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La porte à gauche. Jean FERRAT a chanté que certains prétendent que le bonheur était à la porte à droite. Aujourd’hui est-il à la porte à gauche ? Oui ! mais à la condition de secouer le cocotier de la pensée convenu ! Ce petit blog crée à l’initiative de quelques militants communistes de Vierzon n’a d’autres ambitions que de donner aux citoyens un support pour s’exprimer librement sur les sujets politiques, sociaux ou culturels d’actualité du local à l’international, qui s’émancipe des discours convenus, des lignes officielles décidées par quelques notables de la politique, aux doubles langages, aux bonimenteurs de vraies fausses solutions et qui cultivent la résignation. Déverrouillez les débats et enfoncez la porte à droite (….ou à gauche ?) Les seules limites, car il en faut, à notre liberté : Celle du respect des personnes, le souci de la vérité et de faire vivre le débat. Ainsi seront exclus tous messages comprenant des insultes ou diffamations visant une (des) personne(s), seront exclues, s’ils sont avérées, des informations mensongères ou rumeur infondées. Chacun pourra également participer au débat juste et loyal en signalant un abus de cette nature. Les productions de ces abus seront retirés et l’auteur exclu du blog.

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Publié le par "Citoyen 18"
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source photo : le parisien

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Des internes en médecine ont manifesté mardi [18/04/2017] contre la réforme de leurs études. Franceinfo est allé à leur rencontre.

"Internes mal formés, cancer assuré. Internes mal formés, patients mal soignés" : les slogans, scandés par plusieurs centaines d'étudiants en médecine, résonnent devant le ministère de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, mardi 18 avril. Blouses blanches sur le dos et banderoles multicolores à la main, ils protestent contre la réforme du troisième cycle des études médicales –également appelé internat – qui sera applicable à la rentrée prochaine.

Une mesure en particulier déclenche la colère des manifestants, qui ont appelé à la grève : le maintien d'un cursus en quatre ans dans certaines spécialités alors que l'InterSyndicat national des internes (Isni) voudrait l'étendre à cinq. C'est le cas de la cardiologie, de la néphrologie et de l'hépato-gastro-entérologie.

Franceinfo vous explique pourquoi cette décision met, selon les manifestants, la santé des patients en danger.

[…]

LIEN VERS LA SUITE DE L’ARTICLE CI-DESSOUS :

 

"Le gouvernement sacrifie la santé pour réduire les coûts" : pourquoi les internes en médecine sont en colère

"Le gouvernement sacrifie la santé pour réduire les coûts" : pourquoi les internes en médecine sont en colère

"Internes mal formés, cancer assuré. I nternes mal formés, patients mal soignés" : les slogans, scandés par plusieurs centaines d'étudiants en médecine, résonnent devant le ministère de l'...

http://www.francetvinfo.fr/economie/greve/greve-de

 

 

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Urgences saturées, épidémie de grippe, mal vie au travail... de multiples expressions ces dernières semaines concrétisent la crise de l'hôpital.

En réalité, l'hôpital public, la santé publique sont malades de l'austérité, des plans d'économies drastiques qui se concrétisent par des contrats de retour à l'équilibre financier supprimant des milliers d'emplois au plan national. 

Ce n'est pas le projet de la droite ou pire celui de l'extrême droite qui peut répondre à cette situation. Attaquer le service public, remettre en cause le droit syndical, diminuer le nombre de fonctionnaires ne sont pas des solutions. 

Il faut une politique authentiquement de gauche, alternative à l'austérité, promouvant le service public. Le remboursement à 100% par la sécurité sociale des soins prescrits est l'ambition à atteindre.

Citoyen18

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pour agrandir le texte, lien ci-dessous:

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En 2012, François Hollande a aussi été élu sur une promesse de redressement des finances publiques. Qui s’en souvient ? Début septembre, la ministre de la santé fanfaronnait en présentant le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2017 : « L’histoire de ce quinquennat, c’est la fin des déficits sociaux », déclarait-elle aux Échos. Le plan de communication n’ayant pas pris, Marisol Touraine a donc fait plus sobre à l’ouverture des débats sur le projet de loi, mardi 25 octobre, devant un hémicycle atone, même pas hostile : « Notre Sécurité sociale était grevée par les déficits. Nous l’avons redressée, année après année. Elle avait été affaiblie par des années de renoncements, de reculs sur les droits sociaux, nous l’avons modernisée. »

Le bilan comptable est bon, en effet : malgré la crise économique, le régime général – qui comprend les branches maladie, retraite, famille et accidents du travail – doit presque revenir à l’équilibre en 2017, à – 400 millions d’euros. Il faut cependant y ajouter le déficit de moins 3,8 milliards d’euros du Fonds de solidarité vieillesse (FSV), qui finance le minimum vieillesse. Et surtout ne pas perdre de vue les 160 milliards d’euros de dette sociale accumulée, pris en charge chaque année par la Caisse d’amortissement de la dette sociale. Mais c’est un fait, les comptes sociaux n’ont jamais été aussi équilibrés en France depuis très longtemps, ainsi que le montre le graphique ci-dessous.

