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La porte à gauche. Jean FERRAT a chanté que certains prétendent que le bonheur était à la porte à droite. Aujourd’hui est-il à la porte à gauche ? Oui ! mais à la condition de secouer le cocotier de la pensée convenu ! Ce petit blog crée à l’initiative de quelques militants communistes de Vierzon n’a d’autres ambitions que de donner aux citoyens un support pour s’exprimer librement sur les sujets politiques, sociaux ou culturels d’actualité du local à l’international, qui s’émancipe des discours convenus, des lignes officielles décidées par quelques notables de la politique, aux doubles langages, aux bonimenteurs de vraies fausses solutions et qui cultivent la résignation. Déverrouillez les débats et enfoncez la porte à droite (….ou à gauche ?) Les seules limites, car il en faut, à notre liberté : Celle du respect des personnes, le souci de la vérité et de faire vivre le débat. Ainsi seront exclus tous messages comprenant des insultes ou diffamations visant une (des) personne(s), seront exclues, s’ils sont avérées, des informations mensongères ou rumeur infondées. Chacun pourra également participer au débat juste et loyal en signalant un abus de cette nature. Les productions de ces abus seront retirés et l’auteur exclu du blog.

Articles avec #logement catégorie

Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Logement

Trois ans après les révélations de Mediapart, Philippe Pemezec, maire UMP du Plessis-Robinson (Hauts-de-Seine) et ancien vice-président du conseil général, a été condamné par le tribunal à six mois de prison avec sursis et trois ans d’inéligibilité pour avoir aidé sa fille à obtenir un joli logement social dans des conditions anormales. 

Tout n’est pas permis dans l’attribution des HLM. Le tribunal de Nanterre a condamné vendredi 10 avril le maire (UMP) du Plessis-Robinson, Philippe Pemezec, à une peine de six mois de prison avec sursis, 20 000 euros d’amende et trois ans d’inéligibilité, pour « prise illégale d’intérêts ». Sa fille a en effet bénéficié d’un logement social dans sa propre ville et dans des conditions étonnantes, comme Mediapart l’avait révélé en mars 2012.

Marine Pemezec, poursuivie pour recel, a de son côté écopé de 2 000 euros d’amende avec sursis. En 2012, le groupe socialiste du conseil général des Hauts-de-Seine avait signalé les faits au parquet de Nanterre à la suite de notre article.

Comme Philippe Pemezec n’a pas manqué de le rappeler à l’audience, rien dans la loi n’interdit formellement à un enfant d’élu de bénéficier d’un logement social. Le maire, ancien vice-président du conseil général et relais historique de Nicolas Sarkozy dans le département, a d’ailleurs annoncé sur son blog qu’il faisait appel d’un jugement incompréhensible « qui institue une véritable discrimination ».

En réalité, tout dépend des conditions d’attribution. Marine Pemezec, alors âgée de 23 ans, avait obtenu un deux-pièces lors de la commission du 9 février 2012. Sur sa fiche, il apparaissait que son dossier avait été déposé le 7 février. Soit deux jours d’attente dans une région où ce délai moyen s’élève à 5 ans…

À l’époque, il nous avait été rétorqué que la date de dépôt du dossier était erronée, due à un bug informatique. Ce qu’a tenté de prouver à l’audience Philippe Pemezec, témoins à l'appui. Mais l’essentiel n’est pas là. Car quelle que soit la date, c’est le personnel de la mairie du Plessis, sur lequel le maire a autorité, qui décide des dossiers à présenter.

Selon le tribunal, il y a donc bien eu passe-droit. « Au vu de sa qualité de membre de la commission d'attribution des logements et maire du Plessis-Robinson, Philippe Pemezec a pris, reçu et conservé un intérêt indirect, soit l'attribution d'un logement social à sa fille, ce qui permettait à cette dernière de quitter le domicile familial à moindre coût, a expliqué Isabelle Prévost-Desprez, présidente de la 15e chambre. Il avait aussi un intérêt direct, puisque cela lui évitait de payer un loyer dans le parc immobilier privé. »

Quelques jours avant l’examen du dossier, le 18 janvier, Philippe Pemezec avait lui-même rédigé l’attestation d’hébergement selon laquelle sa fille habitait bien chez lui. À l’audience, il a expliqué qu’il n’était pas physiquement présent lorsque la commission s’est prononcée. Sa signature figure cependant bien au bas du procès-verbal de l'attribution.

