Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
citoyen18.overblog.com

citoyen18.overblog.com

La porte à gauche. Jean FERRAT a chanté que certains prétendent que le bonheur était à la porte à droite. Aujourd’hui est-il à la porte à gauche ? Oui ! mais à la condition de secouer le cocotier de la pensée convenu ! Ce petit blog crée à l’initiative de quelques militants communistes de Vierzon n’a d’autres ambitions que de donner aux citoyens un support pour s’exprimer librement sur les sujets politiques, sociaux ou culturels d’actualité du local à l’international, qui s’émancipe des discours convenus, des lignes officielles décidées par quelques notables de la politique, aux doubles langages, aux bonimenteurs de vraies fausses solutions et qui cultivent la résignation. Déverrouillez les débats et enfoncez la porte à droite (….ou à gauche ?) Les seules limites, car il en faut, à notre liberté : Celle du respect des personnes, le souci de la vérité et de faire vivre le débat. Ainsi seront exclus tous messages comprenant des insultes ou diffamations visant une (des) personne(s), seront exclues, s’ils sont avérées, des informations mensongères ou rumeur infondées. Chacun pourra également participer au débat juste et loyal en signalant un abus de cette nature. Les productions de ces abus seront retirés et l’auteur exclu du blog.

Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Aide-Mémoire

Agnès Saal est convoquée lundi 11 avril au tribunal pour un « plaider-coupable ». D'après nos informations, l'enquête judiciaire établit que l'ancienne présidente de l'INA a détourné 23 000 euros de fonds publics, soit 685 courses de taxi, surtout au profit de ses enfants.

Dans le téléphone d’Agnès Saal, les policiers ont retrouvé des SMS échangés avec ses enfants qui ne laissent aucun doute sur le détournement de fonds publics que cette ancienne fonctionnaire modèle, devenue l’incarnation d’une élite sans gêne, a commis quand elle présidait l’Institut national de l’audiovisuel (INA) et qu’elle avait « guichet ouvert » chez les Taxis G7. La République était alors bonne mère.

- Maman, on peut avoir un taxi pour 17 h 30 au 11, rue X ? écrit sa cadette à Noël 2014, alors qu’elle vadrouille dans Paris. On est quatre donc je sais pas qu’est-ce qui est mieux, un monospace ou pas ?

En avril 2015, c’est son fils qui appelle au secours par texto :

- Maman, j’ai presque plus de batterie, tu peux nous commander un taxi rue Y ?

Même l’aînée, avocate dans la vraie vie, a visiblement profité des « facilités » de sa mère pour se rendre au tribunal, foncer à l’aéroport de Roissy avant un week-end à Milan ou à la gare du Nord en vue d’une escapade à Londres, le tout aux frais du contribuable.

- Ton taxi arrive dans sept minutes, cajole Agnès Saal un jour de juin 2014.

- Merci mam !

Un an après sa démission provoquée par une lettre anonyme et un article du Figaro, trois mois après son exclusion temporaire de la fonction publique, l’ancienne présidente de l’INA devrait se présenter lundi 11 avril au tribunal de grande instance de Créteil pour une audience de « plaider-coupable » (ou CRPC) : en échange de sa reconnaissance de culpabilité préalable, une peine a d’ores et déjà été négociée avec la procureure de la République. Si l’accord est validé lundi par le juge, Agnès Saal évitera ainsi un procès et l’humiliation qui l’accompagne. Pour des faits similaires commis au centre Georges-Pompidou (son précédent poste), elle est par ailleurs convoquée le 15 avril au Palais de justice de Paris pour un second « plaider-coupable ».

 

Agnès Saal © Capture d'écran I-télé Agnès Saal © Capture d'écran I-télé

 

S’agissant de sa présidence à l’INA, la procureure de Créteil lui reproche précisément d’avoir détourné 23 788,46 euros (hors taxes) de fonds publics entre mai 2014 et avril 2015, « en l'espèce les sommes correspondant à 685 courses de taxi réalisées par le prestataire TAXIS G7 » – un montant qu’Agnès Saal a entrepris de rembourser aux premiers jours du scandale. Pour l’essentiel, « les bénéficiaires de ces prestations [sont] des tiers », à savoir son fils (« 326 fois »), sa fille aînée (« au moins 83 fois »), sa cadette et « sa tante Lucette ».

Devant les policiers de la Brigade de répression de la délinquance économique (BRDE), elle a tenté de convaincre qu'il y avait pourtant, au départ de cette affaire, un souci d’économiser les deniers publics. À l'INA, Agnès Saal disposait d’un chauffeur qui ne couvrait pas, à lui seul, ses horaires à rallonge. N’ayant pas le permis, elle ne pouvait compenser avec une voiture de fonction et l’institut (basé à vingt kilomètres de Paris) lui aurait donc proposé un deuxième chauffeur. Jugée trop cher, cette option a été retoquée au profit d’un contrat avec les Taxis G7, passé sans mise en concurrence. « Le coût d’un chauffeur supplémentaire s’élève à 62 000 euros par an, s’est justifiée Agnès Saal sur procès-verbal. Il est intéressant de comparer ce coût [de 62 000 euros] aux dépenses de taxi », inférieures.

Sauf qu'aucune règle d’usage n'a été posée, ni aucun plafond. Illico, Agnès Saal a confié le code à son fils (« Je lui ai dit qu’il s’agissait normalement d’un usage limité à des situations d’urgence ou de nécessité »), puis elle a accepté de passer commande pour ses filles. Devant les policiers, celle qui était rémunérée plus de 13 500 euros par mois s’est défendue en ces termes : « Pour moi, l’usage du taxi venait assurer le rôle d’une voiture de fonction », disponible pour des courses personnelles sept jours sur sept. Le mélange des genres serait d’ailleurs d’usage dans la profession : « Tous les présidents et directeurs généraux des établissements publics (...) ainsi que les dirigeants des entreprises de l’audiovisuel public (…) que j’ai connus faisaient un usage privé de leur véhicule, a-t-elle confié. Pour une soirée à l’opéra, par exemple, je constatais la présence de nombreux véhicules de fonction avec chauffeur en attente à proximité de l’opéra Garnier ou Bastille. En outre, c’est de notoriété publique. » Des cas en tête ? « Je ne vais pas vous donner de noms précis car je ne suis pas à l’aise dans une fonction de délatrice. »

Aux enquêteurs, elle a assuré qu’« aucune remarque » ne lui aurait été adressée à l’INA « sur les montants des factures de taxi » qui s’empilaient. Il faut dire que les choses étaient bien faites : aucune procédure de contrôle n’était en place. « Je ne regardais pas le détail des courses », a confirmé sur PV la directrice financière. Mais alors « qui contrôlait le détail ? », l’ont questionnée les policiers. « Normalement, c’était Agnès Saal… » En réalité, le secrétaire général, alerté début 2015 qu’un enfant abusait de l’abonnement, a tout de même tenté une intervention : « Il me semble que j’ai dit une fois [à Agnès Saal] que je devais lui parler de ses factures de taxi et qu’on en parlerait plus tard. »

Si la vigilance a manqué, c’est aussi que la patronne, qui travaillait sans compter, présentait peu de notes de frais par ailleurs (repas, voyages, etc.). « Elle dépensait beaucoup moins que ses prédécesseurs, a souligné le secrétaire général de l’INA auprès des enquêteurs. Du coup, ses volumes de dépenses étant moindres, ils étaient moins contrôlés. » Une perquisition menée sur place a confirmé qu’Agnès Saal avait déposé seulement « 1 565,48 euros » de notes de frais en un an, surtout pour des petits déjeuners « pro » qu’elle calait à Paris avant d’entamer sa journée à l’INA. « Elle a dû faire en dix mois ce que Mathieu Gallet [son prédécesseur désormais à la tête de Radio France] faisait en un mois », a précisé le comptable.

Par: Mathilde Mathieu et MEDIAPART.

Voir les commentaires

Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Social-Eco
Imposée par l’Union européenne,  la loi EL KHOMRI finalise la marche régulière vers la satisfaction des DEMANDES PATRONALES depuis plus de 30 ans

D’Auroux à El Khomri en passant par Aubry, assouplissement des contraintes patronales et négation de la hiérarchie des normesUne constante depuis plus de 30 ans. Par Évariste Le 6 avril 2016.

