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La porte à gauche. Jean FERRAT a chanté que certains prétendent que le bonheur était à la porte à droite. Aujourd’hui est-il à la porte à gauche ? Oui ! mais à la condition de secouer le cocotier de la pensée convenu ! Ce petit blog crée à l’initiative de quelques militants communistes de Vierzon n’a d’autres ambitions que de donner aux citoyens un support pour s’exprimer librement sur les sujets politiques, sociaux ou culturels d’actualité du local à l’international, qui s’émancipe des discours convenus, des lignes officielles décidées par quelques notables de la politique, aux doubles langages, aux bonimenteurs de vraies fausses solutions et qui cultivent la résignation. Déverrouillez les débats et enfoncez la porte à droite (….ou à gauche ?) Les seules limites, car il en faut, à notre liberté : Celle du respect des personnes, le souci de la vérité et de faire vivre le débat. Ainsi seront exclus tous messages comprenant des insultes ou diffamations visant une (des) personne(s), seront exclues, s’ils sont avérées, des informations mensongères ou rumeur infondées. Chacun pourra également participer au débat juste et loyal en signalant un abus de cette nature. Les productions de ces abus seront retirés et l’auteur exclu du blog.

Articles avec #agricilture catégorie

Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Agricilture
photo d'illustration: Jura - Jean-Luc Mélenchon dans les vignes de Claude Buchot pour parler écologie concrète (Voix du Jura)

photo d'illustration: Jura - Jean-Luc Mélenchon dans les vignes de Claude Buchot pour parler écologie concrète (Voix du Jura)

Le contre-salon de l'Agriculture de Jean-Luc Mélenchon

Partisan d'une agriculture non intensive, le candidat de la France insoumise a tenu son salon de l'écologie le jour de l'ouverture du SIA (Salon de l'Agriculture).

PRESIDENTIELLE 2017 - Quand les candidats se battent pour y aller, lui a décidé de le snober. Alors que s'ouvre ce samedi la 54e édition du Salon de l'Agriculture (SIA), Jean-Luc Mélenchon a choisi de consacrer sa journée à l'environnement et au développement durable. Si les questions abordées débordent largement le cadre de l'agriculture, tout a été pensé pour se différencier d'un SIA critiqué à gauche de la gauche pour sa promotion d'une agriculture intensive et non respectueuse de la terre comme des paysans.

[…]

LIEN VERS LA SUITE DE L’ARTICLE CI-DESSOUS :

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Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Agricilture

Dans un communiqué, le Modef exhorte les banques à « jouer leur rôle » dans le plan de consolidation et de refinancement des exploitations agricoles. Le syndicat estime que l’application des mesures du plan Valls est un « échec »

« Depuis l’annonce de Manuel Valls en octobre concernant le plan de consolidation et de refinancement des exploitations agricoles, seulement 215 dossiers de demande de garantie publique ont été déposés contre 45 000 attendus ! Le Modef estime que c’est un échec pour l’ancien Premier ministre et le ministère de l’agriculture », écrit le Modef dans un communiqué.

« Les exploitants familiaux effectuent des demandes auprès de leurs banques et les banques refusent de refinancer les exploitations agricoles. En France, toutes les deux heures, trois exploitations agricoles mettent la clef sous la porte. En 2015, 30 % des agriculteurs déclarent des revenus professionnels inférieurs à 4 248 € soit 354 € de revenus mensuels et en 2016, on peut s’attendre à 50 %. On dénombre par ailleurs un suicide d’agriculteurs tous les deux jours », argumente le syndicat.

Des prêts à taux zéro et année blanche

« Le Modef demande que les agriculteurs en difficulté et en détresse puissent bénéficier du plan de refinancement et de consolidation et que toutes les banques jouent leurs rôles. Face à cette situation, le Modef revendique des mesures d’urgence afin d’arrêter l’hémorragie que subit le milieu agricole en mettant en place des prêts à taux zéro pour tous les agriculteurs en difficulté avec un report d’un an sur les intérêts afin de leur permettre de sortir la tête de l’eau et mettre fin au cycle infernal de l’endettement et aussi la mise en place d’une cotisation sociale minimale de 1 000 € pour les exploitations en crise afin qu’ils puissent conserver leurs droits sociaux à moindre coût. »

Par MODEF

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Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Agricilture

Premier volet de notre « tournée » syndicale de cette rentrée 2016, le Modef ne voit qu’une seule solution d’envergure pour enrayer la crise agricole : légiférer pour garantir des prix rémunérateurs aux agriculteurs. Vice-président d'un syndicat fidèle à ses convictions anti-libérales et à sa proximité avec le parti communiste français, Raymond Girardi détaille en trois minutes les mesures de fond que le Modef revendique.

Quelles sont les solutions à la crise agricole revendiquées par les syndicats ? Jusqu’au 1er septembre, Terre-net vous propose de les détailler en cinq volets, comme autant de syndicats.

Et c’est Raymond Girardi, vice-président du Modef, qui ouvre le bal. Dénonçant, jeudi 18 août dernier à Paris, les importations des denrées agricoles produites avec des produits phytos interdits en France, le Modef reste fidèle à ses convictions anti-libérales de gauche. « Il n’y a qu’une solution à cette crise : obtenir des prix rémunérateurs ! Sans cela, les agriculteurs vont continuer à disparaître. »

« Il faut par ailleurs imposer des calendriers d’importation pour que les produits d’importation ne viennent pas concurrencer les produits français lorsque ceux-ci arrivent sur le marché. »

Le Modef exige toujours un encadrement des marges de la distribution « Depuis 1986, année au cours de laquelle le coefficient multiplicateur a été supprimé, les marges sont libres.

« Déçus par ce Gouvernement »

Comme la Confédération paysanne, le Modef se nourrissait, en 2012, de beaucoup d’espoirs à l’arrivée des socialistes à la tête de l’Etat. Des espoirs vite déçus, « bien évidemment », en matière de défense des « exploitants familiaux » et des petites et moyennes exploitations.