Certainement par le plus grand des hasards, il se trouve que l’appartement de 50 m2 attribué à Marine Pemezec (pour 465 euros par mois), se situe dans un quartier très agréable de la ville. Et quelle coïncidence : il s’accompagne d’une terrasse ! Pas vraiment le genre de « cages à lapins » qui ont pu être construites dans la région dans les années 1970. Au vu de ces éléments, le tribunal a estimé que lorsque un bel appartement s’est libéré, le personnel de la mairie de Robinson a opportunément sélectionné la fille du maire.

 Par Michaël Hajdenberg et Mathilde Mathieu.

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Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Logement

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Par: Citoyen18.

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Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Logement

Tous les voyants sont au rouge. Avec la montée de la précarité, le 115 ne parvient à fournir que la moitié des lits nécessaires pour l'hébergement d'urgence. Le Droit au logement opposable (Dalo) porte bien mal son nom. Et la file d'attente pour obtenir un HLM s'accroît sans que le parc de logements sociaux n'augmente dans les mêmes proportions.

Une fois de plus, la Fondation Abbé Pierre, qui publie son 20e rapport annuel sur l'état du mal-logement en France, tire la sonnette d'alarme. Avec un coup de projecteur, cette année, sur les dysfonctionnements des dispositifs d'aide aux plus fragiles. Francetv info revient sur trois d'entre eux.

Les insuffisances du 115

Le constat. Le 115 ne répond plus. Ou plus assez. Premier obstacle : "Il y a de moins en moins de cabines téléphoniques en villes. Et, quand on est à la rue, c'est difficile d'avoir un téléphone portable et de trouver où le recharger régulièrement", confie un sans domicile fixe à la Fondation. Et même quand la personne dispose d'un téléphone, le plus dur reste à faire : "Dans certains départements, il faut attendre des heures avant d'avoir quelqu'un au bout du fil. (...) Certains ne trouvent une solution qu'à 23 heures", poursuit ce SDF.

Car le 115 n'arrive pas à fournir les lits demandés. Selon le baromètre de la Fédération nationale des associations d'accueil et de réinsertion sociale (Fnars), "pour l'hiver 2013-2014, sur plus de 355 000 demandes d'hébergement au 115", seules "138 000 places ont été attribuées dans 37 départements".  Moins d'une personne sur deux, donc, obtient une réponse positive quand elle appelle le numéro d'urgence.

Quelles sont les conséquences d'un tel engorgement ? Chaque centre d'hébergement se débrouille. Certains, comme dans le Bas-Rhin, imposent la règle "trois nuits dehors et quatre dedans", histoire de faire le tri entre des populations toutes prioritaires. Dans le Rhône, la priorité d'hébergement en sortie d'hiver est passée, entre les printemps 2013 et 2014, des familles avec enfants de moins de 10 ans aux familles avec enfant de moins de 1 an. Ailleurs, selon un témoignage recueilli par la Fondation Abbé Pierre, "la priorité, est donnée aux femmes et aux personnes handicapées. C'est de plus en plus compliqué d'accéder aux centres d'hébergement quand on est un homme seul, sans handicap".  

L'amélioration proposée. "La situation d'urgence doit être réservée aux urgences. Aux victimes d'incendie, aux femmes battues ...", détaille Manuel Domergue, le directeur des études de la Fondation Abbé Pierre, joint par francetv info. La Fondation prône un changement radical de politique. Il faut, estime-t-elle, passer au "logement d'abord", en en fournissant un au plus vite plutôt que cantonner les gens dans des hébergements d'urgence. Or, "le nombre de places d'hébergement a augmenté, mais pas celui des logements", déplore la Fondation.

Les limites de la loi Dalo

Le constat. Instaurée en 2007, la loi Dalo "permet aux personnes mal logées, ou ayant attendu en vain un logement social pendant un délai anormalement long, de faire valoir leur droit à un logement décent ou à un hébergement (selon les cas) si elles ne peuvent l’obtenir par leurs propres moyens", selon le ministère du Logement

Mais cette règle reste largement théorique. "Sur plus de 459 000 recours déposés auprès des commissions de médiation entre 2008 et fin 2014, près de 147 000 ont été reconnus prioritaires et urgents, mais seulement 75 000 ont donné lieu à un relogement dans le cadre de la loi Dalo", note la Fondation Abbé Pierre. 

