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La porte à gauche. Jean FERRAT a chanté que certains prétendent que le bonheur était à la porte à droite. Aujourd’hui est-il à la porte à gauche ? Oui ! mais à la condition de secouer le cocotier de la pensée convenu ! Ce petit blog crée à l’initiative de quelques militants communistes de Vierzon n’a d’autres ambitions que de donner aux citoyens un support pour s’exprimer librement sur les sujets politiques, sociaux ou culturels d’actualité du local à l’international, qui s’émancipe des discours convenus, des lignes officielles décidées par quelques notables de la politique, aux doubles langages, aux bonimenteurs de vraies fausses solutions et qui cultivent la résignation. Déverrouillez les débats et enfoncez la porte à droite (….ou à gauche ?) Les seules limites, car il en faut, à notre liberté : Celle du respect des personnes, le souci de la vérité et de faire vivre le débat. Ainsi seront exclus tous messages comprenant des insultes ou diffamations visant une (des) personne(s), seront exclues, s’ils sont avérées, des informations mensongères ou rumeur infondées. Chacun pourra également participer au débat juste et loyal en signalant un abus de cette nature. Les productions de ces abus seront retirés et l’auteur exclu du blog.

Articles avec #politique catégorie

Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Politique
LE MÉPRIS DE CLASSE : 80 centimes de plus pour le minimum vieillesse, même pas une baguette par mois !

Une hausse minuscule de 0,1% du « minimum vieillesse », voici la dernière riche idée du gouvernement pour faire vivre un peu plus décemment les retraités en difficulté. Le 16 septembre 2014, à l’occasion du vote de confiance, Manuel Valls avait pourtant fièrement déclaré : « Nous revalorisons le minimum vieillesse ! », une formule optimiste qui lui a valu à l’époque une salve d’applaudissements dans l’hémicycle. Mais qu’en est-il aujourd’hui ? L’adage « chose promise, chose due » est-il de rigueur ? Pas vraiment...

Paul Carson-Saher

Cette incroyable « générosité » gouvernementale laisse songeur. Aujourd’hui, ce sont 577 000 retraités qui touchent le minimum vieillesse, autant de personnes qui seront ravies d’apprendre qu’à partir du 1er Avril, elles pourront jouir d’une hausse exceptionnelle de 2,5 centimes par jour, soit 80 centimes par mois ou 9,60 euros net par an. De quoi se laisser tenter par quelques folies, notamment en achetant un croissant froid ou une petite baguette de plus par mois.

Factuellement, le montant de l’ASPA (Allocation de Solidarité aux Personnes Âgées), qui s’élevait à 800 euros/mois en 2015, culminera donc à un total spectaculaire de 800,80 euros/mois. Mais pour bénéficier de ce nouveau « privilège », encore faut-il respecter certaines conditions : pour prétendre à l’ASPA, il faut avoir au moins 65 ans et, en raison du plafonnement de l’allocation, les revenus ne devront évidemment pas dépasser les 9 601,60 euros par an (ou 14 904 euros pour un couple), une mesure somme toute destinée à limiter le nombre de prestataires.

Pas de quartier pour les retraités donc, même s’ils vivent pour la plupart en dessous du seuil de pauvreté et que le prix de la consommation ne cesse d’augmenter... Pourtant, en septembre 2014, Manuel Valls était formel : « Quand, et je vous l’annonce aujourd’hui, nous revalorisons le minimum vieillesse à 800 euros, et quand, de plus, nous verserons aux retraités qui perçoivent moins de 1.200 euros par mois une prime exceptionnelle, malgré la faible inflation, nous ne faisons pas de l’austérité. » En effet, belle démonstration d’augmentation anti-austéritaire, monsieur le premier ministre.

Et pendant ce temps...

En réalité, le gouvernement se fout royalement de la misère des « sans-dents ». Entre le gel des salaires des fonctionnaires depuis 6 ans et la proposition fumeuse d’une « garantie jeune » dans le cadre du projet de loi El Khomri, le mépris de classe reste général. Dans cette logique totalement délétère, les mesures pro-austérité, touchant aussi bien la jeunesse que la vieillesse, ne cessent en vérité de se confirmer. Néanmoins, à contrario du « dégel » des salaires des fonctionnaires, qui avait une visée politique – en l’occurrence celle de tenter de désamorcer la jonction entre le public et le privé contre la loi Travail –, cette « hausse », le gouvernement s’est bien gardé d’en faire la publicité, apparaissant très discrètement dans une instruction ministérielle publiée le 24 mars dernier, et il y a de quoi…

En effet, comment faire avaler ces 80 centimes « gracieusement accordés » aux retraités les plus démunis, quand on sait qu’un Emmanuel Macron peut, par exemple, amasser 2,4 millions d’euros en seulement 18 mois ? Comment ne pas oublier le silence assourdissant du gouvernement, lorsque le PDG du groupe PSA, Carlos Tavares, s’octroie une augmentation de son propre salaire à hauteur de 225%, portant à 14 500 euros par jour sa rémunération, pour arriver à un total de 265 440 euros/mois  ?

À n’en pas douter, le gouvernement est bien au service du patronat et de ceux qui ponctionnent impunément ces quantités d’argent astronomiques sur le dos des travailleurs. Sa loi Travail ne fait rien de plus que le démontrer à nouveau, de même que son estime pour ceux qui tentent péniblement de survivre. Plus que jamais, retraités, chômeurs, précaires, salariés, étudiants et lycéens, dans la rue ce 29 Septembre !

 

SOURCE:

 

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Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Politique
Défendre la Sécurité Sociale: une affiche datant de ...1951

Défendre la Sécurité Sociale: une affiche datant de ...1951

La ministre des Affaires sociales, Marisol Touraine, présente vendredi 23 septembre le projet de loi de financement de la Sécurité sociale 2017, le dernier du quinquennat. Dans une interview aux "Echos" parue le même jour, la ministre affirme que le régime général de la Sécu (regroupant maladie, retraites, famille et accident du travail) affichera un déficit de 400 millions en 2017, contre 17,4 milliards en 2011.