Imposée par l’Union européenne (1) et par le mouvement réformateur néolibéral, la loi El Khomri tente de finaliser la marche régulière vers la satisfaction des demandes patronales depuis plus de 30 ans. Déjà les lois Auroux montraient la voie. A côté de mesures positives comme la création des CHSCT par exemple, l’idée de la priorisation des accords d’entreprise sur la loi est installée dans les lois Auroux. Si la loi Aubry 1 de 1998 permet la revendication positive des 35 heures, elle engage de suite la possibilité de l’annualisation du temps de travail et l’instauration du forfait jours avec la loi Aubry 2 de 2000. Puis la droite relève le plafond des heures supplémentaires de 130 à 180 heures par an par décret le 15 octobre 2002. Puis la loi Fillon baisse la rémunération des heures supplémentaires à 10 % pour les heures qui sont effectuées entre 35 et 39 heures par la loi du 17 janvier 2003. La loi du 31 mars 2005 permet par négociation dans l’entreprise de faire jusqu’à 48 heures par semaine, permet l’extension du forfait jours aux non cadres, puis d’échanger leurs RTT contre un complément de rémunération. Toutes ces mesures entraînent un allongement de la durée hebdomadaire de travail.

Puis Nicolas Sarkozy fait voter la loi Tepa le 21 août 2007 qui favorise les heures supplémentaires en les défiscalisant et en diminuant les entrées de cotisations sociales vers la Sécurité sociale. Puis la loi du 20 août 2008 renforce l’autonomie des entreprises en matière de gestion du temps de travail : plus besoin de l’accord de l’inspecteur du travail pour les heures supplémentaires au-delà des 180 heures, le repos compensateur n’est plus automatique mais négocié au sein de l’entreprise, l’annualisation du temps de travail peut être mis en application sans justification.

Sur tout ce travail de détricotage, Hollande n’annule à son arrivée que la défiscalisation des heures supplémentaires.

La loi El Khomri va encore beaucoup plus loin en allant jusqu’au bout du changement de la hiérarchie des normes en faisant en sorte qu’un accord d’entreprise puisse déroger à une loi, à un accord de branche et même à un contrat de travail. La durée de travail permet d’aller jusqu’à 12 heures par jour et même 60 heures par semaine en cas de « circonstances exceptionnelles ». Les forfaits jours sont encore élargis. Toutes les majorations des heures supplémentaires pourront être réduites à 10 % par accord d’entreprise.

Les visites chez un médecin du travail ne seront réservées qu’aux salariés travaillant sur des postes à risque soit pour eux soit pour l’environnement. Tous les autres n’auront droit qu’à une visite d’information qui pourra être animée par un personnel paramédical.

Tout cela est clair comme le nez au milieu de la figure.

Comprendre ce processus

Pour illustrer ce processus, trois citations suffiront :

« Il y a une lutte des classes, bien sûr, mais c’est ma classe, celle des riches, qui fait la guerre. Et nous gagnons. » (Warren Buffet, l’un des hommes les plus riches du monde)

« Entre le fort et le faible, entre le riche et le pauvre, entre le maître et le serviteur, c’est la liberté qui opprime et la loi qui affranchit. » (Henri Lacordaire)

« Aujourd’hui, c’est dans l’entreprise que le rapport des forces est le plus défavorable pour les salariés. » (Tous les syndicalistes du syndicalisme revendicatif)

On comprend alors mieux pourquoi le patronat et ses serviteurs, les néolibéraux de droite et de gauche, souhaitent par phases successives l’inversion des normes pour que l’accord d’entreprise puisse détruire la loi, l’accord de branche et le contrat de travail.

*****

(1) La dernière injonction en date est l’avis du conseil de l’Union européenne au Plan national de réforme (PNR, document obligatoire depuis la stratégie de Lisbonne et le traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, et notamment en son article 121, paragraphe 2, et son article 148, paragraphe 4) proposé par la France au Conseil : voir http://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/PDF/?uri=CELEX%3A32015H0818%2815%29&from=FR)

 

Notes:

Voir les commentaires

Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Aide-Mémoire

Pourquoi je reste au Parti Communiste Français ? Difficile cette question. Beaucoup de camarades le savent aussi. Il suffit de voir à quel point le quitter est un déchirement pour celles et ceux qui ont fini par franchir le pas. J’en ai rencontré et je continue à en rencontrer beaucoup. Car, malgré leur départ, on se retrouve sur les mêmes champs de bataille tous. On se croise dans les mêmes conférences, les mêmes ciné-débats, les mêmes manifs … Chaque fois qu’ils évoquent les souvenirs, leurs vieilles plaies, il y a cette conjugaison étrange entre une douce nostalgie et une colère saignante. Tous se disent orphelins. Ils sont les orphelins de ce grand parti de classe, le seul qui a été jusque là capable de provoquer quelques frayeurs à la petite bourgeoisie, aux rentiers de l’industrie et à leurs chiens dociles. Sans blague, le père Gattaz a du se résigner à le confesser, on ne fait pas la même politique avec un parti communiste à 20 et à 5%. Et puis il faut tout de même avouer que depuis l’effondrement du bloc soviétique, les choses ne vont pas en s’améliorant. 1% de la population mondiale possède autant que les 99% restants ! Le péril rouge avait au moins la force de contraindre les tenants du capital a un peu plus de sobriété.

 

Guillaume Sayon, militant PCF, adjoint à la culture de la ville d'Avion et membre de la direction départementale du PCF (62)Guillaume Sayon, militant PCF, adjoint à la culture de la ville d'Avion et membre de la direction départementale du PCF (62)

Guillaume Sayon, militant PCF, adjoint à la culture de la ville d'Avion et membre de la direction départementale du PCF (62)

Enfin les choses sont ainsi faites, elles changent avec le temps. Elles changent en mal si on n’y prend pas garde. C’est vrai pour le capitalisme comme pour son pire ennemi, c’est-à-dire nous. Le confort de la démocratie libérale encroûte certains des plus téméraires. D’année en année, d’élection en élection, on finit par jouer le jeu et on laisse périr la matrice première de notre engagement. L’école de Chicago est passée par là, Gorbatchev a vendu les meubles aux enchères, le parti de Berlinguer au pays de Gramsci abandonna la bataille, l’ouragan Robert Hue détruisit tout sur son passage … Que dire de l’héritage. On veut rallumer les étoiles sans provoquer la moindre étincelle. On espère désespérément être oint par la Sainte ampoule de la bonne société. Celle qui fixe les règles, qui choisit qui est fréquentable et qui ne l’est pas. Veut-on à ce point être fréquentable ? Auprès de qui ? De Libération ? Du Nouvel Obs ? Du Parti socialiste ? Non, je crois plutôt que ces gens-là devraient pouvoir nous détester, nous vomir même. Je pense au bonheur intérieur par exemple qu’a du vivre notre ami François Ruffin quand, invité sur le plateau d’Europe 1 pour parler de son film Merci Patron !, il doit faire face à la condescendance et au dégoût viscéral qu’il provoque chez Jean-Michel Apathie. Voilà, c’est cette haine et ce mépris que nous devrions pouvoir contempler sur le visage de la presse bourgeoise quand elle fait face à l’un des nôtres. Or, il faut bien avouer que nous sommes loin de ce cas de figure.

 

Non le parti communiste a rangé l’outillage et il veut rassembler les brebis égarées. Il passe son temps à vouloir rassembler. Enfin rassembler au sommet à chaque fois, jamais à la base. Il va de compromis en compromis et il ne tire aucun bilan de ses choix. J’ai lu avec attention le texte que la direction propose aux communistes comme base de discussion pour le congrès. Enfin, pour être plus précis, j’ai essayé de le lire. J’ai lâché au bout de la dixième page je crois. Peut-être un problème de style me direz-vous ? Indéniablement je dois l’avouer. Mais si seulement il n’était question que d’un problème de style. Non ce texte il est symptomatique de ce qu’est la réalité de notre parti depuis des années maintenant. Une coquille vide. A peine se revendique t-il encore anticapitaliste entre les lignes. Nos économistes sont dépassés, ils formulent des propositions ahurissantes sur l’Europe et un hypothétique euro de gauche, ils n’évoquent même plus ou presque les nationalisations. Mais enfin qui sommes-nous aujourd’hui ? Que défendons-nous ? Une autre Europe, un autre euro, un autre capitalisme ?

