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La porte à gauche. Jean FERRAT a chanté que certains prétendent que le bonheur était à la porte à droite. Aujourd’hui est-il à la porte à gauche ? Oui ! mais à la condition de secouer le cocotier de la pensée convenu ! Ce petit blog crée à l’initiative de quelques militants communistes de Vierzon n’a d’autres ambitions que de donner aux citoyens un support pour s’exprimer librement sur les sujets politiques, sociaux ou culturels d’actualité du local à l’international, qui s’émancipe des discours convenus, des lignes officielles décidées par quelques notables de la politique, aux doubles langages, aux bonimenteurs de vraies fausses solutions et qui cultivent la résignation. Déverrouillez les débats et enfoncez la porte à droite (….ou à gauche ?) Les seules limites, car il en faut, à notre liberté : Celle du respect des personnes, le souci de la vérité et de faire vivre le débat. Ainsi seront exclus tous messages comprenant des insultes ou diffamations visant une (des) personne(s), seront exclues, s’ils sont avérées, des informations mensongères ou rumeur infondées. Chacun pourra également participer au débat juste et loyal en signalant un abus de cette nature. Les productions de ces abus seront retirés et l’auteur exclu du blog.

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François Maspero, ce résistant.

François Maspero est décédé, samedi 11 avril, à son domicile parisien. Il avait 83 ans et, derrière lui, une vie d’éditeur, de libraire, d’écrivain et de traducteur. Une vie de résistance surtout, aux injustices comme aux impostures. Pour Mediapart, dont il a inspiré le logo, c’est plus que la perte d’un ami, celle d’une figure tutélaire, protectrice et inspiratrice.

François Maspero est mort le jour du soixante-dixième anniversaire de la libération de Buchenwald, ce camp de concentration où son père, le sinologue Henri Maspero, s’est éteint, le 17 mars 1945. François avait l’habitude d’écrire et de dire que sa seconde naissance remontait au 28 juillet 1944, jour de l’arrestation par les nazis de son père et de sa mère, Hélène – la seule à être revenue. « Oui, mais d’une seconde naissance à la mort. J’avais douze ans et demi », insistait-il, fin 2014, dans l’un de ses derniers entretiens.

La mort si tôt, non seulement celle du père, mais aussi celle du frère admiré, Jean, né en 1925, résistant héroïque dont François partageait les secrets, tué au combat le 8 septembre 1944 après s’être porté volontaire pour rejoindre, comme traducteur, l’armée américaine. Lors de notre dernière rencontre, il y a quelques semaines pour l’un de nos déjeuners réguliers, il m’avait encore confié qu’entre l’été 1944 et l’été 1945, il avait à la fois vécu le plus beau jour et le plus triste jour de sa vie. Le plus beau, avec la libération de Paris, le soulèvement populaire du 19 août 1944 ; le plus triste, avec la fin de la guerre mondiale, le 8 mai 1945, qui lui léguait cette absence d’un père et d’un frère.

Plus il avançait en âge, plus François Maspero revendiquait ce terme pour se définir : « résistant ». Loin des plaintes souffrantes qui font des postures de victimisation, trop souvent aveugles aux autres et au présent, il avait tiré de cette empreinte familiale une injonction d’action et d’engagement, dans la fidélité aux refus essentiels. Libraire à l’enseigne de « La joie de lire », éditeur sous son propre nom, écrivain, traducteur : dans la diversité de ses activités, son chemin de vie n’a cessé de suivre et de prolonger la trace originelle.

Dans le même entretien de fin 2014, à la question « Cette histoire familiale est donc fondatrice ? », il répondait sans ambages : « Oui, je pense par tout ce que j’ai vécu très, très jeune. J’étais plus ou moins au courant des activités de ma famille, plutôt plus que moins, et peut-être même un peu trop. Je n’avais que 12 ans et je participais déjà à des actions de résistance… J’en ai reçu plein la gueule, mais c’est très bien comme ça. Car il y a une chose que je dis toujours, et que je tiens à répéter, je ne suis pas une victime et ne me suis jamais considéré comme tel. Je savais très bien ce que faisait ma famille, j’étais très fier et je suis toujours très fier que mon frère, à 19 ans, ait abattu trois officiers allemands dans la rue. »

Accordé à un journal lyonnais, Bron Magazine (lire ici), cet entretien accompagnait l’avant-première du film qui vient de lui être consacré, François Maspero, les chemins de la liberté. Son ultime apparition publique, comme le rappelle sur son blog de Mediapart son ami Marcel-Francis Kahn, le dernier d’entre nous à l’avoir vu vivant, fut pour une projection parisienne, le 24 mars, de ce documentaire porté par l’infatigable volonté de Bruno Guichard, l’animateur de La Maison des Passages à Lyon. Il avait été précédé, en 2009, d’une exposition (lire ici) et d’un livre, auquel j’avais contribué (lire La Fidélité Maspero), saluant en François Maspero un homme qui, pour nous tous, dans la diversité de nos parcours, de nos métiers et de nos engagements, était « notre allié substantiel ».

Au-delà de l’amitié, François Maspero était, pour Mediapart, une figure tutélaire, à la fois protectrice et inspiratrice, nous rappelant que les combats ne vont pas sans blessures et que l’on gagne toujours à ne pas céder sur l’essentiel. Nous lui devions notre logo, ce crieur de journaux, Gavroche des rues et des révoltes, passé de l’imprimé au numérique à partir du symbole de sa maison d’édition, conservé par celle qui lui a succédé, La Découverte. Quand, en septembre 2014, Mediapart a passé le cap des 100 000 abonnés, ce fut donc une évidence de commencer notre « live » mensuel par un entretien avec François. Tout simplement pour brandir la tradition dont nous nous revendiquons et que nous entendons défendre dans cette modernité :

 

Par: Edwy Plenel

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