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citoyen18.overblog.com

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La porte à gauche. Jean FERRAT a chanté que certains prétendent que le bonheur était à la porte à droite. Aujourd’hui est-il à la porte à gauche ? Oui ! mais à la condition de secouer le cocotier de la pensée convenu ! Ce petit blog crée à l’initiative de quelques militants communistes de Vierzon n’a d’autres ambitions que de donner aux citoyens un support pour s’exprimer librement sur les sujets politiques, sociaux ou culturels d’actualité du local à l’international, qui s’émancipe des discours convenus, des lignes officielles décidées par quelques notables de la politique, aux doubles langages, aux bonimenteurs de vraies fausses solutions et qui cultivent la résignation. Déverrouillez les débats et enfoncez la porte à droite (….ou à gauche ?) Les seules limites, car il en faut, à notre liberté : Celle du respect des personnes, le souci de la vérité et de faire vivre le débat. Ainsi seront exclus tous messages comprenant des insultes ou diffamations visant une (des) personne(s), seront exclues, s’ils sont avérées, des informations mensongères ou rumeur infondées. Chacun pourra également participer au débat juste et loyal en signalant un abus de cette nature. Les productions de ces abus seront retirés et l’auteur exclu du blog.

Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Transports
Spot de la SNCF : "Une insupportable provocation"

Alors que le texte de la réforme ferroviaire a été adopté mardi 24 juin dernier à l'Assemblée Nationale, la direction de la SNCF estime de bon ton d'avoir recours à la provocation et au mépris.

Un spot publicitaire diffusé à la télévision depuis hier présente, sur un ton surjoué, les « regrets » de la SNCF face au « moments pénibles » vécus par les usagers lors des mouvements de grève. La direction assure avoir « tout mis en œuvre » pour soulager des voyageurs quasi-martyrs, à qui l'on distribue des bouteilles d'eau, dans une mise en scène digne d'une opération de secours humanitaire.

Il s'agit là d'une insupportable hypocrisie. En rejetant la responsabilité des perturbations sur les cheminots, qui n'ont fait qu'exercer le droit de grève que leur garantit la Constitution, la direction de la SNCF cherche à se donner bonne conscience. Le conflit n'aurait-il pas été évitable si elle avait accepté d'écouter les revendications et les propositions portées par les syndicats ?

Pire encore, ce spot publicitaire cherche une fois de plus, comme l'a cyniquement fait le gouvernement ces derniers jours, à monter les Français les uns contre les autres. Faussement compatissante, la direction de la SNCF en est réduite à pointer du doigts ses propres salariés.

Ce sont pourtant ceux-là même qui contribuent chaque jour à faire vivre l'entreprise, à assurer le transport de millions de personnes au quotidien et qui se battent contre le démantèlement et la mise en concurrence de leur groupe, dans l'intérêt de tous les Français.

Par: Citoyen18.

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Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Front de Gauche
Votre blog.

Citoyen18 un blog pour parler politique, économie, société, poésie... bref, tout ce qui doit intéresser le citoyen d'une république.

Blog de débat pour ceux qui sont fatigués du discours politiquement correct et de la bienpensance à gauche.

Vos commentaires sont les bienvenus! Ouvrons le débat...

Tous les papiers de ce blog sont de reproduction libre à condition de mentionner l'auteur et la source.

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Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Politique
Pourquoi ils veulent la peau de la CGT.

La grève à la SNCF a donné lieu à un déchaînement de propagande contre la CGT, mené par le gouvernement, la droite, le patronat, et relayé par la presse.

Pour les partisans des politiques d’austérité, qui craignent un mouvement social d’ampleur, la centrale de Montreuil, qui refuse de se soumettre, reste l’ennemie à abattre.

Pas gagné, d’autant que l’unité syndicale justifie toujours davantage la stratégie du premier syndicat hexagonal.

Par: Citoyen18.

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Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Politique
 Pourquoi les médias sont-ils si unanimes contre les mouvements sociaux ?

Débat avec Henri Maler, fondateur de l’association Acrimed, Patrick Kamenka, représentant de la Fédération européenne des journalistes et Véronique Marchand, journaliste, secrétaire générale du SNJ-CGT France Télévisions. Journalistes et éditocrates : une hostilité variable

Par Henri Maler, fondateur de l’association Acri
med

Pour ne pas être trop schématique, il faut distinguer selon les médias et selon les journalismes. Les chefferies éditoriales, chroniqueurs et éditorialistes des « grands médias », parce que ce sont les médias des alternances sans alternative entre la gauche et la droite, soutiennent peu ou prou les réformes gouvernementales ou les mesures patronales, même lorsqu’elles sont outrageusement défavorables aux salariés. Nettement enregistrée chez les éditorialistes, l’hostilité aux mouvements sociaux prend d’autres formes non dans les commentaires, mais dans les informations ou prétendues informations : en vérité une sous-information lamentable et parfaitement antidémocratique.

Sur quoi la plupart des journalistes des télévisions et des radios peuvent-ils prétendre avoir informé puisque presque aucune information sérieuse n’a été donnée, notamment dans les journaux télévisés, sur la nature des réformes proposées, qu’il s’agisse de celle de la SNCF ou celle du régime des intermittents du spectacle, ni sur les motivations des grévistes ou encore sur les contre-propositions faites par les différents acteurs organisés de ces mobilisations sociales. La demande de la CGT cheminots ou de SUD rail d’un débat avec la secrétaire d’État aux Transports sur la réforme ferroviaire a reçu une fin de non-recevoir.

