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citoyen18.overblog.com

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La porte à gauche. Jean FERRAT a chanté que certains prétendent que le bonheur était à la porte à droite. Aujourd’hui est-il à la porte à gauche ? Oui ! mais à la condition de secouer le cocotier de la pensée convenu ! Ce petit blog crée à l’initiative de quelques militants communistes de Vierzon n’a d’autres ambitions que de donner aux citoyens un support pour s’exprimer librement sur les sujets politiques, sociaux ou culturels d’actualité du local à l’international, qui s’émancipe des discours convenus, des lignes officielles décidées par quelques notables de la politique, aux doubles langages, aux bonimenteurs de vraies fausses solutions et qui cultivent la résignation. Déverrouillez les débats et enfoncez la porte à droite (….ou à gauche ?) Les seules limites, car il en faut, à notre liberté : Celle du respect des personnes, le souci de la vérité et de faire vivre le débat. Ainsi seront exclus tous messages comprenant des insultes ou diffamations visant une (des) personne(s), seront exclues, s’ils sont avérées, des informations mensongères ou rumeur infondées. Chacun pourra également participer au débat juste et loyal en signalant un abus de cette nature. Les productions de ces abus seront retirés et l’auteur exclu du blog.

Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Agricilture

Pas une voiture, pas un camion et des brumes de chaleur qui lézardent le ciel azur, au-dessus des immenses anneaux de bronze de l’artiste Louis Debré, installés à l’entrée de la zone industrielle de Laval. Depuis le lundi 22 août, les fédérations de la FNSEA du Grand Ouest mobilisent leurs troupes pour bloquer l’entrée du siège social de Lactalis, le premier groupe laitier et fromager mondial. Quelques centaines d’éleveurs se relaient à l’ombre de la tente dressée sur le rond-point du « zoom », rebaptisé par les manifestants « rond-point de la Honte-au-lait ». D’autres cherchent l’ombre des tracteurs, assommés par un soleil de plomb qui n’augure rien de bon pour la récolte fourragère. « Les paysans n’ont même plus la force de se mettre en colère, ils sont désespérés, explique Alain, venu en voisin de Martigné-sur-Mayenne. Nous sommes des gens fiers, nous gardons notre misère à la maison. Il y a encore quinze jours, un gars s’est suicidé dans le département. À ce rythme, dans vingt ans, la France achètera sa nourriture à l’étranger. »

Alain et sa femme Sylvie possèdent 60 vaches laitières et une exploitation que l’un de leurs trois fils souhaite reprendre à leur départ en retraite. Mais difficile de faire des projets d’avenir dans la conjoncture actuelle. « Nous livrons notre lait à la société Vaubernier, comme 200 autres éleveurs de la région, poursuit-il. Sur les six premiers mois de l’année, il nous a été acheté en moyenne à 276 euros la tonne, soit à peine plus que chez Lactalis, qui l’a facturée en moyenne à 266 euros. Selon les exploitations et pour qu’un agriculteur arrive à se dégager un smic, il faudrait la payer entre 340 et 380 euros. Depuis un an, nous travaillons donc à perte. Dans ces conditions, comment encourager quelqu’un à s’installer ? »

 

Adrien devant le siège social de Lactalis © Laurent Geslin Adrien devant le siège social de Lactalis © Laurent Geslin

 

Dans la foule, des hommes coiffés de la casquette syndicale réglementaire, des femmes, des enfants venus accompagner leurs parents et nombre de jeunes qui s’inquiètent d’un avenir que seuls les plus optimistes espèrent prospère. « Je fais des inséminations dans toutes les fermes du nord de la Mayenne et je n’ai encore vu aucun jeune reprendre une exploitation cette année, soupire Adrien, 21 ans, titulaire d’un bac agricole et d’un BTS de gestion. À terme, bien sûr, comme mes parents, j’aimerais avoir ma propre ferme. C’est pour cela que je suis venu demander une hausse des prix. Pour ma famille, pour mon avenir et pour celui de tous les professionnels qui dépendent pour vivre des paysans, comme les vétérinaires, les routiers, les comptables, les marchands de matériel agricole, etc. Derrière chaque éleveur, ce sont six ou sept personnes qui travaillent. »

Entre 2000 et 2010, 37 % des exploitations laitières de France ont disparu, la taille des troupeaux augmentant dans le même temps de 40 %. Une tendance à la concentration et à l’agrandissement des exploitations qui devrait encore s’accélérer dans les prochaines années. Car, depuis la fin des quotas laitiers, appliquée par l’Union européenne depuis le 1er avril 2015, c’est la carte agricole de tout le continent qui est en train d’être redécoupée au cutter. Avec pour conséquence immédiate une augmentation de la production européenne dans un marché lui-même en rétractation à cause de l’embargo de la Russie sur les produits alimentaires, mis en place le 7 août 2014, en réplique aux sanctions européennes après l’invasion de la Crimée.

« Les pays du nord de l’Europe sont ceux qui ont été le plus touchés par la fermeture de la frontière russe, leur lait est donc venu inonder le marchée européen et tirer les prix à la baisse. Dans le même temps, la Chine a ralenti ses importations, note Benoît Faucon, premier vice-président de la chambre d’agriculture de la Mayenne. Cela faisait des années que l’Allemagne, l’Irlande ou la Pologne attendaient aussi la fin de l’encadrement européen pour relancer leur production. Le problème, c’est que dans ces États les normes environnementales sont nettement moins sévères qu’en France, ce qui fait automatiquement baisser le prix de leur lait, beaucoup plus compétitif que celui produit dans l’Hexagone. »

 

Le siège social de Lactalis, à Laval © Laurent Geslin Le siège social de Lactalis, à Laval © Laurent Geslin

 

Après avoir longtemps été favorable à la libéralisation du marché du lait, après avoir milité pendant des années pour une augmentation de la production nationale, après s’être déclarée prête à s’engager dans une guerre mondiale des prix, la FNSEA, premier syndicat agricole de France, est aujourd'hui contrainte de rétropédaler. « Ceux qui appellent à manifester sont ceux qui ont prôné la fin des quotas et la production à tout-va. Cette politique nous a fait perdre le bon sens paysan qui veut qu’une production se fasse avec des animaux, en pâturage. Ce qui est possible avec un troupeau de 50 vaches mais pas avec 200 », explique Dominique Morin, secrétaire général de Confédération paysanne, dans l’édition du 25 août du Courrier de la Mayenne.

Par: Laurent Geslin

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