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La porte à gauche. Jean FERRAT a chanté que certains prétendent que le bonheur était à la porte à droite. Aujourd’hui est-il à la porte à gauche ? Oui ! mais à la condition de secouer le cocotier de la pensée convenu ! Ce petit blog crée à l’initiative de quelques militants communistes de Vierzon n’a d’autres ambitions que de donner aux citoyens un support pour s’exprimer librement sur les sujets politiques, sociaux ou culturels d’actualité du local à l’international, qui s’émancipe des discours convenus, des lignes officielles décidées par quelques notables de la politique, aux doubles langages, aux bonimenteurs de vraies fausses solutions et qui cultivent la résignation. Déverrouillez les débats et enfoncez la porte à droite (….ou à gauche ?) Les seules limites, car il en faut, à notre liberté : Celle du respect des personnes, le souci de la vérité et de faire vivre le débat. Ainsi seront exclus tous messages comprenant des insultes ou diffamations visant une (des) personne(s), seront exclues, s’ils sont avérées, des informations mensongères ou rumeur infondées. Chacun pourra également participer au débat juste et loyal en signalant un abus de cette nature. Les productions de ces abus seront retirés et l’auteur exclu du blog.

Articles avec #politique catégorie

Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Politique

Jeremy Corbyn a appelé le parti à serrer les rangs. ©

 

Le chantre de la gauche radicale Jeremy Corbyn a été largement réélu samedi à la tête du Labour, malgré la défiance de l'appareil du principal parti d'opposition britannique

Le radical Jeremy Corbyn a été largement réélu samedi à la tête du Labour, laissant entière la fracture entre la base et l'appareil du parti travailliste et compromettant ses chances de revenir rapidement au pouvoir.

Visé par un putsch de ses députés après le vote pour le Brexit fin juin, Jeremy Corbyn est non seulement toujours aux commandes de l'opposition mais il sort renforcé après un été meurtrier pour la politique britannique et potentiellement fatal pour le Labour, vieux de 116 ans.

Il a augmenté son avance

Réélu avec 61,8% des voix, le militant anti-austérité et pro-immigration de 67 ans a augmenté de plus de deux points son score de l'an dernier, loin devant son unique rival, le député gallois Owen Smith.

Sous un tonnerre d'applaudissements, le vétéran radical a immédiatement appelé le parti à serrer les rangs et lancé à ses opposants devant le congrès du parti réuni à Liverpool.

Traces profondes

Le triomphe du barbu pacifiste solde définitivement l'héritage de Tony Blair, l'ancien Premier ministre dont le virage centriste et la décision d'intervenir en Irak en 2003 avaient détourné des milliers d'adhérents du parti.

Mais les insultes et les menaces échangées pendant la campagne risquent de laisser des traces profondes. Et même une réconciliation ne réglerait pas le problème en apparence insoluble d'un leader indésirable aux yeux du sérail mais plébiscité par les militants.

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Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Politique

Le ministère de l’économie et des finances se pourvoit en cassation auprès du conseil d’État, dans l’espoir de ne pas avoir à transmettre à Raymond Avrillier l’accord signé entre l’État et les sociétés autoroutières en avril 2015. Mais qu’a donc à cacher Bercy pour s’opposer avec tant de constance à toutes les demandes de communication de ce document, au moment où il annonce un énième programme autoroutier?

Mais qu’a donc à cacher le ministère de l’économie et des finances pour s’opposer à toutes les demandes de communication de l’accord signé entre l’État et les sociétés concessionnaires d’autoroutes le 9 avril 2015 ? Une nouvelle fois, Raymond Avrillier, écologiste de longue date et ancien maire adjoint de Grenoble, s’est heurté à une fin de non-recevoir au ministère de l’économie, lorsqu’il a demandé l’accès à ce protocole. Il avait pourtant en poche le jugement du tribunal administratif de Paris du 13 juillet, enjoignant à Bercy de lui transmettre les documents publics demandés (lire notre précédent article). Constestant cette décision, le ministère a décidé de se pourvoir en cassation auprès du conseil d’État et donc de refuser toute communication du texte de l’accord, comme il l’en a informé dans un courrier daté du 12 septembre. Juste avant que le gouvernement annonce ce dimanche 18 septembre, un nouveau plan autoroutier de 1 milliard d'euros. 

La décision de faire appel du jugement du tribunal administratif a été prise, alors qu’Emmanuel Macron était encore ministre de l’économie. « Mais cette décision est une position du ministère, pas celle du ministre. L’analyse de Bercy est que ce protocole est un texte préparatoire, commun aux six sociétés concessionnaires. Il n’a pas à être communiqué. Les vrais accords société par société ont été publiés par la suite au Journal officiel », expliquent des conseillers dans l’entourage d’Emmanuel Macron et à Bercy (lire la boîte noire de cet article).

Le ministère de l'économie et des finances © Reuters Le ministère de l'économie et des finances © Reuters

Cette explication diffère de celle qui avait été présentée par le ministère de l’économie devant les juges administratifs. Pour justifier son refus, Bercy avait alors plaidé que l’accord avec les sociétés autoroutières relevait du droit privé : il avait été signé dans le cadre d’un « protocole transactionnel », les sociétés concessionnaires renonçant à engager une action judiciaire contre l’État comme elles en avaient agité la menace. C’était l’application du secret des affaires avant la loi, en somme. 