 

Bref, une simple et terrifiante posture réformiste ? Moi je ne sais pas vous, pour les camarades qui me lisent, mais je n’ai pas pris ma carte au PCF pour ça. Je l’ai prise parce qu’un jour j’ai emprunté le manifeste de Marx à la bibliothèque de mon lycée et que j’ai compris que le chemin était celui-la. Je l’ai prise quand j’ai vu qu’en organisant la lutte dans mon petit lycée fréquenté par les gosses de prolos, on défendait les droits de centaines et de centaines de familles populaires du secteur. Je l’ai prise quand j’ai compris que nous avions mes camarades et moi des aspirations communes et que nous pouvions les faire triompher en se battant ensemble, de manière organisée. Je l’ai prise ma carte quand j’ai su que ces aspirations étaient contraires à celles des encravatés qui voulaient fermer des classes dans ce lycée pour de fumeuses et obscures raisons arithmétiques.

 

J’ai un peu plus de 10 ans de carte maintenant. J’imagine le rictus de certains camarades qui se disent que je suis encore un petit jeunot. Je milite dans ma petite cité du Pas-de-Calais. Grosse section militante, une municipalité que nous gérons depuis 80 ans sans partage ou presque, les camarades m’ont confié un mandat passionnant à la culture. Bref je me sens bien dans ce que je fais. Je donne un coup de main dans ma fédération, je partage entièrement sa ligne et ses batailles. J’ai sans doute beaucoup de chance. Certains camarades n’ont pas cette chance je le sais. Peut-être que si j’avais milité ailleurs j’aurais déjà rendu les gants. Je ne sais pas. Militer, c’est plus vrai encore je crois au parti communiste, cela s’apparente à un vrai sacerdoce. On sacrifie beaucoup de choses à la cause. En tout cas, je sacrifie beaucoup de choses. Je vis, je respire, je mange communiste. Je passe ma vie à lire, à écrire, à penser. Et puis même si je ne suis pas le plus assidu, il faut distribuer les tracts, coller les affiches, participer aux multiples réunions.J’adore les réunions du parti donc c’est une fausse contrainte. Elles ne sont pas toujours passionnantes il faut bien l’avouer mais on y croise les camarades. Il y a un lien si étrange entre nous. Si fort, si fraternel. Cela n’est pas un mythe. La fraternité, cela a un sens profond chez les communistes. La pratique exclusive du tutoiement, les débats sans fin autour du verre de l’amitié, les étreintes, les accolades, les éclats de rire. C’est même difficile de réussir à trouver les mots pour décrire cette atmosphère tellement singulière, tellement chaleureuse. Mais être communiste cela ne vous quitte jamais, sauf si vous y avez adhéré pour de mauvaises raisons. Non cet idéal vous hante sans cesse. Il est si fort qu’il prend le pas sur les individualités. Un communiste est prêt à donner sa vie pour défendre son idéal. Là aussi, cela n’est pas un mythe. Les noms des plaques dans les citadelles, sur les monuments aux morts de la France entière peuvent en témoigner. C’est encore vrai aujourd’hui. J’en ai la certitude.

 

Alors, même si les directions qui se succèdent ont la lourde tendance à dériver à tribord, ce parti, mon parti, reste un outil extrêmement précieux. Je laisse aux idéalistes le luxe de croire à la fable des mouvements citoyens, des révolutions silencieuses. Pour briser ses chaînes, le peuple asservit aura indéniablement besoin de se structurer, de s’organiser. Il va devoir prendre conscience de lui-même, de sa force. Il n’y a qu’un parti se revendiquant sans honte du socialisme qui sera en capacité de répondre à cette prérogative. Croire le contraire nous mènera inexorablement à l’échec. Syriza, Podemos, les indignés … Toutes ces réponses échouent parce qu’elles ne répondent pas aux conditions historiques et pratiques nécessaires à leur réussite. Un vrai parti de lutte de classe. Pas simplement vouloir proposer un peu plus de logements sociaux par ci, un peu plus de redistributions par là. Non tout cela a échoué et continuera d’échouer. Tactiquement je ne suis pas contre l’idée que nous participions à des majorités avec d’autres formations de gauche. Mais cela ne peut avoir du sens que si nous sommes en capacité de peser lourdement dans le rapport de force, d’obliger le marqueur politique à se positionner le plus à gauche possible. Le parti socialiste n’a été de gauche dans l’histoire que lorsque le parti communiste l’y a contraint. C’est mécanique, c’est historique. C’est ce que font actuellement nos camarades au Portugal. Ils ont signé un accord majoritaire avec le parti socialiste parce qu’ils tiennent une vraie ligne de classe, que leur score est important et qu’ils ont donc obligé le PS a devoir gouverner avec eux.

 

Nous avons eu des opportunités de rendre le rapport de force extrêmement intéressant ici en France. En 1995 ou en 2005. Après 1995 nous nous fourvoyons dans le gouvernement de la gauche plurielle qui privatise à tout va, qui répond aux salariés de Moulinex qu’il ne peut rien faire contre la fermeture de leur entreprise. En 2007 on participe aux lamentables collectifs antilibéraux qui nous ramènent à un score minuscule alors que Royal menait une campagne à droite. Les mêmes, qui nous ont conduit dans ces impasses, continuent de rédiger nos orientations de congrès et continuent de nous dicter ce qui est bon pour le parti, pour la gauche.

 

Alors pour conclure et dire les choses très simplement, je ne quitte pas le Parti Communiste Français car il est hors de question que je le laisse définitivement entre ces mains là. Il est trop précieux pour qu’on puisse le leur abandonner jusqu’à une extinction qui deviendrait inévitable.

 

Par: G.S.

Voir les commentaires

Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #ACTIONS

François Ruffin, le réalisateur du documentaire “Merci Patron”, matrice et film phare de Nuit Debout, nous raconte comment est né le mouvement, et quel peut être son avenir.

 
François Ruffin : “Nuit Debout n'est pas un mouvement spontané, il a fallu l'organiser”
 
puis le 31 mars, ils sont là, des centaines, chaque soir, au pied de la statue de la place de la République, à Paris. Les noctambules de Nuit Debout ne désarment pas. Intimement lié au succès populaire du film Merci Patron, de François Ruffin, et à l'activisme joyeux de son journal, Fakir, le mouvement a pris forme dans la foulée de la création d'un collectif composé « d'intermittents, de syndicalistes et de citoyens engagés ». Tous unis, disent-ils, « contre une politique gouvernementale qui n'a de cesse de réduire nos droits sociaux, au seul profit des intérêts du patronat. » Nuit Debout a déjà essaimé dans une vingtaine de grandes villes en France, et à partir ce mercredi soir, passera même la fontrière belge, les Bruxellois étant invités à se réunir place des Barricades. Nous avons demandé à François Ruffin, que nous avons joint par téléphone, de nous raconter comment tout a commencé...

Quel rôle a joué Merci Patron dans la naissance du mouvement « Nuit debout » ?

D'abord, il y a eu cet article de Frédéric Lordon sur Merci Patron dans Le Monde Diplomatique qui disait que ce film avait tout pour mettre « le feu aux foules ». Je ne suis pas optimiste de nature mais dans le doute, je me suis dit que s'il y avait une chance qu'il dise juste, ça s'organisait. Dans les avant-premières, on voyait bien qu'il se passait quelque chose, et que les gens avaient envie d'agir. Le 23 février, on a donc organisé une rencontre publique à la Bourse du travail qu'on a baptisée : « Leur faire peur ». L'idée, c'était de faire converger des luttes dispersées, qu'il s'agisse de celle contre l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, de celle des ouvriers de Goodyear, de celle des profs contre la réforme des collèges, etc. On avait convié des syndicalistes, des militants, des intellectuels... Dans la salle, il y avait près de mille personnes. En deuxième partie de soirée, après les interventions publiques, est venu le temps des interventions officieuses. Des tas de gens sont venus s'agglutiner autour de Loïc Canitrot, de la Compagnie Jolie Môme, de Johanna Silva de Fakir et de moi-même, avec une question : « et maintenant, on fait quoi ? » Des mots d'ordre sont apparus. Certaines personnes voulaient se mobiliser de leur côté, sans s'appuyer sur la grande manif du 31 mars contre la Loi travail.

Personnellement, je pense qu'il est toujours préférable de partir de ce qui existe déjà plutôt que d'essayer de créer une dynamique ex nihilo. C'est alors que Loïc, de Jolie Môme, a lancé son propre mot d'ordre : « après la manif, je ne rentre pas chez moi ». L'idée d'occuper un endroit et de faire une projection géante de Merci Patron a fait son chemin... D'autant que chez Fakir, on avait déjà une petite expérience en la matière avec le blocage de la zone industrielle d'Amiens, en octobre 2010, pour protester contre la réforme des retraites.
Le phénomène “Merci patron !” : l'histoire d’un joyeux succès


Qu'est-ce qui vous a donné envie de croire à ce rassemblement ?

