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La porte à gauche. Jean FERRAT a chanté que certains prétendent que le bonheur était à la porte à droite. Aujourd’hui est-il à la porte à gauche ? Oui ! mais à la condition de secouer le cocotier de la pensée convenu ! Ce petit blog crée à l’initiative de quelques militants communistes de Vierzon n’a d’autres ambitions que de donner aux citoyens un support pour s’exprimer librement sur les sujets politiques, sociaux ou culturels d’actualité du local à l’international, qui s’émancipe des discours convenus, des lignes officielles décidées par quelques notables de la politique, aux doubles langages, aux bonimenteurs de vraies fausses solutions et qui cultivent la résignation. Déverrouillez les débats et enfoncez la porte à droite (….ou à gauche ?) Les seules limites, car il en faut, à notre liberté : Celle du respect des personnes, le souci de la vérité et de faire vivre le débat. Ainsi seront exclus tous messages comprenant des insultes ou diffamations visant une (des) personne(s), seront exclues, s’ils sont avérées, des informations mensongères ou rumeur infondées. Chacun pourra également participer au débat juste et loyal en signalant un abus de cette nature. Les productions de ces abus seront retirés et l’auteur exclu du blog.

Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Politique

Mediapart et Marianne révèlent qu’un ancien conseiller de Marine Le Pen aurait été rémunéré, pendant la campagne présidentielle de 2012, par un contrat fictif au cabinet de l’expert-comptable attitré du Front national, Nicolas Crochet. Gaël Nofri affirme n’avoir jamais travaillé dans ce cabinet.

C’est une nouvelle affaire qui vient menacer Marine Le Pen. Alors que la justice française enquête sur des soupçons d’emplois fictifs d’assistants frontistes au Parlement européen, Mediapart et Marianne révèlent que l’un de ses ex-conseillers pendant la campagne présidentielle de 2012 a été rémunéré par le cabinet d’expert-comptable attitré du FN. Un contrat considéré comme « fictif » par les enquêteurs. L’ancien conseiller de Marine Le Pen, Gaël Nofri, affirme à Mediapart n’avoir jamais mis les pieds dans ce cabinet. Cet élu niçois, qui a quitté en 2014 les rangs du Rassemblement bleu Marine pour rejoindre Debout la France, puis les Républicains, assure que le Front national aurait d’abord tenté de le faire rémunérer comme assistant parlementaire européen, avant de le transférer au cabinet de l’expert-comptale du FN.

Tout commence pendant la campagne présidentielle de 2012. Le divers droite Gaël Nofri, qui a navigué depuis 2004 entre Charles Pasqua, l’ex-sénateur et maire de Nice Jacques Peyrat, le cabinet du député UMP Éric Ciotti, puis celui du maire de Montmorillon, dans la Vienne, rejoint l’équipe de campagne de Marine Le Pen en septembre 2011. Ce Niçois de 31 ans ne prend pas alors sa carte au FN, mais devient le conseiller de la candidate chargé des services publics et est investi candidat aux législatives dans les Alpes-Maritimes.

« J’ai été embauché pour la campagne présidentielle de Marine Le Pen en septembre 2011, jusque fin avril [2012], indique Gaël Nofri, interrogé par Mediapart et Marianne. J’ai été en charge des questions relatives à la gestion des services publics pendant la campagne et rémunéré comme tel. Puis, visiblement, les choses ont évolué. » Car le conseiller municipal de Nice affirme qu’à la fin de la campagne présidentielle, il a « reçu des fiches de paie du Parlement européen ».

Gaël Nofri fait une hypothèse : « À la fin de la campagne, ils se sont peut-être rendus compte qu’ils avaient dépassé les plafonds [des dépenses de campagne remboursées par l’État – ndlr]. Ils ont essayé de me balancer sur le Parlement européen. »

L'affiche de campagne de Gaël Nofri L'affiche de campagne de Gaël Nofri

La justice s’est justement interrogée sur ce point. Dans le cadre de l’enquête sur le financement des campagnes de 2012, la brigade financière a trouvé la trace de fiches de paie mensuelles de 4 500 euros, de janvier à avril 2012, soit une somme totale de 18 000 euros. Gaël Nofri y apparaît comme assistant parlementaire de l’eurodéputé Jean-Marie Le Pen.

« C’est un contrat d’assistant local dans sa circonscription sud-est, pour lequel Gaël Nofri a transmis des notes sur des questions locales et européennes », justifie auprès de Mediapart le conseiller en communication de Jean-Marie Le Pen, Lorrain de Saint-Affrique. « Nous pouvons produire les notes qui correspondent à cela, ajoute le bras droit du président d’honneur du FN. Le reste, je n’en sais rien. S’il y a autre chose, cela relève de la responsabilité de Nofri ou des autres, mais pour ce qui concerne Jean-Marie Le Pen, il a fait le travail. Il faut arrêter avec le syndrome Penelope ! » Le problème, c’est que Gaël Nofri affirme n’avoir « jamais été assistant de Jean-Marie Le Pen. Jamais, jamais ! » « Je n’ai évidemment jamais été au Parlement européen, ajoute-t-il. Et d’ailleurs, je n’ai jamais signé de contrat en ce sens. »

 

Gaël Nofri (à droite), avec Louis Aliot, l'eurodéputé Édouard Ferrand et les députés Gilbert Collard et Marion Maréchal-Le Pen © dr Gaël Nofri (à droite), avec Louis Aliot, l'eurodéputé Édouard Ferrand et les députés Gilbert Collard et Marion Maréchal-Le Pen © dr

