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La porte à gauche. Jean FERRAT a chanté que certains prétendent que le bonheur était à la porte à droite. Aujourd’hui est-il à la porte à gauche ? Oui ! mais à la condition de secouer le cocotier de la pensée convenu ! Ce petit blog crée à l’initiative de quelques militants communistes de Vierzon n’a d’autres ambitions que de donner aux citoyens un support pour s’exprimer librement sur les sujets politiques, sociaux ou culturels d’actualité du local à l’international, qui s’émancipe des discours convenus, des lignes officielles décidées par quelques notables de la politique, aux doubles langages, aux bonimenteurs de vraies fausses solutions et qui cultivent la résignation. Déverrouillez les débats et enfoncez la porte à droite (….ou à gauche ?) Les seules limites, car il en faut, à notre liberté : Celle du respect des personnes, le souci de la vérité et de faire vivre le débat. Ainsi seront exclus tous messages comprenant des insultes ou diffamations visant une (des) personne(s), seront exclues, s’ils sont avérées, des informations mensongères ou rumeur infondées. Chacun pourra également participer au débat juste et loyal en signalant un abus de cette nature. Les productions de ces abus seront retirés et l’auteur exclu du blog.

Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Politique

Le futur grand stade de la Fédération française de rugby est-il une folie financière ? Un rapport confidentiel de la Cour des comptes, consulté par Mediapart, révèle les graves dangers de ce projet à 600 millions d’euros. Sa construction est activement soutenue par Manuel Valls, alors que les magistrats estiment qu’elle fait courir un risque d’une « ampleur inédite » pour les finances d’une fédération sportive et pourrait entraîner les pouvoirs publics dans une « impasse dangereuse ».

Le stade le plus cher de l'histoire du sport français n'a pas fini de faire parler de lui. Depuis 2010, la Fédération française de rugby (FFR) ambitionne de construire à Ris-Orangis une nouvelle enceinte de 82 000 places, avec pelouse et toit rétractables, pour la bagatelle de 600 millions d'euros.

Pour les instances dirigeantes du rugby français, cet équipement se justifie avant tout par des raisons économiques : il lui permettrait, à l'instar des fédérations anglaise ou irlandaise, d'être propriétaire de son propre terrain et de ne plus dépendre du Stade de France, bâti en 1998, à 30 km de là, pour 364 millions d'euros. Mais le projet est aussi un sujet très politique : sa construction bénéficie du soutien plein et entier de Manuel Valls, ancien président de l’agglomération d’Évry (relire l'enquête de Karl Laske : « Pour son grand stade, Valls court contre la montre »).

 

Manuel Valls lors de la présentation du projet urbain aux côtés de l'architecte, en 2014. © DR Manuel Valls lors de la présentation du projet urbain aux côtés de l'architecte, en 2014. © DR

 

Le 24 juin dernier, le premier ministre a d'ailleurs signé, sur le site de l'ancien hippodrome de Ris-Orangis, où doit être érigée la future enceinte, le premier contrat d'intérêt national (CIN) de France, signifiant une nouvelle étape dans l'avancement du projet. Car le CIN est tout sauf symbolique : il marque l’engagement de l'État à hauteur de 75 millions d'euros sur cinq ans, afin de financer de « grands projets structurants » pour le territoire autour du futur stade. « C'est un moment fondateur, s'était réjoui Pierre Camou, le président de la FFR, qui paraphait le même jour le contrat de conception, promotion, construction et maintenance du futur stade avec le groupement européen Ibelys (Icade-Besix-Engie). Je sais que ce n’est pas fini mais, malgré les embûches, avec la conviction, tous ensemble, nous aurons la victoire. » Un enthousiasme partagé par Jean Polet, heureux président du consortium Ibelys : « Nombreux sont ceux qui ont douté de la réalité de ce stade. Nous y avons toujours cru et l'histoire nous donnera raison. »

Ces paroles optimistes ne lèvent pourtant pas les doutes qui s'accumulent autour de ce projet pharaonique. Loin de là. Fin février, la Cour des comptes adressait une lourde mise en garde à l’État, au vu des risques budgétaires et patrimoniaux que cet équipement lui fait courir (lire ici sur le site de la Cour). Mediapart, qui s'est procuré le rapport confidentiel sur lequel s'appuie l'avis des magistrats de la rue Cambon, révèle dans le détail les graves incohérences qui font du Grand Stade de la FFR un colosse aux finances d'argile.