 

Par: El Diablo.

 

 

 

 

LIEN VERS LA SUITE DE L'ARTICLE CI-DESSOUS:

Les comptes de la SÉCU en équilibre...Mais près de 9 millions de personnes doivent renoncer à se soigner !

Un retour à l’équilibre des comptes qui traduit la poursuite de l’austérité.

Le retour à l’équilibre des comptes de la Sécurité sociale (d’après le gouvernement, le déficit devrait être réduit à 400 millions d’euros en 2017) serait une bonne nouvelle s’il n’était pas dû très largement aux mesures régressives prises depuis plusieurs années : 
- L’excédent de la CNAV est dû au recul de l’âge de la retraite de 60 à 62 ans et à l’allongement de la durée de cotisations pour une retraite à taux plein ;

- La baisse du déficit de la branche famille s’explique largement par les effets de la modulation des allocations familiales (à laquelle la CGT s’est opposée) et au transfert des allocations logement au budget de l’Etat (en particulier d’APL dont les conditions d’attribution ont été durcies) ;

- La baisse du reste à charge des dépenses de santé pour les ménages masque, comme le montre la Cour des Comptes dans son récent rapport, la baisse régulière depuis 15 ans du taux de remboursement des dépenses de santé qui ne relève pas du régime des affections de longue durée (ALD : prise en charge des dépenses à 100%) ;

- Les excédents de la branche AT/MP dont 500 millions d’euros ont été transférés pour la réduction du déficit de l’assurance maladie doivent être utilisés à l’amélioration de la politique de prévention et de réparation des victimes AT/MP ;

- Les suppressions par milliers d’emploi au sein des organismes de la sécurité sociale et du secteur de la santé et du social.

On nous parle de retour à l’équilibre mais le sujet est encore et toujours l’austérité !

En effet, la réduction des déficits prime toujours sur les besoins des assurés sociaux. 
Pour mémoire, le nombre de personnes pauvres est toujours, d’après l’Insee, de près de 9 millions et 36 % de la population aujourd’hui doit renoncer à un ou plusieurs soins de santé (dentiste, optique ou visite chez le médecin …).

Les orientations du PLFSS 2017 traduisent donc bien une priorité confirmée à l’austérité plutôt qu’une réelle amélioration de la situation de la Sécurité sociale.

 

La CGT Montreuil.

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Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Politique

C’est une élection énorme et minuscule. Minuscule car c’est une départementale partielle, à Orange, dans le Vaucluse. Mais énorme par le symbole : elle oppose l’extrême droite à l’extrême droite, sous le regard d’une droite volatilisée, d’un PS absent, et d’une gauche représentée par un ancien ministre socialiste passé depuis trois mois chez Jean-Luc Mélenchon.

A Guignol, cette histoire serait une farce : l’histoire du gendarme qui taperait sur le gendarme. Plus drôle encore : le gendarme numéro 1, candidat élu en mars 2015, Yann Bompard, est le fils du maire d’extrême droite Jacques Bompard, fondateur de la Ligue du Sud, et de Marie-Claude Bompard, maire de Bollène, à vingt kilomètres d’Orange. Une PME familiale. Yann a battu de six voix le gendarme numéro 2, Jean-François Mattei, candidat Front national, envoyé là par la petite-fille de Jean-Marie Le Pen, Marion Maréchal-Le Pen, députée de la ville voisine de Carpentras. Cette bataille est donc une sorte de Sisco entre héritiers, dans des partis connus pour dénoncer le népotisme et le privilège des assistés. Le Conseil d’État a cassé l'élection, et les Orangeois sont appelés à retourner aux urnes les 2 et 9 octobre prochains.

Dans la vraie vie, cette petite élection n’est pas un sketch. Elle concentre et amplifie des mouvements de fond qui travaillent le pays depuis de longues années, et dont la tectonique pourrait décider du sort de la prochaine présidentielle. Puissance d’une extrême droite installée qui vampirise la droite, droite qui reprend mot pour mot le discours de l’extrême droite en croyant stopper l’hémorragie, gauche de gouvernement réfugiée localement dans le clientélisme et nationalement dans l’imitation de la droite gestionnaire, populations sensibles aux discours identitaires, sentiment d’abandon…

Il y a, à Orange, tous les ingrédients généralement mis en avant dans l’analyse du phénomène Le Pen. Sauf qu’ici la poussée n’est pas une perspective mais une réalité, et que l’effondrement des partis de gouvernement, le fameux UMPS, n’est pas une projection mais un fait vérifié.

La ville d’Orange est passée au Front national en 1995, à peu près en même temps que celles de Toulon, Marignane, puis Vitrolles. Depuis 1977, comme tant d’autres, elle avait été gérée par des maires RPR, communistes ou socialistes. Les maires Front national de la vague 1995-1997 sont tous passés à la trappe ou partis vers la droite classique, pas à Orange. À Orange, Jacques Bompard, autocrate fort en gueule mais bien organisé, s’est installé comme un notable éternel, sans rien abandonner de son idéologie, mais cultivant sa clientèle et son « bon sens » de gestionnaire. Une réussite électorale qui le fera rêver d’un destin national. Il rompra avec Jean-Marie Le Pen, se rapprochera de Philippe de Villiers, avant de s’en éloigner, de fonder son propre parti, la Ligue du Sud, et de s’enfermer dans son donjon du Nord-Vaucluse.

Le résultat électoral est là. Élu avec une poignée de voix d’avance à l’issue d’une triangulaire en 1995, il est réélu au premier tour en 2001, 2008, et 2014 avec 60 %. Entre-temps, le grand élu (RPR puis UMP) du Nord-Vaucluse, le député Thierry Mariani, aura cherché à contrer cette expansion en orientant progressivement son discours vers les thèmes et les mots de son rival. Un mimétisme extrême-droitier, et un talent personnel, qui l’ont conduit à un double résultat. Mariani est devenu ministre des transports en 2010, appelé par un Nicolas Sarkozy en mode Buisson, pendant que la droite disparaissait progressivement du terrain.

