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La porte à gauche. Jean FERRAT a chanté que certains prétendent que le bonheur était à la porte à droite. Aujourd’hui est-il à la porte à gauche ? Oui ! mais à la condition de secouer le cocotier de la pensée convenu ! Ce petit blog crée à l’initiative de quelques militants communistes de Vierzon n’a d’autres ambitions que de donner aux citoyens un support pour s’exprimer librement sur les sujets politiques, sociaux ou culturels d’actualité du local à l’international, qui s’émancipe des discours convenus, des lignes officielles décidées par quelques notables de la politique, aux doubles langages, aux bonimenteurs de vraies fausses solutions et qui cultivent la résignation. Déverrouillez les débats et enfoncez la porte à droite (….ou à gauche ?) Les seules limites, car il en faut, à notre liberté : Celle du respect des personnes, le souci de la vérité et de faire vivre le débat. Ainsi seront exclus tous messages comprenant des insultes ou diffamations visant une (des) personne(s), seront exclues, s’ils sont avérées, des informations mensongères ou rumeur infondées. Chacun pourra également participer au débat juste et loyal en signalant un abus de cette nature. Les productions de ces abus seront retirés et l’auteur exclu du blog.

Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Europe

Mise en garde prémonitoire du général De Gaulle.

Dans son dernier livre, "Mémoires d’espoir" publié en 1970, le général De Gaulle mettait en garde les Européens et les Français contre une possible évolution technocratique d’une construction européenne réalisée contre la liberté et l’intérêt des peuples.

 

"Ainsi commencée, la mise en œuvre du Marché commun va donner lieu à un vaste déploiement d’activités, non seulement techniques, mais aussi diplomatiques. En effet, l’opération, indépendamment de sa très grande portée économique, se trouve enveloppée d’intentions politiques caractérisées et qui tendent à empêcher la France de disposer d’elle-même. C’est pourquoi, tandis que la Communauté se bâtira dans les faits, je serai, à plusieurs reprises, amené à intervenir pour repousser les menaces qui pèsent sur notre cause. La première tient à l’équivoque originelle de l’institution.

 

Celle-ci vise-t-elle - ce qui serait déjà beaucoup ! - à l’harmonisation des intérêts pratiques des six Etats, à leur solidarité économique vis- à-vis de l’extérieur et, si possible, à leur concertation dans l’action internationale ? Ou bien est-elle destinée à réaliser la fusion totale de leurs économies et de leurs politiques respectives afin qu’ils disparaissent en une entité unique ayant son Gouvernement, son Parlement, ses lois, et qui régira à tous égards ses sujets d’origine française, allemande, italienne, hollandaise, belge ou luxembourgeoise, devenus des concitoyens au sein de la patrie artificielle qu’aura enfantée la cervelle des technocrates ?

 

Il va de soi que, faute de goût pour les chimères, je fais mienne la première conception. Mais la seconde porte tous les espoirs et toutes les illusions de l’école supranationale. Pour ces champions de l’intégration, l’« exécutif » européen existe déjà bel et bien : c’est la Commission de la Communauté économique, formée, il est vrai, de personnalités désignées par les six Etats, mais qui, cela fait, ne dépend d’eux à aucun égard.

 

A entendre le chœur de ceux qui veulent que l’Europe soit une fédération, quoique sans fédérateur, l’autorité, l’initiative, le contrôle, le budget, apanages d’un gouvernement, doivent désormais appartenir, dans l’ordre économique, à ce chœur d’experts, y compris - ce qui peut être indéfiniment extensif - au point de vue des rapports avec les pays étrangers.

 

Quant aux ministres « nationaux », dont on ne peut encore se passer pour l’application, il n’est que de les convoquer périodiquement à Bruxelles, où ils recevront dans le domaine de leur spécialité les instructions de la Commission.

 

D’autre part, les mêmes créateurs de mythes veulent faire voir dans l’Assemblée, réunissant à Strasbourg des députés et des sénateurs délégués par les Chambres des pays membres, un « Parlement européen », lequel n’a, sans doute, aucun pouvoir effectif, mais qui donne à « l’exécutif » de Bruxelles une apparence de responsabilité démocratique.

(...)

A quelle profondeur d’illusion ou de parti pris faudrait-il plonger, en effet, pour croire que des nations européennes, forgées au long des siècles par des efforts et des douleurs sans nombre, ayant chacune sa géographie, son histoire, sa langue, ses traditions, ses institutions, pourraient cesser d’être elles-mêmes et n’en plus former qu’une seule ? A quelles vues sommaires répond la comparaison, souvent brandie par des naïfs, entre ce que l’Europe devrait faire et ce qu’ont fait les Etats-Unis, alors que ceux-ci furent créés, eux, à partir de rien, sur une terre nouvelle, par des flots successifs de colons déracinés ? Pour les Six, en particulier, comment imaginer que leurs buts extérieurs leur deviennent soudain communs, alors que leur origine, leur situation, leur ambition, sont très différentes ?"

 

Par: Charles de Gaulle - "Mémoires d’espoir", 1970

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Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Front de Gauche

Lu sur le site lepcf.fr (géré par "faire vivre et renforcer le PCF"), la réponse de Pierre Alain Millet à un article de G.Q. posté sur même site.

Note de G.Q. : C'est un secret de Polichinelle : il n'y a pas d'union, parce que chaque petit groupe a une direction qui veut continuer à jouer son rôle sans être remise en question.

Dimanche 20 septembre 2015, par (Pierre-Alain Millet)

L’article de Gilles Questiaux « Il y a foule de communistes en France ! Mais pourquoi ne les entend-on pas ? » pose une question utile.

Mais il aboutit à une réponse qui est en quelque sorte une tautologie. Pour construire l’unité des communistes et dépasser leur émiettement, il faut… nous unir dans un même parti. Autant dire que l’article ne nous dit rien d’autres que « il faut... ». Pourtant l’article fait des constats bien réels, notamment sur les positions politiques qui sont partagées par de nombreux militants pourtant dans des groupes ou organisations diverses, dans et hors du PCF, mais aussi sur l’histoire.

Oui, il y a crise du mouvement communiste, qui apparaît avec force au tournant des années 90 avec la chute de l’URSS, mais dont on peut discuter des traces bien avant, dans l’histoire complexe des stratégies de l’internationale communiste entre rassemblement populaire national et internationalisme, stratégies de front et stratégies de classes comme on disait, dans les suites du rapport Khrouchtchev, dans la recherche d’une voie pacifique au socialisme refusant de regarder en face ce que révélait le coup d’état au Chili, dans la recherche d’une voie électorale qui allait conduire au programme commun et à la domination de François Mitterrand…

La perception d’une « opposition interne de moins en moins audible » est sans doute typiquement parisienne. C’est en effet à Paris que l’opposition s’est le plus fortement exprimée dans les années 80 et 90, jusqu’à pouvoir penser être majoritaire, avant de s’émietter plus fortement que partout. Cependant , le « récent remarquable succès des communistes de Vénissieux », n’est pas « l’exception qui confirme la règle ». Les résultats des départementales, comme la victoire de Gardanne dans des conditions proches de Vénissieux montre les possibles. Les bases d’opposition en Province sont en général moins divisées que dans la région parisienne. En fait, chaque situation est le produit d’une histoire, avec les caractéristiques du parti, fortement ouvrier dans le Nord, marqué par la résistance dans l’Allier, par le communisme municipal dans le Rhône…

Partout, les communistes ont subi de terribles chocs, le premier étant la terrible pression patronale dans les restructurations du travail, défaisant les collectifs ouvriers par tous les moyens, de l’intégration à la répression et la destruction. Mais il y aussi la guerre idéologique de la fin de l’histoire, du capitalisme triomphant, l’utilisation médiatique des « alters » de toute sorte réduisant le marxisme à une nostalgie et habituant les colères populaires aux solutions « dans » le système, jusqu’à cette écologie politique qui nous dit que tout est dans les « gestes qui sauvent », dans le local, seul lieu de l’action, même si on peut rêver au global. C’est exactement l’inverse de l’origine du mouvement communiste qui travailler, à partir des luttes concrètes, à construire le rapport de forces global pour poser partout la question de la rupture, de la révolution.