La rentrée syndicale, à suivre sur Terre-net.fr

Jusqu'au 1er septembre, Terre-net propose cinq points de vue à la crise agricole : ceux des leaders des cinq syndicats agricoles. Quelles solutions proposent-ils ? Si les causes – rendements historiquement faibles, prix toujours aussi bas, surproduction, etc.. – ne font pas débat, les remèdes proposés divergent !

En matière de répartition des aides Pac, le syndicat qui souhaitait une revalorisation de l’enveloppe budgétaire fléchée vers les 52 premiers hectares des exploitations n’a pas, par exemple, été entendu par Stéphane Le Foll.

En matière de prix rémunérateurs et de revenus, le syndicat n’a pourtant pas manqué de soutien à l’Assemblée nationale. Le député du Puy-de-Dôme, André Chassaigne, a bien déposé une proposition de loi « visant à garantir le revenu des agriculteurs ». Mais celle-ci n’a pas passé le cap de la première lecture, le 26 mai dernier.

Le Modef, lui, restera sur ses lignes revendicatrices dans le cadre de la campagne pour les élections présidentielles 2017. Et attend « un peu plus de courage politique » de la gauche.

Par: Arnaud Carpon

 

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Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Agricilture
photo d'illustration (source: midi-libre)

photo d'illustration (source: midi-libre)

300 %

Le nombre d'appels au service de prévention des suicides des agriculteurs a explosé de 300 % en un an. 

Moins de 354 euros par mois pour 131 450 exploitants

Les chiffres publiés par la MSA font presque peur : après avoir analysé les données des déclarations de revenus des exploitants en France pour l'année 2015 elle a découvert que 131 450 agriculteurs ne se versent, à la fin du mois, qu'un salaire ridicule : moins de 354 euros chaque mois. Sur ça, ils doivent bien évidemment vivre, payer les factures de la maison et, surtout, manger.

Par: El Diablo.

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Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Agricilture

 

Une petite coopérative fromagère de l’Aubrac paie ses éleveurs laitiers bien mieux que les géants agroalimentaires : ses adhérents reçoivent 80% de plus par litre de lait comparé aux prix pratiqués par Lactalis, Danone ou Bel. Quelle sont les clés du succès ? Ici, pas de multiples intermédiaires, ni d’actionnaires. Les coopérateurs misent sur des produits de qualité impliquant en amont de bonnes conditions d’élevage, et œuvrent à la maitrise des volumes. Une partie de l’argent sert également à rémunérer des remplacements pour améliorer le quotidien des adhérents, et aider des paysans à s’installer.

Les éleveurs laitiers ont dû se battre des mois pour que les « géants » du lait daignent leur accorder quatre petits centimes d’augmentation, soit 0,29 euros le litre garanti jusqu’à fin 2016. Un prix encore trop bas « pour couvrir les coûts de production et rémunérer le travail » (lire ici). Comment, dans ces conditions, trouver une coopérative laitière qui rémunère ses éleveurs correctement ? Il faut se rendre en Aveyron, dans les environs de Laguiole, village rendu célèbre par sa coutellerie.

La coopérative Jeune Montagne y fabrique des fromages de l’Aubrac ainsi que de l’aligot, cette purée de pommes de terre agrémentée d’une fondue de tome fraîche au lait cru et de crème. Elle fait aujourd’hui partie des coopératives qui rémunèrent le mieux ses éleveurs. Les 1000 litres de lait sont payés en moyenne 537 euros au paysan de la coopérative, quand le lait standard est actuellement payé moins de 300 euros. Une augmentation de 80% comparé aux prix pratiqués par les géants du secteur ! La clé ? « Il n’y a pas de caisse noire, ni d’intermédiaire, ni d’actionnaire. Les paysans sont responsables de la coopérative [1]. Une fois qu’on a payé les salariés et les différentes charges, ce qui reste c’est le prix du litre de lait. »

Le prix fixé en fonction de critères de qualité

Produire du lait en « appellation d’origine protégée » (AOP) joue aussi un rôle majeur. Les vaches de race Simmental ou Aubrac doivent passer 120 jours minimum en pâture, l’ensilage, l’enrubannage et les OGM sont interdits, l’aliment de base – foin, herbe – doit se faire sur l’aire d’appellation, le lait est crû et entier.... « Le respect de ce cahier de ressources nous fait déboucher sur des produits de qualité qui permettent de se positionner sur le marché », souligne Francis Sabrié, porte-parole de la Confédération paysanne de l’Aveyron.

La carotte plutôt que le bâton, c’est le fonctionnement adopté par la coopérative depuis sa naissance, en 1960, à l’initiative de quelques jeunes paysans, pour relancer la fabrication d’un fromage local, le laguiole. Jeune Montagne compte aujourd’hui 80 adhérents. En 2015, elle a collecté 17 millions de litres de lait, produit 1500 tonnes d’aligot et 650 tonnes de laguiole. « Le site de fabrication à Laguiole, c’est aussi 100 emplois, en comptant la direction, le secrétariat, les chauffeurs, les transformateurs, les fromagers... Soit un emploi pour un paysan », se réjouit Francis Sabrié.

Aide à l’installation de nouveaux paysans

« En fin d’année, une partie du résultat est mise en fonds propres pour les investissements et pour pouvoir infléchir la production en payant mieux le litre de lait sur tel ou tel critère. Quand on a arrêté l’ensilage pour passer au foin par exemple, la coopérative a mieux payé le lait qui était issu du foin. On l’a fait pour la qualité fromagère. » Plusieurs autres critères – rapport matière grasse / matière protéique, cellules, staphylocoque... – donnent également lieu à une prime fromagère. Jeune Montagne offre aussi une rémunération supérieure aux adhérents élevant des vaches de race Aubrac dans leur cheptel laitier. Car depuis les années 80, de nombreuses fermes se sont tournées vers la production de viande, et la race Aubrac a peu à peu perdu ses qualités laitières. Elle n’assure plus aujourd’hui qu’à peine 10 % de la production de lait de l’AOP Laguiole [2].