Certes dans la presse écrite, on a pu trouver quelques tentatives de décryptage mais presque rien à la radio et à la télévision, qui sont les médias de plus large audience. Cette hostilité, ne serait-ce que par défaut quand elle vient des journalistes d’information, n’est pas nécessairement intentionnelle, mais elle est fonctionnelle : elle repose sur la recherche de la plus grande audience au moindre coût et dans le ressassement, à grand renfort de micros-trottoirs, des désagréments provoqués par la grève, au détriment de tout le reste.

Le comble a été atteint avec la marée de reportages et de micros-trottoirs sur la grande angoisse des lycéens de ne pas pouvoir rejoindre leurs centres d’examens, alors que, selon certains comptages, seulement 8 % des lycéens prenaient le train. Des micros-trottoirs sont parfois concédés aux cheminots, non sans préjugé de classe, comme si les cheminots et leurs syndicats n’avaient rien à dire et comme s’ils pouvaient s’expliquer en quelques secondes. L’hostilité d’ailleurs n’est pas systématique. Le mouvement des « bonnets rouges », par exemple, a bénéficié d’un traitement que je ne qualifierais pas de favorable mais qui faisait largement état de leurs motivations et aspirations.

On peut remarquer également que l’attitude n’est pas tout à fait la même selon qu’il s’agit du mouvement des cheminots ou de celui des intermittents du spectacle. Sans doute parce qu’une partie du lectorat de presse écrite est fortement attachée à la culture et à la création. Et à la différence d’ailleurs de ce qui s’était passé en 2003 où l’hostilité avait été quasiment générale, les médias ont, cette fois-ci, adopté une attitude un peu moins malveillante (et parfois même bienveillante) vis-à-vis des intermittents.

Cela changera peut-être si le Festival d’Avignon est annulé ! On voit là que les proximités sociales entre les journalistes et certains mouvements sociaux font parfois qu’ils ne sont pas traités avec le même degré d’hostilité. Mais le journalisme d’enquête sociale est tellement misérable que les préjugés des nouveaux chiens de garde de l’éditocratie infusent un peu partout !

Un système médiatique dépendant de grands groupes privés

Par Patrick Kamenka, représentant de la Fédération européenne des journal
istes

Le rôle des principaux médias dans la lutte menée par les cheminots et les intermittents du spectacle reflète un processus d’idéologisation visant à convaincre l’opinion publique qu’au-delà du néolibéralisme, il n’est point de salut, et que le syndicalisme de lutte est un concept ringard.

Les chiens de garde, tels que les décrivait Nizan, sont les fantassins de ce système médiatique dont ils partagent avec les décideurs politiques et économiques les mêmes valeurs. La lutte des cheminots pour la défense du service public de la SNCF ou celle des intermittents pour la culture entrent en collision directe avec les puissances d’argent. Leurs relais dans les médias suivent ainsi naturellement les rebonds des courbes du CAC 40 plutôt que les mouvements sociaux de salariés et leurs syndicats qui refusent la seule logique de l’austérité prônée par une Europe repliée sur le concept de la concurrence libre et non faussée.

Mais hormis cette médiacratie comment comprendre que le système semble marcher comme un seul homme dans le sens des idées dominantes ? Les 37 000 journalistes encartés seraient-ils tous aux ordres ? La réalité est plus complexe. Le système médiatique en France, comme dans la plupart des pays de l’UE, dépend de groupes multinationaux multimédias – globalisation oblige – et de banques. Nos « capitaines » d’industrie (Lagardère, Dassault, Bouygues, Arnault) détiennent une majorité de médias – tous supports confondus –, la rentabilité et la financiarisation constituant leurs critères et leur logique avant celle des contenus qualitatifs. Orwell n’est pas loin. Car ce sont eux qui donnent la ligne de leurs rédactions via les cadres intermédiaires.

Face à cette situation, les syndicats de journalistes ne sont pas restés l’arme au pied et ils ont lancé l’idée d’une proposition de loi pour rendre les rédactions indépendantes des actionnaires des grands groupes. Mais c’est resté lettre morte, comme sont oubliées les promesses du candidat Hollande sur la protection des sources des journalistes. Ne dit-on pas que l’actuel chef du gouvernement, alors ministre de l’Intérieur, s’est opposé à l’examen de ce projet par la représentation nationale ? Plus concrètement, sur le thème social, comment ne pas s’étonner du traitement caricatural de ce sujet quand on sait que, hormis dans quelques rares médias, les rubriques sociales ont disparu ?

À cela s’ajoute, comme dans de nombreux secteurs économiques, les réductions drastiques d’effectifs, le fameux « faire plus avec moins ». Mais aussi la précarité (CDD à répétition, pigistes taillables et corvéables à merci) : un quart des journalistes en France sont dans un statut précaire. Cela entraîne le phénomène du « journalisme assis » avec des rédactions qui sont de moins en moins sur le terrain. La concurrence mortifère des chaînes en continu, avec le développement du spectaculaire qui le dispute à une information sûre et vérifiée, conduit à ces couvertures où le superficiel, les micros-trottoirs l’emportent sur les questions de fond, par exemple ici, sur les raisons d’une grève, sur les propositions des syndicats, etc. C’est pourquoi, les salariés de la SNCF avec leurs syndicats avaient proposé l’organisation d’un débat public à France Télévisions…

En vain. « Avec la phase du néolibéralisme, la classe dominante tente par tous les moyens, idéologiques, politiques et médiatiques de transformer en ennemis les agents sociaux les plus pauvres, les plus déstabilisés par la précarisation du travail », écrivent dans leur livre, la Violence des riches, Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot. À méditer.