Comment s’étonner dès lors que les communistes aient reculé ? On peut faire l’histoire des décisions de direction qui ont accompagné ces reculs au lieu de leur résister, qui ont parfois organisé une véritable démission collective de l’organisation communiste abandonnant ses principes et ses règles de fonctionnement. Mais ce n’est pas la question déterminante du jour, parce que ces décisions n’ont jamais défait totalement le parti communiste en France, contrairement à l’Italie par exemple, et que un peu partout des communistes cherchent, hors ou dans le PCF, avec leurs expériences, leurs forces, les voies d’un retour du parti communiste.

L’émiettement communiste n’est pas un défaut qui tiendrait aux acteurs de tel ou tel groupe, même si le sectarisme, le gauchisme ou à l’inverse l’électoralisme, existe bien entendu. Mais l’émiettement est d’abord un fait historique liée aux conditions historiques du recul du mouvement communiste, et bien entendu aux réalités sociales et politiques des luttes de classe dans un pays capitaliste développé, dont une part de la richesse vient de sa dimension impérialiste, et qui donc, comme le montrait Lénine, peut corrompre une partie du mouvement ouvrier « intégré » dans le système de domination.

Les contradictions entre les fonctionnaires et assimilés dans un secteur public qui reste protégé par son statut et les secteurs les plus précaires du travail, entre les secteurs industriels et les secteurs de services… ont produit des divisions dans le mouvement social, syndical et politique qui expliquent la diversité des trajectoires de militants communistes dans les dernières décennies. La direction d’un parti communiste a comme tâche première de construire en permanence cet intellectuel collectif qui assure en permanence que les histoires locales s’inscrivent dans l’enjeu global de la révolution. A l’évidence, et indépendamment même de ses erreurs stratégiques, les directions communistes successives n’ont pu jouer ce rôle, et l’organisation communiste s’est émiettée...naturellement ! A vrai dire, on ne peut que constater que les dirigeants successifs des différentes oppositions internes et externes n’ont pas non plus pu ou su jouer ce rôle unificateur ! Là encore, peu importe ce que les historiens en diront un jour, c’est pour nous de l’ordre du constat.

Donc, s’il faut chercher le chemin d’une reconstruction communiste, ce ne peut être en cherchant un « truc » qui viendrait compenser ce processus historique d’émiettement. Ce ne sont pas nos déclarations d’intentions qui vont modifier cette réalité historique, mais le mouvement des contradictions elles-mêmes, autrement dit, comment les luttes de classes vont pousser les acteurs à dépasser leurs luttes locales pour reposer la question de la révolution, ce qui « naturellement » les poussera à rechercher un processus unitaire. Car pour que l’accumulation des révoltes deviennent une révolution, il faut une capacité à penser une stratégie, organiser des acteurs présents dans les mouvements sociaux pour la mettre en œuvre, il faut donc un parti communiste. Mais on peut le dire et le répéter parce qu’on à lu « Que Faire ». ce n’est qu’une connaissance théorique ! C’est quand on est confronté à la question concrète, par exemple quand des militants font face à l’exigence de convergences de luttes inter-entreprises, entre différentes régions, dans une filière économique, dans les relations internationales…

Alors que faire de tous les groupes qui existent, qui se parlent ou pas, se critiquent ? Que faire aussi des communistes qui continuent à agir dans le PCF, pas parce qu’ils ont des illusions sur l’évolution possible de sa direction, mais parcequ’ils jugent, là ou ils sont, que c’est le plus efficace.

L’expérience personnelle de Gilles le pousse à espérer une solution qui viendrait résoudre le problème en quelque sorte « par en haut ». Il ne trouve pas comment agir avec d’autres communistes au PCF à Paris, et tombe dans un idéalisme de l’intention qui serait déterminante. Il généralise sa situation en considérant que le PCF est inutile et qu’il faut « évidemment nous unir dans un même parti, nous donner des tâches concrètes, raisonnables mais ambitieuses, et nous ouvrir largement au peuple ». Il considère qu’il suffit de l’affirmer parce qu’il ne voie pas pourquoi on est dans cette situation, qui se résumeraient à « des difficultés connues et classiques : pour s’unifier, il faut convenir de statuts, d’un programme (ce qui au semblerait assez facile) et d’une direction. Bien d’autres les ont résolus dans le passé, pourquoi pas nous ? »

Mais quand il dit « Rien ne justifie la dispersion des communistes », il se trompe, car il faut au contraire comprendre le processus historique bien réel qui a produit cette dispersion ! Rien ne la justifie car la situation exigerait de la dépasser, mais elle se justifie par sa propre histoire, qui n’est pas une histoire artificielle qui se résumerait aux questions de personnes. Au contraire, il faut comprendre comment des divisions successives sont nées des réalités sociales dans un contexte politique donné. Et il faut résoudre pas à pas ces questions politiques, idéologiques et pratiques qui ont fait cette dispersion. On ne peut les déminer une à une que dans l’intervention politique dans le mouvement social. Gilles a raison de citer la question du socialisme réel et des causes de sa chute comme une question décisive d’un processus de reconstruction communiste.Mais c’est loin d’être la seule question !

On peut prendre l’exemple de la perception de ce qui devrait constituer la classe ouvrière aujourd’hui, avec le point de vue par exemple de Said Boumamas, qui insiste sur sa composition immigrée et le lien avec le colonialisme Français, et le point de vue d’André Gerin, qui insiste sur l’urgence de relever le défi de la souveraineté nationale pour reposer la question de classe face au poison du nationalisme d’extrême-droite. Certains pourraient les considérer comme des opposants absolus, alors que si on prend le débat d’un point de vue de classe, on peut dialectiquement montrer comment question nationale et de classe interagissent. André Gerin dira « français immigrés, solidarité », et Said Boumamas dira « unité de la classe ouvrière telle qu’elle est », et les voies d’un rapprochement seront ouvertes. Mais rien ne sert d’avoir ce débat dans un salon. Il faut le poser dans des rassemblements réels, dans des entreprises ou des quartiers où transformer ce débat en organisation, en adhésion, en formation, en dirigeants.

