La porte à gauche. Jean FERRAT a chanté que certains prétendent que le bonheur était à la porte à droite. Aujourd’hui est-il à la porte à gauche ? Oui ! mais à la condition de secouer le cocotier de la pensée convenu ! Ce petit blog crée à l’initiative de quelques militants communistes de Vierzon n’a d’autres ambitions que de donner aux citoyens un support pour s’exprimer librement sur les sujets politiques, sociaux ou culturels d’actualité du local à l’international, qui s’émancipe des discours convenus, des lignes officielles décidées par quelques notables de la politique, aux doubles langages, aux bonimenteurs de vraies fausses solutions et qui cultivent la résignation. Déverrouillez les débats et enfoncez la porte à droite (….ou à gauche ?) Les seules limites, car il en faut, à notre liberté : Celle du respect des personnes, le souci de la vérité et de faire vivre le débat. Ainsi seront exclus tous messages comprenant des insultes ou diffamations visant une (des) personne(s), seront exclues, s’ils sont avérées, des informations mensongères ou rumeur infondées. Chacun pourra également participer au débat juste et loyal en signalant un abus de cette nature. Les productions de ces abus seront retirés et l’auteur exclu du blog.
12 Mai 2014

Où il est question de mon lundi en Ardèche et de ma tribune dans l'Huma.
Juste avant de m'endormir, fourbu mais content, quelques mots sur la formidable journée de campagne passée ce lundi en Ardèche. Les camarades du FdG avaient organisé une journée au cordeau sans temps perdu et riche d'enseignements politiques et de découvertes humaines. Tout y est passé ou presque : la formidable scop Ardelaine (spécialisée dans les produits en laine) située depuis plus de 30 ans dans la vallée fermée de Pierreville, le soutien à un jeune lycéen arménien menacé d'expulsion à Privas, la défense de l'hôpital public à Aubenas, une réunion avec le collectif anti gaz de schiste dans la salle de la mairie de Villeneuve de Berg haut-lieu de la contestation à ce procédé, une visite à une exploitation, modèle de l'agriculture paysanne de qualité à taille humaine que nous prônons, à Sceautres, rencontre avec l'association et les cheminots qui revendiquent la réouverture de la ligne de train Ardèche rive droite devant la gare du Teil, Le Teil où la journée s'es conclue par une réunion sur le GMT dans une salle de la mairie remplie malgré les congés. Nous y reviendrons dès demain par un premier numéro de notre "route de campagne" sur le site du FdG pour les Européennes "placeaupeuple".
Mais ma journée avait commencé avec la parution de ma tribune dans l'Huma. Son titre "L'avenir du FdG c'est les Européennes".
"Cinq ans après, revoilà le Front de gauche aux élections européennes. En 2009, il constituait un espoir, il est aujourd'hui indispensable. En cinq ans, les raisons justifiant la création du FdG se sont en effet confirmées. Nous disions alors la gauche menacée de disparition politique en raison de l'adhésion progressive de la social-démocratie européenne, alors hégémonique, à l'économie de marché.
Cinq ans après, cette ligne sociale libérale est celle du gouvernement Valls. Imaginons la même situation sans le FdG et ses 11 % à la présidentielle. La seule opposition, et donc alternative, à cette politique serait du côté de la droite et du FN. Les organisations et courants qui composent aujourd'hui le FdG seraient réduits à l'impuissance dans laquelle, alors divisés, ils se trouvaient avant 2009. Il est toujours bon de rappeler ce passé récent pour mieux apprécier ce que nous sommes devenus.
Certes, le FdG a connu une crise lors des municipales. Pour la première fois depuis 2009, nous n'avons pas été capables de présenter une stratégie commune et nationale à une élection qui l'était. Divisés et peu lisibles, nous n'avons pas obtenu le résultat qui aurait dû être le nôtre. Est-ce que le débat est clos ? Non bien sûr. Je suis d'ailleurs convaincu que le FdG ne survivrait pas à un autre « accident politique » de cette ampleur. Doit-il pour autant nous paralyser ? Est-ce l'heure de l'introspection ? Non, pas plus, car la situation réclame toujours davantage de preuves du FdG. C'est-à-dire la démonstration matérielle, à l'échelle des « masses », qu'une autre voie est possible à gauche et que des forces se donnent, par leur unité, les moyens de lui donner une traduction gouvernementale. C'est cette impérieuse nécessité qui nous a permis, malgré le calendrier, de conclure un accord sur le programme et sur les listes pour les européennes. Je sais bien, pour l'avoir mené côté PG, que cela ne s'est pas fait sans mal. Quoi de plus normal à la sortie du traumatisme des municipales ? Au final, chacun a fait des concessions pour y parvenir. Je suis convaincu qu'il était le seul accord possible pour repartir de l'avant.