Aujourd’hui, Mariani s’est exilé dans un Coblence du bout du monde, la zone Asie-Océanie-Europe de l’Est, pour devenir député des Français de l’étranger tandis que Bompard a digéré la droite classique qui hésite entre découragement et ralliement.

Le temps passant, le maire d’Orange a installé toute sa famille dans les fauteuils de la République, avec l’assentiment des électeurs : Madame à la mairie de Bollène, son fils Guillaume au conseil municipal d’Orange (chargé de la communication) et son fils Yann au conseil départemental. Un peu de patience, et les petits-enfants ne manqueront pas de ressentir la vocation.

Le seul tracas de cet identitaire brutal à la carrière de rad-soc cassoulet, c’est l’héritière Le Pen installée à Carpentras : Marion, petite-fille de Jean-Marie et nièce de Marine. Marion admet mal que cette terre d’extrême droite échappe à son emprise familiale, et Bompard ne supporte pas que cette cousine politique vienne chasser dans son fief héréditaire. Depuis 2012, de Carpentras à Sorgues en passant par Le Pontet, Avignon, Bollène, Orange, ou Marseille pour la Région, c’est la guerre de cent ans. Les coups de main succèdent aux poignées du même nom. Cette “cantonale”, comme on disait avant la dernière réforme des collectivités locales, est le dernier épisode d’une espèce de primaire permanente à la droite de la droite.

Et la gauche dans tout ça ? Elle a tenu la ville et la députation en un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître. Le parti socialiste a même eu, par deux fois sous François Mitterrand, un jeune et fringant ministre, Jean Gatel, secrétaire d’État à la défense en 1983, puis secrétaire d’État à l’économie sociale en 1984.

Or, pour cette élection, Jean Gatel est l’autre grand symbole. Il est de retour, en binôme avec la communiste Fabienne Haloui, mais le PS a renoncé à présenter un candidat ! Gatel, ancien du Ceres, donc proche de Jean-Pierre Chevènement, puis de Marie-Noëlle Lienemann ou Benoît Hamon, puis cofondateur de la Nouvelle Gauche, a quitté le navire socialiste pour se rallier à Jean-Luc Mélenchon ! « Une adhésion de raison, et pas une allégeance, explique-t-il. Je le côtoie depuis trente ans, et je connais ses travers et son sale caractère, mais c’est le plus cohérent à gauche. » En contrepoint, Gatel évoque les candidatures multiples des socialistes frondeurs : « Lienemann, Hamon, Filoche, Montebourg… Franchement, où vont-ils ? Cette primaire est absurde… »

Ainsi, dans une commune où les triangulaires envoyaient tour à tour aux commandes, comme dans tant d’autres villes, des socialistes ou des élus de droite classique, l’élection se joue désormais entre l’extrême droite et l’extrême droite, sous le regard de la droite balayée, et l’arbitrage d’un ancien dignitaire socialiste passé chez Mélenchon, et associé à la secrétaire départementale du parti communiste.

Au moins, la gauche est-elle unie ? Ce serait trop simple. Ce canton symbolique illustre aussi les divisions byzantino-florentines qu’on connaît au niveau national. Accrochez-vous : un candidat écologiste, qui avait fait équipe en mars 2015 avec la candidate communiste aujourd’hui associée à Gatel, a mal supporté d’être exclu du ticket. Serge Marolleau a donc d’abord sollicité la droite en vue de constituer un « front républicain », avant de poser sa candidature au nom d’une « alliance écologiste ». Ainsi, les chances infimes de qualifier la gauche au second tour sont quant à elles à peu près sûres d’être réduites à rien !

Dans de telles (mauvaises) conditions, comment expliquer le retour de Jean Gatel, sorti de sa retraite ? Il répond en souriant : « En rentrant de vacances, je me suis dit : si au moins je pouvais garder, ou faire revenir quelques électeurs perdus, qui se souviendront du vieux Gatel, ce serait déjà ça… » Il ne se fait aucune illusion : « Accéder au second tour, ce serait Lisieux, Lourdes et Fatima réunis, mais on ne peut pas rester les mains dans les poches à regarder la bataille entre les Bompard et les Le Pen. »

Sur l’effondrement local du PS, l’ancien secrétaire d’État et ancien socialiste porte un regard accusateur : « Le PS en est là parce qu’il a été incapable de faire de la politique. Il a longtemps tenu par son réseau de petits notables, et sa fédération d’apparatchiks strauss-khaniens passés à François Hollande puis à Manuel Valls, et ne s’est pas rendu compte que ça fondait sous ses pieds. » 

À propos de la déliquescence de la droite classique et de la domination absolue de l’extrême droite dans le Nord-Vaucluse, Gatel est encore plus lapidaire : « De ce côté-là, au fond, il n’y a aucun changement. La ville d’Orange était prête depuis longtemps, avec son substrat de population pied-noir mal remise de l’Indépendance de 1962, avec le glissement des personnels de la défense vers la droite dure, ils représentent un tiers des électeurs et je constatais déjà ce phénomène quand j’étais au ministère, avec ces viticulteurs très riches qui ont peur de perdre leur pouvoir et ces maraîchers très pauvres qui haïssent la mondialisation, avec ces gens très pauvres aussi, venus du centre ou du nord de la France et qui ne trouvent pas leur place… Depuis quarante ans, ici, la droite et l’extrême droite représentent de 60 à 65 % de la population. Quand la droite de Thierry Mariani s’est mise à tenir un discours extrême, Bompard qui est un rouleau compresseur n’a plus eu qu’à ramasser la mise, et voilà où nous en sommes ! »

Le premier tour aura lieu le 2 octobre, et le second le 9. Comme toujours avec ce genre d’élection partielle, les abstentionnistes seront sans doute beaucoup plus nombreux que les votants, mais on saura dans huit mois si cette confrontation est une curiosité locale enfermée dans son théâtre antique, ou la préfiguration d’un séisme de force 10, qui bousculera la France.