Le rouleau compresseur de la pensée unique
Véronique Marchand, journaliste, secrétaire générale du SNJ-CGT France Télévisio
ns

La section SNJ-CGT de France Télévisions a déjà eu l’occasion de dénoncer le traitement partial de certains conflits sociaux dans les éditions d’information nationale du groupe. En décembre 2012, nous avions déploré que reportages et interviews s’intéressent davantage au sort de quelques pots de fleurs et écrans TV renversés dans les locaux de PSA Poissy, plutôt qu’aux 1 500 suppressions d’emplois supplémentaires dont l’annonce avait provoqué la colère des manifestants. La première question posée alors dans le JT au délégué CGT était de savoir s’il regrettait les débordements ! Idem en 2009, lors de la lutte des Continental contre la fermeture de leur usine de Clairoix : le présentateur demandait d’abord au délégué CGT s’il regrettait les dégradations à la sous-préfecture de Compiègne. La semaine dernière, c’est la section CGT du siège de France Télévisions qui dénonçait le traitement inéquitable des grèves à la SNCF : plein feu sur la gêne pour les usagers mais peu d’information sur les motifs de la grève et pas de mise en perspective sur l’ouverture du rail à la concurrence décidée par l’Union européenne.

En l’absence de statistiques rigoureuses sur le traitement de tous les conflits sociaux dans l’audiovisuel en général et à la télévision publique en particulier, les exemples sont pourtant nombreux qui illustrent une dérive du traitement informatif des conflits sociaux, confinant, dans certains cas, à la « criminalisation des manifestants ». Encore faut-il sans doute différencier le traitement national et régional (les journaux de France 3 et ceux des stations d’outremer). Encore faut-il aussi s’interroger sur le type de conflits traités : les « violences », quelle que soit leur nature, ne sont pas toujours stigmatisées de la même manière. Les raisons du mouvement des « bonnets rouges » ou des Manifs pour tous ont, elles, été largement exposées dans les JT nationaux ! Y a-t-il une « main invisible » qui imposerait un traitement partial, antigréviste, antisyndicaliste, anti-ouvrier, antimouvement social ? Certains critiques des médias ont déjà répondu, enquêtes à l’appui (cf. les Nouveaux Chiens de garde). En tout cas, dans l’audiovisuel, les conditions de fabrication de l’information autorisent les suspicions :

– quand les journalistes chargés des reportages ne peuvent assister eux-mêmes aux conférences de rédaction et que le débat éditorial n’a pas lieu ;

– quand la commande passée par le supérieur hiérarchique est balisée, imposée et souvent inspirée par la lecture matinale de la presse ou le visionnage des chaînes tout info ;

– quand les différents éléments qui composent un reportage sont répartis entre plusieurs journalistes,

– quand les méthodes managériales favorisent la docilité, notamment pour les journalistes précaires ou ceux qui espèrent une promotion ;

– quand l’argument des contraintes économiques et financières prive les journalistes du temps de préparation nécessaire pour s’informer par eux-mêmes ;

– quand la course à l’audience entre éditions d’info impose de sortir un sujet même bâclé, même incomplet ;

– quand l’obsession de l’Audimat privilégie un traitement de l’info supposé fédérateur,

– quand satisfaire le plus grand nombre, c’est mettre en exergue le plus petit dénominateur commun et flatter la fibre populiste ;

– quand on prétend savoir ce que veut voir et entendre le téléspectateur…

Et si on y ajoute l’autocensure en matière d’initiative personnelle, le formatage « proposé » par la plupart des écoles de journalisme, voire une certaine évaporation de la culture générale, on se demande comment les journalistes de terrain peuvent s’armer pour résister au rouleau compresseur de la pensée unique ! Pour un journaliste, quel que soit son niveau de responsabilité, il doit en aller des conflits sociaux comme du reste, si l’on en croit Albert Londres qui affirmait : « Un journaliste n’est pas un enfant de chœur et son rôle ne consiste pas à précéder les processions, la main plongée dans une corbeille de pétales de roses. Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort, il est de porter la plume dans la plaie. »

DÉSINFORMÉS CONTRE LA GRÈVE:

Selon le site Acrimed.org, le Parisien- Aujourd’hui en France affichait en une le 17 juin : « 3 Français sur 4 contre la grève », ajoutant en commentaire : « Notre sondage montre qu’une très grande majorité de Français ne comprennent pas ce conflit ». Comme si « une très grande majorité de Français » prenaient le train et alors même que « 34 % des Français connaissent les revendications des syndicats ».

Le film Les nouveaux chiens de garde d'après Serge Halimi, réalisé par Gilles Balastrade et Yannick Kergoat (extrait) :

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Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Politique
Soutien total et sans réserve au député PCF du Nord.

Communiqué de Jean-Jacques Candelier député PCF du Nord suite à la polémique sur le « grand capital apatride » et les procès fallacieux en antisémitisme de nos dirigeants politiques et de des chiens de gardes médiatiques. J'ai posé hier une question au Gouvernement sur les 7 recommandations de la Commission européenne à la France dans laquelle j'ai pointé du doigt le « grand capital apatride ». Par cette expression, je soulignais l'une des caractéristiques de la globalisation financière, à savoir l'absence d'ancrage territorial et national. C'est d'ailleurs le propre du capitalisme actuel, qui ne reconnaît ni les frontières, ni les intérêts nationaux. Qu’on songe aux prédations financières d’entreprises, à la spéculation sur les dettes des États ou encore à l’évasion fiscale massive. Jean-Pierre Chevènement parle lui de l' « élite mondialisée » pour viser les acteurs de cette globalisation.

Des commentateurs peu avisés et manifestement mal intentionnés ont cherché à voir dans mon propos des relents d'antisémitisme. Une accusation dont la gravité n'a d'égale que la mauvaise foi de leurs auteurs. Je déplore qu'on puisse porter aussi facilement atteinte à l'honneur d'un homme. Ces commentaires outrageants ne sont pas dignes de la fonction journalistique et sont mus par une seul but : salir pour mieux étouffer toute critique sur les ravages du capitalisme financier. Qu'ils sachent que leur entreprise est vaine.

