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La porte à gauche. Jean FERRAT a chanté que certains prétendent que le bonheur était à la porte à droite. Aujourd’hui est-il à la porte à gauche ? Oui ! mais à la condition de secouer le cocotier de la pensée convenu ! Ce petit blog crée à l’initiative de quelques militants communistes de Vierzon n’a d’autres ambitions que de donner aux citoyens un support pour s’exprimer librement sur les sujets politiques, sociaux ou culturels d’actualité du local à l’international, qui s’émancipe des discours convenus, des lignes officielles décidées par quelques notables de la politique, aux doubles langages, aux bonimenteurs de vraies fausses solutions et qui cultivent la résignation. Déverrouillez les débats et enfoncez la porte à droite (….ou à gauche ?) Les seules limites, car il en faut, à notre liberté : Celle du respect des personnes, le souci de la vérité et de faire vivre le débat. Ainsi seront exclus tous messages comprenant des insultes ou diffamations visant une (des) personne(s), seront exclues, s’ils sont avérées, des informations mensongères ou rumeur infondées. Chacun pourra également participer au débat juste et loyal en signalant un abus de cette nature. Les productions de ces abus seront retirés et l’auteur exclu du blog.

Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Economie

 

Plus du quart des émissions nationales de gaz à effet de serre sont liées au secteur des transports. Si la voie fluviale est beaucoup moins polluante que le trafic routier, elle demeure sous-utilisée. Les nombreuses voies navigables sont délaissées. Une société coopérative tente de changer la donne en développant un transport fluvial de bouteilles de vin biologique ou naturel. Elle profite du maillage du réseau fluvial qui traverse 80 % du vignoble français pour collecter les produits dans la vallée du Rhône, avant de les acheminer jusqu’à Paris. Une alternative en faveur de transports moins carbonés, entravée par les subventions au tout routier.

Face à la logique de rapidité du « tout camion », Cécile Sauthier et Raphaël Sauzéat font l’éloge de la lenteur de la voie d’eau. Ils ont créé en 2012 la société coopérative Alizarine. L’alizarine est un colorant rouge d’origine végétale, extrait de la racine de la garance auparavant cultivée pour la teinture. Ce nom, c’est aussi celui de leur péniche qui transporte des palettes de vin – rouge, mais pas seulement – entre la vallée du Rhône et Paris.

Alors que le secteur des transports émet plus du quart des émissions nationales de gaz à effet de serre, le Grenelle de l’environnement avait fixé, en 2009, l’objectif d’augmenter la part du transport non routier et non aérien de marchandises de 14 % à 25 %, d’ici à 2022 [1]. Malgré ces engagements, le trafic fluvial reste le troisième mode de transport de marchandises avec 7,9 milliards de tonnes-kilomètres (tkm) transportées en France en 2011, loin derrière la route (177,9 milliards de tkm) et le fret (34,2 milliards de tkm) [2]. Il est pourtant l’un des plus écologiques : le transport d’une tonne de marchandise par voie fluviale génère en moyenne quatre fois moins de CO2 que par la route [3].

Quatre fois moins de CO2 que la route:

En France, le transport fluvial est très peu utilisé – à peine 3 % du transport intérieur [4] – malgré un réseau, le plus grand d’Europe, qui s’étend sur 8 500 kilomètres de canaux ! Tout l’enjeu pour la Scop Alizarine est donc de remettre au goût du jour ce mode de transport. Déterminés, Cécile Sauthier et Raphaël Sauzéat ont décidé de profiter du maillage du réseau fluvial qui traverse les plus grandes régions viticoles, depuis les vignobles du Languedoc-Roussillon jusqu’aux vins de Champagne, en passant par les rives du Rhône ou les vins de Loire. Ensemble, ils tentent de développer un transport fluvial « éco-responsable » de bouteilles de vin, essentiellement issues de vignobles bio.

La péniche Alizarine, trente-cinq mètres de longueur et cinq mètres de largeur, peut transporter cinquante palettes, soit trente mille bouteilles. L’équivalent de cinq camions frigorifiques. Partie du sud de la France, elle fait escale à différents points de chargement, des bords de la Méditerranée, desservi par le Canal du Rhône, jusqu’à Briare (Loiret) et son pont-canal sur la Loire, ou Reims et son champagne traversé par le canal de la Marne à l’Aisne [5]. Une « ramasse » par camion est organisée chez les vignerons dans un rayon de vingt-cinq kilomètres autour de ces points de chargement. Certains vignerons amènent directement leur production au bateau. À bord, une grue embarquée permet de charger les palettes et de les stocker dans une cale climatisée où le vin est gardé autour de 15°C.

 

900 km et 180 écluses

La cale du bateau se remplit progressivement de vins, mais aussi de produits du terroir issus de l’agriculture biologique, jusqu’à Paris où les livraisons ont lieu sur les quais, pour les particuliers et négociants notamment. Les cavistes, restaurants et groupements d’achat par exemple peuvent également être livrés « en véhicule électrique ». À terme, l’Alizarine devrait être également chargée de produits franciliens et des régions alentour, qui seront livrés vers le sud.

Pour parcourir 900 kilomètres et franchir quelque 180 écluses, l’Alizarine a besoin d’une vingtaine de jours. À bord, pas de secousse. Le vin peut ainsi continuer son vieillissement naturel en cave. Et sans rupture thermique : une température constante est en effet importante pour les vins naturels – sans sulfites – qui sont souvent plus fragiles. « Ce transport militant demande de la part des producteurs et des clients une nouvelle démarche, très engagée, basée sur la lenteur, a contrario du modèle économique actuel basé sur la politique du flux tendu », précisent les cogérants de la coopérative. Pour l’heure, ce sont essentiellement des producteurs de vins bio et naturels qui adhérent à la démarche. Pour identifier et valoriser les produits transportés par bateau, une étiquette est apposée sur les bouteilles.

