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La porte à gauche. Jean FERRAT a chanté que certains prétendent que le bonheur était à la porte à droite. Aujourd’hui est-il à la porte à gauche ? Oui ! mais à la condition de secouer le cocotier de la pensée convenu ! Ce petit blog crée à l’initiative de quelques militants communistes de Vierzon n’a d’autres ambitions que de donner aux citoyens un support pour s’exprimer librement sur les sujets politiques, sociaux ou culturels d’actualité du local à l’international, qui s’émancipe des discours convenus, des lignes officielles décidées par quelques notables de la politique, aux doubles langages, aux bonimenteurs de vraies fausses solutions et qui cultivent la résignation. Déverrouillez les débats et enfoncez la porte à droite (….ou à gauche ?) Les seules limites, car il en faut, à notre liberté : Celle du respect des personnes, le souci de la vérité et de faire vivre le débat. Ainsi seront exclus tous messages comprenant des insultes ou diffamations visant une (des) personne(s), seront exclues, s’ils sont avérées, des informations mensongères ou rumeur infondées. Chacun pourra également participer au débat juste et loyal en signalant un abus de cette nature. Les productions de ces abus seront retirés et l’auteur exclu du blog.

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« Le gouvernement ne peut rester en roue libre »

Billet publié sur le site du Nouvel Observateur.

par Michaël MOGLIA, membre du conseil national du Parti Socialiste, conseiller régional du Nord-Pas de Calais

 Alors que Jérôme Cahuzac a présenté sa démission mardi 19 mars, le président et son Premier ministre sont au plus bas dans les enquêtes d’opinion. Des résultats qui n’étonnent pas Michaël Moglia, conseiller régional du Nord-Pas-de-Calais, qui a quitté le Parti socialiste en 2012 après 23 ans, écœuré par le manque d’actions et de réactions des socialistes au pouvoir.Édité et parrainé par Mélissa Bounoua
 

Le siège du parti socialiste à Paris le soir de l'élection de François Hollande le 6 mai 2012 (REVELLI-BEAUMONT/SIPA)
Le siège du parti socialiste à Paris le soir de l’élection de François Hollande le 6 mai 2012 (REVELLI-BEAUMONT/SIPA)

J’ai quitté le parti socialiste en décembre 2012. Au siège du PS, rue de Solférino, personne n’a réagi après la publication d’un texte dans « Libération » annonçant mon départ. J’ai contacté Harlem Désir pour lui dire mon étonnement vis-à-vis de cette non-réaction. Mais cela ne m’a pas surpris outre mesure car l’actuel Premier secrétaire a été placé à ce poste pour ne pas entraver la politique du gouvernement, il a mis en sommeil le parti.

Une situation incroyable

Le gouvernement est en roue libre précisément parce que le parti de gauche majoritaire n’est pas assez puissant et réactif.

Le PS devrait rappeler les engagements pris par François Hollande pendant la campagne. Car nous faisons face à une situation incroyable : on dirait qu’ils n’étaient pas au courant de l’ampleur de la crise en arrivant au pouvoir, et si c’est effectivement le cas, c’est de l’amateurisme. Ou alors, ils en étaient conscients et nous avons menti pendant toute la campagne car nous avons proposé des choses qui ne sont pas applicables en l’état.

Dans ce contexte, la démission de Jérôme Cahuzac ne fait que souligner la position délicate de François Hollande, qui a toujours défendu l’idée de « République exemplaire ». Si le président avait apparemment déjà été alerté d’une possibilité de l’existence d’un compte en Suisse, j’ai beaucoup de mal à comprendre que, lorsqu’il l’a nommé au gouvernement, il ne se soit pas assuré en amont qu’il n’y aurait aucun problème dans les mois qui ont suivi son arrivée à Bercy.

Entendons-nous bien, Jérôme Cahuzac n’avait pas le choix. Et, pour l’instant, il est toujours innocent jusqu’à preuve du contraire. Étant donné qu’il était au ministère du Budget, il ne pouvait pas demander aux Français de faire des efforts tout en ayant des soupçons qui pesaient sur lui.

Où est le changement ?

