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La porte à gauche. Jean FERRAT a chanté que certains prétendent que le bonheur était à la porte à droite. Aujourd’hui est-il à la porte à gauche ? Oui ! mais à la condition de secouer le cocotier de la pensée convenu ! Ce petit blog crée à l’initiative de quelques militants communistes de Vierzon n’a d’autres ambitions que de donner aux citoyens un support pour s’exprimer librement sur les sujets politiques, sociaux ou culturels d’actualité du local à l’international, qui s’émancipe des discours convenus, des lignes officielles décidées par quelques notables de la politique, aux doubles langages, aux bonimenteurs de vraies fausses solutions et qui cultivent la résignation. Déverrouillez les débats et enfoncez la porte à droite (….ou à gauche ?) Les seules limites, car il en faut, à notre liberté : Celle du respect des personnes, le souci de la vérité et de faire vivre le débat. Ainsi seront exclus tous messages comprenant des insultes ou diffamations visant une (des) personne(s), seront exclues, s’ils sont avérées, des informations mensongères ou rumeur infondées. Chacun pourra également participer au débat juste et loyal en signalant un abus de cette nature. Les productions de ces abus seront retirés et l’auteur exclu du blog.

Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Agricilture

Le mouvement d’accaparement de terres se poursuit et s’aggrave. C’est le constat tiré par un nouveau rapport de l’ONG Grain, basée à Barcelone, qui recense près de 500 cas d’accaparement de terres dans le monde dans 78 pays [1]. Plus de 30 millions d’hectares sont concernés, une superficie à peu près équivalente à celle de la Finlande ! La carte ci-dessous, réalisée par Grain, recense les transactions foncières qui ont débuté à partir de 2006 et sont menées par des investisseurs étrangers au pays (la carte recense les superficies supérieures à 500 hectares et destinées à la production de cultures alimentaires) [2] :

L’Afrique, l’Europe de l’Est et le Pacifique demeurent des régions très convoitées. Selon Grain, ce sont « des pays dans lesquels l’agro-industrie est déjà implantée et dans lesquels l’environnement juridique favorise les investisseurs étrangers et les exportations ». Parmi les cas recensés, celui de l’Australie où la Consolidated Pastoral Company (CPC), appartenant à 90 % à la société britannique de capital-investissement Terra Firma Capital, détient un portefeuille foncier de 20 ranchs couvrant une superficie de 5,7 millions d’hectares. L’équivalent de la Croatie ! « Ces élevages de bétail australiens sont intégrés verticalement avec, en Indonésie, deux parcs d’engraissement en joint-venture, qui contiennent plus de 375 000 bêtes », précise Grain.

Les autres pays faisant l’objet d’accaparement de terre sont ceux « dans lesquels les infrastructures d’exportation sont déjà construites et où l’on peut obtenir pour un prix modique des superficies importantes ». Au Mozambique par exemple, des demandes de permis couvrant 607 236 ha sont en cours d’examen. Le principal soutien de ce « projet agricole » est la National Holding, une société des Émirats arabes unis, holding de la famille royale d’Abu Dhabi. Selon une ONG mozambicaine, ce projet pourrait provoquer le déplacement forcé de plus de 500 000 familles.

« Méga-transactions foncières »

Quelques-unes des « méga-transactions foncières », qui ont suivi la crise alimentaire et financière de 2008, se sont depuis retournées contre leurs protagonistes ou ont échoué. En 2009, l’indignation publique à propos du projet de Daewoo sur 1,3 million d’hectares à Madagascar a aidé au renversement du gouvernement, ce qui a conduit à la suspension de la transaction. « En 2011, l’assassinat du leader libyen Mouammar Kadhafi a mis fin au projet de riziculture du régime sur 100 000 hectares au Mali », illustre Grain.

Le groupe indien Siva, qui avait accumulé un portefeuille de près d’un million d’hectares de terres agricoles pour des plantations de palmiers à huile, essuie maintenant des procédures de faillite aux Seychelles. Foras, la branche privée de la Banque islamique de développement, qui était sur le point d’acquérir 700 000 hectares de terres agricoles dans toute l’Afrique pour un énorme projet de riziculture, a disparu. D’autres transactions de grande ampleur ont été révisées à la baisse. Au Cameroun par exemple, après de nombreuses protestations, le projet Herakles visant à raser des milliers d’hectares de forêts pour les convertir en une gigantesque plantation industrielle de palmiers à huile, a été réduit de 73 000 à 19 843 hectares.

Nouvelles formes d’accaparement

Si le rythme de ces « méga-transactions foncières » s’est ralenti depuis 2012, « beaucoup de ces transactions sont de plus en plus souvent reformulées et rebaptisées "investissements responsables" ». L’accession aux terres agricoles s’inscrit désormais dans une stratégie d’entreprise visant à bénéficier des marchés carbone, des ressources minérales et en eau, des semences, des sols et des « services environnementaux ». « Au fur et à mesure des vicissitudes des transactions foncières, les politiciens et les états-majors des sociétés s’emploient à faciliter leur réussite », dénonce Grain.

Mais sur le terrain, ces transactions intensifient les conflits et se traduisent par une violente répression. « Des militants des droits fonciers sont détenus et emprisonnés, des journalistes sont harcelés par des procès en diffamation [c’est le cas de Basta ! avec deux plaintes en diffamation sur ce sujet, ndlr] ». Pire : « Des dirigeants paysans et autochtones sont régulièrement assassinés », déplore l’ONG. « Mais ce travail difficile et courageux est crucial si nous voulons changer le cours de l’accaparement des terres et d’une agriculture dominée par les grands groupes industriels, et créer un puissant mouvement mondial en faveur de la justice et de la souveraineté alimentaire ».