Difficultés face au transport routier:

Les distorsions de concurrence avec le transport routier compliquent la poursuite de l’aventure d’Alizarine. Emprunter les voies d’eau plutôt que la route entraîne un surcoût de 0,3 à 0,5 euros par bouteille. Face aux subventions dont bénéficient les camions sur la route, le combat est inégal, regrettent Cécile Sauthier et Raphaël Sauzéat. Bien qu’Alizarine reçoive le soutien financier de plusieurs institutions [6], elle peine à être compétitive. Le surcoût de l’acheminement pourra diminuer quand les cales du bateau seront pleines, mais c’est encore loin d’être le cas. Car la lenteur a son revers : « 80 % des clients de notre étude de marché n’ont pas tenu leurs engagements, notamment par leur incapacité à anticiper les commandes de leurs clients. »

Face à une situation économique « préoccupante », une campagne de financement participatif a été lancée et s’est achevée sur un succès, début décembre. Elle leur permet d’assurer le prochain aller-retour entre la vallée du Rhône et Paris, du 7 février au 14 avril 2016. Paradoxe déconcertant : alors que l’avenir de la Scop n’est pas garanti, le label COP 21 qui marque la « reconnaissance gouvernementale des projets de mobilisation climatique d’intérêt général » a été attribué en 2015 à l’opération « Bordeaux-Paris par la voie d’eau, un voyage pour le climat » co-porté par l’Alizarine et le Tourmente, un autre bateau de commerce. Encourager très concrètement le report du trafic routier vers le fluvial serait un signal important envoyé par la France auprès des autres États membres de l’Union européenne. Selon un rapport de la Cour des comptes européenne publié en mars 2015, aucune amélioration significative de la part du transport fluvial n’est à noter depuis 2001.

Par: Sophie Chapelle

Photo prise du bateau Alizarine : source.

Plus d’informations sur la coopérative Alizarine sur leur site web.

Notes:

[1Source : « Le transport fluvial durable », ministère de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie, 2013.

[2tkm ou tonne kilomètre : unité correspondant au déplacement d’une tonne de marchandises sur un kilomètre. Source : « Les enjeux du transport fluvial », de Émilie Ruin, Métropolitiques, 2013.

[3ibid.

[4Source : http://vivre-le-canal.fr/transport/bordeaux-paris-par-la-voie-deau.

[5Parmi les points de chargement : Sète, Maguelone, Gallician, Avignon, Bollène, Montélimar, Valence, Tain-l’Hermitage, Saint-Vallier, Vienne, Lyon, Villefranche-sur-Saône, Mâcon, Tournus, Chalon-sur-Saône , Saint-Jean-de-Losne, Auxonne, Fontaine-Française, Langres, Châlons-en-Champagne, Reims, Digoin, Décize, Briare et Sens.

[6Le projet Alizarine a été subventionné par les conseils départementaux de l’Ardèche et de la Drôme, les conseils régionaux Rhône-Alpes et Île-de-France ainsi que par Voies navigables de France (VNF). Il a bénéficié de prêts d’honneur attribués par les associations « Entreprendre pour le fluvial » et « Initiative Ardèche méridionale ». La Scop Alizarine comprend les deux gérants et deux « Cigales », des clubs d’investisseurs locaux qui rassemblent une quarantaine de personnes.

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Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Humeurs

Une nouvelle période de populisme s’ouvre-t-elle, capable de mettre en péril la démocratie, comme dans les années 1930 ? Le populiste, qui prétend parler au nom du peuple, se nourrit de la peur d’un ennemi intérieur, « du sentiment d’être attaqué, qu’il y a un complot, que nos valeurs centrales sont menacées et qu’il faut s’unir pour les défendre », explique Raphaël Liogier, sociologue et philosophe. Sentiment de frustration collective, laïcité brandie comme étendard, évolution au gré des fluctuations de l’opinion publique... du Front national à Eric Zemmour ou Alain Soral, quelles sont les nouvelles formes du populisme ? Entretien.

Basta ! : Le Front national entretient une sorte de « grande confusion », en se réappropriant des thématiques qui n’étaient pas les siennes, comme la laïcité. Beaucoup de gens, un peu perdus politiquement, se laissent attirer par ces discours. Comment analysez-vous cette évolution ?

Raphaël Liogier [1] : Il n’y a pas extension de l’extrême droite, mais une dissolution, ce qui est plus grave. Le national-libéralisme typique de l’extrême droite française, portée par des individus réactionnaires et nationalistes, mais aussi libéraux du point de vue économique – comme Jean-Marie Le Pen qui était favorable à la suppression de l’impôt sur le revenu – n’existe plus aujourd’hui. Le discours du Front national a évolué.

Dans toute l’Europe, on observe la mobilisation dans les discours des valeurs centrales de cohésion, quelles que soient ces valeurs. Le Front National n’y échappe pas. En France, une des valeurs centrales est la laïcité, donc le Front national va mobiliser la laïcité et la défendre. A l’opposé de ce que faisait Jean-Marie Le Pen à ses débuts : il considérait alors la laïcité comme une valeur portée par la gauche, les athées, les gens qui ne seraient pas vraiment français. La laïcité est défendue aujourd’hui par le Front national de la même manière que la virginité de Jeanne d’Arc, le château de Versailles, le vase de Soissons ou le « christianisme immémorial de la France éternelle, fille de l’Église ». Ce qui compte, ce n’est pas ce que signifie la laïcité – qui veut dire pourtant des choses très précises. La laïcité va être mobilisée comme étant un instrument « d’hygiène culturelle ».

Est-ce le même processus ailleurs en Europe ?

En Norvège, le parti qui porte un programme similaire s’appelle le Parti du progrès. Pourquoi ce nom, alors que son but est de chasser les musulmans ? Parce que la notion de progrès en Norvège est aussi importante que la notion de laïcité en France. En Suède, c’est le Parti de la liberté, tout comme l’Autriche. Ces partis mobilisent des concepts qui sont ni de droite ni de gauche, ni progressistes ni réactionnaires. Des notions qui sont vidées de leur contenu juridique réel. C’est cela qui est en train de gagner du terrain.

La laïcité revendiquée par le Front national est donc vidée de sa signification ?

La laïcité, c’est deux choses : la séparation des églises et de l’État, définie par la loi de 1905 – et non pas la séparation du religieux et du politique – et la neutralité des agents publics. Ce qui n’est pas la neutralité de l’espace public ! Si l’espace public devient un espace contraint en ce qui concerne l’expression des opinions, qu’elles soient politiques ou religieuses, c’est une régression. Ce qu’on nous propose aujourd’hui, ce n’est même pas la neutralité de l’espace public, c’est sa neutralisation, donc un retour à une situation antérieure à 1789, au nom de la laïcité.

Cette absurdité est portée non seulement par les partis « populistes », mais aussi dans l’ensemble du champ politique. Quand François Hollande dit que la laïcité ne s’arrêtera qu’au seuil de l’intimité, cela signifie qu’on est libre d’exprimer ses opinions uniquement tout seul chez soi le soir… C’est insensé ! La neutralité des agents publics est justement là pour préserver l’expression publique, pour que l’espace public reste un espace révolutionnaire, où on peut exprimer ses opinions, sans influence. Il y a aujourd’hui un renversement total lorsqu’on dit « il faut laïciser l’espace public ». Cela ne veut rien dire, ce n’est pas logique.