 

Mais le tribunal administratif de Paris, pourtant très soucieux de la protection des intérêts de l’État, avait balayé cet argument, dans son jugement : « Ces circonstances [le renoncement à toute action judiciaire – ndlr] ne sont pas de nature à ôter à ce contrat conclu entre l’État et des sociétés délégataires d’une mission de service public le caractère de document administratif au sens des dispositions précitées de la loi du 17 juillet 1978 ; dès lors, M. Avrillier est fondé à soutenir, qu’en refusant de communiquer le document demandé, le ministre a méconnu les dispositions précitées de la loi du 17 juillet 1978 ; par suite, la décision implicite portant rejet de la demande de communication dudit document doit être annulée », avait-il tranché.

D’où le changement de ligne de défense de Bercy. Le protocole annoncé en fanfare par le premier ministre Manuel Valls le 9 avril, censé ouvrir une nouvelle ère entre l’État et les sociétés d’autoroutes, en établissant des « relations plus équilibrées » et un grand plan de travaux, n’est plus désormais qu’un « document préparatoire » !

Ce n’est qu’un épisode brumeux de plus dans ce dossier très opaque, traité de près par Bercy. Alors que les députés socialistes – au terme d’une commission d’enquête parlementaire créée à la suite du fiasco de l’écotaxe et de l’obscur contrat Ecomouv – en étaient arrivés à la conclusion qu’il fallait remettre à plat tous les contrats de concessions autoroutières, quitte à « renationaliser » de façon temporaire s’il le fallait, le ministère de l’économie, soutenu par Matignon, avait rapidement repris les choses pour contrer ces tentatives « irréalistes » voire « irresponsables » des parlementaires.

La manœuvre avait été jugée si choquante que le président de la commission du développement durable de l’Assemblée nationale, Jean-Paul Chanteguet – suppléant de Michel Sapin –, avait démissionné de la présidence du groupe de travail sur les autoroutes pour protester contre cette mascarade. « Je ne saurai cautionner une démarche qui n’aurait pour ligne directrice la défense de l’intérêt général, c’est-à-dire celle de l’État et de ses usagers », avait-il écrit dans une lettre de démission cinglante, adressée à Manuel Valls. 

Emmanuel Macron à l'Assemblée de la fédération des travaux publics le 9 avril 2015, jour de l'annonce du plan autoroutier © Le moniteur des travaux publics Emmanuel Macron à l'Assemblée de la fédération des travaux publics le 9 avril 2015, jour de l'annonce du plan autoroutier © Le moniteur des travaux publics

Un mois plus tard, Matignon annonçait le grand accord avec les sociétés concessionnaires. Contre un engagement de travaux de modernisation [normalement prévu dans le cahier des charges des concessions – ndlr] et d’extension du réseau autoroutier estimé à 4,2 milliards d’euros – soit moins d’une année de bénéfices cumulés des sociétés concessionnaires –, elles allaient bénéficier d’une extension de la durée de vie de concession, de 2 à 3 ans :  certaines vont courir ainsi jusqu’en 2033 !

Surpris par cet accord, Raymond Avrillier, qui a déjà à son actif la révélation du scandale de la privatisation de la régie municipale d’eau de Grenoble par Alain Carignon en 1994 et celle de l’affaire des sondages de l’Élysée sous la présidence de Nicolas Sarkozy, a cherché à en savoir plus. Malgré les injonctions de la Commission d’accès aux documents administratifs (Cada) puis celles du tribunal administratif, l’ancien conseiller municipal s’est toujours heurté à un refus de communication de la part du ministère de l’économie.

« Si Bercy se refuse, de façon si obstinée, à communiquer cet accord, c’est qu’il existe des dispositions, à mon avis, autres que celles annoncées sur l’extension de durée des concessions et des travaux en contrepartie et qui doivent rester secrètes. Je ne serais pas étonné qu’il existe aussi des dispositions fixant les augmentations de péages, par exemple », subodore Raymond Avrillier.

L’annonce faite par le gouvernement d’un nouveau plan de relance autoroutier, faite ce 18 septembre, nourrit encore plus le doute. Celle-ci illustre l’incohérence de la politique du transport du gouvernement, au point de laisser supposer quelque agenda caché. Comment expliquer sinon que le gouvernement décide un énième  plan de relance autoroutier la semaine même où il promet de tout en œuvre pour défendre l’usine d’Alstom à Belfort et soutenir le ferroviaire ? 

 Surtout, pourquoi projeter ce nouveau programme d’un milliard d’euros, alors que celui  annoncé en 2015 est à peine lancé ? Dans le cadre de celui-ci, il était prévu  que les sociétés concessionnaires engagent 3, 2 milliards d’euros de travaux, dont 80% de ceux-ci devaient être réalisés sur les trois ans, sans augmentation de tarifs, en contrepartie de l’allongement de la durée des concessions. Qu’est-ce qui justifie alors une telle précipitation ? Le nouveau programme ne fait-il pas partie en fait  du même programme mais présenté sous une autre  forme, afin de contourner  les engagements passés ? Car toutes les promesses passées ont disparu. Les collectivités locales seront mises à contribution et les péages augmenteront. Entre « 0,3 et 0, 4% par an entre 2018 et 2020 » a précisé le secrétaire d’Etat aux transports, Alain Vidalies, dans un entretien au Journal du Dimanche . Presque rien donc, à l’en croire.

Par: martine orange.

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Publié le par "Citoyen 18"
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Baisse du déficit de la Sécu : le GOUVERNEMENT se gargarise, les PAUVRES trinquent !
Baisse du déficit de la Sécu : le GOUVERNEMENT se gargarise, les PAUVRES trinquent !