Manuel Domergue souligne que "tout une gamme de la population n'y a plus recours. Elle va dans des abris de fortune, des campings, des bidonvilles, ou réussit à se faire héberger par des tiers." Entre 70 000 et 120 000 personnes vivraient ainsi au camping à l'année, selon des estimations citées par la Fondation.

Et quand le logement est enfin proposé, le demandeur doit se décider très vite, alors qu'il se trouve parfois en situation de stress. "Les personnes hébergées en structure (urgence, stabilisation ou insertion) peuvent être amenées à se prononcer sur des propositions de logement en moins de 48 heures, et parfois sans l'avoir visité", remarque la Fondation. 

Et si le postulant refuse, comme ce salarié sans permis ni véhicule, qui aurait dû trop s'éloigner de son travail, ou ces femmes craignant un quartier jugé trop violent pour leurs enfants ? Gare aux conséquences : "70% des personnes ayant refusé la proposition de relogement qui leur était faite dans le cadre du Dalo, ne savaient pas qu'elles n'auraient droit qu'à une seule proposition, précise l'étude de l'Observatoire social de Lyon. Et 20% déclaraient regretter d'avoir refusé." Manque d'offres au départ, manque d'informations à l'arrivée, tout le parcours Dalo est à revoir.

L'amélioration proposée. La Fondation Abbé Pierre souhaite que les candidats Dalo soient mieux accompagnés. "De manière générale, les gens doivent comprendre ce qu'on leur propose. Ils doivent disposer d'un accompagnement social. Et être clairement avertis des conséquences d'un refus", juge Manuel Domergue.

L'accès difficile aux HLM

Le constat. En 2006, 1,2 million de ménages attendaient une réponse à leur demande de logement social, selon l'Insee. En 2014, on en comptait 1,8 million. Quel espoir ont-ils de voir leur vœu exaucé ? Entre juillet 2013 et juillet 2014, à peine 467 000 logements sociaux ont été attribués.

Comment gérer cette pénurie ? "Les agents sur le terrain choisissent, estime Manuel Domergue. Ils effectuent parfois un tri par le haut des ménages qui peuvent s'en sortir. Ce qui amène à refuser les plus pauvres dans les logements sociaux." Dans l'Hérault, par exemple, les ménages dont le chef de famille est en CDI, CDD ou interim sont ainsi surreprésentés (47%) dans les attributions de HLM, alors qu'ils représentent 37% des demandeurs. A l'inverse, ceux dont le chef de famille est au chômage ou à la retraite sont sous-représentés (22% d'attributions contre 28% des demandeurs). Les critères de sélection ne sont pas tous basés sur le revenu. Il existe aussi, selon la Fondation, "une sorte d'attribution au mérite des logements sociaux. Le bon candidat, c'est celui qui n'a pas commis d'incivilités".  

L'amélioration proposée.  La Fondation relève, ici ou là, des pratiques qu'elle juge plus satisfaisantes. Des endroits où l'on accueille, selon Manuel Domergue, "les gens tels qu'ils sont, avec leurs défauts et parfois leurs addictions". Autre méthode prônée, celles où le demandeur est acteur de son parcours. A Paris ou dans l'Isère, il est possible ainsi de postuler à des logements sociaux précis, près de son travail ou de l'école de ses enfants. "En Isère, certains logements sociaux qui ont été refusés par des demandeurs sont ainsi proposés aux autres demandeurs via des sites grand public comme Leboncoin.fr", précise Manuel Domergue.

Le directeur des études de la Fondation Abbé Pierre dénonce, de façon générale, les "règles floues" qui président aux attributions, où l'on cherche davantage le "bon candidat" que celui qui en a le plus besoin. Pour lutter contre ce phénomène, la Fondation préconise le "scoring" : le demandeur accumulerait un certain nombre de points de priorité (nombre d'enfants, handicap...) pour accéder au logement, éliminant les critères informels. Car l'idée fondamentale de l'association caritative reste que "le logement ne doit pas être un Graal réservé à ceux qui ont fait leurs preuves."

