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La porte à gauche. Jean FERRAT a chanté que certains prétendent que le bonheur était à la porte à droite. Aujourd’hui est-il à la porte à gauche ? Oui ! mais à la condition de secouer le cocotier de la pensée convenu ! Ce petit blog crée à l’initiative de quelques militants communistes de Vierzon n’a d’autres ambitions que de donner aux citoyens un support pour s’exprimer librement sur les sujets politiques, sociaux ou culturels d’actualité du local à l’international, qui s’émancipe des discours convenus, des lignes officielles décidées par quelques notables de la politique, aux doubles langages, aux bonimenteurs de vraies fausses solutions et qui cultivent la résignation. Déverrouillez les débats et enfoncez la porte à droite (….ou à gauche ?) Les seules limites, car il en faut, à notre liberté : Celle du respect des personnes, le souci de la vérité et de faire vivre le débat. Ainsi seront exclus tous messages comprenant des insultes ou diffamations visant une (des) personne(s), seront exclues, s’ils sont avérées, des informations mensongères ou rumeur infondées. Chacun pourra également participer au débat juste et loyal en signalant un abus de cette nature. Les productions de ces abus seront retirés et l’auteur exclu du blog.

Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Social-Eco
La liaison avec la Corse est rétablie.

La navigation maritime est presque la seule voie d’accès à ce territoire métropolitain.

Après un long week-end passé sur l’île, il faut bien reconnaitre que cette région française doit sa survie essentiellement au tourisme qui se développe rapidement.

Sa magnificence nous envahit où que l’on soit.

De Scandola, en passant par Sartèneou Bonifacio,la Corse vous transporte ailleurs même si vous la connaissez depuis longtemps.

Un coin de paradis à admirer et à revoir.

Seul bémol, la surpopulation touristique.

Mais que voulez-vous, tout le monde a droit au bonheur.

Par: El Diablo.

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Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Aide-Mémoire

Avant de prendre enfin des congés, je souhaitais vous faire partager un dernier article.
Ce 31 juillet, ce sera le 100ème anniversaire de la mort de Jean Jaurès.

Cet homme politique fut le fondateur de l’Humanité et de l’ancêtre du Parti Socialiste et du Parti Communiste : la SFIO. Bien qu’aujourd’hui, son nom ait été donné à ces centaines de rues et d’établissements scolaires à travers la France, il ne faut pas oublier qu’il fut un homme politique très engagé et contesté en son temps. On se rappellera les caricatures ordurières faites par la droite et l’extrême droite de l’époque à son sujet. Le temps passant, les caricatures ont été oubliées, et malheureusement l’esprit de sa pensée également.

Cet esprit, c’est celui que j’aimerais rappeler en ce jour en vous faisant partager quelques citations.

 

Jaurès était internationaliste et pacifiste – il fut d’ailleurs assassiné en raison de son opposition à la guerre de 14-18 qui s’annonçait – qui avait compris qu’on ne peut imposer la démocratie et la liberté par la guerre. Ainsi déclarait-il, dans l’Armée Nouvelle que « Donner la liberté au monde par la force est une étrange entreprise pleine de chances mauvaises. En la donnant, on la retire ».

De quoi méditer de nouveau sur la guerre en Irak provoquée par George Bush, ou  en Lybie par Nicolas Sarkozy. L’exemple du Mali, le plus récent, est à ce titre particulièrement emblématique de cet effet pervers : soutien à un gouvernement putschiste, intervention de nos forces armées alors que notre pays n’était pas menacé, comme si la France était le gendarme de l’Afrique, et élections organisées dans une telle précipitation qu’elles semblent justifier a posteriori l’intervention militaire. Sauf que de ces élections, les maliens ne sont pas dupes : en France, à peine 15% des ressortissants maliens ont reçu leur carte d’électeur  quand bien même sont-ils 40% à être enregistrés au consulat… Ainsi, l’Humanité du week-end dernier souligne-t-elle que le futur président ne sera que le jouet de la France et des Etats-Unis... La Ville de Paris doit se désolidariser de ces pratiques, s’engager pleinement dans la création de coopérations décentralisées, mais aussi dans le débat politique qu’elles exigent, quitte à se retrouver en porte-à-faux avec la diplomatie française. Jaurès soulignait que « le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l’orage », notre époque ne cesse de lui donner raison. Les assassinats de nos camarades du Front Populaire tunisien sont de terribles exemples. Les politiques du FMI aggravent la paupérisation de la population et font le lit des islamistes.

Jaurès était un fervent promoteur de la laïcité, et défenseur de la loi de 1905, dont il déclarait à son propos que « la loi de séparation, c’est la marche délibérée de l’esprit vers la pleine lumière, la pleine science et l’entière raison ». Plus d’un siècle après le vote de cette loi, qui n’est toujours pas entrée en vigueur en Alsace et en Moselle, les « socialistes », qui se réclament pourtant de l’héritage de Jaurès en font pourtant une curieuse interprétation : dans le soutien à la collectivité territoriale d’Alsace, ils ont poursuivi le financement des cultes par les impôts des contribuables. A Paris, on finance des crèches confessionnelles, des travaux non obligatoires dans un temple protestant,  la construction d’un Institut des cultures d’Islam, organisant une confusion entre cultuel et culturel, on continue à autoriser les prières publiques des intégristes catholiques anti IVG …

Jaurès était un grand socialiste. Dénonçant l’aliénation que représente le travail dans l’organisation capitaliste, il déclarait que « la grande Révolution a rendu les français rois dans la cité et les a laissés serfs dans l'entreprise ». Il s’est constamment battu pour l’amélioration de la condition ouvrière en particulier et salariale en général. Comment qualifier de « socialiste » un gouvernement qui aujourd’hui fait adopter la loi « Made in Medef », l’ANI (accord national interprofessionnel) qui facilite les conditions de licenciement, aggrave la précarité et accorde au patronat français ce que même la droite n’avait réussi à imposer. L’application de cette loi n’a d’ailleurs pas tardé, et les salariés concernés ont pu, horrifiés, découvrir la portée de cette loi censée sécuriser l’emploi en France, d’après ses promoteurs. La Ville de Paris peut néanmoins agir et décider de soutenir plus qu’elle ne le fait l’économie sociale et solidaire qui développe de l’emploi utile, responsable écologiquement et coopératif. Elle peut se décider de titulariser l’ensemble des agents précaires et se montrer exemplaire.

Cette citation : « Parce que le milliardaire n’a pas récolté sans peine, il s’imagine qu’il a semé » doit rappeler l’enjeu de taxer le capital autant que le travail, la justesse de la proposition du Front de Gauche d’exiger un salaire et un revenu maximum.  Une autre répartition des richesses est nécessaire et urgente, en ces temps de politiques d’austérité qui privent les populations modestes des services publics qui sont le bien de tous et qui favorisent l’enrichissement de ceux qui n’en ont plus besoin… Les plus hauts revenus doivent contribuer à  la relance nationale.

Quand on relit cette citation de Jaurès : « Un Etat nouveau, l'Etat financier, a surgi dans l'Etat démocratique, avec sa puissance à lui, ses ressorts à lui, ses organes à lui, ses fonds secrets à lui, c'est une contradiction lamentable que de ne pas entreprendre la lutte contre cette puissance qui détient les chemins de fer, les banques, toutes les grandes entreprises. » On réalise toute l’actualité de cette dénonciation de la finance. Mais aujourd’hui, son pouvoir s’est considérablement renforcé, étroitement lié avec le pouvoir politique et médiatique.  Combattons cette oligarchie !

Parce que « Notre République est un idéal inachevé », poursuivons l’implication citoyenne en faveur d’une 6ème République ! Et n’oublions pas cette dernière phrase : « Il ne peut y avoir de révolution que là où il y a conscience. »

Il y a 100 ans, l’extrême droite assassinait Jaurès.
Ne les laissons pas triompher.

