La porte à gauche. Jean FERRAT a chanté que certains prétendent que le bonheur était à la porte à droite. Aujourd’hui est-il à la porte à gauche ? Oui ! mais à la condition de secouer le cocotier de la pensée convenu ! Ce petit blog crée à l’initiative de quelques militants communistes de Vierzon n’a d’autres ambitions que de donner aux citoyens un support pour s’exprimer librement sur les sujets politiques, sociaux ou culturels d’actualité du local à l’international, qui s’émancipe des discours convenus, des lignes officielles décidées par quelques notables de la politique, aux doubles langages, aux bonimenteurs de vraies fausses solutions et qui cultivent la résignation. Déverrouillez les débats et enfoncez la porte à droite (….ou à gauche ?) Les seules limites, car il en faut, à notre liberté : Celle du respect des personnes, le souci de la vérité et de faire vivre le débat. Ainsi seront exclus tous messages comprenant des insultes ou diffamations visant une (des) personne(s), seront exclues, s’ils sont avérées, des informations mensongères ou rumeur infondées. Chacun pourra également participer au débat juste et loyal en signalant un abus de cette nature. Les productions de ces abus seront retirés et l’auteur exclu du blog.
7 Mai 2015

Portrait d’Ida Grinspan Réchappée du camp d’Auschwitz:
À dix-sept ans, en septembre 1946, Ida Grinspan est guérie et doit rentrer à Paris. Les stigmates de la guerre ont quasiment disparu (…). « Je suis tombée de haut. Je ne pouvais pas retourner à l’école. J’avais manqué trop d’années de scolarité et je ne pouvais pas par conséquent prétendre à une bourse ou à passer les sessions de rattrapage du baccalauréat. » Elle attrape à la volée une occasion de travailler dans la couture. Il faut bien manger, « survivre » : « Matériellement, moralement aussi, c’était très dur. »
Alors vient le moment, l’envie, d’exorciser ces atrocités qui la hantent. « C’était l’euphorie, l’après-guerre. On était débarrassé de l’Occupation, donc personne n’avait envie, n’était même prêt à entendre cela. » Le monde autour d’elle lui paraît étranger.
Serge Wolikow Historien, président du conseil scientifique de la Fondation pour la mémoire de la déportation:
« Le programme du CNR prend effectivement le contre-pied du fascisme dans la mesure où il comprend une partie explicitement consacrée à la démocratie politique, mais la part dévolue à la démocratie sociale est sans doute plus novatrice. Elle se réfère explicitement aux réformes amorcées au temps du Front populaire, mais inabouties. Dans ce sens, le programme dessine les contours d’une République dont la restauration ne devait pas se faire à l’identique de ce qu’elle était avant la guerre. Il exprime la thèse que combattre le fascisme c’est renforcer la démocratie politique en lui donnant un large contenu social en sorte que l’égalité et la liberté prennent un sens concret face aux thèses de l’inégalité et de la xénophobie qui avaient les arguments de la propagande du régime de Vichy comme des nazis. »
Juliette Gréco Chanteuse:
À la libération, « on avait le sentiment que tout était à nous. Nous avions à nouveau le droit de nous exprimer, de chanter, de danser, de rire, de crier, d’écouter du jazz ! C’était interdit pendant l’Occupation. Il régnait une chape de plomb (…). Nous qui n’avions rien, on vivait dans la peur. De se faire coincer, de se faire torturer, de se faire tuer. Et soudain, ce formidable sentiment de se sentir vivre à nouveau… D’être libre ! On en a profité pleinement. C’était un bonheur indicible. La Libération, qui porte bien son nom, a été une chose extraordinaire ».