 

Ondam = Objectif national de dépenses d’assurance maladie Ondam = Objectif national de dépenses d’assurance maladie

Hélas, ce récit comptable d’une Sécurité sociale « sauvée » est en profond décalage avec le vécu des Français et des professionnels de santé. Car les sources du « redressement », selon le mot de Marisol Touraine, sont surtout des mesures d’économies : la réforme des retraites, la modulation des allocations familiales selon les ressources… Pour l’assurance maladie, le gouvernement a resserré comme jamais l’enveloppe financière dédiée à la santé : l’Objectif national de dépenses d’assurance maladie (Ondam) n’a progressé que de 1,8 % en 2016. L’étreinte se desserre un peu en 2017, à + 2,1 %. Mais c’est un trompe-l’œil, car la croissance « tendancielle » des dépenses sera très forte l’année prochaine, selon le Comité d’alerte sur l’évolution des dépenses d’assurance maladie : + 4,3 %, en raison du vieillissement de la population, des progrès techniques, de l’arrivée de médicaments très coûteux, des augmentations de tarif accordées aux médecins libéraux et de la hausse du point d’indice dans la fonction publique hospitalière.

Les agents hospitaliers ont bénéficié, comme tous les fonctionnaires, d’une hausse du point d’indice de 1,2 %, après un gel de six ans. Ces mesures salariales ont un coût pour l’hôpital de 700 millions d’euros. Et ce qui a été donné d’une main se reprend de l’autre : l’hôpital se retrouve en 2017 face à une montagne d’1,5 milliard d’euros d’économies à faire. Officiellement, il doit « optimiser ses dépenses et ses achats », procéder à des « mutualisations » au sein des groupements hospitaliers de territoire, en cours de constitution. Mais personne n’est dupe, lorsque la masse salariale représente 60 à 85 % des dépenses de l’hôpital : un nouvel effort de productivité sera réclamé aux agents hospitaliers, dégradant encore leurs conditions de travail.

Leur augmentation de salaire est décidément cher payée, car ils vont aussi perdre en possibilités de formation continue. C’est la dernière trouvaille budgétaire d’un PLFSS toujours très créatif : les réserves de l’Association nationale pour la formation permanente du personnel hospitalier (ANFH) sont siphonnées à hauteur de 300 millions d’euros, notamment pour abonder le fonds de modernisation des établissements de santé, préalablement gelé pour équilibrer l’Ondam 2016… L’ANFH est pourtant financé par une contribution de tous les établissements publics. « La quasi-totalité de nos réserves est ponctionnée. Le ministère considère que cela n’aura pas de répercussions, mais c’est faux », prévient son président au titre de la Fédération hospitalière de France, Alain Michel. « Nous ne pourrons pas financer les études promotionnelles de nombreux agents, qui permettent à des aides-soignantes de devenir infirmières, à des infirmières de devenir infirmières anesthésistes », explique Luc Delrue, vice-président au titre du syndicat FO.

Mais la solidarité nationale n’a pas reculé, comme l’a rappelé Marisol Touraine aux députés : il n’y a pas eu « un seul déremboursement économique, aucune nouvelle franchise, aucun nouveau forfait. Au contraire, nous avons inversé la vapeur ». La part des dépenses prise en charge par la Sécurité sociale a en effet augmenté entre 2011 et 2015, passant de 77,1 à 78,2 %. La part des dépenses prise en charge par les complémentaires a au contraire baissé, passant de 13,6 % à 13,3 %, comme celles payées directement de leur poche par les Français (8,4 %). Mais là encore, ce bilan bien réel est en contradiction avec l’expérience quotidienne des Français, car la Sécurité sociale concentre de plus en plus ses dépenses sur les Français les plus malades, ceux qui sont en affection longue durée (ALD), pris en charge à 100 % par l’assurance maladie.

Par Caroline Coq-Chodorge et MEDIAPART.