Continuons le combat !

Par: Citoyen18.

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Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #International

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Des milliers d’Israéliens manifestent à Tel Aviv contre la guerre

à Gaza, répondant à l'appel des communistes et des pacifistes

Communiqué du Parti communiste d’Israël

 

Autour de 7000 Israéliens ont manifesté samedi 26 juillet 2014 contre la guerre à Gaza sous le mot d’ordre : «  Assez de morts – La paix maintenant entre Israéliens et Palestiniens ».
 

Le rassemblement s’est déroulé sur la place Rabin dans le centre de Tel Aviv. Parmi les slogans clamés par les manifestants : « Arrêtez la guerre ! », « Retour des soldats à la maison ! » ou « Juifs et Arabes refusent d’être des ennemis ».
 

Plusieurs personnalités ont pris la parole dont le député Dov Khenin [de la coalition Hadash], un ancien combattant de l’association « Combattants pour la paix », Yifat Solel, représentant du « forum anti-occupation » du parti Meretz, le professeur Eva, président de l’académie des arts décoratifs Bezalel, Odeh Bisharat, écrivain et ancien secrétaire du Hadash, le docteur Julia Chaitlin, professeur au collège académique Sapir de Sderot, qui habite dans le kibboutz Urim, à proximité de Gaza. Alon-Lee Green, membre du Comité central du Parti communiste d’Israël et responsable syndical, présentait les intervenants.
 

La chaîne de télévision Channel 2 a remarqué que le parti sioniste de gauche, Meretz et l’association « La Paix maintenant » n’étaient pas présentes en tant que tels.

 

Ben Kfir, du « cercle des parents », dont la fille a été tuée dans un attentat suicide du Hamas en 2003, a également pris la parole. Il a contredit l’affirmation du gouvernement selon laquelle il n’y aurait pas de partenaire avec qui faire la paix parmi les Palestiniens.
 

Les intervenants ont critiqué l’attitude du gouvernement qui refuse les négociations de paix. Et qui ne connaît d’autre politique que la guerre. Les manifestants ont réclamé la fin de l’occupation et du siège de Gaza. Ils ont allumé des bougies en mémoire des victimes.
 

De l’ordre de 300 contre-manifestants d’extrême-droite ont essayé de saboter le rassemblement. Un important cordon de police enserrait la place pour séparer les deux camps. 8 personnes ont été arrêtées.
 

On pouvait lire dans l’appel à la manifestation :
 

« Samedi, le camp de la paix se rassemble place Rabin. Le tribut payé à la guerre est lourd en vies, en blessures des deux côtés, en destruction et horreur, sous les bombes et les roquettes. Nous réagissons en nous rassemblant et en portant cette exigence : « Arrêtez la guerre maintenant ! ».
 

« Nous devons arrêter la guerre et entamer les discussions avec les dirigeants palestiniens reconnus de Cisjordanie et de Gaza pour mettre fin à l’occupation et au blocus et pour arriver à l’indépendance et à la justice pour les deux peuples, israélien et palestinien. »
 

« Au lieu, encore et encore, d’ajouter des guerres et des actions militaires aux guerres et actions militaires, il est temps d’ouvrir la voie au dialogue et à un règlement politique. Il y a une solution politique. Quel prix devrons nous encore payer, population du Sud et de l’ensemble d’Israël, population de Gaza et de Cisjordanie, avant d’arriver à cette solution ? Ensemble, Juifs et Arabes, nous allons surmonter l’occupation et la guerre, la haine et le racisme et nous allons ouvrir un chemin pour la vie et pour l’espoir. »
 

Vidéo du rassemblement :

  http://www.youtube.com/watch?v=85mbQ-gnUQE

 

Par:  http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

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Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #International

« Comment les médias internationaux peuvent-ils avancer qu’Israël, le quatrième exportateur d’armes au monde, a le droit de se défendre, mais pas les Palestiniens, dont le territoire est occupé depuis des décennies ? », questionne Mustafa Barghouti, médecin, fondateur de la principale ONG médicale palestinienne, the Palestinian Medical Relief. Ce militant non-violent, co-fondateur du mouvement BDS, Boycott-Désinvestissement-Sanctions, qui vise à forcer économiquement le gouvernement israélien à mettre un terme à l’occupation des territoires palestiniens, nous a reçu à Ramallah deux jours avant le début de l’opération terrestre à Gaza. Entretien.

Basta ! : Beaucoup de membres de la communauté internationale avancent qu’après l’assassinat des trois auto-stoppeurs israéliens et en raison de tirs incessants des roquettes par le Hamas, le gouvernement d’Israël n’avait pas d’autre option que de « se défendre » en attaquant et bombardant Gaza. Quelle est votre analyse ?

Mustafa Barghouti [1] : Malheureusement, beaucoup de gens en Occident, y compris l’Union européenne, adoptent le « story telling » israélien. C’est une grande erreur. Barack Obama s’est ridiculisé à nos yeux en condamnant les Palestiniens plutôt que les véritables agresseurs. Deux points sont mal compris par les médias : concernant l’enlèvement des trois jeunes Israéliens, qui étaient des colons, les autorités israéliennes n’ont apporté aucune preuve qu’ils aient été enlevés ou tués par des Palestiniens. La seule chose qui a été prouvée, c’est que des colons israéliens ont attaqué plusieurs Palestiniens et que certains d’entre eux ont enlevé, torturé et brûlé vif un jeune palestinien, Mohammed Abu Khdeir.

Les colons israéliens ont mené de très nombreuses attaques contre les Palestiniens, partout en Cisjordanie. Entre le 15 mai et l’attaque sur Gaza, Israël a tué 27 Palestiniens. Dont des enfants. Parmi eux, deux garçons abattus par balles, alors qu’ils manifestaient pacifiquement à Ramallah, le 15 mai. Je veux vous montrer les balles qu’ils utilisent, des balles à haute vélocité, qui ont une forte capacité pénétrante [voir la photo, ndlr]. Ce type de balles a été responsable du meurtre d’un grand nombre de Palestiniens.

Le deuxième point que je veux mettre en avant, c’est que les Palestiniens n’ont pas commencé cette guerre. Si tant est que l’on puisse appeler ça une guerre ! C’est une attaque menée par l’armée israélienne, la cinquième plus puissante armée du monde. Une armée disposant d’équipements de haute technologie, dont des avions extrêmement sophistiqués. Que peuvent les Palestiniens face à cette force écrasante ? Ils n’ont qu’une puissance de feu limitée et primitive pour se protéger !

Comment a commencé cette guerre, selon vous ?

Israël est à l’origine de cette attaque, qui n’a pas commencé dans la bande de Gaza, mais en Cisjordanie. Cela a commencé par un acte de punition collective. Israël a envahi au moins trois mille maisons, détruit de nombreuses structures, volé l’argent trouvé, fermé de nombreuses organisations à but social, y compris des organisations qui prennent soin des orphelins et des pauvres. Et ils ont arrêté plus de mille Palestiniens. Parmi ces personnes injustement arrêtées se trouvent dix membres du Parlement palestinien. Aujourd’hui, nous avons 35 parlementaires palestiniens dans des prisons israéliennes. Des députés qui ne viennent pas seulement du Hamas, mais aussi du Fatah [organisation fondée par Yasser Arafat, ndlr], du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) et d’autres groupes politiques.

Ensuite, Israël s’est déchaîné en matière de projets de colonies à Jérusalem. En plus de la brutalité de la colonisation, l’armée israélienne a été très violente contre les manifestants pacifiques palestiniens. Il y a également le cas de Tarek Abu Khdeir, ce garçon de 15 ans, cousin du jeune Palestinien brûlé vif, qui a été jeté au sol et battu par des soldats israéliens. Une agression montrée à la télévision partout dans le monde. Tout cela a eu lieu juste avant qu’Israël déclenche la guerre à Gaza.