Par N. MAURY.

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Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #International

casquette-chemin-fer-belgeL'été sera chaud sur les rails, pas seulement en France mais aussi en Belgique où le principal syndicat cheminots, la CGSP, a lancé un appel à la grève nationale pour le 30 juin pour lutter contre la politique de casse du service public du rail incarné par la SNCB.

Les cheminots français ne sont décidément pas seuls. Mais les travailleurs du rail belges ne se contentent pas de messages de solidarité, effectivement envoyés à leurs camarades français. Place à la solidarité de fait, avec une journée de grève générale dans le secteur pour le 30 juin.

 

36 jours de congé en retard par an et par cheminot en Belgique !

Un mouvement de grève lancé par la CGSP – la centrale des services publics de la FGTB (proche des socialistes historiquement) –, alors que la CSC Transcom et la SLFP, respectivement syndicats chrétiens et libéraux du secteur, ont réservé leur participation à l'action.

 

Si la direction de la SNCB, préoccupée à l'approche des vacances, a tenté une ultime conciliation ce vendredi par l'intermédiaire de son nouveau gestionnaire du personnel, HR-Rail, la CGSP a considéré qu'aucune concession n'avait été faite sur les revendications des salariés de la SNCB.

 

La revendication numéro un, souvent la seule relayée par la presse belge, c'est la régularisation des « jours de liberté », de repos, accumulés mais non octroyés aux salariés de la SNCB : en tout 1 million de jours pour les 35 000 cheminots, soit 36 jours de congé en retard par personne !

 

Les « réformes ferroviaires » depuis 2005 :

précarisation du personnel, privatisation de la SNCB, dégradation du service.

Toutefois, la colère des cheminots belge va au-delà de cette question. Elle remet en cause les « réformes ferroviaires » qui ont touché le secteur depuis 2005 et n'ont contribué qu'à précariser le personnel, dégrader le service public, et progressivement casser la SNCB.

 

Les craintes des syndicats cheminots portent avant tout sur le recrutement du personnel de la SNCB, tant en quantité qu'en qualité.

 

En quantité, car les effectifs de la SNCB fondent depuis une dizaine d'années, ce sont en moyenne 500 à 1 000 emplois qui sont perdus cette année. De 2004 à 2014, on est passé de 40 à 35 000 employés à la SNCB.

 

En qualité également, avec le développement des emplois non-statutaires dénoncés par les syndicats depuis des années, qui se sont nichés dans les filiales de la SNCB, et qui remettent en cause le statut unique du cheminot qui est la norme d'emploi dans l'entreprise publique.

 

Les secteurs pionniers de cette filialisation ont été, comme ailleurs : la logistique-l'entretien (« B-Logistics »), le fret (« B-Cargo »), sans oublier l'essor des activités de consulting liés aux projets informatiques (« Ypto »).

 

Or, ce processus de dégradation des conditions d'emploi est indissociable de la casse de la SNCB, but ultime des différentes « réformes ferroviaires » menées depuis 2005.

 

L'éclatement de la SNCB, un cas éclairant pour la France:

Une réforme en deux phases.

En 2005, la SNCB a été éclatée en trois groupes, avec la séparation de l'infrastructure, coûteuse et confiée à l'entreprise publique « Infrabel », et de l'exploitation du réseau, laissée entre les mains de la SNCB, se préparant à l'ouverture à la concurrence du transport de voyageurs intérieur.

 

Trois groupes car une troisième entité avait été créée, chapeautant les deux autres, la « SNCB Holding », propriétaire du patrimoine immobilier, employeur de l'ensemble du personnel et chargée de coordonner les efforts entre les trois entités.

 

Cette troisième entité, « SNCB-Holding », avait été présentée comme une contre-partie aux syndicats, une façon de garantir le maintien d'un statut unique des cheminots, et d'une structure unifiée dans la nouvelle SNCB.

 

L'évolution des conditions d'emploi à la SNCB a prouvé que ceci n'était que poudre aux yeux : l'éclatement de la SNCB en trois entités a été le point de départ de la casse du statut par la filialisation accélérée, concurrence intégrée au sein même de l'entreprise publique.

 

En 2014, ces trois entités ont été officiellement fusionnées en deux : la SNCB Holding était ré-intégrée à la SNCB, opérateur historique du réseau, tandis qu'Infrabel restait à la tête de l'infrastructure …

 

Ce qui n'empêche pas la création d'une nouvelle troisième entité, HR-Rail gérant l'ensemble du personnel. L'usine à gaz dénoncée avec l'éclatement de la SNCB en trois continue.

 

Le faux argument de la dette, prétexte à l'éclatement de la SNCB:

 

L'argument avancé alors en 2005, et encore en 2014, pour la séparation de l'infrastructure et de l'opérateur est celui de la dette du ferroviaire : 4 milliards d'euros en 2014.

 

Là encore, un argument de la dette qui ne tient pas à l'analyse, même sommaire. Dernier scandale en date, le service de la SNCB dédié à la liaison avec l'aéroport de Bruxelles et construit en PPP (Partenariat public-privé) entre Infrabel et l'entreprise privée Diablo.

 

Diablo a financé 300 des 678 millions d'euros du projet en échange de la propriété du projet pendant 35 ans.

 

Entre la rente payée par Infrabel (9 millions par an), la taxe sur les billets versée par les voyageurs (4,40 € par ticket), et même un montant forfaitaire par billet vendu par la SNCB (0,5 % de tous les billets) : c'est 922 millions d'euros assurés pour Diablo, soit trois fois l'investissement initial !

