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La porte à gauche. Jean FERRAT a chanté que certains prétendent que le bonheur était à la porte à droite. Aujourd’hui est-il à la porte à gauche ? Oui ! mais à la condition de secouer le cocotier de la pensée convenu ! Ce petit blog crée à l’initiative de quelques militants communistes de Vierzon n’a d’autres ambitions que de donner aux citoyens un support pour s’exprimer librement sur les sujets politiques, sociaux ou culturels d’actualité du local à l’international, qui s’émancipe des discours convenus, des lignes officielles décidées par quelques notables de la politique, aux doubles langages, aux bonimenteurs de vraies fausses solutions et qui cultivent la résignation. Déverrouillez les débats et enfoncez la porte à droite (….ou à gauche ?) Les seules limites, car il en faut, à notre liberté : Celle du respect des personnes, le souci de la vérité et de faire vivre le débat. Ainsi seront exclus tous messages comprenant des insultes ou diffamations visant une (des) personne(s), seront exclues, s’ils sont avérées, des informations mensongères ou rumeur infondées. Chacun pourra également participer au débat juste et loyal en signalant un abus de cette nature. Les productions de ces abus seront retirés et l’auteur exclu du blog.

Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Economie

Ne nombreuses familles sous le seuil de pauvreté s'en sortent grâce à la solidarité ©maxppp

 

Après deux années de baisse, le taux de pauvreté repart à la hausse en France selon l'Institut national de la statistique et des études économiques. Il passe de 14% en 2013 à 14,2% en 2014. Toujours selon l'Insee, le gouvernement a pourtant pris des mesures importantes contre la pauvreté depuis 2012, la situation aurait donc été bien pire sans mécanisme de correction.

Selon l'Insee, cette augmentation de la pauvreté s'explique surtout par la précarité des bas salaires. Les personnes en CDD ou en intérim ont accumulé assez peu d'heures de travail en 2014, leurs niveaux de salaires sont donc bas, le chômage a augmenté et cela creuse l'écart avec les plus hauts revenus.

La fiscalité a permis de réduire les inégalités, pas pour tous.

L’étude de l’Insee met en avant plusieurs réformes qui ont été efficaces pour réduire les inégalités en 2014, notamment la hausse de l'impôt sur le revenu ciblée sur les ménages les plus riches alors que, dans le même temps, les ménages modestes ont bénéficié d'une réduction exceptionnelle de cet impôt. L'Insee cite également "les revalorisation exceptionnelles de certaines prestations" comme les minima sociaux.

 

Selon l'Insee, ces politiques ont permis de limiter les dégâts et d'atténuer la hausse de la pauvreté, mais elles n'ont pas été suffisantes pour la réduire vraiment depuis 2012, le niveau de pauvreté est quasiment revenu au niveau de 2011. Il y aurait donc en 2014 un peu plus de 14% de pauvres. Il s'agit de personnes qui vivent avec moins de 1.000 euros par mois, 2.000 euros pour un couple avec deux enfants.

 

Par Célia Quilleret  et FranceInfo.

 

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Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Santé

La ministre de la santé vient de faire passer sa loi de santé, et le tiers payant généralisé. Mais Marisol Touraine n’a pas résolu le problème des déserts médicaux, qui continuent de se vider, déstabilisant toute l’offre de santé, de la médecine générale à l’hôpital. Reportage dans la région Centre, l’attache politique de la ministre, et en particulier dans l’Indre, où l’impuissance publique creuse la fracture sanitaire.

·  Châteauroux, envoyée spéciale. - L’essentiel de l’action politique de la ministre de la santé est désormais derrière elle. Une séquence politique tumultueuse s’achève avec l’adoption, jeudi 17 décembre, de la loi de santé, sans concessions majeures au féroce lobbying de la médecine libérale. « Ce texte garantit l’accès de tous à des soins de qualité, a déclaré Marisol Touraine à l’issue du vote. C’est un texte contre l’immobilisme et la résignation. Un texte qui vise à offrir à chacun les mêmes droits, les mêmes chances, pour vivre le plus longtemps possible en bonne santé. » Cette loi comprend un volet sur la prévention, un autre sur la réorganisation des soins de proximité autour du médecin généraliste, ainsi qu’un renforcement des droits des patients. Son objectif est de réduire les inégalités sociales de santé, béantes, en France : il y a sept ans de différence d’espérance de vie entre un homme cadre et un homme ouvrier en France, c’est l’écart le plus important parmi tous les pays développés, une hérésie au pays de l’assurance maladie la plus solidaire. Cette loi s’articule avec le « pacte territoire santé », initié en 2012, et dont Marisol Touraine a annoncé le deuxième volet fin novembre. Il comprend des mesures incitatives à l’installation des jeunes médecins dans les zones désertées.

Le Centre est un bon poste d’observation de l’efficacité de la politique conduite par Marisol Touraine. C’est la région la plus sous-dotée (la Picardie la dépassait de peu, avant de fusionner avec le Nord-Pas-de-Calais, mieux pourvu). Et Marisol Touraine y a ses attaches politiques. Élue en 1977 députée de la troisième circonscription d’Indre-et-Loire, au sud de Tours, elle a également présidé pendant quelques mois, en 2011 et 2012, le conseil général de ce département, avant de devenir ministre de la santé. Sur ses terres, les premiers effets de la politique de Marisol Touraine se font sentir. « Depuis cinq, six ans, on constate de nouvelles installations de jeunes médecins, surtout en Indre-et-Loire, un peu dans le Loir-et-Cher, en remontant vers Paris, explique Alice Perrain, jeune médecin généraliste de 38 ans installée près d’Amboise. Le nombre de jeunes médecins formés à Tours a augmenté : il y a 88 internes en médecine générale dans le Centre, nous étions vingt à mon époque. Et ils sont mieux formés, grâce à de nombreux stages en cabinet. Nous nous organisons aussi différemment : je n’envisageais pas de travailler 60 à 70 heures par semaine. Je partage donc mon cabinet et la semaine de travail, du lundi au samedi matin, avec une autre médecin. » Alice Perrain décrit ici les effets des mesures du pacte territoire santé : augmentation du numerus clausus des étudiants en médecine dans les régions les plus désertées, développement des stages en cabinet, installations en groupe facilitées, etc.

Mais ces mesures n’ont quasiment aucun effet dans l’est de la région, dans l’Indre et le Cher en particulier, des départements ruraux plus isolés. Christian Moreau, 68 ans, psychiatre retraité, s’agite dans son bureau de l’Ordre départemental des médecins de l’Indre, où il officie en tant que secrétaire général : « Ce qui se passe est très grave, et largement méconnu par les pouvoirs publics. » Il montre des chiffres, des graphiques, des projections, sans appel. Il y a 190 médecins libéraux et salariés pour 100 000 habitants dans l’Indre, contre 347 dans l’Indre-et-Loire. Leur nombre a déjà baissé de 12,5 % dans l’Indre depuis 2007. Et d’ici 2020, l’Ordre prévoit une nouvelle baisse de 8 % des effectifs, alors que la population doit augmenter de 4,5 %. Pour Christian Moreau, ces « extrapolations démographiques » sont encore trop optimistes, car « elles ne prennent pas en compte l’âge du corps médical » : 61 % des médecins généralistes ont plus de 55 ans…

L’Indre est un département de 220 000 habitants essentiellement rural. Ce n’est pas un territoire véritablement isolé : un confortable TER relie la préfecture Châteauroux (45 000 habitants) à Paris en deux heures. Le paysage alterne bocages, forêts touffues et étangs. Les petites villes ont presque toutes leur château, les maisons en tufeau, très blanches, y sont cossues. Mais l’Indre perd des habitants, 30 % ont plus de 60 ans (22 % en France). Si l’économie est atone, la situation sociale est dans la moyenne nationale : 9,4 % de taux de chômage en 2015, 13,5 % de personnes pauvres, selon l’Insee. Les indicateurs de santé sont les plus inquiétants : la mortalité prématurée, avant 65 ans, y très forte, les habitants meurent beaucoup plus des suites de maladies cardio-vasculaires, de tumeurs, de maladies de l’appareil respiratoire.