Je ne sais pas. Précisément, le fait d'inventer autre chose que les sempiternels appels à la grève générale, si désespérants quand on mesure le fossé existant entre ces désirs de rébellion et l'état des forces potentiellement mobilisables... Je me suis dit qu'au pire on échouerait – l'avantage, quand on est de gauche, c'est qu'on a l'habitude des défaites. Le collectif « Convergence des luttes » est né dans la foulée. Il ne faudrait surtout pas croire que Nuit Debout est un mouvement spontané, né comme par miracle de la somme de désirs communs. Ceux qui disent « oui, oui » dans l'euphorie de l'instant ne viennent pas tous mouiller leur chemise pour que la dynamique s'enclenche... Il a fallu organiser tout ça, canaliser ces aspirations disparates et ce besoin d'action. Il a fallu communiquer, distribuer des centaines de tracts lors de la manif du 31 mars, créer un site internet puis monter des barnums, acheminer le matériel pour projeter le film...

Quelles sont les revendications des noctambules ?

Cela me paraît assez flou pour l'instant... Des tas de revendications s'agrègent, sociales, écolos, anti-sécuritaires... Tout est parti du rejet de la loi El Khomri. C'est une opposition commune et solide mais aujourd'hui, on a le sentiment que c'est presque devenu un prétexte. Ce qui fédère les uns et les autres, c'est l'absence totale de perspective politique. Moi-même, je suis un déçu des partis politiques : en tant qu'ex-compagnon de route j'ai pris acte du suicide du Front de gauche. Quant aux autres formations de gauche, il suffit de voir ce qui se passe dans ma région, en Picardie : le FN est à 42 % et le PS et les Verts ne trouvent rien de mieux que de se diviser. J'ai compris qu'on était électoralement liquidé. Le changement ne passera plus par les urnes mais par un mouvement social de grande ampleur. C'est le pari presque pascalien que j'ai fait depuis la sortie de Merci Patron.
“Les occupants de la place de la République appartiennent grosso modo à la même classe que moi, cela dit sans aucun mépris ni jugement : la petite bourgeoisie intellectuelle, à précarité variable. Il ne faut surtout pas en rester là.”

Peut-on comparer ce mouvent à celui des Indignés espagnols ou d'Occupy Wall Street ?

Je ne crois pas que ce soit comparable. D'abord, si je me souviens bien, Occupy n'a pas très bien marché finalement... Quant aux Indignés, qui ont fini par se constituer en parti politique, il s'agit d'un mouvement massif et populaire, ce que Nuit Debout est loin d'être encore. L'Espagne a connu une crise terrible, bien plus grave que celle que traverse la France... On ne peut pas dupliquer une mobilisation, il faut trouver autre chose. Le plus important et le plus urgent à mes yeux, c'est de dépasser les frontières sociales. Même si on en parle beaucoup, il est frappant de constater que les gens qui occupent la place de la République et d'autres places dans de grandes villes en France ne représentent pas grand monde. Ils appartiennent grosso modo à la même classe que moi, cela dit sans aucun mépris ni jugement : la petite bourgeoisie intellectuelle, à précarité variable. Il ne faut surtout pas en rester là.

Le mouvement doit dépasser les seuls centres urbains et essaimer à la périphérie, dans les banlieues, les zones rurales et industrielles, sinon il trouvera vite ses limites. Il faut trouver le moyen de toucher des milieux populaires. Je suis persuadé que l'une des clefs du succès de Merci Patron réside dans cette rencontre entre différentes classes sociales : le journaliste et les Klur, ce couple d'ouvriers au chômage. Dans le film, j'avais d'ailleurs été très attentif à glisser tout un tas de références culturelles très popus afin que tout le monde puisse s'y reconnaître : ça allait du maroilles à La Petite Maison dans la prairie. Maintenant, si on veut que ça bouge vraiment, il va falloir aller les chercher les Klur !

Comment faire durer un mouvement aussi hétéroclite et vers quoi se dirige-t-il ?

Honnêtement, je n'en sais rien. Je serai place de la République ce soir [mardi 5 avril, NDLR] pour rencontrer les autres initiateurs du mouvement, discuter avec eux, jauger nos forces : a-t-on encore du jus ? Comment faire évoluer la mobilisation ? Pour quels objectifs à atteindre ? En tous cas, je vous l'ai dit, la prochaine étape consiste à sortir de l'entre-soi pour exporter la mobilisation jusqu'au fin fond de la France. Je rêve de Nuit Debout à Flixecourt !

L'affaire des « Panama Papers » va-t-il alimenter le feu de la révolte ?

Malheureusement, je crois que la dénonciation n'a plus vraiment d'effet sur le corps social, trop anesthésié à force de s'être pris des coups. On le dirait immunisé, ou bien atteint d'une forme grave de fatalisme. Des révélations de l'ampleur des « Panama Papers » peuvent peut-être alimenter la colère mais ça ne suffira pas. Il faut proposer une voie, tracer un chemin. Offrir des perspectives de transformation...
 
Par: Nicolas MAURY.

Voir les commentaires

Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #ACTIONS
Guy Poussy, ancien membre du Comité Central du PCFGuy Poussy, ancien membre du Comité Central du PCF   ->
 
En 1958 les COMMUNISTES ont dit NON à la CONSTITUTION et à la Vème RÉPUBLIQUE.
En 2016 les COMMUNISTES disent NON à l’ÉCHEC, à la MISÈRE, à la LOI du FRIC :  PLACE à la VIème RÉPUBLIQUE.
Avec la préparation du CONGRÈS du PCF prévu en juin 2016, les grandes questions font DÉBAT.
Quels PROJETS ? Que faire en 2017 ? Quelle STRATÉGIE ? Pierre LAURENT répond : « La porte qui vient de s’ouvrir avec les différents appels à une primaire à gauche, il faut la pousser et l’investir pour créer du projet et de l’implication populaire, ce sont les deux clés ».
La stratégie n’est pas la  PRIMAIRE À GAUCHE dont l’aboutissement reste L’ÉLECTION du PRÉSIDENT de la RÉPUBLIQUE tous les CINQ ANS. Comment ne pas prendre en compte, ignorer  L’accélération la DÉCOMPOSITION des INSTITUTIONS ? L’ÉTAT, les DIRIGEANTS des PARTIS INSTITUTIONNELS sont DISCRÉDITÉS (80 % des FRANÇAIS disent ne plus faire CONFIANCE aux PARTIS POLITIQUES) Ceci explique la MONTÉE du FN . La prétendue ADHÉSION des FRANÇAIS à L’ÉLECTION du  PRÉSIDENT de la RÉPUBLIQUE au SUFFRAGE UNIVERSEL ne tient plus, elle est le CAMOUFLAGE d’une RÉSIGNATION POLITIQUE.

L’Assemblée Nationale devenue simple chambre d’enregistrement se plie aux injonctions de l’Elysée et des puissances d’argent. Son rôle consiste pour une grande part à mettre en œuvre des choix et des décisions politiques décidées par les institutions européennes. La bipolarisation de la vie politique générée par la constitution a accouché d’une société inégalitaire et impitoyable. La démocratie régresse au profit de la présidentialisation de toute la vie politique. L’autoritarisme s’installe dans tous les rouages de l’état afin de parer à toute contestation populaire. L’alternance politique consiste à changer pour ne pas changer. L’expérience atteste que le PS au pouvoir ne se traduit pas par un changement de politique, de société ou d’institutions. Il crée les conditions d’une douillette collaboration de classe.

L’élection du président de la République au suffrage universel devrait être abolie. Sortons du piège qui laisse croire aux miracles de l’homme ou la femme providentiel. Authentique dépositaire de la souveraineté nationale et populaire, le peuple est « le tuteur des libertés « .il doit donc se réapproprier son pouvoir et ses droits. Stopper le déclin de la démocratie, et de la France dans le monde. Refonder la démocratie représentative, ses élus étant ses mandataires. Selon le code civil le mandataire est tenu d’accompagner le mandat et de rendre compte de sa gestion .Il convient d’établir la primauté du parlement dans les institutions. Mettre un terme à l’exercice du pouvoir personnel en supprimant les pouvoirs exorbitants que détient le président de la République dans la conduite de la politique intérieure et extérieure, ainsi il est inadmissible que les parlementaires n’aient pas le droit de vote lors d’une intervention militaire extérieure. Le monde du travail doit disposer de nouveaux droits et pouvoirs d’intervention sur le lieu de travail ou il s’agit de mettre fin au pouvoir absolu des directions, et à la dictature des actionnaires.