Le Front de gauche est donc en place, n'en déplaise à ceux qu'il gêne depuis sa création. Loin parfois de débats internes, pas toujours internes malheureusement, qui reflètent chez quelques-uns une culture minorisante de l'entre-soi, les militants et sympathisants répondent présent sur le terrain. La belle marche du 12 avril avait montré un FdG mobilisé. Cela a été à nouveau le cas lors d'un 1er Mai bien plus combatif que ne l'ont décrit les médias. Le mois de mai a ainsi bien débuté dans la rue, il tient largement au FdG qu'il se conclue aussi bien le 25 dans les urnes.
Nous avons des atouts. Le bulletin FdG va en effet compter triple.
Voter FdG permet de régler ses comptes avec un gouvernement dont la politique de droite divise la gauche, et d'ouvrir un espoir. Malgré le vote obtenu par Manuel Valls à l'Assemblée, on sent bien que la majorité gouvernementale se fissure : sortie d'EELV du gouvernement, MRC en dissidence publique, nombre grandissant de socialistes critiques qui ont exprimé leur refus du pacte de responsabilité. La majorité alternative que nous nous donnions pour objectif de construire dans notre texte stratégique de janvier 2013 n'est donc plus seulement sur le papier. Elle peut même se concrétiser en permettant à une large alliance de la gauche anti-austérité et anti-productiviste de diriger des régions et départements en 2015, pour peu qu'à l'offensive et audacieux, le FdG soit capable d'en être le déclencheur. Un bon résultat aiderait évidemment le FdG dans cette mise en mouvement pour une alternative de gauche.
Voter FdG offre le moyen au peuple de gauche de régler ses comptes avec l'Europe austéritaire. Car on ne réformera plus cette Europe-là, il faut rompre avec elle et ses traités si on veut espérer un jour refonder un autre projet européen. Nous sommes la seule liste à gauche à porter cette volonté de rupture et, puisque de gauche, à le faire au nom de la coopération entre les peuples. Notre programme « Rompre, et refonder l'Europe » indique les mesures d'urgence à prendre et la méthode de désobéissance par laquelle nous comptons les mettre en oeuvre (1).
Voter FdG, c'est évidemment envoyer le maximum de députés au Parlement européen. Nous ne semons pas d'illusions, les traités sont ainsi faits, le rapport de forces est tel dans l'UE, que ce n'est pas par le Parlement européen que nous transformerons les choses. Ce sera plus sûrement par le levier national à travers l'action résolue d'un gouvernement réellement de gauche. Reste que nous connaissons l'utilité de députés de résistance dans l'instance européenne et dans les mobilisations. Et s'il ne fallait qu'une raison, elle serait de taille puisque, cette fois, il leur reviendra de voter le grand traité transatlantique entre l'UE et les États-unis. Élire un député FdG de plus équivaut à un non de gauche de plus au Tafta.
Après les élections européennes de 2009, puis la présidentielle, le scrutin de mai est un des plus importants dans la jeune histoire du FdG. La droite et l'extrême droite seront hautes. La politique du gouvernement en est la cause. Mais la vraie surprise de cette élection peut être ailleurs car les listes du PS vont être très lourdement sanctionnées. Mobilisons notre électorat, convainquons les déçus de Hollande que notre bulletin vaut bien mieux que l'abstention et je suis persuadé que le FdG ne sera pas loin d'être en tête de la gauche. Nous avons peu de temps, cette campagne sera un sprint. Alors retroussons-nous les manches. Le FdG n'a jamais été aussi utile que dans l'action. Tournons-nous, comme nous avons su le faire depuis notre création, vers nos concitoyen-ne-s. Remettons à plus tard nos débats sur l'avenir du FdG y compris la nécessité, que je partage, d'en faire un front du peuple s'appuyant sur l'implication citoyenne. Cinq ans après, le FdG a son avenir entre les mains. Et donc, sans doute, l'avenir de la gauche.
Par: Eric COQUEREL.