Par: Sophie Chapelle et BASTA.

Notes:

[1En octobre 2008, Grain avait publié un premier rapport intitulé « Main basse sur les terres agricoles en pleine crise alimentaire et financière ».

[2Cette base de données 2016 s’appuie principalement sur le site web farmlandgrab.org

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Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Médias
Attentat de NICE : La direction de "FRANCE 2" présente ses excuses, vraiment ?

Le SNJ avait décidé de respecter la période du deuil national, après l’attentat de Nice. Il est temps désormais de dénoncer la perversité du fonctionnement éditorial de France 2 : il est à l’origine du dérapage dans l’édition spéciale. Ainsi que l’hypocrisie de la direction de l’information, au sujet de la déontologie des journalistes.

Une équipe de reportage au milieu de l’horreur de l’attentat de Nice. Traumatisée, comme on le serait tous. Elle réussit malgré tout à faire son travail : enregistrer images et interviews. Jusque-là, rien de plus normal, de plus professionnel. N’en déplaisent aux « réseaux sociaux » et autre CSA.

C’est après que les choses dérapent. Quand la direction de la rédaction nationale se révèle incapable de faire sa part de travail : visionner les rushes et décider si, oui ou non, ils doivent être transformés en information, et mis à l’antenne.

La hiérarchie, si prompte à imposer au quotidien ses vues sur les reportages qu’elle commande, a témoigné dans l’urgence d’une incapacité à exercer un regard critique. Comme quoi on peut être à la fois inutilement tatillon  par temps calme et défaillant les jours de tempête. C’est-à-dire quand les circonstances révèlent les aptitudes des uns et des autres.

  • Fallait-il ou non diffuser ce témoignage d’un homme en larmes auprès du corps d’un proche ?
  • Doit-on appliquer des règles différentes avec des drames proches et des drames lointains ?
  • La guerre sans images existe-t-elle ?

Toutes ces questions relèvent de ce que l’on appelle la « déontologie ». C’est notre préoccupation quotidienne, à nous journalistes, à chaque reportage sur le terrain.

Dans un courrier adressé aux salariés des rédactions nationales, le directeur de l’information précise « ni nos équipes sur le terrain, qui ont fait un boulot remarquable dans des conditions d’atrocité peu communes, ni les monteurs, accablés de rushes plus insoutenables les uns que les autres, ne sauraient être mis en cause »

Dommage que le directeur de l’information n’aille pas au bout du raisonnement. Depuis des années, le SNJ dénonce la perversité du fonctionnement des éditions de France 2. Des cadres, présentateurs ou rédacteurs en chefs veulent modeler chaque reportage selon leurs a priori et leurs préjugés. Ils savent tout mieux que tous les autres et, notamment que les journalistes de terrain, surtout en régions, considérés comme des moins que rien.

Résultat : à force de fonctionner à l’envers du bon sens journalistique, ces encadrants sont incapables « d’assurer » quand le terrain et l’urgence absolue nécessitent un maximum de maîtrise. A l’arrivée, cela donne le dérapage pendant l’édition spéciale sur l’attentat de Nice, dans la nuit du 14 au 15 juillet.

Faut-il rappeler que ce modèle pervers de «news factory » s’appelle info 2015, le graal en toc de la direction de l’information ?

Faut-il pointer le fait que la charte d’éthique des journalistes professionnels et les principes professionnels qui la complètent sont trop souvent ignorés par certaines hiérarchies ?

Faut-il préciser enfin que la future chaine d’info requiert la maîtrise d’une déontologie sans failles, entraînant les bonnes décisions et les bons réflexes de tous, et plus particulièrement de la hiérarchie journalistique ?

Dans ce même courrier adressé aux salariés, le directeur de l’information annonce l’organisation « d’une rencontre ouverte à d’autres responsables de media et des réseaux sociaux pour approfondir l’ensemble des questions que soulève le traitement de ce type d’événements ».

Quelle hypocrisie et quel aveu ! Tant que les questions de déontologie sont posées par le SNJ et par les journalistes de France Télévisions, la direction répond souvent par le dédain. Mais quand une poignée d’internautes se fâchent sur les réseaux sociaux, quand le CSA s’arroge le droit, en toute illégalité, d’intervenir sur la déontologie des journalistes, la direction se réveille.

Enfin, le SNJ constate, une fois de plus, que les salariés des régions de France 3 et du réseau des Outremers 1ères n’ont pas été destinataires du courrier de la direction de l’information, adressé aux seules équipes des rédactions nationales. Comme si les gueux des régions et des outremers ne méritaient pas qu’on s’adresse à eux, au sujet de la déontologie de l’information, dans leur entreprise.

Modèle éditorial défaillant, mépris des journalistes de terrain, méconnaissance de la déontologie : la direction de l’information de France Télévisions semble inconsciente des enjeux. Le SNJ saura le lui rappeler à chaque nouveau risque de dérapage, en particulier sur la future chaîne d’info en continu.

 

Syndicat National des Journalistes de France Télévisions

 

Le communiqué en PDF :

 

#Communiqués

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Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Politique
Alain Juppé, candidat Les Républicains à la primaire à droite, le 29 juin 2016 à Lyon

L'ancien Premier ministre Alain Juppé, candidat à la primaire de droite pour la présidentielle, a estimé vendredi sur RTL que "si tous les moyens avaient été pris", l'attentat de Nice, dans lequel au moins 84 personnes ont péri jeudi soir, "n'aurait pas eu lieu".