 

L’exigence d’une VIème République devrait être portée par le monde du travail, et de la création, le peuple, la jeunesse, dans toutes les actions qui s’opposent à la politique du pouvoir socialiste et du MEDEF.

En 1989 le comité centrai, à partir d'un rapport de Anicet LE PORS publie un projet complet de constitution démocratique et une déclaration des libertés. En 1996 le programme adopté au 29' congrès précise que la souveraineté n'a qu'un titulaire le peuple lui-même. Le président de la République doit être élu pour un mandat de 7 ans, non renouvelable, par le parlement réuni en congrès.

En 2000, pour être le bon élève de la majorité de gauche, Robert Hue, secrétaire général du PCF, soutient la réforme de Chirac, Jospin « Le quinquennat » Elle abaisse le mandat présidentiel à cinq ans.

 

NON à l'échec, à la misère, à la loi du fric place à la VIème RÉPUBLIQUE [par Guy Poussy]CE QUE LE PCF DISAIT EN JUILLET 1958. 
 
(EXTRAIT DU RAPPORT DE MAURICE THOREZ A LA CONFERENCE NATIONALE DU PARTI COMMUNISTE MONTREUIL - 17 et 18 JUILLET 1958)
********
Le projet de constitution gaulliste vise à perpétuer le pouvoir personnel en établissant un régime présidentiel, un régime où toute l'autorité sera concentrée dans les mains du président de la république.
Depuis longtemps, notre parti a mis en garde contre un tel dessein. En mai 1956, à la cession d'Arcueil du comité central, nous expliquions la nature profondément antidémocratique du régime présidentiel. Nous Sonnions l'alarme devant la campagne réactionnaire pour leur recours au héros providentiel, au grand homme qui prétend monopoliser la capacité de faire l'histoire.

Notre comité central montrait l'inconsistance de l'argument tiré de l'instabilité ministérielle par les partisans du pouvoir personnel. En effet, l'instabilité ministérielle dans la dernière période est venue non d'un défaut des institutions mais, comme l'a reconnu Guy Mollet, du mauvais usage qui en était fait : elle tenait à ce que l'ostracisme anticommuniste faussait le jeu normal de la démocratie.

Le gouvernement fort n'est pas celui qui se sépare du peuple et s'oppose à lui. C'est au contraire celui qui s'appuie sur les masses et réalise le programme voulu par les masses.

Avec la constitution que prépare De Gaulle et dans le cadre de laquelle il entend occuper une présidence de la république munie de tout le pouvoir, les ministres seront nommés par lui est responsable devant lui, et non devant l'assemblée élue au suffrage universel. Le « premier ministre » ne sera que le premier agent d'exécution du président tout-puissant, et ce Président se fera désigner de la manière la plus antidémocratique, par un collège électoral formé essentiellement de « notables ».

 

Si l'Assemblée Nationale n'approuvent pas toutes les volontés du Président, le gouvernement ne s'inclinera pas, il ne cédera pas la place à un autre ministère, décidé à suivre les indications des élus du peuple. C'est l'Assemblée qui sera dissoute, renvoyée devant les électeurs. Le détenteur du pouvoir exécutif compte bien que l'exercice permanent de cette menace assurera dans tous les cas la docilité absolue du Parlement à ses volontés.

Ici Girard, au surplus, d'après les plans gaullistes, d'une assemblée dépourvue de pouvoirs réels, ayant un rôle permanent consultatif, d'une contrefaçon de parlement. Comment avec cette représentation nationale impuissante, les ouvriers, les fonctionnaires, les paysans travailleurs pourrait-il faire valoir leurs légitimes revendications ».

 

PERPÉTUER le pouvoir personnel, tel est le biais de la constitution gaulliste sur laquelle le suffrage universel est théoriquement appelé à se prononcer le 5 octobre prochain.

En fait il s'agira d'une caricature de consultation. Pour que le suffrage universel puisse décider en connaissance de cause et dans la liberté, il aurait fallu en effet qu'une large discussion s'institue dans un texte connu suffisamment à l'avance ; il aurait fallu que le peuple et le pouvoir d'amender la constitution ou de changer ses représentants d'en élaborer une autre, plus démocratique.

 

En 1945 déjà, De Gaulle a essayé de substituer le système de référendum à tout bout de champ au principe fondamental de la démocratie, d'après lequel la souveraineté réside dans le peuple qui la délègue à ses représentants élus. À l'Assemblée consultative, le rapporteur de la commission compétente, M. Marcel Plaisant, rappelé les tristes précédents des plébiscites bonapartistes. C'est alors que De Gaulle lui répondit :

« Qu'étaient les plébiscites auquel M. Plaisant vient de faire allusion ? Il est consisté pour des hommes qui avaient saisi l'autorité de la nation, après avoir expulsé ce qu'il a représenté, à se tourner vers le peuple, la police derrière eux, en disant : donnez-moi raison ! »

On ne saurait mieux définir, ce que prétend faire, le 5 octobre l'homme qui vient de s'arroger la puissance publique en « congédiant » le député, selon le terme de son ministre Malraux, et en pratiquant le chantage au coup de force militaire policier.

 

Nous ne parlons même pas de des conditions bien particulières dans lesquelles le plébiscite prévu doit se dérouler. Pourquoi, par exemple, 4 millions de musulmans d'Algérie, auquel en refuse le droit de régler leurs propres affaires, doivent-ils déterminer le sort de la France ? Encore ne s'agira-t-il que d'une fiction, personne ne croyant à la sincérité d'un vote émis dans les conditions de l'état de siège, avec suppression de toutes les libertés et sous le contrôle de la force armée.

 

Bien plus : on annonce que tous les peuples d'outre-mer participeront au référendum. C'est la peur du peuple français qui a dicté cette décision.

- De toute façon on ne réussira pas à intimider par de telles méthodes les masses républicaines de notre pays. Même si le général président devait fabriquer une majorité avec les suffrages d'outre-mer tandis que le peuple français dirait non, ce ne sont pas les millions de voix rassemblées par les parachutistes et les gouverneurs des colonies qui pourraient décider du sort de la France !

Les oui du 5 octobre se rendait lui au fascisme, cela étant comment un seul républicain hésiterait-t-il à répondre non ?

 

Dès la première heure, notre parti communiste, certains de traduire les sentiments de tous les travailleurs, de tous les démocrates, a proclamé un non résolu.

Et déjà la C.G.T., Plusieurs fédérations départementales de la CGA, de nombreuses organisations de masse et en particulier toute une série de section départementale du syndicat national des instituteurs appelle à voter non le 5 octobre. Il y a 10 jours, le colloque du Comité National universitaire pour la défense de la république à alerté l'opinion sur le véritable sens du référendum en déclarant que : « là où commence le plébiscite meurt la liberté ».

Dans le département de l'Aude, les secrétaires des fédérations socialiste et communiste ainsi que les dirigeants de la fédération de l'éducation nationale ont préconisé dans une série de réunions l'union nécessaire des républicains pour le non au référendum. Le Serment du 14 juillet 1958, adopté par les quarante et un Comités de Défense de la république du XVIe arrondissement de Paris et repris dans tout le pays, contient l'engagement d'entreprendre sans délai la campagne pour le non.

 

Il faut cependant regretter que la même attitude d'opposition résolue n'est pas encore été adoptée par tous les hommes politiques qui ont refusé le 1er juin l'investiture à De Gaulle.

La nécessité d'un travail politique considérable, hors de proportion avec le rythme habituel des efforts de chacun, et d'autant plus impérieuse. Un travail presque surhumain s'impose pour répandre partout la parole de vérité, pour amener à voter non la masse des camarades de travail et des voisins, pour distribuer au porte-à-porte les tracts et les brochures, pour organiser les réunions.

 

Camarades,

En ce mois décisif, les communistes affirmeront partout homme d'action, entraîneur, organisateur. Il donnera l'exemple de l'esprit de responsabilité, de la résolution, de la confiance dans les destinées du peuple, seul créateur de l'Histoire, dans la victoire sur l'entreprise de pouvoir personnel et de réaction fasciste.

Chaque membre de notre parti travaillera de tout cœur, de toutes ses forces, à l'unité d'action la plus complète des socialistes et des communistes, au rassemblement de tous les démocrates, ce qui serait l'annonce infaillible de la défaite des factieux.