Andreï Gratchev Ancien conseiller et porte-parole du président Mikhaïl Gorbatchev:
« Après la défaite du fascisme, les rivalités idéologiques et stratégiques sont ressorties. Car, sur le plan géostratégique, la guerre avait deux principaux vainqueurs : les États-Unis et l’URSS. La puissance, l’autorité, le statut de l’Union soviétique découlant du fait qu’elle était l’un des deux principaux vainqueurs ont été ressentis comme un danger politique par les Anglo-Saxons. La méfiance a débuté après la conférence de Potsdam et la défaite du Japon. Dès la fin de la guerre, le retour au jeu des rivalités traditionnelles entre les puissances mondiales a repris. »
Alain Ruscio Historien spécialiste de l’histoire coloniale:
« C’est en Indonésie néerlandaise (août 1945) et en Indochine française (septembre 1945) que les premières proclamations d’indépendance sont jetées à la face du monde. Dans ce second pays, Hô Chi Minh accepta la négociation avec la France de la IVe République naissante (printemps-été 1946), avant de comprendre que le colonialisme voulait l’affrontement (novembre 1946). Aucune zone de l’Empire français n’est alors épargnée par la fièvre émancipatrice. »
Zeev Sternhell Historien israélien, professeur à l’Université hébraïque de Jérusalem
« Je ne crois pas que si Israël n’avait pas été créé, le Proche-Orient serait devenu un paradis. Les tensions entre les pays arabes, entre les chiites et les sunnites – que l’Occident a l’air de découvrir aujourd’hui – existaient depuis longtemps. Les fondamentalistes aussi. J’ai toujours pensé que l’Irak aurait dû être divisé en trois parties : chiite, kurde et sunnite. Cela aurait mieux valu pour tout le monde. Mais évidemment, il y avait le pétrole. À qui le donner ? Dans toute cette géopolitique, déterminée par les puissances, Israël n’a pas changé grand-chose. »
Jean Ziegler Vice-président du comité consultatif du Conseil des droits de l’homme des Nations unies:
« Les deux hommes d’État (Roosevelt et Churchill – NDLR) signent en 1941 ce que l’on appelle la Charte atlantique. Un moment fondamental puisque cette charte est l’esquisse du futur acte de naissance des Nations unies, en juin 1945, qui regroupera alors les 43 États qui ont déclaré la guerre soit au Japon soit à l’Allemagne. La mainmise anglo-saxonne sur le monde naît à ce moment-là. Cependant, nous sommes loin des dérives atlantistes actuelles. Lorsque Roosevelt parle de cet embryon de Nations unies, il arrive avec trois idées clés qui constitueront plus tard la colonne vertébrale de l’ONU : la sécurité collective, c’est-à-dire la fin des guerres entre États, la justice sociale internationale, et les droits de l’homme. Sur ce dernier sujet, il faudra toutefois attendre l’Assemblée générale des Nations unies du 10 décembre 1948 pour que la Déclaration universelle des droits de l’homme soit entérinée. »
Éditorial, Reconstruire des jours heureux Par Patrick Le Hyaric (extrait):
« Préserver le souvenir des femmes et des hommes qui s’attelèrent, dès la Libération, à construire une République fraternelle et sociale, c’est, en acte, prolonger l’idéal de progrès, s’engager pour la réalisation des principes de liberté, d’égalité, de fraternité à travers de nouvelles politiques pour l’enfance, la jeunesse, les travailleurs et les créateurs. Faut-il qu’un nouveau drame survienne pour se rappeler que la vie humaine est inestimable, pour que l’argent, enfin, soit mobilisé dans l’intérêt général ? Pour nous prémunir du retour vengeur des idées d’extrême droite et reconstruire la perspective de jours heureux, gardons à cœur la volonté de perpétuer le souvenir des horreurs de la guerre, de la Libération, de ses audaces et de ses réussites au service du bien commun. À nous de nous atteler, ensemble et dans les conditions d’aujourd’hui, à l’invention d’un nouveau progressisme pour un nouveau projet humain, social et solidaire, culturel et écologique, internationaliste et porteur de paix. »
Par: l'HUMANITE.