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La porte à gauche. Jean FERRAT a chanté que certains prétendent que le bonheur était à la porte à droite. Aujourd’hui est-il à la porte à gauche ? Oui ! mais à la condition de secouer le cocotier de la pensée convenu ! Ce petit blog crée à l’initiative de quelques militants communistes de Vierzon n’a d’autres ambitions que de donner aux citoyens un support pour s’exprimer librement sur les sujets politiques, sociaux ou culturels d’actualité du local à l’international, qui s’émancipe des discours convenus, des lignes officielles décidées par quelques notables de la politique, aux doubles langages, aux bonimenteurs de vraies fausses solutions et qui cultivent la résignation. Déverrouillez les débats et enfoncez la porte à droite (….ou à gauche ?) Les seules limites, car il en faut, à notre liberté : Celle du respect des personnes, le souci de la vérité et de faire vivre le débat. Ainsi seront exclus tous messages comprenant des insultes ou diffamations visant une (des) personne(s), seront exclues, s’ils sont avérées, des informations mensongères ou rumeur infondées. Chacun pourra également participer au débat juste et loyal en signalant un abus de cette nature. Les productions de ces abus seront retirés et l’auteur exclu du blog.

Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Europe

L’élection du Parlement de Berlin, dimanche, est marquée par l’arrivée du nouveau parti d’extrême droite AfD. Mais ce scrutin voit surtout l’emporter une union de la gauche réunissant le SPD, les Verts et Die Linke. Un test pour ceux qui veulent battre Merkel en 2017.est un nouveau revers électoral pour Angela Merkel. Son parti, la CDU, essuie une sévère défaite à Berlin, à l'occasion des élections régionales du Land: avec 17,6% des voix, il réalise son plus mauvais score depuis la réunification allemande. Le parti d'extrême droite AfD fait son entrée au Parlement régional avec 14,2% des voix, réalisant un score inespéré. Le SPD reste la première force politique avec 21,6% des voix (en recul de plus de six points par rapport à 2011). La surprise est venue de die Linke qui fait un meilleur score que les Verts: 15,6 % contre 15,2 %. Le maire sortant Michael Müller devrait construire sans difficulté une coalition des gauches avec die Linke et les Verts, mettant fin à la précédente alliance passée avec la CDU pour gouverner la ville. Ci-dessous l'article de notre correspodant sur les enjeux de cette élection (lire également notre boîte noire).

« Berlin doit envoyer un message au monde. À l’époque des Trump, des Orban, des Le Pen, des Hofer et autres agitateurs de droite, Berlin doit voter pour la liberté », a proclamé le maire de la capitale allemande Michael Müller (social-démocrate, SPD), dans un appel vibrant publié juste avant le scrutin de dimanche. Cet appel va-t-il mobiliser l’électorat de celui qui est en même temps ministre-président du Land de Berlin ? Ou au contraire renforcer la conviction des électeurs potentiels de l’Alternative pour l’Allemagne (AfD), le parti d’extrême droite qui monte ? Michael Müller a en tout cas du mal à masquer sa nervosité. Car comme dans les Länder de Saxe-Anhalt et, il y a deux semaines, du Mecklenburg-Vorpommern, l’AfD va assurément faire une entrée remarquée sur l’échiquier politique du Land.

 

Michael Müller, le maire SPD sortant de Berlin, et son adversaire de l'AfD, Georg Pazderski. © Reuters Michael Müller, le maire SPD sortant de Berlin, et son adversaire de l'AfD, Georg Pazderski. © Reuters

 

À Berlin, métropole « multikulti » par excellence, l’AfD affiche un profil le plus politiquement correct possible. Sa tête de liste Georg Pazderski, ancien colonel de la Bundeswehr qui a fini sa carrière militaire à l’OTAN, combat l’islam politique mais assure qu’il admire les musulmans « parce qu’ils placent la famille au centre de leur système de valeurs ». Même à Kreuzberg, quartier sans espoir pour la droite, l’AfD a réussi à se présenter avec Sibylle Schmidt, fonctionnaire sociale-démocrate pendant des années, passée à l’AfD par crainte panique de « l’invasion étrangère ». Par ailleurs, le nouveau parti d’extrême droite, partisan d’un abandon immédiat des sanctions économiques contre la Russie de Poutine, courtise agressivement les 300 000 Allemands d’origine russe installés à Berlin.