L'hôpital de Châteauroux © CCC / MP

« Tous les jours, des personnes nous contactent parce qu’elles ne trouvent plus de médecins », se désole Christian Moreau, de l’Ordre départemental. Il montre le courrier d’un homme qui souffre d’une pathologie cardiaque, et qui décrit sa « situation intolérable » : son médecin généraliste part en janvier à la retraite et les médecins autour de chez lui refusent de l’accepter comme nouveau patient. Christian Moreau a « honte » de la lettre qu’il lui a adressée en retour, pourtant longue et honnête, où il admet son impuissance. « On voit resurgir des pathologies qu’on ne voyait plus depuis quinze ans : des décompensations cardiaques par manque de surveillance, des AVC pris en charge tardivement, des plaies chroniques qui évoluent vers des ulcères. Et ce n’est que le début », prévient Dominique Cotillon-Dupoux, médecin généraliste et adjointe à la santé du maire (LR) de Châteauroux.

Par Caroline Coq-Chodorge et MEDIAPART.

 

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Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Social-Eco

Alors que le simulateur permettant aux travailleurs à revenus modestes de savoir s'ils ont droit à la future prime d'activité est enfin opérationnel, voici les étapes à respecter pour recevoir le premier versement de cette nouvelle prestation, programmé le 5 février 2016.

Annoncé pour le 1er novembre, le simulateur permettant aux travailleurs à revenus modestes de savoir s'ils sont éligibles à la prime d'activité est enfin disponible sur les sites de la CAF et de la MSA. La prime d'activité ? C'est ce dispositif qui remplacera, à compter du 1er janvier 2016, la Prime pour l'emploi (PEE) et le RSA Activité, deux incitations à l'emploi jugées peu lisibles et efficaces. Avec elle, les travailleurs à revenus modestes recevront chaque mois un coup de pouce financier. Sont concernés les salariés et les travailleurs indépendants à partir de 18 ans, mais aussi les étudiants et les apprentis à condition de justifier de revenus suffisants sur les trois derniers mois (environ 890 € nets mensuels).  

Son montant ? Il variera en fonction de la composition et de l'ensemble des ressources du foyer (prestations sociales comprises, notamment). Par exemple, un célibataire percevant un revenu d'activité de 1500 euros net par mois recevra 21,16 euros mensuels, et 97,16 euros euros/mois si ses revenus sont de 1300 euros nets. Une mère célibataire élevant 1 enfant et gagnant 1400 euros nets par mois (+ 100 euros d'allocations familiales), touchera 221,24 euros par mois. Dernier exemple, un couple au Smic avec deux enfants pourra compter sur un peu plus de 240 euros supplémentaires par mois.  

 

Etape 1 : simulez vos droits dès aujourd'hui

Pour évaluer le montant de votre future prime d'activité sur le simulateur disponible sur les sites de la CAF et de la MSA, les organismes vous invitent à vous munir des documents suivants, couvrant les mois d'octobre, novembre et décembre 2015 :  

- vos revenus d'activité

- les autres ressources que vous avez perçues ou percevrez au cours de ce trimestre (par ex, indemnités maladie et indemnités paternité/maternité, allocations chômage, pensions, retraite, etc.) 

- les relevés des prestations familiales, ainsi que les aides au logement qui seront prises en compte dans certains cas. 

A l'issue de la simulation, vous avez la possibilité de laisser vos coordonnées et adresse mail, ceci afin que l'organisme vous recontacte en janvier 2016 pour faire votre demande en ligne.  

Attention ! Les travailleurs indépendants devront prendre leur mal en patiente pour savoir s'ils sont éligibles ! Le simulateur n'intègre en effet pas encore de cases permettant d'indiquer leur chiffre d'affaires. Mais cela devrait être rendu possible dès le mois de janvier.  

Etape 2 : envoyez votre demande en janvier

A compter de janvier 2016, vous pourrez remplir en ligne votre formulaire de demande de la prime d'activité. En la validant au cours de ce mois, vous serez assuré de toucher votre premier versement à compter du 5 février 2016.  

Attention ! Si vous bénéficiez du RSA activité aujourd'hui, vous basculerez automatiquement dans le nouveau dispositif, sans avoir aucune démarche à accomplir.  

Etape 3 : n'oubliez pas de vous actualiser

La prime d'activité, versée tous les mois avec un montant fixe, même si votre situation change au cours de la période, est réévaluée chaque trimestre.Tous les trois mois, un courriel vous sera ainsi envoyé avec un lien pointant vers une "déclaration trimestrielle de ressources" à compléter en ligne ou sur l'application mobile de la CAF, onglet "Mon Compte".  

 

Par: la CAF. 

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Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Aide-Mémoire
Chloé Verlhac lors des obsèques de son mari Tignous, le 15 janvier 2015.Photo : AFP
 
 
 
Chloé Verlhac raconte le choc, tous les jours renouvelé, de l’absence de son Tignous de mari, assassiné au siège de Charlie Hebdo il y a un an, 
le 7 janvier 2015. Elle milite pour que son œuvre et ses convictions perdurent au quotidien dans les consciences.

Comment appréhendez-vous le 7 janvier ?

Chloé Verlhac Depuis le 7 janvier 2015, nous ne vivons que des « premières fois », sans Tignous. Nous sommes fatigués, parce que l’année a été épuisante. Mais surtout parce qu’une espèce de réalité prend forme : son absence devient lourde et douloureuse. Mais je suis une combattante. Au sens noble. Tignous, c’était le mec le plus pacifiste du monde, un mec très doux, très tendre, fort et rassurant. C’était presque moi qui le défendais. Je continue à le protéger comme je l’ai toujours fait. Je vais continuer à éditer ses livres. On me dit : « L’élan du mois de janvier dernier s’essoufle. » Moi, je n’y crois pas. Mais ­désormais, nous sommes tous concentrés sur une autre question : « Et maintenant ? On doit continuer, mais comment ? » C’est pour cette raison que je pars, loin, en janvier. Pour reprendre des forces. Et pour répondre à la question « Comment ? ». Tignous voulait que nous soyons heureux. Avant c’était une option, maintenant c’est un devoir.