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Opacité, incapacité récurrente à tirer les leçons de ses propres erreurs, défauts d’organisation : du Mediator à l’essai clinique de Rennes, l’ANSM (Agence nationale de la sécurité du médicament) reproduit les mêmes mécanismes, provoquant des crises sanitaires à répétition. « Il ne s’agit pas d’un produit à risque. » Telle est la mention portée en tête d’un rapport sur la molécule BIA 10-2474 par le docteur Jean-Louis Demolis, évaluateur clinique à l’ANSM, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé. Un rapport d’importance cruciale, daté du 4 juin 2015, sur la base duquel l’ANSM a autorisé l’essai clinique du BIA 10-2474, molécule du laboratoire portugais Bial. L’essai, mené à Rennes de juillet 2015 à janvier 2016 par la société Biotrial pour le compte de Bial, a entraîné la mort d’un volontaire de 49 ans, Guillaume Molinet, en a gravement accidenté quatre, et a provoqué une série d’effets secondaires chez plusieurs autres participants dont, selon nos informations, certains continuent de souffrir un an après avoir reçu le produit.

 

Locaux de l'ANSM © DR Locaux de l'ANSM © DR

 

L'Agence du médicament était tellement persuadée que la molécule testée à Rennes était inoffensive que lorsque Biotrial a tenté, après l'accident, de joindre Philippe Vella, chef de l'unité essais cliniques et médicaments de l'ANSM, celui-ci n'a pas répondu, révèle Le Figaro, « car Biotrial l'appelle régulièrement pour accélérer son travail »

Pour sa part, le docteur Demolis avait affirmé que « la sécurité des sujets [était] bien assurée dans cette étude ». Il avait pourtant reçu, quelques jours avant de conclure son rapport, un mail d’alerte de Farida Ouadi, évaluatrice « non clinique », autrement dit chargée d’analyser les études sur l’animal. Ce mail signalait des risques de toxicité de la molécule pour plusieurs organes. Parmi les différentes cibles, le système nerveux central était visé chez la souris, le rat, le chien et le singe.

Quatre espèces différentes présentant un risque de toxicité pour le même organe, ce n’était pas seulement une alarme, c’était une sirène d’incendie. Tel un touriste qui traverserait la place de la Concorde sans voir l’obélisque, le docteur Demolis a ignoré ce signal, jugeant que les conséquences neurologiques « étaient observées à des concentrations très élevées chez l’animal qui ne se retrouveraient pas chez l’homme et donc n’étaient pas pertinentes pour l’essai et ne nécessitaient pas de modifier le protocole ». C’est en ces termes qu’il s’est expliqué lors de son audition, dans le cadre de l’enquête de flagrance, par les officiers de police judiciaire de l’OCLAESP (Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique). Mediapart a pu accéder au contenu de cette audition.

Pour Jean-Louis Demolis, l'alerte sur les animaux n'était pas significative parce qu'on leur avait administré des doses beaucoup plus fortes que celles qui devaient être données aux volontaires. Malheureusement, un effet observé chez l’animal à une certaine dose peut se manifester chez l’homme à une dose plus faible. Quand le docteur Demolis a écrit son rapport, il n’existait aucune étude permettant de comparer le profil entre les différentes espèces. Aucun argument scientifique ne permettait d’assurer que les effets observés chez l’animal ne se reproduiraient pas chez l’homme, à des doses inférieures. C’est ce qui s’est produit. Certains des effets constatés chez l’homme ressemblent de manière troublante à ceux que Farida Ouadi avait notés dans son évaluation. Par exemple, un chien exposé à la molécule pendant quatre semaines, et qui a survécu, a souffert de tremblements, perte d’équilibre, démarche anormale, activité motrice diminuée, faiblesse, etc. Des troubles très similaires ont été constatés chez certains des volontaires de l’essai.

Le docteur Demolis était, à l’ANSM, la seule personne chargée de l’évaluation clinique des essais de phase 1, ceux qui portent sur des molécules jamais testées sur l’homme. Aucun autre membre de l’agence n’a donc émis d’avis divergent de celui de l’évaluateur clinique. Il ne s’agit pas de jeter la pierre à ce dernier. Demolis a indiqué aux enquêteurs qu’il avait évalué 163 dossiers en 2015. L’étonnant serait qu’aucune erreur ne soit commise en évaluant, seul, un tel nombre de dossiers. Ce qui est à blâmer, c’est l’organisation de l’ANSM, qui laisse reposer sur une seule personne un enjeu aussi important que l’appréciation du danger potentiel de toutes les molécules nouvelles.