Par: El Diablo.

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Publié le par "Citoyen 18"
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« Mes amis, au secours ! Une femme vient de mourir gelée cette nuit à 3 heures sur le trottoir du boulevard Sébastopol » : le 1er février 1954, l’abbé Pierre lance sur Radio Luxembourg un appel à venir en aide aux sans-abri. Son interpellation suscite un élan de générosité sans précédent.

En quelques semaines, 400 millions de francs sont récoltés, des crédits budgétaires sont débloqués pour construire immédiatement 12 000 logements. Le gouvernement d’alors promet de construire 240 000 logements chaque année

Mal logement : le nombre de SDF a augmenté de 50 % en trois ansLe 1er février 2014, soixante ans plus tard, les 283 groupes d’Emmaüs France lanceront un nouvel appel dans plusieurs villes de France. Si le nombre de mal-logés a diminué dans l’intervalle – il est ainsi passé de 54 % de la population à moins de 10 % –, la situation est toujours préoccupante.

+ 50 % EN 3 ANS:

En France, 3,6 millions de personnes sont soit privées de domicile personnel, soit vivent dans des conditions très difficiles (privation de confort ou surpeuplement), soit sont en situation d’occupation précaire (hôtel, caravanes…). Le nombre de sans-abri a ainsi augmenté de 50 % depuis 2011 pour atteindre le chiffre de 141 500 personnes, dont 30 000 enfants début 2012. Le numéro d’urgence, le 115, qui gère les places d’hébergement d’urgence, est saturé.

En décembre 2013, 43 % des sans-domicile-fixe qui ont composé ce numéro n’ont pas obtenu de place à Paris, 61 % en province. A ce noyau dur du mal-logement s’ajoute un halo de plus de 5 millions de personnes fragilisées par la crise du logement. Rentrent dans cette catégorie, par exemple, les propriétaires qui occupent un logement dans une copropriété en difficulté ou encore des locataires en impayés de loyer.

Pour la Fondation Abbé-Pierre, dont la vocation est de continuer le combat de son fondateur, et d’apporter une aide concrète aux personnes sans domicile ou mal logées, l’interpellation des pouvoirs publics et des décideurs est donc toujours d’actualité.

Créée en 1990, et reconnue d’utilité publique en 1992, la Fondation s’y attelle d’autant plus facilement qu’elle a assuré son indépendance par son modèle économique. Plus de 90 % de ses ressources proviennent de la générosité du public (dons et legs).

GÉNÉROSITÉ DU PUBLIC ET SUBVENTIONS

Quelques partenariats avec des entreprises et une poignée de subventions publiques viennent compléter son budget, qui est d’environ 42 millions d’euros. Chaque année, le 1er février, la Fondation publie un rapport sur le mal-logement – l’édition de 2014 sera la 19e –, qui est devenu un document de référence pour tous ceux qui s’intéressent à ce sujet. Sa présentation officielle est l’occasion de rassembler des politiques et des spécialistes du logement.

Cette année, à la veille des élections municipales de mars, les principaux candidats à la mairie de Paris se succéderont à la porte de Versailles pour défendre le volet logement de leur programme. La ministre du logement, Cécile Duflot, y est aussi attendue. Lors de ses vœux à la presse, Mme Duflot a estimé que « l’anniversaire de l’appel ne doit pas être l’occasion d’une célébration purement iconique, mais bel et bien d’un second souffle ».


Par Catherine Rollot.

 

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Publié le par "Citoyen 18"
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La loi d’encadrement de Cécile Duflot devrait voir ses décrets d’application publiés à l’automne, sur fond de gel des allocations logement par le gouvernement Valls.

La question de la cherté des loyers et de leur poids dans les budgets des familles a fait un retour en force dans le débat public, avec l’annonce du plan d’économies de 50 milliards d’euros de Manuel Valls. Il comporte notamment le gel de la revalorisation de toutes les allocations logement (APL, ALS, ALF) jusqu’en octobre non plus 2014, mais octobre 2015. «Qui paie l’austérité ? Les locataires», fulmine dans un communiqué l'INDECOSA-CGT..