Dans cette guerre, quelles sont les motivations du gouvernement israélien de Benyamin Netanyahou ?

Le gouvernement de Benyamin Netanyahou a trois objectifs. Le premier est de briser la volonté politique du peuple palestinien et de nous imposer des accords qui vont nous asservir à jamais, dans un système d’apartheid. Ensuite Benyamin Netanyahou mène une guerre contre la réconciliation des Palestiniens. Lorsque nous ne sommes pas unis, il prétend qu’il ne peut pas faire la paix avec les Palestiniens, parce que personne n’est en mesure de les représenter tous. Et lorsque nous sommes unis, Benyamin Netanyahou dit qu’il ne peut pas faire la paix avec nous parce que nous sommes unis [2], et mène une guerre contre nous.

Enfin, le gouvernement israélien a été confronté à un isolement international, après la diffusion de sa position sur le gouvernement de réconciliation palestinien. Dès lors, Israël a recherché des moyens pour briser cet isolement et, de mon point de vue, l’un de ces moyens consiste à prétexter qu’ils sont les victimes. Et je pense qu’ils ont partiellement réussi, notamment à cause des préjugés et de l’autocensure des médias occidentaux.

Mais le gouvernement israélien présente cette offensive comme une offensive contre le Hamas, et affirme qu’il prévient les Palestiniens avant de les bombarder...

Mais cette guerre n’est pas une guerre contre le Hamas, c’est une guerre contre tous les Palestiniens ! D’ailleurs, l’écrasante majorité des personnes tuées ne sont pas du Hamas. Ce sont des civils palestiniens. Il est tout à fait inacceptable d’accuser les Palestiniens d’être responsables du fait que l’armée israélienne est en train de les massacrer ! C’est inhumain de prétendre que nous sommes responsables de la mort de nos enfants ! Y-a-t-il un autre endroit au monde où l’on sous-entend cela ?

Il faut rappeler que la guerre se poursuit depuis huit ans à Gaza. C’est-à-dire depuis le début du blocus de Gaza, mené par Israël puis par l’Égypte. Ce blocus est inhumain, inacceptable. Nous parlons d’une situation où la bande de Gaza est privée d’eau potable, où 90 % des accès à l’eau sont impropres pour l’homme, la plupart étant soumis à la pollution ou la salinisation. Plus de 90 % des jeunes qualifiés sont au chômage, avec l’un des niveaux de pauvreté les plus élevés au monde. Avant même cette attaque israélienne, la situation sanitaire à Gaza était l’une des plus catastrophiques au monde. En soi, le blocus d’un petit endroit comme Gaza [d’une superficie de 360 km2, ndlr] est un acte d’agression.

Comment les médias internationaux peuvent-ils avancer qu’Israël, le quatrième exportateur d’armes au monde, a le droit de se défendre, mais pas les Palestiniens, dont le territoire est occupé depuis des décennies ? Il y a une totale dissymétrie entre les moyens palestiniens et les moyens israéliens. Et un usage totalement disproportionné de la force par Israël. Les Palestiniens ont le droit de résister à l’occupation. Dire le contraire reviendrait à dire que la résistance française dans les années 1940 était injustifiée et criminelle. Comme la résistance française qui refusa de collaborer, nous, Palestiniens, refusons de collaborer. Nous refusons d’abandonner notre droit de dire non à l’occupation.

Le cœur de notre souffrance, le cœur de notre lutte, c’est l’occupation et l’apartheid qui l’accompagne. Apartheid qui est pire que celui de l’Afrique du Sud. C’est la plus longue occupation de l’histoire moderne ! La communauté internationale a autorisé dans les faits Israël à imposer cette occupation, au détriment du droit international et sans qu’Israël ne soit sanctionné.

Vous êtes un non-violent, vous ne croyez pas à l’option militaire. Que pensez-vous de la multiplication, dans le monde, des campagnes Boycott-Désinvestissement-Sanctions (BDS), qui visent à contraindre économiquement le gouvernement israélien à mettre un terme à l’occupation des territoires palestiniens ?

Je crois que nous avons le droit de résister sous toutes ses formes. Gaza a le droit de se défendre. Vous ne pouvez pas vous défendre avec du papier lorsque vous êtes bombardés ! Il y a une certaine limite. Nous ne pouvons pas continuer la non-violence populaire quand on nous tire dessus avec des balles de ce genre. Mais je crois, en principe, qu’à un moment donné, il devrait y avoir un cessez-le-feu. Et dès lors, la principale forme de lutte pour les Palestiniens sera la résistance populaire non-violente. Mais cette lutte ne peut pas réussir sans une campagne de « boycott-désinvestissement-sanctions » puissante. Exactement comme ce qui s’est passé en Afrique du Sud pour faire céder le gouvernement d’apartheid. Sans une campagne dite « BDS » dans ce pays, ceux qui défendaient la fin de ce système n’auraient pas réussi.

Je suis l’un des fondateurs du mouvement BDS. J’en suis fier. Nous sommes très fiers de ce que nous faisons. Selon certains analystes, Israël a déjà perdu cette année près de 15 milliards de dollars. Il est désormais certain, selon les propres statistiques israéliennes, que les colons ont perdu 35% de leurs exportations, agricoles ou industrielles.

Personnellement, je refuse le recours aux moyens militaires. Je ne suis pas contre le droit des gens à en faire usage, mais personnellement je ne les utilise pas, j’ai toujours agi et manifesté pacifiquement. En dépit de cela, j’ai été blessé huit fois par les forces israéliennes. Deux fois avec des balles à haute vélocité. En 1996, on m’a tiré dessus alors que je soignais une personne blessée. J’étais à l’intérieur d’une maison, avec ma blouse blanche et j’ai été touché par un tir de sniper. Les forces israéliennes m’ont aussi cassé le genou. Et récemment, j’ai reçu une bombe sonore. En dépit de la manière avec laquelle Israël traite les personnes qui luttent de façon non-violente, je continuerai à poursuivre dans cette voie.

Que répondez-vous à ceux qui, en France, tentent de délégitimer la campagne BDS en la qualifiant de raciste, voire d’antisémite ?

Avec la campagne BDS, les gens ne soutiennent pas le racisme, au contraire ils luttent contre un système de racisme et d’apartheid, un système qui est mauvais à la fois pour les Palestiniens et pour les Israéliens. Avec notre résistance populaire non-violente, nous, membres du mouvement BDS, luttons pour libérer les deux peuples de ce système d’apartheid. Parce que les Israéliens ne seront pas libres tant que les Palestiniens ne seront pas libres. Quant à l’antisémitisme, n’oubliez pas que les Palestiniens sont aussi sémites ! Rappelons les paroles prononcées par Nelson Mandela, après la libération de l’Afrique du Sud : « Notre liberté ne sera pas complète, sans la liberté du peuple palestinien ». Il a également déclaré : « La question palestinienne est la question la plus importante de nos jours ».

Notre action de boycott ne vise pas le peuple israélien. C’est un boycott contre la politique d’occupation, il est contre le système de l’apartheid. Je me bats pour libérer Israéliens et Palestiniens du système d’apartheid.

Comment un citoyen français, qui suit les évènements à travers sa télévision, et qui peut penser que ce conflit se résume à une guerre de religion entre deux peuples fanatiques, ou que la guerre est de la seule responsabilité des Palestiniens, assimilés à des terroristes, peut-il transformer son point de vue ?

Les citoyens français doivent d’abord nous comprendre, comprendre notre souffrance. Que feraient-ils si deux de leurs enfants étaient tués sous leurs yeux ? Comment se sentiraient-ils face à un père qui, comme je l’ai vécu récemment, crie aux corps sans vie de ses deux enfants : « Pardonnez-moi, mes enfants, de ne pas avoir pu vous protéger » ? Ce que peuvent faire les Français ? Voir notre humanité. Nous ne sommes pas des animaux. Nous sommes des gens normaux, avec un grand héritage, de grands poètes, de grands comédiens, une grande culture, une grande histoire et même une grande cuisine.