Préoccupée par l’amélioration de la qualité de vie des adhérents, la coopérative a décidé de monter un groupement d’employeurs sur ses fonds propres. Elle emploie quatre salariés pour permettre aux paysans de se faire remplacer, et réduire la charge de contrainte de la traite. Jeune Montagne propose également des aides à l’installation dont le montant varie entre 5 000 et 20 000 euros en fonction des situations. Elle a également mis en place un système de prêts à taux zéro plafonné à 30 000 euros ( par associé et jusqu’à deux associés maximum) pour financer des équipements en cohérence avec le cahier des ressources AOP.

Se méfier de la surproduction

Malgré ces différentes initiatives, la coopérative va devoir baisser cette année le prix du litre de lait à 510 euros les 1000 litres. « Avec l’arrêt des quotas, des coopérateurs moins vertueux que la moyenne ont appuyé sur le champignon ce qui a conduit à une surproduction... On a en parallèle accueilli de nouveaux producteurs pour anticiper la suite, car certains éleveurs n’ont pas de successeurs. Ces différents facteurs ont amené à ce que trois millions de litres de lait non transformés soient vendus en 2015 sur le marché standard ce qui nous a plombé le résultat. »

Jeune Montagne a décidé de prendre les devants en 2016, en mettant en place trois prix pour le litre de lait afin de limiter la production, tout en cherchant de nouveaux marchés [3]. « Dès qu’on ne maitrise plus nos volumes, qu’on surproduit et qu’on n’a pas la capacité de vente en face, le prix du litre de lait baisse. Ça prouve que même si nous sommes dans une coopérative de proximité qui fonctionne, nous ne sommes pas étanches à la politique économique et agricole qui nous entoure. Reste que quand les paysans se prennent en charge, transforment et vendent leurs produits, ils s’en sortent mieux que quand ils sont simples pourvoyeurs de matières premières pour les industriels ».

Par: Sophie Chapelle et BASTA.

Une autre version de cet article a initialement été publié dans le mensuel Campagnes Solidaires, en mai 2016.

Notes

[1Le conseil d’administration, élu par l’assemblée générale, est composé d’une vingtaine de paysans. Il est renouvelable par tiers tous les trois ans.

[2Afin d’assurer la production de lait nécessaire aux besoins de la coopérative, la race Simmental (originaire de Suisse) dont le lait est très riche en matière protéique et équilibré en matière grasse, a été introduite à partir des années 1980 sur le plateau.

[387 % de la production en 2016 sera payée au prix fort et 13 % sera payée avec une décote de 213 euros aux 1000 litres. Au-delà, la décote sera encore plus importante et dissuasive.

 

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Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Agricilture

Dans une lettre adressée à Mediapart, le ministre de l’agriculture minimise les pressions des industriels et de la distribution sur les travaux du laboratoire du professeur Serge Hercberg, président du Plan national nutrition santé. Stéphane Le Foll défend le test « grandeur nature » des systèmes d’étiquetage nutritionnel simplifié dont le pilotage a été confié aux lobbyistes de l’industrie, et qui doit débuter le 26 septembre.

On avait donc mal compris ou mal lu. Dans une lettre de deux pages adressée à Mediapart, et datée du 16 septembre, le ministre de l’agriculture et porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll nous rassure. Les industriels de l’agroalimentaire n’ont pas le pouvoir de faire cesser les recherches scientifiques indépendantes en nutrition. En juin dernier, le président de l’Association nationale des industries alimentaires (ANIA) et le secrétaire général de la Fédération du commerce et de la distribution (FCD) ont pourtant demandé au ministre « de mettre fin » aux travaux de l'équipe de recherche du professeur Serge Hercberg, président du Plan national nutrition santé (PNNS), sur les logos nutritionnels simplifiés, qui doivent par ailleurs être testés en conditions réelles d’achat à partir du 26 septembre.

« Il me semble trompeur d’interpréter cette démarche [des industriels – ndlr] comme une demande d’arrêt pur et simple de l’ensemble des travaux du Pr Hercberg, soutient Stéphane Le Foll, demande à laquelle ni Marisol Touraine, ni moi-même ne pourrions envisager de donner suite. » 

Le Pr Serge Hercberg y a vu une « intrusion totalement inacceptable » de l’industrie dans le champ de la recherche publique, justifiée peut-être par « la peur » que son laboratoire, l’Équipe de recherche en épidémiologie nutritionnelle (EREN), ne « trouve une fois de plus des résultats qui ne leur conviennent pas ». Stéphane Le Foll assure que les industriels et les distributeurs n’ont fait qu’« exprimer leurs inquiétudes auprès des ministères compétents », concernant « l’envoi » par l’équipe du professeur Hercberg « d’un questionnaire » destiné à évaluer les différents logos – via la cohorte de volontaires de NutriNet-santé – au moment où va s’engager l’évaluation des mêmes logos en conditions réelles, dans soixante supermarchés sélectionnés. Une évaluation dont le pilotage a précisément été confié à l’une des structures de lobbying de l’industrie, le Fonds français pour l’alimentation et la santé (FFAS).

« La théorie du complot permanent auquel cet article [de Mediapart – ndlr] contribue me paraît fragiliser et desservir un débat qui mérite beaucoup mieux que les procès d’intention », tranche Stéphane Le Foll, dans son courrier adressé au directeur éditorial de Mediapart – à lire en intégralité sous l’onglet Prolonger de cet article.