A la question de savoir si tous les moyens avaient été pris jeudi soir à Nice, M. Juppé a répondu: "Je ne suis pas enquêteur. Si tous les moyens avaient été pris, le drame n'aurait pas eu lieu. Bien sûr qu'il faut faire plus, qu'il faut faire mieux. D'abord en ce qui concerne nos services de renseignement".

"Nous savons bien qu'il y a encore des failles et des lacunes, la commission d'enquête parlementaire après les attentats de novembre l'a montré, il faut absolument que les pouvoirs publics interviennent dans ce domaine-là pour mieux coordonner nos services de renseignement, pour développer le renseignement territorial et mieux articuler avec le renseignement national", a poursuivi le maire (Les Républicains) de Bordeaux.

 

Attentat de Nice © Paz PIZARRO, Simon MALFATTO AFP

 

"Il faut d'abord faire toute la lumière sur les circonstances de ce drame, comment cela a été possible. Je ne cherche à accuser personne à ce stade naturellement, l'enquête n'est pas ouverte, mais il faut connaître toute la vérité dans tous ses détails. C'est aussi une exigence pour calmer ce que je ressens comme la colère des Françaises et des Français", a également déclaré Alain Juppé.

Un homme au volant d'un camion a commis un carnage à Nice jeudi soir, jour de fête nationale, quelques instants après la fin du feu d'artifice du 14 juillet, tuant au moins 84 personnes en leur fonçant dessus sur la Promenade des Anglais.

 
 

Paris (AFP) -  © 2016 AFP

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Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Politique
Contrôles aux abords de la manifestation contre la loi travail, le 28 juin, à Paris.
Contrôles aux abords de la manifestation contre la loi travail, le 28 juin, à Paris.
Photo : AFP

La droite a mené hier l’offensive sécuritaire à l’Assemblée nationale, réclamant la prolongation pour « au moins » six mois de l’état d’urgence. Le gouvernement cède : droits de rassemblement et de manifester, libertés individuelles... au-delà de la lutte contre le terrorisme, c’est l’État de droit qui est menacé.

Après une campagne présidentielle 2007 placée sous le signe de l’identité, un scrutin 2012 dominé par l’insécurité, 2017 sera-t-elle placée sous celui de la lutte contre le terrorisme ? Le gouvernement, pressé par une même urgence que la droite et l’extrême droite, semble diriger le débat politique vers cette impasse. La prolongation de l’état d’urgence, au-delà des trois mois présentés initialement par le gouvernement, devait atteindre six mois – une condition préalable posée par la droite – pour englober les 13 novembre et 7 janvier.

« Ça va être difficile de sortir de l’état d’urgence avant la présidentielle », déplorait hier le député Sébastien Pietrasanta, coauteur du rapport de la commission d’enquête parlementaire sur les attentats du 13 novembre. Le gouvernement aborderait cette séquence politique inhabituelle pour partie sous la contrainte, entraînant avec lui un PS en panne d’initiative. Bordé par une droite qui joue la revanche sécuritaire, formulant des propositions qui frisent souvent l’inconstitutionnalité, et une extrême droite trop heureuse de développer ses thèmes de prédilection, l’exécutif se livre à un calcul électoraliste qui pourrait avoir des conséquences fâcheuses. Car le périmètre des discussions qui se sont ouvertes hier soir à l’Assemblée nationale porte désormais sur un ensemble de mesures qui, sous couvert de lutter contre le terrorisme, pourrait faire basculer notre État de droit en un régime d’exception.

1. Un Guantanamo à la française ?

Un centre d’internement pour des milliers de suspects d’islamisme pas encore condamnés ? En novembre 2015, au lendemain des attentats, le gouvernement français avait sollicité le Conseil d’État sur la possibilité d’interner, de manière préventive, à la manière de la prison militaire américaine controversée, les personnes fichées « S » : 11 400 personnes soupçonnées de porter « atteinte à la sûreté de l’État » qui peuvent n’être que de simples relations de personnes suspectées. Cela n’empêche pas des ténors de la droite comme Le Maire ou Sarkozy de réclamer l’expulsion des fichés S étrangers ou binationaux, et considérés – sur quelle base ? – comme dangereux. Pour contourner la difficulté, Laurent Wauquiez ou Éric Ciotti (LR) proposent des « centres d’internement antiterroristes dédiés », calqués sur les centres de rétention pour migrants. L’état d’urgence permet déjà des assignations à résidence et des perquisitions. Jean-François Copé veut aller plus loin, avec « une NSA à la française ». Il veut également mettre en place « une rétention antiterroriste “préalable” de 150 jours », sur le fondement d’informations fournies par les services de renseignements, mais y ajoute tout de même « un contrôle du juge judiciaire ».

Faut-il renforcer le renseignement pénitentiaire ? La loi du 3 juin 2016 autorise la mise en œuvre de techniques de recueil de renseignements concernant les radicalisations en prison, et développe les prérogatives du Bureau du renseignement, qui existe depuis 1980. Pourtant, le Bureau du renseignement pénitentiaire est confronté au même phénomène que la DGSI : la radicalisation se fait de plus en plus discrète, les individus ne portent plus de « signes extérieurs » de radicalisation, écrivait le député PS Jean-Jacques Urvoas, en 2014.