Pour ceux qui ne voient en nous que des terroristes, rappelons que Mandela était considéré comme un terroriste, il a fait 27 ans de prison pour son engagement politique. Ce n’est qu’en 2008 qu’il a été retiré de la liste américaine des personnalités terroristes. Gandhi lui-même a été appelé « terroriste » ! Yasser Arafat a été considéré pendant des années comme un terroriste, puis il est devenu acceptable aux yeux de l’opinion internationale et on lui a donné le prix Nobel… Avant de le qualifier de nouveau de terroriste. Par contre, on ne dit pas de Mahmoud Abbas, président de l’Autorité nationale palestinienne, que c’est un terroriste. Et pour autant, le gouvernement israélien refuse de faire la paix avec lui.

Propos recueillis par Eros Sana, à Ramallah.

Photos :
Eros Sana - Collectif OEIL (portrait) / Photo de Une : manifestation non-violente contre le mur de séparation, Cisjordanie, 2010 © Haggai Matar / Haaretz

Notes

[1Médecin, fondateur de la principale ONG médicale palestinienne, the Palestinian Medical Relief, Mustafa Barghouti est un militant non-violent et fait partie des fondateurs du mouvement BDS (Boycott-Désinvestissement-Sanctions). Il est co-fondateur de l’Initiative nationale palestinienne. Il a été candidat à la présidence de l’Autorité palestinienne en 2005, obtenant une seconde place derrière Mahmoud Abbas. Il siège au Parlement palestinien. En 2010, il est décoré en France de la Légion d’honneur.

[2Israël a mis un terme aux négociations américaines avec le gouvernement de Mahmoud Abbas, président de l’État palestinien et leader de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), quand celui-ci a signé un accord de réconciliation avec le Hamas, le 23 avril. Alors que Benyamin Netanyahou appelait « tous les éléments responsables de la communauté internationale à ne pas se précipiter à reconnaître un gouvernement palestinien qui inclut le Hamas », cet appel n’a pas été entièrement entendu : l’Union européenne, le coordinateur spécial de l’ONU pour le processus de paix au Moyen-Orient et d’autres chancelleries ont soutenu cet accord de réconciliation. Et appuyé « la désignation d’un gouvernement de personnalités indépendantes ainsi que la déclaration par le Président Abbas que ce nouveau gouvernement est attaché à la solution des deux États basés sur les frontières de 1967, à la reconnaissance de la légitimité du droit à l’existence d’Israël, à la non-violence et ainsi qu’aux précédents accords ».

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Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #International

Docteur ès Etudes Ibériques et Latino-américaines de l’Université Paris IV-Sorbonne, Salim Lamrani est Maître de conférences à l’Université de La Réunion, et journaliste, spécialiste des relations entre Cuba et les Etats-Unis. Son nouvel ouvrage s’intitule Cuba. Les médias face au défi de l’impartialité, Paris, Editions Estrella, 2013 et comporte une préface d’Eduardo Galeano.

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Après 38 ans de règne, Juan Carlos I de Bourbon a décidé d’abdiquer le 2 juin 2014 à l’âge de 76 ans et de céder le trône d’Espagne à son fils Felipe, Prince d’Asturies.

1. Juan Carlos Alfonso Víctor María de Borbón y Borbón-Dos Sicilias, ou Juan Carlos I, est né le 5 janvier 1938 à Rome de l’union de Don Juan, Comte de Barcelone, et de Doña María de las Mercedes de Borbón, princesse des deux Siciles, lesquels ont eu quatre enfants : Pilar (1936), Juan Carlos, Margarita (1939) et Alfonso (1941).

2. Juan Carlos est le petit-fils d’Alphonse XIII par la branche paternelle et membre de la dynastie capétienne des Bourbons, dont sont issus les rois de France depuis Henri IV.

3. Le jeune Juan Carlos passe les quatre premières années de son enfance à Rome où la famille royale réside en exil depuis la proclamation de la deuxième République le 14 avril 1931. En 1942, Don Juan, déchu du trône, décide de s’installer à Lausanne, en Suisse.

4. Le général Francisco Franco, qui règne sans partage depuis 1939, s’intéresse très tôt au jeune Juan Carlos. Le 25 août 1948, le dictateur et le Comte de Barcelone – qui avait soutenu les fascistes durant la Guerre civile – se réunissent secrètement dans le golfe de Biscaye et décident ensemble que Juan Carlos s’installera en Espagne afin d’y recevoir une éducation franquiste. Le but du Généralissime est de réinstaller à terme la Maison Bourbon sur le trône. Le 8 novembre 1948, le jeune prince se rend pour la première fois dans la péninsule ibérique et y passe un an.

5. En 1950, après avoir passé un an dans la résidence familiale à Estoril, au Portugal, Juan Carlos retourne en Espagne pour poursuivre ses études sous la tutelle bienveillante de Franco.

6. De 1955 à 1959, Juan Carlos, après avoir obtenu son baccalauréat, reçoit une instruction militaire au sein de l’Académie générale militaire de Zaragoza, de l’Ecole navale militaire de Marín et de l’Académie générale de l’Armée de l’Air de San Javier. Toutes ces institutions ont été personnellement choisies par le dictateur qui suit de près la carrière de son futur successeur.

7. Le 29 mars 1956, Alfonso, jeune frère de Juan Carlos âgé de 14 ans, perd la vie en recevant une balle de revolver dans la tête, dans la résidence familiale d’Estoril. La déclaration officielle de la famille royale relate que le jeune Alfonso s’est accidentellement tué en manipulant l’arme. En réalité, le responsable de l’accident est Juan Carlos. Aucune enquête n’a eu lieu et Alfonso a été enterré dès le lendemain. Franco intervient alors personnellement auprès de l’ambassade d’Espagne à Lisbonne et demande à son frère, Nicolás Franco, alors ambassadeur, de rédiger un faux communiqué sur le drame, afin de protéger Juan Carlos. Don Jaime, frère de Don Juan et oncle du jeune Alfonso, est le seul à demander une enquête, en vain : « J’exige que l’on procède à une enquête judiciaire parce qu’il est de mon devoir de chef de la Maison de Bourbon et parce que je ne puis accepter qu’aspire au trône d’Espagne quelqu’un qui n’a pas su assumer ses responsabilités ». En octobre 1992, Juan Carlos, alors Roi d’Espagne depuis 17 ans, accèdera à la demande de son père et rapatriera les restes de son frère au Panthéon Royal.

8. En 1962, Juan Carlos, alors âgé de 24 ans, épouse la princesse Sofia de Grèce à Athènes. Juan Carlos et Doña Sofía ont trois enfants : l’Infante Elena (1963), l’Infante Cristina (1965) et le Prince Felipe (1968).

9. En 1963, Franco persuade le jeune couple de s’installer au Palacio de La Zarzuela, à Madrid, en dépit de l’opposition farouche du Comte de Barcelone, qui commence à comprendre les manœuvres du dictateur pour le priver du trône.

10. Juan Carlos est alors entouré et conseillé par des membres de l’Opus Dei.

11. En janvier 1966, Juan Carlos fait une déclaration à la revue étasunienne Times et jure fidélité à son père : « Je n’accepterai jamais la Couronne tant que mon père sera vivant ».

12. Mais le 5 mars 1966, à l’occasion de la commémoration du 25ème anniversaire de la mort d’Alphonse XIII, sur les conseils de Franco, Juan Carlos refuse de participer à la réunion du Conseil privé du Comte de Barcelone à Estoril, destinée à réaffirmer les droits dynastiques de Juan de Bourbon. Juan Carlos choisit de rompre l’unité dynastique afin d’accéder au pouvoir.

