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La porte à gauche. Jean FERRAT a chanté que certains prétendent que le bonheur était à la porte à droite. Aujourd’hui est-il à la porte à gauche ? Oui ! mais à la condition de secouer le cocotier de la pensée convenu ! Ce petit blog crée à l’initiative de quelques militants communistes de Vierzon n’a d’autres ambitions que de donner aux citoyens un support pour s’exprimer librement sur les sujets politiques, sociaux ou culturels d’actualité du local à l’international, qui s’émancipe des discours convenus, des lignes officielles décidées par quelques notables de la politique, aux doubles langages, aux bonimenteurs de vraies fausses solutions et qui cultivent la résignation. Déverrouillez les débats et enfoncez la porte à droite (….ou à gauche ?) Les seules limites, car il en faut, à notre liberté : Celle du respect des personnes, le souci de la vérité et de faire vivre le débat. Ainsi seront exclus tous messages comprenant des insultes ou diffamations visant une (des) personne(s), seront exclues, s’ils sont avérées, des informations mensongères ou rumeur infondées. Chacun pourra également participer au débat juste et loyal en signalant un abus de cette nature. Les productions de ces abus seront retirés et l’auteur exclu du blog.

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TF1 dépolitise la Résistance et réécrit l’histoire de mon père.

Dans l’émission « Au Field de la nuit » du 12 mai dernier, Michel Field recevait Dan Franck, le scénariste de la série « Résistance ». Diffusée du 19 mai au 2 juin sur TF1, cette mini-série « inspirée de faits réels » raconte le combat de jeunes gens contre l’occupation nazie - Bernard Kirschen, fils du résistant André Kirschen.

Si ces jeunes se sont engagés, « ce n’est pas du tout pour des raisons idéologiques pour la plupart », croit savoir l’animateur.

« Oui, il n’y a pas de rapport direct au politique. Le politique arrivera un peu plus tard », acquiesce le scénariste.

C’est cette vision d’une Résistance dépolitisée que l’on retrouve dans la série : elle serait un mouvement spontané de jeunes sans idéologie…

Les faits sont pourtant têtus. Parmi les personnages principaux mis en scène dans « Résistance », on trouve mon père, André Kirschen, avec, en personnages secondaires, son frère Bernard et ses parents Marie et Joseph.

Mon père étant aujourd’hui décédé, il m’appartient de dire le malaise qui aurait été le sien à la vision de cette série. Car l’engagement d’André Kirschen est directement issu de son militantisme communiste.

« Je m’engage parce que je suis politisé. Mon action est politique », réaffirmait-il à Gilles Perrault dans un livre-témoignage, « La Mort à 15 ans ».

André, son frère et leurs amis étaient de jeunes communistes. Ils se sont lancés dans la Résistance au sein de l’OS (Organisation spéciale), structure communiste qui a engagé la lutte armée dès 1941. Aujourd’hui, il n’est visiblement pas de bon ton d’afficher l’appartenance à l’extrême gauche de ces militants. Mais nier cet idéal qui était le leur, c’est ne pas faire honneur à leur sacrifice.

Autre impair regrettable : la série naturalise la famille Kirschen, en insistant sur sa parfaite intégration. Si la famille Kirschen, juive et roumaine, était parfaitement intégrée et se vivait française, dans la France des années 30 on ne naturalisait pas si facilement des « métèques », pour reprendre l’appellation de l’époque.

Mon père ne sera naturalisé qu’en 1947 et il n’obtiendra jamais, malgré plusieurs demandes, que son frère Bernard, résistant avec lui et fusillé au Mont Valérien, soit considéré comme « mort pour la France ».

Il faut renoncer à l’histoire en forme d’image d’Epinal

Pourquoi jouer ainsi avec la réalité historique ? Pourquoi rendre Français des résistants étrangers ? Et quand le « procès » des militants de l’OS (procès dit « de La Maison de la Chimie » en avril 1942) est porté à l’écran, quel dommage de ne pas dire que trois autres condamnés sont étrangers : deux Italiens et… un Allemand.

Ce n’est pas contre les Allemands en tant qu’Allemands que se battaient ces jeunes, mais contre les nazis, les fascistes et leurs complices français.

Encore un effort, TF1 ! Pour participer au nécessaire devoir de mémoire, encore faut-il renoncer à une représentation de l’histoire en forme d’image d’Epinal. Et montrer la Résistance dans sa réalité, avec toutes ses couleurs politiques.

MAKING OF
L’auteur de ce texte, Bernard Kirschen, a 58 ans. Il est le fils d’André Kirschen (1926-2007), qui a été résistant. Voici ce qu’il en dit : « Sa famille, juive et roumaine, s’est installée en France en 1932, pour fuir l’antisémitisme. Militant aux Jeunesses communistes, André Kirschen a rejoint l’Organisation spéciale pendant la Seconde Guerre mondiale. Il vient d’avoir 15 ans quand, le 10 septembre 1941, il tire sur un officier allemand, à la station de métro Porte-Dauphine. Il est arrêté le 9 mars 1942 à la suite d’une tentative d’attentat contre l’exposition “Le bolchevisme contre l’Europe”, salle Wagram. Il est torturé par la police française, puis par les militaires nazis.

Il sera ensuite jugé avec 27 de ses camarades lors du “procès de la Maison de la chimie”, et ne devra son salut qu’à son jeune âge : le code pénal allemand réserve la peine de mort aux condamnés âgés de 16 ans ou plus. Alors que ses camarades sont exécutés, il est condamné à dix ans de prison, la peine maximale pour quelqu’un de son âge. Son frère, également résistant, et son père ont été fusillés au Mont Valérien le 11 août 42. Sa mère est morte en déportation. André Kirschen sera libéré de la prison allemande où il était enfermé en avril 1945 par les forces alliées. »

Par: Mathieu Deslandes

http://rue89.nouvelobs.com/comment/4169302#comment-4169302

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