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La porte à gauche. Jean FERRAT a chanté que certains prétendent que le bonheur était à la porte à droite. Aujourd’hui est-il à la porte à gauche ? Oui ! mais à la condition de secouer le cocotier de la pensée convenu ! Ce petit blog crée à l’initiative de quelques militants communistes de Vierzon n’a d’autres ambitions que de donner aux citoyens un support pour s’exprimer librement sur les sujets politiques, sociaux ou culturels d’actualité du local à l’international, qui s’émancipe des discours convenus, des lignes officielles décidées par quelques notables de la politique, aux doubles langages, aux bonimenteurs de vraies fausses solutions et qui cultivent la résignation. Déverrouillez les débats et enfoncez la porte à droite (….ou à gauche ?) Les seules limites, car il en faut, à notre liberté : Celle du respect des personnes, le souci de la vérité et de faire vivre le débat. Ainsi seront exclus tous messages comprenant des insultes ou diffamations visant une (des) personne(s), seront exclues, s’ils sont avérées, des informations mensongères ou rumeur infondées. Chacun pourra également participer au débat juste et loyal en signalant un abus de cette nature. Les productions de ces abus seront retirés et l’auteur exclu du blog.

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« On ne s’attend pas à voir un leader de la CGT pleurer »

 
La documentaliste Carmen Castillo est allée à la rencontre de ceux qui luttent à travers le monde. Elle en a fait un film: « On est vivants». l’un des « héros » de ce documentaire, Christophe Hiou, syndicaliste CGT, qui a mené la grève de la raffinerie de Donges contre la réforme des retraites pendant 18 jours en 2010, témoigne d’une défaite... et d’une victoire !
 
« L’histoire n’est pas écrite d’avance, c’est nous qui la faisons », se plaisait à dire Daniel Bensaïd, philosophe et idéologue trotskiste, disparu en 2010 et ami de la documentariste française d’origine chilienne Carmen Castillo. Dans « On est vivants », elle entreprend, dans une sorte de dialogue intime posthume avec le philosophe, d’aller à la rencontre de ceux qui luttent afin de comprendre leurs motivations. Des zapatistes du Chiapas aux militants associatifs des quartiers nord de Marseille, des guerrières de l’eau de Cochabamba en Bolivie à la défense du droit au logement à Paris, en passant par les mouvements des Sans-Terre au Brésil ou aux syndicalistes de Saint-Nazaire, elle invite à s’engager. L’un des protagonistes du film, Christophe Hiou, secrétaire général CGT de la raffinerie de Donges (Loire-Atlantique), deuxième de France, évoque les effets bénéfiques de la lutte.
 
HD. Dans quelles circonstances avez-vous été filmé par Carmen Castillo ?
CHRISTOPHE HIOU. J’ai été surmédiatisé pendant le conflit. Je ne voulais plus qu’on me voie. J’ai accepté de rencontrer Carmen sur l’insistance d’un ami du syndicat. Au final, j’ai accepté de figurer dans son film. On est à la fin du plus grand conflit de la raffinerie. On souhaitait le recul de la réforme des retraites. On ne l’a pas obtenu. Mais il y a des défaites qui ont le goût de victoire. On n’a rien obtenu après une grève de 18 jours. Mais on a retrouvé un orgueil ouvrier qui finissait par nous faire défaut.
 
HD. Dans les deux séquences du film où vous apparaissez, vous êtes au bord des larmes ...
C. H. Mon émotion est perceptible. On n’est pas trop habitué à voir un leader de la CGT pleurer. Mais mon émotion est aussi due au fait que j’ai dormi entre deux et quatre heures par nuit pendant les 18 jours du conflit. J’ai vécu des moments extraordinaires. On a eu du soutien financier, des vivres, des mots d’encouragement. C’est un moment historique de ma vie que je raconte à mes amis. Je le raconterai aussi à mes petits-enfants.
 
HD. Pourquoi cette lutte était-elle importante ?
C. H. Les ouvriers, les sous-traitants doivent continuer de lutter. Si, en face de nous, les patrons ont l’impression de ne rien avoir contre eux, ils vont dérouler leur capitalisme. Si un patron n’a pas peur, il vous écrase.
 
HD. Qu’a changé cette grève pour vous ?
C. H. Elle a surtout changé le regard qu’ont les autres sur le syndicalisme. Le regard archaïque a été dépoussiéré. Elle a remis au goût du jour la lutte sur tout le territoire. Elle a recréé des liens qu’on avait perdus. Grâce à ce conflit, j’ai maintenant des camarades de tous les corps de métier.
 
HD. Vous évoquez dans le film les liens indéfectibles avec vos compagnons de lutte ...
C. H. Certains soirs, il arrive qu’on soit au bout du rouleau. La durée du conflit, la fatigue, le manque d’énergie font penser qu’on ne va plus pouvoir y arriver. Là, les camarades vous soutiennent jusqu’à ce qu’ils n’en peuvent plus du tout. Ils ont été derrière moi. Ils le seront toujours. Dix-huit jours, c’est court, mais je sais que je peux compter sur eux à vie. Pas seulement dans le travail et la lutte. Ils peuvent aussi compter sur moi. On est devenu un corps.
 
Par Michaël Mélinard.
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