13. En 1969, Franco décide officiellement de nommer Juan Carlos comme son successeur en se basant sur la Loi de succession au sommet de l’Etat de 1947. Il brise ainsi les règles dynastiques qui stipulent que Juan de Borbón y Battenberg, héritier légitime du roi Alphonse XIII, doit occuper le trône.

14. Don Juan apprend la nouvelle et reçoit un courrier de son fils Juan Carlos lui demandant sa bénédiction. Sa réponse est cinglante : « Quelle Monarchie sauves-tu ? Une Monarchie contre ton père ? Tu n’as rien sauvé. Tu veux sauver une Monarchie franquiste ? Je ne suis pas d’accord et je ne le serai jamais. Je n’accepterai jamais que tu puisses être roi d’Espagne sans le consentement de la Monarchie, sans passer à travers la dynastie ». Il décide de lui retirer le titre de « Prince des Asturies ».

15. Face à cela, Franco décide d’octroyer le titre de « Prince d’Espagne » – jamais utilisé auparavant – à Juan Carlos. Le successeur désigné prête serment en juillet 1969 et jure fidélité au franquisme, aux principes du Mouvement national (le parti fondé par le Généralissime) ainsi qu’aux Lois fondamentales (imposées par le dictateur durant son règne en remplacement de la Constitution).

16. Juan Carlos, très proche de Franco, ne manque pas de faire allégeance au caudillo lors d’une interview à la télévision française en 1969 : « Le général Franco est vraiment une figure décisive, historiquement et politiquement, pour l’Espagne. Il a su […] résoudre notre crise de 1936. Il a joué un rôle politique pour nous sortir de la Deuxième guerre mondiale. Au cours des trente dernières années, il a jeté les bases du développement [du pays]. Pour moi, c’est un exemple vivant, par son dévouement patriotique quotidien au service de l’Espagne. J’ai pour lui une très grande affection et admiration ».

17. En janvier 1971, Juan Carlos se rend aux Etats-Unis à l’invitation du président Richard Nixon pour resserrer les liens avec Washington, qui a apporté son soutien au régime franquiste à partir des années 1950.

18. Franco étant gravement malade, Juan Carlos est désigné pour la première fois chef de l’Etat par intérim entre le 19 juillet et le 2 septembre 1974. Le 18 juillet 1974, il remplace même le Généralissime pour célébrer l’anniversaire du soulèvement de 1936 contre la République espagnole.

19. Le 20 juillet 1974, Juan Carlos réalise son premier acte officiel en signant une déclaration conjointe avec les Etats-Unis pour prolonger le Traité d’aide mutuelle entre les deux pays.

20. Le 30 octobre 1975, Juan Carlos assume une nouvelle fois le rôle de Chef de l’Etat jusqu’au 20 novembre 1975. Quelques semaines auparavant, le 1er octobre 1975, il était apparu aux côtés de Franco lors du rassemblement organisé par le régime en réponse à la condamnation unanime de la communauté internationale suite à l’exécution de cinq prisonniers politiques.

21. La biographie officielle publiée sur le site internet de la Casa Real omet soigneusement de rappeler les liens étroits entre Franco et Juan Carlos. Aucune mention n’est faite de ses responsabilités politiques avant le 22 novembre 1975.

22. Deux jours après la mort de Franco survenue le 20 novembre 1975, Juan Carlos est proclamé Roi d’Espagne par les Cortes franquistes, conformément à la volonté du Généralissime exprimée dans un message posthume à la nation : « Je vous demande de préserver l’unité et la paix et d’entourer le futur roi d’Espagne, don Juan Carlos de Bourbon, de la même affection que vous m’avez offerte ». Le nouveau Roi est donc « amarré et bien amarré » au trône.

23. La biographie officielle de la Casa Real évoque cet épisode en ces termes : « Suite à la mort de l’ancien Chef d’Etat, Francisco Franco, Don Juan Carlos fut proclamé Roi le 22 novembre 1975 et a prononcé au Parlement son premier message à la nation, au cours duquel il a exprimé les principales idées de son règne : rétablir la démocratie et être le Roi de tous les Espagnols, sans exception ».

24. Or, la réalité historique contredit cette affirmation. Loin de plaider pour une transition démocratique, Juan Carlos, au contraire, jure fidélité à l’héritage franquiste et affirme qu’il poursuivra son œuvre : « Je jure devant Dieu et les Saintes Evangiles de respecter et de faire respecter les Lois fondamentales du Royaume et rester loyal aux principes du Mouvement national ». Lors de son discours, il a rendu un vibrant hommage au dictateur Franco : « Une figure exceptionnelle entre dans l’Histoire. Le nom de Francisco Franco sera un fait marquant de l’histoire espagnole et une référence indispensable pour comprendre la clé de notre vie politique contemporaine. Avec respect et gratitude, je veux me souvenir de la figure de celui qui a assumé pendant tant d’années la lourde responsabilité de diriger le pays ». A aucun moment, Juan Carlos n’a parlé de démocratie ni n’a évoqué l’instauration d’un processus de transition démocratique.

25. De la même manière, lors de son discours au royaume du 24 décembre 1975, à l’occasion des fêtes de Noël, Juan Carlos fait de nouveau l’éloge de Franco et de son héritage : « L’année s’achève sur une profonde marque de tristesse à cause de la maladie et de la disparition de celui qui fut pendant tant d’années notre Généralissime. Le testament qu’il a offert au peuple espagnol est sans nul doute un document historique qui reflète les énormes qualités humaines, les énormes sentiments de patriotisme sur lesquels il a voulu asseoir son œuvre à la tête de notre nation. Nous disposons de bases très solides que nous ont léguées une génération sacrifiée et l’effort titanesque de quelques Espagnols exemplaires. Je leur dédie aujourd’hui un hommage de respect et d’admiration ».

26. Alors que les manifestations et les grèves se multiplient à travers le pays, malgré la répression sanglante, face à la résistance armée de l’ETA et des communistes du Front révolutionnaire antifasciste patriotique (FRAP) et des Groupes de résistance antifasciste du premier octobre (GRAPO), le Roi d’Espagne prend conscience que le maintien du statu quo est impossible et que le changement est inévitable. Il se rend compte que le franquisme ne survivra pas à la disparition de son leader.

27. En 1976, il décide pourtant de nommer Adolfo Suárez, ancien président du Mouvement national, à la tête du gouvernement.

28. Face à l’opposition républicaine, qui voit en lui un héritier du franquisme, Juan Carlos conclut un pacte : il ouvrira la voie à une transition démocratique à la seule condition que l’on rétablisse la monarchie. Il se présente comme le garant de la réconciliation de tous les Espagnols.

29. Le 18 novembre 1976, la Loi pour la réforme politique, ouvrant une voie pour une transition démocratique, est approuvée lors d’un référendum à près de 95%. Les partis politiques – y compris le Parti communiste espagnol – sont légalisés et une amnistie est décrétée pour certains prisonniers politiques.

30. Le 14 mai 1977, Juan Carlos oblige son père, Comte de Barcelone et héritier légitime du trône, à renoncer à ses droits dynastiques afin d’asseoir son pouvoir et de légitimer son pouvoir qu’il détient par la volonté de l’homme qui a déclenché la guerre civile entre 1936 et 1939. Juan Carlos devient Prince des Asturies le 1er novembre 1977.

31. En juin 1977, se tiennent en Espagne – privée de Constitution de 1936 à 1978 – les premières élections démocratiques depuis 1936. L’Union du Centre Démocratique (UCD), parti du Premier Ministre Adolfo Suárez nommé par le Roi, remporte le scrutin. Le nouveau Parlement – dont 41 sénateurs ont été nommés par Juan Carlos, suivant ainsi une pratique instaurée par Franco – adopte la Constitution de 1978 (ratifiée par référendum à près de 95%), qui fait de l’Espagne une monarchie parlementaire et qui reconnait Juan Carlos comme « l’héritier légitime de la dynastie historique » (article 57). Le nouveau texte remplace les Lois fondamentales franquistes.