Un parti qui tient une telle place dans le cœur du peuple, un parti qui est la chair de la chair de la classe ouvrière, qui est l'interprète reconnu de la nation, sera faire touchant de voir.

Allons au travail, camarades, à l'effort acharné pour le NON au référendum !

Alors au combat, sûrs que le peuple est le seul maître de l'avenir !

Alors à la victoire de la république, de la liberté et de la paix !

Alors à la victoire de la France !

 

Maurice THOREZ

par Guy Poussy, ancien membre du Comité Central du PCF.

Voir les commentaires

Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Transport

Voir les commentaires

Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #ACTIONS
Mot d'ordre vu dans les manifs...

Mot d'ordre vu dans les manifs...

MARDI 5 AVRIL 2016 contre la loi El Khomri, la LUTTE CONTINUE : des manifestations partout en France…
RASSEMBLEMENTS et MANIFESTATIONS:
SAMEDI 9 AVRIL 2016
BOURGES : 10 h 30 Place de la Nation
VIERZON : 10 h 30 Forum République
ST-AMAND et ST-FLORENT : BOURGES – 10 h 30 – Pl dela Nation
LA GUERCHE : BOURGES ou NEVERS
 
Par: Citoyen18.

Voir les commentaires

Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Economie

11,5 millions de documents provenant de l’entreprise panaméenne Mossack Fonseca, spécialisée dans le montage de sociétés offshore, ont été analysés par un groupement de journalistes. L’ampleur de la fraude dévoilée laisse dubitatif sur les politiques publiques enclenchées depuis des années pour lutter contre ce fléau. Mais la multiplication des révélations pourrait créer une réelle faille de confiance dans les réseaux d’évasion.

Panama Leaks: les sales magouilles derrière le plus grand hold-up du monde
Tous les pays sont concernés, 214 000 entreprises Offshore, plus de 500 banques, des dizaines de personnalités politiques... Il va falloir du temps pour appréhender et décortiquer l’ensemble du système d’évasion fiscale révélé par le Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ). Et pourtant la fuite ne vient que d’un seul de ces cabinets d’avocats spécialisé dans la création de société écran au Panama, Mossack Fonseca.

« La pratique était connue mais ce que dévoilent ces informations, en provenance d’un seul cabinet d’avocats, est délirant: il s’agit d’une institutionnalisation, au niveau des plus puissants, de l’utilisation de sociétés opaques, à des fins de fraude fiscale ou de blanchiment d’argent », explique Lucie Watrinet de CCFD-Terre Solidaire. « Tout cela n’est permis que par l’opacité. Il faut donc impérativement imposer les mesures de transparence pour y mettre un terme et prévoir des poursuites à l’encontre des fraudeurs, mais aussi des banques et des cabinets d’avocats qui organisent ces pratiques scandaleuses ».

Une société écran, ou offshore est l'outil qui remplace le traditionnel compte en Suisse. Car depuis quelques temps, ce dernier n’est plus si secret qu’il le fut. Le riche ou l’entreprise qui veut frauder crée alors, via un cabinet comme Mossack Fonseca, une fausse société dans un paradis fiscal, qui ne fonctionne qu’avec des prête-noms, comme ça la source reste à l’abri du fisc. Pour gérer son argent le client utilise des procurations privées. Il enrichit donc ces parasites financiers, mais les sommes restent moindres que si le client payait des impôts.

On connaissait l’indécence des chiffres. L’évasion fiscale, c’est au bas mot 25 000 milliards d'euros planqués dans les paradis fiscaux.

- 15 fois le PIB français
-  plus de 2 fois la dette cumulée de tous les pays européens
- 10 fois la dette cumulée des pays dits du tiers monde…
- Ou encore la totalité des pertes subies lors de la crise des subprimes et du krach financier qui s’en est suivi.

Il faut aussi avoir bien conscience que le fléau de l’évasion fiscale touche autant les pays du nord que du Sud. Oxfam rappelle que « chaque année l’évasion fiscale coûte ainsi aux pays pauvres plus de 170 milliards de dollars, alors que 400 millions de leurs habitant-e-s n’ont même pas accès à des services de base en matière de santé. »

Ce que montrent ces documents, c’est la sale petite tambouille qui mène à ce résultat. Ces réseaux d’évasion fiscale basés sur des sociétés Offshore servent en même temps à échapper au fisc et à blanchir l’argent de la drogue. Dans ces petits papiers, la Société Générale côtoie les cartels et le Hezbollah.

D’ailleurs la filiale luxembourgeoise de la Société Générale figure parmi les 10 premières banques ayant facilité la création de sociétés écran par l’intermédiaire de Mossack Fonseca… Ce qui n’est pas si étonnant lorsqu’on sait que la Société Générale déclare presque deux fois plus de bénéfices au Luxembourg qu’en France, alors même que l’économie luxembourgeoise est 43 fois plus petite que l’économie française…

« Pour ouvrir un compte Offshore aujourd’hui, on peut le faire de son smartphone. On ouvre un compte, rempli un petit questionnaire, désigne un responsable de société, on choisit son paradis fiscal, on fait un versement avec la photocopie de son passeport, et on a créé une société en 10 minutes » nous expliquait Eric Bocquet, rapporteur de commissions d'enquête au Sénat sur l'évasion fiscale et ses acteurs. « On doit établir la chaine de responsabilité de l'évasion fiscale. » Pour le Sénateur communiste, il faut casser cette logique mortifère qui fait que ces banquiers, ces avocats fiscalistes sont formés dans les meilleures écoles du système républicain et ne craignent rien. Alors il faut une volonté politique et plus de transparence réclament Oxfam et le CCFD CCFD-Terre Solidaire.

La Commission Européenne, les Etats et l’OCDE promettent une lutte sans merci contre l’évasion fiscale mais difficile de trouver des mesures efficaces. Il faut dire que des dizaines de personnalités politiques de premier plan, au nombre desquels des chefs d’état, sont directement concernés par les Panama Papers. La première fournée des révélations donne 128 dirigeants politiques et douze chefs d'Etat ou de gouvernement, dont six encore en activité. Rappelons également que le Président de la Commission Européenne, tête de pont de la lutte contre l’évasion fiscale gouvernait le premier paradis fiscal européen...

« Il est temps de faire la lumière sur l’activité réelle des entreprises dans les tous les paradis fiscaux et d’adopter en France et en Europe le reporting pays par pays public pour toutes les multinationales. La loi Sapin II offre une nouvelle occasion d’avancer dans ce sens et la multiplication des scandales montre qu’il est urgent d’agir » a réagi Manon Aubry, d’Oxfam France.

D’autant que ce projet de loi peut protéger les lanceurs d’alerte. Car en organisant des fuites d’ampleur comme celles-ci, ils peuvent briser la confiance et le sentiment d’impunité des fraudeurs dans ce système opaque.
 
Par: El Diablo.

Voir les commentaires

Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Aide-Mémoire
AFP

Depuis le 30 mars 2014, 14 villes ont un maire d’extrême droite, 11 issus Front national ou soutenus par lui, et trois de la Ligue du sud. Deux ans déjà. Un tiers de mandat. Au vu des premiers bilans, il n’est pas trop tôt pour se poser la question du changement.

On allait voir ce qu’on allait voir. Début mars 2014, le Front national présentait 596 listes pour les élections municipales (seulement 6,1 % de l'ensemble des villes de plus de 1 000 habitants), promettant d’« aisément dépasser (le) résultat » de 1000 élus. « Le succès ne sera complet que si les résultats viennent récompenser cet effort d’implantation », estimait ainsi Marine Le Pen. Le 30 mars, au soir du deuxième tour (Hénin-Beaumont avait basculé au premier, le 23 mars), la patronne du FN faisait les comptes. Mathématiquement, c’est une réussite : 1069 élus, dont 469 élus communautaires, et « dix villes (plus Béziers, où le maire élu, Robert Ménard, avait le soutien du parti sans l’étiquette, NDLR) qui vont permettre au FN de démontrer ce que nous sommes capables de faire ». L’Humanité s’est intéressée aux plus emblématiques d’entre elles pour tirer un bilan de deux ans de frontisme municipal.