Poser la question en terme de « qu’attendons-nous pour nous réunir en un seul parti ? », c’est faire croire que chacun est dans l’erreur dans sa situation léguée par l’histoire, alors que ceux qui militent et tentent de résister et construire, quelque soit leur situation politique ont raison de continuer. Pour une part, c’est plutôt le plus grand nombre de ceux qui ont démissionné de leur engagement qui ont tort... C’est aussi une déclaration incantatoire qui de fait pousse à la division notamment entre communistes dans et hors du PCF, alors que tout au contraire devrait les pousser à se parler dans le respect des situations de chacun.

Ainsi, répondre à la question « Il y a foule de communistes en France ! Mais pourquoi ne les entend-on pas ? », c’est d’abord reconnaître la réalité du rapport des forces dans lequel les forces communistes agissent, et c’est ensuite accepter que le rythme d’évolution de ce rapport de forces ne se décide dans aucune instance, conférence, rencontre, assises ou autre congrès. C’est le mouvement social dans les luttes de classe qui pose des questions auxquelles il peut répondre, pour peu que des militants fassent un effort d’organisation. Et dans la situation actuelle, l’effort d’organisation utile, c’est de respecter toutes les formes organisées d’engagement communiste, leur donner les outils pour se parler, parler ensemble quand c’est possible, et faire converger patiemment leur manière d’exprimer l’exigence révolutionnaire dans les luttes populaires.

C’est un défaut de jeunesse de vouloir brûler les étapes. Il faut reconnaitre les causes profondes de l’histoire de l’émiettement communiste pour accepter de travailler sans impatience à l’histoire de sa reconstruction.

 

Par: Réveil communiste.

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Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Europe

Avec 35,47 % des voix, Syriza et d’Alexis Tsipras viennent de sortir vainqueurs des législatives en Grèce. Une nouvelle fois, le peuple a rejeté les précédentes formations de l’ancien régime. Il est déterminé à résister coûte que coûte aux créanciers.

Depuis l’annonce de ce succès, François Hollande et tous les dirigeants européens s’empressent à le féliciter. Mais derrière toutes ces louanges, il y a beaucoup de contrevérités et de mensonges. En effet, ils étaient tous signataires de l’accord du 13 juillet d’une extrême violence, pour refuser le référendum et imposer de nouvelles mesures d’austérité, de privatisation et de mise en cause de la souveraineté.


Après cette victoire incontestable d’Alexis Tsipras, nous devons aider le peuple grec à retrouver sa dignité et sa souveraineté nationale, mises sous tutelle de la troïka.

La déclaration en trompe l’œil de François Hollande nous rappelle que nous n’avons rien à attendre d’un Président qui applique les mêmes politiques que Schroder et Blair.

Nous sommes à un moment crucial. Il est temps d’engager de grandes confrontations en France et en Europe pour faire sauter le mur de l’oligarchie financière et briser le tabou de l’euro. Il est temps de remettre en cause les traités de Lisbonne et de Maastricht.

Pour nous progressistes, la leçon grecque nous intime à sortir de cette illusion de changer l’Europe de l’intérieur. Nous ne pouvons plus nous contenter de ces discours à l’eau tiède qui tentent de nous enliser. Ce capitalisme cynique et sans pitié doit être remis en cause.

Un grand mouvement populaire, puissant et déterminé, en France et en Europe, est indispensable pour faire sauter les corsets de fer imposés aux peuples, qui corrompent la vie des gens et nourrissent les extrêmes droites et les intégrismes.
 

 
Par: André GERIN.
 
député-maire honoraire de Vénissieux

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Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Social-Eco

Dans cette lettre ouverte de Marie-Noëlle Lienemann à François Hollande, la sénatrice socialiste, ancienne ministre, membre du bureau national du PS et Présidente de la fédération des sociétés coopératives HLM dont elle se fait la porte-parole: « (...) De multiples difficultés s’accumulent tant pour la construction, la rénovation des logements que pour répondre aux besoins d’une population de plus en plus touchée par la pauvreté, la précarité ou encore pour faire vivre, dans tous les territoires, les valeurs et principes de notre République. »


 

Monsieur le Président de la République,

 

Vous allez clore le congrès de l’Union Sociale pour l’Habitat, témoignant ainsi de votre intérêt et de votre soutien au mouvement HLM.

Les participants, engagés au quotidien en faveur du logement social et au service des habitants seront sans nul doute sensibles à votre démarche.

Mais ils vous diront aussi la gravité de la situation. De multiples difficultés s’accumulent tant pour la construction, la rénovation des logements que pour répondre aux besoins d’une population de plus en plus touchée par la pauvreté, la précarité ou encore pour faire vivre, dans tous les territoires, les valeurs et principes de notre République.

Le mouvement HLM est mobilisé et a su innover pour relever les défis qu’imposent une dégradation sociale inquiétante, pour être au rendez-vous de la transition énergétique, pour améliorer l’accès et le droit au logement.

Il est clair que notre pays n’a pas accordé la priorité qui s’impose à la politique du logement, en particulier dans les régions en fort déficit. Il n’a pas assuré l’effort massif qui s’impose en faveur du logement social –pour le locatif d’abord mais aussi pour l’accession des catégories modestes à la propriété–. C’était vrai hier, cela demeure aujourd’hui.

 

Les engagements que vous aviez pris devant les Français, lors de l’élection présidentielle, n’ont à ce jour pas été tenus. Les résultats ne sont pas au rendez-vous. De surcroît, de sombres nuages s’amoncellent au regard de l’évolution des moyens consacrés aux HLM.

 

C’est parce qu’il n’est pas trop tard pour inverser la tendance et conjurer les mauvaises augures que je me permets de m’adresser à vous. J’espère vraiment que, lors de votre intervention devant les congressistes à Montpellier, vous pourrez dissiper les inquiétudes et annoncer des décisions concrètes qui permettront  d’agir vite, efficacement, et de répondre aux attentes du monde HLM et de ses locataires.

 

Je souhaite insister auprès de vous sur quatre points cruciaux pour l'avenir du logement social :

– un haut niveau budgétaire des aides à la pierre pour construire, en nombre, des logements à bas loyer ;
– la sanctuarisation de la mutualisation réalisée par l'USH pour optimiser, au sein du mouvement HLM, les fonds disponibles, avec le souci d'accompagner tous les territoires aux besoins différenciés ;
– la mobilisation réelle du foncier public ;
– la mise en œuvre effective de la loi SRU, des réponses nouvelles pour les foyers en difficultés, le refus du cantonnement du rôle des HLM au seul logement des plus démunis  pour assurer la mixité sociale.

 

Un haut niveau d'engagement budgétaire de l’État pour construire, en nombre, des logements à bas loyers

 

L’objectif annoncé était de produire 150 000 logements locatifs sociaux par an. En 2014, nous en sommes à 113 000. Nous n’atteignons pas et n’atteindront pas le cap fixé, si rien ne change.

 

Non seulement ce chiffre de logements sociaux financés ne correspond pas à celui des logements qui seront réalisés, mais on ne dit pas que l’accroissement réel du parc HLM atteint tout juste 60 000 logements par an, ce qui est dérisoire au regard de la liste d’attente, des besoins croissants et de l’évolution démographique du pays. 

Car il faut déduire de la construction neuve les démolitions et la vente des logements anciens, trop souvent réalisée pour dégager des fonds propres, se substituant ainsi aux aides à la pierre. Nous produisons un nombre extrêmement faible, extrêmement insuffisant de logements sociaux supplémentaires chaque année en France.