Ce recours aux valeurs de cohésion nationale est, selon vous, symptomatique du développement du populisme. Comment définissez-vous le populisme aujourd’hui ?

Le populisme, c’est lorsqu’un individu s’exprime en lieu et place de la fiction du peuple. Le peuple, c’est un ensemble de classes sociales, de gens aux intérêts différents, des riches, des pauvres… Or d’un seul coup, avec le populisme, on se retrouve face à un « peuple total », qui serait pourvu d’un sens de la vérité inné – ce qu’on appelle le bon sens populaire. L’image du peuple est suffisamment imprécise, ce qui permet de rassembler en son nom, dans une atmosphère d’unanimisme, avec une invocation du bon sens et des valeurs populaires.

Les populistes prétendent avoir accès à cette vérité « populaire » – opposée aux mensonges du « système ». Une « vérité » que personne ne pourrait remettre en cause. On aura beau expliquer, donner des chiffres, pour contrecarrer les discours sur l’immigration, on va nous répondre que les chiffres sont truqués, que ce n’est pas réaliste, ou qu’on est un idiot utile. Le populiste prétend être réaliste, parler du « réel ». Il utilise la science quand cela l’arrange. Et propose une vision manichéenne du monde. Il prétend avoir un lien mystique, un lien direct avec le peuple : plus besoin des institutions, de ce qui crée une médiation. Celles-ci, aux yeux du populiste, ne représentent plus rien, puisqu’elles ne représentent pas le vrai peuple.

Le populisme a aussi besoin d’un « ennemi » pour fonctionner…

Le populiste a besoin d’ennemis, de pointer du doigt ceux qui ne font pas partie du « vrai » peuple. Pour lui, certains prétendent être du peuple mais n’en sont pas. Ce sont notamment les minorités ethno-culturelles : ce sont des ennemis parce qu’ils nous infiltrent, prétendent être d’ici mais ne le sont pas vraiment. De ce point de vue, cela fonctionne aujourd’hui comme dans les années 1930. Changez les personnages, mettez « juif » à la place de « musulman », on retrouve la même chose. Les ennemis, ce sont aussi ceux qui « trahissent » : ces « salauds de Parisiens », les journalistes, les « bobos » multiculturalistes, les « élites », ceux qui font partie du système. Comme aujourd’hui l’idée centrale est la défense culturelle, le mot multiculturalisme est devenu un gros mot.

Pour le populiste, il est nécessaire de trouver un responsable, un ennemi contre lequel il faudrait défendre nos valeurs qui seraient attaquées. C’est tout l’intérêt de la focalisation sur l’islam : certains y voient une menace de la grande tradition judéo-chrétienne – l’image du sarrasin médiéval contre la chrétienté –, et d’autres une menace contre la modernité, niant le droit des femmes. Grâce à ce côté bicéphale, la figure du musulman peut provoquer des alliances inédites, sur lequel le populisme va s’appuyer, en restant dans le registre émotionnel, le flou, en faisant communier des réactionnaires et des progressistes.

En quoi cette situation est-elle nouvelle ?

Il y a toujours eu des populistes. Mais à certaines périodes cela ne marche pas, leurs gesticulations font plutôt rire les gens. Cela fonctionne lorsqu’il y a une vraie crise symbolique, lorsque les gens ne savent plus ce qu’ils sont. Pourquoi le populisme a-t-il séduit en Allemagne dans les années 1930 ? La crise économique de 1929 était tout aussi forte en France ou aux États-Unis. Mais l’Allemagne avait des blessures narcissiques très fortes : le traité de Versailles, les territoires perdus.... C’est ce que j’appelle une crise symbolique : on ne ressemble pas à ce à quoi on voudrait ressembler. On a peur de ne plus être identique à ce qu’on a été. Pour que le populisme se diffuse, il y a besoin d’une crise symbolique. Il se nourrit d’un sentiment de frustration collective.

C’est ce qui se passe aujourd’hui en Europe ?

Imaginez le type qui a toujours été le plus important du village. À un moment donné, il perd sa domination économique. Il a encore suffisamment d’argent pour préserver les apparences, le mythe de sa suprématie, de sa grandeur, il garde un certain poids symbolique. Mais finalement, les gens du village commencent à se moquer de lui. Ou à ne plus le voir. C’est ce qui s’est passé avec l’Europe, centre du monde, qui a perdu sa suprématie militaire et économique à la fin la Seconde guerre mondiale. Elle restait quand même le « psychanalyste global » : d’un côté le paternalisme américain, de l’autre le tiers-monde infantilisé, et au milieu une Europe qui était une sorte de psychanalyste planétaire, étendait tout le monde sur le divan et donnait des leçons de morale. Cela a marché jusqu’aux années 1990.

En 2003, lors du conflit en Irak, les États-Unis disent à l’Europe : « Avec ou sans vous, c’est pareil ». On s’interroge sur le maintien de la France et du Royaume-Uni comme membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies. Viennent ensuite les débats sur l’identité nationale en France. Et la crise symbolique de cette Europe qui n’arrive pas à s’unir, qui n’arrive pas à exister à une échelle qui serait digne de ses ambitions. Tout cela aboutit à une crise narcissique : je ne me vois plus de la même façon dans les yeux des autres, et les signaux qui sont envoyés ne sont pas ceux que mon narcissisme attend.

Quelles sont les conséquences politiques de cette crise symbolique ?

Contrairement à l’extrême droite, qui reste à la marge, le populisme est une machine pour arriver au pouvoir, parce qu’il déplace le centre de gravité politique. Des valeurs de l’extrême droite deviennent légitimes, en ayant d’un coup l’air moins extrêmes. Elles se déplacent vers le centre de l’échiquier politique, tout en restant radicales. Cela se produit grâce au confusionnisme – le mélange entre des valeurs de droite et de gauche dans les discours – caractéristique essentielle du populisme.

Sommes-nous entrés dans une ère de confusion politique ?

Il y a une différence fondamentale avec les années 1930 : nous sommes aujourd’hui face à un populisme liquide. Ce populisme liquide n’est pas fondé sur une idéologie stable, mais sur les variations de l’opinion en temps réel. Le seul point commun entre le populisme actuel et celui des années 1930, c’est ce sentiment d’être attaqué, qu’il y a un complot, que nos valeurs centrales – qu’elles soient traditionnelles ou progressistes – sont menacées et qu’il faut s’unir pour les défendre. Cela est porté par les partis politiques populistes mais pas seulement – on sent une tension permanente dans l’espace public, dans le débat… Avec des « progressistes réactionnaires » et des « réactionnaires progressistes », qui finalement disent à peu près la même chose mais en sens inverse.