La mesure va en effet toucher 5,7 millions de locataires parmi les plus modestes du pays. «Les personnes fragiles servent de variable ...

Par: Citoyen18.

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Publié le par "Citoyen 18"
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Logement : « Les gens sont dans la merde et la réponse donnée n’est pas suffisante »

Les chômeurs d’aujourd’hui seront les mal-logés de demain. C’est ce que craint la Fondation Abbé Pierre qui publie ce 31 janvier son rapport annuel sur le mal-logement. La France compte déjà 3,5 millions d’habitants précaires et connaît une hausse importante de sans-abris. Qu’adviendra-t-il demain avec 5,5 millions de personnes inscrites au Pôle emploi ? Si plusieurs mesures législatives récemment proposées par le ministère du Logement semblent aller dans le bon sens, les réponses rapides à l’urgence sociale font défaut, pendant que les expulsions locatives augmentent. Comme sur le chômage, le gouvernement semble incapable d’agir à la mesure de l’enjeu.

La France compte, en 2014, 3,5 millions de mal-logés, selon le 19ème rapport annuel de la Fondation Abbé Pierre. C’est, à première vue, 100 000 de moins qu’en 2013. Sauf qu’il ne s’agit que d’un trompe-l’œil. « L’inversion de la courbe » du mal-logement, a l’instar de celle du chômage, n’a manifestement pas eu lieu. Cette diminution s’explique essentiellement par la décision de la Fondation de ne plus inclure dans son calcul les locataires de logements meublés [1]. Pour le reste, les chiffres du mal-logement 2014, actés par des statistiques publiques, sont quasiment les mêmes qu’en 2013. Et pour cause, la Fondation est tributaire des données nationales, et cela fait belle lurette que la plupart n’ont pas été réactualisées.

50% de sans abris en plus en une décennie.

« Alors que pour l’emploi, on a des chiffres tous les mois, voire toutes les semaines, concernant le logement, il faut parfois attendre 6 ans et plus, pour avoir des éléments de comparaison », alerte Christophe Robert, délégué général adjoint de la Fondation, qui plaide pour un changement de tempo. Autant dire que les premiers résultats de l’enquête Logement 2013 de l’Insee sont attendus avec impatience, puisqu’ils viendront mettre à jour des données datant de 2006, voire même de 2002. La douche risque d’être froide, si l’évolution du mal-logement suit la tendance de l’enquête sur les sans domicile [2], sortie l’été dernier. Recensant 141 500 personnes à la rue, dont 30 000 enfants, elle a fait état d’une augmentation de 50 % du nombre de sans abris depuis 2001, date de la précédente enquête qui leur était dédiée.

Pour la Fondation Abbé Pierre (FAP), qui évalue à dix millions les personnes aujourd’hui confrontées à la crise du logement, il est évident que le problème ne fait que s’amplifier. Et cela n’a rien d’une estimation au doigt mouillé. Nombre d’indicateurs, convoqués dans ce rapport, lui permettent d’objectiver cette dégradation. A commencer par la crise de l’emploi qui, dans le genre, fait un excellent baromètre. « Derrière une situation de mal-logement, on retrouve souvent ce problème en filigrane », avance Patrick Doutreligne, son délégué général. « Sur notre plate-forme téléphonique des expulsions locatives, les sollicitations liées à une perte d’emploi ou un changement de situation professionnelle ont augmenté. C’était 44 % des motifs d’appels en 2010, c’est 54 % en 2013 ».

Après deux ans de chômage, arrive le mal-logement.

Emploi, donc revenu, et logement sont fortement liés. Une interaction qui inquiète, au regard des 5,5 millions de personnes qui pointent à Pôle Emploi fin 2013, soit 2 millions de plus qu’en 2008. Le chômage est bien sûr un facteur de précarisation, mais la généralisation de l’emploi précaire, CDD en-tête, avec 83 % des recrutements au 1er trimestre 2013 [3], l’est aussi. « Les fragilités se cumulent avec de nombreuses personnes qui s’enfoncent ou risquent de rapidement s’enfoncer si on ne met pas en place des filets de protection. »

