Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
citoyen18.overblog.com

La porte à gauche. Jean FERRAT a chanté que certains prétendent que le bonheur était à la porte à droite. Aujourd’hui est-il à la porte à gauche ? Oui ! mais à la condition de secouer le cocotier de la pensée convenu ! Ce petit blog crée à l’initiative de quelques militants communistes de Vierzon n’a d’autres ambitions que de donner aux citoyens un support pour s’exprimer librement sur les sujets politiques, sociaux ou culturels d’actualité du local à l’international, qui s’émancipe des discours convenus, des lignes officielles décidées par quelques notables de la politique, aux doubles langages, aux bonimenteurs de vraies fausses solutions et qui cultivent la résignation. Déverrouillez les débats et enfoncez la porte à droite (….ou à gauche ?) Les seules limites, car il en faut, à notre liberté : Celle du respect des personnes, le souci de la vérité et de faire vivre le débat. Ainsi seront exclus tous messages comprenant des insultes ou diffamations visant une (des) personne(s), seront exclues, s’ils sont avérées, des informations mensongères ou rumeur infondées. Chacun pourra également participer au débat juste et loyal en signalant un abus de cette nature. Les productions de ces abus seront retirés et l’auteur exclu du blog.

Publicité

Le monde universitaire, en colère et en détresse.

Déjà 10 000 signataires pour la pétition des enseignants-chercheurs, « Le changement à l’université et dans la recherche, c’est maintenant ? ». Face à la dégradation des conditions de travail, les universitaires demandent la parole. Explications avec Pierre-Yves Baudot, maître de conférences en science politique à l’Université Versailles-Saint-Quentin en Yvelines.

La pétition des enseignants-chercheurs, fait suite au discours du 2 avril de la ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche, Geneviève Fioraso. Le monde universitaire est en colère ou en détresse ?
Pierre-Yve
s Baudot : En colère parce que notre ministre a une vision de l’Enseignement Supérieur bien éloigné de la réalité de nos pratiques.
Cette pétition a été signée aussi bien par des professeurs que par des jeunes chercheurs ou doctorants… et non par des entités politiques ou syndicales. Nous avons souhaité mettre en lumière ce qu’il se passe réellement dans nos facultés. Les réformes actuelles, dont les restrictions budgétaires, du gouvernement menacent la qualité du travail des enseignants mais aussi celle des étudiants. C’est aussi un signe de détresse car nos universités sont dans une situation délicate. Si Versailles-Saint Quentin en Yvelines a fait l’actualité du mois de décembre (1), d’autres subissent les mêmes difficultés financières. Si on ne s’attend pas à ce que François Hollande reviennent sur la loi LRU(2), il y a des choses qui doivent tout de même cesser, comme le plein pouvoir des hautes instances universitaires.

Justement, en pleine faillite financière, comment se porte l’Université de Versailles-Saint Quentin en Yvelines ?
Pierre-Yve
s Baubot : L’Etat et l’Université ont indiqué un déficit de 7,2 millions d’euros (2) concernant notre université. Il est bien plus grand en réalité. Pour réduire ce trou, les dotations annuelles de nos unités de formation et de recherches ont été réduites, voir gelées. Paradoxalement, la faillite n’est pas visible à vue d’œil. C’est une fac’ assez jeune avec de beaux bâtiments. Pour autant, rendez-vous compte qu’à cause d’un ascenseur en panne, qu’on ne peut réparer, faute de moyens, l’un des bâtiments de l’université n’est plus accessible à tous. Inimaginable. Sans grande dotation de l’Etat, nous sommes condamnés à travailler avec le peu de moyen qu’il nous reste.

De fait, quelles en sont les conséquences sur le parcours universitaire des enseignants et de leurs étudiants ?
Pierre-Yv
es Baudot : Nous avons été obligés de supprimer des cours magistraux aux étudiants. Aujourd’hui, ils n’ont plus que 12 semaines de CM (13 semaine auparavant, ndlr). Par conséquent, nos professeurs titulaires doivent rattraper ces heures perdues sur des TD ; cours généralement effectués par des vacataires. Conclusion, on prend la place des vacataires et ils doivent retrouver une place ailleurs. Une véritable précarité, pour ces non-titulaires, qui doit cesser. Alors la question se pose : Jusqu’où allons-nous aller pour réduire nos dettes? Autre démarche à but économique, publier les cours sur internet. Mais nous allons perdre tout contact avec les élèves. L’échange direct, le face-à –face, sont des moments de partage, de vie, à préserver entre l’enseignant et les étudiants. Finalement, on doit travailler autrement. Le corps professoral a fait des efforts pour le « zéro papier », par exemple. Pourquoi pas. Mais cette volonté de faire des économies ne doit pas endommager la qualité de notre mission pédagogique. Je tiens à rappeler qu’avant d’être un centre de coût et de profit, nous sommes un centre d’apprentissage.

L’innovation est-elle encore possible aujourd’hui ?
Pierre-Yv
es Baudot : Oui. Les chercheurs et enseignants de toutes les universités de France sont productifs, c’est certain. On s’investit énormément dans notre métier. Au-delà des cours, nous participons à des colloques, nous publions des articles scientifiques… Mais nous aimerions avoir plus de temps à consacrer à la recherche. Malheureusement, la bureaucratisation croissante des universités n’arrange pas les choses ; le poids de la paperasserie pour obtenir des subventions, préparer des projets d’études ou proposer des stages à nos étudiants, étant très pesant. Si le gouvernement souhaite que l’enseignement supérieur reste un lieu de transmission du savoir et une injonction à l’excellence, il faudra ouvrir le débat rapidement et laissez la parole à ceux qui travaillent et étudient au quotidien dans les universités.

(1) En décembre 2013, l’Université de Versailles-Saint Quentin en Yvelines est au bord de la faillite. Le déficit annoncé par le ministère s’étend à 7,2 millions d’euros.

(2) Loi d’autonomie des universités mise en place en 2007, sous le gouvernement Sarkozy. Elle leur donne la possibilité de gérer leur masse salariale et leur patrimoine.

- See more at: http://www.humanite.fr/le-monde-universitaire-en-colere-et-en-detresse-520179#sthash.OyKf6MAB.dpuf

Entretien avec Pierre-Yves Baudot

Publicité
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article