Mais l’histoire ne va pas s’arrêter là. En juin 2012, l’ex-conseiller de la présidente du FN se rend à Pôle emploi, à Nice, pour déposer un dossier. « À ce moment-là, j’apprends que je ne peux pas bénéficier de mes droits au chômage, car mes cotisations sociales n’ont pas été versées » par l’équipe de la candidate, assure-t-il. L’ex-conseiller dit avoir « appelé Marine [Le Pen – ndlr] trois jours avant les législatives pour lui demander ce que c’était que cette histoire. Elle m’a répondu : “Je suis dans les législatives, j’ai d’autres choses à faire que de m’occuper de ça.” » Le trentenaire lui aurait alors envoyé trois SMS, les 19 et 25 juin, et le 2 juillet, « en ruant dans les brancards et en lui demandant ce que c’était que cette histoire ». Il aurait même menacé de révéler l’affaire dans la presse. « Elle n’a jamais répondu, dit-il. Elle m’a fait répondre par Louis Aliot et par Nicolas Crochet, qui s’en occupait. »

Ce vieil ami de Marine Le Pen est l’expert-comptable attitré du Front national depuis 2011, avec son cabinet Amboise Audit. C’est lui qui certifie les comptes de campagne des candidats frontistes. Depuis le 1er janvier 2012, cet homme de 53 ans est aussi le tiers-payant du parti au Parlement européen, ce qui veut dire qu’il établit les contrats et bulletins de paie des assistants locaux des eurodéputés, leur verse leurs salaires, ainsi que les cotisations sociales en France, sur les fonds européens qu’il reçoit. C’est donc à lui qu’est revenue la responsabilité de gérer le « cas » Nofri.

« Là, j’ai vu arriver un contrat de chez Amboise Audit, explique l’élu niçois. J’ai d’abord refusé de le signer, mais on m’a expliqué que c’était ça ou rien. » Un courriel du 6 juillet 2012 versé à la procédure judiciaire laisse penser que Marine Le Pen est intervenue en personne pour que son ancien conseiller signe au plus vite le contrat chez Amboise Audit. « Marine lui avait envoyé un SMS pour qu’il le signe le jour où je lui ai envoyé son contrat par la poste », écrit l’expert-comptable dans ce courriel adressé au vice-président du FN, Louis Aliot, et où Marine Le Pen figure en copie. Cela n’a visiblement pas suffi. Car dans ce message, Nicolas Crochet demande au compagnon de la présidente du FN d’intervenir à son tour : « N’oublies [sic] pas de lui reparler de la signature des documents liés au CDD avec mon cabinet », lui dit-il.

 

Courriel de Nicolas Crochet à Louis Aliot © Document Mediapart et Marianne Courriel de Nicolas Crochet à Louis Aliot © Document Mediapart et Marianne

À la fin de l'été, Gaël Nofri finit par se résigner, selon son récit. « Fin août, au bout de quatre mois sans salaire, je commence à tirer la langue. Je signe donc les documents en septembre, car je ne vis pas d’amour et d’eau fraîche, et je les dépose à Pôle emploi. » Seulement voilà, l'ancien conseiller de Marine Le Pen dit n’avoir jamais mis un pied au cabinet Amboise Audit, installé à Paris : « En aucun cas je n’ai effectué des missions pour Nicolas Crochet, indique-t-il. C’est un expert-comptable, je ne vois pas ce que j’aurais pu faire chez lui. Je ne pourrais même pas vous dire où est le cabinet Amboise audit. »

Sollicités à plusieurs reprises, ni Marine Le Pen ni Nicolas Crochet n’ont souhaité nous répondre. Face aux autorités judiciaires, l’expert-comptable « a expliqué avoir appris en mars 2012 que M. Nofri n’était finalement pas pris en charge par le Parlement européen », détaillent les juges dans leur ordonnance de renvoi, datée du 5 octobre 2016. « Il a refait les fiches de paie directement au nom de son cabinet afin, a-t-il expliqué, de ne pas le pénaliser. » Le parquet de Paris avait, quant à lui, estimé, dans son réquisitoire, qu’« il lui [Nicolas Crochet] était reproché d’avoir fourni à Gaël Nofri, candidat en campagne et conseiller de Marine Le Pen aux élections présidentielles, un emploi fictif de chargé d’étude ».

« Moi-même, j’ai eu du mal à suivre… », conclut Gaël Nofri sur cet épisode. Seule « certitude », selon lui : « Au départ, l’emploi était sur la campagne. Ils ont essayé de le faire passer sur le Parlement européen, alors que ça n’avait rien à voir avec le Parlement, et au final cela s’est retrouvé sur la société de Nicolas Crochet. La structure générale, c’est cela. » L’élu local affirme s’être rendu à la brigade financière, à Paris, à la fin de l’été 2014, « pour faire part de [son] étonnement » sur ce contrat.

Nicolas Crochet est l’une des dix personnes physiques et morales qui ont été renvoyées en correctionnelle en octobre 2016, dans l’affaire du financement des campagnes 2012 du FN. Il est mis en examen pour complicité d’escroqueries (pour les législatives), recel d’abus de confiance, blanchiment d’abus de biens sociaux au préjudice de Jeanne, complicité d’abus de biens sociaux au préjudice de Riwal.

Par Marine Turchi

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