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citoyen18.overblog.com

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La porte à gauche. Jean FERRAT a chanté que certains prétendent que le bonheur était à la porte à droite. Aujourd’hui est-il à la porte à gauche ? Oui ! mais à la condition de secouer le cocotier de la pensée convenu ! Ce petit blog crée à l’initiative de quelques militants communistes de Vierzon n’a d’autres ambitions que de donner aux citoyens un support pour s’exprimer librement sur les sujets politiques, sociaux ou culturels d’actualité du local à l’international, qui s’émancipe des discours convenus, des lignes officielles décidées par quelques notables de la politique, aux doubles langages, aux bonimenteurs de vraies fausses solutions et qui cultivent la résignation. Déverrouillez les débats et enfoncez la porte à droite (….ou à gauche ?) Les seules limites, car il en faut, à notre liberté : Celle du respect des personnes, le souci de la vérité et de faire vivre le débat. Ainsi seront exclus tous messages comprenant des insultes ou diffamations visant une (des) personne(s), seront exclues, s’ils sont avérées, des informations mensongères ou rumeur infondées. Chacun pourra également participer au débat juste et loyal en signalant un abus de cette nature. Les productions de ces abus seront retirés et l’auteur exclu du blog.

Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Ecologie.
 
Cécile Duflot
Cécile Duflot dans les couloirs de l'Assemblée nationale en mars 2016. © Maxppp

Invitée de France Info lundi matin, Cécile Duflot a affirmé que, "entre 2012 et 2016, le budget de prévention des risques hydrauliques [avait] diminué de 40%". C'est vrai.

Invitée, la député écologiste Cécile Duflot est revenue sur les inondations et leurs conséquences, déplorant un manque de moyens alloués à la préventions des risques : “Ce qui est paradoxal, c’est qu’entre 2012 et 2016, le budget de prévention des risques hydrauliques a diminué de 40%. On est dans les grands discours et dans les tous petits moyens. Et c’est l’inverse qu’il faut faire. Peut-être qu’il faut moins de discours et davantage de moyens".

Investissements en baisse:

Elle dit vrai. Effectivement, le budget consacré à la prévention des risques naturels et hydrauliques a fortement chuté depuis 2012. Il est passé de 63,5 millions d’euros à environ 39 millions. Soit une baisse de 40%. Cette baisse est encore plus importante quand on regarde dans le détail. Et plus précisément quand on observe les “dépenses d’investissement”. Ce sont celles consacrées à la construction de digues, à l’installation de capteurs dans les zones inondables ou dans les fleuves par exemple.

En quatre ans, ces dépenses ont baissé de 80%. Quand on sait que 17 millions de Français vivent en zone inondable, un chiffre en augmentation depuis plusieurs années, on peut effectivement s’interroger sur cette réduction drastique des dépenses d’investissement.

Pourquoi une telle baisse ?

Cette baisse est due à la politique nationale de restriction budgétaire. Le ministère de l’Ecologie est l’un des ministères, si ce n’est LE ministère, à qui l’on demande depuis plusieurs années le plus d’efforts. C’est l’un des “parents pauvres” du gouvernement. La priorité est donnée, par exemple, au ministère de l’Intérieur ou à la Justice, mais pas à l’Ecologie. Depuis 2012, son budget global n’a cessé de baisser. Chaque année, il est amputé de plusieurs centaines de millions d’euros. En quatre ans, il est ainsi passé de 8,3 milliards d’euros à 6,5 milliards. Une baisse de près de 17%, comme nous le rappelions dans un autre Vrai du Faux.

C’est ce qui fait dire à Cécile Duflot “qu’on est dans les grands discours et dans les tous petits moyens”. Depuis plusieurs années, les écologistes dénoncent en effet ces coupes budgétaires C’est d’ailleurs ce qui avait précipité le départ de Delphine Batho du gouvernement en 2013, mécontente de la réduction de son budget au ministère de l’Ecologie. "Grands discours et petits moyens", une allusion évidente aux promesses de François Hollande sur le développement durable, alors que depuis le début de son quinquennat le budget alloué à l’Ecologie n’a cessé de diminuer.

Par: Matthieu Mondoloni et Radio-France.

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Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Politique
Bruno Bonin (secrétaire départemental), Franck Samoyau, Gérard Epoulet, Nathalie Seguin et Sébastien Coutant.

Bruno Bonin (secrétaire départemental), Franck Samoyau, Gérard Epoulet, Nathalie Seguin et Sébastien Coutant.

Le PCF deux-sévrien choisit officiellement Mélenchon

La fédération communiste 79 est derrière Jean-Luc Mélenchon pour la présidentielle, alors que les instances nationales n’ont pas choisi la même voie.

 

La fédération deux-sévrienne du Parti communiste est l'une des premières en France à avoir officiellement fait ce choix, « et nous ne serons pas les seuls » promet son secrétaire départemental Bruno Bonin : alors que ce week-end, le congrès national du PCF a opté pour une primaire ouverte à gauche autour d'une votation citoyenne et d'un « pacte citoyen d'engagement commun », les dirigeants communistes deux-sévriens ont, eux, préféré une autre voie. Suivant les conclusions de l'amendement issu du dernier congrès départemental le 21 mai dernier, « nous nous engageons dans la campagne de Jean-Luc Mélenchon » indique Bruno Bonin.

" Une ligne politique de rupture "

Les communistes deux-sévriens ne croient donc pas à ce système de primaire élargie à gauche. « C'est un vrai danger car on ne maîtrisera rien et on ne saura pas qui sort du chapeau. Les primaires n'ont rien de démocratique ». Cependant, Bruno Bonin, qui est intervenu au congrès national pour expliquer la position du PCF 79, n'y voit aucune ligne de rupture : « Nous voulons tous la même chose, c'est juste le modus operendi qui diffère »
Et le but à atteindre, c'est la victoire du candidat Mélenchon. Le Parti communiste deux-sévrien va donc désormais œuvrer en soutien avec les collectifs autoproclamés « déterminés et insoumis » qui naissent ici et là, dont l'un d'entre eux s'est créé récemment à Niort (NR du 2 juin). « L'idée est d'élargir le plus possible le cercle de soutien » poursuit Bruno Bonin. « Ce sera une réunion de personnes encartées et non encartées qui œuvrent dans le même sens, à savoir le renversement du système. Jean-Luc Mélenchon est le seul candidat qui a la capacité d'affronter l'appareil politiquo-médiatique actuel, qui propose une ligne politique de rupture ». Mais les communistes tiennent à préciser qu'« il ne s'agit pas de " mélenchonmania ", mais c'est le seul candidat qui tient la route » ajoute Gérard Epoulet, maire communiste de Germond-Rouvre, qui, on s'en doute, donnera sa signature à Jean-Luc Mélenchon. « Et j'espère que nous serons nombreux ».

nr.niort@nrco.fr

Xavier Le Roux
 

SOURCE:

 

#Actualité politique

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Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Europe
photo d'illustration (source: bbc.co.uk)

photo d'illustration (source: bbc.co.uk)

Un BREXIT serait une chute du Mur de Berlin…à l’envers.© Neil HallSource: Reuters

© Neil HallSource: Reuters

Si les électeurs britanniques devaient décider d’une sortie de l’UE, cette décision constituerait le signal de la phase finale de cette dernière, estime Pierre Lévy, spécialiste des questions européennes .