Le même qui, aujourd’hui ministre, est devenu le supporter numéro un de la loi du 3 juin. Autre proposition portée à droite, le placement à l’isolement des terroristes condamnés. Expérimenté depuis janvier 2015, il s’accompagne d’un suivi particulier des détenus. Selon l’AFP, Nicolas Sarkozy a en outre demandé pendant la réunion du bureau politique de LR, hier, de réfléchir à un « délit de non-dénonciation de radicalisation ». « À chaque attentat, on grignote davantage sur ce qui nous constitue, ce qui est ciblé par ceux qui nous en veulent. On fait leur jeu finalement », jugeait de son côté fin 2015 Anne Giudicelli, spécialiste du monde arabo-musulman.

2. Le retour de la double peine ?

Bizarrement, le point ne figure pas parmi les 10 propositions formulées lundi par « Les Républicains » comme autant de conditions pour voter la prolongation de l’état d’urgence. Le Front national la réclame pour les simples délits ; à droite, à l’instar de Bruno Le Maire, on souhaite la rétablir telle qu’elle était avant la réforme Sarkozy de 2003. La possibilité d’expulser à la fin de leur peine des étrangers condamnés définitivement continue de s’appliquer aux individus susceptibles d’incarner « une menace grave pour l’ordre public ». François Fillon a, lui, proposé que l’expulsion intervienne avant l’incarcération, ouvrant un imbroglio juridique pas près de se régler avec les pays concernés.

3. Vers une militarisation de la société ?

Le débat autour du renforcement des forces de sécurité est depuis quelques jours réactivé par une droite oublieuse – Nicolas Sarkozy avait supprimé entre 12 000 et 13 000 postes de policiers et de gendarmes entre 2007 et 2012. Quant à l’idée d’une « garde nationale », elle était déjà sur la table, posée par le Parti socialiste dernièrement, mais portée de longue date par l’extrême droite – d’ailleurs le maire de Béziers, Robert Ménard, en dispute la paternité au gouvernement. Réserve opérationnelle, retour du service obligatoire ou garde nationale, il existe là aussi un consensus pour militariser la société en habituant les Français à la présence quotidienne de forces armées supplétives à la police, la gendarmerie et l’armée. La partie visible d’une France sous surveillance permanente.

4. La « déradicalisation », un enjeu social

La droite, dans son rôle surjoué de force d’alternance, veut aller plus loin et plus fort que la majorité actuelle, mais le chemin est bien tracé. Devant la multiplication des signalements pour « radicalisation » (8 250 en 2015, estimait le Figaro en février dernier), le gouvernement avait concrétisé un certain nombre de mesures promises sous le coup de l’émotion. Après la mise en place d’un numéro vert « Stop djihadisme » en 2014, un grand programme de « déradicalisation » est en cours depuis le début de l’année dans les prisons d’Osny (Val-d’Oise) et Lille-Annœullin (Nord), sans oublier la création de centres, dont le premier à l’automne à Beaumont-en-Véron (Indre-et-Loire), en attendant des centres de réinsertion pour les personnes « radicalisées » ou susceptibles de l’être d’ici à la fin de 2017. Une première phase basée sur le volontariat, que la droite aimerait obligatoire, avant de passer à une étape plus contraignante. Sur ce point, il y a consensus avec une partie de la gauche, Sébastien Pietrasanta souhaitant que le placement dans ces centres puisse être « calqué sur le modèle des hospitalisations sous contrainte », certes sous le « contrôle du juge », mais qui induit de possibles dérives.

Se pose la délicate question du signalement : comment reconnaître un individu « radicalisé », se demandait dans le Monde, en janvier, le politologue et spécialiste du djihadisme Asiem El Difraoui, coauteur d’une étude comparative sur les modèles allemand, britannique et danois pour le Comité interministériel de la prévention de la délinquance, quand « beaucoup ne font pas la différence entre une conversion à l’islam légitime et une radicalisation violente » ? D’autres pays font « d’énormes efforts d’explication, en partenariat avec des chercheurs et la société civile. Ils prennent en compte le contexte social, sans se focaliser sur les communautés musulmanes ». Une évidence que le contexte politique français ignore. Sans compter que, dans une France où le lien entre la population et la puissance publique est parfois rompu, « qui va appeler la préfecture ? », interlocuteur obligatoire pour rapporter une radicalisation, interroge El Difraoui.

Enfin, le regroupement de personnes « radicalisées » dans ces centres pose les mêmes problèmes qu’en prison, selon le chercheur, pour qui « ces méthodes doivent être discutées ouvertement » avant ouverture de ces structures « si l’on veut éviter de fabriquer des “académies du djihad” » sur le sol français. Devant la commission d’enquête du Sénat sur les réseaux djihadistes, l’ex-détenu français (de 2002 à 2004) Mourad Benchellali avouera que « c’est à Guantanamo (qu’il a appris) l’existence d’une organisation appelée al-Qaida ». Quant à regrouper les détenus radicaux dans les prisons, « si vous faites cela, vous décidez qu’ils resteront salafistes. C’est l’inverse de la déradicalisation », soulève l’ex-juge antiterroriste Marc Trévidic.

Par: Grégory Marin et Lionel Venturini et l'HUMANITE.

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La justice donne gain de cause aux Conti

La Cour de cassation a reconnu, hier (le 6 juillet 2016), l’absence de motif économique des licenciements chez Continental Clairoix en 2010, mais a refusé de tenir la maison mère allemande pour responsable de ces abus.