Les loyers sont trop chers.

Se pose un second problème, enjeu majeur pour aujourd’hui et pour demain. Les logements nouvellement construits sont trop chers au regard des revenus de nos concitoyens. La part des PLS demeure très importante, bon nombre des logements PLUS réalisés ont un niveau de loyer proche des plafonds. La production PLAI demeure insuffisante alors que la plupart des demandeurs relèvent de cette catégorie

 

Cette situation n’est pas le fruit d’une volonté des bailleurs sociaux mais la plupart du temps d’un double mouvement d’accroissement des coûts du foncier, de l’immobilier et d’une insuffisance de crédits publics d’aide à la pierre.

Pendant   longtemps, les collectivités locales ont  compensé –au moins dans certains territoires– le désengagement de l’Etat. Mais celles-ci, voyant leurs dotations se réduire et leur charges s’accroitre ont de plus en plus de difficultés   voire de réticences à maintenir ces soutiens

Vous aviez d’ailleurs pris la mesure des dangers de cette dérive en vous engageant, lors de la campagne électorale de 2012, à doubler l’aide à la pierre pour le locatif social dans le budget de l’État.

 

C’est pourtant le mouvement inverse qui s’est opéré puisque les autorisations d’engagement sont passées de 500 millions d’euros en 2011 à 400 millions en 2015 (les prévisions de crédits de paiement sont tombées à 171 millions !).

 

Certes, l’inscription budgétaire de 2011 était plus apparente que réelle car le gouvernement Fillon avait opéré un funeste prélèvement de 260 millions d’euros sur les organismes HLM pour alimenter ces aides à la pierre, à travers un fonds dit « de péréquation ». Nous avions dénoncé une logique qui substituait à la solidarité nationale un financement des HLM par les locataires, une solidarité entre pauvres.

 

Ce tour de passe-passe revient, à travers de nouvelles modalités, dès 2015, et plus encore dans la préparation du budget 2016.

 

En 2015, non seulement les sommes inscrites au budget prévisionnel étaient en baisse, mais un gel de ces crédits conjugué à une ponction de 120 millions d’euros sur la CGLLS (caisse de garantie entièrement abondée par les organismes HLM) a finalement ramené à seulement 80 millions d’euros les aides à la pierre pour les HLM. Vous conviendrez qu’une telle somme est dérisoire et alarmante.

 

Monsieur le Président, comment ne pas voir que tout cela a un air de « déjà vu » et que la politique soutenue par votre prédécesseur revient par la fenêtre, à pas feutrés, bien cachée sous une présentation trompeuse.

 

Pour 2016, le gouvernement annonce que les crédits budgétaires d’aides à la pierre seront maintenus et qu’un « fonds national des aides à la pierre », doté d’une gouvernance partagée entre les bailleurs sociaux, les collectivités locales et l’État. Les modalités d’alimentation de ce fonds par les bailleurs sociaux sont à l’étude, en accompagnement des aides de l’État. Encore un fonds !

Or, le gouvernement explique en coulisse que les crédits d’aides à la pierre abondés par l’État ne dépasseront pas 100 millions, soit 10 % de votre promesse.

Un nouveau nom pour une même logique : prélever sur les ressources des HLM et réduire l’intervention financièrere de l’État.

 

Quelle que soit la présentation retenue, au final l’apport budgétaire de l’État, l’argent supplémentaire consacré par la Nation aux HLM est en chute libre.

 

Aussi, Monsieur le Président, nous attendons un message clair de votre part : les aides à la pierre, financées par le budget de l’État, et donc la solidarité nationale, doivent être maintenues à un haut niveau permettant que soit atteint ce qui était prévu dans vos engagements, c’est-à-dire le doublement de ces crédits, soit 1 milliard d’euros.

 

Bien sûr, nous entendons votre préoccupation d’une gestion rigoureuse de la dépense publique. Justement, dans de telles circonstances, il faut faire des choix.

Permettez-moi de penser que le doublement des avantages fiscaux pour actions gratuites aux cadres des entreprises, prévu dans la loi Macron, ou les mesures pour les impatriés, estimées à plus de 400 millions d’euros par an, sont moins essentiels à l’avenir du pays que 400 millions d’euros d’aides à la pierre pour les HLM.

Vous le savez, la réalisation de logements sociaux a le triple avantage de soutenir l’emploi et l’activité du bâtiment, d’assurer des rentrées de TVA et d’améliorer le pouvoir d’achat de foyers modestes.

 

Sanctuariser la mutualisation engagée par l'USH

 

Le mouvement HLM, conscient de la nécessité qu’aucun euro disponible ne dorme dans des trèsoreries excessives, a décidé en 2013 la mise en œuvre, en son sein, d’une mutualisation financière assurant un soutien conséquent aux organismes qui réhabilitent ou construisent, par une circulation solidaire des moyens, ouverte à tous en fonction des besoins. C’est évidement totalement différent d’un prélèvement public pour compenser une baisse de l’intervention budgétaire.

 

Cette mutualisation est de 220 millions d'euros et devrait atteindre 600 millions pour 2016. Elle est voulue et maîtrisée par le mouvement HLM – évidemment en lien avec l’État et les collectivités – car il s’agit de l’argent des organismes et de leurs locataires.

 

Nous savons que les services du ministère de l’économie et des finances n’ont pas abandonné l’idée d’affecter cette mutualisation au fameux nouveau fonds qu’ils veulent constituer, détournant totalement de ses finalités et de son esprit notre démarche.

 

Aussi, Monsieur le Président, nous avons besoin que vous garantissiez la sanctuarisation de cette mutualisation et sa pleine maîtrise par le mouvement HLM et lui seul.

 

Car, il serait erroné de croire que le monde HLM est assis sur un pactole dormant. Les investissements qui se présentent à nous dans les années à venir sont considérables : constructions neuves, opérations de renouvellement urbain, plans de réhabilitation thermique, mutation du parc dans les territoires en déclin démographique, etc. Il est du devoir des organismes de penser leur action, l’évolution de leur parc, dans la durée.  On a parfois la triste impression que l’État qui devrait, lui aussi, avoir cette préoccupation de long terme,  semble plus obsédé par des économies budgétaires immédiates que par une vision structurante de l’avenir. Quitte à ce qu’au final, les insuffisances d’aujourd’hui coûtent cher demain.

 

La mobilisation réelle du foncier public

 

La construction de logements neufs exige de mobiliser des terrains. Vous vous étiez engagé « à mettre gratuitement à disposition des collectivités locales les terrains de l’État disponibles pour leur permettre de construire de nouveaux logements dans un délai de 5 ans. »

 

La loi facilitant ces cessions a été adoptée. Malheureusement, la méthode choisie est d’une grande complexité et laisse les différentes administrations et services publics finalement maîtres du jeu, et dans une situation souvent schizophrénique, puisque dans leurs budgets demeurent inscrite une valorisation de leurs actifs au prix du marché, sans tenir compte d’une substantielle décote. Le bilan est, en dépit des commissions mises en place et des déclarations ministérielles volontaristes, hélas bien décevant. Je reste convaincue que la mise en place de baux emphytéotiques ou une vente à une foncière publique avec les fonds de la Caisse des Dépôts permettrait d’engager rapidement l’ensemble du programme de libération des terrains avec un taux de réalisation significatif de logements sociaux, évidemment en réussissant l’indispensable mixité sociale.