A quelques heures du vote britannique, la patience est plus pertinente que les pronostics, forcément hasardeux. D’autant que ces derniers reposent sur des sondages dont les dernières élections générales, en mai 2015, ont montré qu’ils étaient fort aléatoires.

Certains commentateurs partisans du maintien du Royaume-Uni au sein de l’UE ont eu bien du mal à retenir d’indécents cris de joie à l’annonce du tragique assassinat de la parlementaire Helen Joanne Cox, comptant sur un effet de sidération et de compassion pour casser la dynamique du Brexit.

Dans les dernières semaines de campagne, quasiment tout ce que la planète compte d’élites mondialisées a tenté de convaincre les Anglais des cataclysmes qu’ils risquaient de déclencher en cas de sortie : G7, chefs d’Etat et de gouvernement, ministrespatrons de grandes firmes et multinationales, banquiers, agences de notation, OCDEFMI… Les USA remportent à cet égard la palme, avec une visite à Londres tout exprès du président Obama, et un appel tout à fait inhabituel d’anciens secrétaires d’Etat et chefs des services de renseignement…

 

« Pour la première fois, un pays déciderait de reprendre sa liberté »

Une telle mobilisation donne la mesure de l’enjeu. Si les électeurs britanniques devaient décider d’une sortie de l’UE, cette décision constituerait le signal de la phase finale de cette dernière. Car pour la première fois, un pays déciderait de reprendre sa liberté. Dans le contexte actuel, les stratèges européens savent bien que ce choix conforterait les autres peuples dans leur rejet croissant de l’intégration, puisque ce simple constat s’imposerait : on peut désormais s’en aller.

La question ne serait plus alors de savoir si l’UE est en passe de se déliter, mais combien de temps le processus prendra.

Or l’intégration européenne est un projet politique enclenché à la fin de la seconde guerre mondiale (et très activement promu par Washington), d’abord par des moyens économiques, dont le but ultime est fondamentalement d’effacer le droit et la possibilité pour chaque peuple de décider des grands choix qui déterminent son avenir. La fameuse «union toujours plus étroite», horizon fixé par les traités, signifie précisément que chaque pays est dans l’obligation de plus en plus contraignante de s’aligner sur des politiques uniques ou «harmonisées».

 

« Ce simple constat s’imposerait : on peut désormais s’en aller »

Un Brexit constituerait donc un événement d’aussi grande portée que la chute du Mur de Berlin. Mais avec des conséquences inverses.

La disparition de l’Union soviétique et la dissolution du Pacte de Varsovie avait ouvert une ère où, sur le plan géopolitique, le camp occidental – notamment structuré au sein des organisations jumelles que sont l’UE et l’OTAN – s’est cru libre, dès la décennie 1990, de toute contrainte pour dominer le monde. S’en sont suivies agressions, guerres, et contre-révolutions pilotées à distance. L’agressivité actuelle des dirigeants occidentaux à l’égard de Moscou s’explique par le fait que la Russie n’a plus désormais l’attitude de déférence et de soumission qu’escomptaient initialement les stratèges occidentaux.

Et sur le plan économique et social, le rouleau compresseur de l’ultralibéralisme a triomphé : les salariés et leurs organisations, en particulier en Europe, ont pris de plein fouet le déséquilibre soudain du rapport de forces. Des années Reagan-Thatcher au projet de loi travail aujourd’hui, en passant notamment par la tragédie grecque, rarement autant de reculs sociaux auront été continûment imposés à l’échelle d’un quart de siècle.

 

« Si les électeurs britanniques décidaient de ne pas de sortir de l’Union, les dirigeants européens savent que leur répit ne sera que de courte durée »

Certes, une sortie de la Grande-Bretagne n’inverserait nullement d’un coup de baguette magique cette situation. Elle ouvrirait cependant un espace de liberté encore inimaginable aujourd’hui. Notons cependant qu’au cas où les électeurs britanniques céderaient à la peur en ne décidant pas de sortir de l’Union, les dirigeants européens savent que leur répit ne sera que de courte durée, tant le rejet de celle-ci nourrit les crises, actuelles et futures, qui minent le «projet européen».

Le plaidoyer enflammé pour celui-ci tenu par Barack Obama témoigne, en creux, des intérêts en jeu. Pour sa part, le président du Conseil européen, Donald Tusk, n’a pas hésité à parler de menace de «fin de la civilisation occidentale» en cas de Brexit.

D’autres enfoncent le clou en menaçant : seul Vladimir Poutine sortirait vainqueur du Brexit.

On laissera au président russe le soin de commenter l’événement à sa manière. Mais nul ne peut désormais douter de ce qui coalise désormais la Sainte-Alliance Obama-Merkel-Hollande-FMI-Soros-Goldmann Sachs…

 

Par: Pierre Lévy.

 

SOURCE:

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Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #International

L'homme qui était agent de la CIA à Durban en 1962 a précisé son rôle. Une révélation qui devrait attiser les pressions pour que l'agence ouvre enfin ses archives.

 
C'est bien la CIA qui a déclenché l'arrestation de Nelson Mandela
 
La CIA n’a jamais officiellement admis avoir contribué à l’arrestation de Nelson Mandela, sur une route non loin de Durban, le 5 août 1962, un épisode qui a conduit le militant anti-apartheid à passer vingt-sept années de sa vie en prison. Une interview posthume de son agent à Durban, Don Rickard, révélée par le "Sunday Times", vient confirmer ce que l’on soupçonnait déjà. Rickard reconnaît avoir lui-même donné aux autorités le tuyau qui a permis l’arrestation de Mandela, qui se faisait alors passer pour le chauffeur éthiopien d'un blanc, sous le nom de "David Motsamayi".

"J’ai découvert quand il venait [à Durban] et comment il venait... C’est à partir de là que j’ai été impliqué et que Mandela a été attrapé", a confié Rickard au metteur en scène John Irvin, dans le cadre de la préparation d’un film, "Mandela's gun" qui revient sur la vie du militant, lorsqu'il était encore un guerillero armé. Rickard est mort peu après avoir livré ces confidences au réalisateur britannique, relayées par le "Sunday Times".
 
C'est bien la CIA qui a déclenché l'arrestation de Nelson Mandela
 
Par: Nicolas MAURY.

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Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #ACTIONS

RASSEMBLEMENT DU MARDI 28 JUIN 2016 à VIERZON.