Marges surévaluées, business plan confus et inachevé, fonds propres insuffisants, impact sur les autres activités de la fédération négligé, absence de stratégie budgétaire à long terme… : sur onze pages, la Cour des comptes égrène sans détour les manquements de la FFR dans l’élaboration d’un projet qui l’engage pourtant sur des décennies. Un constat accablant, qui s'achève sur une sentence des plus sévères : sans certitude de bénéficier des ressources nécessaires, « une impasse dangereuse serait ouverte » pour les finances de la fédération et des collectivités locales qui la soutiennent.

Si le rapport est accablant pour les dirigeants du rugby français, c’est d’abord parce qu’il discrédite leur principal argument : celui des recettes générées par la nouvelle infrastructure sportive.

Depuis le débat public lancé en 2013, les soutiens du projet ne cessent d’insister sur les bénéfices que pourrait notamment dégager la fédération à travers les hospitalités (loges, espaces VIP…) offertes par la nouvelle enceinte. L’argument figure d'ailleurs en tête des « 15 bonnes raisons de faire le Grand Stade de rugby » sur le site internet de la fédération (lire ici) : « Chaque match de rugby au Stade de France génère un manque à gagner de l’ordre de 5,2 millions d'euros pour la FFR. Rien qu’avec 6 matchs par saison (Tournoi des 6 Nations, Tournée de novembre, Finale TOP14) le manque à gagner est supérieur à 30 millions d'euros chaque année (hors espace publicitaire). Les prestations d’hospitalités en loge au Stade de France sont au bénéfice du seul consortium du Stade de France [CSDF, filiales de Bouygues et de Vinci en charge de la gestion de l’équipement − ndlr)], pas de la FFR et de ses clubs ! »

Une démonstration à première vue convaincante, d'autant que les hospitalités représentent, à titre de comparaison, 24 % des recettes de la fédération anglaise (soit l'équivalent de 32 millions d'euros en 2013). Sauf qu'elle est mathématiquement erronée.

D’abord parce que la projection de la FFR est très ambitieuse, relève la Cour des comptes : « Au total, le stade de rugby offrirait une capacité de 14 000 places dans ces catégories [loges et places VIP – ndlr] contre 8 800 actuellement au Stade de France, soit 60 % de plus. Même après correction du taux de remplissage (…), la capacité de remplir un tel niveau d’offres est sujet à interrogation. » Et puis, surtout, parce que le calcul du « manque à gagner » au Stade de France se fonde sur le contrat signé entre la FFR et le CSDF pour la période 1998-2013,  sans prendre en compte la convention en vigueur pour la période 2013-2017.

 

L'un des visuels du grand stade diffusés par le cabinet Popoulos retenu par la FFR © DR L'un des visuels du grand stade diffusés par le cabinet Popoulos retenu par la FFR © DR

 

Depuis l'entrée en vigueur de cette nouvelle convention, les recettes des matchs de rugby pour la FFR ont sensiblement augmenté, note la Cour en prenant l’exemple des espaces publicitaires : « Selon les estimations retenues par le concédant du stade, le RBE [revenu brut d’exploitation – ndlr] d’un match passerait de 3,1 millions d'euros  à 3,8 millions d'euros, soit une augmentation de 22 %. »  Une situation qui écorne sérieusement l'argumentaire de la fédération : « Ainsi, si les termes actuels de la convention étaient prolongés jusqu’en 2025, ce qui est de l’intérêt des autres partenaires de la FFR, le cash-flow [recettes nettes] par tranches pluriannuelles dégagé serait supérieur à celui obtenu par le stade de rugby sans risques financiers nouveaux pesant sur les finances fédérales », poursuit la Cour des comptes. 

Cette révélation est d’autant plus problématique pour la FFR que la Cour des comptes estime que le chiffrage des autres recettes du futur stade est aussi douteux. Il en va ainsi de la billetterie ou de la catégorie des « autres revenus », « mal documentée », alors qu’ils représentent 8 % des produits (7,25 millions d'euros par an). « La justification de ces recettes devrait être, au degré d’avancement actuel de la procédure du stade, beaucoup plus étayée. »

Par: Antton Rouget.

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