La porte à gauche. Jean FERRAT a chanté que certains prétendent que le bonheur était à la porte à droite. Aujourd’hui est-il à la porte à gauche ? Oui ! mais à la condition de secouer le cocotier de la pensée convenu ! Ce petit blog crée à l’initiative de quelques militants communistes de Vierzon n’a d’autres ambitions que de donner aux citoyens un support pour s’exprimer librement sur les sujets politiques, sociaux ou culturels d’actualité du local à l’international, qui s’émancipe des discours convenus, des lignes officielles décidées par quelques notables de la politique, aux doubles langages, aux bonimenteurs de vraies fausses solutions et qui cultivent la résignation. Déverrouillez les débats et enfoncez la porte à droite (….ou à gauche ?) Les seules limites, car il en faut, à notre liberté : Celle du respect des personnes, le souci de la vérité et de faire vivre le débat. Ainsi seront exclus tous messages comprenant des insultes ou diffamations visant une (des) personne(s), seront exclues, s’ils sont avérées, des informations mensongères ou rumeur infondées. Chacun pourra également participer au débat juste et loyal en signalant un abus de cette nature. Les productions de ces abus seront retirés et l’auteur exclu du blog.
12 Février 2014
A 8 semaines seulement des élections municipales, les élections européennes risque de susciter peu d’intérêt. C’est en tous les cas le pari du PS et l’UMP considèrent qu’il sera plus difficile d’engager un débat de fond sur un sujet aussi essentiel après des mois d’une campagne municipale réduire à sa dimension locale la plus étroite par une majorité d’élus municipaux.
Un scrutin européen qui doit permettre au Front de Gauche de rebondir
Il est vrai que l’élection européenne, seul scrutin proportionnel en France, a de quoi susciter les inquiétudes de ceux qui ne veulent pas changer la marche des affaires européennes et notamment sa soumission croissante au diktat de l’oligarchie financière.
Ce rendez-vous est en effet l’occasion de voir surgir sur la scène politique des thématiques qui font horreur aux tenants du système.
Dans ce contexte, si le front de gauche semble en difficulté pour ces européennes Après une campagne municipale ou sa cohérence a été mise à mal par les stratégies divergences de ces partenaires et des alliances locales parfois ambiguës dans de trop nombreuses communes, il peut rebondir en prenant en compte les leçons du passé, en faisant le pari du peuple et de l’audace pour ce scrutin.
Pour un programme de « dé mondialisation de gauche » : mettre en débat la sortie de l’euro et rupture avec l’ordre juridique et monétaire des institutions européennes et internationales
D’abord en engageant un vrai débat critique sur les orientations passées pour les dépasser.
Chacun constate l’échec des thématiques des précédentes campagnes européennes conduites par la gauche non social-démocrate – dont la fameuse campagne « bouge l’Europe » de 1999 en est la caricature la plus extrême- et qui subordonnait les transformations sociales en France à une hypothétique réforme au sommet des institutions et des politiques européenne. Les français, notamment ceux issus des classes populaires, constatent lucidement que cette orientation est utopique. Ils l’on fait savoir avec constance car aucune liste de la gauche radicale depuis 1984 (liste conduite à l’époque par G MARCHAIS qui avait captée 11,09 % des voix) n’a réalisé un score à deux chiffres.
Ensuite en faisant le pari de la lucidité politique et de l’audace.
Aujourd’hui le tabou sur l’Euro et la nécessité de mettre en œuvre des mesures protectionnistes au niveau national pour préserver les emplois et nos services publics commence à être levé à gauche sur les bases d’analyses politiques et économiques lucides. Des organisations comme le M’ PEP, des économistes hétérodoxes comme J NIKONOFF ou J SAPIR, des penseurs inclassables comme E TODD*, ou des auteurs tels Aurélien BERNIER* ou François RUFFIN posent désormais clairement la nécessité de construire un programme de « dé mondialisation de gauche » basé sur une hypothèse de la sortie de l’Euro et des mesures protectionnistes ciblés et unilatérales. Ce programme vise non pas à préserver les intérêts capitalistes nationaux –position tenue par le FN - mais à reconquérir les capacités de transformation sociale en France notamment en faveur des ouvriers, des salariés et des classes populaires en générale, catégories de la population la plus violemment soumise aux conséquences de la mondialisation capitaliste.
Le Front de gauche dans ce contexte ne part pas de rien puisque, sans toutefois lever toutes les incohérences, il a posé quelques jalons dans son programme « l’humain d’abord ».
Il est donc aujourd’hui plus que nécessaire d’aller plus loin, de susciter le débat sur ce programme de «dé mondialisation de gauche».
Outre son impact économique, la portée politique d’un tel programme est considérable.
En ramenant à l’échelle nationale les moyens concrets de se soustraite à la dictature des marchés financiers et des politiques ultralibérales, il sera possible, pour la première fois depuis trente ans d’opposer avec succès au nationalisme du front national une souveraineté populaire de gauche concrète et inséparable de la coopération et de la solidarité internationale. Nous pourrons alors ensemble et cette foi efficacement combattre l’extrême droite sur le plan des idées et reconquérir l’électorat populaire qui a déserté la gauche sur des bases radicalement antilibérale grâce à des mesures concrètes mobilisatrices.
JLM
* Aurélien BERNIER « la gauche radicale et ses tabous, pourquoi le Front de Gauche échoue face au FN ». Le seuil, janvier 2014
*E TODD, Le mystère français, (en collaboration avec Hervé Le Bras), Paris, Le Seuil, coll. « La République des idées », mars 2013