 

Stéphane Le Foll, ministre de l'agriculture. © Reuters Stéphane Le Foll, ministre de l'agriculture. © Reuters

 

Rappelons que les deux lobbies de l’agroalimentaire demandaient au ministre de l’agriculture « de prendre des mesures pour qu’aucune des conclusions de cette étude » du Pr Hercberg « ne puisse interférer » avec celles de l’évaluation des différents systèmes en conditions réelles d’achat. « Il convient également de mettre fin à cette enquête car elle constitue une opération de communication incompatible avec les conditions préparatoires du test », dénonçaient les industriels. Sans demander « l’arrêt pur et simple de l’ensemble des travaux du Pr Hercberg », l’ANIA et FCD allaient donc très loin. Tellement loin qu’un ministre normal aurait vigoureusement rejeté l’oukase, plutôt que de le minimiser. D’autant qu’on ne voit pas ce qui dans les recherches de l'équipe (INSERM-Paris XIII) de l’EREN – dont les résultats sont publiés régulièrement dans les meilleures revues scientifiques – pourrait venir contrarier le « test » des logos dans les supermarchés.

Mais Stéphane Le Foll est devenu l’interlocuteur privilégié du lobby agroalimentaire, pour ne pas dire sa pièce maîtresse, dans la guerre d’influence engagée par l’ANIA et la FCD pour faire obstacle à l’étiquetage nutritionnel « 5 couleurs », baptisé depuis « Nutri-score ». Démonstration en trois temps.

1. L’opposition originelle de Stéphane Le Foll au logo nutritionnel « 5 couleurs »

Le logo « 5-C », qui s’appuie sur un algorithme permettant d’établir un score nutritionnel des aliments, sur une échelle de 5 couleurs allant du vert au rouge, a été l’une des propositions chocs du rapport remis par Serge Hercberg, président du PNNS, à Marisol Touraine, en novembre 2013, « Pour un nouvel élan de la politique nutritionnelle française » – téléchargeable ici. Très vite, les lobbies se sont mis en mouvement contre le « 5-C », craignant avant tout qu’une pastille rouge ne s’affiche sur leurs produits. Si l’on en croit Le Canard enchaîné, le ministre de l’agriculture affirme son hostilité au logo « 5-C » dès le mois de juin 2014, lors d’un séminaire gouvernemental, au cours duquel il affirme qu’il ne faut pas stigmatiser les produits du terroir comme les rillettes du Mans – sa région d’origine…

En septembre 2014, Carrefour lance son propre logo, « A quelle fréquence », qui dans sa première version prescrit un rythme de consommation – 1 fois par jour, 2 fois par jour, 3 fois par jour – avec des couleurs sans risque – vert, bleu, orange, violet… Dans une version ultérieure, rebaptisée « SENS », cela donnera « très souvent », « souvent », « régulièrement en petite quantité », « occasionnellement ou en petite quantité ». Selon les documents internes de l’ANIA en possession de Mediapart, la proposition de Carrefour est « plus en phase avec ses positions ». Elle permet « d’occuper le terrain » pour contrer le logo « 5 couleurs ».

 

Le 5-C met en balance les éléments favorables (protéines, fibres, pourcentage de fruits, légumes, légumineuses et fruits oléagineux) et défavorables (calories, sucres simples, acides gras saturés, sodium) pour définir un indicateur unique de qualité nutritionnelle. Et ce que l’ANIA veut éviter, c’est « un algorithme pur et dur qui ouvre la porte à l’opportunité d’être utilisé pour des taxes ».

En février 2015, le conseil d’administration de l’ANIA se déclare en « opposition totale au système de score nutritionnel et de pastilles de couleurs stigmatisantes proposé par le professeur Hercberg ». Les industriels préparent des projets d’amendements qui seront massivement votés par les parlementaires amis afin notamment d’inscrire le principe d’une « expérimentation en conditions réelles d’achat ». Marisol Touraine s’y oppose : l’amendement, comme le projet d’expérimentation, sont repoussés par le parlement.

C’est l’intervention de Stéphane Le Foll qui provoque le grand tournant. En juillet 2015, le ministre de l’agriculture écrit à Marisol Touraine pour qu’elle cesse d’apporter son soutien au logo « 5-C ». « Le système dit “5-C” ou “Hercberg” du nom de son principal promoteur, qui semble avoir la faveur de vos services, ne me semble pas de nature à remplir ces conditions et m’apparaît par conséquent comme une piste qu’il convient d’écarter aujourd’hui, même si elle a pu être utile au débat », écrit-il dans une lettre publiée par Mediapart. Le ministre fait fi des nombreuses prises de position des autorités sanitaires, et notamment le Haut conseil de la santé publique, ou des sociétés savantes en faveur du logo « 5-C ». 

Par Karl Laske et MEDIAPART.

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Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Agricilture

 

L’accord signé entre les producteurs de lait et le géant Lactalis limitera un peu les dégâts pendant quelques mois, après les blocages menés fin août. Mais il n’enrayera pas la crise agricole ni les drames se jouant dans les fermes. Le prix du litre de lait acheté au paysan en 2016 correspond à celui de 1986... Pas étonnant, dans ces conditions, que nombre d’éleveurs soient en grande difficulté. A ce rythme, 45 000 producteurs laitiers pourraient disparaitre d’ici dix ans. Pendant ce temps, les marges financières ont augmenté pour les multinationales du secteur et la grande distribution. De grandes fortunes se bâtissent grâce au lait. Qui osera réguler de nouveau ce secteur livré à la loi du plus fort ?

« Une sortie de crise positive pour le secteur laitier ». C’est en ces termes que le premier ministre Manuel Valls s’est félicité de l’accord trouvé le 30 août à Laval, en Mayenne, entre les producteurs de lait et l’un de leurs principaux collecteurs, Lactalis (Lactel, Président, Bridel, Salakis...). Jusqu’à fin 2016, les éleveurs pourront vendre leur tonne de lait 290 euros – soit 0,29 euros par litre de lait – contre 257 euros en août (0,25 €/l). Suite à l’accord, la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricole, le syndicat majoritaire) a immédiatement demandé la fin des blocages, saluant cette augmentation et l’alignement de Lactalis sur des niveaux de prix similaires à ses concurrents.