« Müller ne devrait quand même pas accorder trop d’attention aux extrêmes. Il est resté populaire et son bilan est globalement positif. Ce qui m’intéresse, ce n’est pas de savoir ce que le SPD pense de l’AfD mais ce qu’il veut faire pour aider l’économie locale », juge pour sa part l’entrepreneur en BTP Udo Jahnke. Berlin aligne en effet quelques bons chiffres.

L’économie locale a renoué avec la croissance (9 % entre 2010 à 2015) et le chômage (9,7 %) a été divisé par deux en dix ans. Les comptes de la ville sont redevenus excédentaires. Ainsi l’énorme dette municipale a pu repasser, pour la première fois, sous la barre des 60 milliards d’euros. « Le tourisme explose et la création d’entreprises, notamment les start-up technologiques, se porte bien. 100 000 emplois ont été créés ces cinq dernières années et une partie de l’excédent budgétaire est désormais réinvesti. Il y a vraiment des raisons d’espérer », estime M. Jahnke.

Mais les remèdes qui ont permis de remettre les finances de la ville dans le vert, ont aussi eu de graves effets secondaires. « Le Sénat a mené une politique d’austérité sans précédent », fait remarquer Cecilia, une enseignante de Berlin-Ouest. « Dans mon école, les salles de classe viennent d’être rénovées. Et là où il y avait deux pièces, ils en ont fait trois. Pourquoi ? Parce que l’objectif véritable est de fermer l’école voisine et de regrouper les deux établissements pour n’en faire qu’un ! Avec plus d’élèves pour moins de profs », s’emporte-t-elle.

Parallèlement à une politique de sous-investissement généralisée pendant des années, Berlin a aussi privatisé son immense parc de logements au profit de gros investisseurs. Aujourd’hui, ceux-ci en ont rénové et revendu une partie en version luxe et la proportion de logements sociaux s’est effondrée. Or, 40 000 personnes s’installent chaque année à Berlin, et la capitale allemande reste une ville de locataires (85 %) qui ont de plus en plus de mal à payer des loyers qui explosent.

De même, l’administration publique, où les effectifs et les salaires ont été constamment abaissés, est en plein naufrage. « Pour obtenir une carte d’identité ou un autre papier, il n’est plus possible de se rendre spontanément au service correspondant pour déposer sa demande. Il faut obligatoirement prendre un rendez-vous par internet, pour dans un ou deux mois ! », s’indigne Irène. Ces derniers mois, Berlin a enfin fait la une des médias nationaux pour sa gestion catastrophique de l’accueil des réfugiés. La ville en a accueilli environ 100 000 en un an. Mais il a fallu des mois avant que la municipalité soit capable de répartir les compétences et de mobiliser suffisamment de personnel. « Si nous n’avions pas eu un élan de solidarité dans la population, il y aurait eu certainement des morts », estime Bernd Mesovic, vice-président de l’ONG d’aide aux réfugiés Pro Asyl. 

En dépit de ce bilan, le parti social-démocrate est en tête avec 23 % des intentions de vote. Michael Müller devrait conserver son poste. En revanche, selon toute vraisemblance, la grande coalition construite avec les conservateurs en 2011 va éclater. Le pâle Frank Henkel, leader des chrétiens-démocrates berlinois, n’a jamais réussi à se démarquer. Il souffre aussi de la concurrence de l’AfD qui pioche abondamment dans son réservoir d’électeurs et réduit la marge de manœuvre de tous les partis. La coalition gagnante la plus probable qui pourrait sortir des urnes dimanche est en fait une alliance à gauche, réunissant le SPD, les écologistes et Die Linke.

 

 

Par Thomas Schnee et MEDIAPART.

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