L’ANSM aurait pu reconnaître sa responsabilité. Elle s’est entêtée à soutenir qu’elle avait agi correctement, et s’est efforcée d’escamoter l’erreur fatale consistant à avoir ignoré le signal issu des études animales. Au lendemain de l’accident de Rennes, le directeur général de l’agence, Dominique Martin, a chargé Cécile Delval, directrice de l’évaluation, d’établir un rapport sur le processus qui avait conduit à autoriser l’essai (voir notre article). Ce rapport a mis en lumière l’encombrante vérité, à savoir que l’alerte de Farida Ouadi n’avait pas été prise en compte : « Le rapport d’évaluation clinique n’intègre pas les signaux de l’évaluateur NC sur les effets neurologiques observés chez l’animal », écrivait la directrice de l’évaluation.

Le rapport de Cécile Delval devait être communiqué à l’Igas (Inspection générale des affaires sociales), chargée par Marisol Touraine, ministre de la santé, d’enquêter sur l’accident. La direction de l’agence a jugé que c’était un rapport « à charge » et a décidé de le réécrire. Interrogée par Mediapart, l’ANSM nous a indiqué qu’il y avait eu « trois ou quatre versions » du rapport, dont la dernière a été transmise à l’Igas. Selon la déposition de Cécile Delval à l’OCLAESP, que Mediapart a pu consulter, la version finale a été expurgée des informations gênantes, le nom de Cécile Delval a été retiré et « la conclusion en gras était politiquement correcte ».

Le directeur général de l’ANSM a donc remis un rapport édulcoré à l’Igas. Il a aussi menti par omission au conseil d’administration de l’agence. Celui-ci s’est réuni le 25 février 2016. Le compte-rendu de la séance, que Mediapart s’est procuré, ne comporte pas la moindre allusion au problème de l’alerte ignorée, ni à l’enquête de la directrice de l’évaluation. On s’en tient à la version selon laquelle l’agence n’a commis aucune faute, l’accident étant imprévisible.

Cette cuisine interne serait passée inaperçue si, en avril, le Figaro n’avait divulgué le rapport confidentiel de Cécile Delval. Quelques jours après la parution de l’article du Figaro, Cécile Delval quittait l’ANSM, officiellement parce qu’elle avait trouvé un nouveau poste.

Par Michel de Pracontal

 

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Rachel Knaebel, Simon Gouin

Chaque année, les grands laboratoires pharmaceutiques dépensent des millions d’euros en « études observationnelles ». Le principe ? Rémunérer des médecins pour qu’ils transmettent à ces mêmes labos des données concernant les effets des médicaments prescrits sur leurs patients. Problème : entre des objectifs scientifiques et sanitaires louables, et des pratiques commerciales visant à assurer la prescription de leurs produits par les médecins concernés, la frontière est parfois floue. Et les intérêts économiques en jeu colossaux. La pratique est très répandue en Allemagne, mais aussi en France. La transparence, beaucoup moins. Les patients et la Sécurité sociale, qui finance les prescriptions, s’y retrouvent-ils ? Basta ! a mené l’enquête.

[Lire la suite de Comment des laboratoires pharmaceutiques rémunèrent des médecins pour des études scientifiquement contestées]

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capture d'écran LCP

capture d'écran LCP

« J'ai besoin d'infirmières, d'aide-soignants, de brancards pour mon service, j'ai  pas besoin de directeurs, de sous-directeurs et d'ARS qui vont me mettre des indicateurs, des gens pour contrôler des indicateurs et mettre encore des indicateurs ! »  

 

Par: Gérald Kierzek, médecin urgentiste à l'AP-HP

 

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On a besoin de vous

Le journal fakir est un journal papier, en vente dans tous les bons kiosques près de chez vous. Il ne peut réaliser des reportages que parce qu’il est acheté ou parce qu’on y est abonné !

Avec la sortie de La Sociale, Fakir revient sur la bataille de la sécurité sociale. Un moyen de rentrer tranquillement dans le documentaire de Gilles Perret.

« Ne vous inquiétez pas, votre maladie est prise en charge à 100 %. » Quand mon médecin avait prononcé cette phrase, j’y avais à peine prêté attention, tellement ça me semblait normal. Et puis, j’ai dû faire des piqûres à plus de 1 000 euros l’unité, accumuler les allers-retour en ambulance, enchaîner les traitements, les radios, les scanners, et là, je me suis rendu réellement compte de ce miracle : l’assurance-maladie. J’ai fait des recherches, donc, encore incomplètes (à vous de compléter les paragraphes en jaune) pour comprendre à quels hommes, à quelle histoire, au fond, je dois la vie...