Une victoire partielle, mais une victoire néanmoins. Les salariés de Continental Clairoix, licenciés en 2010, ont obtenu que la Cour de cassation reconnaisse que leurs licenciements étaient dépourvus de justification économique. « La société Continental France ne justifiait ni de difficultés économiques, ni d’une menace pesant sur la compétitivité du secteur d’activité de la division “Passenger and Light Truck Tire” du groupe Continental auquel elle appartenait, et (…) la mesure de réorganisation constituée par la fermeture de l’établissement de Clairoix et la suppression de l’ensemble des emplois ne répondait qu’à un souci de rentabilité du secteur pneumatique du groupe », a estimé la Cour dans un arrêt rendu hier. « Cette décision permet aux salariés de conserver les indemnités obtenues », a précisé Me Marie-Laure Dufresne-Castets, l’une des avocates des anciens Conti.

« La politique du groupe déterminée par la société mère »

En revanche, la Cour de cassation n’a pas reconnu la maison mère allemande Continental AG comme coemployeur des salariés de Clairoix. « Le fait que la politique du groupe déterminée par la société mère ait une incidence sur l’activité économique et sociale de sa filiale, et que la société mère ait pris dans le cadre de cette politique des décisions affectant le devenir de sa filiale et se soit engagée à garantir l’exécution des obligations de sa filiale liées à la fermeture du site et à la suppression des emplois ne pouvaient suffire à caractériser une situation de coemploi », précise la juridiction suprême. « Sur ce point, nous n’avons pas fait changer la jurisprudence, mais nous n’encaissons pas non plus un recul : la Cour de cassation applique mot pour mot la jurisprudence Molex », analyse Me Dufresne-Castets. L’« arrêt Molex » rendu par la chambre sociale de la Cour de cassation le 2 juillet 2014 avait en effet considérablement restreint l’appréciation du coemploi à des cas d’« immixtion (de la maison mère) dans la gestion économique et sociale » de sa filiale.

En cela, ce jugement ne confirme qu’en partie les décisions du conseil des prud’hommes de Compiègne de 2013 et de la cour d’appel d’Amiens de 2014, qui rejetaient le motif économique des licenciements avancé par Continental et reconnaissaient la qualité de coemployeur de la maison mère du site de Clairoix. « Pourtant, nous avons produit quantité d’éléments pour le prouver », affirme l’avocate des ex-salariés. Les prud’hommes comme la cour d’appel d’Amiens avaient d’ailleurs étayé substantiellement les raisons qui leur laissaient penser que la filiale française de Continental ne disposait d’aucune autonomie de décision vis-à-vis de sa maison mère. Il y a six ans, le fabricant de pneumatiques avait décidé de fermer son usine de Clairoix, dans l’Oise, condamnant les 1 120 emplois du site. À l’époque, la direction du groupe avait mis en avant les surcapacités de production de sa division pneu tourisme et le manque de compétitivité du site pour légitimer sa décision. Au terme d’une lutte de plusieurs mois, les salariés avaient néanmoins arraché des primes extra-légales de 50 000 euros. Depuis, si les ex-Conti connaissent un certain succès devant les tribunaux, l’addition sociale n’en reste pas moins lourde. En octobre 2015, Xavier Mathieu, ancien délégué CGT de l’usine picarde, rappelait dans nos colonnes que, parmi ses ex-collègues, il comptait « 500 personnes au chômage, dont 200 au RSA, 400 divorcés, 5 suicidés ».

La loi travail pourrait bousculer la donne. Si cet arrêt Continental va dans un sens favorable aux salariés en matière de licenciement économique, la loi El Khomri, qui fixe des seuils de un à quatre trimestres de baisse de chiffre d’affaires pour apprécier la validité du motif économique, risque de fragiliser cette jurisprudence.

Par El Diablo

 

SOURCE:

 

#Actualité FRANCE

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Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Aide-Mémoire

Nice est l’une des villes les plus sécurisées et surveillées de France. Des questions se posent sur le dispositif mis en place jeudi soir.

Les multiples témoignages recueillis depuis jeudi soir permettent d’en savoir un peu plus sur la trajectoire du camion, lourd de 19 tonnes, qui a foncé sur la foule rassemblée sur la promenade des Anglais, à Nice (Alpes-Maritimes), pour le feu d’artifice du 14-Juillet. L’ancien maire de la ville (et actuel premier adjoint) Christian Estrosi a indiqué vendredi matin, au micro de France Info, que le réseau de caméras de vidéosurveillance (il y en a 1 257) avait permis de « remonter très loin en amont pour voir très précisément où le conducteur a pris son volant et dans quelles conditions il est monté à bord ».

 

Christian Estrosi au Centre de supervision urbain (CSU). © Reuters Christian Estrosi au Centre de supervision urbain (CSU). © Reuters

 

L’exploitation de ces images a en effet permis de préciser l’itinéraire qu’a emprunté le chauffeur.  D’après les informations connues à ce jour, le véhicule est entré sur la promenade des Anglais par la rue Lenval, qui contourne l’hôpital éponyme, à l’ouest de la ville, aux alentours de 22 h 45. Lancé à vive allure, il a ensuite parcouru près de 2 kilomètres, avant d’être arrêté au niveau du palais de la Méditerranée. Selon des témoins, le camion est monté sur le trottoir dès le niveau de la rue Lenval, où les corps des premières victimes ont été retrouvés. Il a ensuite donné des coups de volant pour faucher le maximum de piétons.