 

Comble de cette chère politique de privatisation, Infrabel a intégré une clause qui lui permet de poursuivre la SNCB et de récolter 1 milliards de dommages si le nombre de voyageurs par an est inférieur à 4,5 millions. Actuellement, il peine à dépasser les 3,5 millions de voyageurs par an.

 

Un hold-up sur le dos du contribuable qui pourrait faire passer la dette du ferroviaire de 4 à 5 milliards par an.

 

« Plan transport 2014 » de la SNCB : les usagers, premiers pénalisés:

Le prétexte de la dette légitime dans le « Plan de transport 2014 » de la SNCB une dégradation inédite du service public du rail.

C'est d'abord la suppression de centaines de trains – notamment les premiers et derniers, mais aussi la quantité de trains aux heures de pointe –, la hausse des tarifs et des trains aux trajets toujours plus longs. Un exemple, le Bruxelles-Namur mettait 48 minutes en 1938, contre 51 minutes aujourd'hui !

 

Les usagers sont les premiers pénalisés par les réformes ferroviaires et la casse de la SNCB : le taux de ponctualité des trains est passé de 93 % en 2004, contre 86 % en 2012.

Les cheminots belges, comme ceux français, se battent non seulement pour défendre leurs droits, leurs conditions de travail mais aussi le droit des usagers à un service public de qualité et accessibles.

Par Solidarite-internationale.

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Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Social-Eco
« Solidarité, frères et sœurs de combat et d’espérance »

Point de vue de Jack Ralite, ancien ministre communiste . L’ancien animateur des États généraux de la culture dénonce une vie politique qui se corrompt sous la contrainte de la marchandisation ultralibérale.
« La classe propriétaire de la richesse / Parvenue à une telle familiarité avec la richesse / Qu’elle confond la nature et la richesse », disait Pasolini.


C’est ainsi que le pouvoir actuel, en déni de son programme, trouve naturel que les riches aient le droit d’être plus riches, en offrant 30 milliards d’euros au Medef.
C’est ainsi, dans un même ­mouvement, que le pouvoir ­d’aujourd’hui tente de rendre naturel que les acteurs de l’art (artistes et techniciens) aient leur droit du travail remis en cause, qu’il s’agisse de la continuité professionnelle ou des annexes 8 et 10 de l’Unedic en cas de chômage.

Ainsi la vie politique se corrompt sous la contrainte ultralibérale faisant triompher sans pudeur le mal de la vie sur le bien de la vie. Cette aberrante « castration mentale », ce grand divorce d’avec la culture et la création doivent et peuvent être stoppés. L’histoire est pleine d’enceintes préfixées mais aussi pleine de tentatives pour forcer, pour rompre ce qu’on appelle hypocritement les règles du jeu, notamment ce « principe de ruines » dû à Jean-Pierre Jouyet et ­Maurice Lévy : « Donner au capital humain un traitement économique. »
« Le meilleur témoignage que nous puissions donner de notre dignité, c’est la culture », disait Charles Baudelaire, et répétait le président de la République le 19 janvier 2012 aux Biennales internationales du spectacle à Nantes. Vous ne tolérez plus que l’esprit des affaires et son chiffrage l’emporte sur les affaires de l’esprit et leur déchiffrage, ni que le collectif budgétaire de 2014 connaisse une diminution de 2,3 %. Vous refusez d’être traités comme si vous étiez en trop dans la société. Vous n’êtes pas engourdis dans une corporation mais libres dans une lutte intransigeante et ouverte, autour et pour vos merveilleux métiers qui sont bousculés aussi par les nouvelles technologies que vous voulez civiliser.

Toujours plus rassemblés entre vous, toujours plus solidaires avec d’autres qui renoncent à renoncer, vous utilisez votre pouvoir d’agir à l’étage voulu, avec vos sensibilités, vos imaginations, vos intelligences, vos disponibilités. Vous êtes souffleurs de conscience et transmettez une compréhension, une énergie, un état d’expansion, un élan. Adressez-vous à ceux qui rient, réfléchissent, pleurent, rêvent à vous voir et vous entendre jouer. Surtout que le fil ne soit pas perdu avec eux.
« L’homme est un être à imaginer », disait Bachelard. A fortiori les artistes et techniciens de l’art que vous êtes.
Solidarité, frères et sœurs de combat et d’espérance. Avec vous, comme disent beaucoup de personnages de Molière : ­« J’enrage ».

Par: Jack Ralite.

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Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Syndicats

CGT-92.jpgLes syndicats de la Confédération Générale du Travail, réunis dans le cadre du congrès de leur Union Départementale en appellent à tous les syndiqués CGT, à tous les salariés, femmes et hommes, en activité ou retraités, précaires ou privés d’emploi.

 

Nous sommes totalement solidaires de la grève des cheminots pour le retrait du projet de réforme ferroviaire.

 

Nous dénonçons la campagne honteuse de dénigrement dont ils sont l’objet.

 

Sur le fond, cet acharnement médiatique témoigne de la grande crainte éprouvée par les gouvernants devant ce conflit social de classe qui pourrait converger avec d’autres luttes tout aussi légitimes.

 

C’est d’ailleurs ce qu’ont exprimé de nombreux délégués en affirmant que le combat des cheminots c’est le combat des enseignants, des animateurs et des personnels de services qui s’insurgent contre la réforme des rythmes scolaires et demandent le retrait des décrets Hamon-Peillon, celui des agents de l’inspection du travail pour la défense de leurs sites, des intermittents du spectacle pour exiger l’annulation de la convention Unedic, des agents de l’équipement et des Finances publiques pour leurs postes etc.

 

Cette grève des cheminots fait honneur à l’ensemble du monde du travail ! Ce n’est pas une grève pour défendre des intérêts corporatistes, comme tentent de le faire croire les ragots médiatiques. C’est une grève pour défendre le service public, c’est une grève pour s’opposer à l’éclatement de la SNCF, entreprise publique nationale, en trois entités distinctes et pour affirmer que ce n’est ni aux cheminots, ni aux usagers de payer la dette de RFF.