On est en 1914, dans la Somme, et des femmes discutent en lavant leur linge :

Gervaise : Tu la connais l’histoire de Julien ?
Henriette : Non, et alors ?
Gervaise : Le grand Julien, c’est l’mari de la Sophie, celle qui aide à la boulangerie Desmaretz. Un sacré courage qu’il a eu, le Julien... La Sophie, elle était grosse d’au moins huit mois : son quatrième. Elle allait à l’époque sur ses 26 ans. La sage-femme lui a dit comme ça qu’les choses allaient pas comme elles devaient et qu’il faudrait qu’elle voye un médecin. La Sophie, bien sûr, elle a attendu sans rien dire le dernier moment mais ça n’allait vraiment pas du tout. Elle gémissait, elle hurlait, elle s’crispait et rien n’venait. Alors, comme elle allait passer, l’Julien, il a appelé l’médecin : celui d’Sainte Anne, l’docteur Colin. Il a dit que ce serait difficile, qu’y avait du travail, et que ça coûterait cher. « Combien ? » il a dit Julien – « Dix Louis »« Ça va, je les ai, nos économies » qu’il a répondu l’Julien. Alors, l’médecin il s’est mis au travail, et la Sophie, elle a accouché d’un gros garçon. Tous les deux, ils vont bien ! Merci !... Mais quand l’Docteur, il a réclamé ses dix Louis : « J’les ai pas, a dit l’Julien. “Regardez ma maison et vous comprendrez !... Seulement, si je vous l’avais dit, vous n’auriez jamais aidé ma femme, ni l’petit.”  » Furieux, l’docteur a appelé la police : « Ça fait rien, a dit Julien, j’préfère aller en prison et garder ma Sophie ! Au moins, y aura quatre orphelins de moins ! » Du coup, y a un voisin qu’a des relations, qu’a demandé au maire. Et le maire, il a dit : « J’paierai la moitié. Le reste, Julien devra l’payer en travaillant ! » Quand il a su ça, le docteur, la honte lui a pris, et il s’est contenté des cinq Louis d’la mairie ! Sacré courage tout de même, l’Julien ! Ah ! C’est pas l’mien qu’aurait fait ça !

Ce dialogue est extrait d’une pièce de théâtre, le Lavoir. Malgré nos lectures, nous ne sommes tombés sur aucun témoignage, dans le réel et non dans la littérature, des difficultés à se soigner au XIXème. Les existences de pauvres laissent peu de traces. Alors, si jamais vous avez dans vos cartons un tel récit, hérité d’un ancêtre, ou découvert dans une thèse, on est preneur.

Au secours des pauvres
Contre cette précarité, les notables bricolent parfois des aides, localement. Ainsi à Châteaubriand dès 1854, où une première « mutuelle » s’efforce de « donner les soins du médecin et les médicaments aux membres participants malades », ainsi que de « leur payer une indemnité pendant la durée de leurs maladies ». à Montceau-lès-Mines, c’est l’industriel Jules Chagot qui fonde, en 1843, une « Caisse de Secours et de Prévoyance ». Sous la IIe République, les vignerons de Demigny, dans le Châlonnais, ainsi que leurs familles, bénéficient de secours en argent en cas de maladie et des soins médicaux gratuits. S’agissait-il alors de philanthropie ? Ou d’un intérêt bien compris ? Ou des deux ? L’historien Joseph Lefort tranche : « Les difficultés toujours croissantes, que suscitent le recrutement et la formation des ouvriers imposent aux concessionnaires d’accorder aux ouvriers la plus grande somme de bien-être possible pour les attirer ou les fixer à leur exploitation. »

« Un pour tous, tous pour un » : reprenant la devise des mousquetaires, le mouvement mutualiste se répand un peu. Et est approuvé jusqu’au sommet de l’État : Napoléon III, en 1852, applaudit un système qui parvient à « réunir les différentes classes de la société, à faire cesser les jalousies qui peuvent exister entre elles, à neutraliser en grande partie le résultat de la misère en faisant concourir le riche volontairement par le superflu de sa fortune et le travailleur par le produit de ses économies à une institution où l’ouvrier laborieux trouve toujours conseil et appui ». Grâce au mutualisme, exploiteurs et exploités sont unis et heureux...