32. Le Roi devient Chef d’Etat et des forces armées et garant de l’unité de la nation. Il sanctionne et ratifie les lois, nomme le Président du gouvernement et peut dissoudre le Parlement avec l’accord du Président du Congrès. Il représente le pays au niveau international et exerce le droit de grâce (article 62). Il accrédite les ambassadeurs, signe les traités internationaux et dispose du pouvoir de déclarer la guerre, après autorisation du Parlement (article 63). Enfin, comme le stipule l’article 56, il dispose de l’immunité totale et absolue, pour tous les crimes et délits, y compris en cas de trahison à la Patrie.

33. Juan Carlos I de Bourbon bénéficie d’un budget annuel pour subvenir aux besoins de sa famille et de son entourage. Il peut en disposer librement (article 65). Selon la Casa Real, pour l’année 2014, ce budget est de 7,8 millions d’euros.

34. Néanmoins, selon le colonel à la retraite Amadeo Martínez Inglés, spécialiste de la Maison royale et critique de Juan Carlos I, le coût réel de la monarchie s’élève à plus de 560 millions d’euros par an. Au budget initial directement alloué à la Casa Real, il convient d’ajouter les budgets du Ministère de la Présidence (administration royale, réceptions, préservation du patrimoine national réservé à l’usage de la famille royale), du régiment de la Garde Royale et des forces armées chargées de la protection du Roi lors de ses déplacements ainsi que de toute la logistique, du coût que représente la sécurité de la Casa Real dont est chargé le Ministère de l’Intérieur, des frais de déplacement à l’étranger (Ministère des Affaires étrangères), du coût du personnel de la Casa Real (372 employés), etc.

35. Le New York Times a estimé la fortune personnelle du Roi d’Espagne à près de 2 milliards d’euros.

36. Le 23 février 1981, la jeune démocratie espagnole fait face à une tentative de coup d’Etat militaire orchestrée par le lieutenant-colonel Antonio Tejero. L’Assemblée nationale est prise d’assaut par près de 300 gardes-civils et 100 soldats au moment de l’investiture du candidat à la Présidence Leopoldo Calvo-Sotelo. L’armée occupe divers points stratégiques de la capitale et du pays. Le roi Juan Carlos intervient à la télévision sept heures plus tard pour condamner la tentative de putsch : « La Couronne, symbole de la permanence et de l’unité de la Patrie, ne peut tolérer en aucune façon des actions ou attitudes de personnes qui prétendent interrompre par la force le processus démocratique que la Constitution votée par le peuple espagnol a déterminé à travers le référendum ». Cette intervention renforce l’image du Roi, considéré comme le sauveur de la démocratie.

37. En 1981, Juan Carlos rencontre le président étasunien Ronald Reagan et décide d’intégrer l’Espagne à l’OTAN en 1982. La même année, le Parti socialiste ouvrier espagnol accède au pouvoir et le nouveau Président du gouvernement, Felipe González, entretient d’excellentes relations avec la Couronne.

38. Entre 1983 et 1987, sous le gouvernement de Felipe González, les Groupes antiterroristes de Libération (GAL), escadrons de la mort créés par l’Etat espagnol pour lutter contre les indépendantistes basques, assassinent 27 personnes, la majorité étant des opposants politiques. Officiellement, Juan Carlos I ignorait tout de cette politique de terrorisme d’Etat. Cette version est peu crédible. En effet, le Roi avait la réputation de se tenir minutieusement informé sur la situation du pays et recevait des rapports quotidiens.

39. En 1992, le quotidien conservateur espagnol El Mundo révèle l’existence d’une relation extraconjugale entre Juan Carlos et la styliste majorquine Marta Gayá, ce qui provoque un scandale.

40. Le 1er octobre 1995, Juan Carlos est victime d’une tentative d’assassinat à Palma de Majorque, organisé par l’organisation séparatiste basque ETA.

41. En 2002, lors du coup d’Etat contre le Président Hugo Chávez au Venezuela, l’Espagne de Juan Carlos de Bourbon et du président du gouvernement José María Aznar est le seul pays au monde avec les Etats-Unis à apporter sa reconnaissance officielle à la junte putschiste de Pedro Carmona Estanga. Lors de sa comparution devant la Commission des Affaires étrangères du Congrès espagnol le 1er décembre 2004, Miguel Angel Moratinos, alors ministre des Affaires étrangères, s’est exprimé avec clarté à ce sujet : « Mes affirmations ont été 1. qu’il y a eu un coup d’Etat au Venezuela ; 2. que l’ambassadeur espagnol a reçu des instructions du gouvernement espagnol ; 3. que l’objectif de ces instructions, ou mieux encore, pour éviter les procès d’intention, que l’effet de l’exécution de ces instructions et d’autres agissements a été de soutenir le coup d’Etat […]. Mes propos doivent être compris dans le sens où par soutenir je veux dire qu’il n’a pas condamné le coup d’Etat, qu’il l’a endossé et qu’il lui a offert une légitimité internationale ».

42. En 2003, Juan Carlos, chef des Forces Armées, décide d’impliquer l’Espagne dans la guerre contre l’Irak, illégale aux yeux du Droit International, faisant fi de la volonté du peuple espagnol, opposé dans son immense majorité à ce qu’il considère comme étant une agression d’un pays souverain pour contrôler ses ressources énergétiques.

43. En novembre 2007, lors du XVII Sommet ibéro-américaine au Chili, Juan Carlos s’attaque au Président Hugo Chávez du Venezuela, de façon peu courtoise : « Pourquoi tu ne la boucles pas ? ». Le Président Chávez avait en effet rappelé que Madrid avait apporté son soutien au coup d’Etat de 2002 : « Il est difficile de croire que l’ambassadeur ait soutenu les putschistes, qu’il se soit rendu au Palais [présidentiel], sans l’autorisation de sa majesté ». A l’attaque du Roi, Chávez a demandé du respect en rappelant qu’il était également Chef d’Etat « comme le roi, à la différence près que j’ai été élu trois fois et lui aucune ».

44. En avril 2012, Juan Carlos I est victime d’une fracture de la hanche lors d’un safari au Botswana. De nombreuses voix se sont alors élevées contre ce voyage qui a coûté plusieurs dizaines de milliers d’euros au contribuable espagnol alors que le pays traversait l’une des pires crises économiques de son histoire, et que de nombreuses gens, surtout les catégories les plus vulnérables, étaient abandonnées à leur sort par un gouvernement qui avait décidé de faire des politiques d’austérité une priorité et de démanteler tout le système de protection sociale. Pour redorer son blason, le Roi a présenté ses excuses à la nation – fait unique dans l’histoire de son règne – le 18 avril 2012 : « Je suis profondément désolé. J’ai commis une erreur et cela ne se reproduira pas ». Mais le mea culpa n’a pas eu les effets escomptés au sein d’une population frappée de plein fouet par la crise économique.

45. De nombreuses voix se sont élevées pour dénoncer la censure imposée aux médias, ou le « Pacte du silence » entre la Couronne et la Fédération de presse, pour tout ce qui concerne la figure du Roi. De la même manière, plusieurs personnes ont été condamnées à de la prison ferme (Mariano Delgado Francés en 1988, Ceuta Abdclauthab Buchai en 1989, etc.) pour injure au Roi.