Situations emblématiques de ce cumul, les jeunes, particulièrement préposés à « l’emploi en miette » comme aux loyers les plus chers. « Ce sont souvent les petits logements, soumis à un fort turn-over qui font l’objet d’une augmentation à la relocation », indique Patrick Doutreligne. Si beaucoup sont contraints de rester plus longtemps chez leurs parents, tous ne bénéficient pas d’une solidarité familiale. En témoigne leur surreprésentation dans les structures d’hébergement d’urgence, avec un quart des bénéficiaires âgés de moins de 25 ans. Déjà préoccupante, la situation risque d’empirer, puisque les effets de la crise de l’emploi se manifestent à retardement sur le front du logement. « On a des témoignages de CCAS [Centres communaux d’action sociale, ndlr] qui voient les gens arriver deux ans après la fermeture de l’usine, quand il n’y a plus d’allocations chômage et qu’ils n’arrivent plus à payer le loyer », prévient le délégué général.

Le loyer accapare les revenus.

Il n’y a pas que le marché du travail. Le logement lui-même accentue les effets de la crise économique en grevant toujours plus le budget des ménages. Les loyers ont augmenté de 55 % entre 2000 et 2013, soit le double de l’évolution des ressources ! Un locataire sur cinq consacre aujourd’hui plus de 40 % de son revenu à son logement. Quant aux prix de vente, ils ont doublé en dix ans. Et pour parfaire le tableau, la précarité énergétique progresse avec 3,8 millions de ménages qui dépensent plus de 10 % de leur budget pour se chauffer et s’éclairer. Les marges de manœuvre financières des familles se sont donc inévitablement réduites, jusqu’à engendrer des situations de privation. Une étude du Crédoc sur les dommages collatéraux de la crise du logement [4] confirme les sacrifices réalisés : 44 % des ménages supportant de lourdes charges de logement déclarent limiter leur frais d’alimentation et 19 % renoncent à des soins médicaux ! « Cela devient un mode de vie, analyse Patrick Doutreligne. On gère son budget comme on peut. On compte, chaque jour, chaque euro, on diffère ces paiements. Et quand ça ne passe pas, c’est l’impayé, qui à terme peut provoquer l’expulsion locative. »

Dans ce contexte particulièrement tendu, qu’apporte la politique du logement mise en œuvre par Cécile Duflot ? Le bilan de cette deuxième année de mandat est nuancé pour la FAP. « Le logement est une priorité pour ce gouvernement », admet Patrick Doutreligne, qui salue l’adoption de nouvelles mesures structurelles. « Il y a de réelles avancées, il faut le reconnaître », renchérit Christophe Robert. « L’encadrement des loyers, c’est courageux. Le système adopté n’est pas le plus efficient, ce n’est pas celui qui va entraîner une baisse des loyers, mais il va au moins permettre de limiter la hausse. »

Des « logements sociaux » trop chers pour les pauvres

La Fondation se réjouit aussi de l’ambition affichée par le gouvernement de favoriser la construction de 500 000 logements par an, dont 150 000 sociaux. Mais sur le terrain, le compte n’y est pas. La FAP a recensé en 2013 un peu plus de 330 000 mises en chantiers et 117 000 agréments, côté logements sociaux, dont plus d’un tiers en PLS (prêt locatif social). Une formule qualifiée de « Canada dry » par Patrick Doutreligne, car ils sont en réalité trop chers pour la plupart des demandeurs de logement social, au nombre de 1 735 000 au 1er septembre 2013. « C’est bien d’avoir des objectifs ambitieux. Mais s’ils ne sont jamais atteints, ça fait perdre de la crédibilité à la parole publique », estime le délégué général, qui doute d’une meilleure performance en 2014. Un effort pourrait être fait, par exemple, pour inciter les propriétaires à relouer un appartement du parc privé dans le cadre d’un conventionnement en logement social, en échange de garanties des pouvoirs publics. Entre 1,5 et 2 millions de logements changent de locataires chaque année. Si 5% de ces relocations étaient requalifiées en logement social, entre 75 000 et 100 000 logements par an pourraient devenir accessibles à des ménages à petits revenus.