Arrivé à proximité du boulevard Gambetta, il serait de nouveau passé sur le trottoir afin d’éviter le barrage marquant le début de la zone piétonne, laquelle s’étend, pour ce type d’événements festifs, jusqu’à la colline du château. C’est à ce moment-là qu’il aurait, en toute logique, forcé les barrières de sécurité qui matérialisent l’interdiction de circuler, avant de tirer sur des policiers au niveau de l’hôtel Negresco et de finir par être tué par les forces de l’ordre 300 mètres plus loin, juste avant d’atteindre le jardin Albert-1er, où la densité de population est généralement la plus forte.

 

carneniceok

 

On connaît peu de chose, en revanche, sur les jours qui ont précédé l’attaque. Lors de sa conférence de presse, le procureur général François Molins a précisé que le camion frigorifique avait été loué le 11 juillet, dans la commune limitrophe de Saint-Laurent-du-Var, et qu’il stationnait depuis le 13 dans le quartier Auriol, à Nice-Est. C’est là que le conducteur est venu le chercher, à vélo, jeudi 14 juillet à 21 h 34, avant de prendre la route vers l’ouest et le quartier Magnan.

Mais de nombreuses questions restent en suspens. Où le véhicule était-il stationné entre le 11 et le 13 juillet ? Comment un engin de cette taille a-t-il pu gagner, sans être inquiété, la promenade des Anglais, pourtant interdite aux véhicules utilitaires depuis les années 1960 ? Quel dispositif de sécurité avait été pensé, en plein état d’urgence, pour un événement qui rassemble chaque année des dizaines de milliers de personnes ? Combien de policiers étaient déployés sur la zone encore ouverte à la circulation ?

« En tout, nous avions une cinquantaine de collègues de la police nationale, affirme à Mediapart Yves Lefebvre, secrétaire national du syndicat Unité SGP Police FO. En l’état actuel des effectifs, on ne peut rien dire d’autre que “le dispositif était suffisant”. Entre la région francilienne et Calais, on n’a plus de CRS disponibles. On ne peut pas faire mieux que ce qu’on a. » À ces effectifs s’ajoutaient ceux de la police municipale, « aussi nombreuse si ce n’est plus que la police nationale », a précisé Christian Estrosi, qui avait écrit la veille à François Hollande pour réclamer un « grand plan d’urgence pour protéger nos policiers et leur donner les moyens d’agir » – et l’a rapidement fait savoir au Figaro.

« Comment est-il possible, alors que la promenade des Anglais était privatisée, que ce véhicule ait pu y accéder ? a-t-il encore interrogé sur BFM. Combien de policiers nationaux étaient en poste ? Quels sont les moyens qui avaient été mis en œuvre alors que notre pays est encore en état d’urgence, pour éviter cela ? Ce sont des questions que j’ai posées au ministre de l’intérieur, sans avoir de réponse, puisque bien évidemment on me répond toujours : “Enquête.” » « Aucun dispositif de sécurité n’est en mesure d’empêcher un camion de 19 tonnes à la vitesse à laquelle il est entré dans le périmètre et avec la puissance qu’il y a mis », a de son côté souligné le délégué Unité SGP Police FO Luc Poignant, dans L’Obs.

Ce dernier a aussi précisé dans Le Monde que « les personnes voulant se balader sur la promenade des Anglais avaient fait l’objet de contrôles et de fouille », ce qui est partiellement vrai. La zone a en effet été vérifiée avant que ne commence le traditionnel défilé du 14-Juillet, mais il était parfaitement inenvisageable de fouiller les dizaines de milliers de personnes qui sont arrivées, à la nuit tombée, sur le bord de mer pour regarder le feu d’artifice. « Il en vient de partout, de toutes les petites ruelles, c’est impossible », assure un policer municipal.

 

Malgré la menace terroriste – un attentat visant le carnaval de Nice avait été déjoué en 2014 et un militaire avait été blessé à coups de couteau en janvier dernier – et le fait que ce mode opératoire corresponde en tous points aux préconisations de l’organisation État islamique (EI), c’est un dispositif de sécurité plutôt « classique » qui a été décrit à Mediapart par différentes sources policières. « Nous ne sommes pas préparés à une intrusion par la force, indique l’une d’entre elles. Le dispositif ne prévoyait même pas de chicanes en béton. Ce n’est pas avec des petites barrières qu’on arrête qui que ce soit, alors un camion de cette taille… »

En marge du carnaval de Nice, du festival de Cannes et de l’Euro 2016, la Côte d’Azur s’était pourtant préparée à maintes reprises à l’hypothèse d’une attaque terroriste. « On savait qu’on était une cible, comme beaucoup d’autres villes de France. Peut-être un petit peu plus à cause de la frontière, à cause des nombreux migrants qui passent par la frontière franco-italienne. Mais bien sûr que mes collègues savaient que la ville était en danger, était sous pression. Et pour cela, depuis des mois, on a une pression terrible au travail au-dessus de nos têtes », a confirmé le secrétaire départemental Alliance police nationale, Laurent Laubry, sur iTélé.

Jeudi soir pourtant, le gros des effectifs policiers avait été concentré sur la partie réservée aux piétons, où se trouvait le plus de monde. La partie de la promenade des Anglais qui longe l’avenue de la Californie et la rue de France (le chauffeur a circulé du numéro 147 au 11, selon François Molins) était bien moins surveillée que la zone interdite à la circulation. Reste la question des caméras de vidéosurveillance. L’arsenal sécuritaire mis en place depuis plusieurs années par la ville de Nice n’a pour le moment obtenu que de faibles résultats. Pourtant, Christian Estrosi continue d’en vanter l’efficacité.