On aimerait en savoir bien plus sur la mise en place, concrète, locale, de ces mutuelles à Montceau, Châteaubriand ou Demigny. Si des lecteurs du coin veulent se lancer dans des recherches...

La gauche contre
Ainsi porté sur les fonts baptismaux, on comprend que, à la fin du siècle, les partis et syndicats révolutionnaires ne portent pas les mutuelles dans leur cœur.
« Lorsque des syndicats patronaux viennent vanter leur attachement pour les ouvriers et estiment qu’ils sont conscients de leurs devoirs, je dis que c’est une mauvaise plaisanterie », s’emporte à la Chambre, en 1905, le député radical Paul Guieysse. Les socialistes, eux, combattent carrément le mutualisme : Jules Guesde dénonce ainsi « le secours mutuel entre ceux qui n’ont rien parce qu’on leur a tout pris comme le dernier mot de la duperie ». Un « monstre », dénoncent les métallos CGT, une « forme d’association, qui, nul ne l’ignore, sourit beaucoup aux économistes bourgeois », « la mutualité s’aveulit dans la corruption et ne songe pas à se révolter », etc.
La mutualité agace d’autant plus qu’elle exerce un attrait : avec deux millions d’adhérents en 1898, leurs effectifs rendent jaloux une CGT toute juste naissante. Qui, du coup, entre dans l’arène, et lance ses propres mutuelles : d’après l’Office du Travail, en 1910, un syndicat sur 6,5, dans le pays, en a mis un sur pied. Mais on demeure très loin d’un système de protection national. D’autant que, chez tous, mutualistes comme syndicalistes, une chose fait consensus : le refus que l’État intervienne. Par intérêt pour les premiers, par idéologie pour les seconds. Michel Dreyfus, historien, raconte :

« Pour les mutualistes, l’État doit se mêler le moins possible de la protection sociale. Les mutualistes sont réticents devant tout système de protection obligatoire, quel qu’il soit. Cette méfiance est sans doute plus forte chez les mutualistes de base.
De leur côté, la plupart des syndicalistes voient essentiellement en l’État un instrument policier. »

L’État dans tout ça
Mais la Grande Guerre va changer la donne. Parce que, d’abord, qui va prendre en charge ces centaines de milliers de blessés, de malades, d’handicapés, d’infirmes revenus des combats ? Par ailleurs, en Alsace et en Lorraine, les travailleurs ont bénéficié de la législation allemande – et il n’est pas question, au moment où ces provinces reviennent à la France, de les priver de ces avantages. Le pays doit s’aligner, par le haut : alors président du Conseil, Alexandre Millerand affirme, en 1919, que la République maintiendra « les avantages sociaux assurés aux ouvriers et aux employés d’Alsace-Lorraine par la législation existante où il faudra puiser les éléments susceptibles d’améliorer nos propres lois et procurer ainsi des avantages nouveaux à l’ensemble des travailleurs français ». Un consensus se fait jour. Avec la CGT, également, qui fait son virage : réunis le 15 décembre 1918, ses délégués exigent que « la société garantisse contre le chômage, l’invalidité, la vieillesse tous les membres de la classe productive par l’Assurance sociale ». Cette position enrage le tout jeune Parti communiste, qui tempête avec dogmatisme contre les « chefs jaunes de la CGT qui, d’accord avec la bourgeoisie, acceptent le versement ouvrier ».
Mais que le Parti se rassure : de projets en contre-projets, de passages au Sénat en retour à l’Assemblée, la loi traîne. Finalement, le 30 avril 1930, les « Assurances sociales » voient le jour. La grande nouveauté, c’est l’obligation d’adhérer. Mais elle ne
suscite aucun enthousiasme populaire.

Le socialiste étienne Antonelli, à l’origine de cette loi, s’étonne :

« Les futurs assurés, leur attitude à eux est très nette, c’est la plus totale et la plus invraisemblable indifférence. J’ai fait des centaines de conférences publiques pour faire connaître le projet d’Assurances sociales. Partout ou presque, nous avons trouvé, comme auditoire, des petits bourgeois, des fonctionnaires, des employés qui venaient sceptiques et l’esprit prévenu par la lecture d’une presse partiale, les véritables intéressés étaient presque toujours absents. »

Malgré la loi, seul un tiers de la population est couvert. Pour les autres, la peur demeure :

« Nous vivions dans la hantise, la peur de la maladie et de l’hospitalisation. Pour opérer mon fils d’une simple appendicite, j’ai dû, en 1938, vendre la moitié de mon petit cheptel. »