Tu trouveras en pièce jointe Le tract pour la journée de grève et de manifestation du  28 juin 2016 .

Rassemblement à Vierzon le 28 juin à  10h30 Forum République .

Sans vous rien ne se fera !!!  Passer le message à votre famille , à vos amis et à vos voisins !!!

ENSEMBLE ! MOBILISE POUR NOS DROITS, ON NE LACHE RIEN !!!!!!

 

Par: l' UL CGT Vierzon.

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Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Ecologie.

Et si on oubliait le béton et la laine de verre au profit de la paille, ce matériau isolant bon marché, abondant, peu polluant et ultra-performant ? Longtemps réservée aux maisons particulières, la paille s’invite désormais dans les bâtiments publics. Écoles, crèches, salles des fêtes... les expériences se multiplient, en ville et à la campagne, grâce à quelques élus volontaristes. Depuis 2012, les bureaux d’étude et les assureurs peuvent même s’appuyer sur des textes officiels pour encadrer les projets de construction en paille. Mais élus locaux et professionnels du bâtiment doivent néanmoins rester motivés et convaincus pour que leurs projets aboutissent. Rencontres avec ces pionniers de la transition.

La matinée se termine au pôle multi-accueil de Muël, petite commune de 900 habitants située à une cinquantaine de kilomètres à l’ouest de Rennes. Une dizaine d’enfants, âgés de quelques mois à deux ans, s’activent tranquillement, sous le regard attentif de leurs encadrantes. Dans la pièce adjacente, des assistantes maternelles et des parents échangent avec l’animatrice de « l’espace-jeu », ouvert une demi-journée par semaine. « C’est agréable pour les enfants de venir ici, il y a des possibilités de jeux que nous n’avons pas à la maison », témoigne une assistante maternelle. L’un des bambins dont elle a la charge manipule des cubes de bois sous une drôle de fenêtre : elle s’ouvre sur les murs du bâtiments construits … en paille !


« Cet espace, qui accueille pour le moment douze enfants, c’est un projet de la communauté de communes, précise Marcel Minier, le maire de Muël. Nous avons dès le début souhaité que le bâtiment soit écologique, et nous nous sommes vite mis d’accord sur la paille. » Longtemps réservée aux auto-constructeurs, et à quelques particuliers accompagnés de professionnels engagés, la paille est sortie de la confidentialité en 2012 avec la publication de ce que l’on appelle « les règles professionnelles ». Ce document technique qui décrit les conditions dans lesquelles la paille doit être mise en œuvre à un statut « officiel » : il est reconnu par les autres professionnels du bâtiment, par les autorités et par les assureurs.

« La paille est le matériau isolant qui a la plus faible empreinte écologique », souligne Coralie Garcia, co-présidente du réseau français de la construction en paille (RFCP). La paille a en effet un tout petit bilan carbone. « Elle permet de construire des bâtiments passifs et de faire chuter, voire de supprimer, les factures de chauffage. Elle permet aussi de valoriser l’activité agricole. Et de ne pas passer par une usine. Elle est adaptée à tous les bâtiments. » La paille a en plus une durée de vie qui n’a rien à envier au béton : le plus ancien bâtiment au monde construit en ossature bois et en isolation paille a près d’un siècle. Il est situé ... en France !

Paille, terre et chantiers participatifs

« Pour les maîtres d’ouvrage publics (communes, régions, départements), la publication de ces règles professionnelles est un vrai encouragement, estime Coralie Garcia. Ils peuvent s’appuyer sur des textes officiels qui attestent du sérieux du matériau pour aller négocier avec les bureaux d’étude et les assureurs. Généralement, ce sont des entreprises de charpente qui se lancent. » À Muël, c’est une coopérative de la région, Echo-paille, qui a coordonné le chantier, en lien avec une autre entreprise, spécialiste des enduits terre. « Ces deux entreprises ont accepté le jeu des chantiers participatifs, se réjouit Marcel Minier. L’idée de faire participer les habitants au chantier m’est venue suite à l’édification d’un mur en terre pour la bibliothèque. Les gens étaient très intrigués, et je me suis dit que ce serait intéressant de leur proposer de mettre la main à la pâte. »


Une construction en paille comprend une structure en bois, montée sur place, que l’on bourre ensuite de bottes de paille. Elle peut aussi être faîte à partir de murs pré-fabriqués en ateliers, qui arrivent sur le chantier déjà garnis de paille et prêts à poser. A Muël, c’est la première option qui a été retenue. Dix jours de chantier ont été ouverts pour « monter » la paille, et quatre autres pour poser les enduits terre. Une quarantaine de personnes ont participé à ces journées de travail. « Pour les chantiers participatifs, il faut trouver une astuce pour assurer les bénévoles, il faut que ce soit bien fait, il faut bien sûr trouver des bénévoles, et respecter les délais !, décrit Mickaël Laurent, de l’association « Bretagne rurale développement durable » (Bruded), qui a accompagné le projet de Muël. Face à ces difficultés, beaucoup d’élus se disent : on n’y va pas. D’autres vont décider de se lancer quand même et ce faisant, ils ouvrent une brèche. Évidemment, il faut que ces pionniers soient très motivés [1]. »

Une école en paille aux portes de Paris

Ce genre de chantier à la bonne franquette est inimaginable aux portes de Paris. A Montreuil, une école en paille a pourtant été édifiée. « On ne pouvait pas envisager d’avoir des bottes de paille à découvert, raconte Christian Haeckel, l’architecte. À cause des risques d’attitudes malveillantes vis à vis du chantier, des risques incendie, et des intempéries qui auraient pu malmener le matériau. » Les murs sont donc arrivés sur place pré-fabriqués, après avoir été montés, bourrés de bottes de paille et recouverts d’une protection contre la pluie dans les ateliers d’une entreprise située dans la Sarthe. Des essais effectués en 2009, avant la construction de l’école en paille d’Issy-les-Moulineaux, ont en plus montré la très bonne résistance au feu de ce type de construction [2].


 

Construite sur deux niveaux et s’étalant sur près de 5000 m², l’école Stéphane Hessel-Les Zéfirottes de Montreuil produit plus d’énergie qu’elle n’en consomme. « Le cahier des charges rédigé par la mairie exigeait un bâtiment extrêmement efficace côté énergie. La paille, par ses performances d’isolation exceptionnelle nous est vite apparue comme le matériau le mieux adapté », décrit Christian Hackel. Habillée de douglas et de mélèze, deux essences de bois naturellement imputrescibles qui poussent et qui poussent en France, l’école a ouvert ses portes en septembre 2015. Panneaux solaires pour chauffer l’eau, panneaux photovoltaïques pour produire l’électricité, récupération de l’eau de pluie pour alimenter les toilettes et le jardin : tous les postes ont été conçus pour peser le moins possible sur l’environnement.