C’est là que se situe la différence entre « populisme liquide » et « populisme solide », qui caractérisait les années 1930. Ce dernier est fondé sur des idéologies qui sont cristallisées, solides. Il se fonde sur une idéologie précise, séduisant progressivement une grande partie de la population. En revanche, le populisme solide n’infiltre pas le monde politique classique. Les partis politiques de la République de Weimar se sont littéralement effondrés. Mais ils n’étaient pas infiltrés par le national-socialisme dans leurs discours, ils continuaient de garder leur ligne politique. Ce n’était pas un populisme infiltrant. Il se heurtait aux institutions, car il était solide.

Ce qui n’est pas le cas du populisme actuel ?

Le populisme actuel n’est plus fondé sur une idéologie stable. La culture n’est pas une notion stable, on peut mettre n’importe quoi dedans. Lorsque l’extrême droite parle du mariage pour tous, les ennemis du moment sont les homosexuels. Les musulmans deviennent des alliés. Puis ils redeviennent les ennemis. Résultat, tout le monde se sent attaqué sans savoir exactement par qui, pourquoi, comment.

Autre caractéristique du populisme liquide : il n’est pas suffisamment solide pour créer une société totalitaire, qui suppose une idéologie stable. La bonne nouvelle, c’est qu’on n’aura peut-être pas la Solution finale. La mauvaise nouvelle, c’est que le populisme actuel n’a pas besoin d’un renversement de régime, car le régime lui-même est rongé de l’intérieur, progressivement, sans qu’on s’en rende compte.

Ce processus d’infiltration est renforcé par le marketing politique, par cette impression que le sens des mots lui-même est récupéré…

Le populiste se moque bien du sens des choses, l’important est de « faire signe ». De se montrer préoccupé, plus que de faire sens. Quand le Front national défend la laïcité, c’est la politique du signe : il se fiche de savoir quel sens il donne à la laïcité. Dès qu’on essaye de discuter avec Marine Le Pen, elle assène : « Laïcité ». L’important, c’est de donner l’impression de défendre un élément du patrimoine national, un attribut du peuple. C’est ce que j’appelle la « patrimonialisation » des valeurs centrales de cohésion : il faudrait défendre cet attribut patrimonial, quel que soit son contenu, quelle que soit sa signification.

Les nouveaux moyens de communication favorisent sans doute aussi le développement de ce populisme liquide ?

Cette liquidité du populisme est liée à la globalisation et aux mobilités humaines, matérielles, financières, qu’elle favorise. Et au grand bain informationnel dans lequel nous sommes immergés, rendu possible notamment par Internet. Il ne peut plus y avoir de structuration unitaire, ne serait-ce que parce qu’il y a une multiplicité des sources. Chaque événement produit également des effets de proximité, même s’ils sont éloignés : une bombe éclate à Gaza, et pour certains c’est comme si c’était dans leur jardin, ils se sentent attaqués directement. Les symboles – éléments importants dans une crise symbolique – circulent très rapidement, n’ont pas le temps de se structurer en une idéologie. La seule chose qui reste, c’est le sentiment d’être attaqués.

Quelles sont les conséquences de ce sentiment diffus d’être menacés, attaqués ?

Il y a une sorte de suspicion généralisée : chacun suspecte son voisin de vouloir s’attaquer à son identité. Dans ce contexte, la violence devient aussi liquide. Dans ce sens le jihadisme de 2015 est très différent de celui des années 1990 et du début 2000. A cette époque, on a affaire à des professionnels, nés et endoctrinés dans un contexte religieux, qui appartiennent à des réseaux, à des organisations structurées.

Aujourd’hui, ce sont des jeunes en mal d’idéaux, frustrés, pas spécialement immergés dans un milieu religieux. Ils deviennent« jihadistes » parce que cela représente la « figure idéale » de l’ennemi pour ceux qu’ils estiment être responsables de leur souffrance – les « occidentaux », les « Juifs », « l’élite », etc. Leur vie reprend alors du poids, un sens. Il y a renversement du sens du stigmate. Ils se sentaient exclus parce qu’ils étaient d’origine maghrébine ou africaine, différents. Et là, ils se sentent choisis pour être des héros justement parce qu’ils sont discriminés. Leur échec social devient le signe d’une mission plus haute et impérieuse à accomplir.

Cette posture du héros-jihadiste est directement induite par la mise en scène de la décadence des valeurs européennes, de la civilisation européenne, et peut conduire certains jeunes à sur-jouer le rôle de l’ennemi qui leur est assigné, jusqu’au passage à l’acte vengeur. En sens inverse, le héros-défenseur de l’Occident peut aussi surjouer le rôle qu’il s’imagine être le sien. Et, parce qu’il est lui aussi au chômage, frustré, mais qu’il n’est pas d’origine nord-africaine, son ennemi devient le musulman et les traîtres multiculturalistes qui les laissent « nous » conquérir – et qui semblent responsables de sa détresse ne serait-ce que parce qu’ils lui voleraient l’emploi qu’il mériterait. Nous pouvons aussi voir surgir un Anders Breivik [auteur d’un attentat et d’un massacre en Norvège le 11 juillet 2011, qui fera 77 morts, ndlr] qui tue des traîtres à la nation, des « gauchistes » multiculturalistes. La suspicion est tellement diffuse et générale, que les ennemis changent à grande vitesse, de façon étourdissante, seul reste le sentiment qu’il y a un complot, que l’on nous en veut.

Qui sont les populistes aujourd’hui ? Des responsables politiques ? Des « polémistes » ?

Certains sont passés maîtres dans ce populisme liquide, comme Alain Soral. Il peut dire n’importe quoi et se contredire ensuite. Les gens retiennent que c’est quand même louche, qu’il se passe quelque chose. Ses explications ont l’air extrêmement logiques, elles attirent parce qu’elles proposent une structure, elles donnent une explication par le complot, par l’attaque. S’il n’y avait pas Internet, Alain Soral ne pourrait pas diffuser ses vidéos, il n’attirerait pas autant de gens.

Un autre opérateur populiste typique est Eric Zemmour. Il croit vraiment que c’est la guerre, il se voit comme le héros qui va défendre la civilisation, la société, le peuple, la vraie tradition. Soral ou Zemmour, on sait où les situer. Le problème du populisme liquide, c’est qu’on le retrouve un peu partout. Jusque dans des discussions avec des gens qui sont un peu punks, des gens qui sont supposés être dans une culture alternative. Ce qui est grave, c’est quand François Hollande – qui n’est pas a priori un populiste – se sent obligé de dire que la neutralité doit s’appliquer à l’ensemble de l’espace public et qu’elle ne s’arrêtera qu’au seuil de l’intimité. Cela finit par normaliser, intérioriser, relativiser les idées populistes. Et permettre au système d’être rongé de l’intérieur.