Selon d’autres témoignages, le camion qui a tué 84 personnes jeudi soir avait été repéré une demi-heure plus tôt au croisement de l’avenue Fabron et de l’avenue de la Californie. « Je l’avais vu un peu avant, il conduisait bizarrement. Il accélérait, freinait, re-accélérait, re-freinait... », a affirmé un témoin dans les colonnes de Nice-Matin. « Plusieurs personnes m’ont raconté la même histoire, s’agace un riverain auprès de Mediapart. Les poids lourds sont interdits dans le centre-ville, il y a des caméras à chaque coin de rue et aucune d’entre elles ne réagit… Ça interroge sur les limites du système quand même… »

Par Ellen Salvi et MEDIAPART.

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Les congés payés ont 80 ans mais 45 % des français ne PARTENT PAS en VACANCES !  La LUTTE pour de nouvelles conquêtes sociales plus nécessaire que jamais !
Les congés payés ont 80 ans mais 45 % des français ne PARTENT PAS en VACANCES !  La LUTTE pour de nouvelles conquêtes sociales plus nécessaire que jamais !

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TRIBUNE - Cinquante-huit députés, très majoritairement de gauche, réagissent à l'utilisation du 49-3 par le gouvernement pour faire passer la loi Travail en force en dernière lecture à l'Assemblée. "On aurait tort de croire le débat clos avec l’adoption de la loi Travail. Il ne fait au contraire que commencer. Nous y prendrons toute notre part", avertissent-ils.

Contre la loi Travail, 58 députés préviennent que "la bataille ne fait que commencer"

Contre la loi Travail, 58 députés préviennent que "la bataille ne fait que commencer". (Sipa)

Voici la tribune des 58 députés : "Ce mercredi 20 juillet, la loi Travail a donc été définitivement adoptée. Au cœur de l’été, il ne faut pas lâcher,mais continuer à dire pourquoi ce fut le moment le plus insupportable de ce quinquennat pour qui ne se résigne pas à la dégradation des droits des salariés français et au déni de démocratie.

Avec cette loi, le code du Travail sera plus complexe, et moins favorable aux salariés. Cette loi ne modernise pas, elle réduit les protections. Et derrière le motif légitime de favoriser la négociation sociale, en réalité elle fragilise les travailleurs et affaiblit la démocratie dans l’entreprise. Elle est adoptée sans dialogue et négociations apaisés avec les partenaires sociaux.

Sans le soutien des citoyennes et des citoyens, qui continuent très majoritairement à rejeter un texte aux antipodes des engagements pris par la majorité pour laquelle ils ont voté en 2012. Sans un débat parlementaire à la hauteur des cinquante-deux articles et des nombreux thèmes abordés dans ce projet de loi, visant à terme la réécriture de l'ensemble de la partie législative du Code du Travail. Sans même un vote des députés, sur chaque article ou sur l'ensemble du texte.

"Jamais nous n'aurions imaginé vivre une telle situation"

Mais bien après plusieurs mois de tensions sociales sans précédents pour un gouvernement issu de la gauche, par le biais d'un recours au 49-3, outil quasi-imparable de verrouillage et de chantage constitutionnel. Et sans plus de quelques heures de débat dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale, désormais devenu un théâtre d’ombres. Jamais nous n'aurions imaginé vivre au cours de ce quinquennat une telle situation, tellement contraire aux valeurs et à l'histoire de la gauche. Elle nourrit la colère du peuple, et donne des arguments à ceux qui s’emploient à dévitaliser la démocratie.

Nous, parlementaires avons à chaque étape décidé de nous mobiliser, pour être à la hauteur de notre responsabilité : celle d'incarner le pouvoir de faire la loi en accord avec le mandat que nous a confié le peuple. Nous n'avons cessé de dénoncer les dangers de ce texte, en considérant que ses quelques points positifs ne pouvaient servir de prétexte à justifier ses reculs considérables. Nous avons en permanence recherché et organisé le dialogue, avec toutes les organisations syndicales, sans ostracisme ni stigmatisation; relayé les propositions et alternatives; et jusqu'au bout, œuvré à une sortie de crise, pourtant à portée de main.

"Le gouvernement a fait fi de toutes les oppositions"

Enfin, par deux fois, face au passage en force de l'exécutif sur ce texte fondamental, il a été tenté de déposer une motion de censure de gauche, démocrate et écologiste : il était de notre responsabilité de députés de la Nation de ne pas rester sans réaction face à cette situation. Nous le devions à celles et ceux qui pendant des mois se sont mobilisés par millions.

La voie autoritaire, aura permis au Président de la République et au Gouvernement de faire fi de toutes les oppositions, pourtant majoritaires dans le pays, de toutes les mobilisations, qu'elles soient citoyennes, syndicales, parlementaires. Mais à quel prix? Au nom de quel idéal, pour servir quel projet de société? Avec quelles conséquences pour le pays?

"On altère une nouvelle fois la confiance du peuple"

Comment ne pas voir, à l'heure où notre société traverse une crise démocratique majeure, que faire adopter sans vote, par le 49-3 utilisé à deux reprises, un tel projet de loi, concernant la vie quotidienne de millions de nos concitoyens, risque d'accroître ce fossé entre citoyens et gouvernants que nous prétendons tous combattre? Comment ne pas comprendre, six mois après des débats délétères sur la déchéance de nationalité, que l'on altère une nouvelle fois la confiance du peuple, en imposant un texte dont les dispositions vont à rebours des positions toujours défendues en matière de droit du Travail ? Pourquoi faire le choix de diviser un pays pour faire passer à tout prix un texte qui de l’avis même de ses concepteurs n'aura pas d'impact direct sur les créations d'emplois? Pourquoi imposer des mesures qui aggraveront les logiques de dumping social entre les entreprises, affaibliront le pouvoir d’achat des salariés à travers les baisses de rémunération des heures supplémentaires, et faciliteront les licenciements économiques, ou même réduiront les missions de la médecine du travail?