Exit le bois exotique

« L’utilisation d’huile végétale pour le chauffage des bâtiments et d’une partie de l’eau ne fait pas l’unanimité, relève Christian Haeckel. Car l’huile est une denrée alimentaire. Mais on espère basculer vers un combustible recyclé, en mettant en place un système de récupération d’huiles de friture. Sachant que les volumes consommés dans l’école ne sont pas très élevés. » À Muël, c’est une chaudière bois qui assure le chauffage des locaux. « Nous avons par ailleurs tenu compte de la santé des enfants, et des professionnelles qui s’occupent d’eux, précise Marcel Minier. Les finitions ont été effectuées avec des matériaux sans formaldéhyde et sans composés organiques volatils, tel que le caoutchouc naturel pour les sols ». Le formaldéhyde a été classé comme « substance cancérogène avérée pour l’homme » par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC). Les composés organiques volatils, utilisés pour les peintures ou les vernis, ne sont pas moins problématiques : ils sont constitués de benzène, d’acétone, ou de perchloroéthylène... [3].

Exit aussi les bois exotiques, souvent utilisés en extérieur pour leurs qualités imputrescibles. À Muël, les clôtures sont en châtaignier, et les placards ont tous été faits par le menuisier de la commune. « Les élus apprécient, dans ces projets, la part belle qui est faite au travail, remarque Mickaël Laurent. On se plaint beaucoup en milieu rural du fait qu’il n’y a pas de travail, et que tout le monde part, mais quand il s’agit de faire des choix constructifs, on ne réfléchit pas assez en terme d’impact sur le travail. Sur les chantiers paille que nous suivons, la main d’œuvre locale est très sollicitée. » Les élus aiment aussi la propreté des chantiers, qui ne nécessitent pas le dépôt de lourdes bennes chargées de déchets, que la collectivité a la charge ensuite de trier. « Ce sont autant de dépenses en moins », note Mickaël Laurent.

Des constructions en paille beaucoup moins cher

Le multi-accueil de Muël a coûté moins de 2000 €/m2 à la communauté de commune, un coût en deçà des constructions « classiques ». En Loire-atlantique, à Bouvron, une école 100% écolo avec des murs en terre crue a coûté à peine plus de 1000 €/m2. « Ce qui en fait l’école la moins chère de France », assurent les élus. « La conception optimisée du nouveau bâtiment et le recours à des matériaux locaux ont contribué au coût de construction très maîtrisé », rapporte l’association « Bretagne rurale développement durable ». Sans compter qu’en coût de fonctionnement, ces bâtiments très performants sont peu onéreux. « Il faut des bâtiments mieux réfléchis, sans fioritures, ajoute Mickaël Laurent. On évite les couloirs inutiles, les hauteurs de plafond qui ne sont là que "pour faire beau", et les formes alambiquées – compliquées d’un point de vue constructif – qui allongent souvent les factures. »

À Montreuil, l’école Stéphane Hessel-Les Zéfirottes a coûté un peu plus de 2600 €/m2, avec un dépassement « classique » de 7% par rapport au budget initial. « C’est un vrai challenge de réussir un ERP (établissement accueillant du public) de 5400 m2 avec des techniques qui ne sont pas du tout courantes, reprend Christian Haeckel. Il y a des confrontations permanentes avec le bureau de contrôle. C’est épuisant. En fait, il faut être meilleur que bon. Tout doit être démontré, prouvé. Nous sommes obligés d’être plus précis dans la conception. La surveillance du chantier est aussi très exigeante. La motivation et la solidarité des élus sont fondamentales. » Il semble plus simple de lancer ce type de chantiers en milieu rural, où les ouvrages sont souvent moins grands, et les liens plus étroits entre élus et professionnels.

« Mais si les projets se multiplient aujourd’hui, c’est parce que des élus pionniers ont osé se lancer avant que des règles n’existent, remarque Mickaël Laurent. Ils ont dû batailler à chaque étape : pour le lancement des appels d’offre, pour les évaluations des performances de la paille, pour les négociations avec les assureurs... Il fallait qu’ils soient vraiment sûrs d’eux pour ne pas se décourager. » À chaque fois que quelqu’un fait un pas, il en entraîne d’autres avec lui. « Pour construire en paille, il faut oser changer les habitudes et revoir sa façon de travailler, conclut Coralie Garcia, C’est tellement simple de faire venir une toupie et de couler du béton... . »

Par , Nolwenn Weiler.

- Reportage photos : L’école en paille Stéphane Hessel-Les Zéfirottes à Montreuil (Seine-Saint-Denis) / © Jean de Pena - Collectif à-vif(s)

Photos : N. Weiler et photo d’archives de Bruded.

Article réalisé dans le cadre d’un dossier sur les alternatives en Île-de-France, en partenariat avec l’association Attac.

Notes

[1Dans l’ouest, deux communes : Mouais (44) et Silfiac (56) ont fait construire des établissements publics en paille avant que les règles professionnelles ne soient publiées.

2L’école en paille d’Issy-les-Moulineaux a ouvert ses portes en septembre 2013.

[3Connu pour ses effets irritants, on retrouve le formaldéhyde à l’intérieur de nombreux bâtiments car les sources y sont multiples : produits de construction, ameublement, produits détergents, etc. De nombreux COV sont utilisés comme solvants en particulier pour les vernis, colles, encres et peintures ; raison pour laquelle on les retrouve à l’intérieur de nombreux bâtiments.

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Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Livres

L’écrivaine Catherine Guibourg-Caillouët et son mari Michel Caillouët ont participé aux soutiens bénévoles pour les réfugiés à la Grande Synthe. Interview.

 

Catherine Guibourg-Caillouët (à dr.) parle de ses expériences de bénévole à la Grande Synthe. © privé Catherine Guibourg-Caillouët (à dr.) parle de ses expériences de bénévole à la Grande Synthe. © privé

(KL) – Les discours sont importants, l’action est encore plus importante. Ainsi, l’écrivaine Catherine Guibourg-Caillouët (« Hier ne finira jamais, résister hier et aujourd'hui », Editions l'harmattan) et son mari Michel Caillouët, ancien ambassadeur de la Commission Européenne, se sont rendu au camp de réfugiés de la Grande Synthe pour – aider. Interview.

 

Vous étiez à la Grande Synthe pour aider, comme bénévoles, dans les travaux du camp des réfugiés. Est-ce que vous êtes allés sur place dans le cadre d'un programme spécifique ? Lequel ?