46. Le 2 juin 2014, Juan Carlos décide d’abdiquer en faveur de son fils Felipe de Bourbon et de Grèce, lequel deviendra Felipe VI. Le Roi en explique les raisons : « Ces années difficiles nous ont permis de faire un bilan autocritique de nos erreurs et de nos limites en tant que société […]. Dans l’édification [du] futur, une nouvelle génération réclame à juste titre un rôle de protagoniste […]. Une génération plus jeune, avec de nouvelles énergies, mérite aujourd’hui de passer en première ligne, décidée à entreprendre avec détermination les transformations et réformes que la conjoncture actuelle exige et à affronter avec une intensité et un dévouement renouvelés les défis de demain […]. Mon fils Felipe, héritier de la Couronne, incarne la stabilité, qui est le signe d’identité de l’institution monarchique […]. Le Prince des Asturies dispose de la maturité, de la préparation et du sens des responsabilités nécessaires pour assumer avec toutes les garanties le rôle de chef de l’Etat et ouvrir une nouvelle étape d’espérance dans laquelle seront combinés l’expérience acquise et l’élan d’une nouvelle génération […]. Pour ces raisons, guidé par la conviction de rendre le meilleur service aux Espagnols […], j’ai décidé de mettre fin à mon règne et d’abdiquer la Couronne d’Espagne ». Le 11 juin 2014, les députés espagnols ont voté la loi permettant l’abdication du roi Juan Carlos, ouvrant ainsi l’accession au trône.

47. L’article 57 de la Constitution, qui aborde le thème de la succession de Juan Carlos, privilégie « l’homme à la femme », légitimant ainsi la désignation de Felipe. Néanmoins, ce même article est considéré comme anticonstitutionnel par les juristes car il contrevient à l’article 13 qui stipule que « les Espagnols sont égaux devant la loi, sans que puisse prévaloir aucune discrimination pour raison de naissance, race, sexe, religion, opinion ou toute autre condition ou circonstance personnelle ou sociale ».

48. Le même jour, des manifestations citoyennes réunissant des dizaines de milliers de personnes éclatent à travers le pays, réclamant un référendum sur la structure de l’Etat espagnol et l’instauration d’une République. Selon plusieurs sondages, plus de 60% des Espagnols souhaitent une consultation populaire.

49. Juan Carlos laisse son pays en pleine crise économique avec un taux de chômage de 26%, record européen, et plus de 6 millions de chômeurs, un nombre sans précédent de suicides – neuf par jour – depuis la crise économique de 2008, et plus de trois millions de  personnes vivant dans des conditions de « pauvreté sévère », c’est-à-dire avec moins de 307 euros par mois, soit 6,4% de la population.

50. Malgré la transition démocratique et l’établissement d’une monarchie parlementaire, malgré les efforts pour occulter ses liens intimes avec Franco, le Roi Juan Carlos I de Bourbon et Bourbon n’a jamais réussi à se débarrasser de son déficit de légitimité dû à une souillure indélébile : il a été nommé au trône par le dictateur Franco, soutenu par Hitler et Mussolini, qui a écrasé dans le sang la République espagnole sortie des urnes le 16 février 1936.

 

Par: Salim Lamrani.

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Gaza : Parti socialiste 2009 et le Parti socialiste 2014.

Pascal Cherki, député PS de Paris, habitué à ne pas taire ses critiques envers le gouvernement, a récemment exhumé un communiqué du Parti socialiste daté de janvier 2009, qui condamnait à l'époque sans ciller "l'intervention terrestre israélienne en réponse aux tirs de roquettes du Hamas".Pour le député, cette ligne devrait de nouveau être appliquer par le PS aujourd'hui.

Le 20 juillet 2014, dans un communiqué, le Premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, n'a pas pris parti en demandant simplement à ce que "les armes se taisent au Moyen-Orient".

De mon côté, ma position est clairement en faveur du communiqué du PS en 2009.

Par: Arnaud MOUILLARD, J'ai soutenu la Motion "Maintenant la Gauche" lors du dernier congrès du Parti socialiste.

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Halte au nettoyage ethnique de l’entité sioniste et fasciste à Gaza !

« Si vous n’êtes pas vigilants les médias arriveront à vous faire détester les gens opprimés et à aimer ceux qui les oppriment » Malcolm X.

Un texte de nos amis de la Coordination Communiste du Nord et du Pas de Calais.

Depuis les canapés installés en plein air à Sderot pour que la population israélienne puisse assister au feu d’artifice, lointain mais néanmoins « festif » du génocide nocturne de Gaza, le sentiment d’impunité de l’entité sioniste n’a plus aucune limite.

En occident, les chef d’États les plus sionistes, Hollande, Obama, … réaffirment leur soutien à Israël dans sa campagne de nettoyage ethnique qualifiée de « réaction », et condamnent la « violence » de ceux qui n’ont plus rien à perdre, après une éternité passée sous un blocus meurtrier, l’humiliation les provocations et le harcèlement permanent, les tortures et les meurtres de Tsahal…

Du coté des islamistes, la priorité n’a jamais été le soutien au peuple palestinien mais le nouveau califat ridicule et fantoche, tumeur impérialiste dans cette région si convoitée… Pour eux, démonstration est faite que l’ennemi n’est pas Israël (qui les soutient d’ailleurs) mais « les chiites et les alaouites » de Syrie ou d’Irak !

Plus largement, la coupe du monde a continué d’anesthésier toute prise de conscience de l’horreur perpétrée actuellement par Israël…

Désormais donc, le fascisme s’épanouit sous son vrai visage !

Pendant qu’en Ukraine, la junte fasciste soutenue par l’UE et les USA massacre les ukrainiens russophones du Donbass et procède à l’arrestation des communistes de la région, le régime nazi de Netanyahou pulvérise le nord de Gaza avec le visa enthousiaste de l’impérialisme occidental, noyant dans le sang les civils, les écoles, un centre pour handicapés, …

Le terrorisme médiatique qui sévit partout pour obtenir le consentement populaire a bien travaillé pour cela depuis des décennies… n’a-t-on pas suffisamment lutté, parmi nos « élites », valets serviles du capital en crise, contre ce « totalitarisme » que serait le communisme, celui qui par exemple renaît aujourd’hui sous les drapeaux rouges de la lutte antifasciste du Donbass, celui qui résiste héroïquement aujourd’hui à Gaza sous la bannière du FPLP, partie intégrante de la résistance palestinienne, et qui réplique au génocide en envoyant avec le Hamas des roquettes sur Tel Aviv ?

N’a-t-on pas suffisamment soutenu les « rebelles » intégristes en Syrie contre le prétendu « fascisme » de Bachar ou de derrière de Poutine ? N’a-t-on pas honteusement martelé depuis des années que toute lutte anti-israélienne était « antisémite » (alors qu’aujourd’hui les sémites génocidés sont bien palestiniens et la "luftwaffe SS" arbore bien l’étoile de David !) ?

Cette inversion totale des positions ouvre maintenant l’impunité absolue au terrorisme israëlien, car c’est toujours en prétextant une « riposte » qu’on assume les pires des crimes : On pousse l’ennemi à agir, on provoque, et si la provocation ne marche pas on simule une attaque par des médiamensonges … Ce fut le cas dans toutes les guerres impérialistes !

A présent, face à tous les sionistes qui nous répètent qu’il ne faut pas « importer la question israélo-palestinienne en France », qu’il faut « condamner le terrorisme palestinien sans lequel Israël n’aurait pas à riposter », « qu’il y a des victimes des deux cotés »… nous devons crier : NON ! Les victimes sont palestiniennes, les assassins sont israëliens ! Gaza est une ville martyr, et Tel Aviv c’est Berlin !

Quand les nazis massacraient des français en prétendant réagir aux attentats des résistants FTP MOI de « l’affiche rouge », tout le monde savait quel était le camp des justes !

La barbarie sioniste n’a que trop duré !

Vive la résistance armée palestinienne du FPLP et du Hamas à Gaza !

Vive le peuple martyr et héroïque de Palestine !

Aujourd’hui c’est l’Humanité qu’on assassine : Que dans toutes les villes du monde, les manifestations se développent : humanistes, communistes, croyants, athées, antifascistes, antisionistes, antiracistes, tous unis contre l’ennemi sioniste !

Par: la peniche.

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Publié dans : #International
Exclusif : depuis sa cellule Marwan Barghouti lance un appel "à son peuple et au monde".