Au-delà de ça, ce qui me sidère, c’est que, chaque jour, il y a une annonce du gouvernement qui marque un retrait vis-à-vis des promesses faites pendant la campagne. À propos de la TVA par exemple, on nous avait demandé de manifester contre la TVA sociale, rebaptisée  »anti-sociale ». Puis, on nous a annoncé qu’une TVA à 20,5% serait mise en œuvre. Par ailleurs, je suis en charge à la région Nord-Pas-de-calais du personnel, je suis intervenu à chaque débat budgétaire pour lutter contre la politique de non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux (évoqué dans la RGPP), or cette politique existe toujours. Elle est appliquée et accentuée dans certains domaines.

De plus, en tant qu’élus locaux, nous vivons de plein fouet la diminution des dotations d’État, or François Hollande s’était engagé sur une augmentation en 2014 et 2015. Il a confirmé il y a quelques semaines que ces dotations baisseraient dans les deux années à venir.

Même chose à propos des retraites, les socialistes ont manifesté pour se plaindre de la réforme menée par Nicolas Sarkozy. Or aujourd’hui, les représentants socialistes, même à la gauche du parti, Henri Emmanuelli notamment, interviennent dans les médias pour expliquer qu’il sera nécessaire de retarder les départs en retraite.

On se demande donc où est le changement.

Un système en crise

Pour certains électeurs, depuis que le gouvernement socialiste est arrivé au pouvoir, leur situation s’est aggravée. Les syndicalistes de Florange ont pleuré à la fermeture de leur usine, quand François Hollande leur avait promis un an auparavant qu’elle ne fermerait pas. Il y a un problème, notre système ne tourne pas rond.

Le gouvernement devait combattre des mesures mises en place par le précédent gouvernement, il ne le fait pas et des mesures indispensables ne passeront pas alors qu’elles avaient été promises durant la campagne.

Lorsque je me suis retiré du PS, j’ai choisi de créer un nouveau groupe, « la Gauche maintenant ! ». Parce qu’au conseil régional le PS n’avait qu’un siège d’avance. En me retirant, j’ai eu conscience des conséquences que cela aurait : le PS a perdu la majorité. Le parti dans son fonctionnement actuel, et c’est dramatique d’en arriver là, fait qu’on est plus utile à l’extérieur qu’en son sein, je l’ai réalisé. Le PS n’ayant plus de majorité, nous avons obtenu l’attention que nous méritions pendant les débats budgétaires au Conseil régional.

J’ai essayé de faire avancer les choses pendant 23 ans au parti socialiste, pendant 9 ans au conseil national. J’ai toujours été écouté, mais jamais entendu.

Toujours socialiste, pas encarté

Aujourd’hui, plus généralement, les sympathisants et les militants de gauche sont écœurés, déçus. Pour autant ils restent de gauche. Or, il n’existe pas pour tous ces gens-là d’alternative. Nous avons fait ce que nous avons pu au niveau régional en créant un nouveau groupe : deux anciens du Front de gauche, deux écologistes, une syndicaliste et moi-même. Ce qui prouve qu’un rassemblement de la gauche est possible.

Je me vois toujours comme un socialiste. Mais je ne suis pas le même socialiste que Jérôme Cahuzac ou Pierre Moscovici, qui ne le sont plus depuis très longtemps selon moi. Je me sens bien plus proche de l’héritage de François Mitterrand. Il faut se rappeler que, lorsqu’il était arrivé au pouvoir en 1981, la situation économique était catastrophique aussi. Ronald Reagan avait pris des décisions qui impactaient toute l’Europe. Pour autant, il a fait passer en priorité les questions sociétales parce que cela coûtait peu.

Aujourd’hui, je reproche à François Hollande de ne pas être plus actif sur ces questions. Cela ne coûterait rien d’interdire les crédits revolving par exemple. Les questions sociétales ne les intéressent plus, les socialistes au pouvoir semblent obnubilés par le respect des 3% de PIB de déficit imposé pour l’Union européenne. Cela ne peut pas être la façon dont la gauche gouverne la France.

Propos recueillis par Mélissa Bounoua

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