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citoyen18.overblog.com

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La porte à gauche. Jean FERRAT a chanté que certains prétendent que le bonheur était à la porte à droite. Aujourd’hui est-il à la porte à gauche ? Oui ! mais à la condition de secouer le cocotier de la pensée convenu ! Ce petit blog crée à l’initiative de quelques militants communistes de Vierzon n’a d’autres ambitions que de donner aux citoyens un support pour s’exprimer librement sur les sujets politiques, sociaux ou culturels d’actualité du local à l’international, qui s’émancipe des discours convenus, des lignes officielles décidées par quelques notables de la politique, aux doubles langages, aux bonimenteurs de vraies fausses solutions et qui cultivent la résignation. Déverrouillez les débats et enfoncez la porte à droite (….ou à gauche ?) Les seules limites, car il en faut, à notre liberté : Celle du respect des personnes, le souci de la vérité et de faire vivre le débat. Ainsi seront exclus tous messages comprenant des insultes ou diffamations visant une (des) personne(s), seront exclues, s’ils sont avérées, des informations mensongères ou rumeur infondées. Chacun pourra également participer au débat juste et loyal en signalant un abus de cette nature. Les productions de ces abus seront retirés et l’auteur exclu du blog.

Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #International

La signature annoncée du contrat entre l’armée de l’air indienne et Dassault pour l'achat de 36 Rafale marque un tournant tactique à Delhi, dont l’obsession est aujourd’hui la Chine, et non plus le Pakistan.

Même Serge Dassault a dû se pincer, mercredi 21 septembre 2016, lorsque la grande nouvelle est arrivée à ses oreilles en fin de journée : l'Inde achète le Rafale. Lors d’une réunion du conseil de sécurité du gouvernement indien, le premier ministre Narendra Modi a donné son accord à la signature avec la France d'un accord intergouvernemental portant sur la fourniture de 36 avions de combat, pour un montant proche de 8 milliards d'euros. Il y aura bientôt quatre ans que Delhi a fait le choix du Rafale mais des négociations interminables, ponctuées de rebondissements dont les Indiens ont le secret, ont bien failli faire perdre patience à Dassault Aviation et à François Hollande, qui s'était aventuré plusieurs fois à annoncer la signature « imminente » du marché. L'appel d'offres de l'armée de l'air indienne remonte à 2005 et c'est Jacques Chirac qui, depuis l'Élysée, avait encouragé son grand ami Serge Dassault à se lancer dans cette épopée. C’est dire combien d’eau a coulé sous les ponts entretemps.

Ces 8 milliards d’euros sont d'ailleurs une goutte noyée dans l'océan du programme d’équipement militaire que Narendra Modi a lancé à son arrivée au pouvoir, au printemps 2014. L’Inde prévoit en effet de dépenser 150 milliards de dollars (134 milliards d’euros) ces prochaines années, afin de renforcer ses capacités d’intervention aux frontières de ses deux principaux ennemis que sont le Pakistan et la Chine. Néanmoins, elle aura été une négociatrice extrêmement dure avec la France et l’écart avec la somme envisagée initialement par Paris est aujourd’hui impressionnant. En 2012, il était question de 126 Rafale, pour un montant de 12 milliards de dollars (10,8 milliards d’euros) et deux ans plus tard, le contrat avait même été réévalué à 22 milliards de dollars (19,7 milliards d’euros), compte tenu des spécifications croissantes que réclamait l’armée de l’air indienne, affirme Mohan Guruswami, président du Centre for Policy Alternatives, ce qui portait le coût unitaire de l’avion à 156 millions d’euros. « À un moment, les montants négociés sont devenus hors de contrôle et on se demande bien pourquoi l’Inde a tellement tenu à acheter des Rafale, alors que les Tejas de fabrication indienne coûtent 2 milliards de roupies (27 millions d’euros) pour un rapport coût-bénéfice plus élevé », explique cet ancien haut fonctionnaire du ministère des finances.

 

Le Rafale © Dassault Aviation Le Rafale © Dassault Aviation

 

À l’arrivée, le Rafale est vendu en apparence plus cher qu’envisagé au départ : 218 millions d’euros pièce. Mais c’est un effet d’optique. Car en réalité, le prix est deux fois moins élevé. Une source du ministère de la défense, à Delhi, relève ainsi que le prix final résulte d'un rabais de 750 millions d’euros consenti par Dassault par rapport au dernier prix envisagé, en janvier 2016, date de la dernière visite de François Hollande en Inde. Mais que, de surcroît, l’avionneur français s’est engagé à réinvestir en Inde près de la moitié du montant total du contrat, pour que certains équipements du Rafale tels que les logiciels embarqués, les « offsets » comme disent les experts, soient réalisés sur place. « Cela va se traduire par 3 milliards d’euros d’activité et par des centaines d’emplois pour les entreprises indiennes », souligne notre source. Pire, la France pourrait toucher encore moins que prévu, car l’armée indienne souhaite acquérir certains armements du Rafale auprès d’Israël pour 1,7 milliard d’euros, et elle n’exclut pas de faire d’autres emplettes complémentaires ailleurs, au détriment des fournisseurs français.

Vendredi 23 septembre, en tous les cas, lors de la signature de l’accord intergouvernemental qui doit avoir lieu à Delhi, seront non seulement présents le ministre français de la défense, Jean-Yves Le Drian, et le patron de Dassault Aviation, Éric Trappier, mais aussi les dirigeants de MBDA, Safran et Thales. Car pour l’instant, il est question d’équiper le Rafale d’un maximum de savoir-faire tricolore, notamment le missile air-air Meteor, dont le rayon d’intervention peut atteindre 150 km, ce qui donnerait à l’Inde la capacité de viser l’intérieur du Pakistan et les régions frontalières du nord-est du pays, sans sortir de son propre territoire. Il y aurait également dans les tuyaux le missile de croisière air-sol Scalp, dont la portée s’établit à 300 km.

D’après certains participants aux négociations de ces dernières semaines, le feu vert de Modi a été donné parce que l’armée a décidé de faire du Rafale le vecteur de sa dissuasion nucléaire. Selon le quotidien The Sunday Express, cela a été l’élément déterminant dans la dernière ligne droite, l’avion de combat français étant « capable d’être utilisé pour lancer la bombe atomique ». C’est du reste le choix opéré par l’armée française, laquelle « est en train de faire basculer la force de frappe nucléaire du Mirage au Rafale », rappelle au journal un militaire. « Le transport de l’arme nucléaire est un argument tout à fait nouveau qui n’était pas apparu dans les négociations avec Dassault jusqu’à une période très récente », fait remarquer Jean-Joseph Boillot, économiste spécialiste de l’Inde. « La pertinence de ce choix est tout à fait discutable, car les grands spécialistes du sujet le disent tous : la flotte actuelle de chasseurs de l’armée de l’air donne déjà la supériorité à l’Inde sur le Pakistan », ajoute-t-il.

 

Par Guillaume Delacroix

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