Catherine Guibourg-Caillouët : Nous avons été sensibilisés à la nécessité de nous rendre sur place en entendant sur France Inter le message de Damien Carème, le maire EELV de Grande Synthe, près de Dunkerque. Il parlait de son initiative de créer un campement « modèle », et faisait un appel aux bénévoles, notamment français, pour soutenir son action. Nous avons alors pris contact avec Utopia 56, une association bretonne qui a essayé de mettre au point un lieu plus humain que la « jungle » de Calais. Le rôle des associations sur place, en particulier celle de Calaisiens, telles que Salam, le secours catholique ou l’Auberge des migrants est essentiel, puisque d’eux dépend l’essentiel de l’aide aux réfugiés. Ce qui est intéressant avec Grande Synthe (situé près de Dunkerque) c’est que des politiques (notamment EELV) ont pris conscience que l’aide publique ne pouvait pas se limiter à la sécurité, mais que l’humanité était nécessaire. Espérons que cette expérience puisse s’étendre à Calais ! 

En quoi consistait votre aide concrète sur place ?

CGC : Nous avons travaillé avec différentes associations pour mieux comprendre leurs modes de fonctionnement. Il est clair d’ailleurs qu’une meilleure coordination serait nécessaire, chacun possède un savoir-faire et il peut y avoir une bonne complémentarité. Le défi est tellement vaste, et la misère humaine tellement palpable que c’est une priorité.

L’appui consistait en la préparation et distribution de nourriture, de vêtements, de couvertures. Il y a également une aide juridique, un soutien scolaire dans les écoles provisoires qui ont pu être ouvertes (enfants et adultes). Des Européens assurent un bénévolat admirable à l’école laïque du chemin des dunes, au centre Jules Ferry ou dans le centre récréatif de Grande Synthe, pour permettre aux enfants une certaine scolarisation, ou aux adultes l’enseignement du français ou de l’anglais. Il est très émouvant de voir des Soudanais ou des Kurdes dépenser leur énergie à apprendre notre langue. Nous sommes alors bien loin du message de peur véhiculé par les médias, qui se limite à parler des conflits, inévitables entre communautés, dés lors que le gouvernement ne cesse de réduire le territoire qui est alloué aux exilés. 

Quelle est votre impression de ce qui s'y passe ?

CGC : La première impression est que l’accueil vient de citoyens bénévoles. La réponse de l’état est trop axée sur la sécurité. Bien sûr qu’il faut de la sécurité, mais l’aide de l’état devrait être plurielle. 

On peut comparer Calais à ce qui se passe ailleurs dans le monde : chaque année au niveau mondial, il y a plus de 50 millions de déplacés. Les conditions d’accueil en France ne respectent pas les normes internationales : manque d’hygiène, manque d’eau potable, manque de douches, insalubrité - le camp de Calais se situe sur une zone Seveso 2. C’est indigne de la part d’un pays qui reste encore la 5ème puissance économique mondiale. Il est vrai que le camp de Grande Synthe, avec des structures en bois, a amélioré la situation. Mais dans le Calaisis, c’est trop souvent le message de la peur qui domine. On craint que trop d’accueil ne fasse un « appel d’air », alors on ne parle que de démanteler, défaire, détruire, déconstruire, au lieu de pacifier ou de stabiliser ! 

Mais ce qui est réconfortant, c’est de voir la dignité et l’énergie d’êtres humains, qui ont fui les zones de conflit, ont voyagé dans des conditions très difficiles, ont parfois perdu en mer famille ou amis. Le désir de s’en sortir est palpable, les autorités devraient encourager, accompagner, stabiliser si possible, plutôt que de menacer systématiquement.

Un autre réconfort, c’est l’enthousiasme des bénévoles. Une Europe de la jeunesse (française, britannique, belge, allemande, italienne….) est sur place, motivée ! Elle ne compte pas son temps, pour venir en aide aux réfugiés C’est encourageant pour l’avenir.

Que faudra-t-il améliorer pour assurer un accueil digne aux réfugiés qui se trouvent en France ?

CGC : Une certaine sécurité d’abord, au niveau des conditions de vie, vivre de manière infrahumaine peut conduire à des révoltes et à un profond ressentiment vis à vis de notre pays ! Ces personnes déplacées ont le téléphone portable, c’est vital pour eux, ils communiquent, quelle image donnons-nous de notre pays?

Il semble évident que tout est fait pour ne pas accueillir selon les standards internationaux, alors que la plupart des déplacés sont des réfugiés de guerre, et qu’il existe des règles internationales, que l’on bafoue sciemment.

On crée ainsi de manière provisoire des campements de fortune, (Sangatte hier, Calais aujourd’hui) que l’on détruit ensuite pour mieux reconstruire ensuite, un gâchis (dé) organisé !

La création plus pérenne de petites structures d’accueils, avec le minimum vital, encadré par des bénévoles qui ont le savoir-faire, pourrait être un point de départ d’une solution.

Paradoxalement le manque de l’Etat pour accueillir dignement les réfugiés pourrait à terme augmenter les risques d’insécurité, puisqu’au lieu de réunir les migrants dans un seul lieu, ces derniers choisissent des zones qui échappent au contrôle de l’Etat ! 

Que devrait faire l'Europe pour résoudre la question des réfugiés arrivant en Europe ?

CGC : L’Europe n’a pas anticipé le phénomène, qu’il faut toutefois relativiser dans sa dimension. Le gouvernement socialiste français a d’ailleurs une responsabilité particulière. Face à l’émergence de gouvernements souverainistes et xénophobes en Europe, on pouvait attendre plus de courage, d’humanisme, et de respect des droits de l’homme de la part d’un pays tel que la France qui n’a pas su se montrer visionnaire, promouvoir les valeurs européennes, et prendre les bonnes décisions de soutien à Madame Merkel, au moment opportun. On parle d’un flux au niveau européen de 2 à 3 millions, et nous sommes dans l’UE 508 millions de personnes, on parle de 0,5 % de personnes, en grand dénuement, que l’on ne pourrait absorber ou accueillir ? 

L’Union Européenne a un savoir faire au niveau international en coopération au développement, il n’est utilisé que de manière marginale en France. Il semble qu’en Allemagne, l’expérience soit plus positive. Par exemple 6000 Syriens accueillis à Stuttgart, seraient déjà en voie d’intégration en Allemagne. Sur les 6000 migrants à Calais, 1500 environ ont été accueillis dans des Centres d’Accueil et d’Orientation répartis sur toute la France. Encore une fois, sans l’aide de bénévoles et d’associations, ces réfugiés ne rencontreraient pas le soutien qu’ils reçoivent. 

Les inflexions au droit d’asile apporté par l’Europe, l’accord Turquie-UE sont indignes. Le concept de « pays sûr » permet des déviations et des renvois de masse, mais aussi des dangers évidents. Il est clair aussi que cet accord sera inapplicable en l’état. D’autres solutions doivent être trouvées !

Il est urgent de réformer les accords dit de Dublin, par lequel un réfugié ne peut présenter un dossier d’asile que dans le premier pays d’accueil (la charge revient alors essentiellement à l’Italie et la Grèce..), il faut mettre en commun au niveau européen les solutions permettant un accueil humain, digne de nos vraies valeurs européennes.  