« Je suis en mesure de vous annoncer que les résultats de 2016 seront encore meilleurs que ce qu’on avait envisagé en juin grâce aux efforts que nous poursuivons. L’horizon du rétablissement complet de la Sécu, de l’équilibre des comptes de la Sécu, ce n’est plus une utopie, il est à portée de main (…), pas pour 2016, mais très vite », ainsi s’est exprimée Marisol Touraine avec une emphase digne de Mme El Khomri lorsqu’elle défendait le caractère émancipateur de sa loi.

D’après les prévisions de la Commission des comptes de la Sécurité sociale (CCSS), la branche Retraites serait excédentaire de 500 millions, la branche AT-MP de 500 millions, la branche Famille aurait un déficit de 1 milliard et l’Assurance-maladie d’environ 5,2 milliards. Le déficit total serait alors le plus faible de ces dernières années.

En fait, il y a deux façons de lutter contre le « trou de la Sécu », par le haut en répondant aux besoins sociaux, soit par le bas en augmentant les inégalités sociales de santé et de protection sociale.

En fait, le mouvement réformateur néolibéral fait le second choix car il a inventé la solution à tous les problèmes de déficit : il suffit de restreindre les dépenses utiles et nécessaires pour les citoyens et leurs familles aux fins d’augmenter les inégalités sociales de revenus, de logement, de santé, de retraites, et d’une façon générale de toute la protection sociale. Comme depuis trente-trois ans, chaque gouvernement a fait pire pour les travailleurs que le précédent, on, voit bien là le projet commun aux néolibéraux solfériniens et de la droite.

Après le BIP 40 et les travaux de l’IRDES, voici le baromètre « IPSOS-Secours populaire »

Au moment même où Mme la ministre développait sa méthode Coué, le baromètre IPSOS-Secours populaire était publié. Et là il y a de quoi alimenter la contre-offensive contre ces ministres néolibéraux qui font passer toute aggravation des politiques austéritaires pour une mesure émancipatrice.

La moitié des Français gagnant moins de 1 200 euros net par mois renonce ou repousse une consultation chez le dentiste (+ 22 points par rapport à 2008 !), 39 % ont renoncé ou repoussé une consultation chez un ophtalmologiste (+ 9 points par rapport à 2008 !), 64 % estiment avoir eu des difficultés pour payer des actes médicaux mal remboursés par la Sécu, 53 % ont des difficultés à payer leur complémentaire santé, 48 % n’ont pas une alimentation saine.

68% des Français estiment que les inégalités sociales de toute nature ont fortement augmenté et 38 % des sondés ont connu la pauvreté (+ 3 points depuis 2015). Qui sont les plus touchés ? les femmes, les ouvriers et les employés ! 55 % des sondés estiment être menacés par la pauvreté. (+ 10 points par rapport à 2007). 83 % des sondés estiment que cela sera pire pour leurs enfants. Si on ajoute que le nombre de travailleurs pauvres augmentent à cause de la précarité, si on ajoute que la protection universelle maladie (PUMA) ne rembourse que la partie Sécu (et non le forfait journalier, les franchises, les dépassements, les participations forfaitaires, etc.), que la généralisation du tiers payant organise le prélèvement des sommes restés à charge sur les remboursements, on voit clairement la réalité matérielle du monde français comme il est.

La pauvreté revélée par l’Insee

Nous savons grâce à l’Insee qu’un million de personnes ont basculé dans la pauvreté en 10 ans. Ils sont maintenant 8,77 millions. C’est-à-dire qu’ils sont sous la barre des 60 % du revenu médian, soit aujourd’hui 1 008 euros pour une personne seule (voir l’INSEE pour le barème pour les familles monoparentales, couples sans enfants, couples avec enfants de moins de 14 ans, et couples avec enfants de plus de 14 ans). A noter que le Smic est à 1 150 euros ce qui montre qu’il ne constitue plus une arme suffisante contre la pauvreté ! Donc un Français sur sept (14 %) est en dessous du seuil de la pauvreté.

Et les contre-réformes néolibérales…

Depuis la réforme Balladur de 1993, les retraites ont déjà baissé de 20 points. Avec les dernières contre-réformes de 2010, 2013 ainsi que celles de l’Arrco et de l’Agirc, nous en serons dans quelques années à une baisse de 30 points.

Les dernières contre-réformes sur les allocations familiales ont baissé la masse des prestations et supprimé l’universalité de la prestation des allocations familiales.

Le déremboursement des soins hors ALD (Affections Longue Durée) a continué pour arriver à ce que la Sécurité sociale ne rembourse plus que 50 % du coût des soins, aboutissant à une croissance des inégalités sociales de santé

Les recettes de la Sécu en berne…

Une forte décélération de la croissance des cotisations sociales (+ 0,6 % pour une croissance de la masse salariale de 1,2 %) empêche la Sécurité sociale de répondre aux besoins sociaux du fait de l’accentuation des dispositifs d’exonération consentis dans le cadre du pacte de responsabilité et qui portent uniquement sur la part patronale. Les recettes de la branche Famille ont été sacrifiées par la baisse des cotisations familiales qui expliquent à elles seules le déficit de cette branche.

Transfert des cotisations patronales vers l’impôt des travailleurs

En revanche les cotisations salariales progressent de 3,5 %, de même que la CSG sur les revenus d’activité et de remplacement, ce qui prouve bien qu’on a orchestré un transfert de financement massif du patronat vers les travailleurs et vers l’impôt car, outre la CSG, les recettes fiscales affectées progressent dans le même temps de 3,1 % : il s’agit d’une double peine.