 

En tout cas, il parait indispensable – si l’on veut accélérer réellement cette libération des terrains – que soit instaurée une compensation systématique des propriétaires publics entre la valeur du foncier au prix du marché et une décote de 100% pour le logement social. Car, aujourd’hui, ce sont plutôt des dérogations à un bon niveau de décote qui s’installe, comme on le voit dans les accords signés notamment avec la SNCF et le ministère de la Défense.

 

Votre implication sur ce sujet crucial est indispensable pour une concrétisation effective de votre engagement.

 

La mise en œuvre effective de la loi SRU

 

La loi du 18 janvier 2013 a mis en application les principes de durcissement de la loi SRU, passant le taux de 20 à 25 % de logements sociaux. Cette nouvelle étape était nécessaire pour permettre une montée en puissance de la construction de logement sociaux mais surtout pour assurer la mixité sociale partout. Au moment où il nous faut consolider les valeurs de notre République, relever ce défi, combattre la ghettoïsation, assurer pour tous le droit au logement est vital pour l’avenir du pays.

 

Or trop de collectivités se défaussent, ne se conforment pas aux objectifs fixés, dès la loi du 13 décembre 2000 (SRU). Les sanctions sont rares, les procédures dilatoires et des délais complaisants sont trop souvent acceptés par les représentants de l’État. On passe de contrats d’objectifs en contrats d’objectifs pour, au final, retarder sans cesse la réalisation des logements prévus. Sans compter qu’il s’agit rarement de logements très sociaux.

 

Monsieur le Président, l’État doit, en la matière, affirmer par des actes son autorité.

 

Des réponses nouvelles pour les foyers en difficultés

 

Chacun peut observer un appauvrissement réel d’une partie croissante de la population. Il est notoire dans nos résidences, et pas seulement dans les grands quartiers d’habitat social. Non seulement il provoque une montée des impayés qui fragilisent nos organismes, mais il a d’abord, avec l’accroissement la précarité, des  conséquences humaines redoutables. Ce sujet est l’un des plus lourds que doit affronter notre pays et exige des choix politiques majeurs. Dans le domaine du logement, il impose tout une série de mesures qui vont du maintien d’un haut niveau d’aides personnelles au logement, en particulier dans le parc HLM, d’une politique de loyers plus bas avec de nouveaux outils, d’une maîtrise des charges – en particulier énergétiques –, mais aussi pour les plus fragiles d’une offre diversifiée, avec un accompagnement social adapté.

 

C’est dans cet esprit, que le mouvement HLM a proposé au gouvernement la mise en œuvre d’une opération « 10 000 logements HLM accompagnés » pour soutenir des projets innovants et généralisables. Les organismes ont répondu nombreux à cet appel, en lien avec le monde associatif et des collectivités locales. Mais, après un an, l’incertitude budgétaire est totale pour 2016, si bien que bon nombre d’équipes mobilisées sont l’arme au pied alors que les besoins sont grandissants.

 

Un mouvement HLM conforté dans son rôle d'acteur majeur du modèle républicain

 

Ces politiques de « stop and go », de grignotage budgétaire permanent, émoussent les meilleures volontés, découragent les plus motivés, décrédibilisent l’État, alors même qu’il en va de la lutte contre les exclusions et de la qualité du vivre ensemble.

 

Ce dispositif pluriannuel, en faveur des personnes les plus en difficultés, était validé dans l’agenda signé entre le Premier ministre et l’USH, il y a tout juste un an, à la tribune même de son congrès. Il prolongeait un accord établi avec son prédécesseur, Jean-Marc Ayrault, et fixait une feuille de route sensée donner visibilité et pérennité à l’intervention de l’État, du mouvement HLM pour atteindre des objectifs communs.

 

C’était aussi nécessaire après le vote de nombreuses lois successives qui impactaient la politique du logement social. Une certaine respiration législative et des garanties budgétaires s’imposaient. Mais à peine signé l’accord était remis en cause, dans les faits, par Bercy. Et le Premier ministre a annoncé une énième loi sur le logement, traitant de sujets, comme les attributions, déjà modifiées dans la loi ALUR et qui se mets tout juste en place.

 

Monsieur le président, pensez-vous cela raisonnable, vous qui souhaitez que l’ensemble des opérateurs économiques aient un environnement stable et qui prônez la simplification administrative ? N’est-il pas nécessaire d’observer une pause législative et d’appliquer notre feuille de route commune ?

Tout cela pourrait prêter à sourire, si l’accumulation de ces problèmes et les carences réitérées des politiques du logement n’avaient pas de graves conséquences à terme, en particulier une lente mais réelle érosion de notre pacte républicain.

 

Le monde HLM en est un acteur déterminant. Sans des progrès tangibles de l’accès de tous à un logement décent et à prix abordable, sans un brassage social – ce qui va à rebours de la spécialisation du logement social pour les seuls pauvres –, sans la poursuite du renouvellement urbain pour des quartiers de qualité et la mixité sociales dans les villes, sans des opportunités de promotion sociale pour les foyers populaires à travers l’accession sécurisée – celle-ci est en déclin et au mieux se maintient, la suppression de l’APL accession lui porterait un coup fatal –, sans une présence des gardiens, des salariés des organismes au plus près du terrain et des habitants, les valeurs de notre République auraient bien du mal à convaincre.

 

Vous savez mieux que quiconque, Monsieur le Président, que si la France possède de fabuleux atouts, le doute sur notre modèle social et républicain s’insinue trop souvent.

 

Alors, pour lui rendre toute sa force et pour qu’il entraîne tous nos concitoyens et notre jeunesse, il faut agir vite.

 

Je suis persuadée que vous aurez alors l’adhésion convaincue non seulement du mouvement HLM, mais de celles et ceux pour lequel il agit au quotidien.

 

Je vous remercie, Monsieur le Président, de votre attention et vous prie de croire à l’expression de ma haute considération.

 

Par: Les invités de Mediapart.

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Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Social-Eco

Pour Stéphane Jugnot, statisticien et chercheur, mettre systématiquement en avant les chômeurs de catégorie A masque la gravité des faits et entrave l'action publique. En réalité, fin août, il y avait 5,421 millions de demandeurs d'emploi toutes catégories confondues.

  Baptême du feu pour Myriam El Khomri, la nouvelle ministre du travail. Les chiffres du chômage pour le mois d'août viennent de tomber et ils ne sont pas bons. Selon le communiqué fourni par la Dares (Direction de l'animation, de la recherche, des études et des statistiques) et Pôle emploi, il y aurait 20 000 chômeurs de catégorie A de plus (c'est-à-dire des personnes n'ayant pas du tout travaillé le mois passé), ce qui porte le total à 3 571 600 demandeurs d'emplois. Si l'on ajoute les chômeurs de catégorie B et C (ayant une activité réduite, courte ou longue, mais restant inscrits), on atteint 5,421 millions de personnes. Il s'agit d'une hausse de 0,6 % par rapport à juillet et de 4,6 % en un an. 

