La porte à gauche. Jean FERRAT a chanté que certains prétendent que le bonheur était à la porte à droite. Aujourd’hui est-il à la porte à gauche ? Oui ! mais à la condition de secouer le cocotier de la pensée convenu ! Ce petit blog crée à l’initiative de quelques militants communistes de Vierzon n’a d’autres ambitions que de donner aux citoyens un support pour s’exprimer librement sur les sujets politiques, sociaux ou culturels d’actualité du local à l’international, qui s’émancipe des discours convenus, des lignes officielles décidées par quelques notables de la politique, aux doubles langages, aux bonimenteurs de vraies fausses solutions et qui cultivent la résignation. Déverrouillez les débats et enfoncez la porte à droite (….ou à gauche ?) Les seules limites, car il en faut, à notre liberté : Celle du respect des personnes, le souci de la vérité et de faire vivre le débat. Ainsi seront exclus tous messages comprenant des insultes ou diffamations visant une (des) personne(s), seront exclues, s’ils sont avérées, des informations mensongères ou rumeur infondées. Chacun pourra également participer au débat juste et loyal en signalant un abus de cette nature. Les productions de ces abus seront retirés et l’auteur exclu du blog.
14 Mars 2015
Le but de cette matinée : présenter la campagne, les outils revendicatifs et les solutions de financement chiffrées et immédiatement opérationnelles et faire le point après cette première journée de négociation.
Après un message vidéo de présentation des enjeux de la pérennité des régimes Agirc-Arrco d’Eric Aubin, dirigeant confédéral en charge des retraites, Sylvie Durand, membre du Bureau de l’Ugict-Cgt, est entrée dans le détail des propositions de l’Ugict pour un financement des deux régimes complémentaires tout à fait réaliste, études du GIE Agirc Arrco à l’appui. Un impératif car : « L’Agirc reste un enjeu de Sécurité sociale. Sa suppression renverrait 4 millions de cadres cotisants vers la capitalisation : la Sécurité sociale deviendrait alors un organisme d’assistance aux plus démunis ».
Il s’agit en premier lieu d’assurer à l’Agirc et à l’Arrco les ressources financières nécessaires pour garantir à terme aux Ictam, comme aux autres salariés, un taux de remplacement minimum de 75 % de leur dernier salaire et d’assurer le maintien des cadres dans le champ commun de la Sécurité sociale, dans l’intérêt commun.
Des sources de financements sont non seulement possibles, mais réalistes :
En utilisant simplement deux de ces solutions, l’équilibre de l’Agirc et de l’Arrco serait rétabli. En combinant les quatre, des excédents seraient reconstitués avec pour objectif une augmentation du niveau des pensions et sans reculer l’âge de la retraite.
Il n’y a donc aucune impossibilité à financer l’Agirc et l’Arrco.
Pour le Medef l’objectif est de contraindre les salariés à épargner pour leurs retraites.
L’objet de cette première réunion de négociation portait sur la méthode, le calendrier et les propositions portées par les différents acteurs. La CGT a fait valoir que ces négociations ne devaient pas reproduire les expériences passées, avec le Medef comme unique prescripteur.
Pour Marie-José Kotlicki, membre de la délégation, la première cible du Medef fut la fusion Agirc-Arrco dès 2019. En détruisant l’Agirc, c’est une clef du dispositif, avec l’Apec, du statut cadre qui disparaît.
Le Medef annonce aussi sa volonté d’ouvrir la discussion sur le statut des cadres. Sa suppression reviendrait à effacer les classifications professionnelles. La reconnaissance des classifications et leur rémunération avec des conséquences pour l’ensemble du salariat car il provoquerait un écrasement généralisé des grilles. La fonction publique, ne serait pas épargnée.
Alors que le Medef admet lui même que la fusion Agirc-Arrco ne réglerait pas les problèmes de financement, il devient clair qu’il s’agit d’accroître la pression sur la baisse du prix du travail et sur le prix du travail qualifié. Le Medef veut réserver un statut cadres aux cadres dirigeants et aux très hauts managers.
La fusion de l’Agirc et de l’Arrco aboutirait au paiement de la retraite des cadres par les non-cadres et siphonnerait très rapidement les réserves de l’Arrco tout en amputant les futures pensions des cadres au nom de l’équité. Une situation qui pousserait les cadres à épargner dans des organismes privés et à sortir du système par répartition. Ainsi, les marchés financiers feraient main basse sur la manne sur l’épargne des cadres.
De toute façon, actifs comme retraités sont concernés : soit des hausses des ressources des régimes pour valider maintenir et améliorer les droits, soit la baisse des retraites.
L’Ugict propose une faible hausse des cotisations pour les cadres, pour maintenir, voire améliorer, les droits et sécuriser le niveau des futures retraites.
Qu’en sera-t-il de la compétitivité des entreprises ? objecte le Medef. Au nom du pacte de responsabilité, le syndicat patronal s’arcboute sur ses positions : favoriser la compétitivité des entreprises. Il claironne déjà « pas un chouia de plus » de financement des cotisations via la part patronale.
Pourtant, le partage d’efforts est toujours de mise. Ainsi, une éventuelle augmentation des cotisations patronales devrait être aussi partagée. En effet, le monde du travail, depuis 1993 (Réforme Balladur, accords que la CGT n’a pas signé), paie deux fois l’effort financier. Il paie en tant qu’actif ou chômeur et à nouveau comme retraité.
Nous avons chiffré cette « équité » des efforts supplémentaires. Le Medef a ramené sa contribution au rééquilibrage financier des régimes de 60 % (la part patronale) à 40 %. Soit un cadeau de 106 milliards d’euros. La compétitivité des entreprises a-t-elle profité de ces cadeaux ? Il ne semble pas.
Les chiffres émanent du GIE Agirc-Arrco, donc incontestables. Il faut les faire connaître.
Aujourd’hui, la négociation et le paritarisme, qu’il menace de faire sauter, n’intéresse plus le
Medef. Il a clairement identifié la protection sociale comme source de profits, un « marché du siècle » auquel il faut ajouter celui des complémentaires de santé. Les négociateurs du Medef sont d’ailleurs menés par un assureur. Ce n’est pas un hasard.
Depuis 1993, nous assistons au recul progressif des droits et nous devons combattre le fatalisme qui s’est installé dans la tête des salariés, en affirmant que des leviers de financements existent en dehors des propositions patronales.
En dépit d’une campagne d’envergure sur la fusion inéluctable Agirc-Arrco, menée par les médias, les propositions de la CGT commencent à être reprises. En revanche, les dès resteront pipés si l’on continue à négocier sur les textes du Medef.
Il faut aussi faire bien comprendre que tout le monde est concerné et pas seulement une « poignée de cadres du privé ». Si le patronat réussi à décaler l’âge de l’ouverture des droits à la retraite à 64 ans, par exemple, cette mesure sera adoptée pour le régime général sans débat public, puisque légitimée par la négociation entre « partenaires » sociaux.
C’est la question de la reconnaissance des qualifications qui est posée ainsi que celle du statut cadre.
Si l’Agirc est préservée, la riposte du Medef sera de limiter le périmètre de la définition des cadres aux cadres hauts dirigeants et de supprimer la notion de cadres et assimilés.
Il faut convaincre que financer les régimes est possible et que la CGT a été la seule à avancer des mesures concrètes et chiffrées par l’Agirc et l’Arrco.
Par: CGT Montreuil.