Et taxation d’une partie des anciens ayants droit…

Concernant l’assurance maladie, peu de commentaires hormis à la CGT, concernant la réforme PUMA (Protection universelle maladie) qui constitue pourtant une révolution considérable en mettant fin au caractère familial de l’affiliation : fin de la notion d’ayant droit, l’un des fondements de la Sécurité sociale, ce qui sert à justifie un renforcement de la part de l’impôt dans le financement de l’assurance maladie. A noter que désormais des assurés dans le cadre de la PUMA, auparavant ayants droit seront assujettis de la taxe de 8 % sur leurs revenus imposables dès lors qu’ils dépasseront le plafond de 9 654 €.

Que faire ? les dégager ! donc, construire un processus alternatif.

Si on les laisse faire, ils vont réussir à supprimer le déficit de la Sécu mais au prix d’un accroissement phénoménal de la pauvreté, du chômage, de la précarité, du communautarisme, des intégrismes, des zones de non droit, d’une école des compétences sans les connaissances et sans l’ascenseur social, des services publics et de la protection sociale de plus en plus privatisés, de la gentrification, de la ségrégation, etc.

Tout cela doit être mis en débat dans le peuple. Donc développons une éducation populaire refondée pour mener la bataille de l’hégémonie culturelle. C’est le troisième pilier de l’émancipation à côté de l’action syndicale d’abord, partisane ensuite.

Par: Évariste

SOURCE:

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Entreprise ECOPLA (Saint-Vincent de Mercuze - Isère) : « MACRON NOUS A TUER ! »

POUR AGRANDIR LE TEXTE - LIEN CI-DESSOUS:

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Alstom à Belfort, mais aussi Ecopla en Isère… L’ancien ministre de l’économie, qui a lancé son mouvement en vue de la présidentielle et aimerait parler d’autre chose que d’économie, est pour l’instant contraint de rendre des comptes sur son action à Bercy.

« Emmanuel Macron nous a laissés crever. » Lundi 12 septembre, leur valise à la main, le délégué CGT Christophe Chevalier et quelques-uns de ses 77 collègues, soutenus par le journaliste et activiste François Ruffin, sont venus demander des comptes à Emmanuel Macron devant la tour Montparnasse, là où l’ancien ministre de l’économie, qui a quitté le gouvernement le 30 août en vue de la présidentielle, a installé les locaux de son nouveau mouvement, En Marche !

À court de trésorerie, abandonnée par son principal actionnaire, le multi-millionnaire australien Jerry Ren, leur société, Ecopla, seul fabricant français de barquettes en aluminium pour l’industrie agroalimentaire, installée à Saint-Vincent-de-Mercuze (Isère), a été cédée cet été par le tribunal de commerce de Grenoble.

L’acheteur, un groupe italien, ne s’intéresse qu’aux machines et ne reprendra aucun salarié. « Un gâchis industriel, humain et financier », déplore l’expert-comptable du comité d’entreprise, Michel Lemoine, qui dénonce la « stratégie de pillage de fonds » menée ces dernières années par les différents actionnaires. « Le passif de la société est constitué essentiellement de dettes de l’État, abonde Meryem Ylmaz, de l’Union régionale des Scop et Scic d'Auvergne Rhône-Alpes. En face, il y a un tour de table de 2,3 millions d’euros pour un projet industriel de coopérative viable qui permettrait de reprendre d’abord 20, puis 50 personnes. »

 

Lundi, les salariés d'Ecopla ont été reçus à Bercy puis par Emmanuel Macron. © DR Lundi, les salariés d'Ecopla ont été reçus à Bercy puis par Emmanuel Macron. © DR

Les salariés, qui alertent les pouvoirs publics depuis un an et demi sur la gestion erratique de leur dernier actionnaire – finalement, il est parti sans laisser d’adresse –, en veulent particulièrement à Emmanuel Macron, nommé à Bercy en août 2014. Ils lui reprochent de ne pas avoir agi assez tôt pour éviter la disparition d’une entreprise au savoir-faire unique, alors même qu’ils portent depuis longtemps un projet alternatif.

« Macron aurait pu nous sauver mais il ne s’est pas intéressé au dossier. Il n’a pas fait son boulot. Tout ça est de sa faute », déplore Christophe Chevalier, qui s’étonne que l’ancien ministre n’ait jamais reçu les salariés, malgré une « trentaine de courriers » envoyés par les élus locaux, départementaux et régionaux, tous bords politiques confondus. Le député PS de l’Isère Pierre Ribeaud, qui dit « avoir accumulé une correspondance assez impressionnante sur le sujet », assure que « des choses ont été faites » par Bercy, mais affirme que « le cabinet de Macron n’a pas pris le temps de rassurer les salariés et les élus ». Diplomatique, il déplore « une absence de prise de conscience ».

« Macron nous a juste écrit un jour avant sa démission », remarque le syndicaliste Christophe Chevalier, qui y voit surtout un signe de désinvolture. Dans cette lettre, que nous avons consultée, l'encore ministre se dit « parfaitement informé de la situation » de l’entreprise, mais s’en tient à des propos très généraux.

Lundi, l’ancien ministre a accepté de recevoir une délégation d’Ecopla dans ses locaux de la tour Montparnasse. « Emmanuel Macron a fait une sorte de mea culpa, explique son ancien directeur de cabinet à Bercy, Alexis Kohler, qui l’a rejoint au sein du mouvement “En Marche !”. Il y a bien eu un travail pour faire pression sur l’actionnaire, pour retarder l’entrée en liquidation de l’entreprise et pour encourager le projet de Scop, mais il n’y a pas eu assez d’information envers les salariés. » Lundi, les salariés ont aussi été reçus à Bercy par la secrétaire d'État en charge du commerce, Martine Pinville, et plusieurs conseillers. La fin de l’aventure industrielle Ecopla, ancienne usine du groupe Pechiney, pourrait être confirmée en appel le 5 octobre.