 

Cette question prend d’autant plus de force, que le 6 décembre, vous avez été refoulée d’une séance de dédicaces sur un marché de Noël, à Sancerre…

Chloé Verlhac Le libraire qui m’invitait avait un stand sur le marché de Noël, organisé par une association de parents d’élèves de trois communes. Ma venue mettait en danger les enfants sur le marché de Noël, selon eux. Et ils m’ont dit, en plus : « Vous savez, en janvier, nous avons tous défilé. » Mais en janvier, ce sont des juifs et des journalistes qui ont été assassinés, ils n’étaient pas concernés directement. Le 13 novembre, un enfant de Sancerre (Cher) a été tué. Tout d’un coup, ils sont touchés. Avec cette idée que peut-être, s’ils se taisent et sont bien sages, il ne leur ­arrivera rien. Cela rappelle des temps funestes…

 

Alors que vous dédicacez régulièrement dans de grandes villes, où le brassage culturel est une réalité : Montreuil, Toulouse…

Chloé Verlhac Exactement ! À Sancerre, ce n’est pas le cas. Ce sont des terres qui votent Front national, dans des pourcentages assez élevés. Et des gens qui ont peur de ce qu’ils ne connaissent pas. Le début de la haine est là. C’est une manière très dangereuse de penser le monde et la société.

 

Ces personnes ont défilé en janvier. Mais quand il s’agit de présenter les œuvres de Tignous, et votre liberté ­d’expression et de circulation, ils coincent ?

Chloé Verlhac Ils n’ont même pas dû se poser la question en ces termes. Pour eux, je représentais un danger. Ce qui est absurde dans cette histoire, c’est que nous sommes dans un moment où le gouvernement affirme : « N’ayez pas peur, continuez à sortir, à vivre. » Et la préfète du Cher déclare : « Non, il vaudrait mieux repousser la venue de Chloé Verlhac. » Elle va ainsi à l’encontre du gouvernement qu’elle est censée représenter. Ce sont ces petits renoncements individuels qui fabriquent un grand renoncement collectif. Cela me renvoie à ce que disait Tignous : « Si on a peur, ils ont gagné, donc on n’a pas peur. »

 

Mais la séance de dédicaces, dans la cave d’un vigneron, a eu un succès et un écho considérables …

Chloé Verlhac Les gens sont magnifiques. Certaines personnes ont fait 600 kilomètres pour me voir, et deux heures de queue. Nous n’avions même plus de livres ! Et qu’on ait peur ou pas, la question ne se pose pas. On doit, on leur doit de défendre ces valeurs-là. Et je veux continuer à croire que nous sommes encore plus nombreux que les cons.

Vous disiez, voici quelques semaines, que faire vivre l’œuvre de Tignous vous permettait de rester debout. C’est aussi un moyen de garder vivante la mémoire de leur père pour vos enfants ?

Chloé Verlhac Les enfants sont très heureux. Notre seule revanche, c’est que le dessinateur et le mec formidable qu’était Tignous continue à exister. Ses dessins sont nécessaires, ils sont encore d’actualité pour un bon ­moment. Je veux graver cette petite part d’éternité que je peux lui offrir.

Par 
Caroline Constant.

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Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Aide

Photo : Josep Lago/AFP
Après les élections de ce dimanche en Espagne, une majorité peine à se dessiner. La confirmation des bons résultats de Podemos et la crise que connait les partis de gouvernement suite aux politiques d’austérité catastrophiques qu’ils ont imposées au pays, obligent à la création d’une coalition difficile à imaginer. La gauche a vraiment les moyens de peser dans le débat.

S’il est bien difficile de déterminer qui a gagné les élections en Espagne, le très bon score de Podemos, très encourageant, ne le porte qu’à la troisième place, il est plus simple de déterminer qui a perdu : l’austérité. Les partis de gouvernement traditionnels, qui ont fait subir à l’Espagne une cure de mesures antisociales et qui ont fait exploser le chômage et les services publics sont désavoués. Le PP de droite, bien qu’en tête, a perdu sa majorité absolue, avec 63 sièges de moins par rapport à 2011 et son pire score depuis 1993. Son bilan : l'austérité et la corruption dans un pays ou un actif sur cinq est au chômage. Le Parti socialiste (PSOE) arrive de justesse deuxième, mais n'a jamais recueilli un aussi mauvais résultat, avec 90 sièges et 22% des voix.
 

En troisième, le talonnant de très très près,  la formation Podemos et ses alliés confirme ses très bons résultats, et obtient 20,6% des voix. Bémol, malgré son bon score sur le plan national, Podemos va se retrouver sous représenté à l’Assemblé avec 69 députés seulement, à comparer aux 90 du PSOE avec un nombre de voix quasi équivalent. La raison, la prime accordée aux circonscriptions rurales en Espagne sur les urbaines, et l’électorat de Podemos restant très concentré dans les grandes villes du pays. La formation est par exemple en tête à Barcelone et à Taragone.
En quatrième arrive le parti libéral Ciudadanos, qui avec 14% des suffrages et 40 députés, fait moins que ce que les sondages annonçaient mais a bien siphonné les voix du Parti Populaire de Rajoy où demeure la branche des conservateurs.

 

Izquierda Unida, coalition de gauche, obtient 3,67 %  au national, mais seulement 2 députés. Des partis comme des indépendantistes catalans, ou basques, avec un score bien moindre arrivent à en décrocher 9 parlementaires.

Le résultat de dimanche, et avec des circoncriptions comme en France.

 

Coalition impossible?

Il faut 176 sièges pour obtenir la majorité. La seule coalition qui permettrait à Rajoy (PP) de gouverner serait avec le PSOE. Ce qui semble déjà exclu.  Le PP, avec Ciudadanos, n'aurait que 163 sièges. Et un bloc PSOE-Podemos n'obtiendrait que 159 sièges.
 

"Je vais tenter de constituer un gouvernement et je crois que l'Espagne a besoin d'un gouvernement stable", a martelé Mariano Rajoy dans la nuit de lundi à mardi.  Il faut "atteindre des accords", a-t-il ajouté en laissant ainsi entendre que s'ouvre le temps des négociations.  En l'absence de majorité absolue, il reste l'option d'un gouvernement investi avec une majorité simple, mais qui devrait du coup négocier pied à pied chacune de ses politiques pour gouverner.
 

Le porte-parole de Podemos, Pablo Iglesias, a déjà exigé des mesures d'urgence sociale, qui ne peuvent être retardées selon lui, passant par une réforme constitutionnelle garantissant l'inaliénabilité du droit au logement, à la Santé et à l'Education notamment.

Depuis quelques jours, Podemos tend la main au socialistes pour bloqué l'investiture de Mariano RAJOY une position qui va froisser les "curées rouges" (dont le leit-motiv est d'être anticommuniste) et les adeptes d'une "autre politique".

 

"Nous n'allons pas abandonner la direction de l'Espagne à Mariano Rajoy", a déclaré Pablo Iglesias devant le Conseil citoyen, l'organe dirigeant du parti.

"Nous devons continuer à tendre la main" aux députés du PSOE "les plus sensés" pour savoir de "quel côté ils sont", a-t-il poursuivi.

Le chef de Podemos a toutefois répété sa volonté d'organiser un référendum sur l'indépendance de la Catalogne, un vote que les socialistes ne veulent pas.

Si Podemos, la troisième force politique de l'Espagne avec 42 sièges obtenus, et le PSOE (90 sièges) ont annoncé qu'ils voteront contre l'investiture de M. Rajoy, les deux partis s'opposent sur la question catalane, empêchant toute alliance.

"La majorité des Espagnols qui ont voté pour le changement ne comprendraient pas que l'opportunité d'affronter les grandes transformations en cours dans ce pays soit gâchée par l'obstination à organiser un référendum qui n'est pas prioritaire", a répondu dimanche le député socialiste Rafael Simancas.