Comment peut-on contrecarrer ce type de discours ?

C’est impossible. C’est pour cela que je parle de populisme liquide. Les partis politiques n’en sont pas exempts, ils diffusent aussi ce type de thèmes. Des gens qui sont supposés être des scientifiques disent des choses effroyables, le plus naturellement du monde. Christophe Guilluy (géographe et consultant auprès de collectivités locales, ndlr) affirme ainsi que, dans les périphéries, les petits Blancs des classes moyennes sont chassées par les « minorités ethnoculturelles ». Mais ce n’est pas parce qu’ils en sont chassés, c’est parce qu’ils préfèrent aller habiter dans des villes moyennes lorsque leur niveau de vie s’améliore ! Comme si c’était désirable de vivre dans cette périphérie… Mais on assène l’hypothèse de l’attaque. Ces analyses sont reprises par Eric Zemmour. Et on ne peut plus rien faire, cela infiltre l’ensemble du champ politique.

Quels sont les risques de cette montée du populisme ?

C’est une menace pour l’État de droit. Cela mine le vivre-ensemble, même si ce terme est galvaudé. C’est presque une menace pour la joie de vivre. Un des problèmes aujourd’hui est que l’Europe fonctionne sur une narration négative : les Européens ne savent pas ce qu’ils sont, mais ils croient savoir ce qu’ils ne sont pas. Ils désignent donc un ennemi menaçant. Ils ne supportent plus la globalisation, la compétition mondiale, ils ont le sentiment d’être attaqués par le monde tel qu’il est, ils n’acceptent pas d’être considérés comme moins puissants qu’avant. D’où la tentation de se retrancher sur les nations. Or celles-ci n’ont plus de programmes à proposer, car c’est une échelle de gouvernance trop petite, pas à la hauteur des ambitions que pourraient avoir ces pays. Et comme il n’y a pas de programme possible, on raconte n’importe quoi.

Malgré cette crise symbolique, l’Europe a encore le plus gros PIB du monde. L’Union européenne, ce n’est pas le cheval de Troie du néolibéralisme ou de l’immigration. La vraie question n’est pas d’être pour ou contre l’Europe, mais pour quelle Europe. Les nations aujourd’hui sont trop faibles pour protéger véritablement les identités nationales. Ce que peut faire l’Europe. L’important dans le contexte actuel, c’est que l’Europe arrive à construire une narration positive d’elle-même, pour sortir de cette crise symbolique. Comme nous l’avons vu, c’est dans le théâtre populiste de la guerre culturelle générale qu’une violence terroriste venu de tout bord peut surgir à tout moment, sans véritable accroche idéologique, sans réseaux solides, seulement nourrie par le sentiment collectif ou communautaire de l’encerclement.

Notes

[1Raphaël Liogier est sociologue et philosophe, professeur à l’Institut d’études politiques d’Aix-en-Provence. Il a publié de nombreux ouvrages, dont Ce populisme qui vient (Textuel, 2013), et Le Mythe de l’islamisation : essai sur une obsession collective (Le Seuil, 2012).

Par: Agnès Rousseaux et BASTA.

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Publié dans : #Humeurs

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Sur le site de « Libération » jeudi dernier.

 

A la gauche du PS, l'espoir en «chantiers»

"Dans un appel publié par Mediapart, 500 personnalités politiques, associatives, syndicales et intellectuelles appellent à «construire une alternative». Duflot et Mélenchon compris.

Ça bouge enfin à la gauche du PS. Fini les «tribunes», «forum», «meetings» et autre «colloques» entre dirigeants communistes, écologistes et socialistes sans que soit écrite la moindre ligne d’un projet commun. Voici venu, en ce début d’année, le temps des travaux pratiques. En tout cas, c’est ce que les 500 premiers signataires d’un appel intitulé «Chantiers d’espoir», publié sur Mediapart, annoncent ce jeudi. «Nous voulons construire une alternative», écrivent-ils dès la première ligne de ce texte signé par des politiques comme les écologistes Cécile Duflot et Emmanuelle Cosse, des représentants du Front de gauche (Jean-Luc Mélenchon, Pierre Laurent, Clémentine Autain…) et des dirigeants de l’aile gauche du PS, mais aussi des syndicalistes, des artistes, des économistes ou des féministes.

Par Lilian ALEMAGNA

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Publié dans : #International

Lien-PADSCommuniqué du

 Parti Algérien pour la démocratie et le socialisme 

(PADS)


 

Les attaques criminelles perpétrées au nom d'une conception moyenâgeuse de l'Islam par un groupe de fanatiques intégristes contre le périodique satirique français Charlie Hebdo puis contre une épicerie "casher" continuent de susciter une indignation légitime dans le larges milieux en France et dans le monde. Leurs tenants et aboutissants, les buts de leurs véritables commanditaires, suscitent également beaucoup d'interrogations dans les milieux politiques qui se méfient des services impérialistes. 

 

La condamnation de ces assassinats ne doit pas faire oublier que le journal Charlie Hebdo s'est illustré par une ligne anticléricale et antireligieuse primaire faite d'offenses gratuites à la foi des croyants de toutes confessions, une ligne marquée par le soutien depuis 20 ans à toutes les guerres et les ingérences impérialistes, une ligne qui a objectivement contribué à discréditer les communautés musulmanes vivant en France malgré les convictions antiracistes affichées par ses rédacteurs et caricaturistes.

 

Ces attentats sont une aubaine providentielle pour la bourgeoisie impérialiste occidentale. Avec un chômage qui frappe des millions de personnes et des opérations incessantes de remise en cause des conquêtes sociales des travailleurs, elle fait feu de tout bois. Elle cherche avec fébrilité les diversions qui détournent vers d'autres cibles ou d'autres sujets la montée du mécontentement populaire contre les causes de la crise capitaliste et le refus des politiciens de droite ou de gauche de s'attaquer à ses racines économiques, la propriété monopoliste des moyens de  production. Sous couvert de prévenir les actions terroristes, la bourgeoisie impérialiste occidentale profite du climat d'émotion créé par ce crime et exacerbé par ses médias pour accélérer la réalisation de ses plans de fascisation et de guerre: mise sous surveillance de la population et flicage concomitant des courants contestataires anticapitalistes, dans le cadre d'un "patrioct act" européen ouvert ou masqué, pour soi-disant traquer les mouvements des candidats au terrorisme; légitimation de ses interventions armées dans le monde et notamment en Syrie où ses tentatives de renversement par la force du régime syrien se heurtent à une résistance déterminée de la majorité du peuple syrien; tentative artificielle d'effacer l'antagonisme de classe fondamental entre exploités et exploiteurs, opprimés et oppresseurs de toute la planète en le remplaçant par une démagogique "union nationale sacrée face au terrorisme" à un moment où s'aiguise la crise du capitalisme et s'étend une paupérisation qui frappe encore plus durement les communautés immigrées marginalisées, objet d'un racisme clamé par les partis d'extrême-droite dans les médias qui leur offrent des tribunes permanentes au nom de la "liberté d'expression"; exacerbation du faux clivage entre musulmans et non-musulmans dans le but de dresser les uns contre les autres les exploités et les laissés pour compte de toutes confessions.

