégiques ”. La liste qui fut dressée en 1974 est instructive. Sans aucun doute et comme pour toutes les décisions majeures de Kissinger, la sélection des pays fut élaborée en collaboration étroite avec le Foreign Office de Londres.
Kissinger affirmait explicitement dans son mémoire, “ combien plus efficaces seraient des dépenses de contrôle démographique comparées [à des fonds consacrés] à l’augmentation de la production par le biais d’investissements directs dans l’irrigation, des projets de développements énergétiques ou des usines. ” L’impérialisme britannique du XIXe siècle n’aurait pu mieux s’exprimer. Vers le milieu des années soixante-dix, avec cette secrète déclaration politique, le gouvernement américain s’était engagé dans un programme qui devait contribuer à sa propre mort économique, aussi bien qu’à des famines inouïes, de la misère et des morts inutiles dans tous les pays en voie de développement. Les treize pays cibles cités dans le rapport de Kissinger étaient le Brésil, le Pakistan, l’Inde, le Bengladesh, l’Égypte, le Nigeria, le Mexique, l’Indonésie, les Philippines, la Thaïlande, la Turquie, l’Éthiopie et la Colombie.
Par: Info Alternative.