Par Hubert Huertas et MEDIAPART

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Publié le par "Citoyen 18"
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Grande scène de la fête de l'Humanité 2016 (capture d'écran)

Grande scène de la fête de l'Humanité 2016 (capture d'écran)

La fête de l'Humanité 2016 donne un nouvel aperçu de ce vide, où l'on voit la plupart des militants qui s'expriment dans les médias se laissent tranquillement canaliser vers un vote PS au second tour.

Voici ce que nous écrivions au moment du congrès qui a eu lieu paraît-il à Aubervilliers en juin dernier sans que personne ne s'en aperçoive. Il est vrai qu'il y avait mieux à faire dans la rue alors.

 

Les congrès du PCF sont des impasses politiques. Après plus de dix ans d'expérience de la question, j'en suis venu à penser que la participation aux congrès du PCF aboutit quelque soit le contenu du débat à renforcer la légitimité identitaire du groupe dirigeant ultra-droitier et inamovible, tout en s'éloignant du débat public pour plonger dans un entre-soi militant ou l'on se sent en sécurité à l'abri du regard du prolétariat réel.

 

Ce serait donc sauf erreur donner tête baissée dans un piège. Le congrès du printemps 2016 produit une répétition de la situation de 2013 avec les mêmes groupes oppositionnels marginalisés dans le parti et hostiles entre eux, qui rejouent la partie perdue depuis 2003 (dont le XVème, La Riposte, le groupe autour de la section de Vénissieux que j'ai soutenu en 2008 et 2013), qui ont perdu leurs dirigeants historiques (Gremetz, Gerin, Henri Alleg, etc), et dont la stratégie semble s'épuiser dans la production de textes dont le contenu est forcément excellent, mais dont l'objet fait question. Ces groupes refusent les tendances au nom du centralisme démocratique, mais ils constituent objectivement des tendances. Le centralisme démocratique devient dans ces conditions un pur fétiche qui sert à justifier les chamailleries, l'inaction et le refus des clarifications et de la prise de risque.

 

Persévérer à contre courant de longues années est louable sans doute, mais non persévérer à refaire ce qui rate à chaque fois ! On pourrait penser que tout ce qui renforcerait un courant révolutionnaire dans le PCF serait bon à prendre, mais si c'est pour dévoyer les énergies vers des querelles qui paraitront à l'extérieur infantiles et byzantines, c'est un mauvais calcul.

 

Ce que devraient faire les communistes dignes de ce nom, c'est un congrès pour fonder un nouveau "parti prolétarien révolutionnaire" (qui ne porterait évidemment pas un nom connoté de cette sorte, "gauchiste"), avec les éléments sains des divers groupes communistes, dont le PCF. Le signifiant "communiste" en tant que tel n'est évidemment pas un critère suffisant pour sélectionner ces éléments. Leur caractère sain se verra dans leur pratique.

 

La section de Vénisieux aurait pu engager une dynamique dans cette direction, dans et hors le PCF, mais elle ne l'a pas fait. D'ou l'enlisement de tentatives comme le réseau interne "Faire vivre et renforcer le PCF", ou hors parti "les Assises du communisme". Responsabilité partagée il est vrai avec les groupuscules qui ont freiné des quatres fers pour garder un contrôle illusoire sur ce mouvement à peine esquissé.

 

Par: Gilles Questiaux (G.Q.) le 13 mars 2016

 

PS le 10 mai 2016 : les résultats du vote interne sont exactement ceux que j'avais prévu. Le texte vénissian a obtenu 12% ( plus 1%, victoire!).

 

Rappel du 15 décembre 2014 :

 

"Réveil Communiste" ne publiera plus à l'avenir de compte rendu d'intervention au CN du PCF, car il est contreproductif de faire croire que ce lieu est un réel forum de discussion et d'expression démocratique. Les membres du CN représentant l'opposition y sont neutralisés et finissent par servir de faire valoir pseudo-démocratique, tandis que leurs interventions ne sont jamais rapportées ni commentées dans les médias liés au parti. Le PCF dans la mesure où il existe encore est maintenant très majoritairement animé par des cadres qui ont été formés à l'image des idées du groupe dirigeant postcommuniste, et dont l'idéologie se situe quelque part dans ce qu'on appelait autrefois le marais, ou le "centre-gauche", avec un vernis bariolé postmoderne et il ne va pas changer de sitôt, s'il change jamais. Il peut survivre dans cet état encore cent ans, en appoint du PS, comme l'a fait le parti radical. Comme on dit, on ne peut pas faire boire un âne qui n'a pas soif. Mais on peut aussi décider de cesser de servir de caution. En 2014, certains militants oppositionnels du PCF auraient bien voulu boycotter les européennes, mais il ne l'ont pas osé pour préserver leur chances d'intervention dans ce cénacle, notament à l'occasion de la conférence nationale du 8 novenbre 2014 que l'Univers atttendait avec impatience. Maintenant qu'elle est passée, on a vu. C'est à dire que comme d'habitude on n'a rien vu.

G.Q. 15 décembre 2014

 

SOURCE:

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Selon les syndicats, 320 000 manifestants ont défilé samedi dans sept villes allemandes pour dénoncer le projet de traité de libre-échange transatlantique (TTIP) ainsi que leur opposition au Ceta, le traité de libre-échange avec le Canada dont la signature finale est attendue à la fin du mois prochain.

Dans un pays où la population est largement hostile à ce traité en cours de négociation entre les Etats-Unis et l'UE, les organisateurs des manifestations de samedi - une trentaine d'ONG, de syndicats et partis politiques - ont affirmé avoir mobilisé quelque 320 000 personnes. La police dans les 7 villes concernées par les défilés avançait pour sa part une estimation de 163.000 à 188.000 manifestants. A Berlin, de 50 000 à 70 000 personnes se sont rassemblées, malgré les fortes pluies qui se sont abattues en début de manifestation, à la mi-journée. La mobilisation a également été forte dans les deux autres principales villes du pays, Hambourg et Munich, moins importante à Francfort, Cologne, Stuttgart et Leipzig. Mille pancartes et drapeaux bariolées y étaient tenus à bout de bras, barrés de slogans comme "Démocratie au lieu du TTIP", "Non c'est non", ou encore "Partager plutôt que diviser". Outre le TTIP, pour lequel un nouveau round de négociations vient d'être fixé à début octobre, les manifestants entendent exprimer leur opposition au Ceta, le traité de libre-échange avec le Canada dont la signature finale est attendue à la fin du mois prochain.

