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La porte à gauche. Jean FERRAT a chanté que certains prétendent que le bonheur était à la porte à droite. Aujourd’hui est-il à la porte à gauche ? Oui ! mais à la condition de secouer le cocotier de la pensée convenu ! Ce petit blog crée à l’initiative de quelques militants communistes de Vierzon n’a d’autres ambitions que de donner aux citoyens un support pour s’exprimer librement sur les sujets politiques, sociaux ou culturels d’actualité du local à l’international, qui s’émancipe des discours convenus, des lignes officielles décidées par quelques notables de la politique, aux doubles langages, aux bonimenteurs de vraies fausses solutions et qui cultivent la résignation. Déverrouillez les débats et enfoncez la porte à droite (….ou à gauche ?) Les seules limites, car il en faut, à notre liberté : Celle du respect des personnes, le souci de la vérité et de faire vivre le débat. Ainsi seront exclus tous messages comprenant des insultes ou diffamations visant une (des) personne(s), seront exclues, s’ils sont avérées, des informations mensongères ou rumeur infondées. Chacun pourra également participer au débat juste et loyal en signalant un abus de cette nature. Les productions de ces abus seront retirés et l’auteur exclu du blog.

Oui Cahuzac était protégé.

François Hollande a fait ce qu’il a pu pour colmater la brèche. C’est-à-dire pour réduire l’affaire Cahuzac à la faillite morale d’un homme isolé. Le maître mot de cette stratégie coupe-feu relayée par la plupart des médiacrates : Cahuzac a agi seul, il n’a bénéficié d’aucune protection. Cette thèse officielle est fausse. Oui, Cahuzac a été protégé. Il n’aurait pas été ministre et ne le serait pas resté si longtemps sans de solides protecteurs. Je le dis tranquillement. Et je dis qui ils sont.

Cahuzac a d’abord été protégé par un puissant esprit de caste. Nul ne l’a exprimé aussi clairement que Pierre Moscovici. « Qu’il soit de droite ou de gauche, un ministre n’est jamais un salopard ». Voilà ce que déclarait Moscovici, devant les lecteurs du Parisien la semaine dernière, en réponse à mon intervention au Congrès du Parti de Gauche qui le mettait en cause dans les termes que vous savez. Il considère donc l’acte de nomination d’un ministre comme un certificat de moralité aussi inattaquable qu’une indulgence délivrée par le pape. Bien sûr c’est une idée tout à fait irréaliste. Il suffit de les écouter maintenant. Ils disent qu’ils ne pouvaient pas savoir, que l’on ne peut pas enquêter sur les futurs ministres et que l’on ne peut rien contre le mensonge d’un homme. Alors pourquoi Moscovici était-il aussi péremptoire? Qu’est-ce qui lui permettait de jurer de la moralité de tout ministre, inclus ceux des gouvernements de droite passés, si rien ne lui permettait d’en être sûr ? Voilà ce qu’est l’esprit de caste : la protection mutuelle que s’accordent un petit groupe de personnes qui se jurent mutuellement confiance et fidélité. C’est un ciment très efficace face à l’extérieur. Moscovici n’avait pas davantage le droit de douter de la moralité de Cahuzac qu’un cardinal de l’infaillibilité papale. C’eut été se dénoncer soi-même. Doit-on ensuite s’étonner de son attitude pendant l’affaire Cahuzac ? Qu’il n’ait jamais cherché autre chose qu’à le blanchir pour rétablir la foi de ses ouailles en la sainteté ministérielle ? Pour que le pouvoir de la caste reste inattaqué, il fallait que Cahuzac ne soit pas un salopard. Il ne pouvait donc avoir déposé sa candidature à la présidence de la commission des finances de l’Assemblée, accepté une nomination comme ministre du budget chargé prioritairement de la lutte contre la fraude fiscale, défendu ardemment des coupes dans les budgets publics, tout en cherchant lui-même à échapper au fisc. Et pourtant il l’était.

Cahuzac a été protégé par l’insupportable sentiment d’impunité qui habite les responsables politiques de cette Cinquième République pourrissante. Là encore Moscovici l’a dit sans s’en rendre compte sans doute devant les lecteurs du Parisien. Si j’échoue, je serai battu aux prochaines élections. Mais d’ici là pas de comptes à rendre. En mentant devant l’Assemblée nationale, Cahuzac n’a fait qu’étendre aux ministres l’irresponsabilité que la Cinquième République reconnaît au président de la République, figure monarchique sur laquelle se règlent tous les comportements et toutes les institutions.

