Par exemple, dans une première version de ce document, censé être une réflexion sur la laïcité et la place de l’Islam en France, on découvre des analyses très approximatives qui affirment par exemple qu’ « il a fallu deux siècles pour construire un discours républicain au sein du judaïsme »,  minimisant combien les juifs de France ont depuis la Révolution Française manifesté un attachement à la République. Mais, surprise, une nouvelle version de ce document, après qu’elle soit restée ainsi plus d’un mois sur le site du PS, a finalement préféré supprimer cette phrase. C'est dire la confusion qui règne rue de Solferino sur ces questions.

Mais, c’est avec les conclusions de ce document que nous voulons faire entendre notre profond désaccord. Pour l’essentiel, en restant très floues, elles sont en contradiction avec la loi de 1905 puisqu’elles souhaitent voir la République laïque se mêler activement par des financements publics du contenu d’un culte en plus de son organisation. L’une d’elle propose même de « développer les établissements scolaires privés sous contrat. ». C’est le passage d’une laïcité où l’Etat ne reconnait ni ne salarie aucun culte comme le veut la loi de 1905 à une pseudo-laïcité où les religions doivent bénéficier d’une égalité de traitement. S’agissant de la lutte contre l’islamisme radical, la proposition du PS apparaît extrêmement dangereuse : il s’agirait de créer « un institut de théologie » pour les Imams : cette intervention de l’État dans le religieux contrevient à la neutralité républicaine qui ne reconnaît aucun culte. Quant aux élèves musulmans au lieu d’une intégration et par l’École républicaine, le Parti socialiste semble considérer que leur place se situe en dehors de l'école en proposant d’ouvrir des établissements confessionnels. Ainsi, on ne combat pas ce que le Premier Ministre a nommé l'"apartheid" qui gangrènerait notre pays, on le fabrique.

A l’heure où le gouvernement proclame vouloir défendre la « laïcité » et « donner la priorité à l’Ecole Républicaine » cette volonté de financer avec de l’argent public toujours plus d’établissements privés confessionnels, nous semble inacceptable. Nous préférons le combat de Jean Jaurès : « Laïcité de l’enseignement, progrès social, ce sont deux formules indivisibles. Nous n’oublierons ni l’une ni l’autre, et, en républicains socialistes, nous lutterons pour toutes les deux ».