De la prison d’Hadarim, où il est enfermé depuis 2002, celui que l'on désigne souvent comme le Mandela palestinien s'adresse à son peuple en ces termes "Le chemin de la liberté et de la dignité est pavé de sacrifices." Un message puissant porté par l'espoir : "notre rencontre prochaine viendra bientôt, tout comme ces barreaux de prison, comme le siège, l'oppression et l'occupation, seront vaincus."

Marwan Barghouti, Prison d’Hadarim, cellule 28

« Permettez-moi tout d'abord de saluer notre peuple, les martyrs tués au cours de la barbare agression israélienne contre la bande de Gaza, notamment les enfants, les femmes et les personnes âgées, de saluer le soulèvement populaire à Jérusalem, en Cisjordanie et à l’intérieur d’Israël ainsi que les mouvements de résistance. De ma cellule étroite, parmi les milliers de Palestiniens emprisonnés, je souligne ce qui suit:

Je condamne l'agression barbare contre notre peuple en soulignant que c'est une agression contre toute la Palestine et la totalité de notre nation, contre tous les Arabes, les musulmans, tous les gens épris de liberté à travers le monde,

J'appelle les dirigeants palestiniens, à commencer par le Comité exécutif de l'OLP, le Comité central du Fatah, le président Mahmoud Abbas, son gouvernement, la direction de la bande de Gaza, de prendre part, aux côtés de notre peuple, dans la bataille constante de résistance, de la levée du siège et de la reconstruction,

J'appelle notre peuple à lancer un mouvement populaire massif et à prendre part aux manifestations contre l'agression et l'occupation,

La nécessité de lever le blocus inhumain contre notre peuple dans la bande de Gaza, d'assurer l'ouverture de tous les passages, aussi bien qu’à veiller à l'ouverture du passage de Rafah immédiatement et de façon permanente,

J'appelle les services de sécurité palestiniens et les forces nationales à défendre leurs obligations en protégeant nos citoyens dans tout le pays,

Il est important de saisir à nouveau l'Organisation des Nations Unies pour obtenir la totalité de l’adhésion de l'Etat de Palestine, et d’accéder à toutes les conventions et institutions assurant la protection des droits de notre peuple, à commencer par la Cour pénale internationale,

Le chemin de la liberté et de la dignité est pavé de sacrifices. Les nations ne doivent pas baisser les bras, elles ne peuvent pas être vaincues et doivent refuser de coexister avec l'oppression et l'occupation. Notre peuple a des ressources inépuisables pour poursuivre la lutte. Nous avons l'obligation de transformer son sacrifice en victoires politiques les portant au plus près de la liberté et de l'indépendance. Notre peuple doit unifier ses efforts pour en finir avec l'occupation et incarner l'unité nationale qui constitue la loi de la victoire pour les peuples opprimés.

Enfin, je dis à notre peuple palestinien, partout où qu’il soit : notre rencontre prochaine viendra bientôt, tout comme ces barreaux de prison, comme le siège, l'oppression et l'occupation, seront vaincus ».

Appel transmis par notre ami José Fort.

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Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Education

C’était ce jeudi dans l’émission « C’est dans l’air ». La discussion a tourné vers l’éternel sujet de l’apprentissage. Avec les discours germanolâtres habituels – normal, Elie Cohen était sur le plateau – sur le thème « tout le monde le sait, tout le monde est d’accord, l’apprentissage est la voie de l’avenir ». Et chaque invité d’y aller de son commentaire sur le thème « en France, les parents continuent à orienter leurs enfants sur la voie de l’enseignement classique, alors que l’apprentissage enseigne un véritable métier ». Et tout le monde de conclure qu’il est essentiel d’élargir l’apprentissage et convaincre les parents.

Si j’avais pu, j’aurais posé aux invités présents sur le plateau – tous des représentants éminents des classes moyennes – une question très simple : qui d’entre vous a mis ses propres enfants en apprentissage ? A votre avis, qu’aurait répondu ce cher Elie Cohen, économiste médiatique ? Qu’aurait répondu Michel Chassaing, représentant de l’union des professions libérales ? Qu’aurait répondu Mathilde Cassan, économiste à la banque HSBC, et d’autres invités dont je n’ai pas retenu le nom mais dont je peux vous assurer qu’aucun n’était ouvrier métallurgiste .

Cette émission, c’était la caricature des classes moyennes prêchant le « faites ce que je dis, pas ce que je fais ». L’apprentissage, c’est merveilleux, c’est entendu. Mais c’est merveilleux pour les enfants des autres, jamais pour les siens. C’est bon pour les enfants d’ouvrier, qu’il est urgent de pousser dans ce sens pour libérer les places sur les filières générales. Et qui bénéficiera des places ainsi libérées ? Vous avez tout compris…

Si nos ministres, nos économistes, nos journalistes veulent relancer l’apprentissage, il y a à mon avis une méthode infaillible : donner l’exemple. Si l’ensemble de nos élites envoyait publiquement et massivement ses enfants à l’apprentissage, les français verraient certainement combien l’apprentissage est bon pour leurs enfants…

Elle n’est pas bonne, mon idée ?

Par: El Diablo.

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Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Sociale

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Communiqué de presse
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Faucheurs d’OGM, militants anti-pub, étudiants anti-CPE, « Contis » d’hier, syndicalistes de Roanne, militants de la confédération paysanne en lutte contre la ferme-usine des 1000 vaches, paysans et militants de la ZAD en résistance contre l’aéroport de Notre Dame des Landes d’aujourd’hui : triste continuité que celle de la répression du mouvement social !

 

Qu’ont en commun ces hommes et femmes ? Ce sont tous des acteurs mobilisés au nom de l’intérêt général pour créer les conditions d’un débat public, des précurseurs dans le combat contre la destruction de l’environnement, la diffusion des OGM ou contre des choix politico-industriels dictés par la recherche illimitée du profit, au mépris des droits des travailleurs, paysans et habitants.

 

Et surtout, aujourd’hui comme hier, leurs actions collectives, faites de colère spontanée et inspirées par la détresse pour certains, de démonstrations aussi pacifiques que symboliques pour d’autres, leur valent un traitement pénal hors norme, soumis à des objectifs chiffrés que devront valider des condamnations sévères.

 

Tandis que les moyens manquent à la justice et à la police pour lutter contre la délinquance économique et financière, on déroule là une mobilisation policière sans précédent et, trop souvent, un traitement judiciaire en temps réel : garde-à-vue, fichage génétique, déferrement et comparution immédiate, cette justice expéditive génératrice d’emprisonnement.

 

L’arsenal sécuritaire, renforcé sous le précédent gouvernement et toujours en vigueur deux ans après l’alternance, s’est banalisé. Voilà que sont mobilisés pour contrer des luttes sociales : l’extension incontrôlée du fichage génétique qui, jadis réservé aux criminels « sexuels » concerne aujourd’hui la moindre dégradation, la pénalisation aveugle du refus de prélèvement ADN, le délit de participation à un attroupement armé, cette résurgence aggravée de la loi anti-casseurs, les procédures d’urgence désastreuses pour les droits de la défense mais si efficaces pour frapper par « exemplarité », sans recul…

 

Autant d’outils sécuritaires que le gouvernement actuel, qui a déjà enterré le projet d’une loi d’amnistie sociale, est peu soucieux ou peu pressé d’abroger.

 

Recourir à la pénalisation – d’ailleurs trop souvent sélective - de ces luttes, c’est enfermer dans l’illégalité toute pensée contestataire et stigmatiser un mouvement social fait de lanceurs d’alerte, qui usent de la liberté de contester l’ordre établi. C’est renoncer à y donner une réponse politique.

 

Le Syndicat de la magistrature dénonce cette permanence de la pénalisation du mouvement social et la banalisation des outils sécuritaires qui en sont le moyen.

Par: Syndicat de la magistrature.

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