Le fonds du problème est que la politique d’immigration reste du domaine des Etats européens. C’est d’une politique européenne dont nous avons besoin, avec gestion commune de nos frontières externes, et les moyens financiers et humains qui doivent suivre… L’organisation de la solidarité au niveau européen en quelque sorte, qui devrait rester un des principes essentiels de l’Union Européenne.

Comment est-ce que d'autres personnes souhaitant agir de manière solidaire, peuvent s'impliquer ? 

CGC : Il est primordial en tant que citoyen de participer à l’aide apportée aux migrants. C’est grâce à cette mobilisation que les migrants survivent. Cette expérience concrète de bénévolat permet une prise de connaissance réelle de la situation sur le terrain, indispensable pour prendre de la distance par rapport au phénomène médiatique qu’est devenu le Calaisis ! C’est en effet devenu un enjeu médiatique, pour les gouvernements de droite et de gauche, et il est regrettable que le gouvernement français, pourtant socialiste, n’ait pas été capable, à côté des enjeux sécuritaires, d’avoir une parole humaniste, à l’égard d’hommes, de femmes et d’enfants exilés qui pour beaucoup n’avaient entendu parler de la France que comme le pays des droits de l’Homme ! 

Un mouvement citoyen européen serait très important comme prise de conscience par rapport aux migrants. Il est bon que des bénévoles, des associations travaillant à Calais se rendent en Allemagne, en Italie ou en Grèce, pour une meilleure connaissance de la situation et pour développer les liens de solidarité dans toute l’Europe. Dans tout phénomène humain, la rencontre est essentielle. Aller à la rencontre des migrants permet de dépasser les peurs et les stéréotypes…

 

 

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ROYAUME-UNI :  Oui au BREXIT ! Votez pour le LEAVE !
ROYAUME-UNI :  Oui au BREXIT ! Votez pour le LEAVE !

Le 23 juin prochain, les citoyens du Royaume-Uni voteront sur cette question cruciale : leur pays doit-il rester membre de l’Union européenne ? Le référendum sur le Brexit est l’occasion pour les Britanniques de sortir de la prison néolibérale qu’est l’Union européenne (UE) et de reconquérir leur souveraineté nationale.

En 2013, face à la montée du UKIP (parti pour l’indépendance du Royaume-Uni) et pour répondre aux eurosceptiques de son propre camp, le Premier ministre conservateur David Cameron avait promis un référendum sur cette question avant la fin de 2017. Après avoir négocié, au mois de février dernier, avec l’UE un « statut spécial » pour la Grande-Bretagne, David Cameron a convoqué ce référendum.

La question de l’appartenance à l’Union européenne est posée depuis longtemps en Grande-Bretagne avec un premier référendum le 5 juin 1975 (participation : 64,5 %, Oui 67,09 %, Non 32,70 %, Blancs ou Nuls 0,21 %).

Depuis des semaines, une déferlante de chiffres venant d’économistes et du personnel politique nous submerge pour présenter le Brexit comme une catastrophe. Mais ces chiffres ne disent que ce que l’on veut leur faire dire. Le Brexit n'est pas un événement calculable car Il n'y a aucun précédent comparable et les techniques employées pour mesurer son effet sont partielles et partiales.

Il faut réfléchir politiquement ; sans chiffres.

Les enjeux pour le gouvernement de Grande-Bretagne : conserver sa position dominante

La Grande-Bretagne, qui ne fait pas partie de la zone euro, est depuis Margaret Thatcher le fer de lance du néolibéralisme européen.

C’est le bastion avancé du libre-échange qui ne met pas simplement des produits en concurrence, mais aussi des systèmes sociaux. Les droits sociaux conquis dans les décennies d’après-guerre sont devenus inacceptables pour les libéraux, ce qui aboutit à la destruction des conquêtes sociales et du mouvement syndical.

C’est le bastion de la libéralisation financière, illustrée par la City de Londres, c’est-à-dire le libre-échange appliqué à l’argent, permettant aux flux financiers et monétaires de spéculer massivement et immédiatement à l’échelle du globe, sans restriction. C’est la participation active aux institutions multilatérales, dont l’Union européenne et ses traités est la forme la plus aboutie, qui sont les gardiennes de l’ordre néolibéral mondial, le mettant hors de portée de toute pression démocratique.

C’est la tête de pont des USA en Europe. La sortie de la Grande-Bretagne de l’UE serait un préjudice stratégique et politique pour l’Empire. C’est pourquoi M. Obama est venu exhorter les britanniques à voter remain (rester).

Les enjeux pour l’Union européenne : l’accélération du projet néolibéral

La sortie de la Grande-Bretagne de l’UE aura un coût politique très élevé, incitant vraisemblablement d'autres membres de l'Union à demander des avantages spécifiques en menaçant de claquer la porte. C’est la crainte de l’effet domino. Comme le dit le numéro deux de la Société Générale, Séverin Cabannes « Le vrai danger serait que ce Brexit donne l’idée à d’autres pays de l’Union européenne de faire de même. »

Mais ce n’est pas tout… « Si le 23 juin au soir, les Britanniques décident de sortir de l’UE, les institutions européennes n’auront d’autre choix que d’enregistrer le résultat et de lancer des négociations de sortie » dit Vivien Pertusot de l’Ifri. Voilà une différence fondamentale avec le cas grec. Il sera difficile de mettre la Grande-Bretagne sous tutelle et la démonstration sera faite que l’on peut sortir sans dommages de l’UE.

Les enjeux pour les Britanniques : l’indépendance nationale

L’enjeu principal est le recouvrement de leur souveraineté nationale mise à mal par les traités européens. C’est la possibilité de voter ses propres lois, la possibilité de choisir et de construire la société dans laquelle ils veulent vivre.

Par ailleurs, le Brexit risque d'ébranler sérieusement l'échafaudage politique britannique, tout comme la campagne, puis la victoire du Non au TCE en France en 2005, avaient ébranlé le nôtre.

Les enjeux pour les peuples de l’UE : un exemple contagieux

=> Un leave victorieux sera la preuve que l'on peut sortir de l’UE, unilatéralement. Sans s’embourber dans l'article 50 du traité de Lisbonne.

=> La fin de l’illusion d’un changement possible de la nature de l’UE.

=> Un éclairage violent sur l'obsolescence du clivage gauche-droite : les deux grands partis, le Labour (travaillistes) et les Tories (conservateurs), sont divisés : le Premier ministre David Cameron est pour le remain, l'ancien maire de Londres Boris Johnson mène une campagne en faveur du leave.

La gauche anglaise engluée dans l’européisme.