Cahuzac a été protégé par la fascination qu’exerce sur les libéraux de toutes obédiences le mélange des genres public-privé. Nul ne pouvait ignorer qu’il était un conseiller ministériel passé sans transition du ministère de la Santé à de lucratives activités de conseil aux laboratoires pharmaceutiques et de patron d’une clinique capillaire. Non seulement cela ne l’a pas empêché d’être nommé ministre du budget. Mais cela lui a même donné du poids dans le dispositif social-libéral où la proximité avec les milieux d’affaires est considérée comme un atout. De la même manière, ni Ayrault ni Hollande n’ignoraient quand ils ont nommé Moscovici que ce dernier était vice-président du Cercle de l’Industrie, un organisme fondé par les grandes entreprises du CAC 40 et qui est présidé par Varin le PDG de PSA, choisi par une famille Peugeot elle aussi spécialiste de « l’optimisation fiscale ». De même que Sarkozy, lui-même ancien maire de Neuilly et ministre des Finances, avait choisi pour Bercy Woerth, le trésorier de l’UMP chargé des relations avec les grandes fortunes, et Lagarde, avocate d’affaires.

Cahuzac a été protégé par la propension réflexe du système médiatique à couvrir les puissants. A l’heure de sa chute, beaucoup célèbrent le rôle qu’a joué la presse dans l’éclatement de la vérité. Mais les journalistes qui ont fait leur travail étaient bien seuls. Ce n’est pas un hasard si c’est Mediapart, journal en ligne qui occupe une position singulière dans le paysage journalistique français, qui a mené seul cette investigation. Les médiacrates à la Apathie se sont surtout occupé de lui donner des leçons de déontologie, alors qu’ils n’ont pas été choqués quand le Journal du Dimanche a conclu que Cahuzac était blanchi sur la base de rumeurs entendues « dans l’entourage » de Pierre Moscovici, sur le fondement d’une lettre des autorités suisses qu’ils n’avaient même pas vue.

Cahuzac a été protégé par la mansuétude dont jouit la fraude fiscale chez les plus riches. Comme je l’écrivais dès décembre dernier, son aplomb s’explique aussi par le fait que cette pratique est considérée comme parfaitement normale et légitime dans les groupes sociaux où Cahuzac aime s’immerger. Dans certains milieux, celui qui ne fraude pas le transport collectif est un bouffon. Avenue de Breteuil, c’est celui qui paie ses impôts qui joue ce rôle. Les uns sont montrés sans cesse du doigt. Les autres jamais. Ce serait du populisme !

Cahuzac a été protégé par la consternante naïveté de François Hollande. Le président de la République prétendait faire la guerre à la finance avec son pistolet à bouchon. Il aurait pu commencer par la faire dans son gouvernement. Quand on veut juguler la fraude fiscale on se dote d’un ministre dont on est absolument certain qu’il saura le faire. A l’évidence Cahuzac n’offrait pas ces garanties. La seule qu’il présentait était son social-libéralisme d’airain, son absence de tout scrupule à réduire les dépenses publiques et c’est cela qui en fit le héros du gouvernement nommé par Hollande.

Cahuzac a été protégé par une agence de communication, l’ex Euro RSCG, qui organisa sa défense privée. Celle-là même qui s’était chargée de celle de Dominique Strauss-Kahn. La capacité inentamée de ces organismes à influencer des journalistes et des hommes politiques ne cesse de surprendre.

Cahuzac a été protégé par le goût du mensonge que les sociaux-libéraux ont appris chez les « spin doctors » de Tony Blair. Moscovici en est là encore un parfait exemple. Mis en cause pour sa position sur le plan chypriote, il a prétendu ne jamais avoir voulu la taxation de tous les dépôts bancaires. Il a pourtant défendu publiquement le contraire jusqu’au jour où cette position devint aussi intenable que celle de Cahuzac confondu par les perquisitions réalisées chez UBS à Genève qui l’obligèrent à passer aux aveux. Ce n’est pas un populisse-qui-fait-le-jeu-du-FN qui le dit mais un camarade de son propre parti, peu suspect d’amitié à l’égard du Parti de Gauche qu’il ne cesse de couvrir d’opprobre (lire ici).

Cahuzac a été protégé par tous ceux qui savaient et n’ont rien dit. Parmi eux, on retrouve une certaine… Marine Le Pen, chien de garde du système (voir cet article).

Voilà tous les protecteurs que nous devons mettre dehors. Du balai, l’oligarchie. Du balai, la Cinquième République. Du balai la caste corrompue qui pleure avec Cahuzac la maladresse coupable du meilleur des siens.

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