Candidat possible à la présidentielle, Emmanuel Macron entendait profiter de cette rentrée pour densifier son propos et s’exprimer sur d’autres sujets que l’économie, comme par exemple la réponse au terrorisme ou la sélection à l’université, comme il l’a fait récemment devant les présidents d’université. Le voilà dans l’immédiat contraint de rendre des comptes sur son bilan à Bercy.

 

Il est particulièrement attendu au tournant dans le dossier de l’usine ferroviaire Alstom de Belfort. Le groupe a annoncé que cette usine, poumon économique de Belfort depuis le XIXe siècle, qui a notamment vu naître le TGV, va cesser son activité en 2018 (elle compte 450 salariés et presque autant de sous-traitants).

Emmanuel Macron a dénoncé dans L’Est Républicain une décision « soudaine, brutale et condamnable », contraire aux engagements pris. Depuis plusieurs jours, l’ancien ministre de l’économie est pourtant au centre de toutes les critiques. En visite à Belfort le 28 mai 2015, Macron avait promis aux ouvriers de « défend[re] » leur activité, « stratégique pour la France. […] Nous nous battons pour qu’il n’y ait pas de plan social ni de licenciements, mais au contraire des perspectives de redémarrage »

L’Élysée, qui a convoqué lundi une réunion de crise et entend maintenir l'activité, pointe l’inaction supposée de l’ancien secrétaire général de l’Élysée, accusé d’avoir trahi François Hollande pour jouer sa propre partition. « La vérité, c’est qu’il avait levé le pied depuis un an », l’éreinte dans Le Monde son successeur, Michel Sapin, un intime de François Hollande.

 

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La décision de la société ALSTOM de fermer son usine de Belfort (sauf les travaux de maintenance) a surpris dans le monde politique. D’Arnaud Montebourg à Emmanuel Macron, les critiques ont été virulentes. Mais, en réalité, cette décision n’est pas réellement étonnante quand on considère l’état – à court terme – du marché de la construction ferroviaire. Elle est la suite logique du dépeçage d’Alstom, consécutif à la vente à General Electrics de l’ensemble de ses activités dans la production d’énergie. Elle symbolise aussi parfaitement la logique de gestion d’une entreprise ou l’intérêt immédiat de l’actionnaire domine, mais aussi une logique économique où une puissance, les Etats-Unis pour les nommer, impose par la voix d’une justice aux ordres ses impératifs aux autres pays. Il est vrai que l’on pourrait résister à ces pratiques, mais cela impliquerait de faire de la souveraineté nationale un impératif de notre politique et de le défendre becs et ongles. Or, de ceci il n’est plus question depuis des années, et c’est bien cela qui transparaît dans cette décision.

Une décision et ses conséquences

Cette décision apparaît aussi comme scandaleuse parce qu’elle survient au moment même où Alstom se félicite d’avoir remporté un contrat important (le TGV dit « américain ») et vient de signer avec le gouvernement français un pacte d’innovation pour la production du TGV du futur. On voit le scandale, alors que les perspectives dans le domaine du transport se développent, qu’il y a à sacrifier ce qui représente la base historique de la production ferroviaire pour Alstom, l’usine de Belfort.

Cette décision va avoir des effets très négatifs à moyen et long terme. On sait que des compétences hautement spécialisées et non transmissibles (du moins facilement) sont accumulées dans les usines qui produisent ce type de matériel. L’apprentissage par la pratique joue un rôle déterminant dans l’approfondissement de ces compétences et dans leur transmission. Quand ces compétences sont perdues, par le biais de licenciements par exemple, cela constitue une perte immédiate, une perte nette pour l’entreprise. Et il faudra plusieurs années pour reconstituer ce « stock de compétences » qui est en réalité un capital, certes immatériel, de l’entreprise.

De ce point de vue, si l’on considère l’avenir de l’entreprise à long terme, à 10 ans et plus, il y a un véritable intérêt à maintenir en activité des sites de production même si ils peuvent être, temporairement, en situation de faible charge de travail. La préservation des compétences industrielles implicites est à ce prix.

Le contrat d’innovation n’est pas une panacée

Cette décision cependant est prise dans le même temps où l’on annonce un partenariat d’innovation entre l’Etat et la société Alstom, pour penser le développement du TGV du futur. Le partenariat d’innovation est une bonne chose, et permet de répondre à certainsdes problèmes rencontrés dans la production de grandes infrastructures où les délais de conception et de réalisation sont longs et l’irréversibilité des décisions d’investissement important. On est en présence de ce que l’on nomme en théorie économique des actifs (matériels et humains) hautement spécifiques, c’est à dire qui ne peuvent être employés dans d’autres activités sans des pertes de valeurs très importantes. A cet égard, l’association de la puissance publique et d’une entreprise privée très en amont, dans la conception du projet, permet de dégager des synergies intéressantes.

Mais, il convient immédiatement d’ajouter que ces synergies ne sont complètes que si l’Etat maîtrise parfaitement la dynamique de développement du secteur, et ici la séparation entre l’activité réseau et l’activité transport dans le domaine ferroviaire – une conséquence justement des directives européennes – soulève de graves problèmes d’incohérence dans les décisions.  Il faut, aussi, que l’équilibre entre le développement du réseau TGV et du réseau non-TGV soit pensé et non laissé à de simples arbitrages financiers. Car, le développement du réseau TGV dépend en réalité de son alimentation par le réseau non-TGV.

