La porte à gauche. Jean FERRAT a chanté que certains prétendent que le bonheur était à la porte à droite. Aujourd’hui est-il à la porte à gauche ? Oui ! mais à la condition de secouer le cocotier de la pensée convenu ! Ce petit blog crée à l’initiative de quelques militants communistes de Vierzon n’a d’autres ambitions que de donner aux citoyens un support pour s’exprimer librement sur les sujets politiques, sociaux ou culturels d’actualité du local à l’international, qui s’émancipe des discours convenus, des lignes officielles décidées par quelques notables de la politique, aux doubles langages, aux bonimenteurs de vraies fausses solutions et qui cultivent la résignation. Déverrouillez les débats et enfoncez la porte à droite (….ou à gauche ?) Les seules limites, car il en faut, à notre liberté : Celle du respect des personnes, le souci de la vérité et de faire vivre le débat. Ainsi seront exclus tous messages comprenant des insultes ou diffamations visant une (des) personne(s), seront exclues, s’ils sont avérées, des informations mensongères ou rumeur infondées. Chacun pourra également participer au débat juste et loyal en signalant un abus de cette nature. Les productions de ces abus seront retirés et l’auteur exclu du blog.
12 Septembre 2014
Rappelons que la revalorisation des pensions, qui intervient dorénavant chaque 1er octobre, a été suspendue par le gouvernement pour l’échéance de 2014. Pour la première fois, un gouvernement a donc décidé clairement de baisser le pouvoir d’achat des pensions.
Soulignons que le mécanisme d’indexation actuel, fixé sur l’indice des prix et non plus sur l’évolution des salaires, produit déjà une perte de pouvoir d’achat des pensions par rapport au pouvoir d’achat des salaires d’environ -20 % sur 20 années de retraites.
Par conséquent, la décision du gouvernement rajoute de la perte sur un mécanisme déjà producteur de pertes !
Le gouvernement a assorti cette mesure d’une décision complémentaire : le gel ne s’appliquera pas aux « petites pensions », c’est-à-dire aux retraites ne dépassant pas 1200 euros. Autrement dit, ces dernières « bénéficieront » de la revalorisation au premier octobre.
Que représente cette mesure ? Cela vaut le coup d’évaluer exactement la générosité du gouvernement et de sa majorité.
Une première précision, très importante : le niveau de 1200 euros maximum de pension prend en compte la totalité des pensions perçues, tous régimes, y compris les complémentaires.
Une seconde précision : la partie complémentaire de la pension n’est pas concernée par la revalorisation. En effet, certains syndicats (CFDT, FO, CFTC) ont signé un accord avec le patronat qui prévoit une sous indexation des retraites complémentaires, donc leur baisse de pouvoir d’achat.
Autrement dit, pour un retraité qui perçoit jusqu’à 1200 euros maximum de pension (tous régimes) la revalorisation ne s’appliquera que sur la partie retraite de base, soit, en moyenne et pour un salarié du privé, sur les deux tiers de ces 1200 euros, soit grosso modo, 800 euros.
A combien se chiffre cette revalorisation ?
Le taux de revalorisation est de 0,6 % (1,1 % d’inflation prévue en 2014 -0,5 % de différentiel entre la hausse prévue pour 2013 et celle constatée).
Une hausse de 0,6 % appliquée à 800 euros , cela donne + 4,8 euros mensuels. Et c’est un maximum puisque le calcul s’applique au plafond de 1200 euros tous régimes.
On peut évaluer la dimension de la revalorisation pour la moyenne des retraités concernés, à partir des chiffres du ministère des affaires sociales.
Le gouvernement évalue à 300 millions le coût total, pour 6,5 millions de retraités. Cela fait donc 46,15 euros par personne.
Sachant que la mesure couvre 12 mois (octobre 2014 à octobre 2015) soit 46,15 / 12 = 3,85 euros par mois en moyenne.
3,85 euros par mois, en moyenne, voilà ce que représente la mesure de préservation du pouvoir d’achat des « petites retraites »
Ajoutons à cela que, d’après nos informations, il n’est pas du tout sûr que cette maigre revalorisation puisse réellement intervenir au 1er octobre. En effet, la détermination du plafond de 1200 euros doit évidemment être individuelle et prendre en compte tous les régimes, de base et complémentaires. Un casse-tête que la CNAV aura des difficultés à résoudre d’ici octobre.
Si, comme cela est possible, la revalorisation n’intervient qu’au 1er janvier 2015, les « petit-e-s retraité-e-s » recevront, avec trois mois de retard, un royal cadeau de Noël de 3,85 euros x 3 = 14,40 euros !
Depuis l'écriture de l'article, la nouvelle (mauvaise) est tombé.
Pas de coup de pouce pour les 6,5 millions de retraités modestes au 1er octobre
Le ministère des Affaires sociales justifie la décision de ne pas revaloriser les petites retraites par la "très faible inflation".
Près de 6,5 millions de personnes sont concernées. Contrairement à ce qui avait été promis, les petites retraites ne seront pas revalorisées au 1er octobre en raison, selon le ministère des Affaires sociales, de la "très faible inflation". Le ministère a confirmé, vendredi 12 septembre, une information d'Europe 1.
La revalorisation des pensions est traditionnellement indexée sur l'inflation, pour que les Français conservent leur pouvoir d'achat malgré l'augmentation des prix. Les retraites inférieures à 1 200 euros par mois auraient dû bénéficier d'une augmentation, qui devait s'élever à environ 11 euros par mois.
Mais cela n'a pas été le cas. Le ministère a estimé que "les règles de revalorisation, du fait de la très faible inflation prévue pour 2014 [0,5%], conduisent à une stabilité des pensions".
Selon Le Monde (article abonnés), 43% des retraités touchent moins de 1 200 euros par mois. Ce qui représente plus de 6 millions de personnes.
En revanche, précise le journal, si l'on prend en compte le patrimoine (notamment immobilier) des retraités, "la médiane, c'est-à-dire la limite qui sépare la population en deux parties égales, du revenu moyen (intégrant les revenus du patrimoine) s'élève à 1 563 euros. Ce chiffre est proche du revenu médian des actifs (1 712 euros en 2011)".
Dans une note sur l'évolution du niveau de vie des retraités publiée en janvier 2014, le Conseil d'orientation des retraites estimait que le "taux de pauvreté des retraités" en 2011 était de 9,3%, contre 14,3% pour l'ensemble de la population, en raison d'une "pauvreté relativement fréquente parmi les inactifs non retraités" (étudiants, personnes handicapées, parents isolés inactifs…).
L'Insee a réalisé une prospective sur l'évolution du nombre de retraités pauvres en région Centre. Elle a conclu qu'il y aurait "un tiers de retraités pauvres supplémentaire en 2030" dans cette région. Un chiffre qu'on ne saurait étendre à tout le pays, mais qui pourrait intéresser le ministre des Finances, Michel Sapin, longtemps député de l'Indre, un département du Centre.
Par: UCR- CGT.