Cette petite hausse des prix soulagera un peu les trésoreries des éleveurs. Mais n’enrayera pas la crise agricole. Les mêmes problèmes risquent de se reposer dès début 2017. « Il faut au moins 0,35 euros pour couvrir les coûts de production et rémunérer le travail », estime le syndicat Confédération paysanne. L’accord signé à Laval aboutit à une moyenne de 0,27 euros par litre sur l’année. C’est justement le prix du litre de lait qui était payé au producteur... il y a trente ans !

« Gigantesque plan de licenciement en cours »

« Nous étions à 28 centimes d’euros le litre en 1986, 30 centimes en 2000, et, en 2016, nous sommes à 26 centimes », rappelle Jules, éleveur laitier proche de la retraite [1]. La marge financière dégagée depuis 2000 bénéficie exclusivement à l’industrie qui transforme le lait – en vert dans le graphique ci-dessous – et aux distributeurs – en rouge), comme le montrent les données de l’Observatoire de la formation des prix et des marges alimentaires. Si les revenus des producteurs de lait n’ont pas augmenté, le consommateur, lui, paie le litre de lait plus cher. Le demi-écrémé est ainsi vendu 75 centimes d’euros en grande et moyenne surface en 2015, quand il est acheté environ 30 centimes aux éleveurs...

« On est donc bien loin d’avoir trouvé une solution à la crise, déplore la Confédération paysanne. On continue à détruire les paysans et dépenser l’argent public pour cacher un plan de communication qui dissimule mal le gigantesque plan de licenciement en cours des paysannes et paysans. » En une trentaine d’années, et en dépit du maintien de la production laitière en volume, le nombre d’exploitations laitières (65 000 en 2015) a été divisée par six et le cheptel de vaches laitières (3,6 millions de têtes en 2015) a été réduit de moitié [2]. Si le rythme actuel de disparition des fermes laitières se poursuit, voire s’accélère en raison des crises à répétition, la France pourrait perdre les trois quarts de ses 65 000 producteurs laitiers actuels d’ici dix ans, soit plus de 45 000 emplois en moins.

De grandes fortunes françaises se bâtissent grâce au lait

Contrairement aux éleveurs, les grandes entreprises du secteur – Lactalis, Danone, Sodiaal, Bongrain, fromagerie Bel – tirent parfaitement leur épingle du jeu. Et leurs propriétaires également : au palmarès des fortunes françaises, la famille Besnier (Lactalis) trône en 13ème position (avec une fortune estimée à 6,8 milliards d’euros), la famille Fiévet (Bel) figure à la 25ème place (2,68 milliards) et la famille Bongrain à la 109ème (600 millions) [3]. Une multinationale comme Lactalis collecte auprès de 20 000 paysans, soit environ un producteur de lait sur quatre en France. Une position ultra-dominante qui lui permet de payer les producteurs à des prix ne couvrant plus leur coût de production, contribuant ainsi à la chute vertigineuse du nombre de fermes laitières.

« Aujourd’hui, j’ai de la peine pour nos collègues producteurs qui se sont mobilisés pour si peu au final », indique Véronique Le Floc’h, présidente de l’Organisation des producteurs de lait de la Coordination rurale et éleveuse de vaches laitières dans le Finistère. Elle rappelle que la demande portée par la FNSEA en 2015 était de 349 euros pour 1000 litres. « Aujourd’hui, la crise est plus profonde, les trésoreries plus exsangues et un accord est signé à 275 euros pour la moyenne annuelle 2016 », déplore-t-elle. « Nous avons l’impression que les dirigeants du syndicat co-gestionnaire (FNSEA, ndlr), qui défendent plus l’agro-industrie que leurs adhérents, ont simplement obtenu ce qu’ils souhaitaient : aligner les prix de Lactalis sur ceux des coopératives, dont les dirigeants ne sont autres que des administrateurs de ce syndicat. » Laurent Pinatel, porte parole de la Confédération paysanne, enfonce le clou : « Aujourd’hui, le problème du marché laitier, c’est que certaines entreprises paient très mal leur lait, Lactalis en premier lieu, mais pas seulement. Le groupe Sodiaal, qui est dirigé par un adhérent de la FNSEA, Damien Lacombe, figure lui aussi parmi les plus mauvais payeurs. » [4]

La loi du plus fort du marché « libre »

« Tout comme Lactalis, les autres grandes entreprises de transformation, ainsi que la grande distribution, portent des responsabilités majeures dans cette affaire, complète Aurélie Trouvé, ingénieure agronome et porte-parole de l’association Attac. « Surtout, ce sont les pouvoirs publics qui laissent s’installer cette situation honteuse, dans laquelle une poignée de multinationales écrasent des dizaines de milliers d’agriculteurs. Plus encore, ce sont les gouvernements successifs qui ont accepté une dérégulation brutale des marchés du lait ces dernières années et un démantèlement de la Politique agricole commune à Bruxelles. Voués au « libre » marché, ce sont toujours les plus petits qui trinquent et les plus gros qui grossissent encore. »

La crise qui frappe les producteurs laitiers était prévisible. Le secteur est complètement déstabilisé depuis la fin des quotas laitiers en juin 2015, ces mécanismes européens qui prévoyaient de plafonner la production pour ne pas produire trop de lait et éviter que son prix chute. « Auparavant les prix garantis permettaient de rémunérer les producteurs a minima, de stabiliser les prix et de les déconnecter des cours internationaux, rappelle Aurélie Trouvé. Les quotas laitiers, malgré leurs limites, permettaient de freiner les effets de la concurrence sauvage. Soudainement, ces prix garantis ont été baissés, les prix en France ont été alignés sur les cours internationaux qui font le yoyo, et les quotas ont été supprimés. Toute l’agriculture s’en trouve fragilisée. » [5]

Comment réguler la production laitière ?