« C’était une protection de misère, se souvient Roger Petit. Et encore ! c’était beaucoup plus de l’aumône pour nécessiteux. Peu de gens étaient assurés, les remboursements étaient dérisoires et contraignaient la plupart à l’absence de soins ou aux dettes. »

Fenêtre d’opportunité
C’est connu : dans les affres de la guerre, le Conseil National de la Résistance promet, en mars 1944, des « Jours heureux ». Avec notamment « un plan complet de Sécurité sociale visant à assurer à tous les citoyens des moyens d’existence dans tous les cas où ils sont incapables de se les procurer par le travail, avec gestion appartenant aux représentants des intéressés ».
Mais la surprise, ce n’est pas ce beau programme. C’est qu’il soit partiellement appliqué.
Grâce au rapport de force.
À la Libération, la CGT affiche 5 millions d’adhérents – tandis que le patronat, sali par la collaboration, se fait très discret. Mieux, en octobre 1945, aux élections législatives, le Parti communiste recueille 28 % des suffrages, plus de cinq millions de voix. « Impossible, dira le général de Gaulle dans ses Mémoires, de ne pas entendre la voix profonde du peuple comme on entend la rumeur de la mer. »
Et c’est un ministre communiste, donc, Ambroise Croizat, qui va instaurer une Sécurité sociale... à laquelle le Parti était hostile quinze ans plus tôt ! Le chantier est immense : réunir 1 093 organismes privés en un système unique, cohérent, décentralisé, autour de 138 caisses primaire d’assurance maladie et de 113 caisses d’allocations familiales. Les obstacles ne manquent pas, confirme le cégétiste Henri Reynaud :

« Toutes les difficultés avaient été accumulées devant les nouveaux administrateurs, en majorité désignés par la CGT, pour que les nouvelles Caisses ne soient pas en mesure, à la date fixée, de se substituer sans dommage aux Caisses des Assurances sociales. »

Les compagnies d’assurances privées voient un marché leur échapper : elle multiplient leurs attaques. Avec des relais à l’Assemblée : le député MRP Viatte réclame « la remise en vigueur du principe abandonné le 4 octobre 1945 » : « Il est indispensable de rétablir d’urgence la pluralité des Caisses afin de satisfaire tous les groupements spirituels qui se sont vu spoliés par le nouveau système. »
Mais convaincu du soutien des masses, qu’il peut mobiliser, Ambroise Croizat menace à la tribune : « Le peuple de France n’attend pas. Il ne comprend pas les oppositions à un système qui soulagera sa misère et lui donnera pour la première fois de son histoire le droit légitime de se soigner, d’être tranquille, de vivre enfin dans la dignité. »

Des milliers de mains
Lui s’appuie sur la base pour intimider. Mais aussi pour construire : « La Sécu n’est pas qu’une affaire de lois et de décrets. Elle réclame vos mains ! Rien ne se fera sans vous », avait prévenu le ministre dans un meeting. Et des milliers de mains, oui, se mettent à l’ouvrage, comme le raconte un témoin :

« La Sécu s’est bâtie dans un enthousiasme indescriptible. C’était notre affaire, celle du peuple de France et nous savions qu’elle ressemblerait à tout ce que nous avions imaginé quand nous désespérions au fond des maquis. »

Roger Petit, ancien président de la CPAM de Chambéry confirme :

« Tout était à faire. Un travail de fou, mais l’enthousiasme aidait à gagner. Nous savions que chaque discussion faisait avancer ce à quoi nous avions tous rêvé. Une vraie protection sociale qui débarrasse enfin l’homme des angoisses du lendemain. Se soigner. Pouvoir se soigner sans restreindre, sans compter. Être tranquille socialement, oui, c’est ça... tranquille dans son devenir, dans son futur d’homme. Mais quelle énergie ! Il faudrait dire ces journées passées chez les assureurs privés pour leur arracher ce qui avait été pour eux une source de profits énormes. Ces congés passés à construire des locaux, parfois des modestes baraques de bois, construites planche par planche par les copains. Et tout cela dans un environnement de pressions terribles. Les médecins qui refusaient le conventionnement et la fixation des tarifs en hurlant à “l’étatisation” de la médecine. Les patrons qui n’acceptaient pas de siéger aux côtés de la CGT et nous renvoyaient à “la collectivisation” ou à “Moscou”. Ajoutez à cela la haine des notables de certaines mutuelles qui ne supportaient pas de perdre ce qu’ils appelaient leur “bien”, ou le manque cruel de personnel qui pensait que la Sécu n’allait être qu’un feu de paille... »