Pablo Iglesias a demandé aux socialistes d'"arrêter leur cinéma et de dire clairement ce qu'ils veulent faire", les accusant d'être absorbés par des luttes intestines.

Pablo Iglesias a également insisté pour que "la justice sociale" soit le fil conducteur de sa politique, répétant sa volonté de présenter "une loi d'urgence sociale" dès l'ouverture de la session du nouveau parlement, le 13 janvier.

Les élections législatives du 20 décembre ont débouché sur un parlement fragmenté, aucun parti n'ayant la majorité absolue ni de partenaire prêt à former une coalition.

La Constitution prévoit que le roi désigne, après consultations, un candidat chargé de former un cabinet qui doit être investi par la chambre. Pour ce faire, il doit obtenir la majorité absolue des sièges, 176 sur 350. En cas d'échec, l'investiture est possible à la majorité simple, que Mariano Rajoy n'obtiendrait pas.

En effet, avec ses 123 sièges et faute du soutien des libéraux de Ciudadanos, le Parti Populaire serait forcément bloqué par PSOE et Podemos qui ont ensemble 159 sièges.        

 

Par: l'AFP.

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Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Europe

Le 23 décembre dernier, Jean-Jacques Candelier, député PCF du Nord, a interpellé François Hollande sur la situation des Kurdes de Turquie, victime d'une terrible répression.

 
Stop au massacre des Kurdes en Turquie : Jean-Jacques Candelier interpelle François Hollande
 
Monsieur le Président de la République,

C’est avec gravité que je voudrais vous alerter sur la situation du peuple Kurde et sur l’opération militaire Turque débutée le 16 décembre 2015 qui a fait plus de 100 morts en 5 jours.

Dans un silence médiatique et politique assourdissant, les populations du sud-est de la Turquie font les frais d’une politique répressive et de massacres rappelant les heures sombres du régime ottoman et le génocide opéré contre les arméniens.

Les villes de Cizre et Silopi sont sous couvre-feu total, avec un objectif affiché par le premier ministre Turque, Ahmet Davutoglu d’« éliminer les terroristes quartier par quartier, maison par maison, rue par rue ». Pourtant, en 2011, lorsque le président libyen Mouammar Kadhafi avait lancé des menaces similaires, mot pour mot, les pays occidentaux, France en tête, avaient décidé de lancer une offensive militaire contre Tripoli. Aujourd’hui, alors qu’aucune réaction diplomatique n’est audible pour condamner ces exactions, j’en appelle avec insistance à la responsabilité de la France.

Si le Président Erdoğan déchaîne depuis quelques jours ses troupes contre les Kurdes en transformant des villes en véritables zones de guerre, la politique de terreur est à l’œuvre depuis plusieurs mois.

Depuis cet été, le président Turque et son premier ministre ont lancé une guerre contre le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) mais également contre tous les représentants du peuple kurde.

C’est dans ce climat de terreur que le célèbre avocat et militant de la cause kurde, Tahir Elçi a été sauvagement assassiné le 28 Novembre dernier alors que, quelques jours auparavant, le co-président du HDP (parti démocratique des peuples), Selahattin Demirtas, échappait aux balles des tueurs de l'Etat turc.

Les deux attentats perpétrés dans les villes de Suruç et d’Ankara qui ont touchés durement le mouvement kurde n’ont toujours pas été revendiqués. Nous savons pourtant que l’Etat Islamique revendique toujours les actes barbares qu’il commet afin de faire de la propagande. Quelle conclusion en tirer ?

Dans le même temps, la politique d’Ankara envers les djihadistes de Daech fait preuve d’une complicité coupable. La frontière poreuse entre la Turquie et la Syrie permet aux terroristes d’exporter leur pétrole de contrebande mais également de s’approvisionner en armes, matériels et combattants alors que les volontaires kurdes se portant au secours de la population de Kobané étaient empêchés de passer.

D’un point de vue militaire, l’aviation turque a profité des bombardements contre l’EI pour rompre le cessez-le feu décrété en 2013 et pilonner de nombreuses positions tenues par le PKK en Irak mais également en Turquie, tuant de nombreux civils comme dans les bombardements des villages du Mont Kandil. Le PKK est pourtant pleinement impliqué dans la lutte contre les terroristes de Daech. Comment donc comprendre ces bombardements ? La Turquie mène-t-elle réellement le combat contre Daech ?

La France ne peut rester silencieuse et doit activement œuvrer au retour de la paix et d’un cessez-le feu dans un conflit qui a provoqué plus de 40 000 morts depuis 1984. Il faut rompre toute coopération avec le régime islamo-conservateur d’Ankara qui fait le choix d’une répression brutale contre quiconque s’oppose à sa politique et dont les positions ambiguës vis-à-vis des terroristes de Daech doivent être condamnées. De manière urgente, l’opération militaire en cours doit cesser de semer la mort dans les rangs kurdes.

J’en appelle également à la France pour une prise d’initiative auprès de l’Union Européenne afin de sortir le PKK de la liste des organisations terroristes. L’amalgame fait par le pouvoir Turc entre Daech et le PKK est insupportable.

Dans l’attente de vous lire et dans l’espoir d’une réaction officielle de l’État Français sur les massacres en cours dans le sud-est de la Turquie,

Veuillez agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de ma haute considération.      
 
Par: N. MAURY. 

 

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Publié dans : #Aide-Mémoire

Julian MischiJulian Mischi

Julian Mischi

Julian Mischi, dans votre livre Le communisme désarmé (Editions Agone, 2014), vous mettez en relief la baisse du nombre et du poids relatif des adhérents issus de ce que vous appelez « les classes populaires ». L’engagement de militants syndicaux dans le parti, par exemple, est nettement moins important que dans les années 70 ou 80. Sur la même période, le programme du parti a été modifié. L’expropriation des capitalistes n’y figure plus. Y a-t-il un rapport entre l’évolution sociologique du parti et celle de son programme et de son discours ?

Alors que de puissantes logiques sociales excluent les catégories populaires (ouvriers, petits paysans et artisans, employés des services…) de la vie politique, le PCF a effectivement réussi, pendant un temps, à contrer ces dynamiques inégalitaires. Tout un ensemble de dispositifs visaient à assurer l’accueil puis la promotion d’adhérents d’origine populaire, des adhérents qui avaient souvent commencé à militer au sein de leur entreprise à la CGT. Par ce caractère populaire, le PCF n’avait pas d’équivalent sur la scène politique et pouvait apparaitre aux yeux de beaucoup comme le porte-parole légitime de la « classe ouvrière ».

Depuis surtout une trentaine d’années, on note une diminution de la place des classes populaires au sein du PCF. Cela résulte d’abord des recompositions du monde du travail, qui rendent plus difficile l’engagement dans ces milieux. L’ensemble rassemblant ouvriers et employés reste numériquement important, mais ce salariat d’exécution et /ou subalterne est davantage fragmenté et fragilisé que par le passé. L’évolution de la composition sociale du parti traduit en cela les transformations socioculturelles des milieux populaires.