Le ministère de l’Agriculture, jusqu’ici farouche défenseur de la dérégulation, reconnait désormais ses limites. Le 30 août, Stéphane Le Foll a présenté différentes mesures pour permettre la réduction de la production de lait, notamment une compensation financière pour les éleveurs qui accepteraient de baisser leur production [6]. Reste à savoir si tous les pays européens vont jouer le jeu en faisant de même. « La réduction de la production s’avère une nécessité, mais si seuls quelques-uns diminuent leur production, le bénéfice de leurs efforts sera anéanti par l’individualisme des autres, qui continueront à produire plus, tant au niveau national qu’européen », s’inquiète Véronique Le Floch de la Coordination rurale.

Face à un plan européen misant sur des réductions volontaires, la Confédération paysanne appelle à une réduction « obligatoire » de la production. Des instruments existent à l’échelle européenne. « C’est le cas notamment de l’article 221 du règlement européen qui n’a jamais été activé et qui consiste en l’application temporaire de la maitrise de la production sur l’ensemble du territoire européen », nous précise Patrick Baron de la Confédération paysanne.

En parallèle, l’association Solidarité Paysans demande un gel de toute poursuite de la part des créanciers et un mécanisme pour soutenir les trésoreries des agriculteurs les plus fragilisés. Comme le rappelle l’Institut national de veille sanitaire (INVS), les agriculteurs sont la catégorie sociale la plus touchée par les suicides. Il y a quelques années, le secteur bovin-lait représentait 20% de la population étudiée et près de 25 % des suicides enregistrés. « Cet excès de mortalité par suicide observé à partir de 2008 dans l’étude pourrait être pour partie associé aux fortes contraintes financières, liées à la crise économique, subies par le monde agricole depuis 2007 », estime l’INVS. Pour éviter le même scénario dramatique en 2016, l’enjeu selon Laurent Pinatel de la Confédération paysanne est de « réguler, maîtriser, organiser, donner les moyens aux paysans de reprendre leur avenir en main ». Les moyens existent. Ne manque que la volonté politique.

Par: Sophie Chapelle

Photo : grève du lait en 2009 / CC jyc1

Notes:

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Publié le par "Citoyen 18"
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Alors que les pays européens tentent de trouver un accord sur la politique agricole commune en 2020, une étude démontre que les aides directes bénéficient le plus aux agriculteurs les plus pollueurs. Mais elle prouve aussi que dans le contexte actuel de déséquilibre entre l’offre et la demande, la stratégie de produire toujours plus n’est pas la bonne.

C’est l’angle mort du récent conflit social dans le monde du lait et de la réunion des ministres de l’agriculture, le 2 septembre à Chambord : les effets de la production agricole et des aides européennes sur l’environnement. Pourtant, le choix par les producteurs laitiers de leur modèle économique ne peut plus ignorer le sujet : la politique agricole commune (PAC) consacre un budget spécifique aux aides agro-environnementales (appelé « second pilier »). Surtout, la protection de l’environnement est aujourd’hui l’un des principaux arguments mis en avant par les États membres pour justifier le versement de plus de 50 milliards d’euros d’aides annuelles directes au secteur agricole (soit plus de 40 % du budget communautaire).

Autour des notions de « bien commun », de « multifonctionnalité », de « services écosystémiques » et de « services environnementaux », les décideurs politiques européens intègrent de plus en plus le problème de la pollution, des émissions de gaz à effet de serre et de la consommation d’eau dans leurs décisions touchant le domaine agricole – d’où les passes d’armes entre Bruxelles et la France sur Notre-Dame-des-Landes, le barrage de Sivens ou encore les nitrates. Cela dit, les aides directes européennes consacrées à la protection de l’environnement restent bien inférieures (20 %) aux aides à la compétitivité et aux revenus des agriculteurs (80 %).

Observant cet usage de l’environnement comme justification des aides de la PAC, une chercheuse doctorante, Alessandra Kirsch, s’est demandée si les aides directes versées par l’Europe aux agriculteurs répondaient aux objectifs environnementaux qu’elle affiche. Les réponses qu’elle apporte sont doublement instructives, alors que les producteurs laitiers sont loin d’être les seuls agriculteurs européens touchés par une crise économique – les céréaliers sont confrontés eux aussi à une sévère baisse des cours.

Sur l’ensemble des aides directes aux agriculteurs (à l’hectare, à la tête de bétail, ou par exploitant) et toutes productions confondues, les exploitants qui ont le moins bon impact sur l’environnement touchent le plus d’aides en moyenne. Selon les calculs d’Alessandra Kirsch, si l’on compare le niveau de subventions perçues par les exploitations, par hectare de surface agricole utile (SAU), en fonction du classement des exploitations selon leur degré de « durabilité environnementale », celles qui sont les moins respectueuses de l’environnement touchent les aides les plus élevées.

 

Manifestation d'agriculteurs aux abords du siège de Lactalis, à Laval, le 23 août 2016 ©Reuters Manifestation d'agriculteurs aux abords du siège de Lactalis, à Laval, le 23 août 2016 ©Reuters

Autrement dit, les exploitations qui polluent le plus touchent le plus de subventions à l’hectare. C’est l’effet du mode de calcul des aides de la PAC, qui reflètent l’historique de l’exploitation. Le système des aides de la PAC d’avant 1992 reliait les aides aux rendements. Comme ils augmentaient avec l’usage des engrais et des pesticides, les exploitations les plus productives touchaient davantage de subventions. Les réformes suivantes ont attribué des montants d’aides fixes aux surfaces, en accordant des primes supérieures aux zones où les rendements étaient historiquement plus élevés.

Cela ne veut pas dire pour autant que c’est parce qu’ils touchent plus d’aides qu’ils polluent davantage, insiste Alessandra Kirsch. Mais qu’historiquement, les exploitants les plus indifférents à l’impact de leur activité sur l’écosystème ont bénéficié de plus de soutien que les autres. En réalité, les aides européennes à l’agriculture agissent de manière contradictoire. Les aides de la PAC sont réparties en deux « piliers » : aides à la compétitivité et aides à la protection de l’environnement. Les premières représentent 80 % des sommes versées, contre 20 % pour celles gratifiant la réduction des impacts négatifs sur l’écosystème.