 

Indépendamment de l'émotion provoquée par ces actes ignobles, les communistes algériens rappellent que les plus grandes victimes de l'intégrisme religieux et de ses appuis extérieurs sont les peuples musulmans eux-mêmes. Ces peuples sont livrés aux appétits expansionnistes criminels de l'impérialisme occidental appuyé dans ses campagnes de guerre par ses alliés féodalo-bourgeois les plus obscurantistes des pays arabes et islamiques. Les Etats impérialistes occidentaux portent la responsabilité de l'extension de l'intégrisme dans le monde et par effet de boomerang chez eux. Ce sont eux qui ont soutenu et soutiennent depuis des décennies et par tous les moyens les courants obscurantistes pour contrer les courants anticapitalistes et antiimpérialistes dans le monde arabe et musulman. Ils les ont utilisés pour abattre l'URSS ou les régimes progressistes et patriotiques attachés à la défense de leur indépendance. Afghanistan, Yémen, Tchétchénie, Yougoslavie, Algérie, Libye, Syrie, Mali, Centrafrique, etc., dans tous ces pays le prétendu "monde libre et éclairé" tenu en main par la bourgeoisie impérialiste a systématiquement utilisé l'obscurantisme afin d'étendre sa domination économique et politique. Il y a semé mort et destruction pour diviser les masses laborieuses, évincer par la plus extrême violence les forces de progrès. Il y a installé ou tente d'y installer à leur place des valets corrompus et serviles. Afin d'affaiblir ses rivaux russes et chinois il instrumentalise les groupes rétrogrades qui se réclament soit d'un Islam dévoyé par les forces de l'argent et de l'affairisme soit d'un Dalaï Lama ouvertement rétribué par le gouvernement américain.

 

Qu'ils aient été manipulés ou qu'ils aient commis leurs actes en toute connaissance de leurs conséquences, les auteurs de ces actes appartiennent à ce même courant idéologique réactionnaire obscurantiste qui a lynché le dirigeant libyen Kaddafi sous la protection de l'aviation et des agents spéciaux français, des drones américains, sous les applaudissements de la droite et de la "gauche" impérialiste. C'est ce même courant qui participe depuis trois ans à la destruction de la Syrie pour renverser par la force le régime laïque de ce pays avec le soutien militaire, financier, matériel et politique des Etats impérialistes et des monarchies théocratiques du Golfe. Des dizaines de milliers de jeunes musulmans, de plus de 80 pays, dont la France, fanatisés ou trompés par une propagande réactionnaire mondiale orchestrée de façon effrénée sous le drapeau d'une prétendue défense des "sunnites" contre les "impies chiites et allaouites", ou de la lutte contre le "boucher de Damas", ont été directement ou moralement encouragés à se rendre dans ce pays. Ils ont été entraînés au maniement des armes et des instruments de communication les plus sophistiqués par les officiers instructeurs de l'OTAN en Turquie, en Jordanie, etc.

A l'occasion de la condamnation populaire spontanée et massive de ces attentats, les dirigeants, les politiciens et les journalistes-valets des Etats impérialistes ont battu tous les records d'hypocrisie. Dans leur guerre pour dominer le monde, pour mettre la main sur les sources d'énergie et les voies de leur acheminement, les Sarkozy, Hollande, Fabius, Camerone, Merkel et Obama, ont toléré que des centaines de propagandistes professionnels d'une vision rétrograde de la religion intoxiquent en toute impunité les jeunes depuis des années dans les mosquées de France, ou d'autres pays. Ils ont fermé les yeux sur le fait que ces propagandistes soient rétribués par leurs alliés de l'Arabie saoudite et du Qatar. La participation du ministre algérien des Affaires étrangères à cette manifestation aux côtés des politiciens français, anglais, américains, etc., qui avaient contribué à innocenter les forces de l'obscurantisme de leurs crimes de masse en Algérie dans les années 1990 est une caution impardonnable à la duplicité des dirigeants de l'impérialisme.

 

Le dirigeant d'un des plus grands Etats terroristes du monde, Netanyahou, le plus grand massacreur de femmes, de vieillards et d'enfants, le responsable d'un Etat qui piétine impunément les résolutions de l'ONU et dénie aux Palestiniens leur droit imprescriptible à créer leur Etat pleinement souverain sur les territoires occupés par Israël le 5 juin 1967, ce criminel de guerre s'est pavané dans les rues de Paris aux côtés des chefs des Etats impérialistes, dont certains comme le chef du gouvernement espagnol sympathisent avec les fascistes et répriment durement les grévistes. Les images de Netanyahou en tête du cortège des chefs d'Etat qui ont mis le monde à feu et à sang contribuent à renforcer la haine des communautés arabes et musulmanes pour les complices des occupants israéliens. Mais aussi à entretenir le confusionnisme attisé par les chiens de garde de l'impérialisme afin de diviser sur des bases confessionnelles les travailleurs et les chômeurs français à l'heure où ils ont tous besoin de s'unir pour se battre contre le système capitaliste, source fondamentale des injustices, des exclusions et des guerres. Les criminels de guerre israéliens, les défenseurs d'une vision sioniste d'Israël, menacés d'isolement par le processus de reconnaissance de l'Etat palestinien, inquiets devant leur possible poursuite par la Cour Pénale Internationale, bien qu'il ne faille pas se faire d'illusions à ce sujet, cherchent à tirer profit de ces attentats pour améliorer leur image et justifier la poursuite du massacre des Palestiniens. Ils en profitent pour faire admettre par l'opinion européenne leur vision raciste et sectaire d'une terre exclusivement juive s'étendant jusqu'au Jourdain et débarrassée des Palestiniens. Ils préparent de nouvelles tragédies humaines par une propagande insensée qui présente Israël comme un foyer assurant une prétendue sécurité aux juifs du monde entier.