Jeremy Corbyn (travailliste), qui avait voté en 1975 contre l'adhésion de la Grande-Bretagne à la CEE, prédécesseur de l'UE, est en faveur du remain et dix syndicats britanniques ont publié une lettre dans The Guardian appelant leurs 6 millions d'adhérents à voter pour le maintien : « Après de nombreux débats et délibérations, nous pensons que les avantages sociaux et culturels d'un maintien dans l'UE l'emportent largement sur les avantages d'une sortie ».

Les responsables syndicaux estiment étrangement qu’au cours des 30 dernières années l’UE a amélioré la protection des droits des travailleurs. « Si le Royaume-Uni quitte l’UE, nous n’avons aucun doute sur le fait que ces protections seront gravement menacées ». Les syndicats soulignent qu’une sortie de l’UE serait négociée par un gouvernement conservateur qui attaquerait ces droits. Ils déclarent que l’UE « doit changer et tourner le dos aux politiques d’austérité ».

C’est nier l’expérience des classes dominées grecques, italiennes, espagnoles, françaises, allemandes, etc., et oublier que la précarité (self employed et zero hours) a été installée par les gouvernements successifs de Sa Gracieuse Majesté.

Dans tous les pays de l’Union, la destruction des régimes sociaux, la casse du droit du travail, l’austérité à perpétuité sont imposées par les gouvernements sur « recommandation » de la Commission européenne. La domination de l’« Union » atteint son point culminant avec la mise sous tutelle totale de la Grèce, devenue une colonie des institutions et des multinationales.

Pour un peuple, recouvrer la souveraineté nationale c’est pouvoir décider pleinement de son destin, retrouver la possibilité de combats victorieux.

En sortant de l’UE, de ses traités et de ses directives, les classes dominées pourront se confronter directement à leur classe dominante, en face à face, sans que celle-ci ait l’appui de la technostructure européenne. Pour les classes dominées, il est toujours plus facile de se défaire d'un gouvernement national, dans chacun des pays, que de transformer l’UE et sa Commission de l’intérieur.

Autre conséquence, la déstabilisation des structures de l’UE. Selon Lluis Orriols (politologue, professeur à l'université Carlos III à Madrid) « Une victoire du Brexit signifierait un changement de contrat au sein du Royaume-Uni et cela pourrait réactiver le référendum sur l'indépendance de l'Ecosse, qui demanderait à rester en Europe. Bruxelles serait donc obligée de se prononcer sur l'appartenance à l'Union européenne d'une région d'un Etat membre ou ex-membre... C'est une question clef pour la Catalogne qui cherche à s'assurer qu'elle pourrait rester en Europe en cas de sécession d'avec l'Espagne. »

Il s’agit donc bien, entre les anti et les pro-Brexit, d’une lutte de classes

C’est pourquoi le débat public s’enflamme et que les anti-Brexit, comme à l’accoutumée, utilisent la stratégie de la peur, sans rien démontrer. Ils affirment péremptoirement que quitter l’UE serait désastreux pour l’économie, pour la sécurité en ces temps de menaces terroristes, pour la science, l’environnement, l’immobilier…

Les grandes entreprises sont mobilisées : Ryanair se déchaîne contre le Brexit. Après avoir proposé des vols « spécial Brexit » à 19,99 euros pour les 22 et 23 juin prochains (veille et jour du vote) à destination de la Grande-Bretagne pour que les ressortissants britanniques puissent venir voter pour le maintien, la compagnie irlandaise à bas coût va, selon Sky News, envoyer un email à plus de 5 millions de ses clients britanniques. Il s'agit de rappeler aux électeurs britanniques qu'ils commettraient une grave erreur en votant en faveur du Brexit : « En tant qu'entreprise britannique, nous sommes absolument certains que l'économie du pays et son développement à venir seront plus importants si nous restons membres de l'Union Européenne que si nous en sortons. Un vote en faveur du maintien, c'est davantage d'emplois créés, une croissance économique plus forte, plus d'investissement étrangers et - le plus important - des prix encore plus bas. Nous encourageons tous les citoyens britanniques à voter le maintien le 23 juin. Il suffit de ne pas manquer la date limite d'inscription du 7 juin ».

Dans cette lutte de classes, le Pardem est résolument aux côtés des classes dominées, pour la souveraineté nationale et populaire (condition première pour sortir de l’austérité et des politiques néolibérales impulsées par Bruxelles) et pour une coopération internationale véritable basée sur le respect des nations et l’intérêt mutuel des peuples. C’est pourquoi le Pardem appelle les électeurs britanniques à ouvrir les portes de la prison néolibérale qu’est l’UE et à reconquérir leur souveraineté en votant en faveur du Brexit le 23 juin prochain.

Nous observons très attentivement ce qui se passe outre-Manche, car un jour ou l’autre, en France, nous serons confrontés au même choix que les Britanniques.

Par El Diablo Le Rouge.

SOURCE:

 

#Actualité internationale

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Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Europe
ROYAUME UNI : défaite de la City, des multinationales et des marchés...Victoire de la classe ouvrière et du peuple britannique qui disent NON à l'Union Européenne (par Jean Lévy]

La surprise - et la joie -  sont immenses, ce matin, à l'annonce du BREXIT. Tous les sondages relayés par l'ensemble de nos médias, prévoyaient un vote de plus en plus favorable au maintien de la Grande-Bretagne au sein de l'Union européenne.

La victoire du peuple, celle de la classe ouvrière anglaise et galloise en premier lieu, constitue ce matin un choc immense au sein des couches dirigeantes, proches de la City de Londres et de la Bourse de Paris.

Ce séisme politique ouvre un nouveau chapitre dans l'histoire de chacun des Etats maintenus au sein de l'UE. Car l'évènement a traversé la Manche. Les conséquences du vote sans appel du 23 juin 2016 mettent chaque peuple du continent face à ses responsabilités.

Et d'abord une interrogation gagne en ampleur :

Pourquoi ne pas consulter les citoyens pour connaître leur sentiment vis-à-vis de l'appartenance de leur pays au sein de l'Union Européenne ?

Pourquoi pas un référendum en France ?

Et qu'on ne nous oppose pas le fait que le Front national l'a immédiatement demandé ! Il est en effet dommage qu'aucune force politique se réclamant de la gauche ne l'ai pas devancé.

Car l'exemple britannique le montre : il s'agit d'un vote de classe. Même les médias français le reconnaissent : « France-Inter » ce matin expliquait le vote massif pour le BREXIT par l'exaspération des villes ouvrières soumises à la dictature économique exercée par Bruxelles au nom de la libre concurrence et des marchés, relayée par leurs  représentants au 10 Downing Street, au nom de la bonne santé de la City de Londres et des multinationales.

Certes, le BREXIT n'inverse pas le déséquilibre du rapport de forces d'un ultralibéralisme triomphant, il ouvre cependant un espace de liberté pour ce faire, encore inimaginable hier!

Ce vote,  va naturellement de pair avec l'exigence d'une souveraineté nationale retrouvée. A la politique bruxelloise doit se substituer une politique britannique indépendante, exprimant la volonté  populaire.