Des négociations tenues dans le plus grand secret:

Ces deux traités inquiètent de longue date de nombreux Allemands, alors que Mme Merkel n'a cessé d'insister sur les "chances de créations d'emploi" qui doivent en découler. "En Europe, il faut que ce soient les gens qui reviennent au premier plan (...) c'est pour ça qu'il faut stopper le TTIP", juge à Berlin Axel Kaiser, coordinateur d'une plateforme de petites et moyennes entreprises contre ce traité. "Nous nous battons pour des processus de décision démocratiques, pour que les principes de l'Etat de droit s'appliquent dans les accords commerciaux", estime un autre militant, Ulrich Schneider. Négocié depuis mi-2013 par le gouvernement américain et la Commission européenne, l'accord TTIP (Transatlantic Trade Investment Partnership, également connu sous un autre acronyme anglais, Tafta), vise à supprimer les barrières commerciales et réglementaires de part et d'autre de l'Atlantique pour créer une vaste zone de libre-échange. Ses détracteurs craignent, outre une remise en cause des normes sociales, sanitaires et environnementales européennes, la création d'un mécanisme d'arbitrage parallèle pour les investisseurs étrangers qui viendrait affaiblir le pouvoir des autorités publiques face aux grandes entreprises.

Les organisateurs des manifestations en Allemagne ne cessent également de dénoncer des négociations tenues dans le plus grand secret. "Nous avons besoin d'accords commerciaux meilleurs, (que) nous pouvons avoir si nous stoppons les mauvais accords (...) en nous battant pour une économie équitable", a dénoncé Jennifer Morgan, dirigeante de Greenpeace International. Soutenu par la chancelière Merkel, le TTIP divise aussi son gouvernement, le vice-chancelier social-démocrate Sigmar Gabriel ayant vertement critiqué le traité au début du mois en assurant que le TTIP avait "de facto échoué". Le SPD doit décider lundi lors d'un mini-congrès s'il approuve ou non le Ceta, que le gouvernement juge être "un accord très réussi". Selon un sondage de l'institut Ipsos, 52% des Allemands estiment que le libre-échange mène à un affaiblissement des normes sociales et permet l'importation de produits dommageables pour la santé.

L'Humanité.fr

Photo : AFP

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Derrière l'"Opération MACRON", le "Uber" de la politique... [par Jean LÉVY]Ainsi, Emmanuel Macron quitte le gouvernement PS, à sept mois de l'élection présidentielle...

Cette démission, présentée comme inopinée, est-elle un mouvement d'humeur, le geste du rat quittant le navire en perdition, ou bien le énième petit caillou semé patiemment sur le chemin qui pourrait mener Macron à l'Elysée ?

Pour tenter d'y voir plus clair, deux pistes de réflexions sont à explorer :

 

LIRE LA SUITE SUR LE BLOG "CA N'EMPECHE PAS NICOLAS (lien ci-dessous)

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La droite du Parti populaire a obtenu une majorité absolue en Galice, tandis que les alliés de Podemos sont passés devant les socialistes, en Galice comme au Pays basque.

Les résultats du double scrutin organisé dimanche en Galice et au Pays basque renforcent l'hypothèse d'une deuxième tentative d'investiture de Mariano Rajoy à Madrid, pour sortir l'Espagne de la crise politique. Mais les blocages qui subsistent sont nombreux, et il reste un mois pour trouver un accord, faute de quoi de nouvelles législatives – les troisièmes en un an – seront convoquées pour décembre.

Mediapart a déjà analysé ici les enjeux de ces deux régionales, alors que l'Espagne navigue depuis dix mois sans gouvernement. Voici les quatre enseignements de la soirée :

 Alberto Núñez Feijóo, l'homme fort du Parti populaire (droite) en Galice, et président du parlement régional sortant, décroche une nouvelle fois la majorité absolue (38 sièges sur 75). La tendance déjà observée lors des législatives de juin se confirme : la « marque PP » rassure, en ces temps d'incertitude politique et d'extrême lassitude des citoyens vis-à-vis de la politique. Cela permet au PP de faire oublier les scandales politico-financiers des dernières semaines, et redonne de l'élan, à Madrid, pour une investiture du conservateur Mariano Rajoy, lui-même originaire de Galice (sa première investiture, début septembre, s'était soldée par un échec).

 Podemos et ses alliés réussissent le « sorpasso » devant le PSOE dans les deux régions, comme le prédisaient les sondages. La plateforme En Marea arrive deuxième en Galice, derrière le PP (ils obtiennent le même nombre de sièges que les socialistes, mais davantage de voix), tandis que Podemos décroche la troisième place au Pays basque (en sièges comme en voix), derrière deux forces « nationalistes » basques (PNV et EH-Bildu). Pour la formation de Pablo Iglesias, les régionales n'ont rien changé sur le fond, et le discours est toujours le même : ils espèrent que le PSOE va lancer des négociations avec eux pour construire un gouvernement de coalition, avec le soutien de forces régionalistes.