Néanmoins, les inflexions de leurs discours porté par les dirigeants communistes n’ont pas freiné ces tendances, elles les ont même plutôt accompagnées. Au-delà de références programmatiques précises, je pense à la progressive mise en sourdine du principe (et de ses implications) selon lequel l’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes. Ce principe se traduisait concrètement par une politique des cadres attentive à donner une place centrale aux militants ouvriers. La question de l’origine sociale des militants est devenue secondaire en même temps que fut délaissée la référence à la classe ouvrière comme principal acteur révolutionnaire. L’abandon de cette notion peut bien sûr se justifier par la prise en compte des évolutions du salariat, marqué par la féminisation et le développement des services. Mais elle s’est accompagnée d’un abandon plus général de la réflexion sur les rapports de classe, une réflexion éclipsée par la mobilisation de notions a-classistes comme le « salariat », voire les « gens » dans les années 1990.

La priorité donnée au recrutement d’ouvriers a été abandonnée. On ne fait pas grand-chose pour favoriser la création de cellules dans les entreprises. Vous évoquez divers facteurs extérieurs au parti qui ont pu contribuer à sa déconnexion avec les travailleurs, mais vous dites que celle-ci résulte aussi de « logiques internes ». Pensez-vous que la déconnexion avec les travailleurs s’est opérée à l’avantage de certains éléments, ou de certains intérêts, dans le parti ?

Concernant l’organisation dans les entreprises, il faut bien avoir à l’esprit que la constitution de contre-pouvoirs militants est particulièrement difficile en ces temps de répression syndicale et d’atomisation des collectifs de travail. En outre, la présence communiste dans les entreprises a toujours été, en réalité, relativement réduite, même du temps de la forte influence de ce parti. Sur le lieu de travail, c’était l’engagement à la CGT qui primait. Mais, même fragiles, les sections d’entreprises occupaient une place centrale dans l’univers communiste car elles fournissaient ses principaux dirigeants, dont beaucoup étaient d’anciens ouvriers qualifiés de la métallurgie.

Or, cette matrice ouvrière et syndicale à l’engagement s’est profondément réduite à partir des années 1980-1990 en même temps que le PCF et la CGT se sont progressivement éloignés l’un de l’autre. Une autre matrice, celle des engagements municipaux, est devenue prépondérante. C’est autour des collectivités territoriales que le PCF s’est restructuré avec non seulement les élus, mais aussi tout le personnel politique spécialisé gravitant autour d’eux. Logiquement, les enjeux électoraux sont devenus prépondérants alors que la question du militantisme en entreprise apparaît plutôt secondaire pour ces professionnels de la gestion politique locale qui ont d’ailleurs peu de culture syndicale. Élus et cadres des collectivités locales peuvent même s’opposer aux militants ouvriers de la CGT lors de conflits sociaux que connaissent certaines municipalités communistes comme je l’évoque dans l’ouvrage.

Il faut dire aussi qu’indépendamment des intérêts de chacun, le simple fait de délaisser les dispositifs organisationnels de sélection et de formation de porte-paroles d’origine populaire, conduit automatiquement à favoriser les catégories sociales plus diplômées dans l’organisation, en particulier les enseignants et les cadres de la fonction publique. De l’alliance entre les classes populaires et la petite bourgeoisie culturelle qui a fait la force du mouvement communiste, il ne reste progressivement plus qu’un seul versant.

La place des élus est devenue prépondérante dans la vie interne du PCF. La tradition qui veut qu’ils reversent leurs indemnités tend à limiter les dérives « carriéristes » que l’on observe ailleurs. Et pourtant, de nombreux élus acquièrent une grande autonomie par rapport au parti, au point que, dans bien des cas, les militants n’ont pratiquement aucune prise sur l’action politique des élus. Y a-t-il, à votre avis, un remède à cela ?

La question de l’autonomie des élus est un problème structurel du mouvement ouvrier. C’est l’un des ressorts de la création du PCF suite à ce qui est perçu comme la « trahison » des députés socialistes lors de la Première guerre mondiale. Mis à part les années 1920, les élus communistes ont cependant toujours eu des marges d’action non négligeables vis-à-vis de leur parti. Mais cette situation a pris une toute autre ampleur dans les 1980 et 1990 : les élus locaux peuvent se permettre des stratégies autonomes car ils sont capables lors des scrutins locaux de contenir la baisse d’influence que leur parti connaît aux élections nationales.

Ensuite, à partir de la fin des années 1990, on observe un mouvement de renforcement de la place des élus (et de leurs collaborateurs) dans l’appareil. Les dirigeants des fédérations ont en effet pour consigne d’entrer dans les assemblées départementales et régionales. Les permanents ne pouvant plus être rétribués par un parti dont les ressources financières se réduisent, ils doivent rechercher d’autres sources de financement, celles des mandats électifs.

Le fait qu’il ait encore de très nombreux élus est bien sûr une force pour le courant communiste, une force qui fait défaut à d’autres partis comme le NPA ou le PG. L’ancrage municipal du PCF a été déterminant dans la force passée de cette organisation et dans son implantation dans les milieux populaires. Mais, aujourd’hui, avec le déclin de la base militante et la diminution des ressources financières, les élus et les enjeux électoraux occupent une place centrale dans l’organisation.

Or, aux côtés de la prise de mandats électifs ou du travail auprès des élus, tout un horizon militant mériterait d’être également valorisé : éducation populaire, militantisme syndical, travail intellectuel, entraide locale, etc. Selon cette perspective, il devrait être possible d’envisager une promotion militante pour un jeune communiste sans qu’il ne devienne automatiquement élu ou collaborateur d’élu. Cela nécessite probablement de renforcer les capacités des militants à intervenir dans l’espace local indépendamment des élus. Ou encore de réhabiliter la fonction de secrétaire « politique » des sections et des fédérations. Il s’agit là d’un rôle militant clef, situé à l’intersection des engagements associatifs, syndicaux, électifs, etc.

D’un point de vue idéologique, l’essor des structures de gestion des collectivités territoriales, le développement de l’intercommunalité en particulier, pourraient faire l’objet d’une analyse critique afin d’assurer une meilleure résistance à la vulgate technocratique qui touche l’ensemble des partis de gouvernement. La diffusion d’une conception pragmatique et technique de l’action municipale appelle manifestement à une repolitisation des débats qui se déroulent dans ces instances aux règles de fonctionnement opaques. Face à la professionnalisation de l’administration communale et intercommunale qui marginalise plus que jamais les classes populaires, il y a bien sûr un enjeu à développer le rôle des écoles du parti dans la formation des militants.

Enfin, comment voyez-vous l’évolution future du PCF ?

En tant que sociologue, il m’est difficile de répondre à cette question. Mais les évolutions récentes laissent présager tout de même des recompositions militantes. Une recomposition d’abord liée à la réduction du nombre d’élus locaux, qui a atteint un tel point que des fédérations entières sont forcées de se réorganiser autour de réseaux essentiellement militants, autour de dirigeants n’ayant pas de mandat électifs. Ces derniers sont, de fait, moins sujets à rechercher une alliance à tout prix avec les socialistes. Des situations locales particulièrement conflictuelles, où élus et militants se font affrontés lors de la préparation des élections municipales de mars 2014, se pacifient tout simplement parce qu’il n’y a quasiment plus d’élus ou parce que ceux-ci ont quitté le parti pour garder leur siège.