De Cogolin à Hénin-Beaumont, en passant par Fréjus ou Mantes-la-Ville, toutes les villes conquises par le Front national affichent une extrême agressivité envers la presse, les pauvres (liaisons de bus réduites entre les quartiers périphériques et le centre-ville, arrêté anti-mendicité à Hénin-Beaumont, centres sociaux étranglés financièrement à Fréjus et Béziers, accès à la cantine restreints pour les enfants de chômeurs à Mantes)… Quant à la culture, si le FN tente une reprise en main, c’est « dans la moyenne de ce qui se fait dans la majorité des municipalités divers-droite », lâche Gaël Brustier, membre de l’Observatoire des radicalités politiques (Orap) de la Fondation Jean Jaurès, dans l’émission de France Inter Un jour en France (diffusée le 21 mars). La liste est longue de ces brimades réservées aux opposants politiques, réels ou supposés, mais qui pénalisent des populations entières. Chassez le naturel…

"Nostalgérie"

Pour autant, cet inventaire seul ne constitue pas toute la politique du parti d’extrême droite. Il est plutôt à rechercher du côté du triptyque frontiste immigration, identité, sécurité. Ainsi parmi les cibles les plus exposées du FN figurent les populations musulmanes (tentatives d’empêcher la construction de mosquées à Mantes, Fréjus) ; d’origine maghrébine, sous couvert de refus de la « repentance » (promotion de la « nostalgérie » par l’effacement du 19 mars 1962 à Mantes et à Béziers) ; étrangère (interdiction de danses orientales à Hayange et Cogolin), ou tout simplement non-blanches (boycott de la journée de commémoration de l’esclavage à Villers-Cotterêts). Tout comme les associations qui travaillent au vivre-ensemble (« Je t’en foutrais du vivre-ensemble », râle le maire du 7e secteur de Marseille, Stéphane Ravier, dans le documentaire « Marseille à l’épreuve du FN »). Faute de pouvoir faire taire les responsables, à Mantes-la-Ville et Hénin-Beaumont, la Ligue des droits de l’homme a été expulsée des locaux communaux. Et puis il y a les « dérapages » plus ou moins assumés, comme ce jour où David Rachline, le maire sénateur-maire FN de Fréjus, invité à fêter l’Epiphanie chez son homologue du Pas-de-Calais, a prononcé un discours sur la peine de mort, avant de vanter la qualité des galettes frontistes : « il est plus logique de trouver un petit Jésus dans la galette des rois que des loukoums ! »
On le voit, l’extrême droite, relookée ou pas, n’a rien abandonné de son logiciel. A Béziers par exemple, Robert Ménard, aiguilloné par un directeur de cabinet militant nationaliste-révolutionnaire, ancien d’Occident et proche des Identitaires, André-Yves Beck, mène un combat idéologique qui s’étale dans les pages du Journal de Béziers, outil de propagande distribué à plus de 40000 exemplaires. On y glorifie Louane la « Lolita de souche », on met en garde, photomontage à l’appui, contre l’invasion des migrants syriens, on y fait la promotion de la Garde biterroise ou du « nouvel ami » de la police municipale, un pistolet… « Il y théorise ce que doit être pour lui la vraie droite », avance Gaël Brustier, qui décortique le « modèle » municipal d’extrême droite en pensant à Orange (sous pavillon Bompard, FN, puis Ligue du Sud sans discontinuer depuis 1995). « C’est le prototype à suivre », explique-t-il. Le raisonnement vauclusien est simple : « la France est foutue, il faut préserver des enclos dans lesquels nous vivrons bien. Couper les populations externes des habitants du cru » par exemple…

Ce « modèle », suivi à la lettre dans les municipalités FN, coupe court à toute comparaison au forceps avec la gauche telle que la pratiquent les idiots utiles du FN. Prenons la question de la sécurité : développement de la vidéo-surveillance, augmentation des effectifs de police municipale, armement des policiers ou fourniture de matériel (gilets pare-balles à Fréjus), le bleu Marine sied aux forces d’un certain ordre. De ce point de vue, le cahier des charges fixé par les électeurs frontistes est rempli.
Mais en creux, se dessine une autre politique que celle promise à grands coups de menton par la PME Le Pen. Une politique de rigueur à laquelle n’échappent pas, malgré les grands discours des responsables nationaux, les représentants locaux du lepénisme. Car sur le terrain, les maires FN cumulent les difficultés de toutes les municipalités, notamment liées à la baisse des dotations d’Etat, et leurs propres problèmes d’encadrement politique et administratif. Dans Ma ville couleur bleu Marine, quatre journalistes locaux du Parisien, de La Voix du Nord et de Var-Matin dissèquent ces difficultés du parti d’extrême droite à tenir ses promesses. Ils citent l’exemple de Mantes-la-Ville. Lors d’un conseil municipal fin septembre 2014, c’est « le retour sur terre », quand la ville bascule dans la rigueur : plus de nouveaux emprunts, plus d’investissements. « Le parti qui dénonce chaque jour (…) la même politique menée à tour de bras par Nicolas Sarkozy ou François Hollande, confronté à la réalité du terrain, aux conséquences, directes et locales, de la crise économique. (…) Et les solutions du parti lepéniste n’ont rien de miraculeux : rigueur, baisse des subventions, suppressions de postes parmi le personnel… » Recette classique et à courte vue d’un parti qui en exercice ne peut pas s’appuyer sur les solutions à l’emporte-pièce qu’il professe à longueur de tract.

"Besoin de se légitimer"

David Rachline, interrogé à Fréjus, à la sortie de la messe, dans le cadre de l’émission de France Inter Un jour en France (diffusée le 21 mars), ne peut pas dire autre chose. Il parle de « désendettement », invoque la nécessité de vendre une partie du patrimoine, tout en maintenant la pression fiscale, dans le but, explique-t-il, de répondre à la « forte demande de logements ». Un discours fataliste finalement assez proche de celui que le Front national reproche à ses adversaires de tenir. « Il emploie les mots de tous les grands édiles », expliquait dans la même émission le politologue Gaël Brustier. Un vocabulaire technocratique qui exprime aussi le « besoin de se légitimer ». Invité des comités de vigilance qui se sont créés à l’été 2014 pour placer ces villes FN sous surveillance, le directeur de l’Orap, Jean-Yves Camus, expliquait dans Var-Matin en juin 2015 que « la manière de vendre » le « socle invariant immigration, identité, sécurité » - le tryptique précité - a « considérablement évolué» : « Ils ont évacué les éléments polémiques. Cela prouve une agilité intellectuelle et tactique à s’adapter. »

Si les municipalités FN « essaient de faire le moins de vagues possibles », c’est qu’il leur faut « effacer l’expérience des gestions idéologiques » désastreuses de 1995. Steve Briois le formulait ainsi, dans Le Monde du 26 mars dernier : « L’attention va être portée sur les onze villes. Il vaut mieux partir à la présidentielle avec un bon bilan qu’un bilan à la Vitrolles ou Toulon ». Les maires FN de ces villes avaient pris une série de mesures en totale contradiction avec les lois et l’esprit de la République, remettant une prime à la naissance pour des enfants nés de parents européens ou triant les livres dans les bibliothèques publiques selon leurs orientations politiques… Cette fois, le parti a balisé le parcours. Par un vade mecum à l’usage de ses élus d’abord, qui indique la marche à suivre en conseil municipal, en débat, etc. Puis en recrutant quelques cadres administratifs - qui manquent encore cruellement pour structurer leur action politique -, comme à Hénin-Beaumont par exemple. La ville (c’est aussi vrai à Fréjus), qui avait subi une hémorragie de fonctionnaires ou contractuels à l’arrivée de Steve Briois, a vu arriver pour diriger le cabinet du maire Gérard Moisan, un cadre de la Fonction publique territoriale passé notamment par la communauté de communes d’Avon-Fontainebleau. A la retraite, il avait fait « une offre de service » au siège du FN peu avant les élections, pour lui éviter de refaire « les erreurs du passé ». Ailleurs, les cabinets se sont étoffés de cadres venus d’autres villes gérées par l’extrême droite (André-Yves Beck passé d’Orange à Béziers) ou de candidats malheureux (Philippe Lottiaux, ancien cadre territorial de Levallois-Perret, candidat aux municipales à Avignon, a atterri à Fréjus). Un « mercato » dans lequel on retombe sur des noms connus, ce qui prouve s’il en était encore besoin le manque de cadres…

Des villes figées:

C’est dire à quel point le Front national, qui parce qu’il n’arrive pas à dépasser ce fameux « plafond de verre » du second tour aux élections départementales et régionales, a besoin de s’appuyer sur la réussite de ses maires. Il en va non seulement de sa crédibilité de parti de gestion, de sa volonté de « mailler le territoire » par des implantations locales, et de son avenir, puisqu’il s’agit aussi de former des élus, futurs cadres du mouvement. Alors pour « ne pas faire de vagues », le volontarisme est volontiers troqué, une fois en place, contre une gestion de bon père de famille, moins alléchante pour les médias mais payante électoralement parlant… A ce jeu-là, le maire de Hénin-Beaumont se distingue, se posant en champion du quotidien : « des week-ends entiers à parler trottoirs défoncés, voisins bruyants, servitude gênante, arbre à élaguer, poubelles non ramassées… » Sans compter les thés dansants et les lotos, les défilés et la fête de la Sainte Barbe. Mais ailleurs, l’enjeu revêt tellement d’importance, tout comme l’envie de normalisation, voire de notabilisation, qu’il peut paralyser. C’est, à Mantes-la-Ville, un Cyril Nauth qui « n’a rien fait de mal, mais rien d’extraordinaire non plus… ce qui pourrait lui être reproché par les électeurs en 2020 », commente le journaliste de l’édition locale du Parisien Mehdi Gherdane. Ou à Fréjus, une « impression que la ville est figée », lâchait Marie-Laure, témoignant dans Un jour en France.