N'a-t-on pas appris durant la Résistance en France que « seule la classe ouvrière est demeurée fidèle à la Patrie profanée » et que « les trusts », comme on disait alors, « sont sans patrie».

C'est maintenant à notre peuple d'exiger d'être consulté pour ou contre notre propre FREXIT.

Le mouvement social de grande ampleur qui se poursuit en France depuis quatre mois exprime la propre exaspération du monde du travail, face à la politique dictée par Bruxelles et mise en œuvre tant par la droite que par la fausse gauche.

Il est temps de dire STOP.

Mais ce changement de politique ne peut se réaliser qu'hors de l'appartenance de la France à l'Union européenne. Il est grand temps de mener campagne sur le thème de l'indépendance nationale, inséparable d'une libération sociale.

Certes, le BREXIT n'inverse pas le déséquilibre du rapport de forces d'un ultralibéralisme triomphant, il ouvre cependant un espace de liberté pour ce faire, encore inimaginable hier!

 

Par: Jean Lévy.

 

#Tribune libre

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Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Médias

Des dizaines de manifestants ont été blessés lors des manifestations contre la loi sur le travail. Le gouvernement a mis en place une stratégie de la tension, suite logique d’années de dérive. Il est temps qu’une commission d’enquête se saisisse de cette gestion incendiaire.

Un jeune homme de 28 ans est depuis le 26 mai maintenu dans un coma artificiel, œdème cérébral et boîte crânienne enfoncée, victime du tir d’une grenade dite de « décencerclement » (notre article ici). Un mois plus tôt, le 28 avril, un étudiant de 20 ans à l’université de Rennes perdait un œil à la suite d’un tir de lanceur de balles (LBD40), une arme plus puissante que les Flash-Ball. Depuis deux mois et demi, début des manifestations contre la loi sur la réforme du code du travail, plusieurs dizaines de manifestants ont été gravement blessés.

Un bilan exact est impossible à établir. Mais la multiplicité des témoignages que nous avons reçus, des photos et des vidéos documentées circulant sur les réseaux sociaux permettent bien d’évaluer à plusieurs dizaines le nombre de personnes victimes de blessures sérieuses. Un seul exemple : 49 personnes ont été blessées dont 10 gravement, le 28 avril à Rennes, selon une équipe de soignants déployée sur le cortège ce jour-là. Hématomes, nez cassés, fractures, mâchoires décrochées, traumatismes crâniens, suffocations, plaies ouvertes, évanouissements… Les opposants à la loi sur le travail le savent désormais : il est devenu risqué de manifester, dangereux de rester dans les cortèges jusqu’à leur dissolution, imprudent de « partir en manif’ » sans un minimum d’équipement de protection.

 

L'éducateur et syndicaliste Guillaume Floris quand les CRS l'évacuent, le 26 mai, à Paris. © Jérôme Chobeaux L'éducateur et syndicaliste Guillaume Floris quand les CRS l'évacuent, le 26 mai, à Paris. © Jérôme Chobeaux.

Avec ces jeunes gens qui resteront traumatisés à vie, ces dizaines voire centaines de personnes blessées ou simplement violentées, ces milliers de manifestants défilant la peur au ventre – peur de tomber soudainement sous une charge de CRS –, ce basculement organisé dans la violence et la criminalisation d’un mouvement social devrait provoquer un vaste débat public. Il devrait susciter les interpellations sans relâche des membres du gouvernement. Il devrait provoquer – au nom du respect de nos libertés fondamentales – une mobilisation des députés et sénateurs. Il devrait conduire à l’ouverture d’une commission d’enquête parlementaire sur les stratégies de maintien de l’ordre, les fonctionnements des chaînes de commandement, les détails des instructions données.

C’est tout l’inverse qui se produit. Les signaux d’alerte se multiplient. Rien ne se passe, sauf une légitimation aveugle faite par ce pouvoir de la violence policière. Des accidents graves se produisent. Rien n’est dit, sauf un soutien inconditionnel aux actions des forces de l’ordre. Rien n’est répondu aux alertes qui proviennent de l’institution policière elle-même, de la part de syndicalistes qui s’inquiètent de l’extrême dégradation de la situation.

Que disent-ils, ces syndicalistes ? Que le gouvernement n’a rien appris de la mort de Rémi Fraisse, ce jeune manifestant pacifique tué par une grenade offensive le 25 octobre 2014 à Sivens. Depuis, la doctrine de maintien de l’ordre n’a pas changé, estime Alexandre Langlois, secrétaire général de la CGT-Police : « Ce qui a changé, c’est la gestion de la crise sociale par la répression. On favorise l’escalade de la violence. Tout est mis en place pour que cela se passe mal ! » Sur le terrain, ajoute-t-il, ses délégués chez les CRS lui font remonter qu’on les utilise « de manière très offensive. Il ne s’agit pas de contenir mais d’aller à l’affrontement ».

Philippe Capon, du syndicat Unsa-Police, lui-même ancien CRS, insiste sur « des groupuscules extrémistes très organisés, très mobiles, qui nous obligent à nous réorganiser, à aller au contact ». Mais il veut aussi mettre en avant l’argument du manque d'expérience des forces déployées : « La situation est terriblement tendue et avec l’état d’urgence, nous sommes débordés. On demande à des collègues de faire du maintien de l’ordre alors que ce n’est pas leur métier. Certains arrivent dans leur commissariat le matin et on leur dit : ‘’Tu mets un casque, tu prends une matraque et tu vas couvrir la manif !’’ Mais le maintien de l’ordre, ça s’apprend. C’est un métier à part. »

Niant ces préoccupations, le gouvernement s’en tient pour sa part à une version et une seule qui lui permet de justifier cette escalade de la violence : les « casseurs ». « Casseur », le mot est banalement utilisé par tous les pouvoirs depuis cinquante ans pour justifier ses propres turpitudes. Aussi Bernard Cazeneuve comme Manuel Valls assurent-ils avoir identifié une nouvelle génération de « casseurs ».

Ceux-là seraient « radicalisés », adeptes de l’« ultra-violence », « qui veulent tuer un policier », qui se battent « contre l'État et les valeurs de la République ». Une frange extrémiste d’un mouvement social qui, par ailleurs, « prend en otage » le pays par ses grèves et blocages… Dans une France vivant sous le régime d’exception de l’état d’urgence, déjà prolongé à deux reprises, ce vocabulaire ne peut être neutre : il ne manque que « terroriste » voire « djihadiste du social » pour compléter la panoplie sémantique d’un gouvernement jusqu’au-boutiste. Le pas vient d’ailleurs d’être franchi par le patron du Medef, Pierre Gattaz, qui appelle, dans Le Monde, à mater ces « minorités qui se comportent un peu comme des voyous, comme des terroristes ».

Par François Bonnet et La rédaction de Mediapart

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