On peut également entrevoir une recomposition induite par l’émergence d’une nouvelle génération de dirigeants communistes issus des rangs des « jeunes » communistes qui ont rejoint le mouvement dans la deuxième partie des années 2000. Ces militants sont entrés dans le communisme à travers des luttes, contre la seconde guerre du Golfe, et surtout contre le Contrat Première Embauche (CPE) et le Traité Constitutionnel Européen (TCE). Par rapport à leurs prédécesseurs, ils sont moins issus de familles militantes ou de municipalités communistes. Ils peuvent sûrement favoriser un renouvellement des équipes militantes, mais cette dynamique est fragilisée par les déchirements que connaît le Front de Gauche.

 

Par: Julian MISCHI.

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Ambroise Croizat, ministre du Travail et de la Sécurité sociale en 1945Ambroise Croizat, ministre du Travail et de la Sécurité sociale en 1945

Ambroise Croizat, ministre du Travail et de la Sécurité sociale en 1945

Vous lirez ci-dessous l’intervention de Michel Cialdella (retraité, syndicaliste CGT,ex-administrateur de la CPAM de Grenoble) le 14 décembre 2015 lors de la cérémonie organisée par la municipalité de Fontaine (Isère) à l’occasion du 70e anniversaire de la Sécurité sociale.

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 « La sécurité sociale vous appartient »

A l'occasion du 70e anniversaire de la Sécurité sociale, il faut rappeler que L’Histoire ne sert pas à célébrer le passé mais à écrire l’avenir, et qu'il est indispensable de garder la connaissance sur le passé pour analyser correctement le présent, ses contradictions, ses potentialités. Pour éclairer l’avenir, il faut savoir d’où l’on vient.  

La sécurité sociale est née d'une volonté du Conseil National de la Résistance dont le programme doit beaucoup à la CGT et au Parti communiste français. Sait-on assez que le principal rédacteur de ce programme est le communiste Pierre Villon, résistant de la première heure. Programme qu'il a élaboré en liaison avec Jacques Duclos et Benoît Frachon.  

Ce programme est adopté à l'unanimité le 15 mars 1944. Il prévoit : « Un plan complet de sécurité sociale, visant à assurer à tous les citoyens des moyens d'existence, dans tous les cas où ils sont incapables de se les procurer par le travail, avec gestion appartenant aux représentants des intéressés et de l'État ».  

Il restait à construire l'organisme qui comprend 4 branches : Maladie, Accidents du travail et Maladies professionnelles, Vieillesse et Famille. Après un long travail de la commission sociale de l'assemblée provisoire, présidée par Ambroise Croizat, qui ne part pas de rien puisque dès avril 1944, à Alger, il impulse un groupe de travail de l'assemblée consultative provisoire sur le sujet (1). Le projet d'ordonnance organisant la sécurité sociale, est un rapport présenté par Georges Buisson (CGT), le 24 juillet 1945, est adopté par l'assemblée consultative provisoire par 190 voix pour et une voix contre. La seule voie ouvertement hostile est celle de Joseph Denais (droite) mais il y a 84 abstentions pour la plupart des députés MRP, la CFTC et quelques radicaux. Ce qui invalide la thèse de l'unanimité ?  

C'est Alexandre Parodi, ministre du Travail, qui signe les ordonnances du 4 et du 19 octobre 1945. De Gaulle, à qui certains attribuent un peu vite la Sécu, ne les a pas signés. Il est à Moscou ce jour-là.   

Le 21 octobre 1945, le PCF obtient 26,2 % et 159 députés à élection de l'assemblée constituante (2). Le PCF devient le premier parti de France. Le Parti socialiste obtient 23,5% et 139 députés. La gauche est majoritaire avec 60% des voix.  

De 1945 à 1947, la CGT voit le nombre de ses adhérents passés de 4 à 6 millions (3).  

Au-delà des chiffres cette dynamique crée un rapport de force favorable aux travailleurs. Il est utile de le rappeler au moment où d'aucuns tentent de nous faire oublier l'utilité des luttes sociales et criminalisent l'action syndicale.  

C'est dans ce contexte que le 22 novembre 1945, soit 32 jours après la publication des ordonnances, Ambroise Croizat devient ministre du Travail et de la Sécurité sociale. Il est chargé de mettre en place ce grand organisme (4). Pour cela, il organise des centaines de réunions avec les gens concernés (5).   

La droite ne renonce pas.  

Le 22 décembre 1945, 79 jours après la publication des ordonnances, le MRP présente une proposition de loi (6), qui a pour objet de modifier l'ordonnance du 4 octobre 1945. On devine dans quel sens.  

De Gaulle démissionne du gouvernement le 20 janvier 1946 ce qui le met dans l'impossibilité de faire quoi que ce soit pour la Sécurité sociale.  

Pire, en 1948, dans son discours de Compiègne, de Gaulle met l’accent, , sur la nécessité de réduire les dépenses sociales, je cite « réduire les dépenses de manière durable et effective ; cela comporte, en effet, la suppression de services entiers, la mise en ordre radicale des entreprises nationalisées, la réforme profonde du fonctionnement des assurances sociales… » (7) . Voilà, pour l'apport de Gaulle à la Sécu, qu'il appellera toujours "les assurances sociales".  

Le patronat ne renonce pas non plus.  

La CGPF ( Confédération Générale du Patronat Français), qui avait collaboré avec le régime de Pétain et l'Allemagne nazie, change de nom. L'organisation patronale devient C.N.P.F le 21 décembre 1945, et tente de se refaire une virginité en allant chercher pour la présidence un certain Georges Villiers, dirigeant de PME, estampillé résistant, bien que maire de Lyon  de 1941 à 1943, sur proposition de François Darlan, chef du gouvernement de Vichy. Dès 1948,le CNPF soutient que « la Sécurité sociale met en danger l'économie du pays » le 10 novembre 1948, la chambre de commerce de Paris prétend que : « La Sécurité sociale est devenue pour l'économie, une charge considérable. » Dans la foulée, elle fustige les salariés qui selon elle « ont profité de traitements dont ils n'avaient peut-être pas un besoin certain, la moindre maladie a été le prétexte de repos. L’absentéisme s’est développé ». 70 ans plus tard, ils ont du mal à se renouveler.  

En 1949, Paul Reynaud (président du conseil, aujourd'hui on dirait premier ministre) dénonce : « la charge excessive des cotisations sociales qui rend notre situation économique intenable ».  

Incompétence ou mauvaise foi ? Sans doute les deux car nous avons eu ont ensuite, ce qu’ils ont euxmêmes appelé  les « Trente glorieuses ».  

Ce qui n'empêche pas certains de chercher à masquer l'enjeu de classe.  

Ainsi, en 2013, dans un livre publié à la documentation française, Benjamin Ferras inspecteur des affaires sociales prétend que les entreprises ont accepté de contribuer au système d'assurances sociales. (8).  

Pour la sociologue Colette Bec, « le programme du CNR est emblématique d'un consensus et, au-delà, le signe d'une unanimité nationale.». (9). Il faut oser !  

Les gouvernements ainsi que les grands médias font de Pierre Laroque le père de la Sécurité sociale. Ce qui est extraordinaire, car c'est la seule grande réforme qui porte le nom d'un directeur de cabinet alors que toutes les réformes même les plus rétrogrades portent le nom du ministre, par exemple : Balladur, Juppé, Fillon, Douste-Blazy.  