 

Les communistes algériens sont solidaires de la lutte de leurs camarades français pour dénoncer les manipulations de la bourgeoisie, de la sociale-démocratie, de leurs appareils de propagande et d'encadrement en ordre de marche pour une factice "union nationale" qui range dans le même camp l'ouvrier jeté à la rue et son patron "délocaliseur", les chômeurs et les gens du CAC 40, les jeunes marginalisés des banlieues et les milliardaires de Neuilly. Les communistes algériens vivant en France appuient le travail politique et idéologique de leurs camarades français pour combattre les opérations de division des travailleurs exploités et des victimes des antagonismes capitalistes à partir de différences confessionnelles, pour contrer les campagnes racistes et islamophobes. Ils appellent tous les communistes à redoubler d'efforts pour que les exploités et opprimés d'origine musulmane évitent de tomber dans le piège mortel d'une vision rétrograde de la religion, dans les pièges que leur tendent des provocateurs persistant dans leurs piques grossières contre leurs sensibilités religieuses. Le travail politique et idéologique doit s'intensifier pour que les exploités et les victimes de la marginalisation de confessions musulmane s'unissent à leurs camarades et amis français dans les luttes pour abattre le régime capitaliste, pour instaurer une société de fraternité, une société sans classe, la société socialiste, pour appuyer le combat de toutes les forces de progrès afin d'en finir avec les régimes théocratiques du Moyen Orient, alliés de l'impérialisme, et leurs réseaux propagandistes dans le monde.

 

Par: PADS.

 

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Publié dans : #Départements

Les élections départementales ex-cantonales auront lieu les 22 et 29 mars 2015.

Le département du Cher comptera 19 cantons (et non plus 35 comme aujourd’hui) avec deux conseillers généraux " un homme et une femme" et inverssement élues sur chacun des 19 cantons qui fera au total 38 élus (es)

Découvrez aujourd'hui la carte des nouveaux cantons.
Découpage électoral des Départements, le CHER.

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Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Politique

loganecr230Le président de l’ANECR, Dominique Adenot s’est adressé au Premier ministre pour saluer l’extraordinaire riposte du peuple français aux actes criminels et odieux qui ont endeuillé notre pays et souligner l’importance de conforter cet élan citoyen en consolidant « tout ce qui fait société » : tout ce qui donne les moyens de vivre, de vivre ensemble … ». Il souligne, notamment, que cette vision est incompatible avec la baisse importante et inédite des dotations d’Etat aux communes, départements, régions.

A l’appel de l’ANECR une journée de mobilisation contre l’austérité imposée aux communes a été décidée pour le 22 janvier.
 

Au nom des élus communistes, Nicolas SANSU Député-Maire PCF-Front de gauche au Conseil municipal , lors de son intervention à l’occasion du vote du budget, a appelé les Habitants et l’ensemble des élus à participer à cette journée de mobilisation pour obtenir un réexamen du plan de réduction des dotations aux collectivités locales. Une ponction sur la commune qui menace la réalisation du programme municipal.
Lire la lettre de l’ANECR au Premier Ministre

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Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Politique

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Paru sur le site de « 20 Minutes » (voir aussi « La Provence » du 17 janvier).

 

 « POLITIQUE Le président du Conseil général des Bouches-du-Rhône a confirmé qu'il allait briguer une nouvelle fois la présidence du Département en mars...

Bouches-du-Rhône: Jean-Noël Guérini, candidat à sa propre succession.

Il se projette déjà dans le 3e tour. Jean-Noël Guérini a confirmé qu’il était candidat à sa propre succession à la présidence du conseil général des Bouches-du-Rhône. L’ancien socialiste, réélu sénateur en octobre, apparaît très sûr de lui à deux mois des élections départementales.

«Il faudra compter sur la Force du 13», son parti politique, a-t-il lancé lors de ses vœux à la presse. «Je ne suis jamais aussi bon que pendant une campagne» électorale, a-t-il ajouté.

Le patron du Département, toujours mis en examen dans des affaires de marchés publics présumés truqués, est en train de boucler la liste de ses candidats. «Nous discutons avec les communistes, nous parlons aussi avec des personnalités qui ne sont pas à gauche […]. Il y aura évidemment des candidats 100% Force du 13 mais aussi des binômes Parti socialiste et Force du 13», a-t-il détaillé.

Concurrence du FN

En novembre, 22 conseillers généraux socialistes avaient signé un appel pour former une alliance avec Jean-Noël Guérini, qui sera candidat dans les 2e et 3e arrondissement, en duo avec la maire de secteur Lisette Narducci qui avait fait alliance avec l'UMP de Jean-Claude Gaudin lors des élections municipales. «Nous sommes prêts au combat», a conclu Guérini.

Pendant que le président sortant gonfle les muscles, Martine Vassal égrène les slogans: «Lui a des pratiques politiques, moi j’ai une vision politique», lâche-t-elle. La tâche sera rude pour la tête de liste UMP-UDI puisqu’elle devra faire face à la concurrence du Front national qui devrait se glisser au second tour dans la majorité des cantons du département.

Du côté du Parti socialiste, ça s'annonce encore plus compliqué. La formation, qui risque une nouvelle bérézina, peine à trouver des candidats dans tous les cantons. En décembre, elle a présenté une trentaine d'entre eux. Pour ceux qui restent, « nous discutons encore avec nos partenaires de la gauche », indique Nathalie Pigamo, candidate dans le canton 11, à Marseille.

Selon le Premier secrétaire fédéral, Jean-David Ciot, le PS sera bien «présent dans l’ensemble des cantons des Bouches-du-Rhône». Il ajoute dans un communiqué : «Les socialistes s’engageront avec leurs propres candidats ou ceux du rassemblement de la gauche autour de ses partenaires historiques, écologistes et communistes». Sans citer la Fo.rcer du 13. »

Par: l'AFP.

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Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Médias

Le numéro post-attentat de Charlie Hebdo, avec Mahomet en une, va dépasser les 7 millions d'exemplaires prévus. Une bonne nouvelle pour cet hebdomadaire qui menaçait de mettre la clef sous la porte. 

10 millions de recette, 2 millions de dons:

Depuis la sortie de ce numéro historique, le 14 janvier, Charlie Hebdo, qui tirait avant l'attentat à 60 000 exemplaires, n'a cessé de revoir à la hausse ses prévisions de vente face à l'engouement des lecteurs, qui ont pris d'assaut les kiosques. 

Avec plus de 7 millions de numéros vendus à 3 euros pièce, Charlie Hebdo devrait encaisser des recettes de plus de 10 millions d'euros, d'autant que pour le premier million de copies, toute la chaîne de distribution et d'impression avait renoncé à toute rémunération. S'y ajoutent des dons de plus de deux millions d'euros ainsi qu'un million promis par le ministère de la Culture. Soit plus de 13 millions d'euros en tout. Une somme inimaginable pour ce petit hebdomadaire sans le sou, qui deux mois avant l'attentat avait lancé à ses lecteurs un appel aux dons pour ne pas mettre la clé sous la porte. 