 

Mais qu’est-ce qu’une exploitation qui traite bien son environnement ? Il n’est pas si facile de le définir, car il faut prendre en compte les impacts sur l’eau, les sols, l’air, la biodiversité. Or ils ne sont pas toujours corrélés. On peut avoir un bon taux de prairie, mais utiliser son tracteur plus que les autres et donc consommer beaucoup d’énergie. Par ailleurs, le monde agricole français est très divers. Les besoins et impacts de la culture des oléagineux et protéagineux (16 % des exploitations) sont très différents des élevages bovins. Chaque exploitation, à l’intérieur même d’un type de production donné, est caractérisée par des atouts et des faiblesses. La dernière réforme de la PAC, en 2013, veut harmoniser le paiement des aides quel que soit l’historique de l’exploitation, atténuant ainsi le déséquilibre en faveur des exploitations historiquement plus productives.

France Nature Environnement (FNE) a dénoncé cette année dans un rapport le faux verdissement de la PAC à cause des exceptions qui accompagnent plusieurs mesures environnementales. Deux exemples phares illustrent parfaitement la réalité derrière le verdissement de la PAC, explique dans un communiqué Marie-Catherine Schulz-Vannaxay, coordinatrice du réseau agriculture de FNE : « L’autorisation d’épandre des pesticides sur les 5 % de surfaces dédiées à la biodiversité dans les fermes, tandis que l’obligation de diversifier ses cultures pour réduire les usages de pesticides ou de fertilisants a été supprimée pour la principale monoculture, celle du maïs. »

Derrière ce triste diagnostic, se cache une bonne nouvelle : les performances économiques de ceux qui polluent le moins ne sont pas inférieures aux autres. C’est l’autre enseignement fort de l’étude d’Alessandra Kirsch : les exploitations impactant moins leur environnement produisent moins (de lait, de viande, de blé, de maïs…) que les autres, mais elles maîtrisent mieux leurs consommations intermédiaires. Si bien que les exploitants qui ont fourni le plus d’efforts pour réduire leur impact sur l’environnement ont un revenu au moins comparable aux autres. Ceux qui font le choix de modérer leurs objectifs de production consomment moins d’intrants (engrais, pesticides, herbicides…) et obtiennent ainsi des marges de rentabilité comparables, voire supérieures à ceux qui produisent plus mais dépensent plus pour maximiser leur production. C’est aussi vrai pour les grandes superficies : en grandes cultures, la dimension économique n’est pas un handicap au développement des pratiques plus favorables à l’environnement, constate la chercheuse. Dans le contexte actuel de déséquilibre entre l’offre et la demande de lait, la stratégie de produire toujours plus n’est pas la bonne.

Ce travail tout récent d’analyse empirique sur la distribution des revenus de la PAC – la thèse n’a pas encore été publiée – indique à quel point les injonctions politiques de l’Union peuvent être contradictoires sur l’agriculture. Cela n’aide pas les paysans et les exploitants à s’adapter à la nouvelle réalité économique – les quotas laitiers ont été supprimés le 31 mars 2015. Vendredi 2 septembre, plusieurs syndicats agricoles ont manifesté aux abords du château de Chambord, où se réunissaient les ministres européens pour trouver un accord sur la PAC en 2020. « Notre agriculture est à genoux », a indiqué le président de la Coordination rurale, Bernard Lannes, qui organisait un « grand repas populaire » à l’entrée du domaine. Pendant ce temps, près de 120 militants de la Confédération paysanne manifestaient à Blois pour « une vraie régulation européenne pour les paysans en détresse », car « Pour nous, c’est pas la vie de château ».

Alors que les aides directes sont indispensables au revenu des agriculteurs européens (surtout pour les céréaliers et les éleveurs bovins, qui connaîtraient sinon des pertes comptables sèches, selon le réseau d’information comptable agricole), le monde agricole se trouve dans une situation économique si difficile qu’il peine à imaginer pouvoir changer de modèle et se divise sur fond de drame social.

Par Jade Lindgaard et MEDIAPART.

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Publié le par "Citoyen 18"
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C’en est trop, la suppression du Diméthoate au niveau français alors qu’il est autorisé dans toute l’Europe est la goutte d’eau qui fait déborder le vase.

 

 

En effet certaines productions seront impactées très sérieusement, les cerises et les olives principalement, mais les ravages de Drosophila Suzukii, faute de traitement vont certainement envahir une grande partie des récoltes méditerranéennes.

La mondialisation des produits agricoles est la cause de la venue de ce ravageur asiatique, les containers ont très certainement servi de transport. Si certains pesticides sont soit disant dangereux, il faut que l’Etat français dégage un budget pour la recherche de nouvelles molécules, or c’est le contraire qui se passe, on nous supprime des crédits dans les stations d’expérimentation.

Il faut que l’Etat français prenne des mesures de sauvegarde de notre agriculture et des consommateurs

  • Pour l’agriculture, des mesures compensatoires de perte de revenu.
  • Pour les consommateurs, l’interdiction de produits importés y compris venant d’Europe pour tout produit ne respectant pas les sur-normes françaises.

Les contraintes en tout genre ça suffit, le normatif prend le pas sur l’économie dans toutes les productions.

La profession étouffe lentement mais surement devant cette surcharge de normes.

37 000 chômeurs de plus en février est-ce insuffisant pour le Gouvernement ?

Par: Gilles BERNARD MODEF.

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Publié le par "Citoyen 18"
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Quand j’étais bien plus jeune, Fernand Raynaud m’a beaucoup fait rire, avec son sketch sur ce pauvre paysan qui nous répètait en boucle : « Ca eût payé, mais ça paye plus ! ». Nous étions dans les années soixante. Je vous proposerais bien, ce jour, une version actualisée de ce personnage. Il est vrai que ce pauvre paysan d’aujourd’hui est simultanément patron de diverses entreprises agroalimentaires et pour faire sens, patron de la FNSEA et donc de la totalité des chambres d’agriculture ! Ce pov’paysan là se nomme Xavier Beulin !