Je ne conteste pas le rôle important de Pierre Laroque qui a mis en forme juridique les longs travaux de la commission sociale, mais ainsi que l'indique le chercheur américain Henry C. Galant : « les défenseurs les plus actifs du nouveau plan de sécurité sociale et de son application étaient les communistes et la CGT... qui était de loin le syndicat le plus puissant. » (6). La mise en valeur de Pierre Laroque sert à masquer les luttes sociales.  

Pour pouvoir mettre en place la sécurité sociale à partir du 1er juillet 1946. Le gouvernement reçu  

« l'appui efficace des dirigeants communistes comme d'ailleurs des éléments non communistes de la CGT... la centrale syndicale qui était, à cette époque, sans nul doute, l'organisation professionnelle la plus représentative.» «... c'est grâce aux efforts de la CGT que les caisses furent prêtes à fonctionner à la date prévue ». Relève Henry C. Galant chercheur américain.  

A sa manière Pierre Laroque, qui fut Directeur Général de la Sécurité Sociale, dans un entretien à la revue Le Droit Ouvrier (10) d'octobre 1995, paru à l'occasion du 50e anniversaire de la Sécurité sociale, rend hommage à la CGT : « Nous avons eu la chance, si c'est une chance, que la CGT ait été pratiquement seule en 1945 à représenter le monde du travail ».   

Tout au long de ces 70 années, les attaques contre la sécurité sociale n'ont pas cessé. Au prétexte d'un déficit que gouvernement et patronat ont eux-mêmes organisé. En effet, lorsque l'on décide entre gens « intelligents », de geler les taux de cotisations, en 1979 pour la retraite et en 1984 pour la maladie, indépendamment des besoins, nous avons, non pas un déficit, mais un besoin de financement.   

La Sécu n'est pas un commerce, mais un formidable moyen de permettre l'accès de tous aux soins de qualité, à la retraite, et aux allocations familiales qui ne sont pas une aide aux pauvres mais un complément de salaire qui reconnait le travail de la famille auprès des enfants. En 1945, Croizat  fait passer la cotisation de 16 à 32 %.   Il triple les allocations (indexées sur les salaires) qui représentent alors la moitié du salaire des familles populaires, ouvrières ou employées.   

Les agitateurs du trou abyssal comptent pour peu de chose les millions de personnes qui ont pu, grâce à la Sécurité sociale, être soignées, avoir la vie sauve, et puissent finir leur vie dans la dignité. Même si je suis conscient qu'il reste beaucoup à faire dans ce domaine.   

Pierre Laroque, dans un avant-propos paru dans la revue française des affaires sociales, (juillet-septembre  

1985) à l'occasion des 40 ans de la Sécurité sociale écrivait : « le risque existait qu'une sécurité généralisée conduisit à développer chez les travailleurs un optimisme égoïste, à courte vue, une tendance à se laisser vivre, à s'endormir dans la satisfaction d'une médiocrité permanente… ». Dans le même avant-propos il écrit : " Il serait raisonnable, comme l'on a d'ailleurs commencé à le faire, d'augmenter la cotisation des bénéficiaires, et peut-être aussi celle de la collectivité, tout en réduisant celle des entreprises "… Si l'on ajoute qu'en 1993 dans un livre de souvenirs, le même Pierre Laroque se prononce contre la retraite à 60 ans qu'il considère comme une erreur. Il montre ainsi ses limites de progressiste.  

La gestion.  

Pendant les 15 premières années, les travailleurs, et notamment les ouvriers, qui disposaient des 3/4 des sièges, ont géré complètement les caisses de Sécurité sociale. Montrant ainsi la capacité de la classe ouvrière à gérer un budget supérieur à celui de l'Etat. Ce qui est insupportable au patronat et à ses soutiens. En conséquence, dès 1960, l'État à mis la main dessus, renforçant les pouvoirs du directeur au détriment des conseils d'administration élus. (Décret du 12 mai 1960) (11).  

À chaque réforme c'est un peu moins de pouvoir pour les conseils d'administration, ou les représentants des salariés ont disposé des 3/4 des sièges jusqu'à la réforme de 1967. Cette réforme De Gaulle /  

Jeanneney vise entre autres à marginaliser la CGT et à donner le pouvoir réel au patronat. Il  suffit à celuici de trouver un syndicaliste jaune, pour avoir la majorité.  

Cette réforme met fin (au moins pour l'instant) aux élections des conseils d'administration. Le paritarisme est instauré.  

En 1983 le gouvernement Mitterrand rétablit les élections avec la majorité des sièges aux salariés, mais sans redonner toutes ses prérogatives au Conseil d'administration. Élus pour six ans les Conseils d'administration auraient dû être renouvelé en 1989. Le gouvernement socialiste les a repoussés jusqu'en 1995, datte à laquelle, les ordonnances Juppé les ont supprimés et ont réinstauré le paritarisme.  

En 2001, le patronat quitte les caisses de Sécurité sociale. Pendant 3 ans leur absence n'a pas empêché les caisses de Sécu de fonctionner ! Pour l'anecdote, à la CPAM de Grenoble, la CFDT a demandé que l'on garde des places dans les commissions pour leur retour.....  

En 2004, c'est la loi dite Douste-Blazy qui supprime carrément les conseils d'administration pour y substituer des conseils d'orientation. Le patronat qui a obtenu en partie satisfaction revient dans les caisses de Sécurité sociale.  

Cette loi qui donne les quasi-pleins pouvoirs au directeur Général de la CNAMTS,  fait entrer les complémentaires (assurances privées et mutuelles) dans une union nationale des caisses complémentaires d'assurance-maladie. (UNOCAM), où elles disposent du pouvoir de peser sur les remboursements. Cette loi ouvre la voie à la privatisation.  

La propriété.  

Pierre Laroque, s'il n'est pas le père de la Sécurité sociale, avait bien compris l'objectif et rappelait en 1946 : « Nous voulons que demain, les travailleurs considèrent que les institutions de Sécurité sociale sont des institutions à eux, gérées par eux et où ils sont chez eux ».  

La Sécurité sociale française est un organisme de droit privé exerçant une mission de service public. Elle n'a ni actionnaires ni PDG. Elle est une propriété sociale. Elle est également la démonstration que nous pouvons nous passer des patrons, et du crédit. Les gouvernements qui doivent exercer une garantie et un contrôle a posteriori n'ont pas de légitimité pour la détruire.  

On nous parle souvent de la dette que nous laisserions à nos enfants. Thème sur lequel il y aurait beaucoup à dire !   

Dans un important ouvrage, l'anthropologue et économiste américain David Graeber écrit :  "Depuis des millénaires, les violents disent à leurs victimes qu'elles leur doivent quelque chose. Au minimum, elles "leur doivent la vie", puisqu'ils ne les ont pas tuées". (12)  

Nous avons le devoir de leur transmettre  une Sécurité sociale encore plus performante que celle que nos anciens nous ont léguée. Loin d'être dépassé, elle est d'une grande modernité comme l'est le programme du Conseil National de la Résistance. Ce qui devrait nous inciter à continuer l'œuvre de ses fondateurs. En faisant plus et mieux dans une France immensément plus riche. Songez que de 1950 à 2013 la richesse monétaire a été multipliée par 7,2 selon l'INSEE.  

La Sécurité sociale est un enjeu de classe. Seule la lutte consciente des salariés permettra que le 70e anniversaire soit celui de sa reconquête.  