 

Nous en appelons à toutes les forces vives de la CGT sur le département : pas une seule, pas un seul camarade ne peut rester passif et ne doit faillir pour soutenir leur grève. Partout un seul mot d’ordre : tous dans l’action militante pour aller à la gagne avec les cheminots ! Diffusons les tracts CGT adressés aux usagers, partout, sur nos lieux de travail et avec nos Unions Locales dans les lieux publics, faisons connaître les véritables raisons de la grève des cheminots. C’est un premier soutien indispensable.

 

Nous appelons tous les syndicats CGT à s’emparer de la journée d’action interprofessionnelle nationale unitaire du 26 juin 2014, lancée par la CGT et reprise par la CGT et FO en Ile de France.

 

Agir le 26 juin, se mobiliser sur les revendications, se déployer sur les lieux de travail pour aller à la rencontre des salariés durant toutes la semaine du 23 au 27 juin, pour mener la bataille des idées, faire grandir l’idée du tous ensemble et le construire, ce sera la meilleure façon de manifester notre solidarité aux côtés des cheminots, pour faire reculer le gouvernement, imposer le retrait du projet de loi d’éclatement de la SNCF.

 

La CGT n’a rien d’utile à faire en participant à la pseudo conférence sociale convoquée par le gouvernement  les 7 et 8 juillet 2014.

 

Quel sens pourrait-il y avoir à participer à la Conférence sociale alors que les deux précédentes conférences ont chacune été suivies de régressions sociales majeures imposées par le gouvernement avec l’ANI réduisant les droits du travail et l’allongement de la durée de cotisation à 43 années pour prétendre partir en retraite ?

 

Quel sens pourrait-il y avoir alors que le gouvernement multiplie les décisions antisociales et se fait ainsi l’exécuteur fidèle des volontés du MEDEF ?

 

Pourtant rejeté nettement lors des élections municipales et européennes, le gouvernement poursuit dans tous les domaines sa politique réactionnaire, une politique élaborée en commun avec les autres gouvernements dans le cadre de l’Union Européenne !

 

Cette politique est en tout point conforme aux intérêts des grandes multinationales, de leurs actionnaires ; elle répond aux intérêts des banques et de leurs pratiques spéculatives, intérêts défendus, les uns comme les autres, par le patronat, avec le MEDEF à sa tête.

 

  • Les conséquences de l’ANI, retranscrit dans la loi de pseudo sécurisation de l’emploi se font sentir dans les entreprises du département au travers de multiples tentatives de remises en cause des accords RTT notamment, et de vastes plans de suppressions d’emplois, comme à EADS Airbus.
  • La réforme des retraites, se situant dans la parfaite continuité des loisBalladur – Fillon – Woerth augmente à 43 annuités la durée de cotisation pour bénéficier d’un droit à la retraite à 60 ans qui, de fait, n’est plus que théorique.
  • Le pacte de responsabilité lancé par François Hollande et finalement signé entre le MEDEF, la CFDT et la CFTC remet en cause les cotisations sociales Famille versées par les entreprises.

 

C’est un changement de braquet dans la fiscalisation et le démantèlement de la Sécurité sociale. En 3 ans il n’y aurait plus de branche famille ! Cette attaque sans précédent vient s’ajouter aux 230 milliards d’exonérations accordés aux patrons depuis 1996.

 

C’est également pour répondre aux exigences du grand capital que le pacte de responsabilité se combine avec une réforme sur la territorialité que le gouvernement veut imposer à marche forcée.

La métropole du Grand Paris est une arme anti démocratique qui s’inscrit dans la réduction massive des dépenses publiques. Elle remet en cause les prérogatives des collectivités territoriales, les services publics de proximité, les droits des citoyens à décider pour leurs communes et leurs départements. Elle veut poursuivre la politique de désindustrialisation.

 

Combinée avec la réforme en cours du statut de la fonction publique sur l’inter-ministérialité la métropole visera directement les emplois de centaines de milliers de fonctionnaires et d’agents territoriaux, menacés d'être supprimés et de subir des mobilités forcées.

 

Dans un entretien donné au Figaro, la directrice de l’IFRAP, Institut français pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques, l’avoue crûment : la suppression des départements a pour objectif de « réduire la masse salariale ». A cet effet, elle propose de supprimer 56.000 des 360.000 emplois existant dans les collectivités territoriales des départements.

 

Le combat pour l’abrogation de cette loi est à l’ordre du jour : « Hollande ta réforme territoriale, on en veut pas ! » La Métropole ne devrait être créée que le 1erjanvier 2016. Nous devons donc tout faire pour empêcher sa mise en place effective.

 

Il est vital pour notre démocratie de bloquer la politique mise en place par le gouvernement Valls. En effet, le « pacte de responsabilité », ce plan d’austérité qui camoufle son nom est socialement inacceptable. Il doit être défait.

 

Les cheminots en grève ouvrent la voie et posent la bonne question : bloquer le pays pour faire reculer la politique d’austérité et imposer une alternative.

 

Les délégués au 18ème congrès de l’UD considèrent qu’une riposte d’ensemble est nécessaire.

 

La question de la grève interprofessionnelle pour bloquer les plans destructeurs du gouvernement est posée. C’est pourquoi ils appellent les syndicats à mettre en débat partout, sous toutes les formes la nécessité du « tous ensemble » public privé.

 

NANTERRE
Juin 2014

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Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Aide-Mémoire
LE SEUL MOYEN de contrer le capital : LA LUTTE.

