La porte à gauche. Jean FERRAT a chanté que certains prétendent que le bonheur était à la porte à droite. Aujourd’hui est-il à la porte à gauche ? Oui ! mais à la condition de secouer le cocotier de la pensée convenu ! Ce petit blog crée à l’initiative de quelques militants communistes de Vierzon n’a d’autres ambitions que de donner aux citoyens un support pour s’exprimer librement sur les sujets politiques, sociaux ou culturels d’actualité du local à l’international, qui s’émancipe des discours convenus, des lignes officielles décidées par quelques notables de la politique, aux doubles langages, aux bonimenteurs de vraies fausses solutions et qui cultivent la résignation. Déverrouillez les débats et enfoncez la porte à droite (….ou à gauche ?) Les seules limites, car il en faut, à notre liberté : Celle du respect des personnes, le souci de la vérité et de faire vivre le débat. Ainsi seront exclus tous messages comprenant des insultes ou diffamations visant une (des) personne(s), seront exclues, s’ils sont avérées, des informations mensongères ou rumeur infondées. Chacun pourra également participer au débat juste et loyal en signalant un abus de cette nature. Les productions de ces abus seront retirés et l’auteur exclu du blog.
6 Mars 2015
Le secrétaire national du Parti de gauche fait le point sur l'état de l'« autre gauche », alors que les départementales ont permis de nombreux rapprochements entre les écologistes et le Front de gauche. Dans la foulée de la victoire de Syriza en Grèce, il dit espérer la constitution d'un « nouvel espace commun » permettant de faire émerger une alternative de gauche à la politique gouvernementale.
Les élections départementales peuvent-elles être le point de départ d'une alternative à gauche, bien introuvable jusqu'ici ? Dans un entretien à Mediapart, Éric Coquerel, dirigeant du Parti de gauche (PG), y croit, tout en restant mesuré. Se félicitant de l'autonomie du Front de gauche par rapport au PS, ce proche de Jean-Luc Mélenchon estime que les nombreux accords avec les écologistes peuvent permettre d'« arriver à lever l’hypothèque du PS sur la gauche ». Il se félicite aussi que « la majorité du PS durci(sse) son attitude vis-à-vis de son aile gauche », car cela « crédibilise » la possibilité d'« un travail commun avec elle ».
Que vous inspire l’usage du 49-3 par le gouvernement, pour faire passer la loi Macron ?
C’est évidemment un coup de force anti-démocratique à l’image de la Ve République. Mais c’est aussi un aveu de défaite du gouvernement : cette loi n’a pas de majorité. Ce peut être un tournant car pour la première fois, les députés EELV, frondeurs et MRC s’apprêtaient à transformer leur abstention en vote contre, rejoignant ainsi ceux du Front de gauche dans leur opposition.
Fallait-il voter cette motion de censure déposée par la droite ?
Il y a des arguments pour la voter comme pour ne pas la voter. On considère qu’il fallait en lancer une de notre côté, ce que Marie-George Buffet et Isabelle Attard ont tenté de faire. Malheureusement, elles n’y sont pas parvenues. De toute façon, le groupe PCF-Front de gauche s’est toujours dit autonome et ne nous a jamais demandé notre avis. À titre personnel, si j’avais été député, je l’aurais voté. Car l’utilisation du 49-3 n’a comme seul but de faire passer la loi Macron, et que je suis contre ce texte. Et même si le texte de la motion de censure de la droite est problématique, je m’oppose avant tout à la loi Macron.
Les listes électorales pour les prochaines départementales (22-29 mars prochain) ont été déposées ce lundi. Êtes-vous satisfait du paysage politique qui s’en dégage ?
Au Parti de gauche, nous nous étions donné trois objectifs pour ces départementales. Premièrement, l’autonomie vis-à-vis des forces gouvernementales, afin d’en finir avec les stratégies à géométrie variable des municipales. Deuxièmement, essayer de réaliser des alliances qui dépassent le seul Front de gauche, notamment avec les écologistes. Troisièmement, poser les jalons d’une implication citoyenne allant au-delà d’un cartel électoral.
Si on regarde aujourd’hui, les deux premiers objectifs sont remplis. Les endroits où le PCF fait alliance avec le PS sont très marginaux, environ 2 % des cantons, et en ce qui concerne EELV, ils ne seront alliés avec le PS que dans un tiers des cantons. Quant aux alliances du Front de gauche avec les écologistes, elles sont significatives dans un tiers des départements, auxquels il faut en ajouter sept entre le seul PG et EELV. C’est un événement. Il existe aussi pas mal d’accords avec Nouvelle Donne, parfois avec le NPA. À l’arrivée, il y aura autant de départements où le Front de gauche est en alliance que de départements où il sera candidat seul.
Quant au troisième objectif, pour nous essentiel, il n’est pas encore atteint, mais on savait que ce serait le plus difficile : pour des questions de temps, de contexte politique mais aussi, parfois, de manque de volonté. On estime à environ une vingtaine de départements où il y a eu de réelles tentatives d’implication citoyenne, comme dans le Jura, la Haute-Garonne, l’Oise, les Alpes-de-Haute-Provence, l’Indre, la Drôme ou encore l’Isère.
Pour autant, on sait que cette élection sera difficile. La poussée du FN va être très forte, car il n’y a pas de raison qu’il ne mobilise pas son électorat, et ce dans une marée d’abstentions. Mais sans attendre de miracle, je pense qu’on aura suffisamment de départements test pour vérifier si des alliances larges nous permettent de progresser dans la voie d’une alternative crédible.
L’objectif, c’est d’additionner vos scores ou de faire mieux ? On voit que lors de la dernière législative partielle du Doubs, dans une circonscription ouvrière, le Front de gauche et EELV restent loin derrière le PS, à 3 % chacun…
J’observe que depuis la création du Front de gauche, nous n’avons jamais réussi dans les partielles. Aujourd’hui, les gens qui se déplacent dans les urnes votent pour les listes qui ont une chance de faire un score important, voire d’être au second tour. Les partielles, par leur configuration et leur traitement médiatique, ne font qu’accroître le tripartisme. Notre message ne peut être audible que si nous bénéficions d’une visibilité nationale.
Nous abordons cette élection de façon modeste. Nous espérons repartir de l’avant par rapport aux élections européennes et franchir des caps à certains endroits en passant devant le PS. L’exemple reste notre résultat à Grenoble aux municipales. Si on sort de ces élections avec plusieurs démonstrations de ce type, ce sera une réussite.
Que répondez-vous aux socialistes qui vous accusent de diviser la gauche et de faire courir le risque d’une élimination dès le premier tour dans de nombreux cantons ?
C’est une posture indécente. Les premiers à avoir pris ce risque sont ceux qui ont imposé ce nouveau mode de scrutin favorisant le bipartisme. Surtout, on ne peut prétendre au rassemblement et à l’unité de la gauche quand on mène une politique de droite.
Dans l’entre-deux tours, entendez-vous avoir des positions communes avec les écologistes, voire les communistes, vis-à-vis du PS, alors que vous n’adoptez généralement pas les mêmes attitudes de soutien ou de désistement ?
Dans le Front de gauche, on a convenu que chaque parti reprendrait sa liberté d’appel. Il est souhaitable que dans des endroits où les assemblées citoyennes fonctionnent vraiment, ce soient elles qui décident de la position.
Par: MEDIAPART.