Quelle intervention pour l’Etat?

Les fluctuations dans le temps des plans de charge, qui viennent justement de ce que tant les opérateurs publics que les acteurs privés sont englués dans des logiques de gestion à court terme, posent le problème du maintien des compétence sur les sites de production. C’est d’ailleurs un problème que connaissent bien les producteurs d’avions civils. Le partenariat d’innovation est ici impuissant pour gérer ce type de problèmes, et l’intervention de l’Etat s’avère alors nécessaire que ce soit en subventions, pour le maintien des sites opérant temporairement en sous-capacité, ou indirectement par des engagements de long terme dans des dépenses d’investissement. Cette importance du rôle, direct et indirect, de la puissance publique et les effets d’externalités qu’induisent ces grandes infrastructures sont des arguments importants, et sans doute décisifs, pour une nationalisation (partielle ou totale) de ces activités.

Mais, il faut rappeler que la décision de liquider le site de Belfort survient alors que ce site est une pièce maîtresse dans l’histoire du développement et de la construction du matériel ferroviaire à haute technologie. Plus qu’un signe de l’abandon de la fonction stratégique de l’Etat ici, c’est surtout le signe d’une incohérence à la fois politique (que l’on mesure à l’aune des promesses contradictoires et des engagements réels) mais aussi temporelle de l’Etat. Ce dernier cherche à suivre simultanément une logique de court terme (en matière de comptes publics) et de long-terme. Or, la définition d’un « Etat stratège » implique en réalité que les fonctions de long terme de l’Etat soient clairement sécurisées ou déconnectées par rapport aux impératifs de court terme.

Si l’Etat ne peut s’abstraire des impératifs de court terme, et il doit conserver une capacité de réaction importante devant les évolutions de la conjoncture, il doit impérativement conserver des moyens importants pour se projeter dans le long terme. Car, ce faisant, il favorise les décision d’investissement des acteurs privés. Plus et mieux il le fait et plus et mieux il stabilise les anticipations des acteurs privés et peut donc jouer sur la conjonction de ces anticipations avec sa propre stratégie et ainsi créer des « cercles vertueux ». Mais, cela implique qu’une partie importante du budget soit programmée dans le long terme.

Que s’est-il passé depuis 2004?

Il convient de se poser la question de la différence de comportement dans les actions du gouvernement en 2004, date à laquelle Alstom fut sauvée par Nicolas Sarkozy, et celles de ces dernières années. Le ralliement d’une grande partie de l’élite bureaucratique de notre pays (qu’elle soit apparentée au PS ou qu’elle soit proche de l’ex-UMP) au néo-libéralisme a conduit à l’abandon des perspectives stratégiques dans les différents secteurs de l’économie. Aujourd’hui, et ceci est vrai tant pour le PS que pour les « Républicains », on accepte en réalité la logique du court terme, la domination de la « puissance » des actionnaires. Bref, la « finance » n’est plus un problème, pour ne pas dire un « ennemi ».

Ne nous y trompons pas: c’est une conséquence directe, une conséquence immédiate, de la financiarisation de l’économie et avec elle de cette « tyrannie des actionnaires », en réalité des fonds de pensions, qui cherchent en permanence le rendement le plus élevé possible pour leurs investissements. Quand, avec d’autres économistes, nous écrivons qu’il faute « dé-financiariser » l’économie, ce n’est pas pour des raisons morales, parce que la « finance » serait  intrinsèquement une entité mauvaise ou perverse. C’est parce que les rythmes imposés par la financiarisation aux entreprises (et au budget de l’Etat) sont en réalité incompatibles avec les rythmes de la production et du développement des activités, en particulier dans les secteurs où les externalités positives, les effets induits et non directement visibles de ces activités, sont les plus importants. On ne peut penser le développement de l’économie « verte », la transition énergétique, le développement d’un véritable aménagement du territoire, dans le cadre d’une rentabilité annuelle ou de quelques années. Il faut pouvoir penser à 15 ou 25 ans. Et, pour cela, il faut se dégager de l’emprise de la finance et la mettre au service, s’il le faut par la contrainte, de ces priorités de développement. Cette dé-financiarisation passe, il faut le rappeler, par la sortie de l’Euro car, et on le constate tous les jours, l’Euro est un carcan fait pour imposer la domination de la finance sur nos économies.

 

Par: Jacques SAPIR

 

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source : le figaro.fr -Reuters

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FIGAROVOX/EXCLUSIF - Pour Jean-Michel Quatrepoint, la vente d'Alstom est un «scandale d'État». Le journaliste et économiste révèle que le gouvernement a délibérément confié à un groupe américain l'avenir de l'ensemble de notre filière nucléaire.

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Jean-Michel Quatrepoint est journaliste économiste. il a travaillé entre autres au Monde, à la Tribune et au Nouvel Economiste. Il a écrit de nombreux ouvrages, dont La crise globale en 2008 qui annonçait la crise financière à venir.

Dans son dernier livre, Le Choc des empires. Etats-Unis, Chine, Allemagne: qui dominera l'économie-monde? (Le Débat, Gallimard, 2014), il analyse la guerre économique que se livrent les trois grands empires qui règnent en maitres sur la mondialisation: les Etats-Unis, la Chine et l'Allemagne.

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(...) Que dit le cas Alstom de la désindustrialisation de la France?