Nous vivons actuellement une concurrence jamais atteinte des grands groupes capitalistes. La course aux profits dont les populations sont victimes en France, en Europe et au niveau mondial atteint un niveau jamais égalé et va en s’amplifiant. On constate une mise à sac systématique par le capital de secteurs entiers de notre économie qui se traduit par des fermetures d’entreprises et des suppressions massives d’emplois, des délocalisations de production vers les pays à bas coûts, une casse sans précédent des services publics et des acquis sociaux ordonnée par Gattaz et mise en œuvre par le gouvernement Hollande. Nous vivons une baisse constante et importante du pouvoir d’achat des salaires et pensions pendant que le droit à la santé et à l’éducation est en constante régression.

Pour le capital, le seul objectif est d’augmenter sans cesse le taux de profit et d’organiser la casse économique et industrielle afin de distribuer des dividendes de plus en plus haut aux actionnaires. En 2013 ceux-ci ont touché 43 milliards et plus de 80 milliards ont été planqués dans des niches fiscales. 80 milliards c’est quasiment l’équivalent du déficit du budget de l’Etat (83,9 milliards).

Ainsi des pans entiers de notre économie sont sacrifiés sur l’autel du profit et les fusions entre groupes multinationaux s’accélèrent comme chez Alstom fleuron de l’industrie française en cours de bradage aux américains. Comme toujours les capitalistes veulent augmenter les revenus financiers et le Medef avec le gouvernement social-démocrate à sa botte exige la suppression du SMIC et une déréglementation du Code du Travail. Les accords ANI signés par la CFDT, la CGC et la CFTC ne vont pas assez loin pour les groupes capitalistes. Tous les obstacles à plus de profit doivent être supprimés et c’est là le but du regroupement fantaisiste des régions, la suppression programmée des départements, celle en cours des communes avec la construction de métropoles.

Pour contrer cette course effrénée aux profits, une seule solution : la lutte…

Quoiqu’en disent les médias à la solde du capital et des ses vassaux sociaux-démocrates, les salariés ne laissent pas faire et un développement des luttes est constaté. Les Cheminots se battent depuis plus d’une semaine pour un vrai service public ferroviaire au service des usagers. Silence total des médias sur les deux semaines de grève des cheminots Suédois qui ont engagé le combat contre la privatisation de leur outil de travail par le groupe français « Véolia ».

Les intermittents du spectacle continuent la lutte pour de meilleures indemnisations, tout comme les salariés des hôpitaux. Lutte des postiers dans plusieurs bureaux parisiens pour leurs conditions de travail et la suppression d’emplois. Luttes chez les enseignants chercheurs. Luttes aussi dans les aéroports où les contrôleurs aériens sont déterminés à faire supprimer le règlement européen « ciel Unique » permettant l’ouverture à la concurrence privée de l’espace aérien européen.

Seules les luttes de tous les instants dans tous les secteurs, publics ou privés feront reculer les prétentions du capital et seules les luttes coordonnées contre le capital ouvriront les perspectives pour une autre société.

Par: C.

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Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Santé
La réouverture des urgences de l’Hôtel-Dieu.

Mardi, dans une lettre adressée à la CGT, Martin Hirsch, directeur général de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris confirme la réouverture du service d’urgence, fermé en novembre dernier. Une note d’espoir pour tous les défenseurs du système de santé mobilisés depuis des années, comme le sont les clichois le sont pour sauver Beaujon. À la CGT, on ne veut pas crier victoire trop vite. Pourtant, l’annonce faite par le directeur général de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), Martin Hirsch, de rouvrir les urgences de l’Hôtel-Dieu ainsi que des lits d’hospitalisation est vécu comme une « vraie bouffée d’oxygène » par tous les défenseurs de cet hôpital de proximité en lutte depuis des années maintenant.


« Rouvrir les urgences de l’Hôtel-Dieu et dire qu’il y aura des lits, c’est un signal fort », se félicite Christophe ­Prudhomme, de la CGT Santé, notant une « véritable inflexion dans la politique de l’AP-HP ». « C’est un changement d’orientation positif », renchérit Rose-May ­Rousseau, la secrétaire générale de l’Usap CGT, d’autant plus satisfaite que cette avancée reprend les propositions portées par la CGT et soumises, certes à plusieurs reprises, à la direction, dans le cadre de la consultation sur le nouveau plan stratégique de l’AP-HP. « Je me suis efforcé de conjuguer vos propositions (…) avec les réflexions conduites par le comité stratégique. (…) Je suis en mesure de répondre favorablement à la majorité des propositions que vous formulez », répond ainsi Martin Hirsch, dans une lettre adressée le 17 juin à la secrétaire générale de l’Usap CGT (lire ci-contre), parlant lui-même d’un « véritable infléchissement par rapport au projet initial ».


S’il ne précise pas dans quelles conditions le service des urgences de l’Hôtel-Dieu rouvrira, ni combien de lits lui seront affectés, le directeur général explique en substance que les pompiers et les ambulances vont réacheminer des patients dans le service, évoquant l’idée d’un service d’accueil des urgences « bi-site » partagé entre Cochin et l’Hôtel-Dieu. Il précise qu’un « travail est engagé avec la brigade des sapeurs-pompiers pour mettre en place une régulation en lien avec le 15 (…) qui permettra de redonner accès aux ambulances et aux véhicules de pompiers ».
Un « consensus devrait être trouvé » sur l’idée d’une régulation pompiers et Samu afin de délester les autres SAU (service d’accueil des urgences) parisiens des patients ne nécessitant pas une prise en charge lourde. Il note par ailleurs que les urgences médico-judiciaires, installées à l’Hôtel-Dieu, « ne seront pas remises en cause ».
« Une réponse favorable » pourrait également être apportée à la proposition de mettre en place une « polyclinique de consultations adossée à un plateau technique et à un hôpital de jour permettant d’offrir un accès rapide et facilité aux médecins de ville et à des consultations spécialisées pour leurs patients ».