Cette manière de présenter les chiffres du chômage est celle communément admise par les médias. Certains, aux formats raccourcis comme les journaux télévisés ou la radio, se contentent même d'un chiffre, le premier donné et souligné par le ministère du travail, celui des catégories A. Stéphane Jugnot est chercheur associé à l’Ires (Institut de recherche économique et sociale). Il a également travaillé à la Dares et au Cerec (Centre d’études et de recherche sur les qualifications) à Marseille. Il estime que cette manière de présenter les choses fausse notre vision d'un chômage de masse, et entrave l'action publique. Entretien.

Les ministres du travail successifs sont régulièrement accusés de jouer sur les chiffres pour convaincre qu’ils agissent contre le chômage. Mais selon vous, le problème est plus profond...
Stéphane Jugnot. Alors il faut être clair : on ne cache pas les chiffres. Mais leur médiatisation, du communiqué de presse ministériel aux choix graphiques de certains tableaux, fait que, spontanément, les gens mettent en avant la seule catégorie A, plutôt que les catégories A, B, C. Et c’est un problème. La catégorie A est capitale, elle représente ceux qui n’ont pas du tout travaillé pendant le mois, mais elle occulte un million et demi de demandeurs d’emploi qui sont inscrits, qui sont suivis par Pôle emploi et peuvent éventuellement bénéficier d’aides des pouvoirs publics.

Ce n’est donc pas simplement une « histoire de chiffres » mais bien un problème d’appréhension de ce que représente le chômage en France ?
Ce que je dis, c’est que quand on martèle mois après mois le chiffre des catégories A, on met dans les têtes un ordre de grandeur qui est de 3 millions de demandeurs d’emplois. Or ils ne sont pas 3 millions, mais 5 ! Donc, quand vous vous posez la question des moyens alloués à Pôle emploi, des politiques à mener, des indemnisations à verser, ce n’est pas la même chose.

Avez-vous des exemples, de ce que cela peut induire en termes de politiques publiques, d’avoir en tête le chiffre de trois millions plutôt que celui de cinq ?
Avant que l’ANPE ne devienne Pôle emploi, j’ai par exemple constaté que des membres du cabinet du ministre du travail étaient surpris d’apprendre que l’on pouvait être inscrit à l’ANPE sans être indemnisé [c’est le cas d’un inscrit sur deux - ndlr]. Et je pense que s’ils avaient cette idée en tête, c’était à force de penser que trois millions d’inscrits à l’ANPE, cela voulait dire trois millions d’indemnisés. Grosse surprise ! Sur le fond, je ne pense pas qu’on puisse faire de bonnes politiques en mettant en avant de mauvais indicateurs. Après, il y a aussi un code de bonne pratique au niveau européen : la règle, c’est de donner des chiffres pertinents et clairs. Entretenir une confusion entre les demandeurs d’emploi de catégorie A et le chômage au sens du Bureau international du travail, c’est le contraire de la clarté. Ce n’est pas pertinent pour comprendre la conjoncture, ni pour suivre l’activité de Pôle emploi. Pour moi, ce qui se passe sur les statistiques de Pôle emploi, c’est comme si le ministère de la justice ne donnait, dans ses statistiques sur le nombre de prisonniers, que le nombre de personnes définitivement condamnées parce qu’il y a la présomption d’innocence... Pour le coup, la surpopulation des prisons disparaîtrait d’un coup !

Il n’y a pas de volonté délibérée de masquer la vérité ? 
Je pense plutôt qu’on est dans un système où les politiques considèrent les statistiques davantage comme un outil de communication que comme un moyen pour les aider à faire une bonne gouvernance, prendre des décisions à partir des bons constats. C’est vrai dans d’autres domaines. On est plus dans la communication que dans l’action. Et le chiffre devient un outil de communication. Je ne pense pas qu’ils se posent la question de savoir si cet indicateur est bon ou pas pour éclairer le débat public, mais plutôt comment je vais gérer en communication le fait que je vais passer de trois à cinq millions…

(Voir cet extrait d'Envoyé spécial sur les chiffres du chômage et leur appréciation par Michel Sapin, ancien ministre du travail).

Extrait d'Envoyé spécial sur les chiffres du chômage

Le chiffrage dit aussi des choses sur ce qu'est un emploi : forcément pérenne, en CDI ?
De fait, quand on a créé la catégorie A, on a laissé entendre que ce qui était important était l’obtention d’un CDI à temps plein. Or, en ne mettant pas en avant les autres catégories lorsque l’on fait état des chiffres du chômage, on tient le discours qu’un emploi ça peut être quelqu’un qui travaille une heure par mois ou par semaine. Cela suffit à sortir des radars. Mais ce n’est pas cohérent avec les politiques publiques, ou avec les règles européennes, qui disent que les personnes doivent viser en termes d’emploi décent soit un CDI, soit un CDD d’au moins six mois.

N’y a-t-il pas cependant un biais à confondre dans une même masse la personne qui a travaillé dix heures par mois et celle qui n’a pas travaillé du tout ?
Vous pouvez très bien dire qu’il y a 5 millions de demandeurs d’emploi, dont 1,5 million ayant eu un petit boulot dans le mois. Parce que la réalité des gens qui se considèrent demandeurs d’emploi, ce sont les cinq millions, ce ne sont pas les trois millions dont on nous rebat les oreilles. Tout ça vient du fait que dans les années 1990, à la suite des économistes, on a commencé à dire qu’il fallait que les demandeurs d’emploi aient un petit boulot pour qu’ils ne s’éloignent pas trop du marché du travail. Et donc maintenant, on leur dit que comme ils ont un petit boulot, en fait, ils n’ont pas de problème. Implicitement, c’est ça le message.

Cela dit, tous les chiffres détaillés sont en ligne sur le site de la Dares, mois après mois...
Oui, tout y est, mais c’est elle qui choisit de faire tel ou tel tableau, de mettre des graphiques, du « gras », c’est elle qui fait le communiqué de presse, structuré en parlant d’abord des A puis des autres. Ces choix-là, c'est la Dares qui les fait.

N’y a-t-il pas aussi une responsabilité des médias, et donc de nous-mêmes journalistes, dans la manière de communiquer sur ces chiffres ?
Puisqu’il y a tous les chiffres, et que les chiffres sont dans le communiqué, si les médias prenaient l’habitude de mettre en avant le chiffre de la 5e ligne plutôt que celui de la 1re, à la longue, il y aurait une transformation.

Ce n’est pas le cas ?
Non, car le journaliste se dit qu’il n'est pas plus compétent qu’un service ministériel indépendant ! Qui ne le fait pas, lui, systématiquement. 

Mais ce chiffre de cinq millions (les ABC), on le voit non ?
Oui, parce que la plupart des journaux donnent les deux, le A et le ABC. Mais quand il faut faire un titre, ou une courbe dans le 20 H, et que le ministre donne un chiffre, ce sont les catégories A qui sont évoquées, pas les ABC… Donc, oui, les médias ont aussi un rôle à jouer.

(Voir cet extrait d'un journal de France 2 du mois de juin).