Qu'il y a un lien direct entre la désindustrialisation de la France, son déficit abyssal du commerce extérieur, sa perte d'influence dans le monde, la lente attrition des emplois qualifiés et les désastres industriels à répétition que notre pays a connu depuis vingt ans. De Péchiney à Arcelor, en passant par Bull, Alcatel, la Générale de Radiologie et aujourd'hui Alstom, la liste est longue de nos fleurons industriels qui ont été purement et simplement liquidés par l'absence de vision stratégique de la classe politique et de la haute administration, par la cupidité et l'incompétence de certains dirigeants d'entreprise qui ont fait passer leurs intérêts personnels avant ceux de la collectivité. Oui, il y a bien une corrélation entre l'étrange défaite de 1940, qui vit en quelques semaines l'effondrement de notre pays et celle, plus insidieuse et plus longue, qui voit le délitement de notre appareil industriel.

 

Par: El Diablo.

LIEN VERS L'INTÉGRALITÉ DE L'ENTRETIEN CI-DESSOUS:

 

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Jean-Luc Mélenchon fait sa rentrée politique dans Le Monde mercredi en annonçant vouloir faire de l'élection présidentielle de 2017 "un référendum sur les traités européens".

Jean-Luc Mélenchon fait sa rentrée politique dimanche à Toulouse à l'occasion d'un pique-nique républicain.

Jean-Luc Mélenchon fait sa rentrée politique dimanche à Toulouse à l'occasion d'un pique-nique républicain. (Reuters)

"Je suis le bulletin de vote stable et sûr." C'est en ces termes que Jean-Luc Mélenchon défend sa candidature à l'élection présidentielle, mercredi dans les colonnes du Monde. Avant sa rentrée politique dimanche à Toulouse, le champion du Parti de gauche présente dans le quotidien du soir quelques-unes de ses grandes propositions qui seront détaillées dans un livre-programme à paraître le 8 septembre, Le choix de l'insoumission (chez Seuil).

Avant tout, Jean-Luc Mélenchon tente de relancer le débat social d'après-loi Travail : "Avant l’été, avec la bataille contre la loi El Khomri, un espace politique se reconstruisait autour des questions sociales. Les attentats de l’été et les délires sécuritaires auxquels ils ont donné lieu ont à nouveau déplacé le centre de gravité vers des thèmes morbides desquels rien de positif ne peut venir. Or pour moi, les privilèges de l’argent sont la cause de tous nos maux. De l’écosystème à la démocratie, l’argent détruit tout! Voilà ce qu’il faut régler."

Hamon, Montebourg, Duflot, Lienemann et Filoche, "ils travaillent pour moi"

Dénonçant "la recette" de la droite (une campagne autour de "la peur et de les surenchères sécuritaires"), il préfère axer la campagne présidentielle autour de l'Union européenne : "Tout le monde sait qu’un nouveau traité est prévu pour 2017. Donc le choix du prochain président est un choix sur l’Europe." Et d'ajouter : "Je veux faire de la présidentielle un référendum sur les traités européens."

"Les dogmes économiques et politiques de l’Europe à l’allemande ont tout bloqué. Et on nous propose de continuer!", s'emporte-t-il encore avant d'évoquer ses concurrents à gauche. "Quand surgissent les candidatures d’Hamon, Montebourg, Duflot, Lienemann et Filoche, cela élargit l’espace pour d’autres thèmes, assure-t-il. Quand vous en avez trois sur quatre qui parlent, comme moi, de VIe République, de sortir des traités européens, de transition écologique, ça améliore la crédibilité et l’écoute de mon programme. Ils travaillent pour moi."

 

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Entreprise ECOPLA (Saint-Vincent de Mercuze - Isère) : « MACRON NOUS A TUER ! »

POUR AGRANDIR LE TEXTE - LIEN CI-DESSOUS:

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Le futur grand stade de la Fédération française de rugby est-il une folie financière ? Un rapport confidentiel de la Cour des comptes, consulté par Mediapart, révèle les graves dangers de ce projet à 600 millions d’euros. Sa construction est activement soutenue par Manuel Valls, alors que les magistrats estiment qu’elle fait courir un risque d’une « ampleur inédite » pour les finances d’une fédération sportive et pourrait entraîner les pouvoirs publics dans une « impasse dangereuse ».

Le stade le plus cher de l'histoire du sport français n'a pas fini de faire parler de lui. Depuis 2010, la Fédération française de rugby (FFR) ambitionne de construire à Ris-Orangis une nouvelle enceinte de 82 000 places, avec pelouse et toit rétractables, pour la bagatelle de 600 millions d'euros.

Pour les instances dirigeantes du rugby français, cet équipement se justifie avant tout par des raisons économiques : il lui permettrait, à l'instar des fédérations anglaise ou irlandaise, d'être propriétaire de son propre terrain et de ne plus dépendre du Stade de France, bâti en 1998, à 30 km de là, pour 364 millions d'euros. Mais le projet est aussi un sujet très politique : sa construction bénéficie du soutien plein et entier de Manuel Valls, ancien président de l’agglomération d’Évry (relire l'enquête de Karl Laske : « Pour son grand stade, Valls court contre la montre »).