Martin Hirsch semble aussi « en mesure de donner une orientation positive », comme il l’écrit, à la mise en place d’un centre de soins de suite et de rééducation qui faciliterait la prise en charge des patients âgés intra-muros. Enfin, une place « importante » devrait être donnée à la psychiatrie, mais aussi à l’hospitalisation à domicile. Il n’y a que sur l’idée d’une plate-forme de chirurgie ambulatoire, dont la principale composante serait l’ophtalmologie, que l’AP-HP ne suit pas. Mais Martin Hirsch semble s’engager à maintenir l’activité jusqu’en 2016 et veiller « à la continuité des moyens pendant cette période, tant en effectifs qu’en équi­ pements ».
« C’est une très bonne nouvelle pour les Parisiens », s’est félicité Nicolas Bonnet, porte-parole du groupe communiste-Front de gauche au Conseil de Paris. Du côté de la CGT, on ne peut que saluer ces propositions, tout en émettant quelques réserves. « Martin Hirsch ne s’est pas engagé sur les lits de médecine d’aval », déplore ainsi Rose-May Rousseau.
« Il y a encore du travail, il faut discuter, notamment de la faisabilité du projet. Mais même s’il faut y aller doucement, on le fera. C’est le rapport de forces qui fera évoluer la situation. » « On a un interlocuteur (Martin Hirsch –NDLR) qui a mis du temps avant de prendre ses marques et nous a annoncé un changement d’orientation qui me semble positif, même si ce n’est pas complet. Combien de lits vont rouvrir ? Comment ? On ne sait pas encore. On est dans la stratégie des petits pas. Mais cela va nous permettre de travailler dans un autre climat, aussi bien pour l’offre de soins que pour les conditions de travail des personnels », se félicite Christophe Prudhomme, partie prenante de la lutte depuis ses débuts.


Implanté en plein cœur de Paris, sur l’île de la Cité, l’Hôtel-Dieu est en effet menacé depuis des années. Il devait, dans le cadre du plan stratégique 2010-2014, se transformer en un « hôpital debout ». Il s’agissait de faire un hôpital qui serait fermé la nuit et ouvert en journée pour des consultations. Dans cette optique, les urgences ont été fermées en novembre dernier, sachant que le démantèlement était déjà effectif, plusieurs services ayant été transférés à l’hôpital Cochin (pneumologie, chirurgie thoracique, psychiatrie, médecine interne…) : une stratégie bien rodée, s’agissant de ne plus investir dans l’établissement pour justifier sa fermeture au motif de l’obsolescence de ses équipements. Comme on dit, quand on veut tuer son chien, on l’accuse d’avoir la rage ! Mais c’était sans compter l’engagement des personnels, de certains médecins, des syndicats, d’élus locaux et de la population, inquiète de voir s’installer un véritable désert sanitaire en plein cœur de Paris. « Supprimer des lits intra-muros, c’est un non-sens, fulminait le docteur Christophe Prudhomme à l’époque. Il en manque.

Aujourd’hui, les patients attendent des heures sur un brancard. Venez dire à mes patients qui sont dans les couloirs ce que c’est qu’un hôpital debout… » Lui, comme ses collègues avaient prévenu à plusieurs reprises que ces réorganisations risquaient d’avoir des conséquences sur la sécurité des patients. Ce qui a fini par arriver, en février dernier, telle la chronique d’un accident annoncé. Une patiente âgée qui s’était présentée dans l’après-midi aux urgences de l’hôpital Cochin a été retrouvée morte dans la salle d’attente. Ce qui a relancé le débat sur l’Hôtel-Dieu…
Est-ce la pression constante des défenseurs de l’Hôtel-Dieu qui a permis de débloquer la situation ? L’arrivée à la mairie de Paris d’Anne Hidalgo, qui, dans son livre Mon combat pour Paris, écrivait qu’elle était particulièrement vigilante à ce que « les services d’urgence de proximité soient maintenus partout dans la capitale » ? Ou encore la nomination de Martin Hirsch à la tête de l’AP-HP à l’automne dernier, son prédécesseur, Mireille Faugère, ayant été incapable d’instaurer un véritable dialogue social ? Les trois facteurs ont joué, sans nul doute.
Comme le souligne Nicolas Bonnet, « le fait qu’Anne Hidalgo, la maire de Paris, se porte aujourd’hui candidate à la présidence du conseil de surveillance de l’AP-HP (c’était l’adjoint à la santé sous le précédent mandat de Bertrand Delanoë qui en était le président– NDLR) est un signal fort de retour du dialogue social », estime l’élu parisien.

« Quand on peut instaurer le dialogue social, on constate qu’on peut avancer sur des choses, d’autant plus quand on est en mesure de faire des propositions alternatives. Là, on est en position de force », abonde Christophe Prudhomme, même s’il admet que la situation est unique. « Partout, ça tape très fort dans le domaine de la santé. Des luttes se mènent, parfois violentes localement, comme par exemple dans le Haut-Rhin, où trois infirmières ont été convoquées à la gendarmerie car elles n’ont pas payé leurs cotisations à l’ordre et ont été menacées d’exercice illégal de la profession. Et au niveau national, quand la Cour des comptes préconise de ne plus remplacer un départ sur trois dans la fonction publique hospitalière, c’est grave. On va vers l’atrophie du secteur. » L’heure est a la relance de l’action coordonnée pour sauver Beaujon.

Par: Dialogue des Élus.

Notes: Des milliers de pétitions ont fait reculer le gouvernement qui voulait fermer les urgences de l’Hôtel Dieu.

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