 Pedro Sánchez, le chef des socialistes, est l'un des perdants de la soirée, dépassé par Podemos dans les deux parlements régionaux. En interne, sa stratégie va être de plus en plus contestée. Tout l'enjeu des jours à venir consiste à voir si la pression de certains barons du PSOE va faire évoluer sa stratégie – et transformer son « non » à un gouvernement Rajoy, en une simple abstention. Jusqu'à présent, Sánchez ne veut pas en entendre parler. Va-t-il tenir un mois supplémentaire, sous des pressions encore ravivées par les mauvais résultats de dimanche ? Il faudra suivre aussi la formation de l'exécutif régional au Pays basque : le PNV, arrivé en tête (parti nationaliste et centriste), peut s'associer, soit au PP, soit aux socialistes. Une alliance PP-PNV au Pays basque pourrait provoquer, par ricochets, le ralliement des cinq députés du PNV au congrès des députés à Madrid, pour Rajoy… Ce qui placerait le conservateur à un siège seulement de la majorité absolue dont il a besoin pour être investi.

 Ciudadanos prend une claque. Le nouveau parti de droite, après avoir tenté une alliance avec les socialistes en début d'année (sans succès), puis un rapprochement avec le PP cet été (sans succès, jusqu'à présent), est sanctionné dans les urnes. Il ne parvient à entrer dans aucun des deux parlements régionaux (il reste sous le seuil des 3,5 %). Ce n'est pas une bonne nouvelle pour son patron, Albert Rivera, bien sûr, mais pas non plus pour le PP, qui a besoin de Ciudadanos à Madrid en soutien d'un gouvernement PP minoritaire… Des quatre principaux partis engagés dans les négociations à Madrid, Ciudadanos est sans doute celui qui a le moins d'intérêt à retourner aux élections en décembre prochain.

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Jeremy Corbyn a appelé le parti à serrer les rangs. ©

 

Le chantre de la gauche radicale Jeremy Corbyn a été largement réélu samedi à la tête du Labour, malgré la défiance de l'appareil du principal parti d'opposition britannique

Le radical Jeremy Corbyn a été largement réélu samedi à la tête du Labour, laissant entière la fracture entre la base et l'appareil du parti travailliste et compromettant ses chances de revenir rapidement au pouvoir.

Visé par un putsch de ses députés après le vote pour le Brexit fin juin, Jeremy Corbyn est non seulement toujours aux commandes de l'opposition mais il sort renforcé après un été meurtrier pour la politique britannique et potentiellement fatal pour le Labour, vieux de 116 ans.

Il a augmenté son avance

Réélu avec 61,8% des voix, le militant anti-austérité et pro-immigration de 67 ans a augmenté de plus de deux points son score de l'an dernier, loin devant son unique rival, le député gallois Owen Smith.

Sous un tonnerre d'applaudissements, le vétéran radical a immédiatement appelé le parti à serrer les rangs et lancé à ses opposants devant le congrès du parti réuni à Liverpool.

Traces profondes

Le triomphe du barbu pacifiste solde définitivement l'héritage de Tony Blair, l'ancien Premier ministre dont le virage centriste et la décision d'intervenir en Irak en 2003 avaient détourné des milliers d'adhérents du parti.

Mais les insultes et les menaces échangées pendant la campagne risquent de laisser des traces profondes. Et même une réconciliation ne réglerait pas le problème en apparence insoluble d'un leader indésirable aux yeux du sérail mais plébiscité par les militants.

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Publié le par "Citoyen 18"
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Le ministère de l’économie et des finances se pourvoit en cassation auprès du conseil d’État, dans l’espoir de ne pas avoir à transmettre à Raymond Avrillier l’accord signé entre l’État et les sociétés autoroutières en avril 2015. Mais qu’a donc à cacher Bercy pour s’opposer avec tant de constance à toutes les demandes de communication de ce document, au moment où il annonce un énième programme autoroutier?

Mais qu’a donc à cacher le ministère de l’économie et des finances pour s’opposer à toutes les demandes de communication de l’accord signé entre l’État et les sociétés concessionnaires d’autoroutes le 9 avril 2015 ? Une nouvelle fois, Raymond Avrillier, écologiste de longue date et ancien maire adjoint de Grenoble, s’est heurté à une fin de non-recevoir au ministère de l’économie, lorsqu’il a demandé l’accès à ce protocole. Il avait pourtant en poche le jugement du tribunal administratif de Paris du 13 juillet, enjoignant à Bercy de lui transmettre les documents publics demandés (lire notre précédent article). Constestant cette décision, le ministère a décidé de se pourvoir en cassation auprès du conseil d’État et donc de refuser toute communication du texte de l’accord, comme il l’en a informé dans un courrier daté du 12 septembre. Juste avant que le gouvernement annonce ce dimanche 18 septembre, un nouveau plan autoroutier de 1 milliard d'euros. 

La décision de faire appel du jugement du tribunal administratif a été prise, alors qu’Emmanuel Macron était encore ministre de l’économie. « Mais cette décision est une position du ministère, pas celle du ministre. L’analyse de Bercy est que ce protocole est un texte préparatoire, commun aux six sociétés concessionnaires. Il n’a pas à être communiqué. Les vrais accords société par société ont été publiés par la suite au Journal officiel », expliquent des conseillers dans l’entourage d’Emmanuel Macron et à Bercy (lire la boîte noire de cet article).

Le ministère de l'économie et des finances © Reuters Le ministère de l'économie et des finances © Reuters

Cette explication diffère de celle qui avait été présentée par le ministère de l’économie devant les juges administratifs. Pour justifier son refus, Bercy avait alors plaidé que l’accord avec les sociétés autoroutières relevait du droit privé : il avait été signé dans le cadre d’un « protocole transactionnel », les sociétés concessionnaires renonçant à engager une action judiciaire contre l’État comme elles en avaient agité la menace. C’était l’application du secret des affaires avant la loi, en somme. 

 

Mais le tribunal administratif de Paris, pourtant très soucieux de la protection des intérêts de l’État, avait balayé cet argument, dans son jugement : « Ces circonstances [le renoncement à toute action judiciaire – ndlr] ne sont pas de nature à ôter à ce contrat conclu entre l’État et des sociétés délégataires d’une mission de service public le caractère de document administratif au sens des dispositions précitées de la loi du 17 juillet 1978 ; dès lors, M. Avrillier est fondé à soutenir, qu’en refusant de communiquer le document demandé, le ministre a méconnu les dispositions précitées de la loi du 17 juillet 1978 ; par suite, la décision implicite portant rejet de la demande de communication dudit document doit être annulée », avait-il tranché.