Frénésie d'achat:

L'impression du journal continue donc: dès lundi, les MLP vont encore en distribuer 300 000, mais cette fois uniquement aux magasins qui le réclament, alors que jusqu'ici les 27 000 points de vente de France étaient tous réapprovisionnés quotidiennement. 

Toute la semaine, les kiosquiers français ont été en rupture de stock quotidienne, signe que le journal a continué à se vendre très rapidement. "Tout ce qui était distribué était vendu", ont souligné les MLP. 

Le jour même de la sortie, pressentant une frénésie d'achat exceptionnelle, les MLP avaient décidé de porter le tirage à 5 millions au lieu de 3 prévus la veille, et ouvert quatre sites d'impression au lieu de deux. Le 17 janvier, l'objectif avait été relevé à 7 millions. 

Par: l' AFP.
Le Charlie Hebdo "des survivants" sera tiré au-delà de 7 millions d'exemplaires.

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Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Syndicats
Projet de LOI MACRON = TOUT pour les PATRONS - Grèves et manifestations le 26 janvier 2015.
Par: CGT.

Par: CGT.

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Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Humeurs

macron-vrp-CAC40.jpg« Un projet qui porte sur le droit du travail, fait par un ministre de l’économie. C’est un retour au milieu du XIXe siècle, avant qu’on invente un ministère du travail. » Gérard Filoche, ex-inspecteur du travail, membre du Bureau national du PS.

 

Le contrat de travail " celui de votre conjoint, de vos enfants, de votre sœur, de votre meilleur ami" est conclu entre deux parties inégales : l’une qui n’a pas vraiment eu le choix, qui ne l’aura jamais car elle doit nécessairement travailler pour vivre ; et l’autre qui dispose d’un vivier grouillant de travailleurs à la recherche d’un emploi. Contrepartie ou contre-feux de ce contrat inégal : le droit du travail et les conventions collectives. 

 

Le droit du travail protège les salariés, cadre l’exploitation patronale (désignée en langage juridique : « subordination »).

 

Pour transformer ce contrat, régi et pro­tégé par le code du travail, en un simple contrat ordinaire civil (conclu entre « égaux »), c’est-à-dire pour passer « d’un lien de subordination juridique per­ma­nent » à une « soumission librement con­sentie »1, il faut passer d’un contrat de droit collectif à un contrat individuel de gré à gré, du code du travail au code civil. Or le code civil actuel précise que les contrats de travail sont exclus de ce droit entre égaux… Parisot voulait en terminer, Gattaz l’exige, Macron s’exécute. L’ex-banquier force le coup en manigançant la modification de l’article 2064 du code civil, pour supprimer l’alinéa stipulant qu’« au­cune convention ne peut être conclue à l’effet de résoudre les différends qui s’élèvent à l’occasion de tout contrat de travail soumis aux dispositions du code du travail entre les employeurs, ou leurs représentants, et les salariés qu’ils emploient » et abroger l’article 24 de la loi n° 95-125 du 8 février 1995 relative à l’organisation des juridictions et à la procédure civile, pénale et administrative.

 

Le règlement des litiges, dans ce nouveau cadre contractuel civil, ne pourra plus dépendre de la juridiction prud’homale et chaque salarié qui aura le couteau sous la gorge pour se nourrir et nourrir les siens devra accepter des conditions de travail régressives. À l’occasion d’un litige, le salarié sera convié,« assisté de son avocat » à conclure « une convention participative », c’est-à-dire à régler son différend à l’amiable, entre personnes de bonne volonté.

 

Une fois prétenduement réglé et la « convention » signée, tout recours au juge sera « irrecevable ». Le projet de loi Macron se garde bien de préciser quel juge (prud’homal ou non). Exit la conciliation, le juge prud’homal voire même tout juge, la protection collective, la médiation syndicale… Pour chaque conflit, chaque désaccord, chaque litige, il suffira d’obtenir le consentement « le-revolver-sur-la-tempe » du salarié et le juge ne viendra pas troubler cette libérale fusion des âmes au nom d’un inopportun et archaïque droit du travail.

 

Le projet Macron, en catimini, sans mobilisation sociale d’ampleur, liquidera le droit du travail, et nous fera revenir à 1804, au code Napoléon et à la loi Le Chapelier : plus d’entrave à la « liberté » d’exploiter !

 

À partir de lundi 26 janvier 2015, le projet de loi pour la croissance et l’activité (dite « loi Macron ») sera débattu à l’Assemblée nationale.

 

C’est un fourre-tout qui dissimule son objectif principal : la suppression de fait du droit du travail. On y trouve pêle-mêle :

 

-la modification des tarifs des notaires ;

 

-la refonte de la juridiction prud’homale et et dans les faits, sa mise à mort ;

-l’élargissement du travail du dimanche et de nuit dans le secteur du commerce, toujours plus et encore plus ;

 

-la remise en cause des missions de l’inspection du travail : plus d’indulgence pour la délinquance patronale par la dépénalisation des infractions patronales ;

 

-la fin de la médecine du travail (à mettre en parallèle avec la disparition des CHSCT programmée actuellement dans les réunions dudit dialogue social réunissant le Medef et les syndicats) ;

 

-la facilitation des licenciements : moins de procédure, pas de concertation, pas de délit d’entrave, moins de plans sociaux, ce qui donne notamment la possibilité de choisir les salariés dont on veut se débarrasser… ;

 

-la libéralisation du transport de voyageurs non urbain par autocar avec ses impacts sur l’environnement.

 

Pour le gouvernement, l’objectif est de « moderniser l’économie » et « lever les freins à l’activité ». Ce qui, en clair, signifie moins de droits pour les salarié-e-s et davantage de liberté pour les patrons ! Pour nous, CNT STT 59, c’est la promesse d’un : « Marche et crève ! »

 

Fonctionnaires, salariés du public, nous sommes solidaires des salariés du secteur privé. Ce qui détruit leurs acquis détruira les nôtres. Nous serons extrêmement touchés dans nos missions, nos conditions de vie et nos rémunérations, par les mesures concernant la fonction publique dans la Loi de finance 2015. Nous y reviendrons prochainement.

 

L’intersyndicale Solidaires, Syndicat de la Magistrature, Syndicat des avocats de France,CGC, CGT appelle à une manifestation unitaire partout en France le 26 janvier et à des actions et des manifestations dans toutes les villes. Des préavis de grève ont été déposés et couvrent les agents de la fonction publique territoriale. La CNT SST 59 s’associe et appelle chacune et chacun à s’associer à ces actions.

Par: El Diablo.

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