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La porte à gauche. Jean FERRAT a chanté que certains prétendent que le bonheur était à la porte à droite. Aujourd’hui est-il à la porte à gauche ? Oui ! mais à la condition de secouer le cocotier de la pensée convenu ! Ce petit blog crée à l’initiative de quelques militants communistes de Vierzon n’a d’autres ambitions que de donner aux citoyens un support pour s’exprimer librement sur les sujets politiques, sociaux ou culturels d’actualité du local à l’international, qui s’émancipe des discours convenus, des lignes officielles décidées par quelques notables de la politique, aux doubles langages, aux bonimenteurs de vraies fausses solutions et qui cultivent la résignation. Déverrouillez les débats et enfoncez la porte à droite (….ou à gauche ?) Les seules limites, car il en faut, à notre liberté : Celle du respect des personnes, le souci de la vérité et de faire vivre le débat. Ainsi seront exclus tous messages comprenant des insultes ou diffamations visant une (des) personne(s), seront exclues, s’ils sont avérées, des informations mensongères ou rumeur infondées. Chacun pourra également participer au débat juste et loyal en signalant un abus de cette nature. Les productions de ces abus seront retirés et l’auteur exclu du blog.

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En Espagne, un collectif citoyen a participé à la chute de l'ancien chef du FMI Rodrigo Rato.

Il était le gourou de la droite espagnole depuis les années 1990. L'ancien directeur général du FMI Rodrigo Rato a été interpellé la semaine dernière, accusé de blanchiment de capitaux. Depuis 2012, un collectif issu du mouvement « indigné » travaille à poursuivre en justice les responsables du sauvetage contesté du géant bancaire Bankia. La chute de Rato est son premier grand succès. A un mois d'élections municipales et régionales, l'Espagne est secouée par un spectaculaire feuilleton judiciaire : la chute de Rodrigo Rato, ex-ministre vedette de José María Aznar (1996-2004), aspirant à la présidence du Parti populaire au début des années 2000 (le PP, aujourd'hui dirigé par Mariano Rajoy, au pouvoir), et ancien patron du Fonds monétaire international (2004-2007, avant Dominique Strauss-Kahn).

Rato, 66 ans, fut surtout l'un des architectes de ce modèle économique fondé sur le développement à outrance de l'immobilier et de l'endettement des ménages, qui a permis à l'Espagne d'intégrer la zone euro et, pour un temps, de compter parmi les économies les plus dynamiques en Europe. Avant que la bulle n'éclate… Rentré de Washington, il a été embauché comme conseiller par plusieurs banques (Lazard, Santander) avant d'en diriger une (Bankia). Rodrigo Rato a été interpellé la semaine dernière à son domicile de Madrid pour fraude et blanchiment de capitaux. Il pourrait aller en prison dans les jours à venir.

À l'origine de l'affaire : une loi d'amnistie fiscale (de « régularisation à des conditions différentes », selon l'exécutif) promulguée en 2012, qui visait à régulariser la situation d'évadés fiscaux aux yeux du fisc espagnol. À l'époque, 32 000 citoyens décident de profiter de cette mesure, dont l'ex-icône de la droite espagnole. Mais le dossier de Rodrigo Rato va attirer plus particulièrement l'attention des autorités, en raison de mouvements de capitaux suspects. Il fait désormais partie des 705 contribuables soupçonnés d'avoir profité de cette amnistie pour blanchir des fonds. L'enquête, dont Mariano Rajoy avait connaissance depuis plus d'un an, selon El País, est sur le point d'aboutir.

Cette affaire n'est que l'un des très nombreux scandales de corruption qui entachent l'image du PP, le parti conservateur au pouvoir : voir, par exemple, le scandale qui avait déstabilisé le PP madrilène en octobre 2014, ou encore les soupçons de corruption interne au PP nés des carnets Barcenas. Depuis l'arrestation de Rato, les socialistes du PSOE sont vent debout contre le ministre de l'économie, Cristobal Montoro, l'artisan de cette loi d'amnistie fiscale. Sa démission est évoquée. La pression monte également pour publier la liste des 715 noms des personnes, parmi les 32 000 évadés fiscaux, qui ont été – ou sont encore – élues, fonctionnaires ou membres de leur famille, selon les chiffres du fisc (lire la pétition sur le site de notre partenaire, InfoLibre).


Les déboires judiciaires de l'ex-patron du FMI ne datent pas d'hier. Ils ne se résument pas, loin de là, à ces seules accusations de blanchiment de capitaux, sur la gestion de son argent personnel. D'autres affaires le visent depuis 2012, liées en particulier à sa présidence de Bankia, un mastodonte bancaire dont le sauvetage tumultueux par l’État, après l'effondrement de la bulle immobilière, a choqué nombre d'Espagnols soumis, au même moment, à une cure d'austérité. C'est ici qu'intervient le travail de fond d'un collectif « indigné », souterrain, peu connu du grand public, souvent très technique, qui vient d'obtenir, avec l'interpellation de Rato, l'un de ses premiers grands succès.

Cette plateforme activiste s'est baptisée 15MpaRato, un jeu de mots en référence au « 15-M », le 15 mai 2011, date des premiers campements sur la Puerta del Sol à Madrid et d'autres places en Espagne. Alors que Podemos occupe tout l'espace médiatique, faisant le pari d'un « recyclage » de la culture du 15-M dans le jeu institutionnel traditionnel, d'autres collectifs nés dans le sillage du mouvement indigné ont choisi de faire autrement. Certains se concentrent sur un travail de terrain, comme la PAH, ce réseau d'activistes anti-expulsions qui s'est tissé à travers tout le pays, ou encore ces « marées » anti-austérité, notamment dans le secteur de la santé. Le 15MpaRato s'inscrit dans cette vague-là.

Une affiche du « 15MpaRato »Une affiche du « 15MpaRato »

Tout a commencé, pour eux, en mai 2012, lors de l'anniversaire des campements « indignés » du printemps 2011. Certains activistes, qui travaillaient sur un projet d'audit de la dette espagnole, ont décidé de franchir un pas supplémentaire. « Notre raisonnement était simple », se souvient Simona Levi, l'une des cofondatrices du collectif, et porte-parole d'un mouvement qui, à l'origine, fonctionnait de manière anonyme. « La crise espagnole n'est pas une crise, mais une arnaque. Et puisque c'est une arnaque, il y a des responsables de cette situation, qui ont un prénom et un nom, dans les sphères politique et économique, que l'on veut envoyer en prison pour ce qu'ils ont fait. Nous allons donc les passer en revue un par un, en commençant par monsieur Rato. »

Quasiment inaudible, dans les grands médias, au printemps 2012, ce discours trouve aujourd'hui un écho spectaculaire. « Nous suivons exactement le calendrier que l'on s'était fixé à l'époque du lancement », assure Simona Levi qui, comme nombre de fondateurs de la plateforme, a fait ses armes d'activiste dans les batailles pour un Internet libre (Xnet) ou pour le droit au logement (V de Vivienda) au cours des années 2000.

Par Ludovic Lamant et MEDIAPART.

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