Extrait d'un journal de France 2

On présente aussi d’abord les chiffres pour la France « métropolitaine », donc sans l’outre-mer… C’est anecdotique selon vous ?
Ce refus d’intégrer les données de l’outre-mer au chiffre global affiché est un mystère. Je comprends que la Polynésie soit un outre-mer qu’on n’intègre pas, mais il y a des départements français dans le lot. Ils ont le même statut, sont régis par les mêmes politiques publiques, bénéficient des mêmes lois de financement, pourquoi ne rentrent-ils pas dans le calcul ? Au niveau européen, quand les statistiques sont publiées, ce ne sont pas celles de la France « sauf…» ! Les parlementaires eux-mêmes ont demandé que la statistique des demandeurs d’emploi intègre l’outre-mer et qu’on ne fasse plus cette distinction.

La mise en exergue du chômage des jeunes vous paraît-elle légitime ?
Le focus sur le chômage des jeunes ne me semble pas crucial. Pour aller vite, je pense même qu’il n’y a pas un problème de « chômage des jeunes », mais bien un problème de chômage des jeunes non-diplômés. Et à force de parler toujours de la catégorie jeune en général, on occulte le vrai problème qui est qu’un jeune sur six sort chaque année de la formation initiale sans diplôme. Et par conséquent, ça induit un débat un peu saugrenu sur le développement de l’apprentissage dans l’enseignement supérieur par exemple, et dans les grandes écoles, pour des gens qui n’ont pas de gros problèmes d’insertion. Ceux qui ont du mal, ce sont les non-diplômés, les CAP, etc.

La publication mensuelle est-elle un choix pertinent ?
Je pense qu’il y a trop de publications conjoncturelles. Ce n’est pas forcément le choix de la statistique publique, beaucoup de ces publications sont imposées par l’Europe. Mais on ne facilite pas la mise en œuvre de politiques publiques en entretenant une sorte d’écume, un chiffre qui sort tous les trimestres… Le rythme de la publication est totalement déconnecté du rythme de l’action publique. On ne peut pas demander au pouvoir politique de réagir à chaque inflexion mensuelle du chiffre du chômage. De plus, toutes ces analyses, c’est autant de temps et d’argent qu’on ne met pas en analyses structurelles. Au bout du compte, ce sont moins de moyens pour approfondir les causes de ces réalités.

Le problème, plus global, est-il l’accès à la statistique française ?
Je me contenterais de dire que cette publication met à l’épreuve les instances et les personnes chargées de la déontologie et de l’indépendance de la statistique publique.

Quelles sont vos propositions pour changer la donne ?
Que ce soient les catégories ABC qui soient systématiquement mises en avant, qu’on utilise des termes moins techno et qu’on dise simplement les « demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi ». Demandez aux gens dans la rue, demandez à un demandeur d’emploi s'il est A, B, ou C, et vous verrez… Il ne saura pas et ne comprendra même pas le sens de la question.

 

Par Mathilde GOANEC.

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Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Europe
Jean-Christophe Le Duigou
 

Confrontée au problème de l’immigration et des réfugiés, l’Europe peine à mettre en oeuvre les mesures d’urgence qu’impose la situation, et se divise. Plus grave encore, derrière les discours compassionnels, elle se refuse à appréhender la nature nouvelle des flux migratoires.
La cause immédiate des mouvements de populations qui viennent de mobiliser l’opinion est connue : les guerres – qui se sont intensifiées dans de nombreuses régions du monde et, singulièrement, en Afghanistan, en Syrie, en Irak – ont déplacé 60 millions de personnes. Les pays occidentaux ne peuvent se dédouaner de leurs responsabilités dans les conséquences de nombre de ces conflits, dont ils sont partie prenante. Accueillir une partie de ces réfugiés qui frappent aux portes de l’Europe et qui représentent entre 0,1 % et 0,2 % de la population de l’Union ne devrait pas être un problème.

Mais peut-on continuer à s’abriter derrière l’interprétation étroite du droit d’asile, sur laquelle s’arcboute la France ? L’immigration est toujours liée aux mouvements structurels du capital à l’échelon du monde. Mais cette foisci, le phénomène prend une tout autre dimension, comme nous le montrent les migrants de Calais qui cherchent à s’installer en Angleterre. Ils nous font comprendre que la mondialisation a changé la donne. Ces hommes et ces femmes veulent être aussi libres de circuler que les marchandises dans lesquelles ils se cachent pour traverser la Manche ! Comment pouvait-on penser que la mondialisation se limiterait à ses aspects économiques et financiers sans s’accompagner de la circulation des personnes ? Par le passé, les entreprises cherchant de la main-d’oeuvre à bas coûts organisaient les migrations vers la métropole. Aujourd’hui, les mêmes, visant des profits à court terme, préfèrent délocaliser leur production dans les pays émergents, sans souci de contribuer à un développement économique cohérent des pays où ils s’implantent, si bien qu’une partie de la population de ces pays, notamment la plus formée, n’y trouve pas sa place et regarde légitimement vers les pays donneurs d’ordre. Ce mouvement est entretenu par une politique de drainage de la main-d’oeuvre qualifiée par les pays qui se présentent comme les pôles actifs de la mondialisation – la Californie, l’Afrique du Sud, la Grande-Bretagne, l’Australie et désormais l’Allemagne. Une fois de plus, la théorie économique est vérifiée. La croissance des flux économiques dans une logique sélective de marché, ignorant des droits humains, ne réduit pas l’importance des flux migratoires, mais gonfle au contraire ces derniers.

N’en déplaise à Mme Le Pen, qui réclame « la fin de l’immigration », c’est seulement sur la base d’une mobilité organisée dans le cadre de coopérations avec les pays du Sud que peuvent se concevoir les réponses efficaces à ce nouveau défi. À l’heure d’Internet et de la télévision par satellite, penser la France et l’Europe comme des forteresses dans lesquelles on vivrait entre soi, hors des grands courants d’échanges, n’a pas de sens.

La seule solution crédible et durable est de passer d’un schéma de mondialisation où domine la logique de la pure compétitivité et du chacun-pour-soi à une logique de développement solidaire avec les pays d’immigration. La France ne peut bien sûr pas accomplir cette tâche toute seule. Mais c’est le sujet qu’elle devrait placer en priorité de l’ordre du jour de la conférence internationale annoncée par François Hollande.

Par: Jean-Christophe le Duigou, Économiste et syndicaliste.

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Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Europe

Les deux listes indépendantistes catalanes ont remporté les élections régionales en Catalogne, en obtenant 72 sièges sur 135 au parlement régional catalan.

"Nous avons gagné". Le message du leader séparatiste Artur Mas, le président de la Généralité de la Catalogne, est clair. Il l'a clamé en quatre langues - catalan, espagnol, anglais, français - devant près de 2000 partisans rassemblés au centre de Barcelone ce dimanche soir.  

La liste indépendantiste "Junts pel Si" ("Ensemble pour le oui", coalition de partis de gauche et de droite) a obtenu 62 sièges sur 135. L'autre parti indépendantiste, CUP (extrême gauche), a lui remporté 10 sièges. Ensemble, elles réunissent donc 72 sièges sur 135, au-delà de la majorité absolue à 68 sièges qu'elles briguaient. En pourcentage, elles concentrent 47,3% des suffrages, selon ces résultats.  