En envoyant un maire frontiste à l’hôtel de ville, les électeurs croyaient combattre le déclin. Mais les solutions avancées tardent à porter leurs fruits – et ne les porteront probablement jamais.  Alors parfois l’impression d’avoir été floué se change en résistance. A Fréjus par exemple s’est développé un « fort sentiment anti-FN manifesté par certaines corporations », lit-on dans Ma ville couleur bleu Marine : les enseignants de primaire qui ont vu les budgets municipaux fondre, des dirigeants d’associations soumis à la diète financière, des commerçants qui dénoncent le maintien de « passe-droits dans l’attribution des emplacements » au marché, le personnel des centres sociaux, des contribuables électeurs qui n’ont pas vu leurs impôts baisser… En mars 2015, un an après les élections municipales, un sondage Ifop donnait 73% des habitants des villes gérées par le FN « très satisfaits ou plutôt satisfaits » de leur maire. Si la même question était posée aujourd’hui, le résultat serait-il le même ? Et en 2020, quel sera-t-il ?

Par: Grégory Marin et l'Humanité.fr

Voir les commentaires

Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #ACTIONS
Contre la LOI EL KHOMRI, la lutte continue ! Rendez-vous mardi 5 avril 2016 à 14 h 00 Place de la BASTILLE à PARIS
Contre la LOI EL KHOMRI, la lutte continue ! Rendez-vous mardi 5 avril 2016 à 14 h 00 Place de la BASTILLE à PARIS

Appel

de la coordination francilienne 

des étudiant-e-s mobilisé-e-s

Nous, étudiant-e-s mobilisé-e-s contre la loi travail, réuni-e-s en coordination régionale Ile-de-France, représentant 19 universités et établissement d'enseignement supérieur, appelons au retrait total et sans négociation du projet de loi travail. La journée du 31 mars a été une grande réussite dans toute la France : près de 1,2 millions de personnes ont manifesté leur colère et leur refus de cette loi antisociale. Cette loi s'inscrit dans une continuité de politiques pro-patronales mises en place par les gouvernements successifs. Depuis maintenant trois semaines, ce sont des centaines de milliers d'étudiant-e-s, lycéen-ne-s, salarié-e-s et chômeur-se-s qui se mobilisent malgré les vaines tentatives de l'Etat de diviser et réprimer le mouvement. Aujourd'hui, alors que Manuel Valls a appelé l'Unef à venir négocier une autre loi-travail, nous réaffirmons que ce mouvement s'auto-organise par des Assemblées Générales et des Coordinations (régionales et nationales) : seul le mouvement saurait se représenter lui-même.

Le gouvernement a peur de ce mouvement qui s'amplifie et tente par tous les moyens de le faire taire. Jeudi 31 mars dernier, 25 lycées et le site de PSA-Poissy ont été fermés tout comme de nombreuses universités la semaine précédente. La répression policière durant les manifestations et les rassemblements qui ont suivi (100 arrestations sur toute la France, 15 sur Paris) est inacceptable. Nous mèneront une campagne contre ces violences policières : nous ne cèderons pas, nous ne nous arrêterons pas.

Malgré la répression, le mouvement s'étend et touche de plus en plus de secteurs. Dès le 5 avril nous serons de nouveau dans la rue. Nous appelons dès cette date tou-te-s les salarié-e-s et leurs organisations syndicales à construire avec nous la grève générale reconductible. Celle-ci ne sera possible que par l'auto-organisation en Assemblées Générales et Comités de Mobilisation. Nous ne nous satisfaisons pas de la position de l'intersyndicale qui cherche à faire du 5 avril une simple interpellation aux parlementaires. Pour construire cette grève, nous appelons à la mise en place d'Assemblées Générales Interprofessionnelles qui tisseront les liens nécessaires à la convergence des luttes qui seule pourra faire plier ce gouvernement.

Cette loi est une loi de la précarité et nous tenons à signifier notre soutien réciproque aux étudiant-e-s du monde entier en lutte contre ce système d'exploitation et de domination. Nous apportons également notre soutien aux réfugié-e-s et aux sans-papiers.

Contre la précarisation de nos vies et la dictature patronale, nous nous battrons jusqu'au bout !

 

Contre la LOI EL KHOMRI, la lutte continue ! Rendez-vous mardi 5 avril 2016 à 14 h 00 Place de la BASTILLE à PARIS
Contre la LOI EL KHOMRI, la lutte continue ! Rendez-vous mardi 5 avril 2016 à 14 h 00 Place de la BASTILLE à PARIS

Les jeunes toujours plus mobilisés contre la loi travail !

La FIDL, le syndicat lycéen se réjouit grandement de la journée de mobilisation contre la loi travail durant laquelle plus d’un million deux-cent mille personnes ont manifesté.Du côté des jeunes, ce sont plus de 180 lycées bloqués et plus de 200 lycées qui se sont mobilisés partout en France. Après trois semaines d’action, le mouvement continue de s’amplifier malgré les conditions difficiles. Le syndicat appelle d’ores et déjà les lycéens à amplifier le mouvement le mardi 5 avril prochain.

Les jeunes ont massivement montré leur mécontentement face à un gouvernement qui ne répond pas à leurs attentes. La jeunesse demande le retrait de la loi travail qui constitue un véritable danger pour son avenir en ne lui proposant que de la précarité et attend du gouvernement qu’il mène une réelle politique de jeunesse en donnant à chaque jeunes les moyens de s’émanciper et d’accéder à un emploi dans des conditions normales.

Aujourd’hui, La FIDL demande au gouvernement de mettre en place les mesures proposées ci-dessous par les jeunes pour lutter réellement contre le chômage :

  • Le code de la route et le permis gratuit au lycée ;

  • Une meilleure orientation au collège et au lycée ;

  • De nouvelles formations en rapport avec les nouveaux métiers de l’écologie et du numérique par exemple ;

  • Un réel suivit entre le monde des études et l’arrivée sur le marché du travail.

C’est de cette façon que notre société luttera positivement contre le chômage et la précarité.

La FIDL, le syndicat lycéen appelle les jeunes à rester déterminés dans cette mobilisation juste et nécessaire face à un projet de loi qui bafoue les principes même de notre modèle sociale et de la protection des plus faibles.

Le 31 mars 2016

 

Contre la LOI EL KHOMRI, la lutte continue ! Rendez-vous mardi 5 avril 2016 à 14 h 00 Place de la BASTILLE à PARIS Réaction de l’UNEF aux annonces de Manuel Valls.
Au lendemain d’une journée de mobilisation historique qui a rassemblé plus d’un million de manifestants contre la Loi Travail, dont de nombreux lycéens et étudiants, le Premier Ministre a annoncé un cycle de rencontres entre les organisations de jeunesse et le gouvernement.

L’UNEF se félicite qu’un cadre de dialogue soit ouvert avec les jeunes, preuve que leur mobilisation a permis de faire bouger une nouvelle fois les lignes.

L’UNEF s’investira dans ces discussions en restant ferme sur ses revendications. Le syndicat étudiant réclamera à nouveau le retrait du projet de loi travail et fera entendre ses contre-propositions pour favoriser l’emploi stable, l’accès aux droits sociaux, la formation professionnelle et la lutte contre les discriminations.

L’UNEF invite les jeunes à poursuivre leur mobilisation les 5 et 9 avril prochain. Plus que jamais, c’est leur mobilisation qui permettra de faire entendre leurs revendications.

Le 1er Avril 2016

Voir les commentaires

Articles récents

Hébergé par Overblog