La porte à gauche. Jean FERRAT a chanté que certains prétendent que le bonheur était à la porte à droite. Aujourd’hui est-il à la porte à gauche ? Oui ! mais à la condition de secouer le cocotier de la pensée convenu ! Ce petit blog crée à l’initiative de quelques militants communistes de Vierzon n’a d’autres ambitions que de donner aux citoyens un support pour s’exprimer librement sur les sujets politiques, sociaux ou culturels d’actualité du local à l’international, qui s’émancipe des discours convenus, des lignes officielles décidées par quelques notables de la politique, aux doubles langages, aux bonimenteurs de vraies fausses solutions et qui cultivent la résignation. Déverrouillez les débats et enfoncez la porte à droite (….ou à gauche ?) Les seules limites, car il en faut, à notre liberté : Celle du respect des personnes, le souci de la vérité et de faire vivre le débat. Ainsi seront exclus tous messages comprenant des insultes ou diffamations visant une (des) personne(s), seront exclues, s’ils sont avérées, des informations mensongères ou rumeur infondées. Chacun pourra également participer au débat juste et loyal en signalant un abus de cette nature. Les productions de ces abus seront retirés et l’auteur exclu du blog.
1 Novembre 2013
La presse quotidienne se porte mal. Tout le monde n’en est pas attristé. C’est l’occasion pour les ténors du CAC 40, rois de la banque, de l’armement, ou de la communication de faire main basse sur des titres reconnus et dont les équipes, affaiblies et menacées, leur résisteront moins. Quoi de mieux qu’un journal reconnu pour faire approcher l’opinion, la circonvenir et la préparer aux mesures qui favorisent leurs puissants intérêts. Derrière les rachats, cette scène se joue partout, tout juste masquée par la fiction de la neutralité de la presse. Comme si chaque titre n’exprimait pas un regard sur le monde, des intérêts sociaux, politiques ou économiques bien précis!
Là comme ailleurs, les difficultés sont présentés comme la conséquence inéluctable des évolutions techniques, du coût du travail trop élevé (hier celui des ouvriers du Livre; désormais celui des journalistes) , ou de l’irruption des journaux gratuits - quoi que payés par les consommateurs sous forme de frais de publicité - qui donnent à chacun accès à une information qui ne dérange pas les annonceurs. Le panorama dont rêve l’oligarchie qui pilote l’économie c’est une information «low coast», bas de gamme, destinée au plus grand nombre tandis qu’une clientèle privilégiée aurait droit à des traitements de première classe dans des supports soignés. Le patron d’Amazon ne dit pas autre chose quand il justifie son rachat d’un des fleurons de la presse américaine, le Washington Post, en prédisant que les journaux deviendront un produit de luxe. Internet et imprimés vivent la même dérive, dominés par les plus forts et les plus riches, qui accèdent de ce fait au plus grand nombre. Là une info mâchée et remâchée, expurgée des pensées dérangeantes, envahit la toile; là , des sites payants divulguent de petits secrets à un petit nombre. De là naît le rejet de la pensée unique, l’impression d’uniformisation, de rupture de confiance, de manipulation.
L’accès à l’information est un enjeu démocratique majeur alors que nous vivons une crise de la démocratie. Dans un monde toujours plus complexe, où l’homme tient entre ses mains son développement ou sa perte, les décisions doivent être toujours plus partagées, donc soutenue par une information étendue, contradictoire, discutée. Le pluralisme n’est pas une posture morale c’est un impératif de fonctionnement des sociétés. Il est dans un extrême péril aujourd’hui. Déjà, les grands intérêts financiers ou industriels contrôlent l’essentiel des médias. Le filtre y est puissant dans le privé comme dans le public: aucun journaliste de l’Humanité n’a été convié à s’exprimer sur TF1 comme sur France 2 depuis l’élection de Nicolas Sarkozy et sur France Inter aucun chroniqueur du journal de Jaurès n’est convié alors que tous les autres titres ont micros ouverts.
Las, les dispositions les plus inquiétantes se préparent qui menaceraient les titres de la presse quotidienne et singulièrement ceux qui ne sont pas abreuvés de publicité. Affaiblissement du réseau de distribution des journaux, suppression du moratoire postal qui limitait la hausse des coûts d’acheminement, menaces sur les aides à la presse à faibles ressources publicitaires, conditionnement des aides aux critères dictés par le gouvernement, faible compensation du pillage de l’infomation par Google... Il est urgent de réagir. Les lecteurs de l’Humanité savent voler à la rescousse de leur quotidien. Mais c’est aussi l’affaire de tous les démocrates.
Par Patrick Apel-Muller.