 

Xavier BeulinEnfant d’agriculteur, le petit Beulin arrête très tôt ses études (au décès de son père, un classique) ; il obtiendra toutefois un BEPA en formation accélérée. Il devient rapidement fermier et aujourd’hui il exploite (il a encore le temps ?), avec son frère et deux cousins dans le cadre d’une EARL (Exploitation agricole à responsabilité limitée), une ferme de 500 ha de blé, de colza, d’orge, de maïs, de tournesol qui intègre aussi un atelier de production laitière avec un quota de 150 000 litres.

Il s’engage très rapidement dans le militantisme agricole, d’abord auprès des jeunes agriculteurs, puis à la FNSEA. En 1990 il devient vice-président de la Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles du Loiret et vice-président du CETIOM (Centre technique interprofessionnel des oléagineux métropolitains). En 2002 il devient président de l’EOA (Alliance européenne des oléoprotéagineux), en 2008 président du « Grand port maritime de La Rochelle » et en novembre 2009, président du conseil d’administration de « FranceAgriMer ». Le 16 décembre 2010, il accède au poste de président de la FNSEA et devient donc le premier « céréalier » à cette fonction, historiquement occupée par un « éleveur ». Il est réélu sans surprise à ce poste le 9 avril 2014, puisque seul candidat !

Belle ascension pour ce jeune agriculteur ! Mais, il faut le dire, cet homme n’est pas qu’un agriculteur ! Le Monde nous explique les multiples facettes de ce personnage qui préside aussi (depuis 2000) la société « AVRIL » (ex-AVRIL-Sofiprotéol), un groupe créé en 1983 par les producteurs d’oléagineux, et devenu un acteur majeur de l’agriculture en France : « AVRIL travaille dans deux domaines : la fabrication d’huiles végétales (colza, tournesol) avec ses déclinaisons (biocarburants, chimie...) et l’alimentation animale (tourteaux issus du colza et du tournesol et destinés à nourrir le bétail, mais aussi transformation et commercialisation des œufs, du porc ou de la volaille). Sa filiale, Sofiprotéol, intervient financièrement tout au long des filières des huiles et protéines et de secteurs connexes comme la transformation laitière. Sofiprotéol prête en fait de l’argent à des agriculteurs et à des industriels des filières agroalimentaires.../... AVRIL compte plus de 8 000 salariés et réalise un chiffre d’affaires annuel d’environ 7 milliards d’euros. Le groupe est numéro 1 des œufs et de la nutrition animale en France, mais aussi premier producteur de biodiesel et d’oléochimie en Europe. » Si la holding« Sofiprotéol » n’est pas connue du grand public, bien que présente dans bien des domaines, il n’en est pas de même des marques distribuées. Par exemple pour l’alimentation animale c’est la marque « Glon Sanders » et pour l’alimentation humaine ce sont les huiles « Lesieur » et « Puget » ou les œufs « Mâtines ».

Ces activités placent notre « paysan » au centre du petit monde des affaires. Cela lui a permis de tisser un important réseau d’intérêts au cœur du capitalisme national. Ainsi on trouve au conseil d’administration d’« AVRIL » : Anne Lauvergeon, ancienne dirigeante d’Areva (à noter que le chiffre d’affaires de cette société est du même ordre de grandeur que celui d’AVRIL-Sofiproteol !), Jean-Pierre Denis, ancien secrétaire général adjoint de Jacques Chirac à l’Élysée et actuel président de Crédit Mutuel Arkéa et Crédit Mutuel de Bretagne, Pierre Pringuet, qui préside l’Association française des entreprises privées (AFEP), un lobby très influent, Patrice Gollier, ancien directeur général d’InVivo, la plus grande coopérative agricole de France, etc. Si sa place dans le monde des affaires « positionne » notre agriculteur, sa présidence de la FNSEA le rend par bien des côtés incontournable. Rappelons que la FNSEA dirige les chambres d’agriculture, siège dans les SAFER (achats de terres agricoles), siège dans certaines banques, est présente au sein des assurances (Groupama), de la sécurité sociale des agriculteurs (MSA), des organismes de formation et d’enseignement agricole, etc.

Politiquement, de par sa présidence de la FNSEA et son poids dans l’agro-industrie, notre pauvre paysan a ses entrées dans bien des structures ! Le journal Reporterre nous explique d’ailleurs que « sous Hollande, on ne dit pas non à Xavier Beulin. » Le journal développe : « Quand Xavier Beulin, coiffé de son chapeau de la FNSEA, monte au créneau, il obtient gain de cause. Avant les élections de 2012, il s’était prononcé pour un ministère de l’Agriculture et de l’agroalimentaire, il l’a obtenu. Il souhaitait voir Stéphane Le Foll plutôt qu’un autre au ministère de l’Agriculture en cas de victoire du PS ; son vœu a été exaucé. Le rejet de l’écotaxe ? Après des manifestations plus que musclées, il a été accepté. Agrandissement des élevages ? C’est fait pour les porcs et les volailles. « Directive nitrates » ? La FNSEA en fait une grosse colère, Manuels Valls l’a remise en cause. Aides aux retenues d’eau pour l’irrigation ? Le ministre Le Foll obtempère ».

Ce mélange des genres a d’ailleurs de nombreuses fois été dénoncé. La double présidence d’un grand groupe agroalimentaire (AVRIL) et de la FNSEA pose bien évidemment un problème. Même s’il s’en défend comme récemment dans son interview sur France-Inter.

Pour ma part je n’ai qu’une interrogation : Les vrais pauvres agriculteurs peuvent-ils se reconnaître dans un syndicat dirigé par un tel individu ?

Par:  René Durand.

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