Évaluer la pertinence de l’action gouvernementale reste compliqué. Il est beaucoup trop tôt pour analyser les futurs effets de la loi Alur (« pour l’accès au logement et un urbanisme rénové »), en passe d’être adoptée. Reste celle relative au logement social, votée il y a un an [5], qui prévoit la mise à disposition de terrains publics pour favoriser la construction de logements sociaux. « Nous en sommes aux prémisses. Cinq ou six terrains ont été cédés. A chaque fois, le président de la République et des ministres se déplacent. Cela signifie que c’est important, mais aussi qu’il n’y en a pas beaucoup », note Patrick Doutreligne.

L’urgence sociale aux abonnés absents

De nouvelles lois, c’est bien. Répondre à l’urgence des besoins sociaux, c’est mieux. Et là, ce n’est pas terrible. « Les gens sont dans la merde. Leur situation économique est en train de péricliter. Et la réponse donnée, elle n’est pas bonne, elle n’est pas rapide, elle n’est pas suffisante », assène Patrick Doutreligne. Il y a bien un « plan quinquennal de lutte contre la pauvreté », articulant plusieurs dimensions de la lutte contre l’exclusion, « mais on ne peut pas attendre trois ou quatre ans pour que cela produise d’éventuels résultats ! » Le plan d’urgence que la Fondation attendait de ce gouvernement ne semble toujours pas d’actualité. « On pense notamment à tous ces ménages qui ont attendu six mois pour être prioritaires et qui ont encore attendu six mois pour se voir proposer un logement, dont ils n’ont jamais vu la couleur. Les situations aujourd’hui sont toujours bloquées. »

L’année 2014 sera-t-elle celle des expulsions locatives ? Bien sûr, il y a la garantie universelle des loyers, l’extension de la trêve hivernale et des avancées en matière de prévention. Mais Christophe Robert « n’a pas l’impression que la trêve est mise à profit pour aller au-devant des ménages menacés, travailler avec eux pour comprendre, reloger, accompagner et chercher des solutions d’échelonnement de la dette ».« S’il n’y a pas de moyens supplémentaires pour pouvoir mener le travail de prévention, et une volonté forte de l’État pour dire qu’il faut éviter ces catastrophes sociales, ces avancées législatives ne permettront pas d’inverser la courbe de la hausse des expulsions que l’on connaît maintenant depuis une dizaine d’année », gronde-t-il.

La « mobilisation générale pour le logement » semble très partielle. Et mieux vaut ne pas être déjà à la rue. Car l’hébergement d’urgence est lui aussi en crise : « Les trois quarts des personnes qui appellent le 115 ne se voient pas proposer de solutions. » Quant aux familles qui angoissent de ne pas pouvoir acquitter leur loyer, elles ne sont pas vraiment aidées. Si le RSA augmentera un peu pendant cinq ans, les aides personnelles au logement (APL), qui concernent six millions de ménages, ne seront plus indexées sur l’indice de référence des loyers. Celui-ci progressera sans que les APL ne suivent. « Ce qu’on va donner d’un côté, on le récupère de l’autre. Ce n’est pas acceptable, c’est injuste. » « Le logement, c’est comme l’emploi, c’est un effort de tous les jours, conclut Christophe Robert. Tous les jours, il faut mobiliser tout le monde, porter ces objectifs et les faire vivre. Sans quoi on n’arrivera pas à attaquer le noyau dur de cette crise du logement. »

Par: Linda Maziz

Photo : DR

Notes:

[1] La loi Alur prévoyant notamment un meilleur encadrement de la location des logements meublés, la Fondation Abbé Pierre a décidé de ne plus considérer les locataires d’un logement loué meublé (qui n’incluait pas dans ces chiffres les hôtels ou garnis et les étudiants) comme des personnes en situation d’occupation précaire.

[2] L’hébergement des sans-domicile 2012, juillet 2013, Institut national de la statistique et des études économiques (Insee).

[3] Selon les données publiées en novembre 2013 par le ministère du Travail, 83 % des recrutements dans les entreprises de plus de 10 salariés au premier trimestre 2013 ont été faits en CDD. Pour les Urssaf, qui prennent en compte l’ensemble des entreprises, ce taux est même de 86 %, un record absolu depuis 2000.

[4] Les dommages collatéraux de la crise du logement, décembre 2011, du Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Crédoc).

[5] Loi du 18 janvier 2013 relative à la mobilisation du foncier public et au renforcement des obligations de production de logement social.

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