Pierre Laroque, premier directeur de la Sécurité sociale, est stupéfait par la rapidité : « Tout a fonctionné à partir de juillet 1946. En dix mois à peine, malgré les oppositions, nous avons pu construire cette énorme structure, alors que les Anglais n’ont pu mettre en application le Plan Beveridge, qui date de 1942, qu’en 1948. »
L’institution est construite, reste à la faire tourner. Non par des experts, des techniciens, des bureaucrates, mais par des « militants de la Sécu ». Roger Boudot, administrateur à Longwy :

« C’est progressivement que j’ai acquis mes compétences. Je suis d’abord dans mon usine. J’ai ma table de travail. (...) Les camarades viennent d’une manière anarchique. Ils se présentent : toc, toc, ils rentrent et puis on discute.
C’était beaucoup de cas et cela a duré beaucoup d’années. Je peux dire que j’étais en contact direct avec les 3 500 camarades de l’usine. Ensuite, je rentrais chez moi et ce n’était pas suffisant. Je demeurais juste en face de l’usine de Senelle. J’avais un contact avec les camarades qui avaient des difficultés des transport et, à dix heures du soir – à la sortie de l’usine – ils savaient que je n’étais pas au lit, alors ils venaient chez moi ! »

Il aura donc toutes ces volontés, mises bout à bout, tous ces errements de l’histoire, pour que je sois soigné. Merci à tous.

BIBLIOGRAPHIE
C’est dans Ambroise Croizat ou l’invention sociale, de Michel Etiévent (éditions GAP, 1999) qu’on a puisé le gros de ce papier.

On a aussi lu, parce qu’on n’est pas des feignasses :

René Boudot : le feu sacré. Un ouvrier chrétien du Pays-Haut, 1907-1990, Jean-Marie Moine, Éditions Serpenoise, 1997.
Marcel Paul, Ambroise Croizat : chemins croisés d’innovation sociale, Michel Etiévent, Éditions GAP, 2008.
De la charité médiévale à la Sécurité sociale, sous la direction d’André Gueslin et Pierre Guillaume, Éditions Ouvrières, 1992.
Du paupérisme à la Sécurité sociale 1850-1940, Henri Hatzfeld, Presses Universitaires de Nancy, 2004.
Montceau-les-Mines : un « laboratoire social » au XIXe siècle, Robert Beaubernard, Éditions de Civry, 1981.
Liberté, Égalité, Mutualité : mutualisme et syndicalisme 1852-1967, Michel Dreyfus,
Éditions de l’Atelier, 2001.

Voir en ligne : La Sociale, un chapitre du « Dictionnaire des conquêtes

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Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Santé
photo d'illustration - source :archives.coordination-nationale-infirmiere.org

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8 novembre 2016 : mouvement unitaire infirmier annoncé:

Après la première mobilisation de la profession infirmière à l'appel de la Coordination nationale infirmière le 14 septembre dernier qui dénonçait la situation des hôpitaux "comme des marmites prêtes à exploser", voici que s'annonce un deuxième rendez-vous, unitaire - et c'est important - à l'appel de nombreuses organisations et syndicats de la filière infirmière. Préavis de grève et manifestation le mardi 8 novembre 2016... et si c'était le jour de la grande vague blanche ?

Les principales organisations d’infirmier(e)s salarié(e)s de la Fonction Publique , du secteur privé et les syndicats infirmiers lancent en effet un appel commun à la mobilisation infirmière le mardi 8 novembre 2016. Les revendications unitaires ne manquent pas dans le climat de défiance inégalé au sein des services de soins et devant le peu de considération qu'inspire aux tutelles la profession infirmière dans son entier et sur tous ses terrains d'exercice. Le contexte est de plus en plus dur, dramatique : suicides, dégradation des conditions de travail, pénibilité non reconnue, grilles salariales peu conformes au niveau de responsabilité des infirmiers, réingénierie des diplômes de spécialités en stand-by... Infirmiers de la fonction publique hospitalière, du privé, infirmiers anesthésistes, infirmiers de bloc, infirmiers scolaires, infirmières puéricultrices, cadres de santé, enseignants... ils sont tous partants... et la liste pourrait s'allonger alors que se constitue actuellement un "collectif" et une plateforme revendicative avec des modalités d'actions en cours d'élaboration. On peut se demander si les infirmiers libéraux seront également de la partie.

Relayé par Citoyen18.

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