D’où le changement de ligne de défense de Bercy. Le protocole annoncé en fanfare par le premier ministre Manuel Valls le 9 avril, censé ouvrir une nouvelle ère entre l’État et les sociétés d’autoroutes, en établissant des « relations plus équilibrées » et un grand plan de travaux, n’est plus désormais qu’un « document préparatoire » !

Ce n’est qu’un épisode brumeux de plus dans ce dossier très opaque, traité de près par Bercy. Alors que les députés socialistes – au terme d’une commission d’enquête parlementaire créée à la suite du fiasco de l’écotaxe et de l’obscur contrat Ecomouv – en étaient arrivés à la conclusion qu’il fallait remettre à plat tous les contrats de concessions autoroutières, quitte à « renationaliser » de façon temporaire s’il le fallait, le ministère de l’économie, soutenu par Matignon, avait rapidement repris les choses pour contrer ces tentatives « irréalistes » voire « irresponsables » des parlementaires.

La manœuvre avait été jugée si choquante que le président de la commission du développement durable de l’Assemblée nationale, Jean-Paul Chanteguet – suppléant de Michel Sapin –, avait démissionné de la présidence du groupe de travail sur les autoroutes pour protester contre cette mascarade. « Je ne saurai cautionner une démarche qui n’aurait pour ligne directrice la défense de l’intérêt général, c’est-à-dire celle de l’État et de ses usagers », avait-il écrit dans une lettre de démission cinglante, adressée à Manuel Valls. 

Emmanuel Macron à l'Assemblée de la fédération des travaux publics le 9 avril 2015, jour de l'annonce du plan autoroutier © Le moniteur des travaux publics Emmanuel Macron à l'Assemblée de la fédération des travaux publics le 9 avril 2015, jour de l'annonce du plan autoroutier © Le moniteur des travaux publics

Un mois plus tard, Matignon annonçait le grand accord avec les sociétés concessionnaires. Contre un engagement de travaux de modernisation [normalement prévu dans le cahier des charges des concessions – ndlr] et d’extension du réseau autoroutier estimé à 4,2 milliards d’euros – soit moins d’une année de bénéfices cumulés des sociétés concessionnaires –, elles allaient bénéficier d’une extension de la durée de vie de concession, de 2 à 3 ans :  certaines vont courir ainsi jusqu’en 2033 !

Surpris par cet accord, Raymond Avrillier, qui a déjà à son actif la révélation du scandale de la privatisation de la régie municipale d’eau de Grenoble par Alain Carignon en 1994 et celle de l’affaire des sondages de l’Élysée sous la présidence de Nicolas Sarkozy, a cherché à en savoir plus. Malgré les injonctions de la Commission d’accès aux documents administratifs (Cada) puis celles du tribunal administratif, l’ancien conseiller municipal s’est toujours heurté à un refus de communication de la part du ministère de l’économie.

« Si Bercy se refuse, de façon si obstinée, à communiquer cet accord, c’est qu’il existe des dispositions, à mon avis, autres que celles annoncées sur l’extension de durée des concessions et des travaux en contrepartie et qui doivent rester secrètes. Je ne serais pas étonné qu’il existe aussi des dispositions fixant les augmentations de péages, par exemple », subodore Raymond Avrillier.

L’annonce faite par le gouvernement d’un nouveau plan de relance autoroutier, faite ce 18 septembre, nourrit encore plus le doute. Celle-ci illustre l’incohérence de la politique du transport du gouvernement, au point de laisser supposer quelque agenda caché. Comment expliquer sinon que le gouvernement décide un énième  plan de relance autoroutier la semaine même où il promet de tout en œuvre pour défendre l’usine d’Alstom à Belfort et soutenir le ferroviaire ? 

 Surtout, pourquoi projeter ce nouveau programme d’un milliard d’euros, alors que celui  annoncé en 2015 est à peine lancé ? Dans le cadre de celui-ci, il était prévu  que les sociétés concessionnaires engagent 3, 2 milliards d’euros de travaux, dont 80% de ceux-ci devaient être réalisés sur les trois ans, sans augmentation de tarifs, en contrepartie de l’allongement de la durée des concessions. Qu’est-ce qui justifie alors une telle précipitation ? Le nouveau programme ne fait-il pas partie en fait  du même programme mais présenté sous une autre  forme, afin de contourner  les engagements passés ? Car toutes les promesses passées ont disparu. Les collectivités locales seront mises à contribution et les péages augmenteront. Entre « 0,3 et 0, 4% par an entre 2018 et 2020 » a précisé le secrétaire d’Etat aux transports, Alain Vidalies, dans un entretien au Journal du Dimanche . Presque rien donc, à l’en croire.

Par: martine orange.

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Baisse du déficit de la Sécu : le GOUVERNEMENT se gargarise, les PAUVRES trinquent !
Baisse du déficit de la Sécu : le GOUVERNEMENT se gargarise, les PAUVRES trinquent !

« Je suis en mesure de vous annoncer que les résultats de 2016 seront encore meilleurs que ce qu’on avait envisagé en juin grâce aux efforts que nous poursuivons. L’horizon du rétablissement complet de la Sécu, de l’équilibre des comptes de la Sécu, ce n’est plus une utopie, il est à portée de main (…), pas pour 2016, mais très vite », ainsi s’est exprimée Marisol Touraine avec une emphase digne de Mme El Khomri lorsqu’elle défendait le caractère émancipateur de sa loi.

D’après les prévisions de la Commission des comptes de la Sécurité sociale (CCSS), la branche Retraites serait excédentaire de 500 millions, la branche AT-MP de 500 millions, la branche Famille aurait un déficit de 1 milliard et l’Assurance-maladie d’environ 5,2 milliards. Le déficit total serait alors le plus faible de ces dernières années.

En fait, il y a deux façons de lutter contre le « trou de la Sécu », par le haut en répondant aux besoins sociaux, soit par le bas en augmentant les inégalités sociales de santé et de protection sociale.