 

Par: Michel Cialdella.  

  

Bibliographie.  

  1. - Ambroise Croizat ou l'invention sociale. Michel Etiévent. Editions GAP - 2012  
  1. - L'archipel communiste - Une histoire électorale du PCF - Roger Martelli - Editions sociales - 2008.  
  1. - La CGT de la Libération à la scission de 1944 à 1947 - Annie Lacroix-Riz - Editions sociales - 1983.  
  1. - Un siècle de réformes sociales. Une histoire du ministère du Travail. 1906-2006. La documentation française. Octobre 2006.  
  1. - Pierre Villon, résistant de la première heure. Pierre Villon, membre fondateur du conseil national de la résistance s'entretient avec Claude Willard. Éditions sociales. 1983.  
  1. - Histoires politiques de la sécurité sociale française. 1945-1952. Henry C. Galant. Comité d'histoire de la sécurité sociale. Édition 2005.  
  1. - Traité de Sécurité Sociale : le droit de la Sécurité sociale. Yves Saint-Jours ; L.G.D.J.  1984.  
  1. - La protection sociale en France. Sixième édition. Sous la direction de Marc de Montalembert. La documentation française. 2013.  
  1. - La sécurités sociales. Une institution de la démocratie. Par Colette Bec (sociologue). 2014.  
  1. - Le Droit Ouvrier d'octobre 1995  
  1. - Décret n° 60-452 du 12 mai 1960 relatif à l'organisation et au fonctionnement de la Sécurité sociale.  
  1. - DETTE 5000 ans d'Histoire - David Graeber - Les Liens qui Libèrent - 2013. 

 

 

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Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Europe

L’eurodéputé PS Marc Tarabella a pu consulter le rapport d’évaluation des gains des projets de TTIP sur la table, émis par le ministère de l’agriculture américain. Selon lui, ses "conclusions sont sans appel : d’une part, le secteur agricole Européen serait le grand perdant de cet échange, d’autre part les européens pourraient même subir des effets négatifs en cas d’accord. De l’aveu même des américains, les Européens n’ont pas grand-chose à y gagner. Au vu de ces résultats, je demande l’arrêt pur et simple des négociations avec les États-Unis. Je ne veux pas voir mener à l’abattoir l’agriculture européenne et dans son sillage la subsistance alimentaire européenne", tempête le député européen, en charge de l’agriculture et de la Protection des consommateurs au Parlement européen, dans un communiqué émis ce mardi.

Il ajoute que "le volet agricole ne peut être la variable d’ajustement des autres chapitres de la négociation TTIP. Ce serait se moquer des agriculteurs et des consommateurs européens."


Les gains financiers pour les USA seraient incroyablement plus grands que pour les Européens

Dans ce communiqué, on apprend que plusieurs scénarii sont envisagés par les Américains. Deux leur sont extrêmement favorables. Il s’agit premièrement de l’abolition des droits de douane, qui rapporterait 5,5 milliards de dollars aux Etats-Unis là où l’Union européenne ne gagnerait que 800 millions. Le second serait cette même abolition à laquelle on ajouterait la suppression des mesures non tarifaires. Là, les USA gagneraient 10 milliards de dollars tandis que l’Union européenne seulement 2 milliards.

Cette disproportion entre les gains potentiels au niveau agriculture de la signature d’un tel accord transatlantique –qualifiée de "déséquilibre astronomique" par Marc Tarabella- aurait de lourdes conséquences pour notre agriculture. En effet, cette nouvelle concurrence ferait plonger les prix pour les producteurs européens, selon le député.

Les Américains qui ont réalisé l’enquête l’avouent eux-mêmes: "les Européens n’ont pas grand-chose à gagner" en signant un tel accord.


Si les citoyens européens préfèrent la qualité, les USA n'auraient rien à y gagner

Ils ont également évalué leurs gains dans d’autres scénarii. Celui qui leur serait le moins profitable ? "Dans le texte, on peut également lire que le scénario qui leur serait néfaste serait celui de citoyens faisant de la qualité et des questions sanitaires une priorité", détaille encore M. Tarabella. Les autorités US expliquent qu’alors les consommateurs se tourneraient vers la production locale. Dans un tel cas, les Américains conviennent que le TTIP n’aurait aucun intérêt. "On imagine volontiers toute la détermination outre Atlantique d’éviter un tel scénario catastrophe pour les entreprises US", estime l’eurodéputé.

"Ce rapport vient conforter une position déjà défendue au Parlement européen : il faut cesser les négociations TTIP avec les États-Unis afin que ne soient sacrifiés ni l’agriculture européenne ni le citoyen européen !", conclut M. Tarabella.

Une seule question, "pourquoi continuer a vouloir imposée un projet néfaste pour l'Europe?"

Par: l'AFP.

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Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Culture

PHOTO ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP
Le comédien Michel Galabru est décédé ce lundi matin "dans son sommeil" à 93 ans.
Né le 27 octobre 1922 à Safi au Maroc, Michel Galabru est mort ce lundi 4 janvier 2016. Il est le père des comédiens Jean Galabru et Emmanuelle Galabru. En 1977, lors de la 2e cérémonie des César, il obtient le César du meilleur acteur pour son rôle dans le film Le Juge et l'Assassin de Bertrand Tavernier.
 
L'acteur a joué dans des dizaines de films et pièces de théâtre. Son rôle dans la saga des Gendarmes aux côtés de Louis de Funès a contribué à sa grande popularité. Michel Galabru devait encore monter sur les planches pour jouer Cancre, un texte autobiographique, dans il lequel il revenait avec humour sur sa carrière et notamment sur Louis Jouvet qui fut son professeur au Conservatoire.

Fils d'un professeur à l'École des Ponts et Chaussées, Michel Galabru, baccalauréat en poche, s'inscrit au Conservatoire national d'art dramatique de Paris. Il en ressortira avec deux premiers prix. Pensionnaire à la Comédie-Française en 1950, Michel Galabru y joue les classiques -Molière, Marivaux, Feydeau, Courteline- avant de quitter cette institution en 1958.

Il triomphe alors dans des oeuvres du répertoire et surtout du théâtre de boulevard. Parmi ses principaux succès, on peut citer "La claque" (André Roussin), "L'entourloupe" et "Monsieur Amédée" (Alain Reynaud-Fourton)", mais aussi "La femme du boulanger" (Marcel Pagnol), "Don Juan" ou "Le bourgeois gentilhomme" (Molière).

En 2008, il obtient à 85 ans le premier Molière de sa carrière pour son rôle dans "Les chaussettes opus 124", où il interprète avec génie un vieil acteur cabot qui tente un come-back.

Michel Galabru joue dans quelque 200 films

Parallèlement, il mène une carrière au cinéma, à partir de 1951. Il fait ses débuts dans "Ma femme, ma vache et moi" (Jean-Devaivre). Son interprétation de l'adjudant Gerber dans la série des "Gendarmes" le fait connaître à partir de 1964 d'un très large public.

 

Il tourne avec Georges Lautner, Michel Audiard, Claude Zidi, Pierre Tchernia. Acteur prolifique, Michel Galabru joue dans quelque 200 films, dont beaucoup de nanards, mais aussi des films plus ambitieux, où il est dirigé par Jean-Pierre Mocky, Luigi Commencini, Bertrand Blier ou Costa-Gavras.

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