 

Pourquoi l'indépendance de la Catalogne fait trembler l'Espagne:

Les autres votes se seraient portés surtout sur les libéraux de Ciudadanos (25 sièges), résolument opposés à l'indépendance, et qui deviendraient le second parti de Catalogne. Le Parti socialiste, qui prône une révision de la Constitution pour accorder plus d'autonomie aux Catalans, obtient lui 16 sièges. La gauche radicale ralliée autour de Podemos, nouveau parti anticapitaliste allié du grec Syriza, en compte pour sa part 11, autant que le Parti Populaire au pouvoir en Espagne, qui en avait obtenu 19 lors des dernières élections de 2012.

 

Par: Citoyen18.

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Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Humeurs

Avant, Canal + était la girouette du cool, la chaine qui disait qui était in ou qui était out. Mais si l'Esprit Canal est mort depuis longtemps, la polémique lancée hier par Maitena Biraben marque le crépuscule d'une époque et d'un modèle.
A l'origine, on trouve une phrase énoncée dans Le Grand Journal hier soir et qui fait encore jaser les internautes.

A l'inverse, pour l’avocat Eric Dupont-Moretti, les propos de la présentatrice ont été mal interprétés. Il dénonce une polémique "débile". D'autres soutiens venus du FN se sont ajoutés à la liste.Maïtena Biraben, présentatrice du Grand Journal, lâche durant son entretien avec l'avocat Eric Dupont-Moretti : "le FN tient un discours de vérité". L'interview avait pour thème l'immigration et les libertés publiques. La présentatrice insiste : "Vous savez que les propos de la vérité sont souvent tenus et incarnés par le Front national aujourd’hui, rarement par le Parti socialiste, très rarement par les partis classiques. C’est quelque chose qui vous pose problème ou que vous entendez et qu’à la fin des fins vous comprenez?" 
 

Les internautes, eux, n'ont pas bien compris en réalité.

Ce qui n'est pas le cas de Philippe Gildas, présentateur emblématique de Nulle Part Ailleurs, et qui a commenté : "Une connerie comme ça, je ne l'ai jamais faite". Elle peut apprendre… Avant, elle faisait les Maternelles, là ça la change". Sic.
Côté audience, Le Grand journal est toujours derrière "Les Ch'tis VS les Marseillais". 

Par: FranceInfo.

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Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Syndicats

La CGT doit se réinventer:

Quel avenir pour le syndicalisme façon CGT ? Alors que la confédération générale du travail fête ce mercredi les 120 ans de son congrès constitutif, organisé à Limoges, la question parcourt jusqu’aux instances dirigeantes du syndicat. 

Membre du conseil scientifique de l’Institut d’histoire sociale de la CGT, l’historien Stéphane Sirot interviendra sur cette question, lors des célébrations de cet anniversaire, qui se dérouleront du 12 au 15 octobre, dans la capitale limousine. « Les organisations syndicales, la CGT en particulier, arrivent à un moment où elles doivent se poser des questions », estime-t-il.

Lors des célébrations des 120 ans de la CGT, vous interviendrez sur l’institutionnalisation du syndicalisme. Pouvez-vous expliquer ce phénomène ? 

C’est un thème que la direction de la CGT, en particulier Philippe Martinez, veut intégrer au prochain congrès qui se déroulera l’année prochaine. Au sens sociologique du terme, le syndicat est une institution, mais l’institutionnalisation, c’est ce qui l’a conduit, depuis le début, à être intégré à l’ordre politique et économique. Longtemps, la CGT a porté un projet de société que ses syndiqués qualifiaient volontiers de révolutionnaire. Mais à partir des lois Auroux, le mouvement syndical s’est orienté vers une fonction institutionnelle, de dialogue social et de rencontre avec les pouvoirs publics. Cela a eu un effet néfaste : le syndicat est moins présent sur le lieu de travail et moins tourné vers la création de mouvement social et de revendications.

Cela explique-t-il la faiblesse du taux de syndicalisation en France ? 

Aujourd’hui, les organisations syndicales sont davantage insérées dans les sphères de pouvoir. Ça porte le risque de creuser les hiatus entre le monde du travail et ceux qui sont censés le représenter. Ce phénomène est aujourd’hui à un point assez avancé. Il faut remonter au XIXe siècle pour trouver en France un taux de syndicalisation aussi faible. Le syndicalisme doit davantage s’interroger sur son lien avec la base des salariés.

Récemment, le rapport Combrexelle préconise le déplacement du lieu de négociations vers l’entreprise. Quel est l’impact sur le syndicalisme ? 

On a déjà connu un premier tournant en ce sens lors du premier septennat de François Mitterrand, avec les lois Auroux. C’est difficile pour les entreprises de refuser de négocier, c’est une question difficile à appréhender. Le rapport Combrexelle veut accélérer ce mouvement qui est déjà très vif. Dans les années 701, il y avait à peine quelques centaines d’accord d’entreprise par an, il y en a entre 35 et 40.000 aujourd’hui. Il y a bien eu une mutation très nette. Ce mouvement s’est accompagné de la possibilité pour les entreprises de déroger aux normes supérieures. Certains syndicats, le gouvernement et même la droite de gouvernement y voient une bonne chose. Moi, j’y vois un risque : déporter les salariés vers des conditions de travail moins bonnes.

Cela ne va-t-il pas à l’encontre de l’idéal qui a présidé à la naissance de la CGT, à savoir une amélioration des conditions de vie de tous les salariés ? 

Les organisations syndicales se sont construites sur les luttes collectives, dans le cadre d’un processus unificateur. Mais à la faveur de la mondialisation, de l’idéologie libérale, on assiste à la déconstruction du salariat. Elle est déjà bien avancée et pose problème aux syndicats, pus à l’aise avec les travailleurs intégrés. Mais aujourd’hui, ils doivent gérer les fonctionnaires, les précaires, les jeunes et même une forme de salariat déguisé, comme les auto-entrepreneurs. C’est un véritable éclatement du monde du travail, une forme d’explosion du salariat.

Le fait est entendu : les syndicats doivent faire leur aggiornamento. Mais dans quelle direction ?

Le syndicalisme allemand ou scandinave peut-il être un modèle ? Le syndicalisme scandinave est étranger à la tradition française. C’est un syndicalisme de services. Une anecdote : on parle là-bas non de syndiqués mais d’affiliés, ce qui est totalement étranger au vocabulaire français. C’est la même chose pour le syndicalisme allemand.

Deux questions se posent aux syndicats : la désinstitutionalisation et la repolitisation. Il ne s’agit pas de recréer un lien entre les syndicats et un parti, comme ça a pu exister entre la CGT et le PC, mais de remettre le syndicalisme sur les rails d’un projet de société. En s’orientant vers un syndicalisme de cogestion et d’accompagnement, les syndicats ont été identifiés à la sphère du pouvoir. À partir de là, c’est difficile d’attirer des adhérents. Ça a pourtant été une force des syndicats : penser la vie de la cité. Il faut que ça le devienne à nouveau.

Propos recueillis par Sébastien Dubois

Par Michel El Diablo

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Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Syndicats

Communiqué :

Nous venons de mettre en route un nouveau site:

www.cuisinedespatrons.com (lien)

Il a pour but de démontrer à partir de cas  concrets réels et identifiés (Radiall et Gattaz, Hermès, Carrefour ....) la grosse cuisine des patrons pour faire de l'optimisation sociale (baisse des salaires), optimisation fiscale (transfert des bénéfices à l'étranger) afin de dégager le maximum de bénéfices et des dividendes...

 

Par: #Le saviez-vous

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