En fait, le mouvement réformateur néolibéral fait le second choix car il a inventé la solution à tous les problèmes de déficit : il suffit de restreindre les dépenses utiles et nécessaires pour les citoyens et leurs familles aux fins d’augmenter les inégalités sociales de revenus, de logement, de santé, de retraites, et d’une façon générale de toute la protection sociale. Comme depuis trente-trois ans, chaque gouvernement a fait pire pour les travailleurs que le précédent, on, voit bien là le projet commun aux néolibéraux solfériniens et de la droite.

Après le BIP 40 et les travaux de l’IRDES, voici le baromètre « IPSOS-Secours populaire »

Au moment même où Mme la ministre développait sa méthode Coué, le baromètre IPSOS-Secours populaire était publié. Et là il y a de quoi alimenter la contre-offensive contre ces ministres néolibéraux qui font passer toute aggravation des politiques austéritaires pour une mesure émancipatrice.

La moitié des Français gagnant moins de 1 200 euros net par mois renonce ou repousse une consultation chez le dentiste (+ 22 points par rapport à 2008 !), 39 % ont renoncé ou repoussé une consultation chez un ophtalmologiste (+ 9 points par rapport à 2008 !), 64 % estiment avoir eu des difficultés pour payer des actes médicaux mal remboursés par la Sécu, 53 % ont des difficultés à payer leur complémentaire santé, 48 % n’ont pas une alimentation saine.

68% des Français estiment que les inégalités sociales de toute nature ont fortement augmenté et 38 % des sondés ont connu la pauvreté (+ 3 points depuis 2015). Qui sont les plus touchés ? les femmes, les ouvriers et les employés ! 55 % des sondés estiment être menacés par la pauvreté. (+ 10 points par rapport à 2007). 83 % des sondés estiment que cela sera pire pour leurs enfants. Si on ajoute que le nombre de travailleurs pauvres augmentent à cause de la précarité, si on ajoute que la protection universelle maladie (PUMA) ne rembourse que la partie Sécu (et non le forfait journalier, les franchises, les dépassements, les participations forfaitaires, etc.), que la généralisation du tiers payant organise le prélèvement des sommes restés à charge sur les remboursements, on voit clairement la réalité matérielle du monde français comme il est.

La pauvreté revélée par l’Insee

Nous savons grâce à l’Insee qu’un million de personnes ont basculé dans la pauvreté en 10 ans. Ils sont maintenant 8,77 millions. C’est-à-dire qu’ils sont sous la barre des 60 % du revenu médian, soit aujourd’hui 1 008 euros pour une personne seule (voir l’INSEE pour le barème pour les familles monoparentales, couples sans enfants, couples avec enfants de moins de 14 ans, et couples avec enfants de plus de 14 ans). A noter que le Smic est à 1 150 euros ce qui montre qu’il ne constitue plus une arme suffisante contre la pauvreté ! Donc un Français sur sept (14 %) est en dessous du seuil de la pauvreté.

Et les contre-réformes néolibérales…

Depuis la réforme Balladur de 1993, les retraites ont déjà baissé de 20 points. Avec les dernières contre-réformes de 2010, 2013 ainsi que celles de l’Arrco et de l’Agirc, nous en serons dans quelques années à une baisse de 30 points.

Les dernières contre-réformes sur les allocations familiales ont baissé la masse des prestations et supprimé l’universalité de la prestation des allocations familiales.

Le déremboursement des soins hors ALD (Affections Longue Durée) a continué pour arriver à ce que la Sécurité sociale ne rembourse plus que 50 % du coût des soins, aboutissant à une croissance des inégalités sociales de santé

Les recettes de la Sécu en berne…

Une forte décélération de la croissance des cotisations sociales (+ 0,6 % pour une croissance de la masse salariale de 1,2 %) empêche la Sécurité sociale de répondre aux besoins sociaux du fait de l’accentuation des dispositifs d’exonération consentis dans le cadre du pacte de responsabilité et qui portent uniquement sur la part patronale. Les recettes de la branche Famille ont été sacrifiées par la baisse des cotisations familiales qui expliquent à elles seules le déficit de cette branche.

Transfert des cotisations patronales vers l’impôt des travailleurs

En revanche les cotisations salariales progressent de 3,5 %, de même que la CSG sur les revenus d’activité et de remplacement, ce qui prouve bien qu’on a orchestré un transfert de financement massif du patronat vers les travailleurs et vers l’impôt car, outre la CSG, les recettes fiscales affectées progressent dans le même temps de 3,1 % : il s’agit d’une double peine.

Et taxation d’une partie des anciens ayants droit…

Concernant l’assurance maladie, peu de commentaires hormis à la CGT, concernant la réforme PUMA (Protection universelle maladie) qui constitue pourtant une révolution considérable en mettant fin au caractère familial de l’affiliation : fin de la notion d’ayant droit, l’un des fondements de la Sécurité sociale, ce qui sert à justifie un renforcement de la part de l’impôt dans le financement de l’assurance maladie. A noter que désormais des assurés dans le cadre de la PUMA, auparavant ayants droit seront assujettis de la taxe de 8 % sur leurs revenus imposables dès lors qu’ils dépasseront le plafond de 9 654 €.

Que faire ? les dégager ! donc, construire un processus alternatif.

Si on les laisse faire, ils vont réussir à supprimer le déficit de la Sécu mais au prix d’un accroissement phénoménal de la pauvreté, du chômage, de la précarité, du communautarisme, des intégrismes, des zones de non droit, d’une école des compétences sans les connaissances et sans l’ascenseur social, des services publics et de la protection sociale de plus en plus privatisés, de la gentrification, de la ségrégation, etc.

Tout cela doit être mis en débat dans le peuple. Donc développons une éducation populaire refondée pour mener la bataille de l’hégémonie culturelle. C’est le troisième pilier de l’émancipation à côté de l’action syndicale d’abord, partisane ensuite.

Par: Évariste

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