Le Président de la République et le gouvernement devront longtemps faire face à ces questions. Car cette méthode autoritaire n'éteindra jamais le débat de fond. Pire, elle est toujours contre-productive, par les ressentiments qu'elle génère.

Pour notre part, nous ne renonçons pas à porter la voix des citoyens mobilisés pour défendre leurs droits, leurs convictions, leur vision de la société et du monde du travail. Et surtout, nous ne renonçons pas à affirmer d’autres choix. Pour adapter le droit du travail aux défis du 21e siècle et aux mutations de l’économie, en le rendant plus protecteur pour les salariés, en dressant ainsi une véritable barrière contre le dumping social au sein de l’économie française ; en renforçant le dialogue social, le rôle des organisations syndicales, et la place des salariés dans les organes de décision des entreprises ; en renouant avec une démarche de partage juste et choisi du temps de travail, levier d’une lutte efficace contre le chômage; en se donnant tous les moyens de dessiner effectivement les conquêtes sociales de demain, avec au premier rang la sécurité sociale professionnelle.

Un code moderne et vraiment protecteur des salariés est possible. Il doit s’inspirer des leçons de l’Histoire et affronter les mutations du salariat. Nous retrouverons ainsi le chemin des réformes qui marquent utilement leur époque. On aurait tort de croire le débat clos avec l’adoption de la loi Travail. Il ne fait au contraire que commencer. Nous y prendrons toute notre part."

Laurence Abeille, Brigitte Allain, Pouria Amirshahi, François Asensi, Isabelle Attard, Danielle Auroi, Philippe Baumel, Laurent Baumel, Huguette Bello, Jean-Pierre Blazy, Michèle Bonneton, Alain Bocquet, Kheira Bouziane, Isabelle Bruneau, Marie-George Buffet, Jean-Jacques Candelier, Fanélie Carrey-Conte, Patrice Carvalho, Nathalie Chabanne, Gaby Charroux, André Chassaigne, Dominique Chauvel, Pascal Cherki, Sergio Coronado, Marc Dolez, Cécile Duflot, Hervé Feron, Aurélie Filippetti, Jacqueline Fraysse, Geneviève Gaillard, Yann Galut, Linda Gourjade, Edith Gueugneau, Benoît Hamon, Mathieu Hanotin, Christian Hutin, Romain Joron, Régis Juanico, Jérôme Lambert, Jean Lassalle, Christophe Léonard, Jean-Luc Laurent, Noël Mamère, Alfred Marie-Jeanne, Jean-Philippe Nilor, Philippe Noguès, Christian Paul, Michel Pouzol, Patrice Prat, Barbara Romagnan, Jean-Louis Roumegas, Nicolas Sansu, Eva Sas, Gérard Sebaoun, Suzanne Tallard, Thomas Thévenoud, Michel Vergnier, Paola Zanetti.

Par: Le JDD.

 

La suite: Vous osez signer une tribune à cinquante-huit député.e.s plutôt qu'une motion de censure ? C'est que nous aurions préféré l'inverse en fait. Et pas seulement nous, mais vos électeur.ice.s aussi, sans nul doute ! Aurons-nous les actes à la hauteur de vos mots ? Est-il permis - encore - d'espérer que ceux qui se prétendent être des « parlementaires qui ont à chaque étape décidé de [se] mobiliser, pour être à la hauteur de [leur] responsabilité : celle d'incarner le pouvoir de faire la loi en accord avec le mandat que [leur] a confié le peuple. » y œuvreront ? Ou faut-il plutôt en douter ? Parmi eux.elle.s, se trouvent les "frondeur.se.s" ayant décidé de faire bloc contre le gouvernement et qui, en bloc aussi, s'apprêtent à bouder la motion de censure citoyenne qui leur a été proposée.

Aucune motion de censure ne semblant être en préparation pour lutter contre le passage en force de la loi par - on l'a découvert ce 20 juillet - le troisième recours du gouvernement au 49.3, nous avons entrepris la rédaction d'une motion de censure d'origine citoyenne en tenant compte des obstacles politiques ou idéologiques à l'origine des précédentes déconvenues en la matière. Pour tenter de lever ces obstacles, le principe d'une motion de censure « transpartisane » a émergé.

Mais soyez bien sûrs que nous saurons sur qui ne pas compter aujourd'hui, 16h30 passées. 

Par Citoyen18.

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Citoyen18 prend des vacances

Son blog se met donc au rythme estival mais restera actif tout l'été

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Publié le par "Citoyen 18"
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Mediapart, France 2, TF1, Le Télégramme ou encore Le Dauphiné libéré. Après les attentats de Paris et de Saint-Denis, Marc Trévidic, ancien juge d’instruction du parquet antiterroriste de Paris, aujourd’hui au tribunal de grande instance de Lille, s’est beaucoup exprimé. Interrogé cette fois-ci par Les Echos, il évoque l’état des services de renseignements et des services judiciaires français, et ce qui adviendra de cette “guerre” contre les terroristes de l’Etat islamique.

LIEN VERS L'ARTICLE CI-DESSOUS:

Marc Trévidic : “Nous luttons contre le nazisme tout en invitant Hitler à notre table”

 

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