 

Manuel Valls lors de la présentation du projet urbain aux côtés de l'architecte, en 2014. © DR Manuel Valls lors de la présentation du projet urbain aux côtés de l'architecte, en 2014. © DR

 

Le 24 juin dernier, le premier ministre a d'ailleurs signé, sur le site de l'ancien hippodrome de Ris-Orangis, où doit être érigée la future enceinte, le premier contrat d'intérêt national (CIN) de France, signifiant une nouvelle étape dans l'avancement du projet. Car le CIN est tout sauf symbolique : il marque l’engagement de l'État à hauteur de 75 millions d'euros sur cinq ans, afin de financer de « grands projets structurants » pour le territoire autour du futur stade. « C'est un moment fondateur, s'était réjoui Pierre Camou, le président de la FFR, qui paraphait le même jour le contrat de conception, promotion, construction et maintenance du futur stade avec le groupement européen Ibelys (Icade-Besix-Engie). Je sais que ce n’est pas fini mais, malgré les embûches, avec la conviction, tous ensemble, nous aurons la victoire. » Un enthousiasme partagé par Jean Polet, heureux président du consortium Ibelys : « Nombreux sont ceux qui ont douté de la réalité de ce stade. Nous y avons toujours cru et l'histoire nous donnera raison. »

Ces paroles optimistes ne lèvent pourtant pas les doutes qui s'accumulent autour de ce projet pharaonique. Loin de là. Fin février, la Cour des comptes adressait une lourde mise en garde à l’État, au vu des risques budgétaires et patrimoniaux que cet équipement lui fait courir (lire ici sur le site de la Cour). Mediapart, qui s'est procuré le rapport confidentiel sur lequel s'appuie l'avis des magistrats de la rue Cambon, révèle dans le détail les graves incohérences qui font du Grand Stade de la FFR un colosse aux finances d'argile.

Marges surévaluées, business plan confus et inachevé, fonds propres insuffisants, impact sur les autres activités de la fédération négligé, absence de stratégie budgétaire à long terme… : sur onze pages, la Cour des comptes égrène sans détour les manquements de la FFR dans l’élaboration d’un projet qui l’engage pourtant sur des décennies. Un constat accablant, qui s'achève sur une sentence des plus sévères : sans certitude de bénéficier des ressources nécessaires, « une impasse dangereuse serait ouverte » pour les finances de la fédération et des collectivités locales qui la soutiennent.

Si le rapport est accablant pour les dirigeants du rugby français, c’est d’abord parce qu’il discrédite leur principal argument : celui des recettes générées par la nouvelle infrastructure sportive.

Depuis le débat public lancé en 2013, les soutiens du projet ne cessent d’insister sur les bénéfices que pourrait notamment dégager la fédération à travers les hospitalités (loges, espaces VIP…) offertes par la nouvelle enceinte. L’argument figure d'ailleurs en tête des « 15 bonnes raisons de faire le Grand Stade de rugby » sur le site internet de la fédération (lire ici) : « Chaque match de rugby au Stade de France génère un manque à gagner de l’ordre de 5,2 millions d'euros pour la FFR. Rien qu’avec 6 matchs par saison (Tournoi des 6 Nations, Tournée de novembre, Finale TOP14) le manque à gagner est supérieur à 30 millions d'euros chaque année (hors espace publicitaire). Les prestations d’hospitalités en loge au Stade de France sont au bénéfice du seul consortium du Stade de France [CSDF, filiales de Bouygues et de Vinci en charge de la gestion de l’équipement − ndlr)], pas de la FFR et de ses clubs ! »

Une démonstration à première vue convaincante, d'autant que les hospitalités représentent, à titre de comparaison, 24 % des recettes de la fédération anglaise (soit l'équivalent de 32 millions d'euros en 2013). Sauf qu'elle est mathématiquement erronée.

D’abord parce que la projection de la FFR est très ambitieuse, relève la Cour des comptes : « Au total, le stade de rugby offrirait une capacité de 14 000 places dans ces catégories [loges et places VIP – ndlr] contre 8 800 actuellement au Stade de France, soit 60 % de plus. Même après correction du taux de remplissage (…), la capacité de remplir un tel niveau d’offres est sujet à interrogation. » Et puis, surtout, parce que le calcul du « manque à gagner » au Stade de France se fonde sur le contrat signé entre la FFR et le CSDF pour la période 1998-2013,  sans prendre en compte la convention en vigueur pour la période 2013-2017.

 

L'un des visuels du grand stade diffusés par le cabinet Popoulos retenu par la FFR © DR L'un des visuels du grand stade diffusés par le cabinet Popoulos retenu par la FFR © DR

 

Depuis l'entrée en vigueur de cette nouvelle convention, les recettes des matchs de rugby pour la FFR ont sensiblement augmenté, note la Cour en prenant l’exemple des espaces publicitaires : « Selon les estimations retenues par le concédant du stade, le RBE [revenu brut d’exploitation – ndlr] d’un match passerait de 3,1 millions d'euros  à 3,8 millions d'euros, soit une augmentation de 22 %. »  Une situation qui écorne sérieusement l'argumentaire de la fédération : « Ainsi, si les termes actuels de la convention étaient prolongés jusqu’en 2025, ce qui est de l’intérêt des autres partenaires de la FFR, le cash-flow [recettes nettes] par tranches pluriannuelles dégagé serait supérieur à celui obtenu par le stade de rugby sans risques financiers nouveaux pesant sur les finances fédérales », poursuit la Cour des comptes. 

Cette révélation est d’autant plus problématique pour la FFR que la Cour des comptes estime que le chiffrage des autres recettes du futur stade est aussi douteux. Il en va ainsi de la billetterie ou de la catégorie des « autres revenus », « mal documentée », alors qu’ils représentent 8 % des produits (7,25 millions d'euros par an). « La justification de ces recettes devrait être, au degré d’avancement actuel de la procédure du stade, beaucoup plus étayée. »

Par: Antton Rouget.

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